theatre d'auxerre
LA MACHINE À DISCOURIR
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comment osez-vous ?
en latin (1)
camarades !
la main sur le cœur et un bras en l'air
Vous ne m'aurez pas !
avec de nombreux gestes des mains
assis face aux spectateurs debout
debout sur une table
tenez la position !
en fixant quelqu'un de manière insistante
LE CORPS
LE TEXTE
Wagner
Je vous le dis ici
en latin (2)
en regardant le ciel
en dansant
dos au public
vautré sur sa chaise
je suis désolé
suspense
en montrant quelqu'un du doigt
funky
en courant
tirage
en souriant
en marchant
en variant fortement la hauteur de la voix à chaque phrase
morning mood
la mer
en chuchotant
en criant
foule
rythme très lent
en marquant de fortes césures (3 secondes) entre chaque groupe de mots
immobile, bras le log du corps
tirage
en haussant fortement la voix sur les mots importants
FOND SONORE
tirage
militaire
Beethoven
LA VOIX
en parlant de plus en plus fort
sur un rythme ternaire
rythme très rapide
tenez vos positions !
vous ne m'aurez pas
Beethoven
suspense
je suis désolé
je vous le dis ici
foule
morning mood
comment osez-vous
en latin (1)
la mer
Wagner
camarades
en latin (2)
funky
militaire
Cliquez d'abord sur l'ambiance sonore sélectionnée, un lecteur s'ouvrira dans un nouvel onglet. Puis cliquez sur le texte qui s'ouvrira dans une nouvelle page.
Tout ceci ne va pas. Je ne devrais pas être ici, je devrais être à l’école, de l’autre côté de l’océan. Et pourtant, vous venez nous demander, à nous les jeunes, de l’espoir. Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance, avec vos paroles vides de sens. Et encore, je fais partie des plus chanceux. Des gens souffrent, des gens meurent, des écosystèmes entiers s’effondrent. Nous sommes au début d’une extinction de masse. Et tout ce dont vous parlez c’est d’argent, du conte de fées d’une croissance économie éternelle. Comment osez-vous ? Depuis plus de trente ans, la science est parfaitement claire. Comment osez-vous encore regarder ailleurs ? Et venir en disant que vous agissez assez, alors que les politiques et actions nécessaires ne sont en vue nulle part. Vous dites que vous nous entendez et que vous comprenez l’urgence, mais peu importe que je sois triste ou en colère, je ne veux pas croire à cela. Parce que si vous compreniez vraiment la situation, tout en continuant d’échouer à agir, c’est que vous êtes mauvais, et ça, je refuse de le croire. […]Il n’y aura pas de solution ou de projet à la hauteur de ces chiffres aujourd’hui, parce que ces chiffres vous sont trop gênants, et que vous n’êtes toujours pas assez matures pour dire les choses telles qu’elles sont. Vous nous laissez tomber ! Mais les jeunes commencent à comprendre votre trahison. Les yeux de toutes les générations futures sont tournés vers vous.Et si vous choisissez de nous laisser tomber, je dis que nous ne vous pardonnerons jamais. Nous ne vous laisserons pas vous en tirer. C’est ici et maintenant que nous fixons la limite. Le monde se réveille et le changement arrive, que cela vous plaise ou non. Merci.
Vous ne m’aurez pas, moi (Il s’adresse à toutes les têtes de rhinocéros.) Je ne vous suivrai pas, je ne vous comprends pas ! Je reste ce que je suis. Je suis un être humain. Un être humain. (Il va s’asseoir dans le fauteuil.) […] Il n’y a pas d’autre solutions que de les convaincre, les convaincre, de quoi ? Et les mutations sont-elles réversibles ? Hein, sont-elles réversibles ? Ce serait un travail d’Hercule, au-dessus de mes forces. D’abord, pour les convaincre, il faut leur parler. Pour leur parler, il faut que j’apprenne leur langue. Où qu’ils apprennent la mienne ? Mais quelle langue est-ce que je parle ? Quelle est ma langue ? Este du français, ça ? Ce doit bien être du français ? Mais qu’est-ce du français ? [...]Hélas, jamais je ne deviendrai rhinocéros, jamais, jamais ! Je ne peux plus changer. Je voudrais bien, je voudrais tellement, mais je ne peux pas. Je ne peux plus me voir. J’ai trop honte ! (Il tourne le dos à la glace.) Comme je suis laid ! Malheur à celui qui veut conserver son originalité ! (Il a un brusque sursaut.) Eh bien tant pis ! Je me défendrai contre tout le monde ! Ma carabine, ma carabine ! (Il se retourne face au mur du fond où sont fixées les têtes des rhinocéros, tout en criant) Contre tout le monde, je me défendrai ! Je suis le dernier homme, je le renterai jusqu’au bout ! Je ne capitule pas !
