Etude de séries temporelles en domaine littoral
Apport à la compréhension des dynamiques physiques
Frédéric Gresselin, Master géographie Caen
le 21 octobre 2024
Introduction
L'aquifère : la partie souterraine de la zone critique
- La zone critique est l'environnement terrestre qui s'étend de l'atmosphère aux roches non altérées. Elle englobe la basse atmosphère, la pédosphère (le sol), la zone vadose (zone non saturée au dessus de la nappe phréatique), les nappes d'eau souterraine et les roches altérées.
- La compréhension du fonctionnement global de la zone critique, l'analyse de son exploitabilité et de ses limites mais aussi de ses altérations nécessitent la mise en place d'approches naturalistes, c'est à dire descriptives, de l'instrumentation, du traitement de données et de la modélisation.
- Une série temporelle, ou série chronologique, est une suite de valeurs numériques représentant l'évolution d'une quantité spécifique au cours du temps. Elles servent à décrire la façon dont un système évolue dans le temps, pour un paramètre donné suivi pour sa représentativité du fonctionnement.
- Modéliser s'avère indispensable pour comprendre, de la manière la plus systémique possible, la complexité du fonctionnement actuel et futur de la zone critique. Mais ce n'est qu'une étape parmi d'autres. Comprendre les mécanismes impliqués est un préliminaire à toute modélisation.
Objectifs du cours
- Diagnostiquer et comprendre certains processus régissant le cycle de l'eau dans l'aquifère
- Mettre en évidence l'hétérogénéité des situations dans la partie souterraine de la zone critique
- Développer vos capacités descriptives et l'interprétation de séries temporelles
- Découvrir ou se roder à la photo-interprétation
- Support du diagnostic :
- chroniques piézométriques, de température et de conductivité produites dans des aquifères littoraux le long du littoral de la Manche
- chroniques piézométriques de la nappe des calcaires bathoniens en Campagne de Caen
- des photographies aériennes
Le piézomètre, ouvrage équipé d'une sonde produisant les séries temporelles étudiées
la tête du piézomètre, à partir de laquelle s'exercent les prélèvements et l'accès à la sonde
une dalle pour protéger le piézomètre des infiltrations d'eau de surface
le tube est plein dans la partie sommitale du piézomètre afin d'éviter la pénétration d'eaux souterraines superficielles en général polluées par les activités humaines
une sonde mesure les variations du niveau de la nappe qui pénètre dans le piézomètre grâce à des crépines. La sonde peut mesurer d'autres paramètres, comme la température ou la conductivité
piézomètre
le piézomètre peut suivre des eaux souterraine venant de plusieurs nappes. Cela complique les interprétations. A éviter lorsque c'est possible.
Interprétation de chroniques piézométriques en contexte littoral
Un exemple dans le massif dunaire de Carteret (Manche)
1-1a
Le havre de Carteret (Manche, France) : un des sites du programme de recherches Rivages normands 2100, piloté par l'OSUR (Université de Rennes) et la DREAL
Manche
arrière pays (bocage armoricain)
havre de Carteret
zones humides rétro-littorales
France
massif dunaire
havre de Portbail
source : google Earth
Deux points de suivi dans le massif dunaire, proches de la mer
une série de schistes, grès et calcaires plissés datés du Cambrien au Dévonien
arrière pays (bocage armoricain)
colluvions de pente en pied de paléofalaise
P1
zones humides rétro-littorales
P1
rochers affleurant à marée basse
massif dunaire
P4
150 m 100 50 0
Source : BRGM, Rivages normands 2100, CAC, geoportail
P4
0 5 km
Relation entre la pluviométrie modélisée (Safran) et la piézométrie de la nappe des sables dunaires de Barneville-Carteret (point P1)
piézométrie en m
maillage Safran
précipitations en mm
Source : Safran,Rivages normands 2100, CAC, Institut Agro
Interprétation du graphique
- Chronique courte
- Probablement un cycle annuel avec des hautes eaux hivernales et des basses eaux estivales
- Des variations cycliques de plus courte période
- Les précipitations ne sont pas mesurées mais modélisées (maille carrée de 8 km de côté). Le contexte pluviométrique local peut ne pas être précisément représenté par la maille choisie
- Pas de relation univoque entre les précipitations et la piézométrie
piézométrie en m
précipitations en mm
Source : Safran, Rivages normands 2100, CAC
Relation entre l'évapo-transpiration potentielle journalière (Safran), le drainage journalier (Safran) et la piézométrie horaire P1 de la nappe des sables dunaires de Barneville-Carteret
Source : Safran, Rivages normands 2100, CAC
piézométrie en m
ETP et dainage en mm
Interprétation du graphique
- L'évapotranspiration et la piézométrie répondent d'une cyclicité annuelle (a priori) mais leurs cycles sont en opposition de phase
- Les variations journalières de l'évapotranspiration n'influencent pas la piézométrie
- L'aquifère filtre donc a priori ce signal haute fréquence
- Le cycle pluri-journalier de la piézométrie n'est pas expliqué à ce stade
- Le drainage modélisé est sous-estimé en fin d'été (la recharge débute plus vite que ne laisse supposer le drainage), pour le site considéré
- Safran produit les données climatiques les plus précises actuellement en dehors des stations climatiques
Source : Safran, Rivages normands 2100, CAC
piézométrie en m
ETP et dainage en mm
La pluie efficace
La pluie efficace est la partie des précipitations qui :
- Ruisselle
- Recharge les nappes d'eau souterraine (drainage de Safran)
- Et donc contribue à l'écoulement des cours d'eau
La pluie efficace dépend :
- Du volume des précipitations
- De l'évapotranspiration (donc de la température, du vent, du degré d'hygrométrie de l'air, de l'exposition aux agents météorologiques...)
- Des variations de la réserve hydrique des sols
Le sol est un facteur de contrôle du bilan hydrologique, rarement évoqué. Les connaissances actuelles sur le sol sont encore très largement insuffisantes.
Impact de la variation de la réserve en eau d'un sol sur le bilan hydrologique Pluie annuelle 615 mm Température annuelle 10,4°C (climat actuel du plateau de l'Eure)
RFU du sol en mm
50
100
150
Ecoulement annuel en mm
165
115
100
Période d'efficacité des précipitations
nov à mars déc à mars janv à mars
Période de déficit pédologique
juin à sept juil à sept août à sept
Recherche du facteur de contrôle responsable du cycle pluri-journalier
Relation entre la marée (Saint-Malo) et la piézométrie de la nappe des sables dunaires de Barneville-Carteret (point P1)
Vives-eaux
Amplitude de la marée en m
P1
piézométrie en m
Mortes-eaux
Août 2022 Oct 2022 Déc 2022 Fév 2023
Source : Shom, Rivages normands 2100, CAC
Relation entre la marée et la piézométrie de la nappe des sables dunaires de Barneville-Carteret (point P1)
cycle 12 h environ
Amplitude de la marée en m
P1
piézométrie en m
cycle mortes-eaux / vives eaux : 14 j environ
01/09/2022 15/09/2022 29/09/2022
- les variations piézométriques sont influencées par la marée (à démontrer par analyse statistique, étude de la fréquence et déphasage, modélisation)
- Le signal est structuré par les alternances vives-eaux / mortes-eau
- Le cycle journalier s'observe éventuellement. Il disposerait alors d'une très faible amplitude
- Mais il est vraisemblable que ce signal haute fréquence soit du bruit (précision de la sonde)
- Le signal de la marée est enregistré avec un déphasage d'environ 5 jours
- P1 est distant de la mer de 185 m environ
Interprétation du graphique
Amplitude de la marée en m
P1
piézométrie en m
01/09/2022 15/09/2022 29/09/2022
Relation entre la marée et la piézométrie de la nappe des sables dunaires de Barneville-Carteret (point P1)
signal marée
Amplitude de la marée en m
recharge aquifère
P1
piézométrie en m
Août 2022 Oct 2022 Déc 2022 Fév 2023
Relation entre la marée et la piézométrie de la nappe des sables dunaires de Barneville-Carteret (point P4)
P1
une série de schistes, grès et calcaires plissés datés du Cambrien au Dévonien
Amplitude de la marée en m
arrière pays (bocage armoricain)
colluvions de pente en pied de paléofalaise
P1
zones humides rétro-littorales
P4
rochers affleurant à marée basse
massif dunaire
P4
piézométrie en m
distance mer de P4 : 250 m P1 : 185 m
Août 2022 Oct 2022 Déc 2022
Août 2022 Oct 2022 Déc 2022 Fév 2023
Interprétation du graphique
P1
- Le signal de la marée est moins ample en P4 qu'en P1
- Cette différence pourrait s'expliquer par une modification des caractéristiques hydrodynamiques au sein de l'aquifère
- Cependant, les sables dunaires, d'origine éolienne, sont très homogènes en termes de composition et de granulométrie et donc de transmissivité
- Hypothèse : l'effet de la marée s'amortit en s'éloignant de la mer
- Les effets de la marée sont filtrés par l'aquifère dunaire
Amplitude de la marée en m
P4
piézométrie en m
Août 2022 Oct 2022 Déc 2022
distance mer de P4 : 250 m P1 : 185 m
Août 2022 Oct 2022 Déc 2022 Fév 2023
L'analyse des chroniques piézométriques de la nappe des sables dunaires de Carteret : que retenir ?
