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Analyse d'œuvre Joyaux de Balanchine
Fantine Gachod
Created on March 9, 2025
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Transcript
Joyaux (Jewels) de George BALANCHINE
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Analyse d'une oeuvre chorégraphique
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SOMMAIRE
I- Présentation de l'oeuvre
A- L'auteurB- L'équipe artistique C- La structure de l'oeuvre D- La contextualisation de l'oeuvre
II- L'analyse de l'extrait choisi
III- La portée de l'oeuvre
A- Introduction B- L'analyse détailée de l'extrait1. ma toute première impression 2. le nombre d'artistes 3. le lieu 4. la construction de l'espace 5. la construction de la musique 6. le rapport entre musique et danse 7. les décors, les costumes et la lumière 8. le jeu de la caméra 9. les corps dansants
A- Comment qualifier l'oeuvre par rapport au travail habituel du chorégraphe ? B- Par rapport au courant artistique du moment ? C- Son apport à la danse D- Son apport au genre
IV- Bonus
V- Conclusion
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I- PRÉSENTATION DE L'OEUVRE
NATURE : un Ballet néoclassique
ÉQUIPE ARTISTIQUE
AUTEUR : George BALANCHINE
Titre : Joyaux
STRUCTURE
DATE ET LIEU DE CRÉATION : 13 avril 1967 State Theater au Lincoln Center
CONTEXTUALISATION
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D- LA CONTEXTUALISATION DE L'OEUVRE
Courant artistique : le néoclassicisme en danse, un courant initié par George Balanchine qui modernise le ballet classique tout en conservant sa technique rigoureuse. Ce ballet abstrait met l’accent sur la musicalité, la pureté du mouvement et la fluidité des enchaînements, sans narration ni intrigue. Il reflète aussi l’influence du ballet romantique français (Émeraudes), du dynamisme du ballet américain (Rubis) et du classicisme du ballet russe (Diamants). Contexte social et politique : 1. La Guerre froide et l’héritage russe Balanchine, d’origine russe, a fui l’Union soviétique dans les années 1920 pour travailler en Europe, puis aux États-Unis. Diamants rappelle la grandeur du ballet impérial russe, tout en marquant une rupture avec l’oppression soviétique sur les arts. Il exprime une certaine nostalgie pour la splendeur du passé tsariste, tout en affirmant la suprématie du ballet américain face à celui de l’URSS, dans un contexte de compétition culturelle entre les deux blocs. 2. L’essor du ballet américain Rubis incarne l’énergie et l’innovation du ballet aux États-Unis. Dans les années 1960, le New York City Ballet (fondé par Balanchine) devient une référence mondiale, rivalisant avec les compagnies européennes. L’influence du jazz et du style Broadway est perceptible dans cette partie, témoignant du dynamisme culturel américain à cette époque. 3. Les mouvements sociaux des années 1960 Les années 1960 sont marquées par des luttes pour les droits civiques, le féminisme et des bouleversements sociaux. Si Joyaux ne traite pas directement de ces enjeux, son absence de narration et son abstraction peuvent être vues comme une volonté de s’éloigner des conventions narratives et des codes traditionnels du ballet. C’est une œuvre qui met en avant la danse pure, sans le poids des récits classiques souvent empreints de stéréotypes. Joyaux est à la croisée des influences artistiques du ballet français, américain et russe, tout en s’inscrivant dans le contexte de la Guerre froide et de l’essor du ballet néoclassique aux États-Unis.
C- LA STRUCTURE DE L'OEUVRE
Ce ballet pas comme les autres va bien plus loin qu’un simple hommage aux pierres précieuses Joyaux est un ballet de deux heures sans histoire, résolument non narratif. Et qui, dans le même temps, embrasse l’histoire du ballet classique tel qu’il se déclinait dans les trois pays traversés par George Balanchine : la Russie, la France et les États Unis. Le chorégraphe déclara avoir trouvé son inspiration sur la Cinquième avenue en observant les vitrines du diamantaire (et sponsor) Van Cleef and Arpels. Joyaux, bien que contesté à sa création par les puristes fut immédiatement un succès populaire L’œuvre trouva très vite sa place dans le répertoire de toutes les grandes compagnies mondiales. Le ballet est d’ailleurs repris un peu partout dans le monde en 2017 à l’occasion de son 50e anniversaire.
