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Escape Room Génial

Noémie Grisval

Created on October 30, 2024

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Transcript

Bonjour ! Moi c'est Lomajeno. Je suis là pour vous guider dans cette visite immersive dans l'antre d'un concept qui reste assez méconnu bien qu'il soit de plus en plus présent au tour de nous : le robot social. Au cours de cette expérience, vous aurez l'opportunité de découvrir ce qu'il est, son histoire, ses fonctions. Mais vous pourrez aussi comprendre ses enjeux via ses différentes formes d'utilisation. Bien sur, vous découvrirez aussi ses limites (même si ne vous en faites pas : je ne mords pas !). Je serais présent tout du long de votre visite pour vous servir de boussole dans ce labirynthe numérique ou d'éclaireur dans les recoins obscurs de ce concept. Il vous suffira de cliquer sur l'icône ci-dessous pour me voir apparaître. Alors, vous êtes prêt ? C'est parti !

Pour commencer l'aventure, c'est par là !

SUITE

Choisis ta prochaine destination !

Menu

Point manip !
Robot social : KESAKO ?
Rencontre avec les robots sociaux
Un peu d'histoire du robot social
Comprendre l'enjeu de l'apparence
A la découverte du Care !

N'oublie pas de cliquer sur les mot en gras pour révéler des éléments !

Miroki : un exemple concret du lien entre robot & humain
Des limites au robot social ?
Terminus !

SUITE

Tamagotchi

Le Lovot

AMIE

Miroki

Clique sur les noms sur les cartes pour recontrer les différents types de robots sociaux !

Robin

SUITE

Tes 1

Commençons par un petit point technique et manip !

Prêt ? C'est parti !

Clique sur les écritures en gras pour avoir plus d'informations !

Clique une deuxième fois sur l'élément pour faire disparaître la fenêtre.

Clique sur moi pour avoir des éclaircissemens et des annecdotes !

Il n'y a pas d'ordre à respecter ! Mais tu peux toujours revenir au menu en cliquant là.

Pour changer de page c'est par ici

SUITE

« Robot social », ces notions peuvent de prime abord sembler antithétiques. Là où l’une nous fait concevoir l'image d’une boîte de conserve animée, l’autre renvoie plutôt au reflet d’un être humanisé. Pourtant, ce genre d’entité fait bel et bien partie de l’ordre de notre monde au même titre que les plantes, les minéraux ou les animaux. Mais à quoi cette étiquette fait-elle concrètement référence ?

La sortie du secteur industriel

Mémoire & Deep Learning : vers un robot "humain" ?

R2D2, nettoyeur de piscine, Terminator, outil ménager, Open IA, … qui aurait pu penser que la terminologie « robot » se déclinerait sous tant de formes différentes ? Ce terme vient à l’origine d’une pièce de 1921 de théâtre de l’artiste tchèque Karel Čapek « R U R : Rossum’s Universal Robots ». Fidèle à son étymologie tchèque, il fait miroir à « robota » signifiant « travail » ou « corvée ».

La proposition de définition de Baptiste Isabet

"Les robots sociaux et d'assistance sont des machines mécaniques parfois équipées d'une forme d'intelligence artificielle permettant d'établir des interactions avec l'utilisateur et favorisant la stimulation par leur présence physique et/ou leurs capacités d'échange social. (...) Certains des robots sociaux et d'assistance ont la spécificité de pouvoir créer des interactions sociales."

D’ailleurs, même dans le monde anglo-saxon, le préfixe « rob » n’est pas sans rappelé le mot « esclave ». C’est donc inhérent à sa conception même que le « robot » est une entité plus ou moins humanoïde au service de l’humain, une « intelligence artificielle ».

Qu'est-ce que le "Robot Social" ?

SUITE

Le concept du "care" : ce que trahit l'émergence du robot social

Notre étude du robot social tombe sous le prisme du care puisque nous observons les usages et les innovations possibles de robots d’accompagnement dans le domaine des soins au sens large. Toutefois, force est de constater qu’il existe une tension entre l’usage du robot social qui viendrait améliorer le soin en soi et la trahison de l’utopie politique du care basée sur l’humanité, la prise en compte des vulnérabilités du soigné et du soignant, mais également des logiques marchandes qui sous-tendent la commercialisation de ces robots. Les robots entrent donc en opposition avec le care, tout en améliorant certains aspects du soin.

