20XX
Le saxophone
en musiques contemporaines au XXIème siècle
SOMMAIRE
01
Les saxophones : historique et présentation
02
Répertoire pour saxophone seul ou avec électroacoustique au XXIème siècle
03
Répertoire pour quatuor de saxophones au XXIème siècle
04
Répertoire pour saxophone concertant au XXIème siècle
01
Les saxophones
Historique et présentation
01
Les saxophones : historique et présentation
Une invention d'Adolphe Sax
Adolphe Sax (1814-1894) est le fils d'un facteur instrumental, propriétaire d'une fabrique d'instruments à vent à Bruxelles (Belgique). Il mène des recherches, expérimente et perfectionne sans cesse les instruments de l'entreprise familiale. Au début des années 1840, il donne ainsi naissance à un nouvel instrument : le saxophone. En 1841, il présente son instrument au jury de l'Exposition de l'industrie belge, puis s'installe à Paris pour poursuivre ses travaux. Il met au point toute une famille instrumentale avec des saxophones de différentes tailles.
Si on entend d'abord les saxophones parmi les instruments des fanfares militaires, ils sont aussi adoptés par les compositeurs de l'époque au sein même de l'orchestre : Hector Berlioz, Georges Bizet, Jules Massenet. L'intérêt ne diminue pas et inspire au XXème siècle, notamment Claude Debussy, Maurice Ravel et Sergueï Prokofiev.
Les jazzmen·women en font un instrument soliste, attirés par sa richesse sonore, ses multiples nuances et son expressivité proche de la voix.
Tout au long du XXème siècle et jusqu'à aujourd'hui, au-delà des frontières du jazz, les compositeur·rice·s contemporain·e·s explorent toute la palette timbrale des saxophones.
Auteur non connu, Portrait d'Adolphe Sax antérieur à 1850.
01
Les saxophones : historique et présentation
La famille des saxophones
Si au départ, Adolphe Sax a conçu quatorze tailles différentes, sept sont principalement utilisées aujourd'hui, couvrant une tessiture de huit octaves et une quinte.
Les quatres saxophones habituellement employés pour un quatuor sont : le saxophone soprano, le saxophone alto, le saxophone ténor et le saxophone baryton.
saxophone sopranino (mib)
saxophone soprano (sib)
saxophone alto (mib)
saxophone ténor (sib)
saxophone basse (sib)
saxophone baryton (mib)
saxophone contrebasse (mib)
01
Les saxophones : historique et présentation
Organologie
Le saxophone est généralement en laiton, mais il en existe en cuivre, en argent, en plastique ou plaqué en or. Le saxophone se classe parmi les instruments à vent de la famille des bois, parce que son bec possède une anche en bois (petite lamelle de roseau qui sous l'effet de l’air expiré par le·a musicien·ne, vibre et produit du son). Il se compose de plusieurs parties : un bec avec une anche, une ligature qui sert à maintenir les deux ensemble, un petit bocal, un long corps (parfois tellement long qu'il est enroulé) muni de clés qui permettent de faire différentes notes, et le pavillon d'où le son jaillit. La forme intérieure du tuyau, appelé la perce, est conique.
Le saxophone tend à se rapprocher de la sonorité des cordes (comme Adolphe Sax le stipule dans son brevet). Il permet des sons percussifs, notamment des sons slappés avec une technique qui consiste à faire claquer l'anche contre le bec.
02
Répertoire
pour saxophone seul ou avec électroacoustique au XXIème siècle : quelques exemples
02
Répertoire pour saxophone seul ou avec électroacoustique au XXIème siècle : quelques exemples
Saksti pour saxophone ténor et électronique (2001)
Bio
Georgia Spiropoulos
Dans cette œuvre, la compositrice part de l'idée que le temps peut être considéré comme un flux continu d'événements sonores de nature différente (durée, hauteur, amplitude, timbre, densité). Elle modifie certains de ces événements par le traitement et la synthèse sonore en temps différé ainsi qu'en temps réel. Les sons utilisés pour Saksti sont principalement des sons des divers saxophones, des sons vocaux (souffles, fragments de voix parlée et chuchotée) et des sons combinés (sons joués et sons chantés simultanément).
SPIROPOULOS Georgia, Saksti par Miho Hakamada, 2021.
02
Répertoire pour saxophone seul ou avec électroacoustique au XXIème siècle : quelques exemples
Chant hassidique pour saxophone alto (2009)
Bio
Philippe Hersant
Il existe dans la tradition hébraïque hassidique un type de chant que l'on appelle nigun. Il s'agit de mélodies vocales sans paroles, expressions d'une expérience qui ne peut être traduite par des mots. Ce Chant hassidique se réfère à un nigun de la fin du XVIIIème siècle. Le saxophone alto doit tenter ici d'imiter le plus fidèlement possible les inflexions de la voix humaine.
Cette œuvre a été écrite à la demande du saxophoniste Nicolas Prost et lui est dédiée.
HERSANT Philippe, Chant hassidique par Roberto Armocida, 2019.
02
Répertoire pour saxophone seul ou avec électroacoustique au XXIème siècle : quelques exemples
Cinque nudi pour saxophone ténor et électronique (2012)
Bio
Marco Momi
Cinque nudi signifie en français « cinq nus ». Cette œuvre dévoile la dimension la plus intime de l'instrument tout en l'habillant de transformations électroniques en temps réel, obtenues par un jeu de pédales de guitare. Marco Momi cherche à caractériser le geste sonore, dans des contrastes d'intensité, de dynamique et de matière. Le résultat aboutit à des moments variés : très doux, fragiles, mécaniques, hypnotiques, ou encore emplis de violence.
Momi Marco, Cinque nudi par Silke Strahl, 2017.
02
Répertoire pour saxophone seul ou avec électroacoustique au XXIème siècle : quelques exemples
Akitsu no maï pour saxophone alto (2013)
Bio
Sanae Ishida
Le titre japonais de la pièce signifie « Danse de la libellule » et s'inspire du vol de cet insecte. La compositrice cherche à créer une expressivité flexible et personnelle par une recherche sur l'itinéraire rythmique et la dynamique, en respectant le son conventionnel de l'instrument. L'interaction entre les deux éléments principaux, dont la temporalité est différente, pourrait amener une sorte d'effet élastique. Techniquement, l'interprète réalise des sons multiphoniques, différents vibratos, des tremolos ainsi que des sons avec souffle.
