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Le cuistorien - Moyen Âge

Hélène Fuchs

Created on November 23, 2024

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Transcript

Le Cuistorien

AU MOYEN ÂGE

EN CUISINE !
1/10

Lequel de ces fruits n'était pas consommé en europe au moyen âge ?

Le melon
La datte
L'orange
1/10

Lequel de ces fruits n'était pas consommé en europe au moyen âge ?

Le melon
La datte
L'orange

C'est juste !

suivaNt

D'InfoS

1/10

Lequel de ces fruits n'était pas consommé en europe au moyen âge ?

Le melon
La datte
L'orange

Eh non !

suivaNt

D'InfoS

2/10

Qu'est-ce que la "porée" au Moyen Âge ?

Un ragoût de poires séchées
Une soupe de céréales
Une bouillie à base de légumes
2/10

Qu'est-ce que la "porée" au Moyen Âge ?

Un ragoût de poires séchées
Une bouillie à base de légumes
Une soupe de céréales

C'est juste !

suivaNt

D'InfoS

2/10

Qu'est-ce que la "porée" au Moyen Âge ?

Un ragoût de poires séchées
Une bouillie à base de légumes
Une soupe de céréales

eh non !

suivaNt

D'InfoS

3/10

Qu'est-ce qu'un entremets au Moyen Âge ?

Un plat très spectaculaire servant de divertissement
Une boisson alcoolisée servie au milieu du repas
Un plat sucré servi entre deux plats salés
3/10

Qu'est-ce qu'un entremets au Moyen Âge ?

Un plat très spectaculaire servant de divertissement
Un plat sucré servi entre deux plats salés
Une boisson alcoolisée servie au milieu du repas

C'est juste !

suivaNt

D'InfoS

3/10

Qu'est-ce qu'un entremets au Moyen Âge ?

Un plat très spectaculaire servant de divertissement
Un plat sucré servi entre deux plats salés
Une boisson alcoolisée servie au milieu du repas

eh non !

suivaNt

D'InfoS

4/10

Selon les règles de la cuisine médiévale, lequel de ces fruits pouvait être consommé en fin de repas ?

Le raisin
La pomme
La pêche
4/10

Selon les règles de la cuisine médiévale, lequel de ces fruits pouvait être consommé en fin de repas ?

La pêche
Le raisin
La pomme

C'est juste !

suivaNt

D'InfoS

4/10

Selon les règles de la cuisine médiévale, lequel de ces fruits pouvait être consommé en fin de repas ?

La pêche
Le raisin
La pomme

eh non !

suivaNt

D'InfoS

5/10

Comment s'appelle le dernier service d'un repas festif médiéval ?

Le frais mect
Le déduit
Le boute-hors
5/10

Comment s'appelle le dernier service d'un repas festif médiéval ?

Le frais mect
Le boute-hors
Le déduit

C'est juste !

suivaNt

D'InfoS

5/10

Comment s'appelle le dernier service d'un repas festif médiéval ?

Le frais mect
Le boute-hors
Le déduit

eh non !

suivaNt

D'InfoS

6/10

À table au Moyen Âge, qu'est-ce qu'une supplication ?

Une cuillère de miel mélangée à de l'alcool
Une prière récitée avant le repas
Un type de gaufre
6/10

À table au Moyen Âge, qu'est-ce qu'une supplication ?

Une cuillère de miel mélangée à de l'alcool
Une prière récitée avant le repas
Un type de gaufre

C'est juste !

suivaNt

D'InfoS

6/10

À table au Moyen Âge, qu'est-ce qu'une supplication ?

Un type de gaufre
Une prière récitée avant le repas
Une cuillère de miel mélangée à de l'alcool

eh non !

suivaNt

D'InfoS

7/10

Chez quel commerçant les hommes du Moyen Âge pouvaient-ils se procurer des confiseries ?

L'apothicaire
Le noiseur
Le confiturier
7/10

Chez quel commerçant les hommes du Moyen Âge pouvaient-ils se procurer des confiseries ?

L'apothicaire
Le noiseur
Le confiturier

C'est juste !

suivaNt

D'InfoS

7/10

Chez quel commerçant les hommes du Moyen Âge pouvaient-ils se procurer des confiseries ?

L'apothicaire
Le noiseur
Le confiturier

eh non !

suivaNt

D'InfoS

8/10

Parmi ces épices, laquelle était la moins chère au Moyen Âge ?