L'Utopie du "care"

Le concept du « care », tel que développé dans Le travail du care de Pascale Molignier, est une manière de penser et d’agir basée sur le souci des autres. Par-delà les soins physiques, il définit le fait d’être présent, à l’écoute et de comprendre les besoins émotionnels des personnes vulnérables comme un véritable travail. Tout l’enjeu de définir ce concept est de mettre des mots sur la réalité du travail de soin, en incluant les tâches nécessitant peu de qualifications, pratiquées par des personnes marginalisées, pourtant essentielles dans la qualité du soin. L’utopie politique qui se dessine dans l’ouvrage est celui d’une « société du care » créant un renversement des priorités de logiques marchandes par le souci des autres au cœur des relations humaines et de l’organisation sociale. « Prendre soin » inclus toutes les actions qui participent à améliorer la santé d’un individu : du diagnostic, à l’administration des soins en passant par l’accompagnement psychologique…

Mais cette "humanisation" de l'IA et son utilisation dans le domaine médical remet aussi en question le savoir faire des actuels soignants du milieu dont certains voit en ce "robot social médical" une menace pour leur emploi. Si l'humanité est "transférable" à la robotique alors que reste-t-il à l'homme ? De plus, nous avions vu que le "robot social" était supposé être conçu dans une optique autre qu'une réponse à utilité déterminée. Or, AMIE par exemple est strictement créée pour effecter des diagnostiques. Ses conceveurs parlent bien d'elle comme un "outil" et non un "compagnon". Alors robot utile ou robot ami ?

D’une machine à un « agent social » ? Un peu d’histoire de la Robotanité…

Mais quand, pourquoi, et comment le robot machine a-t-il commencé à être conçu comme « compagnon » du quotidien ? Comment a-t-on pu passer du bras mécanique des usines automobiles au tamagotchi que l’on se sent responsable de nourrir quotidiennement ?

« Naissance » & « crise d’adolescence » du robot social

"L'animal Numérique" ou... ... Tamagotchi

Déploiement du "monde numérique"

De la "machine mécanique"à la "machine numérique"

Arrivée de l'affection & empathie

La course au "robot de compagnie"

SUITE

Miroki: un exemple concret du lien entre robot & humains

Un robot à l'hôpital, dans les faits :

A-t-il pour vocation de remplacer le personnel médical pour certaines tâches ?

Julien Welmant
Miroki

Est-il perçu par les soignant.es comme un collègue ou un outil de travail ?

Comment concrètement sera-t-il mis en place à l'ICM ?

Comment est née l'idée d'un robot à l'ICM ?

La mise en place de robots sociaux au sein des hôpitaux est-elle freiné par le coût de l'initiative ?

Un robot personnalisable

Quels horizons pour l'usage des robots sociaux en milieu médical ?

« Il n’y aura plus de code visible. A terme, on pourra piloter le robot depuis le téléphone directement grâce à des blocs de no-code personnalisés pour l’ICM afin de moduler le robot et sa conversation aux préférences de l’enfant (dinosaures, robots, chats) »

A quoi ressemble une séance de radiothérapie ?

SUITE

Dérobotiser... mais pas humaniser !

L’apparence du robot, un enjeu d’acceptation

Anthropomorphisme

Normalement plutôt employé pour parler du fait d'attribuer des carcatères humains à une entité divine ou animale, ce terme donne ici des caractéristiques humaines aux entités robotiques.

L’apparence est un point central dans la conception des robots sociaux, étant donné la forte influence que cette apparence joue sur l’acceptation. Ainsi cet enjeu a été étudié par la recherche dans les interactions Homme-Robot, avec l’élaboration de concepts comme la vallée dérangeante*.

*Pour explorer la Vallée dérangeante, c'est par là !

Avec la création en 1973, au Japon du 1er robot bipède, la voie de l’anthropomorphisme est devenue une voie d’acceptation des robots sociaux dans nos sphères les plus intimes. Au fur et à mesure du développement des techniques, le perfectionnement de l’anthropomorphisme permet aujourd’hui la diffusion de robots comme Optimus gen 2 ou Sophia. Il permet de se reconnaître dans le robot, jusqu’à même ressentir de l'empathie envers lui. On peut penser aux réactions face aux tests de Boston Dynamics, certaines personnes étaient choquées de voir les « maltraitances » que infligent les ingénieurs aux robots pour les tester.

On voit aussi que certains robots prennent la forme de robots-animaux (Aibo, Paro). Le fait qu’un robot prenne une apparence familière aux humains permet une meilleure acceptation et facilite les relations avec celui-ci.Mais au-delà de l’anthropomorphisme et de l’apparence animale on voit que des chatbots comme AMIE ou Chat GPT, dépassent ces enjeux par leur nature purement virtuel et sans attache physique. Ceci remet en question ces enjeux d’apparences, et ouvre la voie à de nouvelles formes de robots-sociaux.

SUITE

Utopie irréaliste ou Dystopie aliénatrice ?

Favoriser l'inclusion ou renforcer l'exclusion ?

Vers un homme robotisé & un robot humanisé ?