Tenez vos positions, tenez vos positions !Fils du Gondor ! Et du Rohan ! mes frères !Je lis dans vos yeux la même peur qui pourrait saisir mon cœur. Un jour peut venir où le courage des hommes faillira où nous abandonnerons nos amis et briserons tout lien. Mais ce jour n’est pas arrivé ! Ce sera l’heure des loups et des boucliers fracassés lorsque l’age des hommes s’effondrera. Mais ce jour n’est pas arrivé. Aujourd’hui nous combattrons ! Pour tout ce qui nous est cher sur cette bonne terre, je vous ordonne de tenir, hommes de l’ouest !
Je vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que, oui, bien que nous ayons à faire face à des difficultés aujourd’hui et demain je fais toujours ce rêve : c’est un rêve profondément ancré dans l’idéal américain. Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : “ Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux ”.Je rêve qu’un jour sur les collines rousses de Géorgie les fils d’anciens esclaves et ceux d’anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.Je rêve qu’un jour, même L’État du Mississippi, un État où brûlent les feux de l’injustice et de l’oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.Je rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère. Je fais aujourd’hui un rêve !Je rêve qu’un jour, même en Alabama, avec ses abominables racistes, avec son gouverneur à la bouche pleine des mots “ opposition ” et “ annulation ” des lois fédérales, que là même en Alabama, un jour les petits garçons noirs et les petites filles blanches pourront se donner la main, comme frères et sœurs. Je fais aujourd’hui un rêve !Je rêve qu’un jour toute la vallée sera relevée, toute colline et toute montagne seront rabaissées, les endroits escarpés seront aplanis et les chemins tortueux redressés, la gloire du Seigneur sera révélée à tout être fait de chair.Telle est notre espérance. C’est la foi avec laquelle je retourne dans le Sud.
Quelle est donc, camarades, la nature de notre existence ? Regardons les choses en face : nous avons une vie de labeur, une vie de misère, une vie trop brève. Une fois au monde, il nous est tout juste donné de quoi survivre, et ceux d'entre nous qui ont la force voulue sont astreints au travail jusqu'à ce qu'ils rendent l'âme. Et dans l'instant que nous cessons d'être utiles, voici qu'on nous égorge avec une cruauté inqualifiable. Passée notre première année sur cette terre, il n'y a pas un seul animal qui entrevoie ce que signifient des mots comme loisir ou bonheur. Et quand le malheur l'accable, ou la servitude, pas un animal qui soit libre. Telle est la simple vérité. […]Mais puisque telle est la triste réalité, pourquoi en sommes-nous toujours à végéter dans un état pitoyable ? Parce que tout le produit de notre travail, ou presque, est volé par les humains ; Camarades, là se trouve la réponse à nos problèmes. Tout tient en un mot : l'Homme. Car l'Homme est notre seul véritable ennemi. Qu'on le supprime, et voici extirpée la racine du mal. Plus à trimer sans relâche ! Plus de meurt-la-faim !
Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n’est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider, les êtres humains sont ainsi. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas le malheur. Nous ne voulons ni haïr ni humilier personne. Dans ce monde, chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche pour nourrir tout le monde. Nous pourrions tous avoir une belle vie libre mais nous avons perdu le chemin. […]Je dis à tous ceux qui m’entendent : Ne désespérez pas ! Le malheur qui est sur nous n’est que le produit éphémère de l’avidité, de l’amertume de ceux qui ont peur des progrès qu’accomplit l’Humanité. Mais la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront, et le pouvoir qu’ils avaient pris aux peuples va retourner aux peuples. Et tant que les hommes mourront, la liberté ne pourra périr. Soldats, ne vous donnez pas à ces brutes, ceux qui vous méprisent et font de vous des esclaves, enrégimentent votre vie et vous disent ce qu’il faut faire, penser et ressentir, qui vous dirigent, vous manœuvrent, se servent de vous comme chair à canons et vous traitent comme du bétail. Ne donnez pas votre vie à ces êtres inhumains, ces hommes-machines avec des cerveaux-machines et des cœurs-machines. Vous n’êtes pas des machines ! Vous n’êtes pas des esclaves ! Vous êtes des hommes, des hommes avec tout l’amour du monde dans le cœur. Vous n’avez pas de haine, seuls ceux qui manquent d’amour et les inhumains haïssent. Soldats ! ne vous battez pas pour l’esclavage, mais pour la liberté !