Le gingembre
La cannelle
Le poivre
8/10

Parmi ces épices, laquelle était la moins chère au Moyen Âge ?

Le gingembre
Le poivre
La cannelle

C'est juste !

suivaNt

D'InfoS

8/10

Parmi ces épices, laquelle était la moins chère au Moyen Âge ?

Le gingembre
Le poivre
La cannelle

eh non !

suivaNt

D'InfoS

9/10

À l'époque médiévale, quelle est la différence entre un oyer et un poullaillier ?

L'oyer vend les volailles cuites, le poullaillier les volailles crues
L'oyer vend des oiseaux sauvages, et le poullaillier de la volaille domestique
L'oyer vend la volaille vivante, et le poullaillier la viande uniquement
9/10

À l'époque médiévale, quelle est la différence entre un oyer et un poullaillier ?

L'oyer vend les volailles cuites, le poullaillier les volailles crues
L'oyer vend des oiseaux sauvages, et le poullaillier de la volaille domestique
L'oyer vend la volaille vivante, et le poullaillier la viande uniquement

C'est juste !

suivaNt

D'InfoS

9/10

À l'époque médiévale, quelle est la différence entre un oyer et un poullaillier ?

L'oyer vend les volailles cuites, le poullaillier les volailles crues
L'oyer vend des oiseaux sauvages, et le poullaillier de la volaille domestique
L'oyer vend la volaille vivante, et le poullaillier la viande uniquement

eh non !

suivaNt

D'InfoS

10/10

Au Moyen Âge, qu'est-ce que les "rogatons" ?

Les légumes-racines pris dans leur ensemble
Des restes de banquet revendus après le festin
Des biscuit de voyage à longue conservation
10/10

Au Moyen Âge, qu'est-ce que les "rogatons" ?

Les légumes-racines pris dans leur ensemble
Des biscuit de voyage à longue conservation
Des restes de banquet revendus après le festin

C'est juste !

suivaNt

D'InfoS

10/10

Au Moyen Âge, qu'est-ce que les "rogatons" ?

Les légumes-racines pris dans leur ensemble
Des biscuit de voyage à longue conservation
Des restes de banquet revendus après le festin

eh non !

suivaNt

D'InfoS

Bien joué !

Bravo, tout est prêt ! RDV très bientôt pour un autre voyage dans le temps avec le Cuistorien...
On rejoue ?

Oyer, Oyer

On appelle aussi l'oyer le "rôtisseur" : c'est un spécialiste de la viande cuite, qui vend la volaille toute préparée à des clients qui ne peuvent pas la rôtir eux-mêmes (tandis que le poullaillier vend les volailles vivantes, ou déjà abattues et plumées mais crues). En effet, au Moyen Âge, tout le monde n'a pas de cheminée (essentielle pour pouvoir rôtir des pièces de viande)... ni même de cuisine à part entière ! La cuisine séparée n'existe que dans certaines luxueuses demeures urbaines, dans les châteaux et dans les grandes abbayes. Ailleurs, on cuisine sur le "foyer" (petite zone délimitée par des pierres ou des briques où on fait le feu pour se chauffer, sans conduit d'évacuation des fumées vers l'extérieur), ou on ne fait pas à manger chez soi du tout : en ville, il n'est pas rare que les plus modestes se nourrissent à l'extérieur, chez toutes sortes de marchands vendant des produits chauds à bas prix (viandes rôties, mais aussi pâtés, tourtes, soupes, bouillies...) Même chez les plus riches, on préfère parfois acheter la viande déjà rôtie pour ne pas avoir à aménager sa cheminée et à acheter broches et rôtissoire.

Sans demander son reste

Le mot "rogaton" vient du latin "rogatum", qui signifie "chose demandée" : il s'agit des restes des grands banquets, que le cuisinier se charge de revendre à des marchands spécialisés, que l'on peut appeler "regrattiers", "marchands de rogatons", ou plus tard "marchands d'arlequins". Les restes sont ensuite découpés en portions, parfois recuisinés ou réassaisonnés, et revendus à des clients modestes cherchant à se nourrir pour peu cher. Les regrattiers (qui ont existé jusqu'au début du 20e siècle !) ne sont pas les seuls à chercher à racheter ces aliments non consommés : un certain nombre de fabricants de plats chauds, et notamment les marchands de tourtes et de pâtés, se servent des viandes et des légumes déjà assaisonnés et cuits pour préparer la farce de leurs produits !