Le niveau piézométrique varie selon des cycles de recharge / décharge induit par le climat et sa saisonnalité
- recharge : plutôt en hiver, quand les précipitations sont au paroxysme de leur efficacité et que les volumes de pluie pénétrant dans le sous-sol sont supérieurs aux volumes d'eau souterraine s'écoulant vers les zones de drainage (cours d'eau, sources, zones humides, plan d'eau, mer)
- décharge : en l'absence de pluie efficace, le drainage des nappes par les hydrosystèmes de surface entraîne une baisse du niveau piézométrique
- La période de recharge va varier selon de nombreux paramètres : la réserve en eau des sols et l'importance du déficit hydrique en fin d'été, l'épaisseur de la zone non saturée, sa perméabilité...
- Dans l'Ouest de la France, la période de recharge peut débuter en fin d'été (c'est le cas ici) et s'étendre jusqu'en juin selon les configurations locales
- Une très forte pluviométrie estivale peut générer de la pluie efficace dans ce type d'aquifère, extrêment poreux
- Le signal piézométrique peut être influencé par des processus non climatiques, ici la marée
L'influence du niveau marin et de son élévation sur la piézométrie littorale : en route vers les modèles
1-1b
Visualisation des variations piézométriques de la nappe phréatique dans le cordon dunaire, le marais maritime, la paléofalaise et l'arrière pays
video Rivages normands 2100 (modèle 2 D développé par Alexandre Gauvain, OSUR)
La piézométrie d'un territoire est en général produite par modélisation
L'influence de la marée sur la piézométrie de la nappe ne s'étend pas au delà du cordon dunaire sauf si ce dernier est de faible largeur
Le cordon dunaire tamponne l'influence de la marée sur la piézométrie de la nappe. Le cycle "semi-mensuel" (alternance vives-eaux / mortes eaux) influence plus loin à l'intérieur des terres la piézométrie de la nappe que le cycle journalier. Plus le cordon dunaire est réduit, plus la marée a des chances d'influencer la piézométrie de la nappe d'eau souterraine du marais arrière littoral
Le niveau des nappes du littoral s'élève au fur et à mesure de la montée du niveau marin. Le taux d'élévation, proche de celui du niveau marin en bordure de mer, s'amortit progressivement à l'intérieur des terres.
paléo-falaise
massif dunaire
marais arrière-littoral
hausse du niveau de la nappe
hausse du niveau de la mer
L'élévation du niveau de la nappe est presque équivalente à celle du niveau marin bien que s'amortissant à l'intérieur des terres. L'influence de l'élévation de la mer s'étend loin à l'intérieur des terres
R : recharge de la nappe K perméabilité de l'aquifère
L'influence de l'élévation de la mer sur le niveau piézométrique de la nappe se limite à l'espace compris entre le trait de côte et la première zone d'écoulement superficiel de la nappe. La position de cette dernière va se déplacer vers l'amont au fur et à mesure de l'élévation du niveau marin
écoulement
hausse du niveau
de la nappe
hausse du niveau
de la mer
Quand l'écoulement passe sous l'influence du niveau marin, en termes de cote et de pente, la zone d'émergence de la nappe se déplace vers l'amont. Il s'agit donc un gain temporaire
Les axes de drainage naturels peuvent se situer loin de la mer. C'est le cas dans la partie SW de la baie du Mont-St-Michel
granite de Carolles
6.5 m
cordon dunaire
alluvions fluviatiles
Cancale
granite d'Avranches
Sée
cote centennale actuelle de la mer : environ 8.5 m
Sélune
6 m
alluvions fluviatiles
cordon dunaire
7.5 m
6.5 m
tangues
marais blancs
4 m
Couesnon
marais noirs
granite de Saint-Broladre
Guyoult
tourbes
+1.5 m
7.5 m
alluvions fluviatiles
granite de Fougères
alluvions fluviatiles
Un comblement progressif par des sédiments marins ayant offert des opportunités de poldérisation
cordon dunaire
Les apports terrigènes par les trois fleuves de la baie sont très faibles par rapport aux apports marins
Source European Spatial Agency
Les dépôts sédimentaires marins en fond de baie
sables coquilliers apportés par les tempêtes
dépôts de vases carbonatées
tangues
vase carbonatée à l'origine de la tangue
le Guyoult
source : google earth
décantation de boues carbonatées à chaque étale de marée qui vont former les tangues à l'origine de la richesse agricole des sols de la baie
source : chemins de la baie
Ces dépôts viennent recouvrir le socle armoricain, altéré
cornéennes
cornéennes (détail)
granite altéré en boule
granite
formations superficielles
bordures
tourbe avec bois fossile
substratum géologique
La géologie de la baie en quelques mots
granite de Carole / Vire
pointe du Grouin
prisme sédimentaire marin
cordon dunaire
gneiss et migmatites de Saint-Malo
granite d'Avranches
Sée
moins d'apports et sédiments plus fins
plus d'apports marins et sédiments plus grossiers
Sélune
cordon dunaire
Couesnon
marais blancs
schistes et grès briovériens
granite de Saint-Broladre
marais noirs
Guyoult
schistes et grès briovériens
Contexte topographique de la baie du Mont-St-Michel
granite de Carolles
6.5 m
cotes altimétriques des terrains
cordon dunaire
Cancale
granite d'Avranches
Sée
cote centennale actuelle du niveau marin : +9.12 m
Sélune
6 m
cordon dunaire
7.5 m
6.5 m
tangues
marais blancs
4 m
Couesnon
marais noirs
granite de Saint-Broladre
+2 m
7.5 m
tourbes
granite de Fougères
alluvions fluviatiles
La présence des marais noirs s'explique par la configuration piézométrique locale
digue
paléofalaise
marais blancs et leur système de drainage
marais noirs
estran
crête piézométrique
la nappe s'écoule globalement en direction de la mer Elle s'écoule aussi en direction des marais noirs avant d'en être évacuée par le réseau de drainage
- directement sur l'estran à marée "basse"
- via les fleuves côtiers
- via le réseau de drainage
L'élévation du niveau de la nappe détermine une modification des trajectoires d'écoulement et une diminution du temps de résidence des eaux souterraines dans l'aquifère.
Temps de séjour de l'eau souterraine en année
Des risques liés à la remontée dans le sous-sol du toit de la nappe phréatique, avec ou sans débordement
Des inondations longues et coûteuses
Différents types de dommages occasionnés par les remontées et débordements de la nappe phréatique
Des risques liés à la remontée dans le sous-sol du toit de la nappe phréatique, avec ou sans débordement
Saint-Germain-sur-Ay
Un risque de pertes culturales
Lillemer
source : orthophotoplan IGN
source : orthophotoplan IGN
source : DREAL Normandie
Dans les aquifères littoraux, les eaux salées se trouvent en général à grande profondeur et ne représentent ainsi aucune menace pour les activités de surface. Cependant, à la faveur de pompages mais aussi du drainage des zones humides, le biseau salé peut remonter et contraindre certaines activités. L'élévation du niveau marin et la diminution des flux d'eau douce provenant du continent en été, induits par le changement climatique, vont en favoriser la pénétration à l'intérieur des terres.
