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Sceaux cool ! v7

REGION GRAND EST

Created on August 26, 2024

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Transcript

Une exposition des sceaux du chartrier de Niedernai

Sceaux cool !

Parcours classique

Parcours ludique

Montre-moi juste un exemple

Qu'est-ce qu'un sceau ?

D'où viennent les sceaux que vous allez nous présenter ?

Je me sens prêt à attaquer l'exposition

J'aimerais juste un point sur le contexte historique

Montre-moi juste un exemple

Qu'est-ce qu'un sceau ?

D'où viennent les sceaux que vous aller nous présenter ?

Je me sens prêt à attaquer l'exposition

J'aimerais juste un point sur le contexte historique

Que représente-t-il ?

Qu'est-ce qu'un sceau ?

Depuis quand existe-t-il ?

Les sigillants ont-ils un seul sceau ?

Qui possède un sceau ?

L'attache

La cire

La légende

Les dimensions

Le revers du sceau

L'iconographie

La famille Landsberg

Le chartrier de Niedernai ?

Quelle est son origine et son histoire ?

L'Alsace au Moyen Âge

Depuis le IXe siècle (traité de Meersen) jusqu’au règne de Louis XIV (traités de Westphalie), l’Alsace fait partie du Saint-Empire romain germanique. Elle est divisée en deux landgraviats : celui de Basse-Alsace détenu par la famille de Werd puis acheté au XIVe siècle par les évêques de Strasbourg et celui de Haute-Alsace détenu par les Habsbourg. À partir du milieu du XIIIe siècle, la région se fragmente en une mosaïque de territoires gouvernés par des seigneurs plus ou moins importants, laïcs ou ecclésiastiques (Ribeaupierre, Rathsamhausen, Lichtenberg, évêché de Strasbourg, abbaye de Murbach, etc.). L’Alsace se caractérise aussi par un réseau dense de villes dont les plus importantes sont Strasbourg et les dix villes regroupées de 1354 à 1679 au sein d’une ligue peu organisée nommée la Décapole.

Les sceaux des Lichtenberg

Les sceaux des ducs de Lorraine

Les sceaux des Habsbourg

Les armoiries des Habsbourg

Le grand sceau de Frédéric III

Les sceaux des vassaux des Landsberg

Les sceaux des femmes nobles

Les sceaux des évêques de Strasbourg

Les armoiries des évêques de Strasbourg

Les sceaux des abbayes

Les sceaux des chapitres

Les sceaux des ordres mendiants

Les sceaux des curés

Les sceaux des tribunaux

Les sceaux des villes

Les sceaux des bourgeois

Les sceaux des métiers

Gare aux faux !

Il faut croire que c'est la fin

Parcours ludique

A toi de choisir !

Questions pour un sigillant

Sceaux et drames familiaux

Premier niveau

Deuxième niveau

Dernier niveau

1.

2.

3.

Parcours classique

Sceaux et drames familiaux

Sceaux et drames familiaux

Charte n°1

Charte n°1

Que faire ?

Vous vous rendez en ville en espérant trouver des indices

Vous fouillez les archives en espérant trouver le sceau du père

Vous interrogez les autres frères

Vous revenez vers l'ainé

Que faire ?

Vous fouillez les archives en espérant trouver le sceau du père

Vous interrogez les autres frères

Vous vous rendez en ville en espérant trouver des indices

Vous êtres prêt.e à donner votre verdict

Vous revenez vers l'ainé

Charte n°2

Questions pour un sigillant

Parcours classique

Avant de partir !

Sachez que nous n’avons consulté aucun document pour cette exposition. En effet, tous les sceaux qui ont été présentés proviennent de la base Sigilla. La base est une base scientifique des sceaux conservés en France portée par un consortium de laboratoires de recheche dont l'ARCHE UMR 3400 de l'Université de Strasbourg. Au niveau régional, le projet en sciences participatives SigiAl a été lancé en 2019. Il vise à faire travailler ensemble trois types d'acteurs pour alimenter la base nationale Sigilla en sceaux conservés dans la région: 1. Le laboratoire ARCHE pilote le projet au niveau scientifique et en gère les aspects pratiques. 2. Les dépôts d'archives présents sur le territoire des deux départements alsaciens (Archives départementales, Archives municipales et Archives de la Région Grand-Est) mettent à disposition leurs collections de sceaux et facilitent la collecte. 3. Le réseau de la soixantaine de bénévoles issus de la société civile, formés et encadrés par l'équipe SigiAl. Vous pouvez les rejoindre! La base permet de rassembler tous les exemplaires d’un sceau-type, ce qui facilite son étude, notamment en cas d’étude sérielle. Elle collecte tous les sceaux quel que soit leur état ; nous avons fait le choix de vous montrer quelques sceaux abîmés afin de vous montrer la réalité du terrain et les enjeux autour de leur conservation.

Remerciements

Nous remercions chaleureusement la Région Grand Est ainsi que Sigi-Al et ses bénévoles ayant travaillé sur les sceaux conservés dans les collections régionales. Vous pouvez cliquer pour accéder au site de sigilla, au carnet hypothèse de Sigi-Al, et leur page de la fondation de l'université ! N'hésitez pas à les contacter via cette adresse: sigial-contact@unistra.fr, ils recrutent !

AUBERT ArmelleAUCHECORNE Claire BRUNNER Thomas CHEVOLLEAU Elia ECKEL Arnaud FRANCHET Yann GUTZWILLER Pauline JEHANNE Awena KASTELEINER Catherine KELLER Daniel

KERNEL Nicolas LELIÈVRE Félix NICOLAS Esther RUHLMANN Edith SALWEN Barry SCHNABEL Irène SCHUDY Kévin TAVAN Kardelen WILHELM Camille ZGARDAN Ana

Sceau de Cunégonde III de Reinach

Abbesse de Sainte-Richarde d'Andlau (1494-1537)

Date : 1518, Cote : 1 J 626, Dimensions : 50 mm de diamètre Ce sceau est relativement similaire à celui de l'abbé. Saint Martin est remplacé par sainte Richarde tenant un livre et un sceptre fleuri. A ses pieds figurent les armoiries de la maison de l'abbesse, les Reinach (d'or au lion de gueules chaperonné d'azur).

Proscrit présentant sa lettre de rémission scellée à un juge (le sceau et la titulature impériale sont visibles) : Heidelberg, Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Pal. germ. 164, f. 17r.

Prêtre officiant la messe : Heidelberg, Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Sal. X,17, f.158r.

Questions pour un sigillant est constitué d'une série de quiz qui te permettront de tester tes connaissances sur les sceaux. Comme ça tu pourras savoir si tu dois visiter le parcours normal (il est disponible en cliquant sur le sceau à côté de moi) pour améliorer tes connaissances ou si tu es déjà calé sur la question.

Les tribunaux, laïcs comme ecclésiastiques, possèdent des sceaux. Généralement les type de sceaux évoluent peu ce qui montre une volonté de continuité dans le temps. Ici nous allons étudier les sceaux de l'officialité de Strasbourg, tribunal de l'évêque, mais les exemples sont nombreux.