Trois parties pour les trois écoles de danse avec lesquelles George Balanchine était familier : voilà donc l’épine dorsale de Joyaux. Mais il ne s’agit nullement de créer chaque pièce « à la manière de… ». C’est de bout en bout un ballet balanchinien. Et ce qui fonde l’identité de chacune des trois parties, c’est d’abord la musique.
ÉMERAUDES
RUBIS
DIAMANTS
II- ANALYSE DE L'EXTRAIT CHOISI
A- Introduction :
Extrait choisi = un extrait de Rubis : dansé par le Ballet du Bolchoî -> Date de la captation : Dimanche 23 janvier 2022 à 16h en direct de Moscou au cinéma partout en France. Chorégraphie : George Balanchine Distribution : Elizaveta Kokoreva, Dmitry Smimlevsky, Antonina Chapkina Chronologie inhérente à l'oeuvre : Dans Joyaux de Balanchine, Rubis forme la deuxième partie. Chorégraphié sur la musique de Capriccio pour piano et orchestre d’Igor Stravinsky, il est souvent décrit comme la plus pétillante et moderne des trois parties avec une énergie vive et un style inspiré du jazz et de Broadway. Rubis dure environ 20 à 25 minutes, selon l’interprétation et la compagnie qui le danse. C’est la partie la plus courte de Joyaux de Balanchine, avec Émeraudes (environ 30 minutes) et Diamants (environ 30 à 35 minutes). L’extrait choisi correspond à une section emblématique du ballet Rubis : il s’agit du passage où le corps de ballet et les solistes interagissent avec une énergie vive et syncopée, typique du style inspiré de Broadway que Balanchine a insufflé à cette pièce.
B- Analyse détaillée de l'extrait :
B- ANALYSE DE L'EXTRAIT
3. Le lieu
4. La construction de l'espace
2. Le nombre d'artistes
5. La construction de la musique
1. Ma première impression
6. Rapport musique/danse
9. Les corps dansants
7. Décors, costumes et lumières
8. Le jeu de la caméra
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5. LA CONSTRUCTION DE LA MUSIQUE :
Dans Rubis, la musique est construite de manière extrêmement rythmique et dynamique, en accord avec le style effervescent du ballet = Capriccio pour piano et orchestre d’Igor Stravinsky. - Une structure musicale marquée par des ruptures et des contrastes : une musique fragmentée avec des changements soudains de dynamique et de tempo alternances de phrasés courts et longs -> effet de surprise constant des syncopes et des décalages rythmiques -> sensation de déséquilibre et d’urgence - Un jeu entre binaire et ternaire : alternance entre des rythmes binaires et ternaires + mesures asymétriques ou des superpositions de rythmes (polyrythmie) -> empêche toute impression de régularité stable - Des tempis variés et des changements : tempo rapide et nerveux -> énergie vive et acrobatique de la chorégraphie moments plus lents et plus lyriques (passages pour le couple principal) mais rapidement interrompus par des retours à une frénésie rythmique accélérations et ralentissements soudains -> dynamisent la construction de l’espace et des déplacements - L’importance des silences et des accents : arrêts brusques et silences -> brisent la continuité + créent un effet dramatique ou humoristique accents forts et marqués ponctuent la danse -> points de repère pour les danseurs et structurent la chorégraphie La musique de Rubis est donc fondée sur une rupture permanente entre continuité et discontinuité, avec un jeu sur les contrastes rythmiques, les décalages et les accents percussifs. Cette construction musicale sert parfaitement l’esthétique vive et exubérante du ballet donnant à la chorégraphie un caractère ludique et imprévisible.