© DREAL Normandie
80 m
10 km
Le biseau salé est l'interface souterraine, dans les aquifères littoraux, entre les eaux continentales et marines.
falaise morte
cordon dunaire
Marais blanc
perte de surface et augmentation de l'hydromorphie
niveau marin futur actuel
Marais noir
niveau piézométrique actuel
niveau piézométrique futur
augmentation :
- des surfaces en eau
- des débits à pomper
- des niveaux d'eau
- de la concentration en sel
Schéma conceptuel de l'évolution à venir du niveau de la nappe phréatique dans les Marais noir et blanc en baie du Mont-Saint-Michel
La piézométrie, c'est aussi de la cartographie
1-1c
Mesurer les variations spatiales de l'altimétrie du toit de la nappe permet de construire des cartes piézométriques
- Ces cartes nécessitent de disposer d'informations très précises et denses sur le niveau atteint par la nappe à un instant t
- Les seules données acquises lors de la réalisation de forages ou par mesure dans des puits ou piézomètres ne suffisent pas
- Il faut intégrer des données sur les sources et les zones humides qui témoignent de la présence d'une nappe affleurante
Données à acquérir sur le terrain (puits, forages -BSS-, zones humides) et par photo-interprétation (zones humides)
hippodrome en zone humide
2012
1947
friche boisée
mégaphorbiaie
prairie humide
Travailler sur des orthophotographies de millésime varié
haie bordant le cours d'eau, avec un alignement de peupliers
remblai
peupleraie
prairie humide
tranchée drainante (saignée)
Il est également possible sur certains millésimes de diagnostiquer la présence de sols hydromorphes labourés
sols humides
mare
cours d'eau rectifié
2001
source : IGN, BD ortho
Les données à traiter sont nombreuses et nécessitent des traitements numériques
Les courbes d'isovaleur altimétrique du toit de la nappe sont dénommées courbes piézométriques
* Pour les zones humides, la profondeur de la nappe est considérée comme nulle
la cote piézométrique est alors égale à la cote altimétrique du sol
Les courbes piézométriques sont des représentations de la cote altimétrique à laquelle se situe le toit de la nappe d'eau libre (nappe phréatique). Ce sont des courbes d'équipotentiel de la charge hydraulique de la nappe
Les cartes piézométriques permettent :
- d'analyser le sens d'écoulement de la nappe phréatique
- de déterminer les points du territoire où les eaux souterraines convergent (exploitation de la ressource en eau)
- ceux où elle déborde (ZNS nulle)
Les cartes piézométriques permettent aussi de :
- Localiser les crêtes piézométriques (ligne de partage des eaux souterraines)
- Tracer les bassins versants hydrogéologiques (aire d'alimentation des captages prioritaires)
- L'espacement des courbes renseigne sur les variations de condition de diffusivité de l'eau dans l'aquifère (variation du gradient hydraulique)
Attention : ces cartes sont souvent empruntes d'erreur ou imprécises, qu'elles soient faites à la main ou par traitement numérique
Les cartes piézométriques permettent aussi d'analyser la relation entre la nappe et un cours d'eau
isopièze
5 m
- un V dans la vallée, dirigé vers l'amont, indique que la rivière draine la nappe
- Il est primordial de connaître les échanges nappe/rivière pour optimisér la gestion des milieux aquatiques
10 m
Carte piézométrique au Nord de Ver-sur-Mer (Calvados)
De la profondeur de la nappe en été et en hiver et de ses battements vont dépendre les usages agricoles des sols et l'implantation historique des humains dans un territoire
- Lorsque la nappe déborde trop fréquemment, le sol est destiné à l'élevage et est en général drainé
- Lorsque la nappe est plus profonde, les agriculteurs produisent en général des céréales
- Jusqu'à l'apparition de l'adduction d'eau potable, l'aménagement du territoire était totalement contraint par la distribution de la ressource en eau
La piézométrie permet de comprendre aussi les relations entre un marais maritime et la mer
Dans le cas présent
- L'écoulement souterrain s'exerce globalement depuis le SW vers le NE puis le Nord, donc du continent vers la mer
- A marée basse, la nappe s'écoule sur l'estran depuis le cordon dunaire
- Les écoulements souterrains convergent vers les mares
- Il est vraisemblable que l'évaporation de ces dernières influence la piézométrie de l'hydrosystème
3 m
2 m
4 m
3 m
3 m
4 m
3 m
5 m
Piézométrie et hétérogénéité dans des aquifères calcaires
1-1d
Contexte de l'exemple
La côte du Calvados au NW de Caen
Contexte géologique :
- bassin parisien
- terrains jurassiques dont des calcaires bajociens et bathoniens
- un plateau plongeant très faiblement vers le NE (environ 0.6 %)
- entaillé par la mer et par quelques vallées
- bordé de marais maritimes
- contexte agricole de grandes cultures
- des aquifères exploités pour l'alimentation en eau potable de Caen et son agglomération
Caen
source : infoterre, carte géologique au 1/1 000 000
Deux aquifères calcaires séparés par des marnes imperméables
calcaire bathonien
calcaires bathonien
marnes bathoniennes
marnes bathoniennesimperméables
calcaires bajociens fissurés et karstifiés
calcaires bajociens
le karst du Bajocien
Les eaux superficielles s'engouffrent localement dans des pertes localisées sur les plateaux ou dans les vallées
pertes dans le lit de l'Aure
France
source DREAL Normandie
zone de pertes dans le lit mineur de l'Aure, une rivière du Bessin
perte dans le lit majeur
lit mineur à sec
sens de l'écoulement
Le suivi piézométrique de la nappe du Bajocien : localisation du site étudié
Caen
mer de la Manche
vallée et marais du Véret
marais de l'Aure
sources BRGM et IGN
Contexte géologique du piézomètre d'Asnières-en-Bessin
prof. moyenne de l'eau dans le puits : 4.75 m prof. max : 8.61 m prof min : -0.98
puits montrant de l'artésianisme (niveau d'eau supérieur au sol) donc nappe captive ou semi-captive
hypothèse : nappe des calcaires à spongiaires karstifiés du Bajocien sous faible recouvrement de marnes du bathoniens compartiment de Bajocien remonté le long d'une faille
source BRGM
La chronique piézométrique d'Asnières-en-Bessin. Les variations sont centrées sur la médiane et exprimées en mètre
variation piézométrique en m
Interprétation du graphiquePremiers constats
- Structure du signal différente de part et d'autre de 1998
- Fréquence d'échantillonnage ayant évolué
- Une mesure mensuelle, puis mesure en continu
- Des événements probablement mal échantillonnés avant 1998
- A vérifier par comparaison avec des chroniques voisines
variation piézométrique en m
De 1998 à 2023
variation piézométrique en m
Interprétation du graphique (suite)
variation piézométrique en m
- cyclicité annuelle
- hautes eaux en début d'année
- basses eaux en automne
- variations rapides
- plusieurs pics en hiver
- peu de bruit pendant la période de tarissement
- période de pluie efficace et de pluie non efficace
- cyclicité pluri-annuelle possible
Un suivi piézométrique plus à l'Est, dans l'aquifère des calcaires du Bathonien
prof. moyenne de l'eau dans le puits : 27.44 m prof. max : 29.12 m prof min : 18.92 m
Caen
nappe libre, pas de formations superficielles décrites sur la carte géologique.
hypothèse : nappe contenue dans le calcaire de Ranville J3Ra et dans celui sous-jacent du Calcaire de Bon-Mesnil J3M La formation j3Ro se situe à trop grande profondeur, compte tenu du pendage de 0.6 % Le calcaire de Bon-Mesnil est oolithique et mal consolidé. Il présente parfois un faciès franchement sableux
partie gélifractée (altérée par le gel)
Le calcaire de Ranville (j3Ra)
travaux de terrassement réalisés dans le calcaire de Ranville
partie indurée
Le Calcaire de Ranville est un calcaire bioclastique grossier à nombreux débris d’échinodermes (encrines, oursins), bryozoaires, mollusques et brachiopodes et à grains ferrugineux responsables de sa couleur ocre caractéristique. Il est localement fracturé et fissuré. Lorsqu'il n'est pas ou faiblement recouvert par des formations superficielles, sa partie sommitale s'avérer affectée par du gélifract et transformée en plaquettes plus ou moins sableuses
radioles d'oursin
source : lithothèque de Normandie
Le calcaire de Bon-Mesnil (j3M)
ciment calcitique
oolithe
nucleus
dépôts concentriques autour du nucleus
calcaire de Bon-Mesnil vu au microscope avec ses oolithes et oncolithes et son ciment calcaire. Il s'agit d'un calcaire formé dans des conditions de mer chaude (>25°C) et agitée, en position péri-récifale
Il s'agit d'un calcaire oolithique, parfois mal consolidé et donc sableux
source : lithothèque de Normandie
Comparaison entre les variations piézométriques de la nappe du Bajocien et celle du Bathonien à Cintheaux
variation piézométrique en m
chaque chronique est centrée par rapport à sa médiane
Interprétation
- Pas d'expression de la cyclicité annuelle
- Des cycles interannuels plus ou moins réguliers et plus ou moins amples
- La décharge de la nappe s'établit sur plusieurs années (de 1988 à 1994 par exemple)
- La recharge s'exerce sur plusieurs années (1999 à 2001)
- La cyclicité pluriannuelle s'observe également dans le Bajocien, mais de manière plus discrète
- Il y a un déphasage entre le cycle pluriannuel du Bajocien et celui du Bathonien
variation piézométrique en m
- Des processus de recharge et de décharge tamponnés
- Milieu de moindre diffusivité
- Emmagasinement pluriannuel (effet mémoire)
- Milieu à plus forte porosité
- Un pic plus aigü en 2001 : changement de milieu ? (moindre porosité)
- La nappe pourrait être stockée dans le Calcaire de Bon-Mesnil et monter dans le Calcaire de Ranville lors des événements les plus rares
variation piézométrique en m
Conclusion de cette partie : les facteurs de contrôle de la piézométrie
Les fluctuations piézométriques sont influencées par
la pluie efficace et donc par le climat et la végétation
les caractéristiques du sol. La réserve hydrique du sol varie selon les saisons, l'épaisseur du sol et sa composition. Le sol doit être humecté pour permettre à la pluie de percoler en direction de l'aquifère
l'épaisseur et les caractéristiques de la zone non saturée parmi lesquelles la porosité matricielle et la fracturation
la composition et l'épaisseur de l'aquifère qui va jouer sur l'emmagasinement, la transmissivité et la diffusivité de l'eau souterraine
piézomètre
La distance à la mer, à la zone de drainage (rivière)..., la marée, le niveau marin, la pente du territoire...sont aussi des facteurs d'influence de la piézométrie.
