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dossier enfances et adolescences

Théâtre Auxerre

Created on October 30, 2024

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Transcript

COURGETTE
ZOOM

DOSSIER

37 heures
enfances et adolescences sur les planches
LE PARADOXE DE L'ENDIVE
liens artistiques et culturels

MANEGE

ZOOM - Quel spectacle ?

Zoom occupe une place particulière dans ce dossier puisqu'il donne cette fois la parole à la mère, qui par touches nous révèle la relation qui l'unit à son fils.
Fiche technique
Texte : Gilles GranouilletMise en scène et interprétation : Paméla RavassardCollaboration artistique : Garlan Le MartelotDirection d’acteur et mise en lumière : Cyril ManettaScénographie et costumes : Hanna SjödinMusique, création sonore : Frédéric et Nathan Minière / Violoncelliste : Nathan MinièreChorégraphie : Johan Nus / Coach vocal : Stéphane Corbin
Le dossier pédagogique de la compagnie
extraits
mise en bouche

ZOOM - extraits du texte de Gilles Granouillet

Il est drôlement en retard ce prof de bio.

Parce que j’aurais peut-être dû venir les autres années...

Mais ce qu’il m’avait pas dit Bernard, c’est que c’est un très vieux film...

tu t’appelles Burt, comme Lancaster, la bonne étoile s’est posée sur ta tête

Bernard me quittait là où il m’avait rencontrée, en bas de l’allée...

C’est comme au ciné quand t’as raté le début...

Je suis fatiguée et je ferais mieux de me taire...

C’est l’assistante sociale qui m’a appris le mot, j’avais jamais entendu.

Parce que parler ça m’est difficile aujourd’hui...

ça aussi j'ai dû l'expliquer au chef d'établissement...

Avant la représentation
Après la représentation

24

Manège, pièce chorégraphique de Julie Gouju
Fiche technique

chorégraphie, texte et interprétation Julie Goujubeatbox Scratchycollaboration artistique Clarisse Chanelaccompagnement à l’écriture du texte et au jeu Julie Menutlumière Estelle Gautiercréation sonore et musicale Théophile Rey

Le dossier du spectacle
Le teaser du spectacle
en pratique

Le Paradoxe de l'endive

Fiche technique

écriture, musique et jeu Alexis Louis-Lucasmise en scène Pierre Yanellirégie générale Aurélien Chevalierrégie lumière et vidéo Nicolas Cointot régie son Raphaël Longet

le dossier du spectacle sur le site de la compagnie
extraits du texte d'Alexis Louis-Lucas

Extraits - Le Paradoxe de l'endive, texte d'Alexis Louis-Lucas

P – Alors ? C’était bien ?A – Heu... oui…P – Elle est gentille madame André ?A – Oui, elle est gentille.P – Ben raconte, qu’est-ce que vous avez fait ? A – On a chanté…P – Avec le piano ?A – Oui…P – Mais ça t’a plu ?A – Bof, pas trop.P – Ah bon, mais tu voulais faire de la musique.A – Non, je veux jouer du tambour !P – Ha, oui, c’est vrai… T’es sûr ?A – Oui !P – Tu sais , tu devrais réfléchir, le violon, la guitare, t’as des copains qui font de la guitare, le saxophone ! Le piano ! J’aimerais tellement que tu fasses du piano. Oui, bon de toute façon, il faut que tu apprennes le solfège, c’est la base, quoi que tu choisisses plus tard comme instrument, il faut commencer par le solfège, t’es d’accord !

Mais avec l'adolescence, je me suis recroquevillé.

P – Sois donc un peu responsable bon sang ! Je traîne dans l’appart’, je me recouche calmement avec un Rico et des biscottes, A siffle Ainsi font font font… J’assume mal mon humeur de cochon mais c’est plus fort que moi. M – Ce sera l’objet d’une discussion avec ton père. Quelque chose en moi refuse de jouer au jeu de l’adolescence clairement déclarée, ce petit bonheur secret qu’ont les ados à faire chier l’entourage en disputes prévisibles. Moi, dans le petit microcosme douillet d’une vie trop facile, je mène une guerre d’usure pacifiquement, tout en lenteur et en mollesse. En temps d’hibernation, les animaux ralentissent leur métabolisme, et bien moi aussi, je vais ralentir mon métabolisme. P – T’as préparé ton audition pour le conservatoire ?