Igor Stravinsky
6. LE RAPPORT MUSIQUE/DANSE :
Rapport essentiel dans l'esthétique de Rubis qui se distingue par son dynamisme, sa vivacité et son esprit jazzy. - Un dialogue rythmique et syncopé : La musique de Stravinsky (rythmes irréguliers, syncopes, contrastes dynamiques) influence directement la chorégraphie : Balanchine exploite ces éléments pour créer une danse pétillante et percussive, où les mouvements rapides et précis des danseurs reflètent les accents musicaux. - Un style américain et de Broadway : Rubis évoque le jazz et le glamour de Broadway. Les sauts vifs, les jeux de pieds rapides... rappellent presque la danse de comédie musicale tout en restant dans une esthétique classique. - L’importance de la virtuosité et de l’interaction entre les danseurs : La chorégraphie est très technique et virtuose, notamment chez le couple principal, qui dialogue avec la musique par des jeux de jambes rapides et des déplacements fluides. Le corps de ballet participe à cette effervescence musicale, créant une impression d’énergie collective qui répond aux variations orchestrales de Stravinsky. -> Rubis illustre une fusion parfaite entre la musique et la danse, où la chorégraphie est entièrement guidée par la structure rythmique et l’esprit de la partition de Stravinsky. Balanchine transforme ainsi la musique en mouvement pur, faisant de la danse un prolongement naturel du son.
7. DÉCORS, COSTUMES ET LUMIÈRES :
- Les décors : minimalisme et éclat : approche néoclassique de Balanchine : un décor minimaliste qui ne détourne pas l’attention de la danse. Le fond de scène est géométrique et rouge intense, couleur du rubis (ou parfois noir avec des effets lumineux) -> sensation de profondeur et de brillance. L’espace scénique est ouvert et sobre, laissant la danse et la musique dominer. - Les costumes : glamour et modernité : essentiels à l’identité de Rubis Danseuses : robes courtes et légères (une exception dans le répertoire classique) évoquant la mode des années 1920 avec des jupes flottantes ornées de strass -> allure pétillante et fluide, renforçant l’effet de mouvement Danseurs : collants blancs et tuniques rouges, apportant une touche d’élégance sobre L’ensemble des costumes est décoré de strass et de paillettes, captant la lumière et rappelant l’éclat d’un rubis taillé. Le choix de ces costumes renforce aussi le lien avec le jazz et Broadway. - Les lumières : un jeu d’éclats et de contrastes : Met en valeur la vitesse et l’énergie du ballet Des jeux de lumière vifs accentuent la brillance des costumes et le dynamisme des danseurs. La couleur rouge domine, parfois contrastée par des tons dorés ou plus sombres pour varier l’ambiance. L’éclairage suit la musique syncopée de Stravinsky, mettant en avant les moments forts et les changements rythmiques. -> Dans Rubis, décors, costumes et lumières s’harmonisent pour créer une ambiance à la fois raffinée, festive et moderne. Le minimalisme du décor permet aux costumes scintillants et à l'éclairage vibrant de jouer un rôle central, renforçant l’impression de luxe et d’éclat qui caractérise ce ballet. Balanchine choisit donc une approche épurée où la danse et la musique priment sur les éléments scéniques.
9. LES CORPS DANSANTS :
Nous sommes en présence d’une danse néoclassique : grande virtuosité technique, rapidité d’exécution, danse très épurée…Balanchine accorde la primauté absolue à l’élément dansé : il s’écarte de la narration dramatique : il est dans l’abstraction. Il ne remet pas en question le vocabulaire classique mais fait plutôt un élargissement.
- Vocabulaire, technicité, stylistique : Colonne érigée Sauts Travail en parallèle + passage parallèle/en-dehors Angulaire/travail des lignes Certains pas jazz Élévation de jambes Vivacité du bas de jambe, tactilité du pied Travail des bras Déhanchés Pointes en outrepassées Pieds Flex/demi-pointes Penchés Sorties d’axe Déséquilibre Bassin en avant Bassin tellement ouvert/en-dehors très poussé
- États de corps : Corps percussif et articulé Energie projetée et expansive Posture élégante et stylisée Engagement total du corps
- Qualités de mouvements : Vivacité, virtuosité et dynamisme Légèreté et rebond Brillance et éclat Fluidité et spontanéité
-> Une danse et des corps pétillants, puissants, sautillants et joyeux !