Etude de chroniques de température d'eau souterraine
La température est un paramètre facile à mesurer et dont les chroniques offrent des informations sur les facteurs de contrôle qui interviennent dans la nappe
une série de schistes, grès et calcaires plissés datés du Cambrien au Dévonien
arrière pays (bocage armoricain)
Manche
colluvions de pente en pied de paléofalaise
P1
zones humides rétro-littorales
rochers affleurant à marée basse
massif dunaire
P4
P1
Source : BRGM, Rivages normands 2100, CAC
Relation entre la température de l'air, de la mer et de la nappe phréatique Point P1 de Barneville-Carteret (massif dunaire)
Température de l'air et de la mer en °C
Temérature nappe °C
- Une variation très tamponnée par rapport à celle de la température de l'air
- Une amplitude d'environ 3°C sur la chronique analysée
- Un maximum atteint en automne
- Fort déphasage avec la température de l'air mais aussi de la mer
- Une cyclicité infra-mensuelle structure la chronique, se surimposant vraisemblablement à un cycle saisonnier
Interprétation du graphique
Température de l'air et de la mer en °C
Temérature nappe °C
Relation entre la température de l'air et celle de la nappe phréatique en P1 (massif dunaire Barneville-Carteret)
Température de l'air en °C
Temérature nappe °C
- La température de la nappe Tn ne varie pas de manière journalière comme le fait la température de l'air Ta (précision des mesures = +- 0,1°C)
- Tn varie selon un cycle de 14 jours environ non enregistré a priori par Ta (à démontrer)
- En automne, alors que la température de l'air baisse, celle de la nappe continue de monter
- Hypothèse 1 : la chaleur emmagasinée durant l'été par le massif dunaire diffuse vers la nappe (conductivité thermique)
- Hypothèse 2 : en début de recharge, les eaux de percolation "lessivent" la chaleur contenue dans la zone non saturée
- Hypothèse 3 : écoulement d'eau plus chaude venant de l'amont ou de la partie inférieure de l'aquifère
Interprétation du graphique
Température de l'air en °C
Temérature nappe °C
Relation entre la piézométrie et la température de la nappe en P1 (massif dunaire Barneville-Carteret)
Température mer
P1
Piézométrie en m
Temérature en °C
Piézométrie
Température nappe
01/08/2022 29/08/2022 26/09/2022
Interprétation
- Signaux en opposition de phase en été
- Baisse de la température en période de vives eaux
- Hausse de la température en période de mortes-eaux
- Stratification thermique dans la nappe ?
- Rôle du flux géothermique : non
- Echange de chaleur entre la mer et la nappe ?
- Déphasage fin septembre ?
Température mer
P1
Piézométrie en m
Temérature en °C
Piézométrie
Température nappe
01/08/2022 29/08/2022 26/09/2022
recharge
Relation entre la piézométrie et la température de la nappe en P1 (massif dunaire Barneville-Carteret)
P1
Température nappe
Piézométrie en m
Piézométrie
Temérature en °C
Température mer
- Signaux en phase en hiver
- Hausse de la température en période de vives-eaux
- Baisse de la température en période de mortes- eaux
- Le déphasage s'exerce pendant une période de recharge de la nappe
- Mais aussi quand la température de la mer descend sous celle de la nappe
- Rôle de la recharge et du différentiel thermique entre la nappe et la mer à explorer : modélisation indispensable
- L'analyse naturaliste permet de conceptualiser le modèle à développer
Interprétation
P1
Température nappe
Piézométrie en m
Piézométrie
Temérature en °C
Température mer
Un réseau de suivi au Nord de Caen, propriété de Caen-la-Mer, implanté dans le cadre du programme de recherches "Rivages normands 2100"
Pz7 (digue)
cordon dunaire
Pz6 (mairie)
Lion-sur-Mer
Pz 6 camping
Colleville-Montgoméry
Pz3 (stade)
marais maritime
Ouistreham
Pz 5 cimetière
Pz2 (zone d'activités)
loess
lit majeur de l'Orne
Blainville
marnes
calcaires
Pz1 Beauregard
Variation de la température des nappes d'eau souterraine suivies dans le cadre du programme de recherche Rivages normands 2100 (site pilote de Caen)
coupe forage
Variation du niveau de la nappe et de sa température dans le forage P6 de Lion-sur-Mer
sol
0 m 1 4 6
sol sablo-argileux
sables argileux coquilliers
argiles
calcaires bathoniens
10
Variation de la température de la nappe dans les forages P6 et P7
P7
- Différence d'amplitude annuelle
- Différence d'amplitude journalière
- Déphasage
- Mini en juin pour Pz6
- Mini avril pour Pz7
- Mélange eau de mer / eau de nappe
- Plus d'eau de nappe en pz6
- Explique le déphasage et la différence d'amplitude
- Biseau salé
- Tenir compte des mélanges entre réservoirs dans les modèles, le cas échéant
Interprétation du graphique
P7
coupe forage
Variation du niveau de la nappe et de sa température dans le forage Pz4 de Colleville-Montgoméry
sol
0 m 1 4 6
sables fins noirs
sables fins ocre
sables gris argileux très fins
sables gris verdâtres
8.5
calcaires bathoniens
Plusieurs points suivis présentent une élévation de la température en début de recharge avec une influence thermique nycthémérale au printemps s'estompant quand la piézométrie baisse
Colleville
Ouistreham
Bassin parisien
Portbail
Caen
Massif armoricain
- Hypothèse 1 : la nappe se réchauffe au contact du sol en début de recharge
- Hypothèse 2 : les eaux de pluie se réchauffent en traversant les sols puis sont fraîches (plus vraisemblable)
- Hystérésis T°C printemps automne dans les sols, la nappe et les rivières
A forçage climatique équivalent, les variations thermiques des cours d'eau sont différentes entre le printemps et l'autome
Plusieurs explications possibles:
- stockage de chaleur atmosphérique
- stockage de chaleur océanique
- stockage de chaleur sol
- stockage de chaleur aquifère
- lessivage de la chaleur du sol lors de la recharge de la nappe
- le filtre exercé par le feuillage de la ripisylve
Le rôle de la température de la nappe des alluvions de l'Orne dans la pondération de l'effet de l'îlot de chaleur urbain dans Caen. Canicule de juillet 2022
Sous-titre
source : Olivier Cantat
Pas de réseau thermique intra-urbain à Saint-Lô, donc pas d'info sur le rôle joué par la Vire ou la Dollée
la prairie de Caen
Piézométrie, température et conductivité des eaux souterraines du massif dunaire de Saint-Germain-sur-Ay et du socle armoricain encaissant
Le havre de Saint-Germain-sur-Ay (Manche, France) : un autre site du programme de recherches Rivages normands 2100, piloté par l'OSUR (Université de Rennes)
havre de Surville
havre de Saint-Germain-sur-Ay
source : google Earth
Un cordon dunaire entre la mer et la vallée de l'Ouve support d'activités balnéaires et maraîchères
Maraîchage
Haut pays
Station balnéaire
Vallée de l'Ouve
Maraîchage
Dunes
Station balnéaire
Dunes
havre de Saint-Germain-sur-Ay
source : google Earth
Saint-Germain-sur-Ay, ses espaces naturels et ses activités
Le havre
© Thierry HOUYEL
© Thierry HOUYEL
© Street view google
- 4 forages réalisés dans les sables du massif dunaire
- 2 forages réalisés dans des schistes et grès paléozoïques
Le contexte géologique du suivi
P3
P2
P1
alluvions récentes
sable éolien
sédiments marins
P6
P5
schistes et grès dévoniens
P4
schistes et grès ordovico-siluriens
P1 situé à 215 m de la mer
Une configuration fréquemment rencontrée le long des côtes basses de nombreux littoraux mondiaux
haut pays socle armoricain
marais de l'Ouve
cordon dunaire
platier rocheux
marais rétro-littoral
massif dunaire
paléo-falaise
0 2000 4000 6000m
distance