La robotique sociale se base sur une idée d'un robot "avec nous" grâce à des facultés d'interaction et d'empathie pour reprendre les mots de l'antropologue américaine Sherry Turkle. Bien que la robotique anthropomorphisée tant d'un point de vue visuel qu'interactionnel ait des vertus dans le domaine de la psychologie : aidant les personnes souffrant de handicaps mentaux ou en isolement social, des chercheurs tendent aussi à mettre en garde contre un danger de confusion pouvant non pas guérir mais plutôt aggraver la situation de ces personnes. Effectivement, justement de part leur pathologies ou difficultés de relations sociales, ces personnes sont aussi les lus sujettes à succomber à l'illusion d'une potentionnelle affectivité réciproque. Cela pousserait les individus à considérer leur "robot de compagnie" comme des substituts de l'être humain et au lieu de leur permettre d'apprendre comment pallier à leur isolement afin de se réintroduire en société, le robot serait alors un refuge, un échappatoire qui éviterait la nécessité de se reconnecter aux autres.

Le chercheur en robotique Philippe Coiffet met porte une refléxion sur la manière dont la société future tend à renverser l'humanité. Là où la guerre et la volonté de pouvoir cherhe à retirer à l'homme ses émotions et son empathie qui le rendent plus "vulnérable", le développement du numérique et de la robotique "sociale" cherche de son côté à rendre les machines plus affectives afin de leur permettre de mieux comprendre l'homme et de répondre à nos besoins. A l'heure où le transhumanisme n'a jamais été aussi proche de la réalité et où les capacités émotionnelles et relationnelles de la robotique n'ont jamais été aussi poussées, la question se pose : qui de l'Homme ou du Robot aura le plus d'humanité dans le monde de demain ?

Une utopie du robot social

Penser un robot "humain" relève-t-il alors de l'utopie ? Sherry Turkle met notamment en avant le fait que l'homme puisse inventer pour transmettre le monde et ses ressentis. Que ce soit par les mots, comme Beaudelaire avec son célèbre "Spleen" ou par l'art comme avec le sentiment du Sublime du 19ème siècle dans la peinture de Turner. Malgré la sophistication de l'IA générative et son cumule avec les capacités interactionnelles de la robotiques, le fait que ces entités soient capables d'en faire autant reste contestable et relève peut-être plus du projet scientifique que de la réalité...

SUITE

Terminus !

Alors après ce long voyage, j’espère que le concept de “robot social” t’es devenu plus familier et que tu es parvenu à ne pas te perdre dans les méandres de ses nombreuses utilisations et définitions. L’intérêt du robot social est un enjeu croissant dans notre société actuelle qui tend à redéfinir les rapports entre humain & machine. En effet, bien que ce ne soit pas le choix de toutes les entreprises, la prochaine marche du progrès numérique semble être celle de l’humanisation des robots bien que ce projet semble susciter à la fois envie et crainte. Le robot social est donc une nouvelle entité de notre quotidien dont la définition n’est toujours pas fixe tant d’un point de vue physiologique que du fait de ses potentielles capacités futures qui restent à venir.

Besoin d'un réccap ?

Pour te permettre de découvrir ce sujet, de nombreuses personnes m’ont aidé comme le concepteur du projet Miroki mais aussi des personnels de maison de retraite.Mes concepteurs et conceptrices ont également rencontré quelques difficultés pratiques pour présenter leur projet. Il est difficile dans le milieu du soin d’obtenir des entretiens. Le Broca Living Lab, par exemple, n’a pas donné suite à nos maintes demandes de contact, Serge Tisseron n’a pas pu nous apporter son éclairage et les membres de la maison de retraite que nous avons interrogés ne souhaitaient pas que nous fassions clairement apparaître leurs réponses dans un sondage… De plus, très peu de personnes sont concrètement au quotidien au contact de telles entités étant donné leur coût d’achat très élevé qui les réserve à certains milieux uniquement. Heureusement, de nombreuses ressources et documents ont permis d’enrichir leurs recherches et de rendre plus précis certains aspects. Tu les découvriras toutes listées dans la diapositive suivante !

