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Carnet de bord (Français)

Chiara

Created on September 22, 2024

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Transcript

Carnet de bord

Par Chiara De vincenzi En classe de 1re 07 Années 2024-2025

Sommaire I

1. Olympe de Gouges

5. Mon expérience

10. Christiane Taubira

2. Olympe de Gouges : sa vie

7. Le Postambule

11. Ma lecture en quelques mots

3. Mes impressions sur la personnalité d'Olympe de Gouges et son écriture

12. Christiane Taubira et son combat pour l'égalité

8. "Forme du contrat social de l'homme et de la femme"

13. Des procédés efficaces

9. L'esclavage raconté à ma fille

4. Olympe de Gouges en dehors de la neutralité ?

14. Une autre œuvre ?

Sommaire II

24. Acte V : le mensonge a des fins, la vérité une seule

15. Le Menteur

20. Acte III : chaque mauvaise action a une bonne raison

16. Acte I : une menterie pour une Dame

25. Acte V : quels types d'action ?

21. Acte II : quels types d'action ?

26. Le Menteur en quelques citations

22. Acte IV : quand l'amour triomphe

17. Acte I : quels types d'action ?

27. "Mensonge et comédie"

18. Acte II : un mariage en entraîne un autre

23. Acte IV : quels types d'action ?

19. Acte II : quels types d'action ?

Sommaire III

37. Manon Lescaut enquelques citations

28. Manon Lescaut de l'Abbé Prévost

32. Résister à l'amour ?

33. Une fausse sincérité ?

29. Manon Lescaut et son lexique 1

38. Les personnages secondaires...

34. "Vivre d'amour et d'eau fraîche"

30. Manon Lescaut et son lexique 2

39. La justice est-elle vraiment juste ?

35. Le chevalier Des Grieux comme ami ?

40. "Personnages en marges, plaisirs du romanesque"

31. Manon Lescaut en quelques citations

36. Manon Lescaut et son lexique

Sommaire IV

41. L'amour avec Des Grieux et Manon 1

46. Des exils de souffrance 1

51. Mes Forêts

47. Des exils de souffrance 2

52. Ma lecture en quelques mots

42. L'amour avec Des Grieux et Manon 2

48. Des procédés romanesques 1

53. Une promenade en musique dans les poèmes 1

49. Des procédés romanesques 2

43. Salina : les trois exils

54. Une promenade en musique dans les poèmes 2

44. Laurent Gaudé

50. Réinventer Salina : les trois exils

45. Ma lecture en quelques mots

55. Un poème en marche 1

Sommaire V

56. Un poème en marche 2

61. Mes Forêts en quelques citations 2

57. Un poème en marche 3

62. Mes Forêts en quelques citations 3

58. Un poème en marche 4

59. L'art du trajet intérieur

60. Mes Forêts en quelques citations 1

Olympe de Gouges

Marie Gouze, est née le 7 mai 1748 à Montauban, dans le milieu de la petite bourgeoisie. D'après quelques rumeurs, elle serait la fille illégitime de Jean-Jacques Lefranc de Pompignan.En 1765, à l'âge de 16-17 ans, elle se marie contre son gré à Louis-Yves Aubry (fils d'un bourgeois, traiteur à Montauban), qui meurt un an plus tard en 1766. Elle trouve quelques années après, grâce au veuvage, une liberté inattendue et choisie alors le pseudonyme d'Olympe de Gouges, pensé à partir du prénom de sa mère et de son patronyme. Mère d'un fils, Pierre Aubry de Gouges, Olympe de Gouges monte à Paris en 1773, pour suivre son amant Jacques Biétrix de Rozières et mener, comme elle le rêvait, une carrière littéraire de femme libre, ce qui lui vaut d'ailleurs la réputation de courtisanne. Elle publie, à partir de 1780, des romans et des pièces de théâtre.

Olympe de Gouges : sa vie

1765

1784

1791

1788

1770

1748

1793

Mes impressions sur la personnalité d'Olympe de Gougeset son écriture

La lecture des deux textes qui précèdent la Déclaration, m'ont laissés penser qu'Olympe est une femme engagée, audacieuse, qui est directe, franche et authentique. Dans sa "lettre" à la Reine, elle ne cache pas ses motivations, au contraire elle lui expose clairement les motifs de son texte, ce qu'elle attend d'elle et même ce qu'elle pense ; Olympe confie qu'elle soutenait Marie-Antoinette même dans les plus grandes périodes de doutes. Dans ce texte, Olympe ne s'accoutume pas des codes de politesse de l'époque, on peu même dire qu'elle les brise. Par exemple, elle débute sa lettre par "Madame" (p. 11, l. 1) alors qu'il aurait fallu dire "Sa Majesté la Reine". De plus, dans cette lettre, elle appelle Marie-Antoinette à prendre la défense des femmes à ses côtés. Enfin, lorsque j'ai lu "Les droits de la femme", j'ai pensé qu'Olympe ignorait les répercutions que pouvait avoir ses paroles, peu importe les sanctions qu'elle subirait, elle continuerait d'écrire ce qu'elle pense : "elle écrit comme elle pense et pense comme elle écrit". En particulier lorsqu'Olympe de Gouges traite les hommes de "despotes" (p. 13, l. 81) en les provoquant directement. Son objectif est de placer l'homme et la femme au même rang.

Olympe de Gouges en dehors de la neutralité ?

Article XIII

Article XI

Article IV

"Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, les contributions de la femme et de l'homme sont égales : elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles ; elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l'industrie."

"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de la femme, puisque cette liberté assure la légitimité des pères envers les enfants. Toute citoyenne peut donc dire librement, je suis mère d'un enfant qui vous appartient, sans qu'un préjugé barbare la force à dissimuler la vérité ; sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi."

"La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui ; ainsi l'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose ; ces bornes doivent être reformées par les lois de la nature et de la raison."

Le Postambule

Dans le Postambule, Olympe de Gouges s'adresse aux femmes, les appelle à voir la réalité, à prendre conscience de leur condition et à se battre pour leurs droits et leur liberté. Elle débute d'ailleurs sont texte par l'apostrophe : "Femme, réveille-toi ; le toscin de la Raison se fait entendre dans tout l'Univers" afin de les mobiliser.

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"Forme du contrat social de l'homme et de la femme"

À cette époque, les femmes sont contraintes d'user de leurs charmes ; comme a pu le dépeindre Olympe de Gouges dans le Postambule. Elle dénonce la manipulation de l'Ancien Régime, qu'elle juge plus condamnable que les prostituées.Olympe de Gouges a elle même mauvaise réputation et souhaite donc combattre les préjugés envers ces femmes et l'exclusion qu'elles subissent leur accordant des aides.

À cette époque, le mariage retirait leurs droits aux femmes, c'est d'ailleurs pour cela qu'Olympe de Gouges a fait le choix de rester veuve après son premier mariage. Elles étaient entièrement dépendantes de leur mari que ce soit financièrement ou socialement.Aussi, le mariage était considéré comme une institution religieuse, alors Olympe de Gouges souhaite changer cela en un contrat conjugale dans lequel la femme aurait sa place à part entière.

La loi d'amélioration et de rénovation du contrat de mariage (le partage des biens entre époux en cas de séparation, la protection des femmes et des enfants dans les cas hors mariage).
La loi de protection et d'aide pour les "femmes trompées", les veuves, les femmes seules, les prostituées.

Mon expérience

Je décrirai ma lecture de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne comme une lecture très intéressante et enrichissante. Elle m'a permise d'apprendre à connaître le fonctionnement de la société à l'époque, ses lois, ses valeurs, la place des femmes dans les siècles passés et notamment dans quel contexte Olympe de Gouges a rédigé ce texte. En l'étudiant aujourd'hui, j'ai d'abord pensé qu'à l'époque il avait constitué à lui tout seul une révolution pour les femmes, or j'ai ensuite appris qu'il n'avait pas eu de grand retentissement en 1791 et qu'Olympe de Gouges était rapidement tombée dans l'oubli. Ce n'est qu'au XXe siècle, avec les mouvements féministes, qu'ils ont eu de la visibilité.

J'ai beaucoup aimé ce livre et la façon dont Olympe de Gouges défend les femmes et leurs droits politiques, sociaux et civils. Peu importe le prix à payer, elle dit les termes sans ménagement. Dans son écriture, Olympe de Gouges est claire et explicite, tout en employant un vocabulaire juridique adapté et simple, pour que même des générations plus tard, on les comprenne et en saisisse tous les sens. La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne et Olympe de Gouges elle-même constituent pour moi des sources d'inspiration. Elle s'est battue jusqu'à sa mort pour défendre la cause des femmes nous devrions en faire de même. La France actuelle a bien évolué mais ce texte nous apprend que pour avoir des droits, surtout quand on est une femme, il faut se battre comme l'a fait Olympe de Gouges en son temps. J'ai conscience désormais que rien n'est joué, tout peux encore changer si l'on s'en donne les moyens. Un jour peut-être, les femmes seront totalement égales aux hommes ? Selon moi, tout le monde devrait lire ce texte, il fait parti de l'Histoire et son combat n'est pas terminé.

L'esclavage raconté à ma fille

De Christiane TAUBIRA, des Éditions Points, publié en 2016.

Christiane Taubira

Née le 2 février 1952 à Cayenne en Guyane, Christiane Taubira est une femme politique et écrivaine française. Elle est élevée par sa mère, au sein d'une famille nombreuse d'origine modeste. Elle est diplômée en sciences économiques, en sociologie, en ethnologie afro-américaine et en agroalimentaire. En 1978, elle débute une carrière dans l'enseignement et devient professeure de sciences économiques. C'est à la fin des années 1970, que Christiane Taubira rencontre son ex-mari, Roland Delannon, dirigeant indépendantiste, qu'elle épouse en 1987 et avec lequel elle a quatre enfants. Ils se séparent en 2002. Elle commence sa carrière politique en 1978 comme militante indépendantiste au sein du mouvement guyanais de décolonisation (MOGUYDE), fondé par son mari en 1974.