Contexte environnemental des piézomètres
P2
P1
P3
P4
P5
P6
Profondeur de la nappe sous le sol à l'issue de la foration (niveau dit statique)
Cote altimétrique en m du sol
P3 2.22 m venue d'eau à -9 m
2 5 6 7 8 9 10 15 20 30 50
P2 1.12 m
P1 1.58 m
P6 1.36 m
P5 1.49 m
P4 2.23 m
P3
P2
Interprétation des chroniques piézométriques du site
P1
P6
P5
P4
Socle armoricain
Piézométrie en m
Massif dunaire
juil 2021 nov 2021 mar 2022 juil 2022
P3
P2
- Tous les signaux partagent une signature commune avec une amplitude plus forte en P6 mais surtout en P3
- Des signaux proches les uns des autres dans le massif dunaire avec une variation de cote du toit de la nappe
- hausse significative à partir de la fin octobre
- baisse significative à partir de mars
- recharge aquifère : principalement en automne et en hiver
- décharge aquifère : principalement au printemps et en été
- mis à part les variations d'amplitude, l'hydrosystème semble très homogène en première analyse en termes de recharge et décharge aquifères
- pas de déphasage dans la survenance des pics de recharge
Interprétation des chroniques piézométriques : les messages clefs
P1
P6
P5
P4
Socle armoricain
Piézométrie en m
Massif dunaire
juil 2021 nov 2021 mar 2022 juil 2022
Explication de la différence d'amplitude observée entre la chronique piézométrique P3 (socle armoricain) et celles du massif dunaire
P2
P3
P1
P6
P5
P4
pente autour de 1%
pente autour de 1% (vert bleuté)
- Pas de différence significative en termes d'exposition climatique et de physiographie mais P3 est en pied de versant
- Pas de différence significative en termes d'infiltration (pas de déphasage marqué entre pics de recharge)
- Différence liée aux caractéristiques du sous-sol : la porosité et la transmissivité du matériau aquifère
- Ces caractéristiques sont homogènes dans le massif dunaire
- Les schistes sont soit moins poreux, soit moins transmissifs soit les deux
- Porosité et transmissivité se modélisent à partir des variations piézométriques
Les variations de température de l'eau souterraine
P2
P3
P1
P6
P5
P4
- Une cyclicité annuelle (chroniques courtes)
- Une amplitude thermique beaucoup plus élevée dans la nappe des massifs dunaires que dans celles du socle armoricain (quelques 1/10 °C en P6)
- Un maximum thermique atteint en fin d'été dans la nappe du massif dunaire et en milieu d'hiver pour P6
- Le minimum thermique en P3 est atteint en mai et en août en P6 (socle armoricain)
- Un signal tamponné et un minimum déphasé en P4 par rapport aux autres signaux du massif dunaire, avec un effet d'hystéresis (comportement différent à la montée par rapport à la descente)
- La recharge joue sur la température de la nappe sauf en P6
- Les variations thermiques en P2 sont beaucoup moins inertielles que pour les autres points suivis
- Un signal bruité en été en P6
- P1 enregistre la marée
Description des variations thermiques de la nappe phréatique à Saint-Germain-sur-Ay (Manche)
P2
P3
P1
P6
P5
P4
mi septembre
mi septembre
début de la recharge
La chronique P6 présente un signal haute fréquence qui s'estompe progressivement en automne
P2
P3
P1
P6
P5
P4
- De la chaleur diffuse dans l'aquifère depuis la surface en été jusqu'à la nappe (à démontrer)
- Ce n'est pas le facteur de contrôle principal des variations thermiques observées
- L'écoulement doit intervenir dans le déphasage du cycle thermique en P6 (à démontrer)
- Les variations piézométriques en P6 seraient plutôt liées à du transfert de charge qu'à la pénétration in situ de précipitations efficaces
P2
Les variations de conductivité observées dans les eaux souterraines du massif dunaire et de son encaissant armoricain
P3
P1
P6
P5
P4
- L'étude de la piézométrie a conclu trop rapidement à un fonctionnement homogène entre les différents aquifères observés
- L'étude de la température a permis de mettre en évidence des différences entre socle armoricain et massif dunaire et des particularités intra-dunaires
- Les variations de conductivité expriment l'existence de nouvelles singularités
- Les eaux sont datées en moyenne de plusieurs décennies (mélange eaux anciennes et eaux récentes)
P2
P3
Quelques interprétations
P1
P6
P5
P4
baisse brutale de la conductivité en fin de recharge
III
hausse de la conductivité quand l'aquifère se recharge
II
Hypothèses :
- I Recharge avec de l'eau de faible conductivité (pluie) en P3
- II Recharge avec de l'eau de forte conductivité en P2 (pluie minéralisée au contact du sol et de la zone non saturée)
- II Rôle probable des pollutions d'origine agricole
- III Dilution et / ou dénitrification
- IV Dénitrification
- V Minéralisation au contact de la roche ou mélange d'eau en P3
IV
diminution progressive de la conductivité en période de tarissement
baisse de la conductivité quand l'aquifère se recharge
augmentation progressive de la conductivité en période de tarissement
Evolution de la piézométrie et de la conductivité de la nappe en P5 (massif dunaire)
Environnement proximal
augmentation de la conductivité en période de recharge
poursuite de l'augmentation de la conductivité malgré la décharge
P5
arrivée d'eau polluées en nitrates provenant de l'amont hydraulique ?
zoom
P5
Carte piézométrique du massif dunaire (basses eaux)
Hypothèses
- P1, P2, P4 et P5 sont tous en aval hydraulique de la zone d'activité maraîchère
- L'infiltration s'exerçant au droit des zones urbaines abritant P1, P3 et P5 ne doit pas être en mesure d'apporter des nitrates d'origine agricole (des chlorures liés aux embruns cependant)
- L'augmentation de la conductivité en P5 après la période de recharge doit être à relier avec l'arrivée d'eau provenant de l'amont hydraulique du point.
- En P2, le massif dunaire doit recouvrir le marais qui le cotoie, permettant la dénitrification
P2
7 m
6 m
8 m
P1
10 m
11 m
8m
9m
9 m
P5
P4
- Des transferts rapides, en période de recharge apportant dans les sables des pollutions agricoles
- Des mélanges d'eau jeune et ancienne, chacune ayant ses particularités thermiques et géochimiques
- Des écoulements lents, notamment dans le socle, avec des eaux peu influencées par les recharges locales
- Des transferts de chaleur par diffusion thermique dans le sable, peu dans le socle
- La mer bloquant les écoulements, forçant les lignes d'écoulement à s'infléchir et la nappe à affleurer (estran, marais, inondations en hautes eaux
- Ce schéma est établi en complétant les diagnostics avec des datations de l'eau
Le schéma conceptuel du fonctionnement hydrologique des aquifères du littoral
sol
sable ou socle altéré
socle fracturé
Conclusions
- Les séries temporelles ne sont pas simplement des données servant à caler les modèles destinés à représenter le fonctionnement d'un système
- Elles contiennent de très nombreuses informations sur les processus qui régissent les écosystèmes
- A travers l'étude des processus, il est possible de déterminer la source qui est responsable de chacun d'entre eux (la marée par exemple). Ces sources sont dénommées les facteurs de contrôle.
- Le traitement statistique des chroniques temporelles, non abordé ici, permet de caractériser les particularités des facteurs de contrôle en termes de fréquence et d'amplitude. Selon l'organisation du réseau de mesure et le nombre de stations suivies, il est possible de déterminer comment l'amplitude de chacun des facteurs évolue dans le temps et dans l'espace du système instrument.