III- LA PORTÉE DE L'OEUVRE
A- Qualification de l'oeuvre par rapport au travail habituel de Balanchine
B - Par rapport au courant artistique du moment
D- Son apport au genre
C- Son apport à la danse
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Joyaux s'inscrit dans le contexte artistique des années 1960. - Une œuvre néoclassique face à l’évolution du ballet : Joyaux = la fusion entre tradition et modernité : influence du modernisme (exemple : Merce Cunningham et l'abstraction) -> Joyaux = absence de narration mais respect du vocabulaire classique.- Un écho au minimalisme artistique : Les années 1960 marquées par le minimalisme visuel se reflètent dans Joyaux par une esthétique épurée : absence de décor réaliste + simplification des formes + accent sur la danse et la musique. Chaque partie, avec une couleur dominante, rappelle l’esprit du minimalisme dans les arts visuels.- Un parallèle avec la mode : Influence de la haute joaillerie (Van Cleef & Arpels) : Balanchine transforme cette fascination pour le luxe et l’éclat en une œuvre où l’esthétique visuelle et la sophistication sont au centre, en écho à l’essor de la mode comme art dans les années 1960. - Une réponse au postmodernisme naissant : Tout en restant fidèle au ballet classique, Joyaux peut être perçu comme une réponse au postmodernisme : il réinvente le ballet sans en détruire la structure, intégrant des éléments modernes tout en respectant les principes classiques (musicalité). -> Joyaux reflète les influences du minimalisme et du modernisme tout en restant attaché aux bases du ballet classique. Balanchine propose une œuvre qui prend en compte les évolutions esthétiques et culturelles de son époque : il mêle épure, luxe et innovation stylistique sans bouleverser les fondations du ballet, il cherche plutôt à les enrichir et à les réinterpréter.
B- JOYAUX PAR RAPPORT AU COURANT ARTISTIQUE DU MOMENT :
IV- BONUS
SOURCES :
Articles : https://www.chroniquesdedanse.com/critiques/joyaux-3/ https://fr.wikipedia.org/wiki/Jewels_(ballet)#:~:text=Jewels%20(Joyaux)%20est%20un%20ballet,au%20New%20York%20State%20Theater. https://numeridanse.com/publication/joyaux/ https://www.dansesaveclaplume.com/447584/en-coulisse/447584-joyaux-de-george-balanchine-voyage-imaginaire-dans-lhistoire-du-ballet-classique/ https://www.operadeparis.fr/saison-17-18/ballet/joyaux#media : article + podcast Joyaux https://www.sfballet.org/discover/backstage/ultimate-guide-to-jewels/ Livres : TOUS DANSEURS de Dorothée de Cabissole -> Georges Balanchine Nouvelle histoire de la danse en Occident - de la Préhistoire à nos jours de Laura Cappelle -> "Georges Balanchine ou l'académisme renouvelé" article de Tim Scholl L'histoire de la danse, repères dans le cadre du diplôme d'État (CND)-> "Épanouissement néoclassique"
Autres vidéos :
Autre vidéo de Joyaux de Balanchine (Rubis) de l'Opéra de Paris où on remarque quelques petites différences dans les costumes, décors par rapport au Ballet du Bolchoï -> intéressant de voir comment ces 2 grands Ballets reprennent ce classique.
Bande-annonce du film du Ballet du Bolchoï qui diffusait en direct Joyaux d'où viennent les extraits.
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V- CONCLUSION
Joyaux de Balanchine est un ballet incontournable pour les amateurs de danse. Avec ses styles différents, ses costumes éclatants et sa musique brillante, il offre un spectacle visuellement saisissant et techniquement impressionnant. Chaque partie, de l'élégance de Émeraudes à l'énergie de Rubis et la majesté de Diamants offre une expérience unique qui capte l’essence de la danse classique et néoclassique tout en captivant le spectateur. C'est un ballet à voir pour sa beauté, sa diversité et son génie chorégraphique. C'est un ballet clé dans l'histoire de la danse et influencera les chorégraphes et danseurs des générations suivantes.