Esclavage
Préjugés
Droits fondamentals
Violences
Esclaves
Discriminations
Résistance
Racisme
Cruauté

Ma lecture en quelques mots

Respect
Lois
Égalité
Liberté
Tolérance
Mémoire
Humanité
Société
Espoir
Lutte
Avancées
Indépendance
Solidarité

Des procédés efficaces

Christiane Taubira a choisi d'écrire L'esclavage raconté à ma fille sous la forme d'un dialogue avec sa fille. En choisissant de s'adresser à elle, l'auteure installe une atmosphère chaleureuse à laquelle on peut s'identifier. Elle prend également bien le temps de lui détailler les faits, de lui faire part de ses opinions et de la mettre en garde contre certaines croyances. Pour cela elle emploi diverses procédés d'écriture tels que la ponctuation (le point, le point d'exclamation et le point d'interrogation), les temps et les champs lexicaux. Ces diverses procédés donnent du rythme à son œuvre et participent à sa progression Par exemple elle n'emploie pas les mêmes temps ni le même vocabulaire selon les chapitres.

La diversité de la ponctuation apporte de nombreux effets, notamment dans la forme qu'a choisie l'auteure pour son ouvrage. Grâce au point d'interrogation, Christiane Taubira a l'occasion d'aborder l'esclavage, la traite et son histoire, les luttes pour son abolition et ses répercussions sur le monde contemporain dans les moindres détails, puisque sa fille ne cesse de la questionner. Aussi cela lui permet de poser des questions rhétoriques afin d'élargir leur conversation. Les points d'exclamations ajoutent eux de la force et de la vivacité à l'écrit. Christiane Taubira adapte son vocabulaire mais emploi tout de même de nombreux mots s'inscrivant dans les champs lexicaux du droit et de la justice, de l'Histoire et de l'esclavage, dont elle explique et développe les termes plus complexes afin que sa fille les comprenne et en saisisse tous les sens. Ainsi, cela rend plus accessible son œuvre, puisqu'en clarifiant les mots techniques, Christiane Taubira touche un public plus large et donc plus jeune. De cette manière, elle sensibilise tout le monde à son combat et appelle à la vigilance pour ne plus que pareille atrocité ne se répète. Cela lui permet aussi d'aborder des thématiques concernant les jeunes, telles que l'éducation et, plus particulièrement, l'enseignement de l'Histoire. À l'époque, parler de l'esclavage et des rôles que pouvaient avoir joués les grandes puissances internationales ou des personnalités influentes de l'époque terrifiait et était alors tabou. Désormais cette partie de l'Histoire est inscrit dans les manuels scolaires.

Christiane Taubira et son combat pour l'égalité

Par L'esclavage raconté à ma fille, Christiane Taubira écrit et combat pour l'égalité entre les hommes. Ainsi, elle utilise l'écriture comme une arme au service de combats, ceux de l'égalité, de l'injustice, de la liberté et du devoir de mémoire. Cette œuvre marque sa volonté de sensibiliser les lecteurs à l'histoire de l'esclavage et de la traite, comme étant un témoignage du passé, et alors de favoriser la justice et la lutte contre les discriminations. À travers un dialogue avec sa fille, l'auteure n'aborde pas seulement l'esclavage tel qu'il l'est aujourd'hui, dit "moderne", mais elle traite aussi le racisme pré et post colonial sous tous ses angles. Elle ne laisse de côté aucun aspect de la traite négrière et accepte même de parler de faits contraires à son point de vue. Christiane Taubira ose mettre des mots sur l'Histoire et n'atténue pas son vocabulaire lorsqu'elle parle des souffrances et de l'horreur endurées par les esclaves. Elle ne minore pas non plus les rôles qu'ont joués les grandes puissances internationales dans ce "crime contre l'Humanité", ni leur passif esclavagiste. Elle n'omet pas non plus de saluer les abolitionnistes, les personnalités et les luttes qui ont participé à l'abolition de l'esclavage. L'auteure expose aussi comment se sont construits les préjugés et comment ils sont encore entretenus aujourd'hui. Elle s'inspire également de son expérience personnelle entant que citoyenne française issue d'un département d'outre-mer. Plus qu'une arme, ce livre nous instruit, nous apprend et nous forme. C'est en cela que Christiane Taubira l'a écrit ; elle souhaite qu'en ayant connaissance du passé et de ses atrocités nous nous démènerons pour ne plus que pareille horreur ne se reproduise.

Une autre oeuvre ?

Extrait de "L'introduction", de L'esclavage raconté à ma fille, par Christiane Taubira (p. 18-19)

"L'enjeu est, sans conteste, celui de l'appartenance, du "Nous", ce lieu où se rêve et s'élabore le destin commun. Le "Nous" d'une humanité partagée, le "Nous" d'un monde devenu indivis. Pour lui redonner vitalité et consistance, il faut en reconnaître l'étendue, la diversité, la disparité, admettre sa part d'imprévisible et d'irrationnel, comprendre cette quête d'identités particulières, cette aspiration au groupe, ce besoin de s'agréger au plus près avec ses plus semblables, et savoir leur opposer la beauté, la force mais aussi la nécessité d'appartenir ensemble et non par fragments. Pour cela, rendre accessibles, compréhensibles et rassurants les mystères que contient la rencontre entre êtres différents."

Le Menteur

De Pierre CORNEILLE

Acte I : une menterie pour une Dame

Deux scènes "clé" :- la scène 2 : Dorante émet son premier mensonge à Clarice, en disant qu'il a fait la guerre en Allemagne ; ainsi il s'invente un glorieux passé militaire mais son valet, Cliton tente de l'en dissuader or celui-ci l'ignore et amplifie même son mensonge ; - la scène 5 : Dorante fait son deuxième mensonge à Alcippe et Philiste, en déclarant avoir donné une collation extraordinaire sur un bateau en l'honneur d'une dame dont il est épris.

Acte I : quels types d'action ?

- Scène 3 : MENSONGE → Dans la scène 3 de l'acte I, Dorante émet son premier mensonge à Clarice, en disant avoir fait la guerre en Allemagne, il s'invente un glorieux passé militaire. - Scène 4 : QUIPROQUO → Dans la scène 4 de l'acte I, Dorante demande à Cliton s'il sait comment se nomme la femme dont il vient de faire la connaissance, Cliton s'en va alors demander son prénom au cocher, qui lui affirme que Lucrèce est la plus belle des deux. Dorante pense alors que c'est celle à qui il vient de parler mais Cliton en doute. - Scène 5 : MENSONGE → Dans la scène 5 de l'acte I, Dorante fait son deuxième mensonge à Alcippe et Philiste, en déclarant avoir donné une collation extraordinaire sur un bâteau, accompagnée d'un orchestre et d'un festin considérable, en l'honneur d'une dame dont il est épri. Alcippe pense alors que la femme dont il parle est sa fiancée Clarice.

Acte II : un mariage en entraîne un autre

Trois scènes "clé" :- scène 5 : Géronte, son père, annonce à Dorante qu'il souhaite le marier à Clarice, qu'il a auparavant rencontré ; afin de rester libre pour Lucrèce, Dorante invente un troisième mensonge selon lequel il serait déjà marié à Poitiers, avec une certaine femme nommée Orphise, d'abord surpris Géronte se laisse finalement convaincre ; - scènes 7 et 8 : Sabine, la femme de chambre de Lucrèce, donne à Dorante un billet, qui le convie sous la fenêtre de celle-ci, ce qui lui confirme bien le prénom de celle qu’il préfère ; puis Lycas, le valet d'Alcippe, lui porte un billet qui le provoque en duel.

Acte II : quels types d'action ?

- Scène 2 : MENSONGE et QUIPROQUO → Dans la scène 2 de l'acte II, Clarice confie à sa suivante, Isabelle, qu'elle souhaiterait s'entretenir avec Dorante afin de voire sous le masque des apparences, Isabelle lui demande alors pourquoi ne pas simplement lui parler mais Clarice lui explique que ce n'est pas possible car celle-ci est déjà fiancée à Alcippe, qui ne semble pourtant pas pressé de l'épouser. Ainsi Isabelle suggère une ruse pour qu'Alcippe ne se doute de rien : Lucrèce propose un rendez-vous à Dorante, et Clarice prendra sa place. - Scène 5 : MENSONGE → Dans la scène 5 de l'acte II, Dorante ment à son père ; il invente un troisième mensonge selon lequel il serait déjà marié à Poitiers avec une certaine femme nommée Orphise afin de rester libre pour Lucrèce. - Scène 7 : QUIPROQUO → Dans la scène 5 de l'acte II, Dorante est convié sous la fenêtre de Lucrèce ce qui lui confirme bien le prénom de celle qu’il préfère.

Acte III : chaque mauvaise action a une bonne raison

Quatre scènes "clé" :- scène 1 : alors que Dorante et Alcippe étaient sur le point de se confronter en duel, Philiste, ami de Dorante et d'Alcippe, parvient à les réconcilier ; pour dissiper tous les troubles Dorante renchérie son mensonge passé en déclarant que la Dame à qui il a donné Musique est une femme mariée ; - scène 2 : Philiste révèle à Alcippe toute la fourberie de Dorante ; Alcippe s'en veut de s'être laissé dupé à cause de sa jalousie aveuglante ; - scène 3 : Isabelle met la lumière sur la véritable identité de Dorante ainsi Clarice découvre à son tour qu'il a menti, elle annule alors tout projet de mariage avec lui et décide de le confondre à son tour ; - scène 5 : Clarice trompe Dorante et lui énumère tous ses mensonges auxquels il trouve une raison selon laquelle il l'aime éperdument ; il pense toujours que Clarice est Lucrèce, qui est d'ailleurs choquée de son aplomb et le congédie.

Acte III : quels types d'action ?

- Scène 1 : MENSONGE → Dans la scène 1 de l'acte III, Dorante renchéri son mensonge en disant que la femme à qui il a donné sa fameuse collation d'hier soir était une femme mariée. - Scène 2 : RÉSOLUTION → Dans la scène 2 de l'acte III, Philiste, ami de Dorante et d'Alcippe, révèle à ce dernier tout l'artifice des dires de Dorante, celui-ci est donc démasqué. Alcippe s'en veux d'avoir laissé sa jalousie l'aveugler. - Scène 3 : RÉSOLUTION → Dans la scène 3 de l'acte III, Isabelle apprend à Clarice que Dorante n’est autre que le jeune homme qu’elles ont croisé aux Tuileries ce que Clarice ne manque pas découvrir lorsqu'elle l'aperçoit de la fenêtre de Lucrèce. Clarice découvre donc qu'il lui a menti depuis le début, elle décide alors d'annuler tout projet de mariage avec Dorante et de monter un stratagème pour le tromper à son tour. - Scène 5 : MENSONGE et QUIPROQUO → Dans la scène 5 de l'acte III, Clarice trompe Dorante en se faisant passer pour Lucrèce, et lui énumère tous ses mensonges auxquels il trouve une raison. Il pense toujours que Clarice est Lucrèce, qui est choquée de son aplomb et le congédie.

