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Analyse linéaire n°2 : Ma bohème, Les Cahiers de Douai, Rimbaud
Marie Sprauer
Created on September 3, 2024
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Transcript
Ma Bohème
Cahiers de Douai
Arthur Rimbaud
START
Lecture linéaire n°2
texte
introduction
Mouvement 1
Mouvement 2
Mouvement 3
Mouvement 4
Conclusion
Introduction
· Amorce : contexte littéraire, historique ou anecdote· Présenter l'auteur et l'oeuvre · Présenter le texte · Problématique · Annonce du plan
Mouvement 1
Un fuguer espiègle dévoué à la Muse
I Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;Mon paletot aussi devenait idéal ; J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal ; Oh ! là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées
Ma bohème
L'usage du verbe "devenait" au vers 2 montre que le vêtement est transformé par le contexte / le bonheur éprouvé lors du voyage.La fin du premier mouvement marque une libération de l'imaginaire au vers 4 avec le verbe "ai rêvées".
L'emploi récurrent de marques de la 1ère personne du singulier marque une dimension autobiagraphique certaine. L'usage du déterminant possessif « Ma » dans le titre met en avant une appropriation totale de cette errance.
I Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;Mon paletot aussi devenait idéal ; J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal ; Oh ! là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées
Dimension autobiographique
Transfiguration du monde
Les différents verbes de mouvement marque le départ de la fugue. Cependant, l'absence de destination évoquée crée l'idée d'une errance. La formulation renvoie à la notion de départ et non de destination. Le CCL "sous le ciel" au vers 3 marque l'immensité du monde à parcourir.
Mise en place de la fugue
Les "poches crevées" au vers 1 suggèrent l'image d'un vêtement abîmé qui renvoie à la pauvreté. Tout comme le "paletot" du vers 2 qui devient "idéal", c'est-à-dire tellement déchiré qu'il n'est plus qu'une idée. Ces deux élèments préparent l'idée du Petit-Poucet qui sera introduite dans le deuxième mouvement.L'interpellation de la "Muse" au vers 3 crée un effet de dialogue et une proximité avec la Muse (divinité antique qui représentait un art) qui reprèsente la poésie. Avec le terme "féal" Rimbaud se met au service de la poésie, le voyage en est la source d'inspiration.L'usage de la conjonction de coordination "et" du vers 3 crée un lien de cause à effet entre le voyage ("j'allais sous le ciel") et le fait que Rimbaud se mette au service de la poésie : la liberté acquise semble permettre de libérer la création. Puis, au vers 4, l'arrivée de la ponctuation expressive : "Oh ! là ! là" après la mise en place du lien entre voyage et poésie marque une modernité dans l'écriture de Rimbaud. Enfin les "amours" représentent une thématique classique de la poésie et un thème évident pour un adolescent de 16 ans...
La poésie comme symbole
Mouvement 2
II Mon unique culotte avait un large trou. Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
Petit-Poucet pauvre mais heureux
"L'unique culotte" au vers 5 marque un lien avec la pauvreté. Le poéte n'a qu'un seul vêtement = dénuement. Nous pouvons aussi noter l'intertextualité avec le petit poucet qui est abandonné par ses parents qui ne peuvent pas le nourrir (pauvreté).Le "large trou" rappelle les "poches crevées" du 1er quatrain. Le poète dort "à la Grande-Ourse" v7, c'est-à-dire à la belle étoile.
II Mon unique culotte avait un large trou. Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
La pauvreté
L'adjectif "rêveur" du vers 6 marque une forme bonheur et d'insouciance.La notion de "course", qui renvoie à l'idée de rapidité, renforce la mise en valeur de la fuite et de la joie éprouvée. Finalement, le poète, malgré sa pauvreté est heureux. L'image de la "Grande-Ourse" au vers 7 est poétique et suggère en fait le bien-être de l'adolescent et sa liberté.