- La qualité architecturale du réseau de suivi est une des conditions de la performance analytique
MasterGéographieLittorale20241021
Frédéric Gresselin
Created on October 19, 2024
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Transcript
Etude de séries temporelles en domaine littoral
Apport à la compréhension des dynamiques physiques
Frédéric Gresselin, Master géographie Caen
le 21 octobre 2024
Introduction
L'aquifère : la partie souterraine de la zone critique
Objectifs du cours
Le piézomètre, ouvrage équipé d'une sonde produisant les séries temporelles étudiées
la tête du piézomètre, à partir de laquelle s'exercent les prélèvements et l'accès à la sonde
une dalle pour protéger le piézomètre des infiltrations d'eau de surface
le tube est plein dans la partie sommitale du piézomètre afin d'éviter la pénétration d'eaux souterraines superficielles en général polluées par les activités humaines
une sonde mesure les variations du niveau de la nappe qui pénètre dans le piézomètre grâce à des crépines. La sonde peut mesurer d'autres paramètres, comme la température ou la conductivité
piézomètre
le piézomètre peut suivre des eaux souterraine venant de plusieurs nappes. Cela complique les interprétations. A éviter lorsque c'est possible.
Interprétation de chroniques piézométriques en contexte littoral
Un exemple dans le massif dunaire de Carteret (Manche)
1-1a
Le havre de Carteret (Manche, France) : un des sites du programme de recherches Rivages normands 2100, piloté par l'OSUR (Université de Rennes) et la DREAL
Manche
arrière pays (bocage armoricain)
havre de Carteret
zones humides rétro-littorales
France
massif dunaire
havre de Portbail
source : google Earth
Deux points de suivi dans le massif dunaire, proches de la mer
une série de schistes, grès et calcaires plissés datés du Cambrien au Dévonien
arrière pays (bocage armoricain)
colluvions de pente en pied de paléofalaise
P1
zones humides rétro-littorales
P1
rochers affleurant à marée basse
massif dunaire
P4
150 m 100 50 0
Source : BRGM, Rivages normands 2100, CAC, geoportail
P4
0 5 km
Relation entre la pluviométrie modélisée (Safran) et la piézométrie de la nappe des sables dunaires de Barneville-Carteret (point P1)
piézométrie en m
maillage Safran
précipitations en mm
Source : Safran,Rivages normands 2100, CAC, Institut Agro
Interprétation du graphique
piézométrie en m
précipitations en mm
Source : Safran, Rivages normands 2100, CAC
Relation entre l'évapo-transpiration potentielle journalière (Safran), le drainage journalier (Safran) et la piézométrie horaire P1 de la nappe des sables dunaires de Barneville-Carteret
Source : Safran, Rivages normands 2100, CAC
piézométrie en m
ETP et dainage en mm
Interprétation du graphique
Source : Safran, Rivages normands 2100, CAC
piézométrie en m
ETP et dainage en mm
La pluie efficace
La pluie efficace est la partie des précipitations qui :
La pluie efficace dépend :
Le sol est un facteur de contrôle du bilan hydrologique, rarement évoqué. Les connaissances actuelles sur le sol sont encore très largement insuffisantes.
Impact de la variation de la réserve en eau d'un sol sur le bilan hydrologique Pluie annuelle 615 mm Température annuelle 10,4°C (climat actuel du plateau de l'Eure)
RFU du sol en mm
50
100
150
Ecoulement annuel en mm
165
115
100
Période d'efficacité des précipitations
nov à mars déc à mars janv à mars
Période de déficit pédologique
juin à sept juil à sept août à sept
Recherche du facteur de contrôle responsable du cycle pluri-journalier
Relation entre la marée (Saint-Malo) et la piézométrie de la nappe des sables dunaires de Barneville-Carteret (point P1)
Vives-eaux
Amplitude de la marée en m
P1
piézométrie en m
Mortes-eaux
Août 2022 Oct 2022 Déc 2022 Fév 2023
Source : Shom, Rivages normands 2100, CAC
Relation entre la marée et la piézométrie de la nappe des sables dunaires de Barneville-Carteret (point P1)
cycle 12 h environ
Amplitude de la marée en m
P1
piézométrie en m
cycle mortes-eaux / vives eaux : 14 j environ
01/09/2022 15/09/2022 29/09/2022
Interprétation du graphique
Amplitude de la marée en m
P1
piézométrie en m
01/09/2022 15/09/2022 29/09/2022
Relation entre la marée et la piézométrie de la nappe des sables dunaires de Barneville-Carteret (point P1)
signal marée
Amplitude de la marée en m
recharge aquifère
P1
piézométrie en m
Août 2022 Oct 2022 Déc 2022 Fév 2023
Relation entre la marée et la piézométrie de la nappe des sables dunaires de Barneville-Carteret (point P4)
P1
une série de schistes, grès et calcaires plissés datés du Cambrien au Dévonien
Amplitude de la marée en m
arrière pays (bocage armoricain)
colluvions de pente en pied de paléofalaise
P1
zones humides rétro-littorales
P4
rochers affleurant à marée basse
massif dunaire
P4
piézométrie en m
distance mer de P4 : 250 m P1 : 185 m
Août 2022 Oct 2022 Déc 2022
Août 2022 Oct 2022 Déc 2022 Fév 2023
Interprétation du graphique
P1
Amplitude de la marée en m
P4
piézométrie en m
Août 2022 Oct 2022 Déc 2022
distance mer de P4 : 250 m P1 : 185 m
Août 2022 Oct 2022 Déc 2022 Fév 2023
L'analyse des chroniques piézométriques de la nappe des sables dunaires de Carteret : que retenir ?
Le niveau piézométrique varie selon des cycles de recharge / décharge induit par le climat et sa saisonnalité
L'influence du niveau marin et de son élévation sur la piézométrie littorale : en route vers les modèles
1-1b
Visualisation des variations piézométriques de la nappe phréatique dans le cordon dunaire, le marais maritime, la paléofalaise et l'arrière pays
video Rivages normands 2100 (modèle 2 D développé par Alexandre Gauvain, OSUR)
La piézométrie d'un territoire est en général produite par modélisation
L'influence de la marée sur la piézométrie de la nappe ne s'étend pas au delà du cordon dunaire sauf si ce dernier est de faible largeur
Le cordon dunaire tamponne l'influence de la marée sur la piézométrie de la nappe. Le cycle "semi-mensuel" (alternance vives-eaux / mortes eaux) influence plus loin à l'intérieur des terres la piézométrie de la nappe que le cycle journalier. Plus le cordon dunaire est réduit, plus la marée a des chances d'influencer la piézométrie de la nappe d'eau souterraine du marais arrière littoral
Le niveau des nappes du littoral s'élève au fur et à mesure de la montée du niveau marin. Le taux d'élévation, proche de celui du niveau marin en bordure de mer, s'amortit progressivement à l'intérieur des terres.
paléo-falaise
massif dunaire
marais arrière-littoral
hausse du niveau de la nappe
hausse du niveau de la mer
L'élévation du niveau de la nappe est presque équivalente à celle du niveau marin bien que s'amortissant à l'intérieur des terres. L'influence de l'élévation de la mer s'étend loin à l'intérieur des terres
R : recharge de la nappe K perméabilité de l'aquifère
L'influence de l'élévation de la mer sur le niveau piézométrique de la nappe se limite à l'espace compris entre le trait de côte et la première zone d'écoulement superficiel de la nappe. La position de cette dernière va se déplacer vers l'amont au fur et à mesure de l'élévation du niveau marin
écoulement
hausse du niveau de la nappe
hausse du niveau de la mer
Quand l'écoulement passe sous l'influence du niveau marin, en termes de cote et de pente, la zone d'émergence de la nappe se déplace vers l'amont. Il s'agit donc un gain temporaire
Les axes de drainage naturels peuvent se situer loin de la mer. C'est le cas dans la partie SW de la baie du Mont-St-Michel
granite de Carolles
6.5 m
cordon dunaire
alluvions fluviatiles
Cancale
granite d'Avranches
Sée
cote centennale actuelle de la mer : environ 8.5 m
Sélune
6 m
alluvions fluviatiles
cordon dunaire
7.5 m
6.5 m
tangues
marais blancs
4 m
Couesnon
marais noirs
granite de Saint-Broladre
Guyoult
tourbes
+1.5 m
7.5 m
alluvions fluviatiles
granite de Fougères
alluvions fluviatiles
Un comblement progressif par des sédiments marins ayant offert des opportunités de poldérisation
cordon dunaire
Les apports terrigènes par les trois fleuves de la baie sont très faibles par rapport aux apports marins
Source European Spatial Agency
Les dépôts sédimentaires marins en fond de baie
sables coquilliers apportés par les tempêtes
dépôts de vases carbonatées
tangues
vase carbonatée à l'origine de la tangue
le Guyoult
source : google earth
décantation de boues carbonatées à chaque étale de marée qui vont former les tangues à l'origine de la richesse agricole des sols de la baie
source : chemins de la baie
Ces dépôts viennent recouvrir le socle armoricain, altéré
cornéennes
cornéennes (détail)
granite altéré en boule
granite
formations superficielles
bordures
tourbe avec bois fossile
substratum géologique
La géologie de la baie en quelques mots
granite de Carole / Vire
pointe du Grouin
prisme sédimentaire marin
cordon dunaire
gneiss et migmatites de Saint-Malo
granite d'Avranches
Sée
moins d'apports et sédiments plus fins
plus d'apports marins et sédiments plus grossiers
Sélune
cordon dunaire
Couesnon
marais blancs
schistes et grès briovériens
granite de Saint-Broladre
marais noirs
Guyoult
schistes et grès briovériens
Contexte topographique de la baie du Mont-St-Michel
granite de Carolles
6.5 m
cotes altimétriques des terrains
cordon dunaire
Cancale
granite d'Avranches
Sée
cote centennale actuelle du niveau marin : +9.12 m
Sélune
6 m
cordon dunaire
7.5 m
6.5 m
tangues
marais blancs
4 m
Couesnon
marais noirs
granite de Saint-Broladre
+2 m
7.5 m
tourbes
granite de Fougères
alluvions fluviatiles
La présence des marais noirs s'explique par la configuration piézométrique locale
digue
paléofalaise
marais blancs et leur système de drainage
marais noirs
estran
crête piézométrique
la nappe s'écoule globalement en direction de la mer Elle s'écoule aussi en direction des marais noirs avant d'en être évacuée par le réseau de drainage
L'élévation du niveau de la nappe détermine une modification des trajectoires d'écoulement et une diminution du temps de résidence des eaux souterraines dans l'aquifère.