SUITE

Bibliographie non exhaustive

- YouTube. https://www.youtube.com/watch?v=KnANaRNFe_w. Consulté le 8 novembre 2024. A l’hôpital Broca à Paris, des robots de compagnie pour les personnes âgées. 4 octobre 2018. Le Monde, https://www.lemonde.fr/festival/article/2018/10/04/a-l-hopital-broca-a-paris-des-robots-de-compagnie-pour-les-personnes-agees_5364390_4415198.html. En Grande-Bretagne, un petit robot pour aider les enfants diabétiques à se soigner. 30 septembre 2018. Le Monde, https://www.lemonde.fr/festival/article/2018/09/30/a-travers-les-robots-nous-etudions-le-developpement-des-liens-affectifs_5362416_4415198.html. « Enchanted Tools : We Are Changing the Face of Robotics ». Enchanted Tools, https://enchanted.tools/robot. Consulté le 8 novembre 2024. Pasteau, Cyril. « Le recours aux robots sociaux en santé mentale : quels enjeux éthiques ? - Hello Future Orange ». Hello Future, 25 mai 2020, https://hellofuture.orange.com/fr/le-recours-aux-robots-sociaux-en-sante-mentale-quels-enjeux-ethiques/. Powers, A., et al. « Eliciting information from people with a gendered humanoid robot ». ROMAN 2005. IEEE International Workshop on Robot and Human Interactive Communication, 2005., 2005, p. 158‑63. IEEE Xplore, https://doi.org/10.1109/ROMAN.2005.1513773. « Robin: An Autonomous Robot for Diabetic Children ». UK-RAS, https://uk-ras.org.uk/publications/ras-proceedings/UKRAS17/pp13-15/. Consulté le 8 novembre 2024.

« Robot ergo sum, vivre avec les robots ». France Culture, 6 septembre 2013, https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-magazine-de-la-redaction/robot-ergo-sum-vivre-avec-les-robots-6712764. Social Robotics and the Good Life: The Normative Side of Forming Emotional Bonds With Robots. 1ʳᵉ éd., transcript Verlag, 2023. JSTOR, https://www.jstor.org/stable/j.ctv371cb24. Spatola, Nicolas. « L’interaction Homme-Robot, de l’anthropomorphisme à l’humanisation ». L’Année psychologique, vol. 119, nᵒ 4, décembre 2019, p. 515‑63. shs.cairn.info, https://doi.org/10.3917/anpsy1.194.0515. Tisseron, Serge. « De l’animal numérique au robot de compagnie : quel avenir pour l’intersubjectivité ? » Revue française de psychanalyse, vol. 75, nᵒ 1, avril 2011, p. 149‑59. shs.cairn.info, https://doi.org/10.3917/rfp.751.0149. Tu, Tao, et al. Towards Conversational Diagnostic AI. arXiv:2401.05654, arXiv, 10 janvier 2024. arXiv.org, https://doi.org/10.48550/arXiv.2401.05654. Vallverdú, Jordi. Handbook of Research on Synthesizing Human Emotion in Intelligent Systems and Robotics. IGI Global, 1apr. J.-C. www.igi-global.com, https://www.igi-global.com/gateway/book/112192.

Des limites au "soin" de l'IA

Le transfert de responsabilités vers les systèmes d'IA pose des questions éthiques complexes. Lorsqu'un système d'IA est à l’origine d'une action médicale, il faut déterminer qui est responsable en cas d'erreur : le développeur, l'utilisateur, ou le système lui-même ? Hans Jonas, dans Le Principe Responsabilité, souligne que la technologie moderne impose une responsabilité accrue, obligeant les développeurs et utilisateurs à anticiper les conséquences de leurs créations. En déléguant des tâches importantes à une IA, cette interaction humaine est compromise, ce qui soulève des préoccupations quant à la déshumanisation du soin.

Selon le philosophe du care Joan Tronto, le développement de ces technologies est souvent dirigé par une logique marchande qui tend à prioriser les segments les plus lucratifs, ce qui conduit à une « sélection par le marché » où les populations vulnérables ou les soins non rentables sont négligés. Ainsi, la sélection de certaines maladies, certaines zones géographiques dans le développement des robots sociaux trahissent l’utopie politique du care. Une piste d’amélioration de ces phénomènes tiendrait en un encadrement normatif de la recherche et du développement à un niveau global.

Devenir "ami" avec une entité virtuelle ?

Le rôle du genre

L’apparence du robot-social exerce une influence certaine sur les relations qu’il peut avoir avec les humains. Mais dans le cas du chatbot, sans apparence physique, cet enjeu semble complexe. Certains ingénieurs ont réussi à impulser une humanisation des chatbots malgré tout. Cette humanisation passe par le langage employé, mais aussi par certaines caractéristiques comme l’attribution d’un genre au chatbot.Ceci qui semble à première vue dérisoire est en réalité un point central des relations que la chatbot va nouer. En effet, une étude (Powers et al., 2005) montre qu'un chatbot féminin attirera beaucoup plus l’attention d’un public masculin et inversement pour un chatbot masculin. Cette influence du genre sur le rapport au robot interroge fortement, et montre que l’humanisation des chatbots est une voie à son acceptation contrairement à ce que semblait affirmer la théorie de la "Vallée dérangeante".