En douceur

Au Moyen Âge, la frontière est très mince entre les confiseries et les médicaments, et tous ces produits sucrés s'achètent donc chez l'apothicaire (l'équivalent médiéval du pharmacien). Nougat, dragées, massepain, pâtes de fruits et confitures sont consommés, non seulement par plaisir, mais aussi parce qu'on estime qu'ils peuvent avoir un effet bénéfique sur la santé, ce qui permet d'unir l'utile à l'agréable : le sucre, aliment "chaud et humide", est perçu comme particulièrement sain. À ce titre, les plats destinés aux convalescents au Moyen Âge sont en général très sucrés. Ce n'est qu'au 17e siècle que le sucre commence à être perçu comme un danger possible pour la santé.

Un dernier pour la route

Le "boute-hors", qui chasse ("boute") les convives hors de table, ne correspond pas à notre "dessert" : en effet, la cuisine médiévale ne connaît pas le schéma entrée-plat-dessert. Par exemple, le blancmanger, un plat de fête très apprécié, se fabriquait à partir de lait d'amandes, de sucre, d'eau de rose et de viande de poulet hachée : à nos yeux, ce n'est ni un plat (puisqu'il est très sucré), ni un dessert (puisqu'il contient de la viande). Pour conclure un grand repas médiéval, une fois la table desservie, on invite les convives à se rendre dans une autre pièce où on sert du vin sucré et épicé (l'hypocras) et des épices de chambre, c'est-à-dire des fruits confits, des épices confites (le gingembre notamment), du nougat, des confitures mangées à la cuillère, et des dragées contenant des noix ou des épices entières (surtout l'anis, la coriandre et le poivre). Selon la diététique médiévale, la nature "chaude" de tous ces aliments les rendait particulièrement aptes à faciliter la digestion.

En douceur

Au Moyen Âge, la frontière est très mince entre les confiseries et les médicaments, et tous ces produits sucrés s'achètent donc chez l'apothicaire (l'équivalent médiéval du pharmacien). Nougat, dragées, massepain, pâtes de fruits et confitures sont consommés, non seulement par plaisir, mais aussi parce qu'on estime qu'ils peuvent avoir un effet bénéfique sur la santé, ce qui permet d'unir l'utile à l'agréable : le sucre, aliment "chaud et humide", est perçu comme particulièrement sain. À ce titre, les plats destinés aux convalescents au Moyen Âge sont en général très sucrés. Ce n'est qu'au 17e siècle que le sucre commence à être perçu comme un danger possible pour la santé.

Un dernier pour la route

Le "boute-hors", qui chasse ("boute") les convives hors de table, ne correspond pas à notre "dessert" : en effet, la cuisine médiévale ne connaît pas le schéma entrée-plat-dessert. Par exemple, le blancmanger, un plat de fête très apprécié, se fabriquait à partir de lait d'amandes, de sucre, d'eau de rose et de viande de poulet hachée : à nos yeux, ce n'est ni un plat (puisqu'il est très sucré), ni un dessert (puisqu'il contient de la viande). Pour conclure un grand repas médiéval, une fois la table desservie, on invite les convives à se rendre dans une autre pièce où on sert du vin sucré et épicé (l'hypocras) et des épices de chambre, c'est-à-dire des fruits confits, des épices confites (le gingembre notamment), du nougat, des confitures mangées à la cuillère, et des dragées contenant des noix ou des épices entières (surtout l'anis, la coriandre et le poivre). Selon la diététique médiévale, la nature "chaude" de tous ces aliments les rendait particulièrement aptes à faciliter la digestion.

Oh porée !

Le mot "porée" vient du latin "porrum", qui signifie "poireau". Il ne s'agit pas en réalité d'un plat à part entière mais d'un type de plat : une bouillie de légumes épaissie avec du pain et servie chaude. Si une porée contient toujours du poireau, des légumes-feuilles et des oignons, les autres ingrédients sont laissés au choix du cuisinier, et il existait beaucoup de variations : porées blanches, vertes, noires, "maigres" (c'est-à-dire sans viande) ou "grasses" (c'est-à-dire contenant de la viande), épaisses ou plus liquides... Pour un repas du quotidien, on pouvait préparer une porée très simple à base d'herbes sauvages, tandis que certaines versions festives du plat étaient très élaborées : épicées, épaissies avec des amandes moulues et agrémentées de viande ou de saucisses. C'est un des plats fondamentaux de la cuisine médiévale !