La diffusion des sceaux de ville dans les centres urbains du Rhin supérieur au XIIIe siècle

Les plus anciens sceaux urbains conservé de l’espace germanophone datent d’environ 1140 et proviennent des grandes villes du Rhin moyen telles que Mayence, Cologne, Trèves et Aix-la-Chapelle. Il semble que la pratique n’atteint le Rhin supérieur qu’aux alentours de 1200. Les villes les plus importantes ont été pionnières en la matière (Strasbourg, Haguenau, Fribourg-en-Brisgau, Bâle etc.) puis la pratique s’est diffusée dans les autres villes. Le scellement est très important pour les villes puisqu’il prouve leur statut. On assiste à une explosion de la documentation sigillaire dans les années 1260, ce qui coïncide avec le Grand Interrègne, moment où il était essentiel de prouver sa légitimité. Carte issue de l'atlas historique d'Alsace Auteur : Thomas Brunner

La plupart des sceaux médiévaux sont en cire, généralement d’abeille (ou en cire d’Espagne à partir du XVIe siècle). L’emploi d’une certaine couleur peut être systématique selon le sigillant (la cire verte est utilisée par la chancellerie royale française à partir du XIIIe siècle pour les actes à valeur perpétuelle), mais elle est globalement aléatoire. Dans le Saint-Empire, l’empereur, les grands nobles et les évêques scellent principalement avec de la cire rouge. Les cires brunes et les cires vierges (dites aussi « naturelles ») sont généralement utilisées par des sigillants plus modestes. Les cires sont teintées par l'adjonction de minéraux (comme le minium pour le rouge), ils permettent aussi de consolider la cire. Ici la cire est brune, ce qui est normal étant donné le rang du sigillant.

Sceau du secret d'Erstein

Date : 1456, Cote : 1 J 360, Dimensions : 34 mm de diamètre Erstein a fait le choix d'utiliser le motif héraldique pour son sceau (champ parti d'une barre accompagnée de deux cotices contre-fleuronnées et d'une église). La partie gauche correspond aux armes des Werd (landgraves d'Alsace jusqu'en 1356 et seigneurs de la ville), à droite une église symbolise la ville en tant que telle (certaines villes utilisent aussi des remparts).

Sceau de l'abbaye Saint-Richarde d'Andlau

Date : 1521, Cote : 1 J 637, Dimensions : 65 mm de haut sur 50 mm de large Le sceau représente sainte Richarde, impératrice carolingienne et patronne de l'abbaye, assise tenant dans sa main gauche un globe crucifère et dans sa main droite un sceptre fleuri (regalia). Il ressemble beaucoup, dans sa forme et dans ses choix iconographiques, aux sceaux des chapitres et des couvents.

Combat entre Sagremor et un chevalier : Paris, Bibliothèque de l'Arsenal, 3480, f. 143r.

Les Hasbourgs ont, pour souligner leur prestige, tendance à étaler les armoiries de leurs titres sur leurs sceaux. En voici une partie, son étude vous permettra de comprendre comment la famille est devenue influente sur une bonne partie du sud de l'Empire dont l'Alsace fait partie.

Territoires du Rhin Supérieur vers 1500

Tom Scott, « Territoires du Rhin Supérieur vers 1500 », in Atlas historique d'Alsace, www.atlas.historique.alsace.uha.fr, Université de Haute Alsace, 2009.

Salutations ! N'écoutez pas notre frère. Il se permet de faire beaucoup de choses uniquement parce qu'il est l'aîné. Le garde des sceaux nous a donné ce document avant que la maladie ne l'emporte afin d'être certain que Werner ne nous vole pas ! Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Pal. germ. 848, f. 32v.

Armoiries de l'évêché de Strasbourg

Blasonnement : de gueules à la bande d'argent. Ce sont ces armoiries qui ont inspiré celles de la ville de Strasbourg (d'argent à la bande de gueules).

Merci d'avoir participé ! La réponse se trouvait dans la légende. Celle du sceau de Werner s'insère dans un phylactère et non dans la partie extérieure du sceau. En tous cas j'espère que ce petit jeu vous aura plus. N'hésitez pas à consulter la partie classique de l'exposition, le quiz et la base sigilla si jamais cela vous intéresse.Voici la cote des deux sceaux utilisés :- Sceau de Werner von Landsberg 1 J 623 -Sceau de Wolfgang von Landsberg 1 J 623 bis

L'empereur Henri VI en majesté

Heidelberg, Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Pal. germ. 848, f. 6. Cette enluminure, issue de l'un des manuscrits les plus connus du monde germanique, est un autre exemple de la représentation d'un empereur en majesté. On y retrouve le trône, les armoiries impériales, les regalia, ainsi qu'une épée sur la gauche de l'image. Le manuscrit date des années 1310 - 1340, ce qui montre bien que nous avons affaire à une représentation ancienne et potentiellement connue de tous.

Sceau d'Isabelle de Lorraine (1431-1453)

Date : 1442Cote: 1 J 301Dimensions : 70 mm de diamètre Le sceau d'Isabelle présente les armoiries de son père (La femme n'a pas d'armoirie, elle se définit dans l'héritage paternel et l'alliance conjugale) à droite (celles de la Lorraine). À gauche figurent les armoiries de son mari René d'Anjou. Cela est relativement commun pour les sceaux féminins mais d'autres choix iconographiques sont possibles.

La Maison de Habsbourg est l'une des familles les plus puissantes d'Europe. Originaires d'Argovie, ils possèdent le titre de landgrave de Haute-Alsace au XIIe siècle, ce qui fait d'eux les principaux seigneurs de l'actuel département du Haut-Rhin. Rodolphe IV est le premier de sa famille à être élu roi des Romais en 1273 (c'est le roi Rodolphe Ier) et obtient l'Autriche en 1278. Le statut des Habsbourg prend une autre dimension en 1452, moment où Frédéric III monte sur le trône impérial. La maison restera aux commandes de l'Empire jusqu'en 1806, sauf de 1742 à 1765 puis continuera à régner en Autriche et en Hongrie jusqu'en 1918. Leurs sceaux montrent parfaitement leur volonté de se montrer comme l'une des familles les plus puissances d'Europe, notamment via l'étalage de leurs possessions.

Félicitations ! Tu es arrivé au bout ! Est-ce que tu veux voir le parcours classique pour améliorer tes compétences ou souhaites-tu faire la suite du parcours ludique (volet sceaux et drames familiaux) ?

Pense bien à réunir un maximum d'indices avant de donner ton verdict. Tu ne pourras plus faire demi-tour !

Armoiries du duché de Styrie

Blasonnement : de sinople, à la panthère d'argent (la panthère héraldique n'est pas un félin mais un animal imaginaire), armée et accornée de gueules, crachant du feu du même. La Styrie fait partie du duché de Carinthie jusqu'en 1180, elle entre dans le domaine des Habsbourg en même temps que l'Autriche et la Carinthie. Elle correspond aujourd'hui à un land éponyme à l'est de l'Autriche et à la Basse-Styrie, région slovène.

