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Explication linéaire n°3 : Le Dormeur du val
Marie Sprauer
Created on September 2, 2024
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Transcript
Le Dormeur du Val
Cahiers de Douai
Arthur Rimbaud
START
Lecture linéaire n°3
texte
introduction
Mouvement 1
Mouvement 2
Mouvement 3
Mouvement 4
Conclusion
Introduction
· Amorce : contexte littéraire, historique ou anecdote· Présenter l'auteur et l'oeuvre · Présenter le texte · Problématique · Annonce du plan
Mouvement 1
Une description méliorative de la nature v1-4
I C'est un trou de verdure où chante une rivière Accrochant follement aux herbes des haillons D'argent ; où le soleil de la montagne fière, Luit : C'est un petit val qui mousse de rayons
IC'est un trou de verdure où chante une rivière Accrochant follement aux herbes des haillons D'argent ; où le soleil de la montagne fière, Luit : C'est un petit val qui mousse de rayon
La présence des différents éléments (terre, feu, eau) crée un tableau très visuel et mélioratif. Le poète semble mettre en avant un thème aquatique avec la "rivière" au vers 1. Le feu, est lui aussi représenté par le "soleil" du vers 3. Finalement, tout le reste du champ lexical renvoie à la terre.
Champ lexical de la nature
Enfin, nous pouvons repérer des références à la lumière : "haillons d'argent" v2-3 avec ce rejet qui met en avant le côté lumineux, "soleil" v3 ou encore "luit" et "rayon" au vers 4. Le but est de proposer une nature chaleureuse, éblouissante qui, encore une fois, est en opposition avec la chute du sonnet.
La nature est personnifiée en la caractérisant avec un vocabulaire qui correspond plutôt à l'humain : "fière" au vers 3. Les verbes d'actions comme "chante" v1 ou "mousse" v3 renforce cette personnification. Cela a pour but de rendre cette nature encore plus vivante face à la chute du sonnet.
La lumière
une nature personifiée
Mouvement 2
II Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue, Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
le soldat, une description lointaine
II Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue, Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
En faisant référence à son âge, Rimbaud inspire la pitié lors d'une seconde lecture. Quand le lecteur saura qu'il est mort cela rendra la guerre encore plus cruelle.
La pitié du lecteur
Enfin, nous constatons une symbiose entre le soldat et la nature. Cette dernière est accueillante et le soldat va se fondre en elle. Ils ne font plus qu'un.
Symbiose
Ce soldat est "jeune, bouche ouverte, tête nue" v1. Il "dort" v3, il est "étendu" v3. On dirait qu'il fait la sieste, il n'y a aucune référence explicite à la mort dans l'objectif de choquer plus profondément le lecteur lors de la révélation finale. C'est dans cette perspective qu'on peut analyser le rythme ternaire du premier vers : "jeune, bouche ouverte, tête nue" qui crée un rythme doux, contraire à la violence de la mort. Nous pouvons repérer le verbe "dort" v3, mis en avant grâce au rejet. C'est un euphémisme qu'on ne comprend qu'à la seconde lecture.
Des apparences trompeuses
Mouvement 3
Un doute qui s'installe
III Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme : Nature, berce-le chaudement : il a froid.
•Le poète présente toujours le soldat comme un être qui est endormi : il "dort" v9 et "fait un somme" v8. Ici, le champ lexical du sommeil crée une dimension inquiétante car Rimbaud insiste fortement dessus. Ce procéde suscite un doute chez le lecteur.
Un sommeil profond ?
III Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme : Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les "glaïeuls" sont des fleurs que l'on retrouve dans les cimetières, ici cela donne une tonalité morbide au poème, annonçant la chute à venir.
référence à la mort
Ce doute est renforcé par la comparaison "Souriant comme Sourirait un enfant malade" au vers 9. Le sourire n'est plus associé à la joie mais à la maladie, donc relié à la mort. L'enjambement dans les vers 8 et 9 permet de mettre en valeur cette comparaison, augmentant, encore une fois, le doute du lecteur
Comparaison inquiétante
L'antithèse au dernier vers de ce tercet : "chaudement" et "froid" insiste sur la froideur du corps du soldat. C'est encore une fois une référence implicite à la mort par opposition à la chaleur qui est associé à la vie et à la nature.