Ō diī immortālēs ! ubinam gentium sumus ? quam rempūblicam habēmus ? in quā urbe vīvimus ? Hīc, hīc sunt, nostrō in numerō, patrēs cōnscrīptī, in hōc orbis terræ sānctissimō gravissimōque cōnsiliō, quī dē meō nostrumque omnium interitū, quī dē hujus urbis atque adeō orbis terrārum exitiō cōgitent.
Potestne tibi hæc lūx, Catilīna, aut hujus cælī spīritus esse jūcundus, cum sciās hōrum esse nēminem, quī nesciat, tē prī-diē kalendās jānuāriās, Lepidō et Tullō cōnsulibus, stetisse in comitiō cum tēlō ? manum, cōnsulum et prīncipum cīvitātis interficiendōrum causā, parāvisse ? scelerī ac furōrī tuō nōn mentem aliquam, aut timōrem tuum, sed fortūnam populī rōmānī obstitisse ? Ac jam illa omittō. Neque enim sunt aut obscūra, autnōn multa post commissa. Quotiēs tū mē dēsignātum, quotiēs cōnsulem interficere cōnātus es !
Le Dictateur, Charlie Chaplin, 1940
Cicéron, Premier discours contre L. CATILINA, (-63), traduit par M.J.B. Thibault
Ō diī immortālēs ! ubinam gentium sumus ? quam rempūblicam habēmus ? in quā urbe vīvimus ? Hīc, hīc sunt, nostrō in numerō, patrēs cōnscrīptī, in hōc orbis terræ sānctissimō gravissimōque cōnsiliō, quī dē meō nostrumque omnium interitū, quī dē hujus urbis atque adeō orbis terrārum exitiō cōgitent.
Ô dieux immortels ! Où sommes-nous ? Quelle république est la nôtre ? dans quelle ville vivons-nous ? Ici, ici même, au milieu de nous, pères conscrits, dans ce conseil le plus auguste et le plus imposant de l’univers, il y a des hommes qui conspirent ma perte, celle de nous tous, la ruine de Rome, celle du monde entier.
Extrait du discours de Greta Thunberg à l’ONU, le 23 septembre 2019
Aragorn dans Le Seigneur des anneaux : le retour du roi, Peter Jackson, 2003
Extrait du discours de Sage l’Ancien dans La Ferme des animaux, G. Orwell, 1947
Cicéron, Premier discours contre L. CATILINA, (-63), traduit par M.J.B. Thibault
Potestne tibi hæc lūx, Catilīna, aut hujus cælī spīritus esse jūcundus, cum sciās hōrum esse nēminem, quī nesciat, tē prī-diē kalendās jānuāriās, Lepidō et Tullō cōnsulibus, stetisse in comitiō cum tēlō ? manum, cōnsulum et prīncipum cīvitātis interficiendōrum causā, parāvisse ? scelerī ac furōrī tuō nōn mentem aliquam, aut timōrem tuum, sed fortūnam populī rōmānī obstitisse ? Ac jam illa omittō. Neque enim sunt aut obscūra, autnōn multa post commissa. Quotiēs tū mē dēsignātum, quotiēs cōnsulem interficere cōnātus es !
Peux-tu jouir avec bonheur, Catilina, de la lumière qui nous éclaire ou de l’air que nous respirons, lorsque tu sais qu’il n’est aucun de nous qui ignore que la veille des calendes de janvier,sous le consulat de Lépidus et de Tullus, tu te présentas dans les comices armé d’un poignard ? que tu avais aposté une troupe de scélérats pour assassiner les consuls et les principaux citoyens ?que ce ne fut ni le repentir ni la crainte qui mirent obstacle à ta fureur, mais la fortune du peuple romain ? Mais je passe sur ces crimes. Ils ne sont pas ignorés, et beaucoup d’autres les ont suivis. Combien de fois lorsque j’étais consul désigné, combien de fois depuis que j’exerce le consulat, n’as-tu pas voulu m’arracher la vie !