Si on ne veut pas que je joue du tambour, je ne joue plus, je vais dormir. Je dors, debout s'il le faut. Et surtout quand le monde s'affaire à se mettre en route et se lance dans une nouvelle journée. M - Il est l'heure ! Dormir à ce moment-là, c'est plus que bouder, c'est refuser de participer. La maison peut bien s'agiter, la famille s'énerver : M - Tu vas encore être en retard et arrête de bouder. Je ne joue plus. M - On part sans toi, tu iras à pied. À force de mettre tout le monde en retard, on m'a laissé me débrouiller, c'est ce que je voulais. Quand la maison est vide, alors qu'on pense que j'aurai à assumer mes retards chroniques en courant comme un dératé jusqu'au collège.

Courgette, "un conte de fées à l'envers"

Fiche technique
le site de la compagnie et le teaser

Par la compagnie D’après le roman Autobiographie d’une Courgette de Gilles ParisAdaptation Garlan Le Martelot et Pamela Ravassard Mise en scène Pamela RavassardAvec Vanessa Cailhol, Florian Choquart, Garlan Le Martelot, Lola Roskis Gingembre, Vincent ViottiLumières et assistant mise en scène Cyril Manetta Son Frédéric Minière - Scénographie Anouk Maugein Costumes Hanna SjödinCoach vocal Stéphane Corbin Chorégraphie Johan Nus Construction Atelier décor de la MC93Photos Lea Comelli

en écho : voir par des yeux d'enfants
premières lectures : dialogues tirés du roman
des propositions pédagogiques sur le site des "Théâtres en Dracénie, notamment des comparaisons entre le roman et l'adaptation théâtrale
analyse d'image

Autobiographie d'une Courgette, Gilles Paris - dialogues tirés du roman

- Et ton papa, il est où ? - Mon papa, il est parti faire le tour du monde avec une poule. - Pauvre petit… Et ta maman, elle était gentille avec toi ? - Ben, oui, elle fait une bonne purée et des fois on rigole. - Et quand vous ne rigolez pas ?

- Non c’est pas la faute à Camille, madame Papineau, c’est ma faute à moi.- Icare, on ne dit pas la faute à Camille, mais la faute de Camille.- C’est pareil, et puis de toute façon c’est pas sa faute je vous dis.- Bien, tu sais ce qui vous attend ?- La rampe ?

- Alors, mon petit, nous aimerions savoir comment s’est passé ton week-end.- C’est pour ça que vous êtes là, toutes les trois ?- Oui, mon petit.- Alors j’ai pas fait de bêtises ?- Non, pas que je sache.- Alors c’est pas la peine de m’appeler mon petit : j’ai presque dix ans.- C’est vrai que tu es grand Icare, mais tu sais « mon petit » c’est affectueux.- Et mon nom c’est Courgette.

- C’est quoi ces bêtises ? Il n’y a pas de bière au ciel. Ta maman, elle joue de la harpe.- C’est quoi une harpe ?- C’est un instrument de musique.- Ah bon. Ca m’étonnerait qu’elle joue de la harpe comme tu dis...

- On s’est caché derrière la porte parce qu’on vous a vue sortir avec Ahmed et son papa et on eu peut de se faire disputer.- Et pourquoi pensiez-vous que j’allais vous disputer ?- Parce qu’on est des enfants.- Comment ça s’est passé avec ta tante ?- Oh, ça. Ben comme d’habitude, toujours aussi gentille cette peau de vache.

- C’est quoi un foyer ?- C’est une grande maison avec des tas d’enfants et des éducateurs pour s’occuper de toi.- C’est quoi un zéducateur ?- Un éducateur, c’est un monsieur ou une dame qui va prendre soin de toi.- Et ils donnent des fessées les zéducateurs ?- Non, et ils ne crient pas non plus, sauf si tu leur rend la vie impossible, mais t’as pas l’air d’être un sale gosse mon ptit.

- Et Raymond, tu l’aimes bien ?- Oh oui, il est très gentil, même que la dernière fois il est venu avec une radiocassette rien que pour moi et il m’a dit qu’il avait un petit garçon de mon âge qui me ressemblait.- Bien. Et comment ça se passe ici ?- Ici, avec toi ?- Non, aux Fontaines.- Ben, j’ai pas grand-chose à dire. Tout le monde est très gentil aux Fontaines, sauf ce trouduc d’Aziz, et on mange bien quoi.