ISHIDA Sanae, Akitsu no maï par Naomi Shirai, 2013.
03
Répertoire
pour quatuor de saxophones au XXIème siècle : quelques exemples
saxophone soprano
saxophone alto
saxophone baryton
saxophone ténor
03
Répertoire pour quatuor de saxophones au XXIème siècle : quelques exemples
Le bal pour quatuor de saxophones (2003)
Bio
Thierry Escaich
Cette pièce pour quatuor de saxophones est tirée de Scènes de bal pour quatuor à cordes et recomposée d'après le lointain souvenir du film éponyme d'Ettore Scola.
Une valse, un tango, un slow, et enfin une danse plus « disco » prennent forme au niveau du matériau compositionnel, puis se diluent dans des espaces d'attente et de transformation des éléments structurels tenant lieu de liaisons entre les différentes danses. L'œuvre se caractérise par une certaine figuration de foisonnement orchestral ainsi que par sa clarté et sa vitalité.
ESCAICH Thierry, Le bal par le quatuor Sombra, 2020.
03
Répertoire pour quatuor de saxophones au XXIème siècle : quelques exemples
Squeeze pour quatuor de saxophones (2007)
Bio
Augusta Read Thomas
Cette composition brève, semblable à une fanfare, porte des réminiscences des musiques du bebop, d'Igor Stravinsky, de Béla Bartók, de Jean-Sébastien Bach et des rythmes de jazz swing. Toutes ces influences se fondent et intègrent une composition personnelle et moderne.
Vers la fin, une mesure facultative permet à l'interprète du saxophone alto d'exécuter une cadence de 12 à 15 secondes qui doit être réalisée dans le style et la syntaxe des matériaux de l'œuvre. En dehors de cette cadence facultative, la notation est extrêmement précise et nuancée.
L'œuvre doit être jouée, debout et face au public, à la façon d'un big band de jazz.
READ THOMAS Augusta, Squeeze par le quatuor Aero, 2020.
03
Répertoire pour quatuor de saxophones au XXIème siècle : quelques exemples
Propaganda pour quatuor de saxophones et dispositif électronique (2008)
Franck Bedrossian
Bio
Propaganda est le fruit d'une réflexion sur le son saturé. L'œuvre recherche une sorte de limite de l’audibilité. Le compositeur choisi un quatuor de saxophones et un dispositif électronique pour l'homogénéité des timbres et leur capacité de fusion. L'électronique sert à prolonger le spectre harmonique des quatre saxophones. La distinction entre ordinateur et instrument devient presque indécelable. Le compositeur met en valeur les silences ainsi que toute une gamme de sons multiphoniques.
BEDROSSIAN Franck, Propaganda par le quatuor Habanera, 2011.
03
Répertoire pour quatuor de saxophones au XXIème siècle : quelques exemples
Ash – Music for the Eremozoic pour quatuor de saxophones (2020)
Liza Lim
Bio
« Eremozoic » est un terme inventé par le biologiste et écrivain E.O. Wilson pour décrire l'ère actuelle du développement de la Terre, caractérisée par une période d'extinction massive induite par l'activité humaine.
Touchée par les feux de brousse en Australie de la saison 2019-2020, Liza Lim compose une musique de lamentation, comme un témoignage en trois parties. La première partie évoque la fumée, avec des motifs entrelacés allant de boucles délicates à des nuages tonitruants. La seconde partie illustre des restes calcinés et la troisième offre une image de résilience : des fleurs sauvages, à la fois résistantes et délicates, recouvertes de couleurs nocturnes. Liza Lim utilise l'air comme matériau compositionnel, ainsi que des sons multiphoniques, des bisbigliando (sorte de trémolo) et surtout des slaps.
LIM Liza, Ash – Music for the Eremozoic par Alberto Chaves, Andrés Gomis, Ángel Soria et Josetxo Silguero, 2023.
04
Répertoire
pour saxophone concertant et orchestre au XXIème siècle : quelques exemples
04
Répertoire pour saxophone concertant et orchestre au XXIème siècle : quelques exemples
Open Secret pour saxophone soprano et orchestre chinois (2009)
Leilei Tian
Bio
Le titre se compose de deux mots aux significations contradictoires : « ouvert » et « secret ». Cela suggère que parfois, bien que les choses soient connues et accessibles à tou·te·s, en réalité, très peu de gens peuvent vraiment comprendre le sens profond et caché, au-delà des apparences.
La pièce met l'accent sur la combinaison organique de diverses couleurs sonores et de techniques de jeu entre le saxophone soliste et les instruments chinois. Tout en respectant leurs différentes caractéristiques d'expression, la compositrice cherche à réunir de manière harmonieuse le langage musical occidental et oriental.
TIAN Leilei, Open Secret par Claude Delangle et le Taipei Chinese Orchestra sous la direction de En Shao, 2009.
04
Répertoire pour saxophone concertant et orchestre au XXIème siècle : quelques exemples
L'unique trait de pinceau pour saxophone et orchestre (2009)
Philippe Leroux
Bio
Dans l'esprit du concept de L'unique trait de pinceau de Shitao, peintre chinois du XVIIème siècle, Philippe Leroux compose un seul geste musical ascendant, de façon non linéaire, dans un temps élastique. Il s'agit d'un geste entrecoupé de longs silences qui représentent des brèches temporelles, laissant voir le blanc de la page sonore.
La pièce explore les relations entre le saxophone soliste, de petits groupes instrumentaux et l'orchestre, comme autant de métaphores des relations qui existent entre un individu, son environnement proche et la foule.
Le saxophone se situe comme un personnage qui anticipe, résume, commente l'activité des autres instruments, ou bien médite sur celle-ci dans de nombreuses cadences, chacune étant précédée d'un court intermède, sorte de respiration rompant le grand geste ascendant.
LEROUX Philippe, L'unique trait de pinceau par Claude Delangle et le Croatian Radiotelevision Symphony Orchestra sous la direction de Pierre-André Valade, 2018.