On oublie

La supplication est un type de gaufre très fine, au même titre que ses cousines l'oublie (la plus connue), le mestier ou encore le gros bâton. Ces gaufres médiévales n'avaient pas grand-chose à voir avec nos gaufres modernes : beaucoup moins sucrées, plutôt croquantes que moelleuses, elles étaient souvent épicées (notamment au gingembre), et la pâte pouvait également contenir du vin ou encore du fromage. Lors d'un repas festif médiéval, les gaufres étaient servies lors de l'avant-dernier service : l'yssue de table, qui précède le boute-hors et qui marque la fin du repas pris à table. En guise de divertissement pour les convives, les gaufres pouvaient être préparées "à la minute" et à la demande par un oublieur, un artisan spécialisé dans la fabrication des gaufres.

Oyer, Oyer

On appelle aussi l'oyer le "rôtisseur" : c'est un spécialiste de la viande cuite, qui vend la volaille toute préparée à des clients qui ne peuvent pas la rôtir eux-mêmes (tandis que le poullaillier vend les volailles vivantes, ou déjà abattues et plumées mais crues). En effet, au Moyen Âge, tout le monde n'a pas de cheminée (essentielle pour pouvoir rôtir des pièces de viande)... ni même de cuisine à part entière ! La cuisine séparée n'existe que dans certaines luxueuses demeures urbaines, dans les châteaux et dans les grandes abbayes. Ailleurs, on cuisine sur le "foyer" (petite zone délimitée par des pierres ou des briques où on fait le feu pour se chauffer, sans conduit d'évacuation des fumées vers l'extérieur), ou on ne fait pas à manger chez soi du tout : en ville, il n'est pas rare que les plus modestes se nourrissent à l'extérieur, chez toutes sortes de marchands vendant des produits chauds à bas prix (viandes rôties, mais aussi pâtés, tourtes, soupes, bouillies...) Même chez les plus riches, on préfère parfois acheter la viande déjà rôtie pour ne pas avoir à aménager sa cheminée et à acheter broches et rôtissoire.

Dîner-spectacle

Les grands banquets et festins du Moyen Âge peuvent durer assez longtemps : constitués de plusieurs services, ils ressemblent à nos buffets modernes, c'est-à-dire qu'un nombre important de plats est amené à table afin que chacun puisse manger ce qui lui plaît. Pour distraire les convives, le cuisinier médiéval possède un atout de taille dans sa manche : l'entremets. Il s'agit d'un plat spectaculaire servi au milieu du repas : une "nourriture déguisée" (c'est-à-dire un plat "trompe-l'oeil" imitant l'aspect d'un autre plat), une gelée contenant des ingrédients agencés de manière particulièrement esthétique... De plus, ces plats peuvent être mis en scène, parfois de manière extrêmement élaborée : l'incroyable "entremets élevé" servi à la cour de Savoie en 1420 se composait d'un décor de château comestible dans lequel on trouvait entre autres une hure de sanglier crachant du feu, des hérissons dorés faits à partir de viande hachée, une fontaine donnant du vin et de l'eau de rose, et... trois musiciens assis à l'intérieur du château. Cet entremets était si grand qu'il a fallu quatre hommes pour le porter à table !

On oublie

La supplication est un type de gaufre très fine, au même titre que ses cousines l'oublie (la plus connue), le mestier ou encore le gros bâton. Ces gaufres médiévales n'avaient pas grand-chose à voir avec nos gaufres modernes : beaucoup moins sucrées, plutôt croquantes que moelleuses, elles étaient souvent épicées (notamment au gingembre), et la pâte pouvait également contenir du vin ou encore du fromage. Lors d'un repas festif médiéval, les gaufres étaient servies lors de l'avant-dernier service : l'yssue de table, qui précède le boute-hors et qui marque la fin du repas pris à table. En guise de divertissement pour les convives, les gaufres pouvaient être préparées "à la minute" et à la demande par un oublieur, un artisan spécialisé dans la fabrication des gaufres.