En écho : voir par des yeux d'enfant

Gaël Faye, Petit Pays, 2016

PROLOGUEJe ne sais vraiment pas comment cette histoire a commencé.Papa nous avait pourtant tout expliqué, un jour, dans la camionnette.– Vous voyez, au Burundi c’est comme au Rwanda. Il y a trois groupes différents, on appelle ça les ethnies. Les Hutu sont les plus nombreux, ils sont petits avec de gros nez.– Comme Donatien ? j’avais demandé.– Non, lui c’est un Zaïrois, c’est pas pareil. Comme Prothé, par exemple, notre cuisinier. Il y a aussi les Twa, les pygmées. Eux, passons, ils sont quelques-uns seulement, on va dire qu’ils ne comptent pas. Et puis il y a les Tutsi, comme votre maman. Ils sont beaucoup moins nombreux que les Hutu, ils sont grands et maigres avec des nez fins et on ne sait jamais ce qu’ils ont dans la tête. Toi, Gabriel, avait-il dit en me pointant du doigt, tu es un vrai Tutsi, on ne sait jamais ce que tu penses.Là, moi non plus je ne savais pas ce que je pensais. De toute façon, que peut-on penser de tout ça ? Alors j’ai demandé :– La guerre entre les Tutsi et les Hutu, c’est parce qu’ils n’ont pas le même territoire ?– Non, ça n’est pas ça, ils ont le même pays.– Alors… ils n’ont pas la même langue ?– Si, ils parlent la même langue.– Alors, ils n’ont pas le même dieu ?– Si, ils ont le même dieu.– Alors… pourquoi se font-ils la guerre ?– Parce qu’ils n’ont pas le même nez.La discussion s’était arrêtée là. C’était quand même étrange cette affaire. Je crois que Papa non plus n’y comprenait pas grand-chose. À partir de ce jour-là, j’ai commencé à regarder le nez et la taille des gens dans la rue. Quand on faisait des courses dans le centre-ville, avec ma petite sœur Ana, on essayait discrètement de deviner qui était Hutu ou Tutsi. On chuchotait :– Lui avec le pantalon blanc, c’est un Hutu, il est petit avec un gros nez.– Ouais, et lui là-bas, avec le chapeau, il est immense, tout maigre avec un nez tout fin, c’est un Tutsi.– Et lui, là-bas, avec la chemise rayée, c’est un Hutu.– Mais non, regarde, il est grand et maigre.– Oui, mais il a un gros nez !C’est là qu’on s’est mis à douter de cette histoire d’ethnies. Et puis, Papa ne voulait pas qu’on en parle. Pour lui, les enfants ne devaient pas se mêler de politique. Mais on n’a pas pu faire autrement. Cette étrange atmosphère enflait de jour en jour. Même à l’école, les copains commençaient à se chamailler à tout bout de champ en se traitant de Hutu ou de Tutsi. Pendant la projection de Cyrano de Bergerac, on a même entendu un élève dire : « Regardez, c’est un Tutsi, avec son nez. » Le fond de l’air avait changé. Peu importe le nez qu’on avait, on pouvait le sentir…

Romain Gary, La Vie devant soi, 1975
Gilles Paris, Autobiographie d’une Courgette, 2002

La première chose que je peux vous dire c'est qu'on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu'elle portait sur elle et seulement deux jambes, c'était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines. Elle nous le rappelait chaque fois qu'elle ne se plaignait pas d'autre part, car elle était également juive. Sa santé n'était pas bonne non plus et je peux vous dire aussi dès le début que c'était une femme qui aurait mérité un ascenseur.Je devais avoir trois ans quand j'ai vu Madame Rosa pour la première fois. Avant, on n'a pas de mémoire et on vit dans l'ignorance. J'ai cessé d'ignorer à l'âge de trois ou quatre ans et parfois ça me manque.Il y avait beaucoup d'autres Juifs, Arabes et Noirs à Belleville, mais Madame Rosa était obligée de grimper les six étages seule. Elle disait qu'un jour elle allait mourir dans l'escalier, et tous les mômes se mettaient à pleurer parce que c'est ce qu'on fait toujours quand quelqu'un meurt. On était tantôt six ou sept tantôt même plus là-dedans.Au début, je ne savais pas que Madame Rosa s'occupait de moi seulement pour toucher un mandat à la fin du mois. Quand je l'ai appris, j'avais six ou sept ans et ça m'a fait un coup de savoir que j'étais payé. Je croyais que Madame Rosa m'aimait pour rien et qu'on était quelqu'un l'un pour l'autre. J'en ai pleuré toute une nuit et c'était mon premier grand chagrin.Madame Rosa, a bien vu que j'étais triste et elle m'a expliqué que la famille ça ne veut rien dire et qu'il a en a même qui partent en vacances en abandonnant leurs chiens attachés à des arbres et que chaque année il y a trois mille chiens qui meurent ainsi privés de l'affection des siens. Elle m'a pris sur ses genoux et elle m'a juré que j'étais ce qu'elle avait de plus cher au monde mais j'ai toute de suite pensé au mandat et je suis parti en pleurant.