04
Répertoire pour saxophone concertant et orchestre au XXIème siècle : quelques exemples
The Colour of Water pour saxophone et orchestre de chambre (2017)
Justé Janulyté
Bio
Cette pièce porte une réflexion poétique sur la couleur illusoire de l'eau, une couleur qui n'existe pas réellement. La partie du saxophone soliste est basée sur un pendule oscillant entre des notes graves et aiguës, augmentant progressivement la distance entre elles. Ainsi, l'espace en expansion entre les pôles opposés est rempli par le « liquide » orchestral des couleurs changeantes du timbre et de l'harmonie, jusqu'à ce que ce contenant symbolique devienne inévitablement trop rempli. Les cordes sont placées sur la scène de manière à créer un son se déplaçant dans un cercle hypnotique. Le soliste se retrouve entouré par des vagues montantes et submergé de plus en plus profondément.
JANULYTÉ Justé, The Coulour of Water par Marcus Weiss et le WDR Sinfonieorchester sous la direction de Peter Rundel, 2019.
04
Répertoire pour saxophone concertant et orchestre au XXIème siècle : quelques exemples
Mécanique céleste pour saxophone et orchestre (2023)
Vincent David
Bio
Dans Mécanique céleste, Vincent David imagine que les étoiles émettent une multitude de sons résonnants avec une mécanique précise et répétitive. L'orchestre résonne à partir des notes et des intervalles de la partie soliste. À force de répétition, la mécanique se déphase puis devient une machine qui s'emballe et explose au zénith de l'intensité. Cette fracture laisse place à une musique céleste, résidu des fracas et des collisions de la première partie. De cette poussière sonore émerge une mélodie aux couleurs nébuleuses lointaines. La section finale reprend l'idée de notes répétées de manière obsessionnelle dans un mouvement de plus en plus rapide, symbolisant l'attraction gravitationnelle d'un trou noir.
DAVID Vincent, Mécanique céleste par Vincent David et l'Orquesta Filarmonica de Gran Canaria sous la direction de David González, 2023.
Réalisation
Georgia Spiropoulos
Compositrice grecque née en 1965.
Pianiste formée à Athènes, Georgia Spiropoulos s'initie aussi au jazz. Elle étudie la composition à Paris avec Philippe Leroux et suit le cursus de composition et informatique musicale de l’Ircam. Elle mène notamment des recherches sur les transformations de la voix et la création d'outils pour la performance live.
Influencée par les musiques du XXème siècle, les musiques traditionnelles, ainsi que par le rock d'avant-garde, l'improvisation, les artistes interdisciplinaires, le platinisme, ou encore la poésie et le théâtre, Georgia Spiropoulos compose pour tout type de formation, des œuvres de concert, ainsi que du théâtre musical et des installations sonores et audiovisuelles. Son écriture se concentre sur la forme, la temporalité, la spatialisation, la synthèse sonore ainsi que la notion d'oralité et la coexistence de la tradition et de la modernité.
Plus d'infos
© Irini Zevgoli
Philippe Leroux
Compositeur français né en 1959.
Pianiste de formation, Philippe Leroux entre au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) de Paris en 1978 où il est l'élève d'Ivo Malec, Claude Ballif, Pierre Schaeffer et Guy Reibel. Il étudie également auprès d'Olivier Messiaen, Franco Donatoni, Betsy Jolas, Jean-Claude Eloy, Iannis Xenakis et séjourne à la Villa Médicis de 1993 à 1995.
Philippe Leroux revendique une écriture du son et considère le geste instrumental et les variations d'énergie qui en découlent comme éléments fondamentaux. La continuité et le processus musical, la mobilité de la perception et de l'harmonie sont des constantes de son style. Dans une invention de timbre, d'espace et d'énergie, il compose pour tous les effectifs vocaux et instrumentaux, avec ou sans dispositifs électroniques, sans oublier la musique purement acousmatique.
Plus d'infos
© P. Raimbault
Liza Lim
Compositrice australienne née en 1966.
Après des études de piano et violon, Liza Lim se forme à la composition avec Richard David Hames et Rocaro Formosa à Melbourne (Australie) et avec Ton de Leeuw à Amsterdam (Pays-Bas). Elle est titulaire d'un doctorat à l'Université du Queensland (Australie). Sa musique met l'accent sur les pratiques collaboratives et transculturelles. Elle s'inspire notamment de la culture asiatique et de l'art des aborigènes d'Australie. Les concepts de beauté, de connexion écologique et de transformation rituelle sont des préoccupations récurrentes dans sa réflexion. Son catalogue s'étend de l'instrument seul jusqu'à l'orchestre, en passant par l'opéra et les installations sonores. Il comporte de nombreuses allusions littéraires et musicales. Liza Lim est professeure de composition au Conservatoire de musique de Sydney, où elle dirige le programme Composing Women.
Plus d'infos
© Maria Sturm
Justé Janulyté
Compositrice lituanienne née en 1984. Justé Janulyté se forme à la M.K. Ciurlionis School of Art de Vilnius (Lituanie) et poursuit ses études dans la classe de composition d'Alessandro Solbiati au Conservatoire de Milan (Italie). Elle se définit elle-même comme compositrice de musique monochrome. Sa musique oscille entre les esthétiques minimaliste, spectrale et le sonorisme polonais (qui s'intéresse aux différentes caractéristiques du timbre), faisant appel à des ensembles à forte densité monochromatique (vents seuls, cordes seules, voix seules…). Justé Janulyté s'attache à produire des métaphores acoustiques d'idées visuelles, souvent liées à l'environnement. Son catalogue se compose principalement de musique de chambre et de musique vocale. Toutes ses pièces sont fondées sur le principe de la métamorphose cyclique et du processus réversible.
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© Dmitrij Matvejev
Thierry Escaich
Compositeur et organiste français né en 1965.
Formé au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) de Paris, Thierry Escaich mène une double carrière internationale de compositeur et d'organiste.
Caractérisée par son énergie rythmique et sa richesse polyphonique, son écriture trouve sa source aussi bien dans le plain-chant grégorien que chez Johannes Brahms, Béla Bartók, Maurice Ravel ou Olivier Messiaen, tout en prenant en compte les apports des musiques populaires et les éléments d'inspiration sacrée. Outre pour son propre instrument, Thierry Escaich aborde les genres et les effectifs les plus variés, à la recherche de nouveaux horizons sonores.