Acte IV : quand l'amour triomphe

Six scènes "clé" :- scènes 1, 2 et 3 : Cliton rapporte à Dorante une rumeur dont il a eu vent : il paraît qu'Alcippe s'est battu en duel ce que confirme immédiatement Dorante, en inventant un mensonge de plus, d'après lequel il l'a laissé pour mort ; il soutient, lorsqu'Alcippe arrive, que ce dernier a bénificé d'un traitement miraculeux ; Alcippe déclare qu'il va prochainement se fiancer à Clarice, Cliton est alors offusqué de comprendre que son maître lui a menti ;- scène 4 : Géronte souhaite faire venir Orphise à Paris mais Dorante renchérie son mensonge et déclare qu'elle ne peut voyager puisqu'elle est enceinte ; Géronte demande de nouveau le nom de son beau-père et c'est alors que Dorante se trompe mais il parvient à se rattraper ; - scènes 8 et 9 : Dorante fait parvenir à Lucrèce une lettre d'amour, Clarice lui annonce qu'elle va finalement se marier à Alcippe et la met en garde contre Dorante, mais Lucrèce commence à éprouver des sentiments amoureux pour lui.

Acte IV : quels types d'action ?

- Scène 1 : MENSONGE → Dans la scène 1 de l'acte IV, Dorante ment à Cliton en confirmant une rumeur selon laquelle il se serait battu en duel avec Alcippe et l'aurait laissé pour mort.- Scène 2 : MENSONGE et RÉSOLUTION → Dans la scène 2 de l'acte IV, Alcippe entre en scène alors que Dorante vient de déclarer l'avoir tué à Cliton, Dorante renchérie son mensonge en soutenant qu'il a bénéficié d'un traitement miraculeux. - Scène 4 : MENSONGE → Dans la scène 4 de l'acte IV, Dorante alimente son mensonge en annonçant que sa prétendue fiancée est enceinte alors que son père requiert se présence à Paris, aussi Dorante se trompe sur le nom de son beau-père mais il parvient à se rattraper de justesse.

Acte V : le mensonge a des fins, la vérité une seule

Quatre scènes "clé" :- scène 1 : Philiste révèle à Géronte que son fils lui a menti et que son mariage avec Orphise n'est qu'une pure invention de sa part ; - scène 3 : Dorante est confronté à son père, il se justifie en déclarant être amoureux de Lucrèce et donc lui avoir menti pour éviter le mariage avec Clarice ; Géronte accepte de demander la main de Lucrèce à son père ; - scène 6 : Dorante déclare sa flamme à Clarice, qu'il prend toujours pour Lucrèce, mais il comprend alors le quiproquo et ment une dernière fois pour retourner la situation à son avantage : il prétend avoir fait semblant d'être dupe ; - scène 7 : les pères donnent leur bénidiction pour les mariages : Clarice peut épouser Alcippe, et Lucrèce s’unira à Dorante.

Acte V : quels types d'action ?

- Scène 1 : RÉSOLUTION → Dans la scène 1 de l'acte V, Philiste révèle à Géronte que son fils lui a menti et que son mariage n'est que fabulation. - Scène 6 : QUIPROQUO, MENSONGE et RÉSOLUTION → Dans la scène 6 de l'acte V, Dorante déclare sa flamme à Clarice, qu'il prend toujours pour Lucrèce, mais il comprend alors le quiproquo et ment une dernière fois pour retourner la situation à son avantage : il prétend avoir fait semblant d'être dupe.

Le Menteur en quelques citations

Provoquer, faire rire : "Cliton : Savez-vous bien, Monsieur, que vous extravaguez ? Dorante : Tas-toi. Cliton : Vous rêvez, dis-je, ou... Dorante : Tais-toi, misérable. Cliton : Vous venez de Poitiers, ou je me donne au Diable, Vous en revînte hier. Dorante : Te tairas-tu, maraud ?" (acte I, scène 3).
Séduire : "C'est l'effet du malheur qui partout m'accompagne : Depuis que j'ai quitté les guerre d'Allemagne, C'est-à-dire, du moins depui un an entier, Je suis et jour et nuit dedans votre quartier, Je vous cherche en tous lieus, au bal, aux promenades, Vous n'avez que de moi reçu des sérénades, Et je n'ai pu trouver que cette occasion À vous entretenir de mon affection" (acte I, scène 3) de Dorante.
Tromper, se venger : "Pour en venir à bout sans que rien s'y hasarde, Lucrèce est votre amie, et peut beaucoup pour vous. Elle n'a point d'amans qui deviennent jaloux ; Qu'elle écrive à Dorante, et lui fasse paraître Qu'elle veut cette nuit le voir par la fenêtre. Comme il est jeune encore, on l'y verra voler, Et là, sous ce faux nom vous pourrez lui parler, Sans qu'Alcippe jamais en découvre l'adresse, Ni que lui-même pense à d'autres qu'à Lucrèce" (acte II, scène 2) d'Isabelle.
Connaître la vérité : "Comme elle est mon amie, elle m'a tout appris, Cette nuit vous l'aimiez, et m'avez méprisée, Laquelle de nous deux avez-vous abusée ? Vous lui parliez d'amour en termes assez doux" (acte V, scène 6) de Clarice.

Mentir pour...

Paraître : "Clarice : Quoi, vous avez donc vu l'Allemagne, et la guerre ? Dorante : Je m'y suis fait quatre ans craindre comme un tonnerre. Cliton : Que lui va-t-il conter ? Dorante : Et durant ces quatre ans Il ne s'est fait combats, ni sièges importants, Nos armes n'ont jamais remporté de victoire, Où cette main n'ait eu bonne part à la gloire, Et même la Gazette a souvent divulgué..." (acte I, scène 3).
Se tirer d'affaire : "De vos civilités il sera bien surpris, Et pour moi, je suis prêt : mais je perdrai ma peine, Il ne souffrira pas encor qu'on vous l'amène, Elle est grosse" (acte IV, scène 4) de Dorante.

"Mensonge et comédie"

On peut dire que le théâtre, et plus précisément, la comédie est un genre qui se prête au mensonge. En effet, la comédie a pour but de corriger les mœurs par le rire, en se moquant. Le mensonge comporte une dimension comique évidente dans la pièce Le Menteur. Les nombreux mensonges de Dorante produisent une intrigue qui permet plusieurs formes de comique ; tels que le comique de situation, de caractère, de mots et de gestes. Ainsi, Dorante ne cesse de changer de visage tout au long de la pièce ; il a de multiples facettes ce qui rythme la pièce et la rend plus divertissante. Par exemple, lorsque Dorante prétend avoir tué Alcippe alors que ce dernier arrive sur scène, représente un comique de situation dans la pièce, ou encore l'enchainement des mensonges engendre également un comique de situation. Grâce au comique de caractère les personnages se révèlent comme notamment Alcippe et sa jalousie à l'égard de Dorante alors qu'il ne fait qu'inventer de toute part sa vie. La double énonciation et les apartés du valet Cliton participent et renforcent le comique du Menteur. En outre, Dorante ment pour diverses raisons ; parfois pour se mettre en valeur notamment lorsqu'il évoque ses prétendues guerres en Allemagne ou sa somptueuse collation. D'autres fois il ment pour se sortir d'ennuis auprès de son père ; ou simplement par plaisir. De cette manière le mensonge constitue un ressort inépuisable pour la comédie et y participe pleinement. On retrouve par ailleurs, la caractéristique même de la comédie à la toute fin de la pièce : la morale finale de Cliton, seul sur scène : "Comme en sa propre fourbe un menteur s'embarasse ! / Peu sauraient comme lui s'en tirer avec grâce. / Vous autres qui doutiez s'il en pourrait sortir, / Par un si rare exemple apprenez à mentir" (acte V, scène 7). Ainsi Corneille nous donne une leçon sur les risques du mensonge : un menteur ne peut indéfiniment échapper aux conséquences de ses actes. Tout de même Corneille ne condamne pas le mensonge dans Le Menteur.

Manon Lescaut

De l'Abbé PRÉVOST

Partie 1

Manon Lescaut et son lexique 1

  • Volupté = plaisir sensuel, intense et raffiné ; vive jouissance, délectation → "On se laisse parfois tenter par la volupté."
  • Frugale = qui consiste en aliments simples et peu abondants → "Mes voisins m'ont invité chez eux pour partager un repas frugale."
  • Bagatelle = occupation futile, dénuée de sérieux ; fadaise → "Ces quelques affaires ne sont que de simples bagatelles."
  • Escamoter = faire disparaître un objet par un tour de main qui échappe à l'attention des spectateurs → "Elle lui escamota sa montre et la plaça de le vase en attendant de pouvoir venir la récupérer."

Manon Lescaut et son lexique 2

  • Harangue = discours solennel prononcé devant une assemblée, une personnalité importante, des troupes, ect → "Je me rappelle encore de la harangue qu'il avait prononcée en ces lieux il y a maintenant dix ans."
  • Méprise = erreur de celui qui se trompe sur quelqu'un, sur quelque chose → "Cette méprise lui a causé, par la suite, bien des ennuis, il aurait dû l'en informer plus tôt."
  • Badine = qui aime la plaisanterie légère ; qui manifeste un caractère enjoué → "Afin de dissiper la tension, elle n'hésite pas à être badine."
  • Opprobre = réprobation publique qui s'attache à des actions jugées condamnables → "Son comportement nécessite un opprobre immédiat !"

Manon Lescaut en quelques citations

Partie 1, p. 74

Partie 1, p. 56

Partie 1, p. 24

"Par quelle fatalité, disais-je, suis-je devenu si criminel ? L'amour est une passion innocente ; comment s'est-il changé, pour moi, en une source de misères et de désordres ?"

"Manon était passionnée pour le plaisir. Je l'étais pour elle."

"Je veux vous apprendre, non seulement mes malheurs et mes peines, mais encore mes désordres et mes plus honteuses faiblesses. Je suis sûr qu'en me condamnant, vous ne pourrez pas vous empêcher de ma plaindre."

Résister à l'amour ?