CITATIONS DE GEORGE BALANCHINE (montrant sa vision du Ballet et son travail) :
« Le Ballet est avant tout une affaire de temps et d’espace : l’espace délimité par la scène et le temps fourni par la musique. »
« Voyez la musique et écoutez la danse. »
« Je ne suis pas interessé par les danseuses qui veulent montrer leur âme. »
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D- L'APPORT DE JOYAUX AU GENRE (BALLET) :
Joyaux a apporté des changements fondamentaux au ballet, marquant une évolution vers le néoclassique et influençant la manière dont les ballets sont créés et interprétés : - Le ballet abstrait en plusieurs actes : Joyaux = le premier ballet en trois actes sans narration -> prouve qu’un ballet peut exister grâce à l’esthétique et à la musique, sans avoir besoin d’une histoire.- Nouvelle structure du ballet : Contrairement aux ballets traditionnels fondés sur une intrigue, Joyaux organise chaque acte autour d’un style distinct tout en conservant une unité. - Hommage aux traditions du ballet : Chaque acte reflète une tradition différente du ballet : Émeraudes : Ballet français, lyrique + Rubis : Ballet américain, dynamique + Diamants : Ballet russe, majestueux.- Influence sur la scénographie : Joyaux simplifie les décors en utilisant des couleurs, lumières et costumes, ouvrant la voie à des mises en scène plus minimalistes, influençant des chorégraphes comme William Forsythe.- Modèle pour le ballet contemporain : Joyaux est devenu un classique du répertoire néoclassique et un modèle pour des ballets modernes basés sur des thèmes esthétiques ou musicaux.-> Joyaux a révolutionné la structure du ballet, introduit l’abstraction sur scène, et continue d’influencer les chorégraphes contemporains.
A- JOYAUX PAR RAPPORT AU TRAVAIL HABITUEL DE BALANCHINE :
Joyaux occupe une place particulière dans l’œuvre de Balanchine. - Une œuvre abstraite mais évocatrice : Balanchine est connu pour ses ballets purement dansés, sans intrigue ni drame narratif. Joyaux suit cette tradition, mais avec une particularité : chaque partie semble suggérer un univers culturel et historique -> sans récit, Joyaux donne l’impression d’un voyage à travers différentes traditions du ballet = une approche plus évocatrice que strictement abstraite. - Une mise en valeur du style néoclassique : Balanchine pousse son esthétique néoclassique à l’extrême : • La danse est entièrement guidée par la musique, sans artifice dramatique. • Les mouvements mettent en avant la virtuosité technique et la musicalité. • L’absence de décor réaliste permet à la danse et aux costumes de dominer visuellement. - Une œuvre plus spectaculaire que d’habitude : Si Balanchine a souvent privilégié des œuvres épurées, Joyaux joue avec une esthétique plus fastueuse -> suggère un luxe visuel inhabituel chez Balanchine : costumes scintillants + utilisation des couleurs + diversité stylistique -> un ballet plus « spectaculaire » que certains de ses autres travaux plus minimalistes. Joyaux reste fidèle à l’approche néoclassique de Balanchine mais l’enrichit d’une dimension plus évocatrice et visuellement somptueuse = une œuvre unique dans son répertoire (hommage aux différentes traditions du ballet + démonstration de sa maîtrise du mouvement et de la musicalité).
B- L'équipe artistique à sa création :
• Chorégraphie : George Balanchine • Musique : Émeraudes : Gabriel Fauré (Pelléas et Mélisande, Shylock) Rubis : Igor Stravinsky (Capriccio pour piano et orchestre) Diamants : Piotr Ilitch Tchaïkovski (Symphonie n°3 en ré majeur) • Décors et costumes : Barbara Karinska • Danseurs principaux lors de la création : Émeraudes : Violette Verdy, Mimi Paul Rubis : Patricia McBride, Edward Villella Diamants : Suzanne Farrell, Jacques d’Amboise .
Cette œuvre a depuis été reprise par de nombreuses compagnies de ballet à travers le monde.