Le poète se nomme lui-même "Petit Poucet" au vers 6. Cette association organise le sens global du poème. Le verbe "égrenais" signifie semer derrière lui. Ici, nous pouvons observer une métaphore filée qui renvoie au conte quand le petit poucet laisse tomber des cailloux derrière lui... Au vers 7, le rejet met le COD "Des rimes" en valeur. C'est une forme de mimétisme: le rejet imite le caillou (ou la rime) qui tombe par terre. Le poète devient lui-même le Petit-Poucet
Un bonheur simple
Un poète en Petit-Pöucet
Mouvement 3
communion avec la nature
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou III Et je les écoutais, assis au bord des routes, Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou III Et je les écoutais, assis au bord des routes, Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
Au vers 8, le déterminant possessif "Mes" marque une appropriation et une proximité avec la nature, confirmées par la personnification qui suit.Au vers 10, le déterminant démonstratif "Ces" associé à l'adjectif qualificatif positif "bons" signifie à nouveau une proximité avec la nature. Tout cela se déroule pendant le mois de "septembre" qui marque la fin de l'été et une forme de douceur estivale.
Le "frou-frou" au vers 8 évoque le bruit d'une robe (sens de l'ouïe). Au vers 9 l'ouïe est aussi évoqué avec le verbe "écoutais". Le verbe "sentais" du verbe 10 renvoie lui au toucher.
Appel aux sens
s'approprier la nature
Au vers 8, les "étoiles" sont personnifiées et féminisées avec le doux "frou-frou". Cette idée renvoie au 4eme vers "que d'amours splendides j'ai rêvées" en marquant l'imagination adolescente.La comparaison "comme un vin de vigueur" du vers 11 établit un lien entre nature et force. Le poète tire son énergie de son lien avec la nature.
Une erranceinspiratrice
Mouvement 4
Parodie et symbole de la poésie
IV Où, rimant au milieu des ombres fantastiques, Comme des lyres, je tirais les élastiques De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !
Le jeune poète se place explicitement en position de créateur avec l'emploi du participe présent "rimant" au vers 12. La comparaison : "Comme des lyres, je tirais les élastiquesDe mes souliers blessés, un pied près de mon coeur" au vers 13-14 permet d'associer un élément trivial (les élastiques des souliers) à une référence à la poésie (lyre traditionnellement associée à la poésie). L'antéposition du comparant par rapport au comparé met les "lyres" en valeur. En métrique un "pied" v.14 est l'équivalent d'une syllabe. Ce double sens poursuit la métaphore filée de la poésie --> proximité avec la poésie confirmée.
IV Où, rimant au milieu des ombres fantastiques, Comme des lyres, je tirais les élastiques De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !
L'enjambement : "je tirais les élastiques" du vers 13-14 peut mimer le mouvement de l'élastique : (sujet / verbe / début du COD) // "de mes souliers blessés" (CDN qui complète le COD au vers suivant). Les "souliers blessés" renvoie encore une fois à l'idée de pauvreté et marque la longueur de la fugue.
Fugue inspiratrice
Le mouvement de l'elastique
L'adjectif "fantastique" v.12 peut renvoyer à l'émerveillement éprouvé par le jeune poète. Il permet aussi de renforcer la métaphore filée du Petit-Poucet avec l'univers des contes merveilleuxLe "coeur" qui marque la fin du poème est le siège des sentiments, l'emploi de l'exclamation marque également un enthousiasme certain. Finalement, le réel est magnifié sous le regard du jeune poète fugueur.
Un poète enthousiaste
Conclusion
Ce sonnet révèle la vision rimbaldienne de la poésie, où l'acte créateur est inséparable de l'expérience vécue. Rimbaud transforme la réalité la plus triviale en matière poétique, glorifiant la liberté, la nature et la créativité.
Rappel des idées importantes en s'aidant des mouvements :"Ma Bohème" de Rimbaud présente une structure en quatre mouvements : le poème commence par l'évocation de la fugue, où le jeune poète s'échappe du quotidien. Puis, la pauvreté devient une réalité tangible, sublimée par la communion avec la nature. Enfin, la poésie triomphe, transformant cette errance en une véritable épopée créative.
Le motif de l'errance poétique que l'on trouve dans "Ma Bohème" sera repris par d'autres poètes tels qu'Apollinaire, qui dans "Alcools", exalte également la liberté à travers le voyage et l'imaginaire. L'errance poétique devient ainsi un symbole intemporel de la quête de soi et de la liberté créatrice.
Comment Rimbaud, dans ce sonnet, fait-il l'éloge de la liberté en associant le voyage et la poésie ?