La culture du "partenaire numérique"

L'affection envers le robot ouvre la porte d’entrée au développement d’une culture d’un « partenaire numérique ». Si la machine peut être sujette à de l’affection, pourquoi ne pas exploiter cette capacité ? Au-delà de simplement projeter de l’empathie vers cet outil, la question devient surtout de rendre cet outil un sujet méritant cette attention nouvelle. C’est la course vers l’amie IA. De Pepper à Open AI en passant par des jouets robots phoques, allant jusqu’au dernier Lovots, les industries cherchent à créer un « robot de compagnie ». La grande question étant de savoir si le but ultime est de brouiller la frontière machine / humain au point de les humaniser le plus ultimement possible ou si l’on a encore un souhait de conserver cette distinction transcendantale.

Qui est Julien Welmant ?

Julien Welmant est à l'origine du projet Miroki à l'Institut du Cancer de Montpellier (ICM). Il est oncologue radiothérapeute pour les enfants de l’ICM et également co-dirigeant d’une clinique de radiothérapie privée à Béziers. Il dispose donc d’une vision globale sur la radiothérapie tant chez les adultes que chez les enfants, son public s’étend de « de 18 mois jusqu’à 103 ans ». C’est de lui qu’est née l’idée d’amener un robot à l’ICM suite à un voyage au Japon. Suite à une rencontre avec un robot Pepper qui lui a rendu un service, l’idée a germée dans son esprit qu’un robot pourrait être utile pour aider les enfants de son service de radiothérapie de l’ICM.

« Je suis le geek de l’équipe. J’aime bien ce qui est robots, IA depuis toujours. »

"Dérobotiser" le robot

Le « robot social » se distingue donc des autres formes de robotique par certaines qualités comme une capacité mémorielle, à la fois pour reconnaître son interlocuteur, mais aussi s’adapter à lui et « créer un lien », « une relation » propre à cet individu. Pour Serge Tisseron le principal pas franchi a été au niveau de l’empathie. En effet, là où nous pouvons nous mettre à la place de l’animal, ce dernier ne nous le démontre pas en retour : c’est une empathie « extime ». Au contraire, de plus en plus, des formes d’IA tendent à témoigner d’une capacité à se mettre à notre place pour nous conseiller ou nous donner des avis : c’est une empathie beaucoup plus proche de celle que nous échangeons entre humains qualifiée « d’intime ». Mais ce sont également les nouveaux développements de « deep learning » permettant à la machine d’apprendre par l’interaction avec l’humain qui sont une spécificité de ces entités désormais capables de « s’adapter » selon les contextes et les publics auxquels elles sont confrontées.

Perspectives du robot social

Lors d'une conférence délivrée à SciencesPo sur l'IA générative, nous avons pu demandé à William El Sayed (travaillant au sein de l'organistaion Mistral IA), si l'humanisation de l'IA était un des objectifs de l'entreprise. Il s'agirait pour l'entreprise d'un axe d’amélioration dans un futur très lointain car beaucoup reste à faire dans l’aspect conversationnel.De plus, de nombreuses questions éthiques ne font toujours pas consensus, notamment concernant le transhumanisme.

"Chaque chose en son temps, la maitrise de l’infraverbale n’est pas prévue pour l’instant. Toutefois, cela reste un axe d’amélioration possible."

William El Sayed

Le rôle de la culture

Le regard que l’on peut avoir sur un robot est fortement déterminé par notre culture. L’exemple le plus frappant est le décalage qu’il peut y avoir entre la vision occidentale des robots et la vision japonaise.

En occident, les robots sont dans la conscience collective reliée aux enjeux de chômage, et de remplacement des humains, avec parfois même une vision presque dystopique, du type « la machine va dominer les humains ». ccidentale des robots et la vision japonaise.

Tandis qu’au Japon c’est tout l’inverse ! La société étant beaucoup plus influencée par l’animisme, affirmant que chaque objet possède une âme. Les Japonais conçoivent alors les robots comme ayant une âme et ont donc une vision beaucoup plus positive de ces derniers. C’est pour cela que l’on peut même voir des cérémonies religieuses, des phases de deuil même, lors de la panne d’un Aibo, un chien-robot conçu par Sony.

Ces enjeux culturels jouent un rôle important dans l’acceptation des robots-sociaux par les humains, et montrent à quel point cette acceptation peut être déterminée par des enjeux dépassant largement le robot en soi.

Du perfectionnement de l'humain...

Pour le dictionnaire Larousse : "Le transhumanisme est un courant de pensée qui vise l’amélioration des capacités humaines grâce à la science et la technologie. Il est contesté sur des bases scientifiques et éthiques."

... A son dépassement.

Le posthumanisme est un courant qui au delà de souhaiter améliorer l'homme, pense que son avenir se fera paradoxalement sans "humanité" dans le sens où la robotique et le numérique constiturait le futur de l'évolution. C'est l'un des buts de l'ONGI Humanity+ de Nick Bostrom.