Sceau de Guillaume III de Hohnstein (1506-1541)

Date : 1507, Cote : 1 J 567 bis , Dimensions : 30 mm L'évêque utilise la figure de la Vierge à l'enfant sur son sceau (la cathédrale de Strasbourg lui est consacrée, c'est pourquoi elle figure sur le sceau du chapitre cathédral, ainsi que sur celui de la ville de Strasbourg, dont elle est la patronne). Il ajoute en dessous ses armoiries familiales pour indiquer son identité (en complément de la légende).

Les métiers étaient organisés en Zünfte (terme que l'on peut traduire corporations ou guildes), qui avaient une réelle importance politique au sein de l'Empire. À Strasbourg, les membres des corporations désignaient les échevins. Chaque corporation disposait de son propre sceau. Certains artisans en possédaient aussi, notamment les architectes de la cathédrale de Strasbourg.

Sceau du couvent des franciscains de Strasbourg

Date : 1493, Cote : 1 J 522 bis, Dimensions : 40 mm de Haut pour 25 de large Ce sceau reprend le motif de saint Michel terrassant le démon, ici sous la forme d'un serpent. Le bout de sa lance forme la croix de la légende. Cette empreinte est connue de 1283 à 1506 (les franciscains sont installés à Strasbourg en 1222), ce qui témoigne de la longévité de l'iconographie sigillaire des personnes morales.

Représentation du personnage d'Hildebrand accueilli par les bourgeois de Berne (issue du roman Virginal) : Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Pal. germ. 324, f. 184r.

Sceau de Heinz Nentwig

Schultheiss des Lupfen à Niedermorschwihr

Date : 1440Cote : 1 J 293Dimensions : 28 mm de diamètre Ici encore c'est le motif héraldique qui est privilégié. Un schultheiss est le représentant du seigneur dans un lieu donné. Niedermorschwihr est partagé entre l'empereur et les Lupfen ; il y a donc aussi un schultheiss impérial.

Sceau de Ludwig IV von Lichtenberg

Date : 1425Cote: 1 J 233 Dimensions : 25 mm de diamètre Ici nous avons un écu chargé d'un lion rampant surmonté d'un heaume et cimé d'un cou de cygne. Ce sceau ressemble aux sceaux antérieurs des Lichtenberg. C'est surtout la légende LVDOVICVS LICHTENBER qui nous permet d'identifier le sigillant.

Un sigillant peut posséder plusieurs sceaux pour répondre à différents besoins en fonction du contenu ou de l'importante des actes/documents à sceller (un sigillant peut avoir un grand sceau, un sceau du secret, etc.) et peut les modifier au cours du temps. En effet, beaucoup changent leurs sceaux au cours de leur vie et de leur carrière ; on possède un sceau en tant qu’écuyer, un autre en tant que chevalier etc. Le sceau devient véritablement le reflet, l’image du sigillant et doit le représenter physiquement sur l’acte. On peut aussi concevoir le sceau comme une carte de visite qui permet de situer les individus sur l’échelle sociale, ce qui est d’une importance primordiale dans une société d’ordres.

Sceau d'Irmel Wise

Date : 1359Cote : 1 J 81Dimensions : 30 mm de diamètre Les femmes sont souvent représentées en pied, plus rarement à cheval. Ici, la sigillante est figurée en pied avec à sa gauche un blason dans un décor floral. Un deuxième écu se trouvait sans doute de l'autre côté (généralement les femmes arborent leurs armoiries paternelles en même temps que celles de leurs époux).

Armoiries de la Basse-Autriche

Blasonnement : d'azur, aux cinq aigles d'or, membrées, becquées et armées de gueules. La Basse-Autriche se situe au nord de l'Autiche actuelle. Vienne y est enclavée.

A partir de la page suivante, ce sceau vous permettra de revenir au début du parcours si vous le souhaitez.

Les bourgeois sont les habitants d'une ville qui disposent du droit de bourgeoisie (qui permet de participer à la vie politique de la ville). Durant tout le Moyen Âge, les bourgeois souhaitent atteindre la noblesse et l'imiter ; ce qui rend les sceaux des bourgeois anoblis extrêmement proches des sceaux des nobles ruraux. À ceux-là s'ajoutent aussi des nobles d'origine rurale s'installant en ville et obtenant le droit de bourgeoisie (comme certains membres de la famille Landsberg par exemple). Il y a donc une certaine diversité parmi ces sceaux, mais ils ressemblent tous à ceux des nobles, soit parce qu'ils sont nobles, soit parce qu'ils sont anoblis, soit parce qu'ils aspirent à la noblesse.

La charte contient le texte suivant : Au nom de Dieu amen. À tous ceux qui ces présentes lettres verront liront ou entendront, nous Wolfgang von Landsberg Vitzthum de Strasbourg faisons savoir que craignant ne point connaître le moment où nous serons rappelés à Dieu nous avons décidé de répartir notre héritage ainsi : - Je confie à mon fils aîné Werner, le château de Niedernai ainsi que les seigneuries de Niedernai, Meistratzheim, Zellwiller, Fronhofen et Lingolsheim - Je confie à mon second fils Adam le château de Landsberg ainsi que la seigneurie de Flexbourg -Enfin je confie à mon dernier fils Sebastian la seigneurie de DuttlenheimFait l'an de l'incarnation 1516 de notre seigneur Jésus-Christ le jour de la Nativité Présence d'un sceau

Les curés possèdent aussi des sceaux. En voici quelques exemples.

Grand sceau de Nicolas Ier (1470-1473)

Date : 1471, Cote : 1 J 414, Dimensions : 90 mm de diamètre Nicolas Ier, membre de la maison d'Anjou, est le deuxième duc de Lorraine (après son père Jean II) à utiliser un sceau s'inspirant des sceaux de la maison de la France. Ces princes (ducs d'Anjou, Berry, Bourbon, Bourgogne et Orléans) utilisent le modèle du sceau du Dauphin. Cela se traduit ici par un sceau équestre figurant le duc à cheval, se dirigeant vers la droite, tenant l'épée haute de la main droite et de la gauche se couvrant d'un bouclier portant ses armes, armes qui se retrouvent sur la cuirasse et sur le caparaçon. Le cimier et le champ du sceau sont fleurdelisés, montrant l’appartenance à la Maison de France (tous les membres de la Maison possèdent ce cimier). Le contre-sceau représente ses armoiries. On constate que la Lorraine est parfaitement intégrée dans les possessions de la Maison d'Anjou.

A partir de la page suivante, ce sceau vous permettra de revenir au début du parcours si vous le souhaitez.

Tu as survécu au premier niveau ?! Génial ! Voici le second niveau. Il est plus difficile que le premier mais j'ai foi en toi !

Représentation d'une femme noble : Heidelberg, Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Pal. germ. 848, f. 32v.

Toutes les bonnes choses ont une fin... Merci beaucoup de nous avoir rendu visite ! Nous espérons sincèrement que vous avez passé un agréable moment et que vous avez appris plein de choses sur les sceaux !! Vous pouvez toujours prolonger l'aventure en cliquant sur la charte qui vous mènera vers le parcours ludique.