Rhinocéros, Eugène Ionesco, 1959
Extrait du discours de Martin Luther King lors de la marche sur Washington pour les droits civiques du 28 août 1963
Machine à discourir brouillon
Théâtre Auxerre
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comment osez-vous ?
en latin (1)
camarades !
la main sur le cœur et un bras en l'air
Vous ne m'aurez pas !
avec de nombreux gestes des mains
assis face aux spectateurs debout
debout sur une table
tenez la position !
en fixant quelqu'un de manière insistante
LE CORPS
LE TEXTE
Wagner
Je vous le dis ici
en latin (2)
en regardant le ciel
en dansant
dos au public
vautré sur sa chaise
je suis désolé
suspense
en montrant quelqu'un du doigt
funky
en courant
tirage
en souriant
en marchant
en variant fortement la hauteur de la voix à chaque phrase
morning mood
la mer
en chuchotant
en criant
foule
rythme très lent
en marquant de fortes césures (3 secondes) entre chaque groupe de mots
immobile, bras le log du corps
tirage
en haussant fortement la voix sur les mots importants
FOND SONORE
tirage
militaire
Beethoven
LA VOIX
en parlant de plus en plus fort
sur un rythme ternaire
rythme très rapide
tenez vos positions !
vous ne m'aurez pas
Beethoven
suspense
je suis désolé
je vous le dis ici
foule
morning mood
comment osez-vous
en latin (1)
la mer
Wagner
camarades
en latin (2)
funky
militaire
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Tout ceci ne va pas. Je ne devrais pas être ici, je devrais être à l’école, de l’autre côté de l’océan. Et pourtant, vous venez nous demander, à nous les jeunes, de l’espoir. Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance, avec vos paroles vides de sens. Et encore, je fais partie des plus chanceux. Des gens souffrent, des gens meurent, des écosystèmes entiers s’effondrent. Nous sommes au début d’une extinction de masse. Et tout ce dont vous parlez c’est d’argent, du conte de fées d’une croissance économie éternelle. Comment osez-vous ? Depuis plus de trente ans, la science est parfaitement claire. Comment osez-vous encore regarder ailleurs ? Et venir en disant que vous agissez assez, alors que les politiques et actions nécessaires ne sont en vue nulle part. Vous dites que vous nous entendez et que vous comprenez l’urgence, mais peu importe que je sois triste ou en colère, je ne veux pas croire à cela. Parce que si vous compreniez vraiment la situation, tout en continuant d’échouer à agir, c’est que vous êtes mauvais, et ça, je refuse de le croire. […]Il n’y aura pas de solution ou de projet à la hauteur de ces chiffres aujourd’hui, parce que ces chiffres vous sont trop gênants, et que vous n’êtes toujours pas assez matures pour dire les choses telles qu’elles sont. Vous nous laissez tomber ! Mais les jeunes commencent à comprendre votre trahison. Les yeux de toutes les générations futures sont tournés vers vous.Et si vous choisissez de nous laisser tomber, je dis que nous ne vous pardonnerons jamais. Nous ne vous laisserons pas vous en tirer. C’est ici et maintenant que nous fixons la limite. Le monde se réveille et le changement arrive, que cela vous plaise ou non. Merci.
Vous ne m’aurez pas, moi (Il s’adresse à toutes les têtes de rhinocéros.) Je ne vous suivrai pas, je ne vous comprends pas ! Je reste ce que je suis. Je suis un être humain. Un être humain. (Il va s’asseoir dans le fauteuil.) […] Il n’y a pas d’autre solutions que de les convaincre, les convaincre, de quoi ? Et les mutations sont-elles réversibles ? Hein, sont-elles réversibles ? Ce serait un travail d’Hercule, au-dessus de mes forces. D’abord, pour les convaincre, il faut leur parler. Pour leur parler, il faut que j’apprenne leur langue. Où qu’ils apprennent la mienne ? Mais quelle langue est-ce que je parle ? Quelle est ma langue ? Este du français, ça ? Ce doit bien être du français ? Mais qu’est-ce du français ? [...]Hélas, jamais je ne deviendrai rhinocéros, jamais, jamais ! Je ne peux plus changer. Je voudrais bien, je voudrais tellement, mais je ne peux pas. Je ne peux plus me voir. J’ai trop honte ! (Il tourne le dos à la glace.) Comme je suis laid ! Malheur à celui qui veut conserver son originalité ! (Il a un brusque sursaut.) Eh bien tant pis ! Je me défendrai contre tout le monde ! Ma carabine, ma carabine ! (Il se retourne face au mur du fond où sont fixées les têtes des rhinocéros, tout en criant) Contre tout le monde, je me défendrai ! Je suis le dernier homme, je le renterai jusqu’au bout ! Je ne capitule pas !