Ces 2 concepts soulèvent d'importans débats éthiques.

Le Lovot est le produit du souhait du milliardiare japonais Yusaku Maezawa et de son voeu d'aller sur la Lune tout en ayant avec lui un "partenaire de vie" avec lequel il pourrait réellement développer une relation affective tout en n'ayant pas les inconvénients et contriantes d'une entité vivante.

Un partenaire à emmener sur la Lune !

Le Lovot pourrait aussi être appelé "robot émotionnel". En effet, le but de l'entreprise Groove X n'était pas de créer un outil "utile" mais de nous faire développer un "instinct d'amour". Conceptualisé par Kôta Nezu, il a pû être testé au Japon durant la pandémie de COVID 19 pour devenir un réel membre de la famille. Son utilisation s'est ensuite étendue dans les écoles pour favoriser le développement de l'interaction et des liens affectifs chez les enfants. Mais sa fonction première reste de répondre à un manque psychologique et émotionnel et de combler un isolement ou une exclusion. Des études japonsaises ont démontré qu'il avait la capacité de générer le même bonheur que le ferait un animal de compagnie. A la différence de ces derniers, le Lovot a l'avantage d'être autonome et de ne pas pouvoir mourir. De plus, il met fin aux potentiels problèmes sanitaires. Il arrive donc de plus en plus aux côtés des personnes âgées dans les maisons de retraite japonaises.

Ne m'utilise pas...
...Aime-moi !

Le lovot a tout d'un animal de compagnie : une fourrure chaleureuse, des roulettes pour se déplacer, des expressions sonores proches de bruitages pour communiquer et il dégage même une chaleur corporelle ! Mais ce petit être va plus loin que cela... Ses capteurs thermiques lui permettent de localiser une personne dans l'espace et sa caméra frontale mêlée à l'Intelligence Artificielle et la reconnaissance faciale l'habilitent à reconnaître ses interlocuteurs et adapater son comportement selon eux. En effet, il est même doté d'une mémoire grâce à laquelle il personnalise ses ractions selon les interactions qu'il a eu avec une personne. Ses yeux vont jusqu'à traduire plusieurs nuances d'une même émotion et il est totalement autonome puisqu'il est capable de se recharger tout seul.

"The next big thing in tech is love."

Groove X

Le lovot : Love&Robot

En raison des rayons, l’enfant, attaché sur la table, doit rester seul dans la salle. La salle est isolée, c’est une sorte de « bunker » où il ne peut avoir de contact avec sa famille ou les soignants. Le soin dure entre 10 min à 1 heure tous les jours pendant un mois et demi.

Voici quelques anecdotes sur cet ami robot !

  • C'est lui qui a animé le concours Eurovision junior en Arménie de 2022
  • Robin figurait dans le classement des 100 meilleures inventions du magazine Times en 2021 !

Salut ! Moi c’est Robin. Mon but est de faciliter la vie des enfants dans les hôpitaux et de les accompagner durant leur traitement et chimiothérapie. Je réduis leur stress en devenant leur ami. Je dois bien avouer que je suis plutôt un bon compagnon ! Je sais divertir avec des devinettes ou des chansons mais aussi enseigner grâce à mes aptitudes approfondies de communication et d’interaction. Grâce à ma mémoire, je peux aussi conserver et retransmettre les informations des patients directement à leur médecin. J’ai été expérimenté sur 120 enfants entre 4 et 12 ans en 2020 (à la clinique d’Erevan) et les résultats psychologiques montrent une augmentation de 26% de leur bien-être psychologique ainsi qu’une diminution de 33% du stress. Pour me concevoir, de nombreuses personnes ont travaillé main dans la main : informaticiens, professeurs, psychologues, … tous se sont réunis pour chercher quelles réactions, bruits ou gestes pouvaient être des sources d’apaisement. Ensuite, j’ai été placé dans des centres médicaux américains comme UCLA Maternal Hospital et l’ABC Kids dental Group avant d’aller tenir compagnie aux personnes âgées du pensionnat de Nord à Erevan pendant 3 mois. Le but était de me faire apprendre à réagir et interagir selon les besoins des publics que je rencontre et à m'adapter. En effet, je suis doté du “deep learning”, ce qui me permet d’apprendre par moi-même grâce à des données sans programme préalable : comme votre cerveau !

Robin : un nouvel ami ?

Robin est un robot conçu pour être capable de s'adapter et de se personnaliser selon les besoins des publics. Bien que l'interaction soit primordiale pour ce faire, il ne s'agit pas de le rendre "humain" d'où la conservtaion d'une apparance robotique mais humanoïde. D'un côté, il a tout du compagnon de jeu humanisé avec son Intelligence Artificielle, son deep learning, ses yeux expressifs sa reconnaissance faciale et ses facultés de language interactif. Mais il reste un robot comme le rappelle son caractère portatif qui le remet à une place d'objet ou sa physionomie grise qui n'a pas pour vocation de se confondre avec l'homme.