Sceau du secret de Charles Quint

empereur du Saint-Empire romain (1520-1558)

Date : 1526, Cote : 1 J 659, Dimensions : 55 mm de diamètre Ce sceau authentique est attaché à une autre charte. Il est montré ici pour exemple et comparaison avec celui de Sigismond. Les deux sceaux sont certes similaires, mais celui de Charles Quint est plus complexe. Ses armoiries sont surmontées de la couronne impériale. En bas du sceau, on reconnaît les colonnes d'Hercule, qui symbolisent le détroit de Gibraltar. Cette empreinte est protégée par une boîte en bois et un tissu qui la recouvre.

Sceau de Margareta von Schoeneck

Date: 1548Cote 1 J 763Dimensions : 45 mm de diamètre Cette sigillante fait aussi le choix de l'héraldique pour illustrer son sceau, mais elle sépare ses armories (à droite) de celles des Valkenburg à gauche (potentiellement celles de son mari).

Votre petite escapade urbaine n'a pas été de tout repos. Vous êtes allés voir le prêtre, des marchands en tous genres, les passants, le notaire, tous ceux qui sont à l'hôpital, malades comme soignants, les prostituées et les taverniers. Malhereusement votre enquête n'avance pas trop. La plupart des informations qu'ils vous donnent relève du commérage ou montre un désintérêt complet des affaires nobiliaires, ce qui remet en question la pertinence de votre enquête. Au moins le passage à la taverne a été divertissant mais vous avez encore du pain sur la planche ! Paysage urbain: Heidelberg, Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Pal. germ. 126, f. 44r.

Armoiries de la Maison de Habsbourg

Blasonnement : d'or au lion de gueules armé, lampassé et couronné d'azur. Il s'agit des armoiries d'origine de la Maison de Habsbourg avant qu'ils ne s'emparent de l'Autiche en 1278. Après cette date, elles sont surtout utilisées à des fins ostentatoires, la Maison se représentant plutôt avec les armoiries de l'Autriche.

Les sceaux sont de dimensions et de formes diverses en fonction du type de sceau et de la qualité du sigillant (les sceaux en navette sont très en vogue aux XIIIe-XIVe siècles chez les religieux). Certains mesurent quelques centimètres, d’autres plus d’une dizaine. Le sceau présenté ici mesure 28 mm de diamètre (la taille standard d’un sceau au XVe siècle est de 30 mm de diamètre).

Sceau du secret de Guilaume II de Diest (1393-1439)

Date : 1404, Cote: 1 J 167, Dimensions : 36 mm de diamètre Ce sceau représente à la fois les armoiries de l'évêché de Strasbourg à gauche et les armoiries familiales de l'évêque à droite. Elles sont séparées par la crosse, symbole de la fonction épiscopale. Le sceau du secret est un sceau de petite dimension, que le sigillant utilise pour sceller les documents qui le concernent personnellement. Il peut aussi servir de contre-sceau ou être utilisé comme sceau de substitution en cas d'absence du grand-sceau.

Les abbayes ne sont pas des endroits fermés au monde extérieur. Au contraire, elles possèdent des terres et participent activement à la vie politique médiévale. L'abbaye de Murbach, par exemple, possédait un vaste territoire, son abbé était prince d’Empire. De plus, ces établissements étaient souvent sous la protection d'un avoué laïque. Il n'est donc pas étonnant que les abbayes possèdent des sceaux. Ceux-ci ressemblent beaucoup aux sceaux épiscopaux.

Grand sceau de Guillaume III de Hohenstein (1506-1541)

Date : 1527, Cote : 1 J 660, Dimensions : 102 mm de haut, 71 mm de large Les grands sceaux des évêques de Strasbourg représentaient l'évêque jusqu'à la mort de Guillaume II de Diest ; ensuite c'est ce modèle qui fut adopté. Ce type est nettement moins personnel que les sceaux précédents. Le choix de la Vierge permet surtout de mettre en avant la personne juridique épiscopale plutôt que la personne physique de l'évêque. Cela permet aussi de modifer plus facilement la matrice à la mort de chaque évêque (il suffit de modifier les armoiries). Le sceau est en navette, forme typique des grands sceaux ecclésiastiques.

Armoiries du margraviat de Burgovie

Blasonnement : bandé d'argent et de gueules, au pal d'or brochant. Le margraviat de Burgovie faisait partie du duché de Souabe (Burgau fait aujourd'hui partie du district de Souabe dans le land de Bavière). Le titre est vacant durant l'Interrègne et est repris par Rodolphe de Habsbourg lors de son élection en tant que roi des Romains en 1273.

Sceau du secret de la ville de Strasbourg

Date : 1494Cote : 1 J 527 Dimensions : 57 mm de diamètre Strasbourg, comme le chapitre cathédral, choisit de se représenter via l'image de la Vierge à l'enfant, patronne de la ville, sous une arcature gothique. Le motif se retrouve aussi sur la grande bannière de la ville.

Avers (moulage)

Cote : 3 J 20 n° 78, Dimensions : 135 mm de diamètre L'empereur est représenté assis sur le trône en majesté avec les regalia (sceptre, orbe crucifère, couronne, manteau) entouré de ses armoiries (de gauche à droite, de haut en bas : Basse-Autriche, Empire, Autriche, Styrie, Carinthie, Carniole, Tyrol et Habsbourg). Le signet est aussi présent entre les jambes de l'empereur. Notez les détails architecturaux, la taille de la légende, la présence d'animaux et de phylactères. La précision des détails est remarquable pour un sceau qui ne mesure que 13,5 cm de diamètre !

Le champ du sceau est occupé par différents types de représentations. Les plus courantes sont :- le sceau de majesté, réservé aux souverains, aux évêques ou à quelques grands seigneurs ; le sigillant est assis sur un trône, tenant un sceptre ou une épée - le sceau équestre, qui représente un seigneur à cheval, équipé pour la guerre ou un seigneur chassant (des femmes peuvent aussi être représentée de cette manière) - Le type hagiographique (représentations du saint patron d'un établissement, d'une communauté religieuse ou paroissiale) - les sceaux monumentaux, qui représentent souvent des monuments symboliques (enceintes, tours, ponts) - les sceaux de type armorié (avec des armoiries en accompagnement du décor principal) ou armorial (avec les armoiries comme seul décor). Comme l’immense majorité des individus de son milieu, Hans von Fleckenstein a adopté un sceau de type armorial. Le choix du sceau ne se fait pas par hasard, il reflète une politique soit de continuité, en reprenant les sceaux des ancêtres, soit de rupture en modifiant drastiquement la matrice. La plupart des individus scellent avec leurs armoiries, ce qui fait que les sceaux sont une des principales sources d’études de l’héraldique. Ici ce sont les armoiries qui figurent sur le sceau, parfois deux membres d’une même famille ont des armoiries extrêmement proches et c’est souvent la légende qui permet de trancher.