Il est nommé compositeur de l'année à quatre reprises aux Victoires de la Musique Classique (2003, 2006, 2011 et 2017) et en 2022, son album Cris est récompensé dans la catégorie enregistrement. Il a par ailleurs été lauréat du Grand Prix Lycéen des Compositeurs en 2022.
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© Guy Vivien
Franck Bedrossian
Compositeur français né en 1971.
Élève de Gérard Grisey et de Marco Stroppa, Franck Bedrossian est diplômé du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) de Paris. Parallèlement, il complète sa formation auprès de Philippe Leroux, Philippe Manoury, Brian Ferneyhough et Tristan Murail (cursus de composition et d'informatique musicale de l'Ircam), ainsi qu'auprès d'Helmut Lachenmann (Centre Acanthes). Sa recherche est centrée sur le son et aboutit à des compositions mêlant saturation, distorsion du temps, ambiguïté des timbres et diffraction du son. Les influences qu'il synthétise dans son œuvre relèvent de la musique spectrale, de la musique concrète, du jazz ou encore de la musique pop-rock. Franck Bedrossian développe aussi une complicité avec les musicien·ne·s autour du geste instrumental.
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© François Mauger
Leilei Tian
Compositrice chinoise née en 1971.
Pianiste de formation, Leilei Tian étudie la composition et obtient un master au Conservatoire central de Musique de Pékin en Chine (1988-1995). Elle complète son parcours par un diplôme de perfectionnement (2001) au Conservatoire de Musique de Göteborg (Suède). Elle suit également les cours d'été dans les grandes institutions telles Darmstadt, Acanthes, Royaumont, ainsi que le cursus de composition et d'informatique musicale de l'Ircam (2002-2003).
Leilei Tian explore les possibilités des timbres des différents instruments et leur combinaison, et exploite des tempi souvent lents. Elle interroge ses origines, sa culture, s'intéresse au bouddhisme et à la vocalité asiatique avec des textes en chinois ou dans une langue inventée s'en approchant. Elle confronte également l'instrumentarium occidental et oriental.
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© DR
Sanae Ishida
Compositrice japonaise née en 1979.
Sanae Ishida étudie la composition avec Masakazu Nagatomi et Ichiro Nodaïra à l'Université des beaux-arts et de la musique de Tokyo (Japon). Elle complète ensuite sa formation avec Allain Gaussin, Marco Stroppa et Gérard Pesson au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) de Paris.
Sanae Ishida oriente ses recherches sur les sons bruités, sur la percussion poétique des sons instrumentaux et vocaux ainsi que sur l'interaction entre le geste corporel et les sons. Depuis ses premières œuvres, elle cherche à confronter et à équilibrer les relations entre les silences et les sons. Elle crée également une expressivité flexible et personnelle par une recherche sur la rythmique et la dynamique. Sa musique est inspirée par les philosophies asiatiques et par les arts japonais : butō, arts martiaux, théâtre Nō.
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© Olivier Gascoin
Marco Momi
Compositeur italien né en 1978.
Pianiste de formation, Marco Momi étudie la direction d'orchestre puis la composition, particulièrement auprès de Fabio Cifariello Ciardi (Conservatoire de Pérouse en Italie), Ivan Fedele (Conservatoire de Strasbourg) et Yan Maresz (Ircam). Il est également titulaire d'un doctorat de l'Académie Nationale Sainte Cécile de Rome.
Marco Momi explore les sons musicaux et extra-musicaux avec un esprit enfantin, curieux et amusé. Il cherche à créer des univers à partir d'une matière sonore simple, manipulant de petits écosystèmes sonores. Il travaille aussi sur les transitions, abordant la matière sonore comme le témoignage d’un parcours de détachement. Ses œuvres, difficiles à interpréter, s'inscrivent dans le répertoire de chambre.
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© Maurizio Rellini
Philippe Hersant
Compositeur français né en 1948.
Pianiste de formation et licencié en lettres, Philippe Hersant accomplit ses études musicales au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) de Paris où il est notamment l'élève d'Alain Weber et d'André Jolivet. Il a longtemps été enseignant et producteur d'émissions radiophoniques. Après une longue maturation (1970-1978) et un passage à la Villa Médicis, Philippe Hersant renie ses premières œuvres et trouve son style. Il est l'un des premiers à se situer de nouveau dans l'espace tonal et modal, revendiquant à travers une musique personnelle un certain maniérisme et une utilisation subjective de la mémoire. Orchestrations subtiles, climats poétiques et rêveries introspectives se révèlent dans ses œuvres, nourries des sources littéraires et cinématographiques les plus diverses.
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© Alvaro Yanez
Augusta Read Thomas
Compositrice américaine née en 1964.
Trompettiste de formation, Augusta Read Thomas étudie en Amérique à la Northwestern University, à l'Université de Yale ainsi qu'à la Royal Academy of Music de Londres (Royaume-Uni). Elle reçoit l'enseignement d'Olivier Knussen, Jacob Druckman et Paul Patterson. Augusta Read Thomas est ancrée dans la tradition musicale occidentale. Sa musique reflète une clarté d'écriture, une audace créative et une effervescence mélodique et rythmique. Professeure de composition à l'Université de Chicago, elle y fonde un centre pour la composition contemporaine : un environnement dynamique, collaboratif et interdisciplinaire pour la création, l'exécution et l'étude de la musique nouvelle et pour la promotion de la carrière des compositeur·rice·s, interprètes et universitaires émergent·e·s et établi·e·s.
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© Anthony Barlich
Vincent David
Compositeur et saxophoniste français né en 1974.
Saxophoniste de formation, Vincent David étudie au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) de Paris, où il obtient un premier prix de saxophone en 1996. Il se produit avec des orchestres et ensembles prestigieux, participant à des créations contemporaines, et s'investit aussi dans les musiques improvisées et le jazz.
Bercé de musique française du début du XXème siècle, puis de Béla Bartók, György Ligeti, Olivier Messiaen et Pierre Boulez ainsi que par le jazz, Vincent David cultive la curiosité et l'ouverture. Mettant en avant la virtuosité, la vocalité ainsi que des accents poétiques, ses compositions développent l'énergie et la vitalité du rythme. Vincent David élargit les possibilités musicales et techniques du saxophone au travers de pièces solos, de concertos et de pièces de musique de chambre. Vincent David est lauréat du Grand Prix Lycéen des Compositeurs 2021.