On compte aujourd'hui 30 sortes de Tamagotchi différentes ! Clique sur le lien pour décourir une de ses publicités !

Tamagotchi

Le Tamagotchi est un "animal de compagnie virtuel" japonais. Créé en 1961 par la société Bandai, il a pour but de créer une interaction avec l'enfant qui le possède. Il détient en effet tout d'un compagnon : il faut le nourrir, lui parler, et passer du temps avec lui autrement... il meurt ! Il peut être perçu comme la première forme de robot social car pour la première fois, ce n'est pas "l'utilité" du robot qui compte mais bien l'interaction avec ce dernier : un lien est créé entre lui et l'enfant. Ce dernier ayant un réel attachement affectif pour lui.

Salut ! Je suis ton nouveau compagnon Miroki.Mon rôle est d’accompagner les enfants malades lors de leurs sessions de radiothérapie. Je ne les lâche pas d’une semelle en consultation et jusque dans la salle de radiothérapie où je suis le seul à pouvoir entrer avec lui. Je suis capable de répondre à ses questions et discuter avec lui de ses sujets préférés. Je dispose aussi d’une mémoire pour ne pas me répéter et me rappeler des conversations précédentes. Grâce à mes grands yeux, et à ma voix humanoïde, je réagis et je m’exprime presque comme un vrai humain ! Je suis également équipé d’un globe roulant pour me déplacer super vite aux côtés des enfants. Au-delà de l’accompagnement physique, je suis conçu avec des pouces opposables et des poignées connectées me permettant de transporter des objets. Je suis un compagnon très récent ! Je suis arrivé le 16 octobre 2024 dans le service pédiatrique de l’Institut du Cancer de Montpellier et je devrais pouvoir être autonome d’ici août 2025.

Miroki, un soignant de compagnie numérique ?

Le robot Miroki fait ses débuts à l’Institut Cancer de Montpellier en octobre 2024. Ce petit robot humanoïde joue le rôle de compagnon pour les enfants malades en salle de radiothérapie. En effet, c’est le seul soin où l’enfant se retrouve complètement seul sans contact avec sa famille ou l’équipe soignante dans une salle pendant parfois une heure. Le robot Miroki vient donc combler un manque affectif dans un moment souvent difficile pour les enfants en radiothérapie. Il entre dans la catégorie des robots sociaux verbaux grâce à Chatgpt.

Petite annecdote : à l'origine, Miroki ne devait pas parler. Pour en savoir plus, cette interview du radiothérapeute à l'origine du projet : Julien Welmant !

Le Tamagotchi au secours du robot

Bien que réelle révolution que ce soit dans les sphères du travail, sociale ou sociétale, le robot finit tout de même par se faire doubler dans les années 90 avec l'essor du jeu vidéo. Face à ce « rival », le concepteur hongkongais de l’entreprise Bandai, Naoharu Yamashina, conceptualise un tout nouveau type de « jeu » qui tiendrait dans la « paume d’une main » et exigerait de son utilisateur un rapport relationnel en tant qu’il demanderait de l’attention. Un peu comme un « animal de compagnie portable ». Vous l’avez peut-être deviné si vous avez connu l’ancien millénaire, nous parlons bien de la première version du Tamagotchi. Un phénomène improbable arrive alors : des enfants se prennent « d’affection » pour des machines, des « créatures virtuelles ».

Pour en apprendre plus sur le tamagotchi clique sur moi !

AMIE ou le médecin dématérialisé

Sur 28 des 32 axes d’évaluation selon la perspective du praticien et sur 24 des 26 axes selon la perspective du patient, l’AMIE a obtenu de meilleurs résultats que le médecin réel.

Une IA qui soigne ?

L’IA offre des perspectives prometteuses pour améliorer la qualité des diagnostics, et semble donc être en possibilité de comprendre ces contextes uniques pour diagnostiquer et prescrire des soins. L’outil AMIE (Articulate Medical Intelligence Explorer), développé par Google Research, illustre ces potentialités (cf. fiche identité). AMIE est optimisé pour le dialogue diagnostique, utilisant des modèles d’IA capables de simuler des interactions entre médecins et patients afin de produire des diagnostics précis (Tu et al., 2024). Par ailleurs, cet outil excelle dans la planification de soins de santé personnalisés. Grâce à l'apprentissage automatique, des systèmes tels qu’AMIE peuvent générer des recommandations individualisées basées sur les profils des patients, réduisant ainsi les erreurs médicales et améliorant la qualité globale des soins.