La légende (legenda en latin: "ce qui doit être lu") est un court texte. Elle se situe traditionnellement sur la partie extérieure du sceau et présente, en latin ou en vernaculaire (ancien français, moyen/haut-allemand…), la titulature du sigillant. Elle peut aussi être, à partir du XIVe siècle, superposée à l’iconographie grâce à des phylactères. Ici nous pouvons aisément lire « S[igillum] + Hans + von + Fleckenstein » ; sigillum est le terme latin pour désigner le sceau. La légende commence souvent par une croix initiale qui est une invocation (au nom du père et du fils etc.).

Sceau de l'officialité de Strasbourg

Date : 1339, Cote : 1 J 44, Dimensions : 29 mm Ce sceau est lié à l'histoire du conflit en 1339 entre l'official Conrad de Kirkel et l'évêque Berthold de Bucheck. Conrad de Kirkel a emprisonné l'évêque tout en conservant la matrice traditionnelle. La cour de l'évêque a donc dû en fabriquer une autre. Il y a eu deux sceaux en circulation pendant quelques mois. Conrad de Kirkel finit par rendre la matrice traditionnelle. La matrice du sceau temporaire de l'évêque a été détruite ensuite. Cela nous prouve l'importance du sceau dans la politique de l'époque ; la cour sans évêque ni sceau perd sa capacité de rendre la justice et doit donc trouver un autre moyen de valider ses actes.

Disons que notre très cher et bien aimé frère est du genre jaloux et que cela ne lui réussit guère. Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Pal. germ. 848, f. 182v.

Les sceaux qui vous sont présentés au sein de cette exposition proviennent principalement du chartrier de Niedernai. C’est l’un des quatre plus grands fonds nobiliaires alsaciens qui se trouvent encore en Alsace à ce jour. Longtemps conservé à titre de dépôt dans les locaux des Archives départementales du Bas-Rhin, il a été acheté par la Région Alsace en 1986. Le fonds contient principalement les archives de trois familles nobles, les Bock, les Landsberg et les Reinach-Werth et couvre une période s’étendant de la fin du XIIIe au début du XXe siècle. Les archives des Bock et des Landsberg sont les plus anciennes. Nous vous présentons ici une sélection de sceaux allant de 1279, date des premiers exemplaires conservés, jusqu'au milieu du XVIe siècle. Cette sélection reflète une partie des réseaux nobiliaires dans lesquels s’inscrivent les Bock et les Landsberg. Le fonds ne contient que les documents que reçoivent les deux familles et non les documents qu’elles émettent ; c'est pourquoi on y trouve surtout des chartes et des sceaux venant de grandes familles dont les Bock et les Landsberg étaient soit des alliés, soit des vassaux.

Armoiries du comté de Tyrol

Blasonnement : d'argent, à l'aigle éployée de gueules, membrée et becquée d'or. Le comté arrive dans les mains des Habsbourg en 1363. Il est actuellement divisé entre le land du Tyrol autrichien et la région du Trentin-Haut-Adige italien.

Armoiries du landgraviat de Basse-Alsace

Blasonnement : de gueules, à la bande d'argent accompagnée de cotices fleuronnées d'or. Le landgraviat de Basse-Alsace, préalablement détenu par la famille de Werd, est racheté en 1375 par l'évêque de Strasbourg qui le conserve jusqu'à la Révolution. Ce sont ces armoiries qui sont généralement utilisée depuis le premier Empire pour représenter le Bas-Rhin. On les voit associées à partir de 1555 (Voir Virgil Solis Wappenbüchlein) à celle de la Haute-Alsace pour former les armoiries de l’Alsace.

Le sceau est l’empreinte imprimée en relief sur une matière malléable, généralement la cire, par l’apposition d’un objet en pierre ou en métal gravé appelé matrice. À l'instar d'une signature aujourd'hui, le sceau sert principalement à la validation des actes juridiques. Ainsi, un acte sans sceau ou ayant perdu son sceau est invalide. Celui-ci pouvait être utilisé pour clore des sacs, des coffres et des portes et cacheter des correspondances. Il est étudié par la sigillographie, une science auxiliaire de l’histoire très précieuse, en particulier pour l’histoire du Moyen Âge. Le sceau est l’une des sources figurées les plus fiables et les plus intéressantes, d’autant plus que son usage était très répandu dans la société et ne se limitait pas aux seules autorités souveraines. Matrices et moulages du sceau de la paroisse Saint-Georges d'Haguenau datée du XVe siècle. Crédits : Daniel Keller

Représentation d'un évêque: Heidelberg, Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Pal. germ. 164, f. 22r.

Sceau de Philipp III von Hanau-Lichtenberg

Date : 1538, Cote : 1 J 696, Dimensions : 50 mm de diamètre Nous voyons ici la continuité dans les motifs du sceau : le cimier est conservé ainsi que le lion de Lichtenberg, couplé avec les armoiries des Hanau (ajoutées lors de l'union des deux maisons au milieu du XVe siècle). Cependant nous voyons aussi l'évolution du style, notamment due à la Renaissance (les armoiries restent des armoiries mais la manière de les représenter change), preuve d'une forme d'innovation au sein de la tradition. Le sceau est protégé par une cuvette en cire.

Salutations ! Je suis Sigille. Souhaites-tu bénéficier d'un ou plusieurs points avant de t'aventurer dans le monde des sceaux ? Messager remettant une charte : Archives de l'État de Fribourg (CH), Législation et variétés 42, f. 84r.

Représentation de l'arc-en-ciel, Strasbourg est visible sur la terre : Heidelberg, Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Pal. germ. 300, f. 65r.a

Sceau de Frédéric V

Roi des Romains (1440-1493)

Date : 1442, Cote : 1 J 303, Dimensions : 68 mm de diamètre Ce sceau est une réelle démonstration de force. Frédéric V y pose l'aigle du roi des Romains, accompagnée des armoiries de ses possessions (dans le sens horaire) : Autriche, Habsbourg, Tyrol, Ferrette, Burgovie, Kybourg, Haute-Alsace, Marche windique, Carniole, Carinthie, Styrie et Basse-Autriche. Le long de la légende se situent les armoiries de la Haute-Autriche et de Pordenone . L'avers du sceau est accompagné d'un signet. Il représente une tête couronnée à l'instar des sceaux carolingiens et des monnaies romaines. Il prouve la présence du sigillant lors du scellement.

Sceau de Maximilien Ier
Roi des Romains (1486-1519)

Date : 1498Cote : 1 J 538Dimensions : 66 mm de diamètre Dans le champ, un écu portant l’aigle du roi des Romains, surmonté d’une évocation de la couronne impériale reconnaissable à sa crête, supporté par des griffons accompagnés de la toison d'or. Quatre écus sont disposés de part et d'autres des griffons ; de gauche à droite: Autriche, Styrie, Bourgogne et Tyrol. De petits éléments végétaux remplissent le champ. Ce sceau représente les différents aspects du rang et du pouvoir de Maximilien de Habsbourg: son élection comme souverain du Saint Empire (roi des Romains), son inscription dans la dynastie de la Maison d'Autriche et l'héritage revendiqué de son épouse disparue, Marie de Bourgogne (+1482), fille de Charles le Téméraire.