L'apostrophe à la nature "Nature, berce-le chaudement" au vers 10 érige cette dernière comme une figure maternelle, protectrice à travers une personnification. De quoi le soldat a-t-il besoin d'être protégé ? Le verbe "bercer" à l'impératif va mettre en relief l'urgence de le bercer, comme si c'était vital
Une opposition, nature VS soldat
Une nature protectrice
Mouvement 4
la révélation de la mort
IVLes parfums ne font pas frissonner sa narine Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine, Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
La négation dans le premier vers de ce tercet crée la surprise chez le lecteur. Pourquoi le soldat ne réagit-il pas aux parfums ? Ces parfums sont d'ailleurs retranscrit à travers l'allitération en S et en F (= mimétique des parfums) dans le même vers. En effet, les sons "s" et "f" sont doux, légers et sifflants. Ils rappellent le murmure de l'air ou du vent, ce qui peut faire penser à la diffusion discrète et volatile des parfums dans l'air.
IVLes parFums ne Font pas FriSSonner sa narine Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine, Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
L'insensibilité aux parfumst
L'adjectif "tranquille" est rejeté au dernier vers du tercet dans l'objectif de mettre en avant l'attitude sereine du soldat. Mais cette insistance est anormale, c'est le dernier moment avant la révélation finale.
Le doute jusq'au dernier moment
Dans cette révélation, Rimbaud ne dit pas explicitement que le soldat est mort. C'est un euphémisme, le vocabulaire de la mort est absent. En revanche, le lecteur comprend qu'il a été tué par balle. D'ailleurs, les "trous rouges" rappellent le "trou de verdure" au vers 1, créant un effet de boucle opposant la mort du soldat à une nature extrêmement vivante.
Dans le vers 13, nous pouvons, encore une fois, repérer une occurrence au verbe dormir : 'il dort". Cette insistance permet au lecteur de comprendre définitivement que quelque chose ne va pas. Il dort "la main sur la poitrine", cette position peut caractériser une position naturelle pour un homme qui fait un somme, mais également la position de l'homme qui a éprouvé une douleur à cet endroit = ambivalence entre la vie et la mort.
Une révélation qui ferme la boucle
Une ambivalence entre vie et mort
Conclusion
il est évident qu'Arthur Rimbaud dénonce avec subtilité la violence et l'absurdité de la guerre. À travers la juxtaposition d'une nature luxuriante et apaisante avec l'image d'un soldat mort, le poète met en lumière l'innocence sacrifiée et l'horreur silencieuse de la guerre. En confrontant ces deux réalités, il nous invite à réfléchir sur la contradiction entre la beauté du monde et la brutalité des conflits humains.
Rappel des idées importantes en s'aidant des mouvements : Premier mouvement : e cadre du « roman » (I) Deuxième mouvement : la rencontre, l’idylle (II et III) Troisième mouvement : la fin du roman et la fin de l’été (IV)
Ce poème s'inscrit dans la lignée des œuvres de nombreux artistes et écrivains engagés qui, à travers les siècles, ont utilisé leur plume pour dénoncer la guerre. On pourrait penser à d'autres poètes comme Guillaume Apollinaire avec Calligrammes, où la guerre est également évoquée de manière poétique, mais toujours avec une volonté de souligner l'inutilité du sacrifice humain. Nous pouvons aussi souligner que le poème d'Arthur Rimbaud a été réactulisé par McSolaar dans sa chanson "La concubine de l'hémoglobine".
Comment Arthur Rimbaud crée-t-il une opposition entre une nature vivante et un soldat mort afin de dénoncer la guerre ?