Temps de séjour de l'eau souterraine en année
Des risques liés à la remontée dans le sous-sol du toit de la nappe phréatique, avec ou sans débordement
Des inondations longues et coûteuses
Différents types de dommages occasionnés par les remontées et débordements de la nappe phréatique
Des risques liés à la remontée dans le sous-sol du toit de la nappe phréatique, avec ou sans débordement
Saint-Germain-sur-Ay
Un risque de pertes culturales
Lillemer
source : orthophotoplan IGN
source : orthophotoplan IGN
source : DREAL Normandie
Dans les aquifères littoraux, les eaux salées se trouvent en général à grande profondeur et ne représentent ainsi aucune menace pour les activités de surface. Cependant, à la faveur de pompages mais aussi du drainage des zones humides, le biseau salé peut remonter et contraindre certaines activités. L'élévation du niveau marin et la diminution des flux d'eau douce provenant du continent en été, induits par le changement climatique, vont en favoriser la pénétration à l'intérieur des terres.
© DREAL Normandie
80 m
10 km
Le biseau salé est l'interface souterraine, dans les aquifères littoraux, entre les eaux continentales et marines.
falaise morte
cordon dunaire
Marais blanc
perte de surface et augmentation de l'hydromorphie
niveau marin futur actuel
Marais noir
niveau piézométrique actuel
niveau piézométrique futur
augmentation :
Schéma conceptuel de l'évolution à venir du niveau de la nappe phréatique dans les Marais noir et blanc en baie du Mont-Saint-Michel
La piézométrie, c'est aussi de la cartographie
1-1c
Mesurer les variations spatiales de l'altimétrie du toit de la nappe permet de construire des cartes piézométriques
Données à acquérir sur le terrain (puits, forages -BSS-, zones humides) et par photo-interprétation (zones humides)
hippodrome en zone humide
2012
1947
friche boisée
mégaphorbiaie
prairie humide
Travailler sur des orthophotographies de millésime varié
haie bordant le cours d'eau, avec un alignement de peupliers
remblai
peupleraie
prairie humide
tranchée drainante (saignée)
Il est également possible sur certains millésimes de diagnostiquer la présence de sols hydromorphes labourés
sols humides
mare
cours d'eau rectifié
2001
source : IGN, BD ortho
Les données à traiter sont nombreuses et nécessitent des traitements numériques
Les courbes d'isovaleur altimétrique du toit de la nappe sont dénommées courbes piézométriques
* Pour les zones humides, la profondeur de la nappe est considérée comme nulle la cote piézométrique est alors égale à la cote altimétrique du sol
Les courbes piézométriques sont des représentations de la cote altimétrique à laquelle se situe le toit de la nappe d'eau libre (nappe phréatique). Ce sont des courbes d'équipotentiel de la charge hydraulique de la nappe
Les cartes piézométriques permettent :
Les cartes piézométriques permettent aussi de :
Attention : ces cartes sont souvent empruntes d'erreur ou imprécises, qu'elles soient faites à la main ou par traitement numérique
Les cartes piézométriques permettent aussi d'analyser la relation entre la nappe et un cours d'eau
isopièze
5 m
10 m
Carte piézométrique au Nord de Ver-sur-Mer (Calvados)
De la profondeur de la nappe en été et en hiver et de ses battements vont dépendre les usages agricoles des sols et l'implantation historique des humains dans un territoire
La piézométrie permet de comprendre aussi les relations entre un marais maritime et la mer
Dans le cas présent
3 m
2 m
4 m
3 m
3 m
4 m
3 m
5 m
Piézométrie et hétérogénéité dans des aquifères calcaires
1-1d
Contexte de l'exemple
La côte du Calvados au NW de Caen
Contexte géologique :
Caen
source : infoterre, carte géologique au 1/1 000 000
Deux aquifères calcaires séparés par des marnes imperméables
calcaire bathonien
calcaires bathonien
marnes bathoniennes
marnes bathoniennesimperméables
calcaires bajociens fissurés et karstifiés
calcaires bajociens
le karst du Bajocien
Les eaux superficielles s'engouffrent localement dans des pertes localisées sur les plateaux ou dans les vallées
pertes dans le lit de l'Aure
France
source DREAL Normandie
zone de pertes dans le lit mineur de l'Aure, une rivière du Bessin
perte dans le lit majeur
lit mineur à sec
sens de l'écoulement
Le suivi piézométrique de la nappe du Bajocien : localisation du site étudié
Caen
mer de la Manche
vallée et marais du Véret
marais de l'Aure
sources BRGM et IGN
Contexte géologique du piézomètre d'Asnières-en-Bessin
prof. moyenne de l'eau dans le puits : 4.75 m prof. max : 8.61 m prof min : -0.98
puits montrant de l'artésianisme (niveau d'eau supérieur au sol) donc nappe captive ou semi-captive
hypothèse : nappe des calcaires à spongiaires karstifiés du Bajocien sous faible recouvrement de marnes du bathoniens compartiment de Bajocien remonté le long d'une faille
source BRGM
La chronique piézométrique d'Asnières-en-Bessin. Les variations sont centrées sur la médiane et exprimées en mètre
variation piézométrique en m
Interprétation du graphiquePremiers constats
variation piézométrique en m
De 1998 à 2023
variation piézométrique en m
Interprétation du graphique (suite)
variation piézométrique en m
Un suivi piézométrique plus à l'Est, dans l'aquifère des calcaires du Bathonien
prof. moyenne de l'eau dans le puits : 27.44 m prof. max : 29.12 m prof min : 18.92 m
Caen
nappe libre, pas de formations superficielles décrites sur la carte géologique.
hypothèse : nappe contenue dans le calcaire de Ranville J3Ra et dans celui sous-jacent du Calcaire de Bon-Mesnil J3M La formation j3Ro se situe à trop grande profondeur, compte tenu du pendage de 0.6 % Le calcaire de Bon-Mesnil est oolithique et mal consolidé. Il présente parfois un faciès franchement sableux
partie gélifractée (altérée par le gel)
Le calcaire de Ranville (j3Ra)
travaux de terrassement réalisés dans le calcaire de Ranville
partie indurée
Le Calcaire de Ranville est un calcaire bioclastique grossier à nombreux débris d’échinodermes (encrines, oursins), bryozoaires, mollusques et brachiopodes et à grains ferrugineux responsables de sa couleur ocre caractéristique. Il est localement fracturé et fissuré. Lorsqu'il n'est pas ou faiblement recouvert par des formations superficielles, sa partie sommitale s'avérer affectée par du gélifract et transformée en plaquettes plus ou moins sableuses
radioles d'oursin
source : lithothèque de Normandie
Le calcaire de Bon-Mesnil (j3M)
ciment calcitique
oolithe
nucleus
dépôts concentriques autour du nucleus
calcaire de Bon-Mesnil vu au microscope avec ses oolithes et oncolithes et son ciment calcaire. Il s'agit d'un calcaire formé dans des conditions de mer chaude (>25°C) et agitée, en position péri-récifale
Il s'agit d'un calcaire oolithique, parfois mal consolidé et donc sableux
source : lithothèque de Normandie
Comparaison entre les variations piézométriques de la nappe du Bajocien et celle du Bathonien à Cintheaux
variation piézométrique en m
chaque chronique est centrée par rapport à sa médiane
Interprétation
variation piézométrique en m
variation piézométrique en m
Conclusion de cette partie : les facteurs de contrôle de la piézométrie
Les fluctuations piézométriques sont influencées par
la pluie efficace et donc par le climat et la végétation
les caractéristiques du sol. La réserve hydrique du sol varie selon les saisons, l'épaisseur du sol et sa composition. Le sol doit être humecté pour permettre à la pluie de percoler en direction de l'aquifère
l'épaisseur et les caractéristiques de la zone non saturée parmi lesquelles la porosité matricielle et la fracturation
la composition et l'épaisseur de l'aquifère qui va jouer sur l'emmagasinement, la transmissivité et la diffusivité de l'eau souterraine
piézomètre
La distance à la mer, à la zone de drainage (rivière)..., la marée, le niveau marin, la pente du territoire...sont aussi des facteurs d'influence de la piézométrie.