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© Selmer
Le saxophone en musiques contemporaines au XXIème siècle
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20XX
Le saxophone
en musiques contemporaines au XXIème siècle
SOMMAIRE
01
Les saxophones : historique et présentation
02
Répertoire pour saxophone seul ou avec électroacoustique au XXIème siècle
03
Répertoire pour quatuor de saxophones au XXIème siècle
04
Répertoire pour saxophone concertant au XXIème siècle
01
Les saxophones
Historique et présentation
01
Les saxophones : historique et présentation
Une invention d'Adolphe Sax
Adolphe Sax (1814-1894) est le fils d'un facteur instrumental, propriétaire d'une fabrique d'instruments à vent à Bruxelles (Belgique). Il mène des recherches, expérimente et perfectionne sans cesse les instruments de l'entreprise familiale. Au début des années 1840, il donne ainsi naissance à un nouvel instrument : le saxophone. En 1841, il présente son instrument au jury de l'Exposition de l'industrie belge, puis s'installe à Paris pour poursuivre ses travaux. Il met au point toute une famille instrumentale avec des saxophones de différentes tailles.
Si on entend d'abord les saxophones parmi les instruments des fanfares militaires, ils sont aussi adoptés par les compositeurs de l'époque au sein même de l'orchestre : Hector Berlioz, Georges Bizet, Jules Massenet. L'intérêt ne diminue pas et inspire au XXème siècle, notamment Claude Debussy, Maurice Ravel et Sergueï Prokofiev. Les jazzmen·women en font un instrument soliste, attirés par sa richesse sonore, ses multiples nuances et son expressivité proche de la voix. Tout au long du XXème siècle et jusqu'à aujourd'hui, au-delà des frontières du jazz, les compositeur·rice·s contemporain·e·s explorent toute la palette timbrale des saxophones.
Auteur non connu, Portrait d'Adolphe Sax antérieur à 1850.
01
Les saxophones : historique et présentation
La famille des saxophones
Si au départ, Adolphe Sax a conçu quatorze tailles différentes, sept sont principalement utilisées aujourd'hui, couvrant une tessiture de huit octaves et une quinte.
Les quatres saxophones habituellement employés pour un quatuor sont : le saxophone soprano, le saxophone alto, le saxophone ténor et le saxophone baryton.
saxophone sopranino (mib)
saxophone soprano (sib)
saxophone alto (mib)
saxophone ténor (sib)
saxophone basse (sib)
saxophone baryton (mib)
saxophone contrebasse (mib)
01
Les saxophones : historique et présentation
Organologie
Le saxophone est généralement en laiton, mais il en existe en cuivre, en argent, en plastique ou plaqué en or. Le saxophone se classe parmi les instruments à vent de la famille des bois, parce que son bec possède une anche en bois (petite lamelle de roseau qui sous l'effet de l’air expiré par le·a musicien·ne, vibre et produit du son). Il se compose de plusieurs parties : un bec avec une anche, une ligature qui sert à maintenir les deux ensemble, un petit bocal, un long corps (parfois tellement long qu'il est enroulé) muni de clés qui permettent de faire différentes notes, et le pavillon d'où le son jaillit. La forme intérieure du tuyau, appelé la perce, est conique. Le saxophone tend à se rapprocher de la sonorité des cordes (comme Adolphe Sax le stipule dans son brevet). Il permet des sons percussifs, notamment des sons slappés avec une technique qui consiste à faire claquer l'anche contre le bec.
02
Répertoire
pour saxophone seul ou avec électroacoustique au XXIème siècle : quelques exemples
02
Répertoire pour saxophone seul ou avec électroacoustique au XXIème siècle : quelques exemples
Saksti pour saxophone ténor et électronique (2001)
Bio
Georgia Spiropoulos
Dans cette œuvre, la compositrice part de l'idée que le temps peut être considéré comme un flux continu d'événements sonores de nature différente (durée, hauteur, amplitude, timbre, densité). Elle modifie certains de ces événements par le traitement et la synthèse sonore en temps différé ainsi qu'en temps réel. Les sons utilisés pour Saksti sont principalement des sons des divers saxophones, des sons vocaux (souffles, fragments de voix parlée et chuchotée) et des sons combinés (sons joués et sons chantés simultanément).
SPIROPOULOS Georgia, Saksti par Miho Hakamada, 2021.
02
Répertoire pour saxophone seul ou avec électroacoustique au XXIème siècle : quelques exemples
Chant hassidique pour saxophone alto (2009)
Bio
Philippe Hersant
Il existe dans la tradition hébraïque hassidique un type de chant que l'on appelle nigun. Il s'agit de mélodies vocales sans paroles, expressions d'une expérience qui ne peut être traduite par des mots. Ce Chant hassidique se réfère à un nigun de la fin du XVIIIème siècle. Le saxophone alto doit tenter ici d'imiter le plus fidèlement possible les inflexions de la voix humaine. Cette œuvre a été écrite à la demande du saxophoniste Nicolas Prost et lui est dédiée.
HERSANT Philippe, Chant hassidique par Roberto Armocida, 2019.
02
Répertoire pour saxophone seul ou avec électroacoustique au XXIème siècle : quelques exemples
Cinque nudi pour saxophone ténor et électronique (2012)
Bio
Marco Momi
Cinque nudi signifie en français « cinq nus ». Cette œuvre dévoile la dimension la plus intime de l'instrument tout en l'habillant de transformations électroniques en temps réel, obtenues par un jeu de pédales de guitare. Marco Momi cherche à caractériser le geste sonore, dans des contrastes d'intensité, de dynamique et de matière. Le résultat aboutit à des moments variés : très doux, fragiles, mécaniques, hypnotiques, ou encore emplis de violence.
Momi Marco, Cinque nudi par Silke Strahl, 2017.
02
Répertoire pour saxophone seul ou avec électroacoustique au XXIème siècle : quelques exemples
Akitsu no maï pour saxophone alto (2013)
Bio
Sanae Ishida
Le titre japonais de la pièce signifie « Danse de la libellule » et s'inspire du vol de cet insecte. La compositrice cherche à créer une expressivité flexible et personnelle par une recherche sur l'itinéraire rythmique et la dynamique, en respectant le son conventionnel de l'instrument. L'interaction entre les deux éléments principaux, dont la temporalité est différente, pourrait amener une sorte d'effet élastique. Techniquement, l'interprète réalise des sons multiphoniques, différents vibratos, des tremolos ainsi que des sons avec souffle.