On peut caractériser l'amour qui lie Manon et Des Grieux comme étant ardent et passionné. Tout au long de l'œuvre, les deux amants s'efforcent de résister à l'intensité de leur amour. Tout commence lors de leur toute première rencontre ; par un curieux hasard la veille de son départ d'Amiens. Il tombe instantanément sous le charme de Manon, il dit d'ailleurs : "Elle me parut si charmante que moi, qui n'avais jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d'attention, moi, dis-je, dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue, je me trouvai enflammé tout d'un coup jusqu'au transport." Cependant, Manon est destinée à rentrer au couvent. Les deux amoureux décident alors de s'enfuir à Paris, son amour naissant pour Manon, pousse Des Grieux à mentir à son plus fidèle ami Tiberge. Ils demeurent à Paris durant trois semaines, après quoi Manon trahit Des Grieux, qui est alors ramené de force auprès de sa famille. Plus tard, Manon retrouve la trace de son amant disparu et l'implore de la pardonner : "Je prétend mourir, répondit-elle, si vous ne me rendez votre cœur, sans lequel il est impossible que je vive." Des Grieux le fait et quitte sa carrière ecclésiastique. Manon et lui s'établissent d'abord à la campagne, à Chaillot durant un certain temps, avant de partir s'installer à Paris en raison de l'ennui éprouvé par Manon. Or, le couple ne cesse de dépenser et un malheureux incident détruit leur appartement et ruine le peu qui leur restait de leurs économies. Craignant que Manon ne l'abandonne, Des Grieux sollicite l'aide de Tiberge du frère de Manon, qui fait de lui un tricheur aux jeux, tout cela dans le dessein de satisfaire les désirs de sa bien-aimée. Après diverses mésaventures, le couple, accompagné de Lescaut, est contraint de voler M. de G... M... qui les retrouve et les fait aussitôt arrêter. Des Grieux est envoyé à la prison de Saint-Lazare et apprend que Manon a elle été conduite à l'Hôpital. Hors de lui, il décide de s'évader avec l'aide du frère de Manon qui lui procure une arme avec laquelle Des Grieux tue accidentellement un portier. Ces divers comportements, actions et décisions, nous témoignent bien de la force de l'amour unissant Manon et Des Grieux, qui les conduit à commettre certains méfaits, actes immoraux et sacrifices.

Une fausse sincérité ?

Malgré de nombreuses preuves d'amour, il n'est pas impossible de remettre en cause la sincérité de Manon à l'égard de Des Grieux. On remarque cela notamment lorsque cette dernière refuse la proposition de mariage de Des Grieux, par peur d'être séparée de force de son cher et tendre. Cette réaction soulève quelques soupçons chez Des Grieux, qui s'aperçoit que tout ce qui compte pour Manon et ce qui l'attire véritablement, ce sont ses plaisirs, il dit d'ailleurs : "Manon était passionnée pour le plaisir. Je l'étais pour elle." Rapidement, les deux amants commencent à manquer d'argent, ce qui ne semble pas préoccuper Manon qui assure Des Grieux qu'elle trouvera une solution. Un jour que Des Grieux rentre plus tôt, il apprend que Manon est en compagnie d'un certain M. de B... Plus tard, alors que le couple vit à la campagne, Manon ne cesse son désir incessant pour les plaisirs, elle prie d'ailleurs Des Grieux de partir pour se réinstaller à Paris. C'est alors que les amoureux sont dépouillés par leurs domestiques, face à une misère certaine Manon se laisse convaincre par son frère de se prostituer. Elle accepte donc de séduire par un homme fortuné M. de G... M... Il semblerait que la vie aux côtés de Des Grieux, celui qu'elle prétend aimer, ne suffit pas à Manon et ne la comble jamais assez.

"Vivre d'amour et d'eau fraîche"

Tout au long de l'œuvre, Manon et Des Grieux subissent des nombreuses difficultés et/ou des "revers de fortune" pour vivre leur amour. Au commencement de l'histoire, bien qu'ils se rencontrent pour la première fois, les des amants font face à un obstacle : Des Grieux est destiné à devenir chevalier de l'Ordre de Malte tandis que les parents de Manon décident de l'envoyer au couvent. Suite à leur installation à Paris, Des Grieux et Manon connaissent une brève période de prospérité après laquelle ils commencent à manquer d'argent. Manon a tendance à dépenser beaucoup en raison de son attrait pour les plaisirs. Afin de sortir de cette impasse, Manon entame une liaison avec un certain M. de B...

Des Grieux est aussitôt ramené de force auprès de sa famille, son père lui révèle alors toute la supercherie de sa bien-aimée et le fait séquestrer. Ainsi, cette scène met en lumière l'importance, l'influence et l'autorité de la famille, en particulier du père, dans la société d'autrefois. Après s'être retrouvé et établit à Chaillot, Manon se laisse une fois de plus abandonner aux plaisirs, leur causant une fois encore des revers de fortune auxquels viennent s'ajouter un malheureux incendie et l'arrivée du frère de Manon. Cette intrusion ne fait qu'amplifier leur malheur ; Lescaut manipule le jeune couple pour les conduire à commettre des actes immoraux. Manon retourne finalement à sa vie de courtisane, tandis que Des Grieux se transforme en un tricheur aux jeux. Suite au vol M. de G... M... les deux amants sont arrêtés et s'éparés : Des Grieux est envoyé à la prison de Saint-Lazare et Manon est conduite à l'hôpital. Ils parviennent à se retrouver malgré le fait que Des Grieux se soit évadé de la prison en tuant un portier durant sa fuite. Ses divers passages illustrent bien les difficultés auxquelles font face Manon et Des Grieux tout au long du roman, afin de pouvoir vivre leur amour : des revers de fortune, de la naïveté probablement due à leur jeune âge et ainsi à leur insouciance, des malheurs liés à la société de leur époque et à son hypocrisie, notamment à la condamnation des courtisanes.

Le chevalier Des Grieux comme ami ?

Sincèrement, je ne pense pas que je pourrai être amie avec un garçon comme le chevalier Des Grieux. Même si Des Grieux est un garçon très intelligent, gentil et rusé, il est beaucoup trop aveuglé par son amour envers Manon. À chaque embûche, il fait appel à son plus fidèle ami Tiberge, qui ne cesse de le prévenir, de l'avertir et de le raisonner en toute bienveillance, sur chacun de ses écarts de conduite, néanmoins jamais Des Grieux ne l'écoute : "Tiberge, disais-je, le bon Tiberge me refusera-t-il ce qu'il aura le pouvoir de me donner ? Non, il sera touché de ma misère ; mais il m'assassinera par sa morale." Selon moi, un ami est là pour ça ; c'est une personne sur qui l'on peut compter dans n'importe quelle situation, à condition bien sûr d'écouter et de respecter ce qu'il a à nous dire et/ou ce qu'il nous conseille de faire. Or, ce n'est en aucun cas ce que fait Des Grieux envers Tiberge, il l'utilise simplement pour se sauver de ses difficultés. Des Grieux le dit lui même au début du récit : "Si j'eusse alors suivi ses conseils, j'aurais toujours été sage et heureux. Si j'avais du moins profité de ses reproches dans le précipice où mes passions m'ont entraîné, j'aurais sauvé quelque chose du naufrage de ma fortune et de ma réputation." On peut notamment penser au passage dans lequel Des Grieux sollicite l'aide financière de Tiberge pour satisfaire les désirs de Manon, ignorant totalement ses mises en garde cela le conduit une nouvelle fois à sa perte. Le chevalier Des Grieux est bien trop épris de Manon à mon goût, ce qui le pousse en des actes immoraux alors que normalement, l'amour est supposé nous rendre meilleurs. Plus qu'amoureux, il semblerait que Des Grieux, tel un homme crédule et naïf, soit sous l'emprise totale de Manon, qui paraît vraisemblablement n'avoir d'intérêt que pour ses propres plaisirs même si j'imagine qu'elle aime malgré tout.

Partie 2

Manon Lescaut et son lexique

  • Vestale = prêtresse de Vesta, vouée à la chasteté et chargée d'entretenir le feu sacré ; femme d'une parfaite chasteté → "Ces femmes ne se comportaient pas comme toutes les autres, au contraire, elles étaient telles des vestales."
  • Intercession = action d'intercéder auprès de quelqu'un en faveur d'une personne → "Je crains que ton intercession ne suffise pas à ma libérer."
  • Émulation = sentiment qui porte à égaler ou à surpasser quelqu'un → "L'ardeur de nos sentiments, les pousse en une saine émulation."
  • Opiniâtre = qui est obstiné dans sa résolution ; tenace dans sa volonté → "Même la lutte la plus opiniâtre peut parfois ne jamais atteindre son but."

Manon Lescaut en quelques citations

Partie 2, p. 200

Partie 2, p. 152

Partie 2, p. 143

"J'étais résolu de retourner dans ma patrie, pour y réparer, par une vie sage et réglée, le scandale de ma conduite."

"Elle pèche sans malice, disais-je en moi-même. Elle est légère et imprudente ; mais elle est droite et sincère. Ajoutez que l'amour suffisait seul pour me fermer les yeux sur toutes ses fautes."

"Pour moi, qui n'ai que de l'amour et de la constance à offrir, les femmes méprisent ma misère et font leur jouet de ma simplicité."

Les personnages secondaires...

Le fils de M. de G... M...
Tiberge
M. de G... M...
Le capitaine du bateau
Le père de Des Grieux
Synnelet

... sont-ils des adjuvants ou des opposants ?

Le frère de Des Grieux
M. de T...
Lescaut
Le Gouverneur du Nouvel-Orléans
Marcel
Le Père Supérieur de Saint-Lazare
M. de B...
Opposants
Adjuvants
Adjuvants et opposants

La justice est-elle vraiment juste ?

Selon moi, je ne trouve pas juste la décision que prend M. le Lieutenant lors de la deuxième arrestation de Manon et de Des Grieux. Tout d'abord, Manon est la seule à être tenue responsable, alors que Des Grieux est lui dédouané et réhabilité, bien qu'il ait aussi sa part de responsabilité dans les infractions. À la différence de Des Grieux, Manon n'a le soutien d'aucun proche, elle est seule pour affronter son sort, tandis que Des Grieux bénéficie du soutien de sa famille et de son ami Tiberge. Même si ce n'est pas volontaire, Des Grieux occupe malgré tout une position de supériorité face à Manon, en ce qui concerne la justice. Aussi, je trouve cela injuste que l'on prenne une décision d'une telle ampleur sans son consentement ; on parle tout de même d'être envoyée à l'autre bout du monde, et pourtant elle n'est jamais consultée. À aucun moment Manon n'a son mot à dire, elle doit simplement se contenter de respecter les ordres et les décisions qui ont été prises. Ce manque total de considération montre bien l'infériorisation des femmes et son asservissement dans la société de l'époque. Avant, une femme devait se contenter de subir les choix des hommes et de les appliquer. On peut le voir aussi aux nombreux "mariages d'intérêt" au sein desquels les femmes étaient contraintes de se marier, ce n'était alors pas un choix d'elles-mêmes. Cette décision injuste révèle également la mentalité de la société passée : il était récurrent que les femmes soient punies pour certaines fautes tandis que les hommes ne le soient pas pour les mêmes fautes. Ainsi, ce passage illustre bien l'inégalité très présente à l'époque.