Etude de chroniques de température d'eau souterraine
La température est un paramètre facile à mesurer et dont les chroniques offrent des informations sur les facteurs de contrôle qui interviennent dans la nappe
une série de schistes, grès et calcaires plissés datés du Cambrien au Dévonien
arrière pays (bocage armoricain)
Manche
colluvions de pente en pied de paléofalaise
P1
zones humides rétro-littorales
rochers affleurant à marée basse
massif dunaire
P4
P1
Source : BRGM, Rivages normands 2100, CAC
Relation entre la température de l'air, de la mer et de la nappe phréatique Point P1 de Barneville-Carteret (massif dunaire)
Température de l'air et de la mer en °C
Temérature nappe °C
Interprétation du graphique
Température de l'air et de la mer en °C
Temérature nappe °C
Relation entre la température de l'air et celle de la nappe phréatique en P1 (massif dunaire Barneville-Carteret)
Température de l'air en °C
Temérature nappe °C
Interprétation du graphique
Température de l'air en °C
Temérature nappe °C
Relation entre la piézométrie et la température de la nappe en P1 (massif dunaire Barneville-Carteret)
Température mer
P1
Piézométrie en m
Temérature en °C
Piézométrie
Température nappe
01/08/2022 29/08/2022 26/09/2022
Interprétation
Température mer
P1
Piézométrie en m
Temérature en °C
Piézométrie
Température nappe
01/08/2022 29/08/2022 26/09/2022
recharge
Relation entre la piézométrie et la température de la nappe en P1 (massif dunaire Barneville-Carteret)
P1
Température nappe
Piézométrie en m
Piézométrie
Temérature en °C
Température mer
Interprétation
P1
Température nappe
Piézométrie en m
Piézométrie
Temérature en °C
Température mer
Un réseau de suivi au Nord de Caen, propriété de Caen-la-Mer, implanté dans le cadre du programme de recherches "Rivages normands 2100"
Pz7 (digue)
cordon dunaire
Pz6 (mairie)
Lion-sur-Mer
Pz 6 camping
Colleville-Montgoméry
Pz3 (stade)
marais maritime
Ouistreham
Pz 5 cimetière
Pz2 (zone d'activités)
loess
lit majeur de l'Orne
Blainville
marnes
calcaires
Pz1 Beauregard
Variation de la température des nappes d'eau souterraine suivies dans le cadre du programme de recherche Rivages normands 2100 (site pilote de Caen)
coupe forage
Variation du niveau de la nappe et de sa température dans le forage P6 de Lion-sur-Mer
sol
0 m 1 4 6
sol sablo-argileux
sables argileux coquilliers
argiles
calcaires bathoniens
10
Variation de la température de la nappe dans les forages P6 et P7
P7
Interprétation du graphique
P7
coupe forage
Variation du niveau de la nappe et de sa température dans le forage Pz4 de Colleville-Montgoméry
sol
0 m 1 4 6
sables fins noirs
sables fins ocre
sables gris argileux très fins
sables gris verdâtres
8.5
calcaires bathoniens
Plusieurs points suivis présentent une élévation de la température en début de recharge avec une influence thermique nycthémérale au printemps s'estompant quand la piézométrie baisse
Colleville
Ouistreham
Bassin parisien
Portbail
Caen
Massif armoricain
A forçage climatique équivalent, les variations thermiques des cours d'eau sont différentes entre le printemps et l'autome
Plusieurs explications possibles:
Le rôle de la température de la nappe des alluvions de l'Orne dans la pondération de l'effet de l'îlot de chaleur urbain dans Caen. Canicule de juillet 2022
Sous-titre
source : Olivier Cantat
Pas de réseau thermique intra-urbain à Saint-Lô, donc pas d'info sur le rôle joué par la Vire ou la Dollée
la prairie de Caen
Piézométrie, température et conductivité des eaux souterraines du massif dunaire de Saint-Germain-sur-Ay et du socle armoricain encaissant
Le havre de Saint-Germain-sur-Ay (Manche, France) : un autre site du programme de recherches Rivages normands 2100, piloté par l'OSUR (Université de Rennes)
havre de Surville
havre de Saint-Germain-sur-Ay
source : google Earth
Un cordon dunaire entre la mer et la vallée de l'Ouve support d'activités balnéaires et maraîchères
Maraîchage
Haut pays
Station balnéaire
Vallée de l'Ouve
Maraîchage
Dunes
Station balnéaire
Dunes
havre de Saint-Germain-sur-Ay
source : google Earth
Saint-Germain-sur-Ay, ses espaces naturels et ses activités
Le havre
© Thierry HOUYEL
© Thierry HOUYEL
© Street view google
Le contexte géologique du suivi
P3
P2
P1
alluvions récentes
sable éolien
sédiments marins
P6
P5
schistes et grès dévoniens
P4
schistes et grès ordovico-siluriens
P1 situé à 215 m de la mer
Une configuration fréquemment rencontrée le long des côtes basses de nombreux littoraux mondiaux
haut pays socle armoricain
marais de l'Ouve
cordon dunaire
platier rocheux
marais rétro-littoral
massif dunaire
paléo-falaise
0 2000 4000 6000m
distance
Contexte environnemental des piézomètres
P2
P1
P3
P4
P5
P6
Profondeur de la nappe sous le sol à l'issue de la foration (niveau dit statique)
Cote altimétrique en m du sol
P3 2.22 m venue d'eau à -9 m
2 5 6 7 8 9 10 15 20 30 50
P2 1.12 m
P1 1.58 m
P6 1.36 m
P5 1.49 m
P4 2.23 m
P3
P2
Interprétation des chroniques piézométriques du site
P1
P6
P5
P4
Socle armoricain
Piézométrie en m
Massif dunaire
juil 2021 nov 2021 mar 2022 juil 2022
P3
P2
Interprétation des chroniques piézométriques : les messages clefs
P1
P6
P5
P4
Socle armoricain
Piézométrie en m
Massif dunaire
juil 2021 nov 2021 mar 2022 juil 2022
Explication de la différence d'amplitude observée entre la chronique piézométrique P3 (socle armoricain) et celles du massif dunaire
P2
P3
P1
P6
P5
P4
pente autour de 1%
pente autour de 1% (vert bleuté)
Les variations de température de l'eau souterraine
P2
P3
P1
P6
P5
P4
Description des variations thermiques de la nappe phréatique à Saint-Germain-sur-Ay (Manche)
P2
P3
P1
P6
P5
P4
mi septembre
mi septembre
début de la recharge
La chronique P6 présente un signal haute fréquence qui s'estompe progressivement en automne
P2
P3
P1
P6
P5
P4
P2
Les variations de conductivité observées dans les eaux souterraines du massif dunaire et de son encaissant armoricain
P3
P1
P6
P5
P4
P2
P3
Quelques interprétations
P1
P6
P5
P4
baisse brutale de la conductivité en fin de recharge
III
hausse de la conductivité quand l'aquifère se recharge
II
Hypothèses :
IV
diminution progressive de la conductivité en période de tarissement
baisse de la conductivité quand l'aquifère se recharge
augmentation progressive de la conductivité en période de tarissement
Evolution de la piézométrie et de la conductivité de la nappe en P5 (massif dunaire)
Environnement proximal
augmentation de la conductivité en période de recharge
poursuite de l'augmentation de la conductivité malgré la décharge
P5
arrivée d'eau polluées en nitrates provenant de l'amont hydraulique ?
zoom
P5
Carte piézométrique du massif dunaire (basses eaux)
Hypothèses
P2
7 m
6 m
8 m
P1
10 m
11 m
8m
9m
9 m
P5
P4
Le schéma conceptuel du fonctionnement hydrologique des aquifères du littoral
sol
sable ou socle altéré
socle fracturé
Conclusions