Sceau d'Albert de Bavière (1479-1506)

Date : 1485Cote 1 J 496Dimensions : 40 mm de diamètre Ce sceau reprend le modèle de celui de Guillaume II de Diest, sauf que les armoires sont écartelées. Cela a pour avantage de réunir dans ses armoiries sa fonction d'évêque de Strasbourg et son statut de membre des Wittelsbach (maison de Bavière).

Sceau de Conrad Schriber

Curé de Niedermorschwihr

Date: 1440Cote: 1 J 293Dimensions : 29 mm de diamètre Notre curé utilise une Vierge à l'enfant sur son sceau (il est possible que ce choix soit dû à une dévotion personnelle, l’église de Nierdermorschwihr est consacrée à Saint-Gall), accompagnée d'armoiries.

Grand sceau d'Antoine le Bon (1508-1544)

Date : 1509, Cote : 1 J 602, Dimensions actuelles : 70 mm, 100 à l'origine Le grand sceau d'Antoine de Lorraine conserve le type du sceau équestre cher à la Maison de France, même si nous pouvons observer une évolution stylistique notamment due à l'évolution de l'équipement militaire. Là où le sceau d'Antoine innove, c'est qu'il remplace le champ fleurdelisé par des croix de Lorraine, marquant définitivement l'éloignement avec la France. La comparaison entre ces quatre sceaux montre bien l'évolution de la Lorraine au cours du XVe et au début du XVIe. Elle montre d'abord l'influence que subit le duché puis sa volonté de s'affirmer en reprenant les codes du puissant voisin français.

Sceau de Dietrich von Kirneck

Abbé de Marmoutier (1486-1517)

Date : 1489, Cote : 1 J 504, Dimensions : 45 mm de hauteur, 26 de largeur Globalement les abbés ont des sceaux similaires aux sceaux épiscopaux. Ici nous avons une représentation de saint Martin coupant son manteau (il est le saint patron de l'église de l'abbaye), sous un dais gothique. Les armoiries de l'abbé figurent en bas du sceau. Il existe aussi des sceaux d'abbés armoriés avec une crosse (sur le même modèle que le sceau de l'évêque Albert de Bavière).

Arrêtons-nous un instant sur ce sceau en particulier. Il s'agit du grand sceau de Frédéric III. Au-delà de son indéniable beauté, il vous offre un concentré de l'idéologie impériale et des prétentions des Habsbourg. Ici nous avons choisi de vous exposer un moulage du sceau, les détails sont difficilement lisibles sur le sceau d'origine

Les Landsberg ont aussi des vassaux. Leurs sceaux apparaissent rarement dans le chartrier. Heureusement nous pouvons vous en présenter deux. Ils peuvent ne pas paraître impressionnants ou intéressants, mais il faut garder en tête qu'ils représentaient à l'époque la majeure partie des sigillants et donc des sceaux.

Sceau de Conrad de Strasbourg

Architecte de l'Œuvre Notre-Dame et maître d'œuvre de la ville de Strasbourg

Date : 1482, Cote : 1 J 475, Dimensions : 27 mm de diamètre L'Œuvre Notre-Dame, fondée avant 1224, est en charge de la construction, l’entretien et la restauration de la cathédrale de Strasbourg. Cet architecte possède une réelle expertise, son sceau joue donc le rôle de certificat. Il représente une marque de tâcheron, qui sert de signature à l'architecte, c'est avec cette marque qu'il « signe » ses travaux.

Sceau de la prieure du couvent sainte Catherine de Strasbourg

Date : 1304 Cote : 1 J 14 Dimensions : 39 mm de haut et 25 mm de large Les événements racontés ici se décomposent en deux temps. Au registre inférieur, nous pouvons voir la décapitation de sainte Catherine : le bourreau lève l'épée pour décapiter la sainte, désignée par les lettres KA (pour Katharina), à genoux devant lui. Au registre supérieur, la sainte, représentée en buste les mains jointes, est emportée par deux anges. Ici le motif hagiographique ne se limite pas à la représentation du saint et de ses attributs. Cette façon de représenter deux événements de temporalité différente sur la même image est assez commune au Moyen Âge. Ce sceau est ex officio (c'est-à-dire impersonnel, relié à l'office de prieure), il se transmet de prieure à prieure, cela siginifie que la prieure de 1304 pouvait avoir son sceau personnel qu'elle utilisait à d'autres occasions.

Revers (moulage)

Cote : 3 J 20 n° 79, Dimensions : 135 mm de diamètre Le revers du sceau reprend le sceau impérial classique mais au lieu d'être situées au niveau de la légende, les armoiries se trouvent à l'intérieur du motif principal. Elles complètent celles exposées sur l'avers du sceau. Dans le sens horaire : Marche windique, Haute-Autriche, Ferrette, Burgovie, Kybourg (qui pour rappel est à cette époque sous domination zurichoise), Pordenone et la Haute-Alsace. L'ensemble des blasons est accompagnée de cimiers, qui pour certains, reprennent directement l'emblème du blason.

Sceau du secret de Sigismond

Empereur du Saint-Empire romain (1433-1437)

Date : entre 1433 et 1436, Cote : 1 J 654, Dimensions : 60 mm de diamètre Le sceau présente en son centre l'aigle impériale, entourée de cette légende : Sigismvndis · Dei · gracia · Romanorum · imperator · semper · avgvstvs · ac · Hungarie · Bohemie · Dalmacie · Croacie · rex/ Sigismond par la grâce de Dieu empereur des Romains toujours accroissant et roi de Hongrie, Bohême, Dalmatie et Croatie. Les médiévaux francophones traduisent semper augustus par « toujours auguste », traduction qui est restée dans l’historiographie française. Cependant les médiévaux germanophones, à partir de Rodolphe Ier (1273-1291), traduisent semper augustus par « allzeit Mehrer des Reiches ». Cette traduction fait référence à Otton Ier qui a étendu l'influence et le pouvoir de l'Empire sur de nouveaux territoires. Ici nous avons suivi la traduction germanique.

L’exposition « Sceaux cool : une exposition des sceaux du chartrier de Niedernai » est une exposition virtuelle réalisée par le service des Archives de la Région Grand Est. Elle a été construite à partir des sceaux du chartrier de Niedernai (sous-série 1 J des Archives de la Région, site de Strasbourg). Ce travail a pu bénéficier des données déjà collectées et mises en ligne par les bénévoles du projet Sigi-Al, qui a pour objet la création d’une base de données numérique des sceaux de l’Alsace et du Rhin supérieur. Cette exposition souhaite vous montrer de façon sérieuse et ludique la richesse et la diversité des sceaux en tant qu’objet patrimonial, historique et en tant que reflet du Moyen Âge et de la société médiévale. La présentation fonctionne à partir de liens cliquables, nous vous invitons à jouer avec votre souris et à cliquer un peu partout pour explorer tout ce que l’exposition vous propose. Nous espérons que vous profiterez bien de votre visite et qu’elle vous aura enrichi et diverti. Trois musiciens : Heidelberg, Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Pal. germ. 152, f. 234r

Sceau de Johann Ritter

Echevin de Haguenau

Date : 1409Cote : 1 J 175 Dimensions : 22 mm de diamètre Notre sigillant utilise ses armoiries (écu coupé, au chef chargé d'un dragon issant) sur son sceau. Ce sceau ressemble beaucoup à celui de n'importe membre de la petite noblesse.