Annonce du plan :
Mouvement 1 : description méliorative de la nature v1-4Mouvement 2 : le soldat, une description lointaine v5-8 Mouvement 3 : un doute qui s’installe v9-11 Mouvement 4 : la révélation de la mort v12-14
Le Dormeur du val
Durant son adolescence, Arthur Rimbaud fait de nombreuses fugues, qui vont lui inspirer l'écriture de certains des poèmes qui composent les Cahiers de Douai.C'est le cas du poème "Le Dormeur du val", écrit en 1870 : lors d'une escapade durant la guerre franco—prussienne, le poète se retrouve face au cadavre d'un soldat dans une nature magnifique. Rimbaud écrit donc ce sonnet (2 quatrains et 2 tercets en alexandrins) suite à une expérience personnelle.
Rimbaud, les Cahiers de Douai :
Arthur Rimbaud (1854-1891) a révolutionné la poésie moderne avec ses Cahiers de Douai, publiés en 1870 alors qu'il était encore adolescent. Cette collection comprend vingt-trois poèmes qui s'inspirent de formes fixes, tels que des sonnets et des ballades, exprimant une sensibilité intense et une quête de liberté. Les poèmes présentent une diversité de thèmes, allant de l'amour à la révolte en passant par la quête spirituelle, et témoignent des expérimentations audacieuses de Rimbaud avec la langue et la structure poétique. Les Cahiers de Douai offrent un regard fascinant sur les tourments intérieurs et les aspirations tumultueuses d'un jeune poète en plein éveil artistique. Ils marquent le début d'une révolution poétique qui influencera de nombreux écrivains à venir, faisant de Rimbaud une figure emblématique de la littérature.
Conclusion :
En conclusion, le poème "Roman" de Rimbaud, extrait des Cahiers de Douai, illustre magistralement la vivacité de l'expérience amoureuse adolescente tout en la poétisant avec une forme structurée et rythmée. À travers la représentation des amourettes adolescentes, Rimbaud offre un tableau vivant des plaisirs de la jeunesse, où l'alcool, les jeunes filles et les cafés agités jouent un rôle central. Cette poésie révèle ainsi une recherche de l'absolu dans l'expérience amoureuse, tout en la teintant d'une certaine mélancolie propre à l'adolescence. Le poète parvient à généraliser son expérience personnelle pour en faire un miroir de l'âme humaine, révélant ainsi la nature universelle des tourments et des joies de la jeunesse. De plus, à travers l'utilisation de l'ironie, Rimbaud se moque subtilement de la poésie amoureuse conventionnelle, traitant cet enthousiasme juvénile avec un mélange d'humour et de distance critique, ce qui confère une dimension supplémentaire à son exploration des tumultes de la passion adolescente. Les poèmes "Roman" de Rimbaud et "A une passante" de Baudelaire partagent une fascination pour les rencontres fugaces dans un cadre urbain. Ils expriment également le désir d'évasion et de liberté à travers l'amour et la poésie. Ainsi, ces œuvres se rejoignent dans leur exploration des thèmes de la passion, de la liberté et de l'évasion, incarnant l'idée d'émancipation créatrice propre au parcours "Emancipations créatrices".
Problématique :
Comment Arthur Rimbaud crée-t-il une opposition entre une nature vivante et un soldat mort afin de dénoncer la guerre ?
I On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. - Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, Des cafés tapageurs aux lustres éclatants ! - On va sous les tilleuls verts de la promenade. Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ! L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ; Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin - A des parfums de vigne et des parfums de bière...
Amorce :
Dans sa chanson "La Concubine de l’hémoglobine", MC Solaar rappelle : « Le Dormeur du Val ne dort pas / Il est mort et son corps est rigide et froid ». Ces paroles résument parfaitement la brutalité dissimulée dans le poème de Rimbaud, où la mort se cache derrière l’apparente quiétude d’un paysage naturel.