"Personnages en marge, plaisirs du romanesque"

On peut dire que les personnages, et notamment Manon et Des Grieux, se marginalisent au fil de l'histoire. Au commencement du récit, Manon est déjà présentée comme en marge de la société ; ses parents souhaitant l'envoyer au couvent. Or, Des Grieux est destiné à devenir chevalier de l'Ordre de Malte. Leur rencontre les détourne alors de leur destiné, et Des Grieux se laisse entraîner dans la marginalisation aux côtés de Manon. Les deux amants s'enfuient d'abord à Paris, où débutent leurs premières péripéties, qui ne cessent de s'enchaîner ; il est désormais impossible pour eux de revenir en arrière. Tous deux, en particulier Manon, sont incapables de résister à la tentation du péché et des plaisirs, ce qui ne manque pas de leur attirer de nombreuses mésaventures ; on peut alors penser à la première liaison de Manon avec M. de B... puis à celle qu'elle entretient avec M. de G... M... Aussi, n'oublions pas Lescaut, le frère de Manon, un véritable marginal qui entraînent Manon et Des Grieux en marge, telle une passerelle. Ainsi, sur ses conseils Des Grieux devient un tricheur et avec Manon, ils tentent de tromper M. de G... M... mais finissent finalement par être séparés et emprisonnés. En souhaitant ensuite s'évader de Saint-Lazare, Des Grieux se retrouve à tuer un garde sur son passage. Il va alors libérer Manon, après quoi ils ne manquent pas de se venger de M. de G... M... en tentant cette fois, de duper son fils. Les conséquences sont les mêmes que précédemment : ils sont emprisonnés, sauf que Manon doit être envoyé en Amérique, où décède d'ailleurs par la suite. Ainsi, les nombreux déplacements de Manon et de Des Grieux symbolisent leur marginalisation car à chaque changement, une nouvelle péripétie les attends ; par exemple lorsqu'ils s'installent à Chaillot, où Manon ne cesse de succomber à ses plaisirs, leur maison brûle et leur argent disparaît. On peut aussi penser aux nombreuses fois où Des Grieux désobéit à son père et à son fidèle ami Tiberge.

L'amour avec Des Grieux et Manon 1

À la lumière de tout le roman, je pense que l'amour que se portent Des Grieux et Manon est ambigu.D'un côté je trouve qu'ils entretiennent une certaine toxicité l'un envers l'autre : par exemple le fait que Des Grieux se sente obligé de mentir à Manon concernant leur situation financière et qu'ainsi il commette des actes immoraux par peur qu'elle ne l'abandonne pour ses plaisirs. Ou encore, lorsque Manon lui est infidèle à de nombreuses reprises : premièrement avec M. de B... puis avec le prince d'Italie, avec aussi M. de G... M... ainsi que son fils. Toutefois Des Grieux ne cesse de lui être fidèle malgré tout et va même jusqu'à désobéir à son père, à mentir à son plus fidèle ami, Tiberge alors même qu'il venait de rencontrer Manon. Il va par ailleurs, lui réclamer de l'argent à chaque fois qu'il en a besoin en lui promettant de revenir sur le droit chemin, or jamais il ne le fait et il va même jusqu'à tuer quelqu'un. D'un autre côté, je trouve que l'amour que se portent les deux amants est très fort et puissant. Cet amour les pousse à certes commettre de nombreuses immoralités, mais aussi cela nous témoigne du lien intense qui les unis. Tout au long de l'histoire, Des Grieux et Manon ne cessent de faire des sacrifices pour pouvoir vivre leur histoire d'amour, et ce même si cela leur cause bien des malheurs, parce que pour eux, ils représentent chacun pour l'autre la seule chose essentielle à leur vie. De cette manière Des Grieux dit : "J'avais perdu, à la vérité, tout ce que le reste des hommes estime ; mais j'étais maître du cœur de Manon, le seul bien que j'estimais. Vivre en Europe, vivre en Amérique, que m'importait-il en quel endroit vivre, si j'étais sûr d'y être heureux en y vivant avec ma maîtresse ?"

L'amour avec Des Grieux et Manon 2

Je dois avoué qu'à la lecture de la première partie je doutais de la sincérité de Manon pour Des Grieux et notamment en raison de ses nombreuses infidélités. Or, avec la lecture de la deuxième partie, mon regard sur Manon a évolué ; désormais je crois qu'elle l'aime sincèrement même si sa nature l'entraîne vers son addiction aux plaisirs et au luxe. Je pense néanmoins qu'à la fin du roman, Manon semble beaucoup moins attachée à ses passions et va même jusqu'à s'en excuser : "Vous serez donc la plus riche personne de l'univers, me répondit-elle, car, s'il n'y eut jamais d'amour tel que le vôtre, il est impossible aussi d'être aimé plus tendrement que vous l'êtes. Je me rends justice, continua-t-elle. Je sens bien que je n'ai jamais mérité ce prodigieux attachement que vous avez pour moi." De plus, je trouve que Manon témoigne beaucoup plus de son amour pour Des Grieux.Enfin, je pense que ce puissant lien, qui les unit, leur a permis d'évoluer, de grandir, de s'assagir, d'expérimenter et en quelque sorte d'apprendre ce qu'est la vie, même si en définitive Manon décède dans de tragiques circonstances.

Salina : les trois exils

De Laurent GAUDÉ, des éditions Les Ateliers d'Actes Sud, publié en 2018.

Laurent Gaudé

Né le 6 juillet 1972 à Paris, Laurent Gaudé est un écrivain, romancier et dramaturge français. Ancien élève de l'École Alsacienne de Paris, il a fait des études de Lettres Modernes à Paris III et d'Études Théâtrales.En 1996, à l’âge de 24 ans, il écrit sa première pièce de théâtre, Onysos le Furieux. Elle est lue publiquement pour la première fois en 1997 à Théâtre Ouvert, par Hubert Gignoux (metteur en scène et comédien français). En 2000, ce texte est monté au Théâtre national de Strasbourg dans une mise en scène de Yannis Kokkos (scénographe, metteur en scène et costumier grec). Les années qui suivent, Laurent Gaudé se consacre à l'écriture théâtrale, avec notamment Pluie de cendres, jouée au Studio de la Comédie-Française en 2001, et Combats de Possédés traduite et joué en Allemagne en 1999, puis mise en lecture en anglais au Royal National Theatre de Londres.

Abandon
Silence
Exils
Souffrances
Devoir de mémoire
Douleurs
Transmission
Amour
Honneur

Ma lecture en quelques mots

Famille
Morts
Vengeance
Liberté
Souvenirs
Enfouir
Voyages
Dissimuler
Espoir
Détermination
Endurer
Force
Courage

Des exils de souffrance 1

Tout d'abord, Salina, à travers ses exils successifs, subit et souffre de rejet de la société en étant totalement mise en marge. Dès sa venue au clan Djimba, alors même qu'elle n'est qu'un nourrisson, Salina est rejetée et perçue telle une étrangère. Elle est finalement recueillie par Mamambala mais n'est pas pour autant inclue dans la tribu, comme un membre à part entière. Par ailleurs, les Djimba tentent au départ de se débarrasser d'elle en la plaçant en proie aux hyènes affamées et au Soleil assommant : "Ils pensent que tout va bientôt finir mais le nouveau-né tient et, finalement, c'est le soleil qui cède le premier. [...] Si le soleil n'est pas venu à bout de cette vie étrange, posée devant eux, menaçante de périls possibles, les hyènes le feront." Ainsi, ce premier exil marque le destin tragique de Salina et forge son caractère. Neanmoins, leurs tentations sont vaines face à elle : "Il commence à décliner et c'est comme si le nourrisson l'avait plier", cela témoigne d'ores et déjà de la force, de la puissance dont est dotée Salina face au monde qui la rejette. Par la suite, Salina est forcée d'épouser Saro, le fils de Sissoko Djimba, qu'elle méprise profondément. Malgré ses supplications pour être unie à Kano, le frère de Saro, qu'elle aime et auprès de qui elle se sent en sécurité, personne ne l'écoute. Saro la veut plus que tout, il la prend de force et va même jusqu'à la violer, ce qui aboutira à la naissance de son premier fils, Mumuyé. Salina n'a donc plus aucun droit ; c'est une autre forme de rejet qu'elle subit, plus intime et brutal : "Désormais, Salina le sait : son nom est celui d'une douleur." Salina connaît son deuxième exil lorsqu'elle "tue" Saro en ne le secourant pas alors qu'il est mourant sur le champ de bataille, elle est donc définitivement bannie et condamnée à l'errance dans le désert. Ce rejet total de la société la prive véritablement de tout soutien ; son errance symbolise se souffrance physique et morale.

Des exils de souffrance 2

En définitive, toute la souffrance encaissée, les rejets subis et les exils endurés ont permis à Salina de se reconstruire. Elle parvient finalement à devenir libre et à forger sa propre identité, loin de la société. C'est ainsi que Salina revient sur les terres du clan Djimba pour trouver des réponses. Cependant, elle est à nouveau rejetée et, de surcroît, elle est humiliée : "On leur a dit que Salina était le nom du malheur, que Salina était le nom de ce qui s'était abattu sur le village avec la voracité d'une nuée de sauterelles. On leur a appris depuis toujours que salina n'était pas un nom à prononcer mais à cracher." Toutefois, au-delà de la peur et de la méfiance qu'elle suscite chez la société, Salina s'incarne comme une figure de résilience et de force dans ce dernier et troisième exil. Salina c'est trois exils, trois fils : celui de la haine, de la vengeance et de la paix.