ISHIDA Sanae, Akitsu no maï par Naomi Shirai, 2013.
03
Répertoire
pour quatuor de saxophones au XXIème siècle : quelques exemples
saxophone soprano
saxophone alto
saxophone baryton
saxophone ténor
03
Répertoire pour quatuor de saxophones au XXIème siècle : quelques exemples
Le bal pour quatuor de saxophones (2003)
Bio
Thierry Escaich
Cette pièce pour quatuor de saxophones est tirée de Scènes de bal pour quatuor à cordes et recomposée d'après le lointain souvenir du film éponyme d'Ettore Scola. Une valse, un tango, un slow, et enfin une danse plus « disco » prennent forme au niveau du matériau compositionnel, puis se diluent dans des espaces d'attente et de transformation des éléments structurels tenant lieu de liaisons entre les différentes danses. L'œuvre se caractérise par une certaine figuration de foisonnement orchestral ainsi que par sa clarté et sa vitalité.
ESCAICH Thierry, Le bal par le quatuor Sombra, 2020.
03
Répertoire pour quatuor de saxophones au XXIème siècle : quelques exemples
Squeeze pour quatuor de saxophones (2007)
Bio
Augusta Read Thomas
Cette composition brève, semblable à une fanfare, porte des réminiscences des musiques du bebop, d'Igor Stravinsky, de Béla Bartók, de Jean-Sébastien Bach et des rythmes de jazz swing. Toutes ces influences se fondent et intègrent une composition personnelle et moderne. Vers la fin, une mesure facultative permet à l'interprète du saxophone alto d'exécuter une cadence de 12 à 15 secondes qui doit être réalisée dans le style et la syntaxe des matériaux de l'œuvre. En dehors de cette cadence facultative, la notation est extrêmement précise et nuancée. L'œuvre doit être jouée, debout et face au public, à la façon d'un big band de jazz.
READ THOMAS Augusta, Squeeze par le quatuor Aero, 2020.
03
Répertoire pour quatuor de saxophones au XXIème siècle : quelques exemples
Propaganda pour quatuor de saxophones et dispositif électronique (2008)
Franck Bedrossian
Bio
Propaganda est le fruit d'une réflexion sur le son saturé. L'œuvre recherche une sorte de limite de l’audibilité. Le compositeur choisi un quatuor de saxophones et un dispositif électronique pour l'homogénéité des timbres et leur capacité de fusion. L'électronique sert à prolonger le spectre harmonique des quatre saxophones. La distinction entre ordinateur et instrument devient presque indécelable. Le compositeur met en valeur les silences ainsi que toute une gamme de sons multiphoniques.
BEDROSSIAN Franck, Propaganda par le quatuor Habanera, 2011.
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Répertoire pour quatuor de saxophones au XXIème siècle : quelques exemples
Ash – Music for the Eremozoic pour quatuor de saxophones (2020)
Liza Lim
Bio
« Eremozoic » est un terme inventé par le biologiste et écrivain E.O. Wilson pour décrire l'ère actuelle du développement de la Terre, caractérisée par une période d'extinction massive induite par l'activité humaine. Touchée par les feux de brousse en Australie de la saison 2019-2020, Liza Lim compose une musique de lamentation, comme un témoignage en trois parties. La première partie évoque la fumée, avec des motifs entrelacés allant de boucles délicates à des nuages tonitruants. La seconde partie illustre des restes calcinés et la troisième offre une image de résilience : des fleurs sauvages, à la fois résistantes et délicates, recouvertes de couleurs nocturnes. Liza Lim utilise l'air comme matériau compositionnel, ainsi que des sons multiphoniques, des bisbigliando (sorte de trémolo) et surtout des slaps.
LIM Liza, Ash – Music for the Eremozoic par Alberto Chaves, Andrés Gomis, Ángel Soria et Josetxo Silguero, 2023.
04
Répertoire
pour saxophone concertant et orchestre au XXIème siècle : quelques exemples
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Répertoire pour saxophone concertant et orchestre au XXIème siècle : quelques exemples
Open Secret pour saxophone soprano et orchestre chinois (2009)
Leilei Tian
Bio
Le titre se compose de deux mots aux significations contradictoires : « ouvert » et « secret ». Cela suggère que parfois, bien que les choses soient connues et accessibles à tou·te·s, en réalité, très peu de gens peuvent vraiment comprendre le sens profond et caché, au-delà des apparences. La pièce met l'accent sur la combinaison organique de diverses couleurs sonores et de techniques de jeu entre le saxophone soliste et les instruments chinois. Tout en respectant leurs différentes caractéristiques d'expression, la compositrice cherche à réunir de manière harmonieuse le langage musical occidental et oriental.
TIAN Leilei, Open Secret par Claude Delangle et le Taipei Chinese Orchestra sous la direction de En Shao, 2009.
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Répertoire pour saxophone concertant et orchestre au XXIème siècle : quelques exemples
L'unique trait de pinceau pour saxophone et orchestre (2009)
Philippe Leroux
Bio
Dans l'esprit du concept de L'unique trait de pinceau de Shitao, peintre chinois du XVIIème siècle, Philippe Leroux compose un seul geste musical ascendant, de façon non linéaire, dans un temps élastique. Il s'agit d'un geste entrecoupé de longs silences qui représentent des brèches temporelles, laissant voir le blanc de la page sonore. La pièce explore les relations entre le saxophone soliste, de petits groupes instrumentaux et l'orchestre, comme autant de métaphores des relations qui existent entre un individu, son environnement proche et la foule. Le saxophone se situe comme un personnage qui anticipe, résume, commente l'activité des autres instruments, ou bien médite sur celle-ci dans de nombreuses cadences, chacune étant précédée d'un court intermède, sorte de respiration rompant le grand geste ascendant.
LEROUX Philippe, L'unique trait de pinceau par Claude Delangle et le Croatian Radiotelevision Symphony Orchestra sous la direction de Pierre-André Valade, 2018.