Depuis tout petit, je veux tuer le ciel à cause de maman qui me dit souvent: « Le ciel, ma Courgette, c’est grand pour nous rappeler qu’on n’est pas grand-chose dessous. » « La vie, ça ressemble en pire à tout ce gris du ciel avec ces saloperies de nuages qui pissent que du malheur. » « Tous les hommes ont la tête dans les nuages. Qu’ils y restent donc, comme ton abruti de père qui est parti faire le tour du monde avec une poule. » Des fois, maman dit n’importe quoi. J’étais trop petit quand mon papa est parti, mais je vois pas pourquoi il aurait emmené une poule au voisin pour faire le tour du monde avec. C’est bête une poule : ça boit la bière que je mélange aux graines et après ça titube jusqu’au mur avant de s’écrouler par terre. Et c’est pas sa faute si maman raconte des bêtises pareilles. C’est à cause de toutes ces bières qu’elle boit en regardant la télé. Et elle râle après le ciel et elle me tape dessus alors que j’ai même pas fait de bêtises. Et je finis par me dire que le ciel et les coups ça va ensemble. Si je tue le ciel, ça va calmer maman et je pourrai regarder tranquille la télé sans me prendre la raclée du siècle. […] Je dis à maman « viens jouer avec moi aux billes » et maman dit à la télé « attention, il est derrière toi, il va te tuer » alors j’insiste et maman parle à la télé « il est vraiment con celui-là » et je sais pas si le con c’est moi ou le monsieur qui vient de se faire buter alors que maman l’a prévenu. Je monte dans ma chambre et je regarde par la fenêtre le fils au voisin qui n’a jamais besoin de personne pour s’amuser. Il grimpe sur un cochon comme si c’était un âne et il rigole tout seul. Moi, je suis triste, alors je vais dans la chambre à ma mère avec le lit pas fait et les habits par terre et je fais son lit et j’ai besoin d’une chaise pour poser ses affaires sur la montagne du panier à linge sale et après je sais plus quoi faire alors je fouille et dans un tiroir de la commode, sous la pile de chemises pas repassées, je me dis « je vais aller jouer avec dans le jardin ». Je sors, l’air de rien, avec le revolver caché dans mon pantalon. De toute façon, maman me regarde pas, elle dit à la télé « cette fille-là, elle est pas pour toi mon gars ! ». Une fois dehors, j’ai pas à viser. C’est grand le ciel. Je tire une fois et je tombe par terre. Je me relève et je tire une deuxième fois et je retombe.

Icare, Henri Matisse, dessin - collage, 1946

À votre avis, pourquoi la metteure en scène a-t-elle choisi cette œuvre de Matisse comme représentatif de son spectacle ?

Extrait 4

Mais ce qu’il m’avait pas dit Bernard, c’est que c’est un très vieux film, Tant qu’il y aura des hommes, très vieux film que tout le monde a vu, il n’y avait que nous dans la salle, je lui dis : Bernard ? Bernard ? Pourquoi il n’y a que nous dans la salle ? Ça doit être nul comme film, y a personne ! / Mange tes popcorns, il me fait ! Je mange mes popcorns, j’adorais ça, les popcorns, mais je lui pose quand même la question : Est-ce que tu m’aimes Bernard ? Il n’a pas eu le temps de répondre, la salle a plongé dans le noir, le film je m’en souviens très peu mais une fois la lumière revenue, j’étais enceinte, et ça je ne l’ai pas oublié, pas oublié, bien sûr, je ne le savais pas exactement que j’étais enceinte, je ne pouvais pas être sûre mais j’allais sur mes dix-sept ans, j’avais quand même des doutes ! Alors sur le trottoir je lui prends la main et je lui glisse : On aurait dû faire attention, Bernard… Et lui : C’est vrai, tu aurais dû faire attention !