Des procédés romanesques 1

Laurent Gaudé a choisi de réécrire sa pièce de théâtre en roman. On peut tout d'abord penser à la structure de l'œuvre : Salina comporte un récit-cadre et un récit-encadré. La narration du récit-cadre est assuré par un narrateur externe à l’histoire, tandis que le récit-encadré est pris en charge par Malaka, le troisième fils de Salina. De plus, la manière dont l'histoire de Salina est racontée, ainsi que les épreuves qu'endure le personnage éponyme, confèrent à ce roman les allures d'une épopée ou encore d'une légende. On peut également retenir les descriptions que dresse l'auteur des personnages et des situations. Précises et complètes, ces descriptions transportent véritablement le lecteur au cœur de l'histoire. C'est notamment le cas dans l'incipit du roman, où l'arrivée de Salina dans le clan Djimba est marquée par une profonde atmosphère de trouble, de mystère et de curiosité. De même, l'état de Salina, décrit durant son errance dans le désert, illustre intensément son combat intérieur et la dureté de son parcours. Il est aussi essentiel de souligner l'intensité du roman. Au-delà des descriptions, Laurent Gaudé enrichit son récit avec des adjectifs saisissants et intenses, des adverbes puissants et des formules de sensations et d'émotions. Cette intensité romanesque résonne profondément en nous ; plus qu'un simple écrivain, Laurent Gaudé s'adresse directement à notre humanité, cherchant à éveiller nos émotions les plus profondes et à nous toucher en tant qu'êtres humains. Pour finir, l'auteur insère dans Salina de multiples dialogues entre les différents personnages, permettant ainsi de faire progresser l'histoire et de la rythmer. En outre, on peut remarquer que les thèmes sont récurrents : l'amour, l'exil, la guerre et la violence, la condition humaine et en particulier féminine, la quête de sens, la vengeance, la mort, la mémoire collective, la sagesse...

Des procédés romanesques 2

Ainsi, à travers ces procédés romanesques, Laurent Gaudé confère à Salina les attraits d'une légende. Il la dépeint comme un personnage "surnaturel", tant les épreuves qu'elle traverse et les souffrances qu'elle endure dépassent les limites d'un simple mortel. Salina incarne à elle seule une lutte et des valeurs : la résilience, la sagesse, la force, la persévérance, le courage, la vengeance... En ce sens, l'écriture de Laurent Gaudé renforce le caractère légendaire de l'histoire de Salina. Il lui donne une dimension épique grâce à sa narration intense et à ses descriptions puissantes. Son récit mêle lyrisme et tragédie, ce qui inscrit Salina dans une tradition de personnages mythiques.

Réinventer Salina : les trois exils

J'aurais aimé changer la partie concernant le troisième et dernier exil de Salina, en particulier ses retrouvailles avec Kano sur les terres des Djimba, où il règne désormais aux côtés de sa femme Alika. En effet, j'avoue avoir été profondément déçue et touchée par sa réaction face à Salina. C'était comme si leur histoire passée n'avait jamais existé, comme si seul comptait désormais les malheurs qui s'étaient abattus sur Salina.Bien sûr, je comprends qu'il lui en veuille pour ce qu'elle a fait subir à sa famille. Mais à aucun moment il ne cherche à comprendre si tout cela avait une raison, si ce n'était pas motivé par quelque chose de plus profond qu'un simple désir de vengeance. Il ne répond même pas à ses interrogations. À la place, j'aurais imaginé des retrouvailles différentes : Kano s'enquérant de questionner Salina sur son état et sa condition, lui évitant l'humiliation publique et tentant de comprendre. J'aurais souhaité qu'il lui permette aussi de comprendre pourquoi il n'a jamais rien dit, pourquoi il n'a jamais protesté, pourquoi il ne s'est pas battu pour eux... Bien évidemment, je ne les aurais pas fait retomber amoureux l'un de l'autre, j'aurais voulu qu'il y ait au moins des réponses, de la compréhension et de la compassion.

Mes Forêts

D'Hélène DORION

corces
rbre
ois
iel
ésert
orizon
orêts
rotte
nfini
our

Ma lecture en quelques mots

uit
ots
umière
rage
ierre
acine
emps
oir
ie

Une promenade en musique dans les poèmes 1

- "L'écorce incertaine" → To Speak of Solitude de Brambles → Dans cette section, Hélène Dorion évoque une promenade en forêt à travers des poèmes intitulés "L'horizon", "L'arbre", "Le ruisseau", "Le rocher", "Le tronc"... Cette musique douce, calme et enveloppante, m'évoque également une ballade en pleine nature, un moment paisible et simple où le temps semble ralentir, presque s'arrêter. - "Une chute de galets" → Salt Point de Julia Kent → Dans cette section, l'autrice retrace la naissance du monde, et ainsi l'écoulement du temps. Cette musique, dont la sonorité et le tempo vont crescendo en s'intensifiant progressivement, accompagne merveilleusement bien cette idée de processus créatif de fabrication : l'émergence d'une idée, la recherche, la fabrication, puis la concrétisation.

Une promenade en musique dans les poèmes 2

- "L'onde du chaos" → Plyve Kacha d'Angus MacRae et Natalia Tsupryk → Dans cette section, marquée par la tension, Hélène Dorion rappelle les menaces qui mettent en péril la nature. De la même manière, cette musique est teintée d'une tonalité très grave et dramatique, reflétant le "chaos" et le danger décrits par l'autrice. Cette musique résonne comme un signal d'alarme, un appel à la prise de conscience, ce que réalise Hélène Dorion à travers ses poèmes. - "Le bruissement du temps" → Elysian Days de Sophie Hutchings → Cette section se présente comme une réécriture de la Genèse. La poétesse y explore l'histoire collective de l'humanité. La musique, jouée au piano, me donne l'impression que chaque touche représente une étape, un être humain. Chaque note s'ajoute à l'autre jusqu'à former un tout : notre monde d'aujourd'hui.

Un poème en marche 1

  • "j'écoute cette partition/du temps/je déchiffre enfin/le désordre des branches" → à la p. 14, de la section "L'écorce incertaine", du poème "L'arbre".
  • "j'écoute un chant de vagues/qui chutent/à l'horizon/l'éternité/flotte sur la montagne" à la p. 21, de la section "L'écorce incertaine", du poème "La déchirure".
  • "si je marche/avec les ombres de ma vie/comme de lourds oiseaux/qui dévorent les promesses/ suis-je l'arbre suis-je la feuille/grugée par les saisons/je ne sais pas/ce qui se tait en moi/quand la forêt/cesse de rêver" → à la p. 28, de la section "L'écorce incertaine", du poème "Le silence".
  • "alors que j'avance/à petits pas/de l'autre côté de la nuit" → à la p. 37, de la section "L'écorce incertaine", du poème "L'aile".
  • "mes forêts sont des rivages/accordés à mes pas la demeure/où respire ma vie" → à la p. 51, de la section "Une chute de galets".
  • "quand j'ai ouvert les yeux/ce n'était plus à l'intérieur/de moi que la pluie s'immisçait" → à la p. 60, de la section "L'onde du chaos".

Un poème en marche 2

  • "entre mes doigts/le nom de l'arbre le nom de la chaire/ce peu d'écorce qu'est ma vie" → à la p. 64, de la section "L'onde du chaos".
  • "Je n'ai rien déposé/au pied du chêne rien/à l'ombre du saule/je ne me suis adressée ni aux faibles/ni aux puissants/je n'ai pas vu le veilleur/à l'entrée de la mer/pas vu le jardinier cueillir le crocus/d'un printemps/pas trouvé/le miel/[...]/je me suis assise/au milieu de ces vastes alliés/sans voix/le temps continue/de s'infiltrer dans la terre/gorge les rochers/[...]/par la lenteur du monde/je me laisse étreindre/je n'attends rien/de ce qui ne tremble pas" → aux p. 68-69, de la section "L'onde du chaos".
  • "À la table du silence/je suis cette branche/qui avance comme ca le vent/sans père ni mère/des années de nulle part/poussées vers demain/je suis cette ramille qui frémit/au bout du vide/trace un invisible chemin/vers l'horizon/chaque souffle/me dépouille d'un feuillage/me laisse vacante/comme la lumière qui va/elle aussi vers le soir" → à la p. 70, de la section "L'onde du chaos".
  • "Parfois je sarcle le sol/arrache un peu d'herbe et de mousse/je laisse mes questions/se frayer un chemin/au-dessus du néant/elles flottent/recouvrent de froid la terre nue" → à la p. 71, de la section "L'onde du chaos".

Un poème en marche 3

  • "Je m'incline souvent/devant la figure unique/d'un jeu de feuilles et de branches/[...]/et je m'incline encore/pour écouter son voyage immobile" → à la p. 75, de la section "L'onde du chaos".
  • "Je marche entre mes ombres/et ma quête de joie/[...]/j'attends un geste de lumière/posé sur l'énigme fragile" → à la p. 76, de la section "L'onde du chaos".
  • "alors que je rêve/un reste de vie/chute comme un écho/une bourrasque/hier demain/le vent se disloque/dans un grondement de clarté/alors que je rêve/vers toi mon corps s'enroule/frêles pétales/au bout de la nuit des mots/frémissent comme/ces brumes inapaisées/encerclent nos silences" → à la p. 77, de la section "L'onde du chaos".
  • "Nous sommes debout/comme après la pluie/quand flotte un monde neuf/autour de nous/les lucioles vacillent/dans un théâtre d'heures/la terre dos courbé/racines tristes/rouille sous nos pas" → à la p. 78, de la section "L'onde du chaos".
  • "Je n'entends pas le loup/il devrait hurler à la lune/qu'ébrèche le ruisseau" → à la p. 79, de la section "L'onde du chaos".

Un poème en marche 4

  • "quand la foudre me surprend/je pourrais ne plus trouver/la maison/m'enfermer/dans la nuit des autres" → à la p. 81, de la section "L'onde du chaos".
  • "Le chemin qui monte vers toi/brûle les ombres/de ma vie/je suis l'arbre foudroyé/la chute et l'envol/dans l'instant/où advient le désir/[...]/je me tiens dans le sillage/de la nuit je remonte/vers toi l'unique/présence qui jamais ne s'éteint/désir de voir toucher dire/on invente des ailleurs à la vie" → à la p. 85, de la section "L'onde du chaos".
  • "et je marche aussi/d'un pas qui repose dans l'infini/j'écoute le monde qui bruit/à travers les arbres seuls/comme des êtres occupés/à devenir leur forme singulière" → à la p. 89, de la section "L'onde du chaos".
  • "et quand je m'y promène/c'est pour prendre le large/vers moi-même" → à la p. 114, de la section "Le bruissement du temps".