Fauré
Tchaïkovski
Karinska
Stravinsky
C- L'APPORT DE JOYAUX À LA DANSE :
Joyaux a marqué un tournant dans le ballet néoclassique et a influencé la danse du XXè siècle de plusieurs façons :- Un ballet abstrait en trois actes : Joyaux = le premier ballet en trois actes (parties) sans histoire, reposant uniquement sur l’atmosphère, la musique et la danse. Cette approche abstraite a inspiré la danse contemporaine. - Diversité stylistique : Chaque partie reflète un style de ballet différent avec une technicité spécifique mais toutes trois virtuoses : Émeraudes : ballet romantique français + Rubis : dynamisme américain, influencé par le jazz et Broadway + Diamants : ballet impérial russe.- Nouvelle relation danse-musique :Balanchine démontre son idée de "voir la musique et entendre la danse", un principe devenu essentiel dans la danse moderne. - Modèle pour le ballet contemporain : L'absence de narration et l’accent sur l’esthétique visuelle ont inspiré de nombreux chorégraphes contemporains, comme John Neumeier. - Enrichissement du répertoire : Joyaux est devenu un classique, souvent repris par les grandes compagnies de ballet internationales. ->Joyaux révolutionne le ballet en affirmant que la danse peut exister sans narration, soutenue uniquement par la musique et le mouvement, tout en célébrant les différentes écoles du ballet classique et exerce une certaine influence sur les générations de chorégraphes suivantes.
4. LA CONSTRUCTION DE L'ESPACE :
L'espace est très structuré : il est angulaire et dynamique, en accord avec l’énergie du jazz et du ballet néo-classique américain ainsi qu’en lien avec la musique qui expose des changements assez bruts. Balanchine utilise des lignes asymétriques et des formations éclatées, jouant avec les contrastes entre le corps de ballet et les solistes. En effet, on remarque que le corps de ballet entoure les solistes et sont orientés vers eux pour les mettre en valeur tandis que les solistes jouent entre eux et avec le corps de ballet, ils sont orientés plutôt frontalement vers le public ( importance des diagonales dans lesquelles le corps de ballet est aligné ou comme un arc de cercle mais linéaire qui entoure les solistes) ; il y a un jeu de formes qui se déplacent, les danseurs ont des déplacements linéaires et angulaires, ce n'est pas rond. C'est aussi un espace conçu pour exalter la danse pure : il n’y a pas de décor, ce qui met l’accent sur le mouvement et le jeu des corps dans l’espace. Balanchine exploite la scène comme un terrain de jeu pour la danse pure où les formations géométriques et les interactions entre les danseurs suffisent à structurer l’espace. Ainsi, on peut dire que Balanchine façonne l’espace avec une précision mathématique et une grande sensibilité musicale, transformant la scène en un terrain de jeu mouvant pour la danse.
ÉMERAUDES, L’ÉCOLE FRANÇAISE – PLUS ARTISTIQUE QUE VIRTUOSE RAPPELANT GISELLE
Émeraudes, qui ouvre le ballet, est ainsi dansé sur la partition de Pelléas et Mélisandeet de Shylock de Gabriel Fauré, musique française par excellence d’influence romantique et postromantique. C’est la couleur que George Balanchine veut donner à ce premier tableau auquel il associe la couleur verte, celle des émeraudes. Couleur qui évoque aussi le monde des forêts, de la chasse, et que l’on peut associer à l’univers esthétique de Giselle, ballet français emblématique, avec des danseuses en jupes de tulle (tutu romantique). Du style français, George Balanchine a retenu le pas de bourrée rapide et les épaulements avec la tête vers le public dans un ensemble résolument lyrique et plus artistique que virtuose. Émeraudes exige des interprètes de grand talent à l’instar de Violette Verdy qui le créa.