04
Répertoire pour saxophone concertant et orchestre au XXIème siècle : quelques exemples
The Colour of Water pour saxophone et orchestre de chambre (2017)
Justé Janulyté
Bio
Cette pièce porte une réflexion poétique sur la couleur illusoire de l'eau, une couleur qui n'existe pas réellement. La partie du saxophone soliste est basée sur un pendule oscillant entre des notes graves et aiguës, augmentant progressivement la distance entre elles. Ainsi, l'espace en expansion entre les pôles opposés est rempli par le « liquide » orchestral des couleurs changeantes du timbre et de l'harmonie, jusqu'à ce que ce contenant symbolique devienne inévitablement trop rempli. Les cordes sont placées sur la scène de manière à créer un son se déplaçant dans un cercle hypnotique. Le soliste se retrouve entouré par des vagues montantes et submergé de plus en plus profondément.
JANULYTÉ Justé, The Coulour of Water par Marcus Weiss et le WDR Sinfonieorchester sous la direction de Peter Rundel, 2019.
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Répertoire pour saxophone concertant et orchestre au XXIème siècle : quelques exemples
Mécanique céleste pour saxophone et orchestre (2023)
Vincent David
Bio
Dans Mécanique céleste, Vincent David imagine que les étoiles émettent une multitude de sons résonnants avec une mécanique précise et répétitive. L'orchestre résonne à partir des notes et des intervalles de la partie soliste. À force de répétition, la mécanique se déphase puis devient une machine qui s'emballe et explose au zénith de l'intensité. Cette fracture laisse place à une musique céleste, résidu des fracas et des collisions de la première partie. De cette poussière sonore émerge une mélodie aux couleurs nébuleuses lointaines. La section finale reprend l'idée de notes répétées de manière obsessionnelle dans un mouvement de plus en plus rapide, symbolisant l'attraction gravitationnelle d'un trou noir.
DAVID Vincent, Mécanique céleste par Vincent David et l'Orquesta Filarmonica de Gran Canaria sous la direction de David González, 2023.
Réalisation
Georgia Spiropoulos
Compositrice grecque née en 1965. Pianiste formée à Athènes, Georgia Spiropoulos s'initie aussi au jazz. Elle étudie la composition à Paris avec Philippe Leroux et suit le cursus de composition et informatique musicale de l’Ircam. Elle mène notamment des recherches sur les transformations de la voix et la création d'outils pour la performance live. Influencée par les musiques du XXème siècle, les musiques traditionnelles, ainsi que par le rock d'avant-garde, l'improvisation, les artistes interdisciplinaires, le platinisme, ou encore la poésie et le théâtre, Georgia Spiropoulos compose pour tout type de formation, des œuvres de concert, ainsi que du théâtre musical et des installations sonores et audiovisuelles. Son écriture se concentre sur la forme, la temporalité, la spatialisation, la synthèse sonore ainsi que la notion d'oralité et la coexistence de la tradition et de la modernité.
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© Irini Zevgoli
Philippe Leroux
Compositeur français né en 1959. Pianiste de formation, Philippe Leroux entre au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) de Paris en 1978 où il est l'élève d'Ivo Malec, Claude Ballif, Pierre Schaeffer et Guy Reibel. Il étudie également auprès d'Olivier Messiaen, Franco Donatoni, Betsy Jolas, Jean-Claude Eloy, Iannis Xenakis et séjourne à la Villa Médicis de 1993 à 1995. Philippe Leroux revendique une écriture du son et considère le geste instrumental et les variations d'énergie qui en découlent comme éléments fondamentaux. La continuité et le processus musical, la mobilité de la perception et de l'harmonie sont des constantes de son style. Dans une invention de timbre, d'espace et d'énergie, il compose pour tous les effectifs vocaux et instrumentaux, avec ou sans dispositifs électroniques, sans oublier la musique purement acousmatique.
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© P. Raimbault
Liza Lim
Compositrice australienne née en 1966. Après des études de piano et violon, Liza Lim se forme à la composition avec Richard David Hames et Rocaro Formosa à Melbourne (Australie) et avec Ton de Leeuw à Amsterdam (Pays-Bas). Elle est titulaire d'un doctorat à l'Université du Queensland (Australie). Sa musique met l'accent sur les pratiques collaboratives et transculturelles. Elle s'inspire notamment de la culture asiatique et de l'art des aborigènes d'Australie. Les concepts de beauté, de connexion écologique et de transformation rituelle sont des préoccupations récurrentes dans sa réflexion. Son catalogue s'étend de l'instrument seul jusqu'à l'orchestre, en passant par l'opéra et les installations sonores. Il comporte de nombreuses allusions littéraires et musicales. Liza Lim est professeure de composition au Conservatoire de musique de Sydney, où elle dirige le programme Composing Women.
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© Maria Sturm
Justé Janulyté
Compositrice lituanienne née en 1984. Justé Janulyté se forme à la M.K. Ciurlionis School of Art de Vilnius (Lituanie) et poursuit ses études dans la classe de composition d'Alessandro Solbiati au Conservatoire de Milan (Italie). Elle se définit elle-même comme compositrice de musique monochrome. Sa musique oscille entre les esthétiques minimaliste, spectrale et le sonorisme polonais (qui s'intéresse aux différentes caractéristiques du timbre), faisant appel à des ensembles à forte densité monochromatique (vents seuls, cordes seules, voix seules…). Justé Janulyté s'attache à produire des métaphores acoustiques d'idées visuelles, souvent liées à l'environnement. Son catalogue se compose principalement de musique de chambre et de musique vocale. Toutes ses pièces sont fondées sur le principe de la métamorphose cyclique et du processus réversible.
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© Dmitrij Matvejev
Thierry Escaich
Compositeur et organiste français né en 1965. Formé au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) de Paris, Thierry Escaich mène une double carrière internationale de compositeur et d'organiste. Caractérisée par son énergie rythmique et sa richesse polyphonique, son écriture trouve sa source aussi bien dans le plain-chant grégorien que chez Johannes Brahms, Béla Bartók, Maurice Ravel ou Olivier Messiaen, tout en prenant en compte les apports des musiques populaires et les éléments d'inspiration sacrée. Outre pour son propre instrument, Thierry Escaich aborde les genres et les effectifs les plus variés, à la recherche de nouveaux horizons sonores. Il est nommé compositeur de l'année à quatre reprises aux Victoires de la Musique Classique (2003, 2006, 2011 et 2017) et en 2022, son album Cris est récompensé dans la catégorie enregistrement. Il a par ailleurs été lauréat du Grand Prix Lycéen des Compositeurs en 2022.