Extrait 7

Alors en attendant qu’on arrive et qu’on me sorte d’ici, je dis : Continuons à raconter. Parlons de mon Burt, puisque tout le monde le connaît, personne ne l’a oublié, pas oublié, le Burt, ni la mère du Burt, ni ce qu’elle a fait, rien oublié !Enfant difficile, Burt ! Enfant difficile, vient pas, fout rien, tire la langue, jamais pardon, pas de cahier, tire des beignes, plein de mots merdeux dans la bouche, vous le savez ! Enfant difficile, Burt !C’est l’assistante sociale qui m’a appris le mot, j’avais jamais entendu. Des mots que je connais depuis toute petite mais jamais collés ensemble !

Expression

Faire le portrait de Burt et de sa mère : - du point de vue de Burt, - du point de vue du chef d'établissement, - du point de vue de l'assistante sociale, - du point de vue de son père, - du point de vue d'un camarade de classe, - du point de vue du juge. Quels éléments manquent à chacun pour avoir une image plus complète ?

Relire le début du texte de Gilles Granouillet, quel espace imaginez-vous finalement ?

Extrait 6

Il est drôlement en retard ce prof de bio.J’ai jeté un œil dans le couloir, personne, drôlement en retard…Comment peut-on être à ce point en retard ?La ponctualité, ça s’apprend dès le plus jeune âge ou alors c’est un manque d’ambition, on veut rester ce qu’on est, rien du tout !Tu n’as pas d’ambition, mon fils ? Tu seras prof de bio !Ce que j’ai aimé rigoler !

Extrait 2

Parce que parler ça m’est difficile aujourd’hui, depuis toujours ça m’est difficile, les mots qui comptent restent bien au fond et au-dessus, des bulles d’air qui sortent de ma bouche ou des choses vilaines comme du chiendent mais c’est moins souvent, le plus souvent c’est rien du tout, c’est le visage que vous avez devant vous avec du silence, mais en dedans c’est moi qui pense : Qu(‘est-ce que je peux faire pour qu’ils sortent, les mots qui comptent, qu’est-ce que je peux faire pour me faire entendre ?

Mise en voix

Hypothèses

Imaginer la situation qui pourrait rassembler les différents extraits présentés, ce qui se passe avant et après, rédiger la didascalie initiale.
Chaque participant prépare et propose une : : lecture d'un des extraits, en définissant une situation claire : qui est le locuteur, à qui il s'adresse, où et quand ? Les autres participants essairont de trouver quelle situation il a voulu présenter.

Lire le début du texte de Gilles Granouillet

Extrait 5

Bernard me quittait là où il m’avait rencontrée, en bas de l’allée mais mon Burt, lui, s’accrochait, il s’accrochait au ventre de sa mère, de toutes ses forces, tellement fort, il s’accrochait, que j’ai été enceinte pendant onze mois ! Mais ça c’était après, ce que je voulais dire tout de suite, c’est que je ne fais la maligne quand quand je dis que mon Burt vient tout droit d’Hollywood, parce que c’est vrai, il vient tout droit d’Hollywood, même si le début de son film était plutôt raté.

Pratique théâtrale
À partir des photographies
Utiliser le geste quotidien comme support d’expression Dans la salle de cours, les élèves sont assis à leur table. Au signal de l’enseignant, ils réalisent un geste habituel de leur quotidien en classe et le reproduisent en boucle (on peut se lever mais on doit revenir à un point de départ). Le geste doit être précis et clair. On peut diviser le groupe en deux pour qu’une partie des participants soit spectatrice du tableau ainsi crée. Prolongement : - l’enseignant fait progressivement accélérer la cadence et l’intensité du geste,- la séquence est reproduite sur différents fonds musicaux- changement de cadre : gestes du quotidien le matin, lors d’activités extra-scolaires…- ajout d’une voix « off » qui commente la scène crée à la manière d’un documentaire animalier (vie et mœurs du collegianicus vulgaris)
Donner vie aux images 1. Les partcipants sont en cercle. Chacun mémorise l'une des postures représentées sur les photographies du spectacle. L'un des participants vient au centre du cercle et représente le plus précisément possible la posture choisie. Au bout de trois secondes, il laisse sa place à un autre. 2. Improvosation muette Par groupes de deux ou trois, les participants doivent imaginer une saynète dans laquelle ils intégreront les postures choisies. On peut imposer le lieu et les personnages (des adolescents, dans la cour du lycée...).
Les émotions de l'adolescence
Julie Gougu , à partir de son expérience et de témoignages recueillis dans ses recherches, a cherché à présenter un portrait dansé de l'adolescence et de ses émotions. Tentez vous aussi de représenter, en une posture, l'un des moments forts de cette période.