L'art du trajet intérieur

À la lumière de ces vers, le trajet intérieur d'Hélène Dorion peut être décrit comme une véritable retraite spirituelle. Bien plus qu'une simple ballade en forêt au contact de la nature, cette marche devient un chemin d'introspection profonde. Elle offre à la poétesse, ainsi qu'à nous lecteurs, l'occasion de plonger dans notre moi intérieur, de partir à la découverte de notre propre complexité à travers la visite de la complexité du monde lui-même, et d'y explorer toute les facettes de notre intimité. La forêt se fait ainsi miroir de l'intimité. Hélène Dorion débute son œuvre en décrivant l'immensité naturelle qui se dresse autour d'elle. Son regard semble alors s'immiscer peu à peu dans l'intimité même de la nature afin de la connaître dans ses moindres détails. Cette proximité avec la nature s'accompagne d'un questionnement existentiel : la poétesse s'interroge sur sa propre place dans cet univers, ainsi que sur le rôle qu'elle y joue. La nature devient alors un lieux sacré, un espace spirituel, habité par une force qui la dépasse. Elle finit par se considérer comme intimement liée à "ses forêts". Toutefois, la nature est aussi un lieu paradoxal, à la fois paisible et violent, menaçant et réconfortant, obscur et lumineux. Pour ma part, il me semble que la marche puisse être une activité propice à la poésie. En effet, je pense que lorsque l'on marche sans se presser, simplement pour le plaisir ou bien par nécessité, cela favorise une certaine libération de l'esprit, un détachement du quotidien. Marcher, c'est aussi s'ouvrir à soi et s'ouvrir au monde qui nous entoure. Cependant, il me semble que l'effet de la marche dépend aussi beaucoup du lieu. Se promener en ville ou en pleine nature ne suscite pas les mêmes émotions ni les mêmes inspirations. Ainsi, la marche peut constituer un véritable éveil des sensations, nourrissant alors de nombreuses œuvres poétiques, telles que celles de la poétesse Hélène Dorion. Elle puise ses inspirations dans les ressources offertes par ses ballades en pleine nature, notamment au Canada, où les forêts y sont vastes et riches.

Mes Forêts en quelques citations 1

- La forêt comme lieu intime, exploration de soi → 1. "les forêts creusent/parfois une clairière/au-dedans de soi" (de la section "L'écorce incertaine", du poème "Les feuilles"), 2. "la forêt disperse/nos fatigues/masques et failles/de nos illusions" (de la section "L'écorce incertaine", du poème "Les vents"), 3. "mes forêts sont un long passage/pour nos mots d'exil et de survie/un peu de pluie sur la blessure/un rayon qui dure/dans sa douceur/et quand je m'y promène/c'est pour prendre le large/vers moi-même" (de la section "Le bruissement du temps"). - Les sensations → 1. "j'écoute un chant de vagues/qui chutent" (de la section "L'écorce incertaine", du poème "La déchirure"), 2. "les nuages chuchotent/à l'oreille des pierres" (de la section "L'écorce incertaine", du poème "Le Houppier"), 3. "c'est le bruit du monde/l'écoulement du temps" (de la section "Une chute de galets").

Mes Forêts en quelques citations 2

- L'écriture poétique → 1. "le bord d'une falaise/où chutent nos poèmes/et la neige/nous apprend à perdre/tout ce que l'on perdra" (de la section "L'onde du chaos"), 2. "est-ce une joie/dans le poème/qui soulève l'aube/un insondable horizon/ou ce monde incertain" (de la section "L'onde du chaos"), 3. "l'art allait nous protéger de la haine/mais la haine a continué" (de la section "Le bruissement du temps", du poème "Avant l'horizon"). - La fragilité, la rupture, la chute → 1. "au-dessus du vide/flotte un ciel/qui n'ignore pas sa fragilité/murs d'incertitude et miroir/déformé de nos rêves/on entend que revient/un désir d'orage/dans le jardin chargé de remous/le désordre d'existences/où l'on piétine la vie" (de la section "L'onde du chaos"), 2. "Il fait un temps de bourrasques et de cicatrices/un temps de séisme et de chute" (de la section "L'onde du chaos"), 3. "une forêt d'édifices/l'éternité/bâtie sur un nuage/un gouffre sous la terre/remords ténèbres débris/se transforme en rêve/- c'est beau n'est-ce pas/ou en ruines qui nous dévorent/- peut-être on a tout raté" (de la section "L'onde du chaos").

Mes Forêts en quelques citations 3

- La ville et le monde contemporain → 1. "elles sont un dessin de nature morte/ignorant les écrans/sur lesquels on les regarde/sans jamais les voir mes forêts/sont chemin de chair et marées de l'esprit/un verbe qui se conjugue lentement/loin de facebookinstagramtwitter/mes forêt sont des rivages/accordés à mes pas la demeure/où respire ma vie" (de la section "Une chute de galets"), 2. "dans nos corps/il fait un temps d'arn/de ran zip et chus/sdf et vip/il fait triple k/usa made in China/un temps de ko/pour nos émerveillements/[...]/il fait refus et rejet/un temps de pixels d'algorithmes/qui nous projettent/sur des routes invisibles/avec l'avenir comme promesse" (de la section "L'onde du chaos"), 3. "Il fait rage rivale/sur nos écrans/qui jamais ne dorment/propagent des mots/comme un venin/pénètre la surface" (de la section "L'onde du chaos"). - L'humanité → 1. "au commencement/il n'y avait ni dieux ni humains/ni souffle ni solitude/[...]/on s'est nourri reproduit reposé" (de la section "Le bruissement du temps", du poème "Avant l'aube"), 2. "La terre a commencé à recueillir nos histoires" (de la section "Le bruissement du temps", du poème "Avant l'horizon"), 3. "le temps jamais ne s'arrête/nous dit l'arbre/ nous dit la forêt/et sur la branche du présent/un poème murmure/un chemin caste et lumineux/qui donne sens/à ce qu'on appelle humanité" (de la section "Le bruissement du temps", du poème "Avant la nuit").

Merci de votre attention !

Olympe de Gouges adresse aussi des reproches aux femmes elles-mêmes, elle dénonce leur échec de ne pas avoir réussi à s'être réunies pour défendre leurs droits. Elle relève également leur naïveté, leur manque de courage et leur passivité que l'on remarque à l'emploi successif de questions rhétoriques. Cela les a conduit à plus de mépris.

Publication de Zamore et Mirza une pièce de théâtre dénonçant l'esclavage. Étant un sujet sensible, elle risque d'être envoyer à la Bastille.

Mon très cher ami, Il semblerait que la nuit n'ai pas porté ses fruits aussi bien que je l'attendais... Alors que je me vantais de l'avoir percer à jour à coups d'estocade auprès de Cliton, voilà qu'en moins d'un tournemain, ce très cher Alcippe apparaît si frais et si gaillard. Cet infâme persiste à me nuire ! Heureusement, rêver m'a encore sauvé. Me croira-tu si je te dis que mon père aussi cherche à me nuire : il brûlait vraisemblablement de voir son unique espoir. Pour que des ravissements il sente cette fois, je lui ai confié qu'Orphise était grosse et que pour ne pas hasarder sa grossesse, il lui fallait se reposer. Ne souhaitant pas s’accommoder que de cela, Géronte exigea le nom de mon beau-père dont je ne me souvenais plus l'invention. À peu de choses près je l'ai pipé, après ce mauvais pas où j'ai bronché. Pressé par le temps, il me tardait de m'engager Lucrèce, alors pour mieux lui témoigner mes flammes véritables et lui ôter son trouble, j'ai fait présent de mes pistoles à Sabine, sa dévouée femme de chambre. C'est dans l'attente de sa réaction que je t'écris ces quelques mots, J'espère te retrouver bientôt avec de meilleurs éclaircissements, Dorante

Olympe de Gouges est mariée à 17 ans, contre son gré à Louis-Yves Aubry, et devient veuve en 1766. Elle décide de rester veuve à la mort de son mari pour publier librement ses écrits et bénéficier pleinement de ses droits et de sa liberté.

Publication de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne dénonçant l'exclusion des femmes dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. On peut qualifier ce texte de "réécriture féminine" de la DDHC.

Dans cet article, on peut dire qu'Olympe de Gouges sort de la neutralité car elle emploi le terme de "préjugé barbare", elle émet donc son avis et juge les réactions masculines en dénonçant leur oppression des femmes. À cause de cela les femmes manque de liberté d'expression, elles n'osent pas reconnaître leur enfant et leur père.

Enfin, Olympe de Gouges aborde le thème de l'émancipation des femmes, de part le droit à l'éducation et de part le mariage, dont elle dénonce les faiblesses et les failles.

Avec son mari, elle cofonde le parti Walwari en 1993, et en devient la présidente. La même année, elle est élue députée de la première circonscription de Guyane jusqu'en 2012.Parallèlement, elle s'engage dans le développement économique de la Guyane, notamment en prenant la tête de divers instituts : l'association agricole Caricoop pour la Guyane, dant elle est la directrice générale de 1982 à 1985, le Centre national des arts et métiers de Guyane entre 1983 et 1988, l’Assistance technique à la pêche artisanale en Guyane entre 1985 et 1990, puis l’Office de coopération et du commerce extérieur de la Guyane (OCCE-G) entre 1990 et 1993. Elle est également membre du conseil d'administration de la Fondation Danielle-Mitterrand-France Libertés. Christiane Taubira va véritablement devenir une personnalité politique nationale en 2002, lors de sa candidature à l'élection présidentielle au nom du parti radical de gauche, duquel elle va devenir la vice-présidente jusqu'en 2004. En 2012, le Président François Hollande la nomme Garde des Sceaux et ministre de la Justice, jusqu'à sa démission en janvier 2016. Elle est à l'origine de la "loi Taubira", en 2001, loi mémorielle tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'Humanité. À la chancellerie, elle aura notamment eu la responsabilité de porter la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, qui sera promulguée le 17 mai 2013. Christiane Taubira est aussi une femme de lettres et a écrit de nombreux ouvrages portant sur ses engagements comme L'esclavage raconté à ma fille paru en 2002 et Murmures à la Jeunesse en 2016

Elle appelle à la création d'un impôt "patriotique", défend l'idée d'une Monarchie constitutionnelle et propose d'autre réformes sociales (création de maternités, droit au divorce, recherches de paternité, reconnaissance des enfants illégitimes... ). Donc la Révolution de 1789 est pour elle l'occasion de s'imposer dans les discussions.