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© Guy Vivien
Franck Bedrossian
Compositeur français né en 1971. Élève de Gérard Grisey et de Marco Stroppa, Franck Bedrossian est diplômé du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) de Paris. Parallèlement, il complète sa formation auprès de Philippe Leroux, Philippe Manoury, Brian Ferneyhough et Tristan Murail (cursus de composition et d'informatique musicale de l'Ircam), ainsi qu'auprès d'Helmut Lachenmann (Centre Acanthes). Sa recherche est centrée sur le son et aboutit à des compositions mêlant saturation, distorsion du temps, ambiguïté des timbres et diffraction du son. Les influences qu'il synthétise dans son œuvre relèvent de la musique spectrale, de la musique concrète, du jazz ou encore de la musique pop-rock. Franck Bedrossian développe aussi une complicité avec les musicien·ne·s autour du geste instrumental.
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© François Mauger
Leilei Tian
Compositrice chinoise née en 1971. Pianiste de formation, Leilei Tian étudie la composition et obtient un master au Conservatoire central de Musique de Pékin en Chine (1988-1995). Elle complète son parcours par un diplôme de perfectionnement (2001) au Conservatoire de Musique de Göteborg (Suède). Elle suit également les cours d'été dans les grandes institutions telles Darmstadt, Acanthes, Royaumont, ainsi que le cursus de composition et d'informatique musicale de l'Ircam (2002-2003). Leilei Tian explore les possibilités des timbres des différents instruments et leur combinaison, et exploite des tempi souvent lents. Elle interroge ses origines, sa culture, s'intéresse au bouddhisme et à la vocalité asiatique avec des textes en chinois ou dans une langue inventée s'en approchant. Elle confronte également l'instrumentarium occidental et oriental.
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© DR
Sanae Ishida
Compositrice japonaise née en 1979. Sanae Ishida étudie la composition avec Masakazu Nagatomi et Ichiro Nodaïra à l'Université des beaux-arts et de la musique de Tokyo (Japon). Elle complète ensuite sa formation avec Allain Gaussin, Marco Stroppa et Gérard Pesson au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) de Paris. Sanae Ishida oriente ses recherches sur les sons bruités, sur la percussion poétique des sons instrumentaux et vocaux ainsi que sur l'interaction entre le geste corporel et les sons. Depuis ses premières œuvres, elle cherche à confronter et à équilibrer les relations entre les silences et les sons. Elle crée également une expressivité flexible et personnelle par une recherche sur la rythmique et la dynamique. Sa musique est inspirée par les philosophies asiatiques et par les arts japonais : butō, arts martiaux, théâtre Nō.
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© Olivier Gascoin
Marco Momi
Compositeur italien né en 1978. Pianiste de formation, Marco Momi étudie la direction d'orchestre puis la composition, particulièrement auprès de Fabio Cifariello Ciardi (Conservatoire de Pérouse en Italie), Ivan Fedele (Conservatoire de Strasbourg) et Yan Maresz (Ircam). Il est également titulaire d'un doctorat de l'Académie Nationale Sainte Cécile de Rome. Marco Momi explore les sons musicaux et extra-musicaux avec un esprit enfantin, curieux et amusé. Il cherche à créer des univers à partir d'une matière sonore simple, manipulant de petits écosystèmes sonores. Il travaille aussi sur les transitions, abordant la matière sonore comme le témoignage d’un parcours de détachement. Ses œuvres, difficiles à interpréter, s'inscrivent dans le répertoire de chambre.
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© Maurizio Rellini
Philippe Hersant
Compositeur français né en 1948. Pianiste de formation et licencié en lettres, Philippe Hersant accomplit ses études musicales au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) de Paris où il est notamment l'élève d'Alain Weber et d'André Jolivet. Il a longtemps été enseignant et producteur d'émissions radiophoniques. Après une longue maturation (1970-1978) et un passage à la Villa Médicis, Philippe Hersant renie ses premières œuvres et trouve son style. Il est l'un des premiers à se situer de nouveau dans l'espace tonal et modal, revendiquant à travers une musique personnelle un certain maniérisme et une utilisation subjective de la mémoire. Orchestrations subtiles, climats poétiques et rêveries introspectives se révèlent dans ses œuvres, nourries des sources littéraires et cinématographiques les plus diverses.
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© Alvaro Yanez
Augusta Read Thomas
Compositrice américaine née en 1964. Trompettiste de formation, Augusta Read Thomas étudie en Amérique à la Northwestern University, à l'Université de Yale ainsi qu'à la Royal Academy of Music de Londres (Royaume-Uni). Elle reçoit l'enseignement d'Olivier Knussen, Jacob Druckman et Paul Patterson. Augusta Read Thomas est ancrée dans la tradition musicale occidentale. Sa musique reflète une clarté d'écriture, une audace créative et une effervescence mélodique et rythmique. Professeure de composition à l'Université de Chicago, elle y fonde un centre pour la composition contemporaine : un environnement dynamique, collaboratif et interdisciplinaire pour la création, l'exécution et l'étude de la musique nouvelle et pour la promotion de la carrière des compositeur·rice·s, interprètes et universitaires émergent·e·s et établi·e·s.
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© Anthony Barlich
Vincent David
Compositeur et saxophoniste français né en 1974. Saxophoniste de formation, Vincent David étudie au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) de Paris, où il obtient un premier prix de saxophone en 1996. Il se produit avec des orchestres et ensembles prestigieux, participant à des créations contemporaines, et s'investit aussi dans les musiques improvisées et le jazz. Bercé de musique française du début du XXème siècle, puis de Béla Bartók, György Ligeti, Olivier Messiaen et Pierre Boulez ainsi que par le jazz, Vincent David cultive la curiosité et l'ouverture. Mettant en avant la virtuosité, la vocalité ainsi que des accents poétiques, ses compositions développent l'énergie et la vitalité du rythme. Vincent David élargit les possibilités musicales et techniques du saxophone au travers de pièces solos, de concertos et de pièces de musique de chambre. Vincent David est lauréat du Grand Prix Lycéen des Compositeurs 2021.
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© Selmer