Extrait 1

Parce que j’aurais peut-être dû venir les autres années.J’aurais dû venir les autres années où j’étais pas là, à cause que j’avais plus rien à faire ici parce que mon Burt y était plus scolarisé.J’aurais dû venir. Fin septembre début octobre dans ces eaux-là, de toute façon on est convoqué, c’est collé dans le carnet de correspondance, la date et l’heure pile pour que les pères et les mères viennent écouter ce qu’il faut savoir et même peuvent poser des questions et t’as intérêt à signer pour montrer que tu l’as lu même si tu ne viens pas.

Extrait 9

Je suis fatiguée et je ferais mieux de me taire, mais ça me fait dire quand même, et là je peux plus m’arrêter, voilà, la parlotte c’est une locomotive, ça me fait dire que les vôtres, excusez-moi mais vos très chers et très doux et tout blonds, mon Burt, ils ne l’ont pas longtemps appelé Burt mais plutôt XXL, gros cul ou Bouboule et le soir c’est bien du chagrin qui sortait de ses larmes, NON ! Il pleurait, mon fils, et quand il fait non, le Burt, on le sait depuis le plus jeune âge, excusez-moi mais ça annonce l’orage redoutable ! Tapait fort sur vos très chers et très doux et tout blonds, à croire que les pains-frites trempaient dans la potion magique !

Extrait 8

Écoute, mon Burt. Le toutim, c’était bon pour ta mère mais toi, tu es né en plein Hollywood, la ville des stars, tu t’appelles Burt, comme Lancaster, la bonne étoile s’est posée sur ta tête et même si on n’est encore que deux à le savoir, il faut pas gâcher. Écoute, mon Burt, ma projection dans l’avenir c’est pour toi que je l’ai gardée, alors la petite boîte qui t’attend, toute bien prête, ils peuvent se la mettre où je pense parce que t’es pas fait pour l’habiter. Écoute, mon Burt, ton destin il ne passe pas par Lorette, ton destin remonte sur Paris, tu seras vedette, une grande, tellement grande que tu voudras même pas passer au « Juste prix » !

Extrait 3

C’est comme au ciné quand t’as raté le début, tu passes tout le film à essayer de comprendre ce qui s’est passé avant que tu y sois, des fois, tu passes tout le film à essayer de comprendre pourquoi tu n’y comprends rien et ça t’énerve, voilà pourquoi il est énervé mon Burt, parce que c’est vrai, il est énervé Burt, je suis sa mère et j’ai pas honte à le dire, Burt c’était un petit énervé, et quand il a poussé c’est devenu un grand énervé, qui cogne, qui cogne, que les bras m’en coupent si je mens, mais ça pourrait bien venir de ce qui s’est passé au début de son film à lui.

Expression

MONOLOGUES...Imaginer et mettre en voix les pensées : • d’un candidat avant son entretien d’embauche • d’un(e) jeune marié(e) avant la cérémonie • d’un(e) élève qui attend devant le bureau du CPE • d’un comédien avant de monter sur scène...Comparer les sentiments mis en scène dans ces situations d’attente.

Salle d'attente d'une maternité, Norman Rockwell, 1946

Extrait 10

ça aussi j'ai dû l'expliquer au chef d'établissement quand le chef d'établissement m'a convoquée, je vous en prie, je vous en prie asseyez-vous, asseyez-vous, quelle belle journée, journée, et je m'assois, sois sois. Alors, madame ? Votre fils, il est enfant violent difficile en difficulté, on le sait depuis longtemps mais dites-moi, 14 jours d'absence le mois dernier, et motif, je lis, 14 fois pareil sur le carnet, motif, écrit de votre main dans la case prévue à cet effet : Hollywood ?