Photo du château de Niedernai

Date : années 1970 Crédits : Jean Erfurth, Service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Grand-Est

Sceau de Bartholomeus von Gaertringen

Date : 1471, Cote : 1 J 413, Dimensions : 25 mm de diamètre Voici un des sceaux les plus modestes du fonds. Notre sigillant est écuyer (ce qui justifie l'absence de cimier). Il gérait pour le compte des Landsberg la cour domaniale de Fronhofen dans la vallée de Munster (proche de Muhlbach-sur-Munster), un bien que les Landsberg tenaient eux-mêmes en fief des ducs de Lorraine. Bartholomeus était en fait un arrière-vassal du duc de Lorraine.

Faire un tour en ville nous serait sûrement utile. Il est possible que les habitants aient des indices à nous donner.

Armoiries de la Haute-Alsace

Blasonnement : de gueules à la bande d’or accompagnée de six couronnes du même posées en bande trois et trois, les inférieures inversées. Le landgraviat de Haute-Alsace a été créé vers 1130. Sa première mention en tant que possession habsbourgeoise date de 1188. Il reste dans le giron autrichien jusqu'en 1648, moment de son rattachement à la France. Ces armoiries sont assez tardives, elles n’apparaissent qu’à partir de 1418 (sceau équestre d’Ernest le Riche). Elles sont utilisées depuis le premier Empire pour représenter le Haut-Rhin.

Sceau de Johann von Landsberg

Date : 1458Cote : 1 J 370 Dimensions : 28 mm de diamètre Fils de Heinrich von Landsberg, Vitztum [vidame] de l’Évêché de Strasbourg et d’Anna Kämmerer von Worms. Il est marié à Christina von Heringen. Il fut bailli [vogt ou amptman] de Kaysersberg en 1464-1465, Hofmeister [maître d'hôtel] de l’évêque de Strasbourg (1469-1473), Vitztum (1478-1479, 1498, 1501), bailli d’Ortenberg (1489) et conseiller épiscopal (1491).

Le sceau est aussi une représentation de son détenteur que l’on nomme sigillant. On ne peut pas le qualifier de portrait car l’objectif n’est pas de représenter la personne telle qu’elle est réellement. Son but est plutôt de représenter le sigillant avec ses attributs (armoiries, armes, mitres, crosses, regalia etc.) .

Un chapitre de chanoines est un collège de clercs appelés chanoines, attachés à une église cathédrale ou collégiale. Il en existe un peu partout, mais chaque diocèse dispose d'un chapitre cathédral qui participe à la gestion de l'évêché au côté de l'évêque, c'est d'ailleurs le chapitre qui élit l'évêque. Naturellement ils disposent d'une personnalité juridique et donc d'un sceau.

Quelles questions souhaites-tu me poser ?

Les évêques possèdent souvent un pouvoir temporel en plus de leurs pouvoirs spirituels. Cela leur donne une place semblable à celle d'un comte ou d'un duc sur l'échiquier politique. Leurs sceaux reflètent cette position. Les Landsberg servaient principalement les évêques de Strasbourg, dont les sceaux sont bien représentés dans le chartrier. Le fonds contient aussi des sceaux des évêques de Metz, de Worms et de Spire.

Dragon se mordant la queue : Fribourg (CH), Archives de l'État de Fribourg, Législation et variétés 42, f. 133r.

Sceau du duché de Carniole

Blasonnement : d'argent, à l'aigle d'azur, becquée, languée et membrée de gueules, chargée d'un croissant échiqueté de gueules et d'or. Le duché devient une possession des Habsbourg en 1335. Il correspond au centre de la Slovénie actuelle.

Construction de l'arche de Noé : Paris, Bibliothèque nationale de France, Français 9, f. 14.

Armoiries de la Carinthie

Blasonnement : au 1, d'Autriche ; au 2, d'or, à trois léopards de sable. Le duché de Carinthie se situe au sud de l'Autriche actuelle. Albert II en devient le duc en 1335.

Charte 1 J 654 (1526)

Cette charte nous révèle que Charles Quint a investi Wolfgang de Landsberg, en communauté avec son frère Werner, du village et de la cour domaniale de Lingolsheim. Ce document est extrêmement important puisqu'il prouve que les Landsberg tiennent un fief de l'empereur. Si on regarde bien le sceau, on constate qu'il ne s'agit pas du sceau de Charles Quint, mais de celui de l'empereur Sigismond de Luxembourg. Cela signifie que les Landsberg ont perdu le sceau d'origine et ont réutilisé celui de Sigismond afin de redonner sa validité au document.

A partir de la page suivante, ce sceau vous permettra de revenir au début du parcours si vous le souhaitez.

Voici l'histoire des Landsberg, principale famille représentée dans le chartrier de Niedernai, d'où proviennent les sceaux que nous allons vous présenter. Pour commencer, vous pouvez découvrir les sceaux de deux membres illustres de la famille !

Sceau de Heinrich III von Lichtenberg

Date : 1367, Cote : 1 J 100, Dimensions : 32 mm de diamètre Dans un hexalobe perlé, le sceau représente un heaume cimé d'un cou de cygne (Schwanenhals), orné de lambrequins divisés en trois plumes. Le champ est complété par des rinceaux végétaux. Heinrich ne scelle pas avec les armes de sa famille, sûrement parce que ses parents les utilisent. Le cimier en forme de cygne est typique de la famille, ce qui le rend tout de même reconnaissable et le distingue clairement des bourgeois. En effet à partir du XIVe siècle, les bourgeois utilisent aussi des armoiries sur leurs sceaux. Le heaume est donc utilisé comme élément rappelant le rang chevaleresque du détenteur, et le cimier est aussi utilisé comme un emblème secondaire de l'individu ou de son lignage.

Les villes font partie des acteurs des plus importants de l'histoire impériale médiévale et moderne, qu'il s'agisse de villes libres (quasiment indépendantes comme Strasbourg), d'Empire (ne dépendant que de l'empereur) ou seigneuriales (dépendant d'un seigneur quelconque). Chacune d'entre elles dispose d'un sceau qui reflète d'une certaine manière l'identité urbaine, qu'elle soit plutôt figurative ou plutôt emblématique. Le réalisme n'est pas toujours souhaité ; c'est plus l'idée de représenter les attributs qui prime. La volonté de représenter de façon réaliste les villes n'apparaît qu'à partir du XVe siècle.