À Paris, elle fréquente l'opéra, le théâtre et les salons comme celui de la marquise de Montesson. De plus, Olympe de Gouges monte sa troupe de théâtre. Sensible aux questions progressistes de l'époque, elle milite pour la condition de la femme et l'abolition de l'esclavage. Son écrit le plus célèbre ; Déclaration de droits de la femme et de la citoyenne, défend la cause des femmes, oubliées par les hommes durant la Révolution, prône leur émancipation et l'égalité entre les deux sexes.C'est la première femme à avoir dénoncé l'esclavage au théâtre avec sa pièce Zamore et Mirza datant en 1784, et la peine de mort dans d'autres écrits. La Révolution française donne l'occasion à Olympe de Gouges de s'imposer dans les débats d'idées et de montrer combien elle est en avance sur son temps. N'ayant pas eu une grande influence à l'époque, Olympe de Gouges est rapidement tombée dans l'oubli. Néanmoins, elle est aujourd'hui considérée comme une personnalité féminine marquante de la Révolution et son engagement pour l'égalité entre les sexes, fait d'elle une des figures précurseurs du féminisme moderne. Olympe de Gouges soutient Louis XVI lors de son procès, au point de vouloir le défendre, puis elle prend le parti des Girondins. Elle est arrêtée en juillet 1793, est convoquée devant un tribunal le 2 novembre et condamnée à la peine de mort pour la publication d'écrits politiques pendant la Révolution et pour un manifeste dans lequel elle dénonçait les crimes de la Terreur. Le jour suivant, elle est guillotinée sur la place de la Concorde (c'est la première femme à être condamnée à mort).

Dans cet article, Olympe de Gouges demande clairement à ce que les femmes possèdent les mêmes droits, les mêmes devoirs, les mêmes obligations que les hommes, et inversement. Elle suggère également que les hommes ne participent pas assez aux tâches quotidiennes, elle dénonce donc une inégalité. Alors elle demande une répartition égale droits et des devoirs.

Mère d'un petit garçon, Olympe de Gouges rejoint Paris pour pour suivre son amant Jacques Biétrix de Rozières et mener une vie de femme de lettre engagée dans la Révolution française.

Mon cher Octave, Bien que Philiste soit intervenu avant que nous nous battions, il n’en demeure pas moins qu’Alcippe souhaitait à tout prix voir couler mon sang dans le sien alors même que je ne connaissais la raison de son courroux. Je suis parvenu malgré tout, à me dégager de cet embarras en dissipant tout ombrage : il paraît que désormais, la Dame à qui j’ai donné Musique le soir dernier, soit mariée. En dépit de cela, mon entrevue avec la belle Lucrèce ne s’est pas aussi bien déroulé que je ne l'aurais pensé. Elle m’a relaté toutes mes pièces les unes après les autres, alors je n’ai pas manqué de lui rappeler les raisons de ces inventions dont elle seule est la cause. Il semblerait que mon effronterie ne l’ai pas ravi car c’est avec mépris qu’elle m’a congédié. Je n’ai d’ailleurs pas compris, pourquoi m’accusait-elle d’avoir parlé d’amour à Clarice alors que seulement à Lucrèce j’ai parlé. Quant à mon cher valet, il pense que plus jamais elle ne me croira, et que de ces traverses mes bourdes inventées n’ont plus l’effet escompté. Il me tarde d’aller sur le chevet, rêver quelque moyen pour me sauver, À bientôt, Dorante

Tout d'abord, Olympe de Gouges débute par critiquer la Monarchie absolue en élogiant les idées des Lumières et ainsi la Révolution : "Le puissant empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l’usurpation." Elle poursuit cette description dépréciative tout au long du passage, à tel point que les femmes devaient user de leurs charmes. Elle dénonce par la même occasion la société de l'Ancien Régime et à quel prix cette Révolution s'est faite ; au prix des droits et de la liberté des femmes : "L’homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers." Elle commence donc par dresser un bilan de la Révolution, elle y souligne une contradiction entre les principes promis et leur application.

En 2001, Laurent Gaudé se lance dans l'écriture romanesque et publie son premier roman, Cris, consacré aux atrocités de la Première Guerre Mondiale.L’année suivante, en 2002, il reçoit le Prix Goncourt des Lycéens avec La mort du roi Tsongor, son deuxième roman, avant d'obtenir le Prix des Libraires en 2003 pour cette même œuvre. En 2004, il est lauréat du Prix Goncourt et du Prix Jean-Giono pour Le Soleil des Scorta, un roman se déroulant dans les Pouilles, en Italie, sa terre d’adoption. Par la suite, Laurent Gaudé entreprend une série de voyages au Port-au-Prince, au Kurdistan irakien, au Bangladesh et dans la jungle de Calais. Ces diverses excursions donnent lieu à des reportages journalistiques, à des romans comme Eldorado (2006) sur le sort des migrants ou Danser les ombres (2013) sur le séisme qui a frappé Haïti en 2010, ou encore à des poèmes qu’il publiera en 2017 sous la forme d’un recueil intitulé De sang et de lumière. Les voyages sont pour lui l'occasion de découvrir le monde dans sa pluralité, et ainsi de retranscrire ses découvertes par écrit afin de faire entendre la voix des disparus ou des plus démunis. Son dixième roman, qui est en réalité une adaptation de sa propre pièce de théâtre, Salina : les trois exils, paraît en 2018 et remporte divers prix à la Réunion. L'année d'après, en 2019, Laurent Gaudé publie Nous, l'Europe : banquet des peuples, une œuvre poétique qui obtient le Prix du livre Européen. La même année, ce texte est créé au Festival IN d'Avignon, dans une mise en scène de Roland Auzet.

Naissance d'Olympe de Gouges à Montauban.

En juillet 1793, elle est arrêtée et tenue en captivité jusqu'au 2 novembre 1793, où elle est jugée et condamnée à la peine de mort, notamment pour avoir pris opposition à Robespierre et à Marat. Elle est guillotinée le lendemain.

Dans cet article, on peut penser qu'Olympe de Gouges sort de la neutralité car elle dénonce la "tyrannie" dont les hommes font preuve. Ainsi, elle demande à ce que les droits légitimes des femmes leurs soient rendus, ceux que les hommes leur ont retiré. Ce terme "tyrannie" n'est pas neutre, il n'est d'ailleurs pas employé dans la DDHC.

Mon très cher Octave, Mon adresse d'esprit a enfin porté ses fruits alors que mon père était résolu à me désavouer ; il semblerait que quelqu'un lui ai révélé tout mon artifice, j'ai du alors lui avouer l'objet dont mon cœur est charmé, il a ainsi accepté de porter parole au père de Lucrèce. Sabine m'a après confié, que peut-être elle m'aimera quand elle me croira. Je pensais être le seul à avoir assez d'adresse pour duper, mais ces Dames m'ont prouvé mon erreur, et j'ai du changer de batterie et prétendre avoir su connaître Clarice que je pensais être Lucrèce. Lucrèce a secondé mes vœux, et Clarice ceux d'Alcippe. Après tant d'ennuis, c'est avec grâce que je m'en suis tiré mais j'ai appris, que de ma propre fourbe je me suis embarrassé. J'espère bientôt te revoir pour mieux te conter mes affaires endurées, Ton cher ami, Dorante

Mon cher et grand ami, Me voilà bien arrivé à la très florissante capitale, réputé pour être le théâtre du beau monde et des galanteries, j'espère en profiter pleinement ! Aussitôt installé, je me suis rendu aux très renommées Tuileries où j'ai fait la connaissance de Dames, dont une plus qu'aimante. Il est évident que j'ai pris le soin de lui compter ma flamme en lui dévoilant tous mes attraits de galant homme. Mon très cher valet, Cliton, craint qu'elle n'apprenne ma grimace et redoute un malheureux succès, mais cette dénommée Lucrèce n'en saura rien. Même toi Octave, tu ne doutes plus de mon adresse à duper, à ce titre j’ai présumé avoir donné Musique à quelque Dame. Je ne manquerai pas de t'avertir du reste de ces affaires, À bientôt, Dorante

Mon cher ami, Il semblerai que depuis mon dernier billet, mes desseins ai été troublés : mon père souhaite me lier d’Hyménée à une certaine Clarice alors que mon cœur est déjà pris par Lucrèce. Il m’a fallu alors jouer d’adresse pour le convaincre de se dégager du père de Clarice ; je lui ai confié avoir une maîtresse à Poitiers, une dénommée Orphise. J’ai eu raison de le duper, en effet Lucrèce m’a plus tard adressé un billet pour la rencontrer. Mais ma menterie au sujet du divertissement passé semble avoir offensé mon vieil ami Alcippe, dont l’âme est saisie de jalousie. Il est maintenant brûlé par l’ardeur de me quereller. Ne t’en fais pas, je te tiendrai informé de ces derniers ennuis, À bientôt, Dorante

J'ai choisi d'associer ce passage de L'esclavage raconté à ma fille au roman Un sac de billes de Joseph Joffo car dans cet extrait Christiane Taubira aborde la notion du "Nous" et ainsi, la diversité et l'unicité de l'humanité, qu'elle défend tout au long de son ouvrage.Quant à Joseph Joffo, il retrace l'histoire de deux jeunes frères juifs touchés par l'antisémitisme, au temps de la Seconde Guerre Mondiale, entre 1941 et 1944. À travers son œuvre il traite de la diversité ethnique et culturelle. Ces deux auteurs évoquent donc l'inclusion, et leurs œuvres elles-mêmes constituent un moyen de "rendre accessibles, compréhensibles et rassurant les mystères que contient la rencontre entre êtres différents". Même si ces livres ne traitent pas des mêmes sujets, le racisme et l'antisémitisme sont des discriminations ayant conduit à des "crimes contre l'Humanité" ; la traite, l'esclavage et la Shoah. Il n'en demeure pas moins que Christiane Taubira et Joseph Joffo se battent pour les mêmes idées : le devoir de mémoire, l'égalité et la promotion de la diversité, de l'inclusivité, des différences, peu importe leur nature, et de l'unicité. Ils souhaitent aussi dénoncer les atrocités qu'ont causées ces crimes et la responsabilité des différents acteurs qui y ont participé.

Elle assimile aussi le législateur français au Christ : "Qu’auriez-vous à redouter pour une si belle entreprise ? Le bon mot du législateur des noces de Cana ?" et ainsi elle fait allusion à l'oppression du christianisme et la posture de soumission dans laquelle les femmes sont maintenues.Olympe de Gouges compare la soumission des femmes à celle des esclaves, et dénonce donc par la même occasion l'esclavage.