https://www.youtube.com/watch?v=3pJEXgt5N1c
A- George BALANCHINE (1904-1984)
C’est un danseur et chorégraphe né à Saint-Pétersbourg, il vient des Ballets Russes et arrive en 1925 comme maître de Ballet au sein des Ballets Russes avec Apollon Musagète (1928) qui montre le nouveau classicisme : la mythologie grecque revisitée par le modernisme et Le fils prodigue (1929) qui est un de ses rares Ballets narratifs par exemple. Balanchine est un héritier du Ballet impérial de Saint-Pétersbourg et le fondateur du Ballet américain. De 1931 à 1932, il collabore avec les Ballets Russes à Monte-Carlo puis en 1933, il immigre sa danse aux USA, il arrive à New York City à la demande de Lincoln Kirstein (écrivain et passionné de danse). Balanchine connaît des débuts difficiles car il n’y a aucune tradition du Ballet classique aux USA mais il va réussir à se faire une place dans ce nouveau territoire de création. Balanchine a pour objectif de développer une nouvelle école de danse classique pour un nouveau monde. En 1934, il fonde la School of American Ballet puis dirige l’American Ballet où il monte un Ballet très important Sérénade (1934, musique de Tchaïkovski). De 1935 à 1951, il chorégraphie pour les scènes de Broadway : Cabin in the Sky (1940) et collabore pour quelques films à Hollywood. En 1941, il fonde l’American Ballet Caravane et en 1948, le New York City Ballet qui devient sa troupe officielle subventionnée par la ville, où il mène une carrière féconde. Durant toute sa carrière, il sera invité partout comme en Russie ou à Monte-Carlo.
https://www.operadeparis.fr/artistes/george-balanchine
DIAMANTS, L’ÉCOLE RUSSE – LE BALLET IMPÉRIAL ET CLIN D’OEIL AU LAC DES CYGNES
Diamants qui clôture la trilogie est en totale rupture avec le reste du ballet. George Balanchine revient là à ses origines, celles de Saint-Pétersbourg et du grand ballet impérial. Le choix de son compositeur favori, Piotr Illich Tchaïkovski, s’imposait tant il est lié à l’histoire du ballet académique. Cette dernière partie est chorégraphiée sur la troisième symphonie du compositeur amputée du premier mouvement. Diamants reste le fragment le plus élaboré du ballet. Son acte blanc avec tutu plateau à la russe, son adage et pas de deux font écho au Lac des Cygnes, et plus généralement à la grande tradition du ballet impérial qui irrigua l’œuvre de Balanchine.
https://www.youtube.com/watch?v=QetKodXvVPs
RUBIS, L’ÉCOLE AMÉRICAINE – DU PUR BALANCHINE AUX ACCENTS DE COMÉDIE MUSICALE
Rubis est assurément la partie la plus typée et éminemment new-yorkaise. George Balanchine raconte le présent de la danse néo-classique américaine avec ses influences venues de Broadway. Il choisit une partition de son ami Igor Stravinsky aux accents jazzy, Capriccio pour piano et orchestre. Ni robes de tulle, ni tutus mais un justaucorps rouge vif pour les danseuses. Déhanchés, déséquilibres, paumes de mains fléchies, courses sur scène : voilà du pur George Balanchine, agrémenté de clin d’œil à la comédie musicale et d’une pointe de vulgarité bienvenue. La danse va vite, et c’est drôle. Rubis est probablement la partie la plus souvent dansée indépendamment des deux autres. Le Ballet de l’Opéra de Paris a ainsi d’abord dansé Rubis seul – appelé alors Capriccio – dès les années 1970. Ce n’est qu’en 2000 que Joyaux dans son intégralité fit son entrée au répertoire.
https://www.youtube.com/watch?v=ojT5uMBg4yM
2. Le nombre d'artistes :
- Dans Joyaux, le nombre total de danseurs est environ de 70. On peut faire une estimation générale basée sur la distribution habituelle : • Émeraudes : environ 18 danseurs (2 couples principaux, 3 demi-solistes et le corps de ballet) • Rubis : environ 18 danseurs (1 couple principal, 4 demi-solistes et le corps de ballet : 12 danseurs) • Diamants : environ 34 danseurs (1 couple principal, 4 demi-solistes et un grand corps de ballet) Cependant, le nombre exact de danseurs peut varier légèrement selon les compagnies et les productions. - Dans l'extrait, on peut apercevoir au total 15 danseurs, on peut dire qu'il y a le corps de ballet au complet (12 danseurs : 8 danseuses et 4 danseurs) puis une demi-soliste qu'on voit au début de l'extrait. Quand cette dernière sort, le couple de solistes principaux entre.