Tenez vos positions, tenez vos positions !Fils du Gondor ! Et du Rohan ! mes frères !Je lis dans vos yeux la même peur qui pourrait saisir mon cœur. Un jour peut venir où le courage des hommes faillira où nous abandonnerons nos amis et briserons tout lien. Mais ce jour n’est pas arrivé ! Ce sera l’heure des loups et des boucliers fracassés lorsque l’age des hommes s’effondrera. Mais ce jour n’est pas arrivé. Aujourd’hui nous combattrons ! Pour tout ce qui nous est cher sur cette bonne terre, je vous ordonne de tenir, hommes de l’ouest !
Je vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que, oui, bien que nous ayons à faire face à des difficultés aujourd’hui et demain je fais toujours ce rêve : c’est un rêve profondément ancré dans l’idéal américain. Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : “ Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux ”.Je rêve qu’un jour sur les collines rousses de Géorgie les fils d’anciens esclaves et ceux d’anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.Je rêve qu’un jour, même L’État du Mississippi, un État où brûlent les feux de l’injustice et de l’oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.Je rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère. Je fais aujourd’hui un rêve !Je rêve qu’un jour, même en Alabama, avec ses abominables racistes, avec son gouverneur à la bouche pleine des mots “ opposition ” et “ annulation ” des lois fédérales, que là même en Alabama, un jour les petits garçons noirs et les petites filles blanches pourront se donner la main, comme frères et sœurs. Je fais aujourd’hui un rêve !Je rêve qu’un jour toute la vallée sera relevée, toute colline et toute montagne seront rabaissées, les endroits escarpés seront aplanis et les chemins tortueux redressés, la gloire du Seigneur sera révélée à tout être fait de chair.Telle est notre espérance. C’est la foi avec laquelle je retourne dans le Sud.
Quelle est donc, camarades, la nature de notre existence ? Regardons les choses en face : nous avons une vie de labeur, une vie de misère, une vie trop brève. Une fois au monde, il nous est tout juste donné de quoi survivre, et ceux d'entre nous qui ont la force voulue sont astreints au travail jusqu'à ce qu'ils rendent l'âme. Et dans l'instant que nous cessons d'être utiles, voici qu'on nous égorge avec une cruauté inqualifiable. Passée notre première année sur cette terre, il n'y a pas un seul animal qui entrevoie ce que signifient des mots comme loisir ou bonheur. Et quand le malheur l'accable, ou la servitude, pas un animal qui soit libre. Telle est la simple vérité. […]Mais puisque telle est la triste réalité, pourquoi en sommes-nous toujours à végéter dans un état pitoyable ? Parce que tout le produit de notre travail, ou presque, est volé par les humains ; Camarades, là se trouve la réponse à nos problèmes. Tout tient en un mot : l'Homme. Car l'Homme est notre seul véritable ennemi. Qu'on le supprime, et voici extirpée la racine du mal. Plus à trimer sans relâche ! Plus de meurt-la-faim !
Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n’est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider, les êtres humains sont ainsi. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas le malheur. Nous ne voulons ni haïr ni humilier personne. Dans ce monde, chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche pour nourrir tout le monde. Nous pourrions tous avoir une belle vie libre mais nous avons perdu le chemin. […]Je dis à tous ceux qui m’entendent : Ne désespérez pas ! Le malheur qui est sur nous n’est que le produit éphémère de l’avidité, de l’amertume de ceux qui ont peur des progrès qu’accomplit l’Humanité. Mais la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront, et le pouvoir qu’ils avaient pris aux peuples va retourner aux peuples. Et tant que les hommes mourront, la liberté ne pourra périr. Soldats, ne vous donnez pas à ces brutes, ceux qui vous méprisent et font de vous des esclaves, enrégimentent votre vie et vous disent ce qu’il faut faire, penser et ressentir, qui vous dirigent, vous manœuvrent, se servent de vous comme chair à canons et vous traitent comme du bétail. Ne donnez pas votre vie à ces êtres inhumains, ces hommes-machines avec des cerveaux-machines et des cœurs-machines. Vous n’êtes pas des machines ! Vous n’êtes pas des esclaves ! Vous êtes des hommes, des hommes avec tout l’amour du monde dans le cœur. Vous n’avez pas de haine, seuls ceux qui manquent d’amour et les inhumains haïssent. Soldats ! ne vous battez pas pour l’esclavage, mais pour la liberté !