Annonce du plan :
Nous analyserons d'abord le thème de la fugue (vers 1 à 4), puis nous verrons comment Rimbaud exprime la pauvreté dominante (vers 5 à 7). Nous nous pencherons ensuite sur la communion avec la nature (vers 8 à 11), pour enfin conclure sur la manière dont la poésie sublime cette réalité (vers 12 à 14).
Ma Bohème
Le poème "Ma Bohème" de Rimbaud est un sonnet qui décrit une fugue poétique où le jeune poète célèbre sa liberté, malgré la pauvreté, en communion avec la nature. Ce sonnet, composé de quatorze alexandrins, se divise en quatre mouvements : la fugue, la pauvreté, la communion avec la nature, et la domination de la poésie sur le réel. Les quatrains suivent des rimes embrassées (ABBA), tandis que les tercets présentent des rimes croisées (CCD, EED), ajoutant une musicalité et une harmonie qui renforcent l'expression poétique du texte.
I On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. - Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, Des cafés tapageurs aux lustres éclatants ! - On va sous les tilleuls verts de la promenade. Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ! L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ; Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin - A des parfums de vigne et des parfums de bière...
Rimbaud, les Cahiers de Douai :
Arthur Rimbaud (1854-1891) a révolutionné la poésie moderne avec ses Cahiers de Douai, publiés en 1870 alors qu'il était encore adolescent. Cette collection comprend vingt-trois poèmes qui s'inspirent de formes fixes, tels que des sonnets et des ballades, exprimant une sensibilité intense et une quête de liberté. Les poèmes présentent une diversité de thèmes, allant de l'amour à la révolte en passant par la quête spirituelle, et témoignent des expérimentations audacieuses de Rimbaud avec la langue et la structure poétique. Les Cahiers de Douai offrent un regard fascinant sur les tourments intérieurs et les aspirations tumultueuses d'un jeune poète en plein éveil artistique. Ils marquent le début d'une révolution poétique qui influencera de nombreux écrivains à venir, faisant de Rimbaud une figure emblématique de la littérature.
Conclusion :
En conclusion, le poème "Roman" de Rimbaud, extrait des Cahiers de Douai, illustre magistralement la vivacité de l'expérience amoureuse adolescente tout en la poétisant avec une forme structurée et rythmée. À travers la représentation des amourettes adolescentes, Rimbaud offre un tableau vivant des plaisirs de la jeunesse, où l'alcool, les jeunes filles et les cafés agités jouent un rôle central. Cette poésie révèle ainsi une recherche de l'absolu dans l'expérience amoureuse, tout en la teintant d'une certaine mélancolie propre à l'adolescence. Le poète parvient à généraliser son expérience personnelle pour en faire un miroir de l'âme humaine, révélant ainsi la nature universelle des tourments et des joies de la jeunesse. De plus, à travers l'utilisation de l'ironie, Rimbaud se moque subtilement de la poésie amoureuse conventionnelle, traitant cet enthousiasme juvénile avec un mélange d'humour et de distance critique, ce qui confère une dimension supplémentaire à son exploration des tumultes de la passion adolescente. Les poèmes "Roman" de Rimbaud et "A une passante" de Baudelaire partagent une fascination pour les rencontres fugaces dans un cadre urbain. Ils expriment également le désir d'évasion et de liberté à travers l'amour et la poésie. Ainsi, ces œuvres se rejoignent dans leur exploration des thèmes de la passion, de la liberté et de l'évasion, incarnant l'idée d'émancipation créatrice propre au parcours "Emancipations créatrices".
Problématique :
Comment Rimbaud, dans ce sonnet, fait-il l'éloge de la liberté en associant le voyage et la poésie ?
I On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. - Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, Des cafés tapageurs aux lustres éclatants ! - On va sous les tilleuls verts de la promenade. Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ! L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ; Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin - A des parfums de vigne et des parfums de bière...
Amorce :
La figure du poète vagabond, cherchant l'inspiration dans l'errance et la pauvreté, est un motif récurrent dans la littérature du XIXe siècle. On la retrouve chez des auteurs tels que Baudelaire, qui évoque la figure du flâneur dans Les Fleurs du Mal, ou Hugo dans Les Contemplations. Arthur Rimbaud, avec son poème "Ma Bohème", incarne cette quête de liberté et d'absolu à travers une errance adolescente..