Du remède au poison

De plus en plus de scientifiques et de neurologues tendent à mettre en garde contre l'utilisation de "robot sociaux" tels que Nao, Pepper ou Miroki. Effectivement, bien que de prime abord ils comblent le besoin d'interaction de personnes atteintes de troubles mentaux tel qu'Alzheimer ou les TSA, leur anthropomorphisme développé tend à les rendre substituable à la personne humaine. Cette confusion portée par un attachement profond se traduit dans dans le language même employé comme les enfants au contact de NAO qui en viennent à dire "qu'ils font dodo" lorsque ces derniers sont rangés. Ces publics peuvent aller jusqu'à oublier la machine au point de croire que cet attachement est réciproque et que le robot est une entité "éprouvante" les faisant compatir tout en pensant que la machine aussi pourrait avoir de l'empathie. Mais programmation de haute pointe et deep learning sont-ils réellement créateurs de vraies émotions ?

Robot "services" & Robots "Compagnons"

Robot Service

"permettent de faciliter l'indépendance en soutenant les activités quotidiennes telles que manger, se laver ou s'habiller. Ils favorisent la mobilité et peuvent assurer l'entretien de la maison à partir de fonctionnalités permettant de surveiller les personnes qui nécessitent une attention permanente et maintiennent la sécurité." Rencontre Miroki & Robin pour mieux comprendre cette notion !

Robot Compagnon

"ont pour fonction d'améliorer la santé et le bien-être psychologique des utilisateurs en leur offrant une compagnie." Pars découvrir Lovot, Miroki & Robin !

Animaloïdes & Humanoïdes

Animaloïde

" ont la particularité physique de ressembler à des animaux (chien, chat). (...) Généralement, ces robots sont équipés de capteurs et ont parfois la possibilité de se mouvoir." Besoin d'un exemple ? La frimousse du Lovot est là !

Humanoïde

" sont des robots qui ressemblent aux humains avec des caractéristiques physiques telles que le visage, les bras, parfois les jambes et souvent dotés de capacités langagières ." Robin & Miroki t'aideront à mieux voir de quoi nous parlons !

Source du chercheur : Broekens et al. (2009)

Vers l'imprédictible !

En même temps vient le passage de « machine mécanique » conçue pour nous libérer de nos « tâches désagréables » à la « machine numérique » qui se distingue par sa capacité de sortir du prédictif le tout en restant dans la frontière du prévisible. C’est ce changement fondamental qui a permit le passage d’une machine perçue comme échappatoire (à la fois de l’action et du monde) à une machine partenaire ce que Serge Tisseron nomme « dyade numérique ».

Source

Tisseron, Serge. « De l’animal numérique au robot de compagnie : quel avenir pour l’intersubjectivité ? », Revue française de psychanalyse. 6 avril 2011, vol.75 no 1. p. 149‑159.

La Vallée Dérangeante

La Vallée dérangeante, est un concept de Masahiro Mori, publié en 1970. C’est l’idée selon laquelle plus un androïde ressemble à un humain, plus il générera un sentiment de malaise, réduisant fortement son acceptation.Ce concept montre l’enjeu central qu’est l’apparence du robot dans son acceptation par les humains.

Figure : Représentation de la courbe théorique d’acceptation des robots selon la proximité du design avec l’apparence humaine dans la théorie de la vallée dérangeante. La saillance de l’incohérence apparence humaine/nature robotique est accentuée par le mouvement. (L’interaction Homme-Robot, de l’anthropomorphisme à l’humanisation, Nicolas Spatola).

Pas qu'un outil, aussi un ami ?

Au gré du développement de cet « outil » robot, c’est son passage du secteur industriel vers des activités plus quotidienne et proche de l’homme qui permet son émergence. Le robot sort de l’ombre des usines pour venir directement interagir à nos côtés avec une dimension dépassant la praticité pour le soin et la thérapie. Que ce soit en nous « tenant compagnie », en aidant nos enfants à apprendre, ou même dans le secteur de la sexualité, l’arrivée du « robot » sur ces champs a nécessité le développement de qualités interactionnelles le faisant de plus en plus dévier du simple « instrument » auquel il était associé jusqu’alors.

Monde numérique

C’est un véritable tournant relationnel qui s’est opéré. Plusieurs facteurs sont à l’oeuvre, tout d’abord, le déploiement d’un « monde numérique », refuge à notre réalité. Le robot n’est plus qu’un instrument pratique mais devient un échappatoire pour l’intellect avec l’essor de jeux vidéo, de sphères numériques, toujours plus sophistiqués et réalistement irréalistes.

Source

Tisseron, Serge. « De l’animal numérique au robot de compagnie : quel avenir pour l’intersubjectivité ? », Revue française de psychanalyse. 6 avril 2011, vol.75 no 1. p. 149‑159.