Oh porée !

Le mot "porée" vient du latin "porrum", qui signifie "poireau". Il ne s'agit pas en réalité d'un plat à part entière mais d'un type de plat : une bouillie de légumes épaissie avec du pain et servie chaude. Si une porée contient toujours du poireau, des légumes-feuilles et des oignons, les autres ingrédients sont laissés au choix du cuisinier, et il existait beaucoup de variations : porées blanches, vertes, noires, "maigres" (c'est-à-dire sans viande) ou "grasses" (c'est-à-dire contenant de la viande), épaisses ou plus liquides... Pour un repas du quotidien, on pouvait préparer une porée très simple à base d'herbes sauvages, tandis que certaines versions festives du plat étaient très élaborées : épicées, épaissies avec des amandes moulues et agrémentées de viande ou de saucisses. C'est un des plats fondamentaux de la cuisine médiévale !

le chaud et le froid

La diététique médiévale s'inspire largement des principes d'Hippocrate, le célèbre médecin grec : selon ses préceptes, les fruits sont des aliments difficiles à digérer, qu'il vaut mieux éviter. Si on tient à les consommer, mieux vaut les manger cuits et sucrés. Pour se protéger encore davantage, il faut respecter des règles bien particulières. En effet, selon Hippocrate puis selon les médecins médiévaux, les aliments sont soit "chauds", soit "froids", et soit "secs", soit "humides". Les fruits sont en général "froids", mais parfois "secs" (comme la pomme, la poire, le coing, la nèfle) et parfois "humides" (comme la pêche, le raisin, la prune, la cerise). Les fruits "froids et secs" doivent être consommés de préférence en fin de repas, si possible cuits dans du vin et épicés pour les rendre plus "chauds" et plus "humides", tandis que les fruits "froids et humides", eux, doivent plutôt être consommés en début de repas.

Épices délices

La cannelle, le poivre et le gingembre font tous partie de la catégorie des "grosses épices", c'est-à-dire des épices utilisées souvent et en larges quantités (par opposition aux "menues épices", dont on se servait avec plus de parcimonie) : leur prix était donc accessible, mais c'est le poivre qui était le moins cher des trois. La consommation des épices au Moyen Âge n'est pas réservée aux élites ! En réalité, seules les couches les plus pauvres de la société en sont exclues, et la cuisine médiévale fait très souvent appel à des mélanges complexes d'épices - non pas, comme on le dit parfois, pour cacher le goût de viandes de mauvaise qualité (la viande médiévale est généralement plus fraîche que la nôtre), mais simplement par plaisir. Si nous connaissons certaines épices consommées au Moyen Âge (comme l'anis, le safran, le clou de girofle), d'autres sont plus inattendues, comme la maniguette, le galangal, le poivre long ou le macis : l'homme médiéval mangeait plus épicé que nous !

Sans demander son reste

Le mot "rogaton" vient du latin "rogatum", qui signifie "chose demandée" : il s'agit des restes des grands banquets, que le cuisinier se charge de revendre à des marchands spécialisés, que l'on peut appeler "regrattiers", "marchands de rogatons", ou plus tard "marchands d'arlequins". Les restes sont ensuite découpés en portions, parfois recuisinés ou réassaisonnés, et revendus à des clients modestes cherchant à se nourrir pour peu cher. Les regrattiers (qui ont existé jusqu'au début du 20e siècle !) ne sont pas les seuls à chercher à racheter ces aliments non consommés : un certain nombre de fabricants de plats chauds, et notamment les marchands de tourtes et de pâtés, se servent des viandes et des légumes déjà assaisonnés et cuits pour préparer la farce de leurs produits !

Dîner-spectacle

Les grands banquets et festins du Moyen Âge peuvent durer assez longtemps : constitués de plusieurs services, ils ressemblent à nos buffets modernes, c'est-à-dire qu'un nombre important de plats est amené à table afin que chacun puisse manger ce qui lui plaît. Pour distraire les convives, le cuisinier médiéval possède un atout de taille dans sa manche : l'entremets. Il s'agit d'un plat spectaculaire servi au milieu du repas : une "nourriture déguisée" (c'est-à-dire un plat "trompe-l'oeil" imitant l'aspect d'un autre plat), une gelée contenant des ingrédients agencés de manière particulièrement esthétique... De plus, ces plats peuvent être mis en scène, parfois de manière extrêmement élaborée : l'incroyable "entremets élevé" servi à la cour de Savoie en 1420 se composait d'un décor de château comestible dans lequel on trouvait entre autres une hure de sanglier crachant du feu, des hérissons dorés faits à partir de viande hachée, une fontaine donnant du vin et de l'eau de rose, et... trois musiciens assis à l'intérieur du château. Cet entremets était si grand qu'il a fallu quatre hommes pour le porter à table !