Ō diī immortālēs ! ubinam gentium sumus ? quam rempūblicam habēmus ? in quā urbe vīvimus ? Hīc, hīc sunt, nostrō in numerō, patrēs cōnscrīptī, in hōc orbis terræ sānctissimō gravissimōque cōnsiliō, quī dē meō nostrumque omnium interitū, quī dē hujus urbis atque adeō orbis terrārum exitiō cōgitent.
Potestne tibi hæc lūx, Catilīna, aut hujus cælī spīritus esse jūcundus, cum sciās hōrum esse nēminem, quī nesciat, tē prī-diē kalendās jānuāriās, Lepidō et Tullō cōnsulibus, stetisse in comitiō cum tēlō ? manum, cōnsulum et prīncipum cīvitātis interficiendōrum causā, parāvisse ? scelerī ac furōrī tuō nōn mentem aliquam, aut timōrem tuum, sed fortūnam populī rōmānī obstitisse ? Ac jam illa omittō. Neque enim sunt aut obscūra, autnōn multa post commissa. Quotiēs tū mē dēsignātum, quotiēs cōnsulem interficere cōnātus es !
Le Dictateur, Charlie Chaplin, 1940
Cicéron, Premier discours contre L. CATILINA, (-63), traduit par M.J.B. Thibault
Ō diī immortālēs ! ubinam gentium sumus ? quam rempūblicam habēmus ? in quā urbe vīvimus ? Hīc, hīc sunt, nostrō in numerō, patrēs cōnscrīptī, in hōc orbis terræ sānctissimō gravissimōque cōnsiliō, quī dē meō nostrumque omnium interitū, quī dē hujus urbis atque adeō orbis terrārum exitiō cōgitent.
Ô dieux immortels ! Où sommes-nous ? Quelle république est la nôtre ? dans quelle ville vivons-nous ? Ici, ici même, au milieu de nous, pères conscrits, dans ce conseil le plus auguste et le plus imposant de l’univers, il y a des hommes qui conspirent ma perte, celle de nous tous, la ruine de Rome, celle du monde entier.
Extrait du discours de Greta Thunberg à l’ONU, le 23 septembre 2019
Aragorn dans Le Seigneur des anneaux : le retour du roi, Peter Jackson, 2003
Extrait du discours de Sage l’Ancien dans La Ferme des animaux, G. Orwell, 1947
Cicéron, Premier discours contre L. CATILINA, (-63), traduit par M.J.B. Thibault
Potestne tibi hæc lūx, Catilīna, aut hujus cælī spīritus esse jūcundus, cum sciās hōrum esse nēminem, quī nesciat, tē prī-diē kalendās jānuāriās, Lepidō et Tullō cōnsulibus, stetisse in comitiō cum tēlō ? manum, cōnsulum et prīncipum cīvitātis interficiendōrum causā, parāvisse ? scelerī ac furōrī tuō nōn mentem aliquam, aut timōrem tuum, sed fortūnam populī rōmānī obstitisse ? Ac jam illa omittō. Neque enim sunt aut obscūra, autnōn multa post commissa. Quotiēs tū mē dēsignātum, quotiēs cōnsulem interficere cōnātus es !
Peux-tu jouir avec bonheur, Catilina, de la lumière qui nous éclaire ou de l’air que nous respirons, lorsque tu sais qu’il n’est aucun de nous qui ignore que la veille des calendes de janvier,sous le consulat de Lépidus et de Tullus, tu te présentas dans les comices armé d’un poignard ? que tu avais aposté une troupe de scélérats pour assassiner les consuls et les principaux citoyens ?que ce ne fut ni le repentir ni la crainte qui mirent obstacle à ta fureur, mais la fortune du peuple romain ? Mais je passe sur ces crimes. Ils ne sont pas ignorés, et beaucoup d’autres les ont suivis. Combien de fois lorsque j’étais consul désigné, combien de fois depuis que j’exerce le consulat, n’as-tu pas voulu m’arracher la vie !
Rhinocéros, Eugène Ionesco, 1959
Extrait du discours de Martin Luther King lors de la marche sur Washington pour les droits civiques du 28 août 1963