Pas trop pressé

On aime beaucoup les dattes dans l'Occident médiéval, bien qu'elles ne soient pas à la portée de toutes les bourses - ces fruits, qui viennent de loin, sont assez chers. De même, le melon, connu depuis l'Antiquité, est très apprécié, mais comme il s'agit d'une plante locale, il est plus répandu : il est notamment cultivé dans la région d'Avignon, car les papes qui s'y sont temporairement installés au 14e siècle l'y ont apporté dans leurs bagages. En revanche, l'orange, elle, est un fruit qui vient d'Asie (son nom botanique est d'ailleurs Citrus sinensis, ou "agrume chinois") et qui n'arrive en Europe qu'au 16e siècle suite à la création de routes commerciales maritimes vers la Chine. Lorsqu'une recette médiévale parle d'oranges, il s'agit toujours d'oranges amères, qu'on appelle aussi "oranges bigarades", et pas de l'orange que nous consommons actuellement !

le chaud et le froid

La diététique médiévale s'inspire largement des principes d'Hippocrate, le célèbre médecin grec : selon ses préceptes, les fruits sont des aliments difficiles à digérer, qu'il vaut mieux éviter. Si on tient à les consommer, mieux vaut les manger cuits et sucrés. Pour se protéger encore davantage, il faut respecter des règles bien particulières. En effet, selon Hippocrate puis selon les médecins médiévaux, les aliments sont soit "chauds", soit "froids", et soit "secs", soit "humides". Les fruits sont en général "froids", mais parfois "secs" (comme la pomme, la poire, le coing, la nèfle) et parfois "humides" (comme la pêche, le raisin, la prune, la cerise). Les fruits "froids et secs" doivent être consommés de préférence en fin de repas, si possible cuits dans du vin et épicés pour les rendre plus "chauds" et plus "humides", tandis que les fruits "froids et humides", eux, doivent plutôt être consommés en début de repas.

Pas trop pressé

On aime beaucoup les dattes dans l'Occident médiéval, bien qu'elles ne soient pas à la portée de toutes les bourses - ces fruits, qui viennent de loin, sont assez chers. De même, le melon, connu depuis l'Antiquité, est très apprécié, mais comme il s'agit d'une plante locale, il est plus répandu : il est notamment cultivé dans la région d'Avignon, car les papes qui s'y sont temporairement installés au 14e siècle l'y ont apporté dans leurs bagages. En revanche, l'orange, elle, est un fruit qui vient d'Asie (son nom botanique est d'ailleurs Citrus sinensis, ou "agrume chinois") et qui n'arrive en Europe qu'au 16e siècle suite à la création de routes commerciales maritimes vers la Chine. Lorsqu'une recette médiévale parle d'oranges, il s'agit toujours d'oranges amères, qu'on appelle aussi "oranges bigarades", et pas de l'orange que nous consommons actuellement !

Épices délices

La cannelle, le poivre et le gingembre font tous partie de la catégorie des "grosses épices", c'est-à-dire des épices utilisées souvent et en larges quantités (par opposition aux "menues épices", dont on se servait avec plus de parcimonie) : leur prix était donc accessible, mais c'est le poivre qui était le moins cher des trois. La consommation des épices au Moyen Âge n'est pas réservée aux élites ! En réalité, seules les couches les plus pauvres de la société en sont exclues, et la cuisine médiévale fait très souvent appel à des mélanges complexes d'épices - non pas, comme on le dit parfois, pour cacher le goût de viandes de mauvaise qualité (la viande médiévale est généralement plus fraîche que la nôtre), mais simplement par plaisir. Si nous connaissons certaines épices consommées au Moyen Âge (comme l'anis, le safran, le clou de girofle), d'autres sont plus inattendues, comme la maniguette, le galangal, le poivre long ou le macis : l'homme médiéval mangeait plus épicé que nous !