Armoiries des Landsberg

Blasonnement : de sinople à une montagne à six coupeaux d'or, coupé d'argent plein. Il s'agit d'armoiries en partie parlantes (qui reflètent le nom du propriétaire), ce pourquoi nous avons une montagne ; berg signifiant montagne en allemand.

Sceau de la ville d'Obernai

Date : 1519Cote : 1 J 628Dimensions : 35 mm de diamètre Les sceaux d’Obernai sont de type hagiographique. Ici, on distingue saint Pierre à gauche et saint Paul à droite (patrons de l'église paroissiale), entourés de motifs végétaux. Nous pouvons aussi voir les armoiries de la ville en bas du sceau (parti de gueules et de sable à l'aigle d'or brochant sur le tout), rappelant son statut de ville impériale.

Armoiries de René II

Blasonnement: écartelé, aux 1 et 4 de Lorraine et aux 2 et 3 coupé, le chef tiercé en pal, en a de Hongrie, en b de Sicile, en c de Jérusalem et la pointe partie d'Anjou et de Bar. Sur le tout, d'Aragon. Elles sont le résultat de l'union des maisons de Lorraine et d'Anjou lors du mariage entre René d'Anjou et Isabelle de Lorraine en 1420.

Regarde dans le coffre pour voir si tu ne pourrais pas trouver quelque chose !

Sceau du chapitre cathédral de Strasbourg

Date : 1481, Cote : 1 J 467, Dimensions : 75 mm de hauteur et 55 mm de largeur Le sceau du chapitre reprend bien évidemment l'image de la Vierge. Elle figure assise sur un trône, portant dans la main droite un lys, et tenant le Christ enfant, assis sur ses genoux. Son petit sceau reprend le même motif mais sur un format rond plus restreint.

Voici la dernière question et certainement la plus ardue. Réfléchis bien avant de répondre ! Tu peux cliquer sur les images des sceaux si jamais tu as besoin de zoomer.

Sceau de Hans Singelsperg

Charpentier, maître d'œuvre de la ville de Strasbourg

Date : 1482Cote : 1 J 475Dimensions : 14 mm de diamètre, 27 à l'origine Le sceau de notre charpentier reprend la même structure que le sceau de l'architecte. La marque de tâcheron diffère naturellement et nous permet d'identifier le sigillant.

Détail d'un portrait équestre de Charles Quint : Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Pal. germ. 775, vorderspiegel.

Toute personne, qu’elle soit physique ou morale, peut posséder un sceau. On retrouve donc des sceaux de souverains, de nobles, de bourgeois, de membres d’une corporation, de marchands, mais aussi des sceaux de villes, de communautés religieuses, de tribunaux, d'universités etc. Dans certaines régions, comme en Normandie, on retrouve même des sceaux de paysans. Il existe aussi des sigillants de confession juive, bien qu'ils soient plus rares que les chrétiens.

Sceau de Diebold Stoer

Date : 1534, Cote : 1 J 689, Dimensions : 25 mm de diamètre Diebold Stoer appartient à une famille noble de Haute-Alsace, qui se fera appeler Stoer von Stoerenburg à partir du milieu du XVIe siècle. Son sceau est un peu plus impressionnant que le précédent, même s'ils ont les mêmes dimensions. Il possède tous les éléments d'un sceau classique. Diebold Stoer est aussi en charge de la gestion de la cour domaniale du Fronhofen (il l'était déjà en 1516).

La famille tire son nom du château de Landsberg, situé aujourd'hui sur le territoire de la commune de Heiligenstein. Elle portait auparavant le nom de Finhey (village disparu près d'Obernai). Le château a été construit peu avant 1200 sur un terrain qui appartenait à l'abbesse de Niedermunster (abbaye aujourd'hui en ruine au pied du Mont-Sainte-Odile). Il fait partie de la ceinture de châteaux-forts qui entourait l'abbaye de Hohenbourg. Dès le XIIIe siècle, les Landsberg ont su diversifier leurs relations féodales. Ils entrent dans la vassalité des Hohenstaufen, de l’évêque de Strasbourg, des landgraves de Werd, des Habsbourg, des ducs de Lorraine, de l’abbaye de Murbach, des Lichtenberg et des Ribeaupierre. Ils ont eux-mêmes des vassaux dès le milieu du XIIIe siècle. Certains sont bourgeois de Strasbourg. Conrad de Landsberg siège au Conseil de Strasbourg en 1303 et 1308. Le cœur de la seigneurie des Landsberg se concentre autour de Barr et Molsheim. Ils possèdent le village de Niedernai (avec son château attesté dès le XIIIe siècle), mais aussi ceux de Meistratzheim, Zellwiller, Lingolsheim, et ceux de Flexbourg et Duttlenheim en partie.

Sceau de Wolfgang von Landsberg

Date : 1521Cote : 1 J 624 bis Dimensions : 30 mm de diamètre Fils de Jacob von Landsberg l’aîné († 1498) et d’Anna von Rathsamhausen zum Stein († 1493). Il se marie une première fois avec Euphemia Voeltsch († 1511) avec qui il a un enfant. Il épouse en secondes noces Anna von Uttenheim zu Ramstein. Il a avec elle quatre filles et trois fils. Il fut avoué de l’abbaye de Hohenbourg (Mont-Sainte-Odile) en 1527 et Vitztum de l’Évêché de Strasbourg en 1531 et 1535 et de 1536 à 1549.

Le sceau possède aussi une autre face qui peut contenir soit une ou plusieurs empreintes de doigts ou d’outils, soit un contre-sceau qui est un sceau secondaire, de petit format. Les contre-sceaux sont très rares en Alsace (il est commun en Flandre de trouver des contre-sceaux de petits seigneurs) et proviennent généralement de puissance extérieures (Pape, empereur, duc de Lorraine etc.), notre exemple ne possède qu’une empreinte de doigt.

Sceau de Léopold IV (1391-1411)

Date : 1399, Cote : 1 J 156, Dimensions : 28 mm de diamètre Le sceau classique de Léopold IV ne représente que l'Autriche, le Tyrol et la Styrie, qui sont au cœur de sa principauté. Cette sobriété est due à la nature de ce sceau. Le grand-sceau au contraire reprend le modèle équestre en mettant toutes ses armoiries. Nous pouvons voir une bande de parchemin sur la droite du sceau. Il s'agit d'une attache en Y inversé. Elle permet, grâce à un pli d'une des deux languettes en double-queue de parchemin effectué lors du scellement, afin que le sceau ne glisse pas sur l'attache.

Chevalier aux armes de Lichtenberg : Paris, Bibliothèque nationale de France, Latin 17873, f. 11.

Les sceaux reflètent l'identité nobiliaire ; le heaume et le cimier rappellent la chevalerie et les armoiries renvoient au prestige de la famille. Les commanditaires des sceaux montrent aussi une volonté de s'inscrire dans le temps long. Ici l'évolution des sceaux est en majorité due à l'innovation technique et artistique. Reprendre des aspects des sceaux de ses ancêtres permet aux nobles de légitimer leur position et de montrer la continuité de leur lignage. Ici nous vous présentons des sceaux des Lichtenberg, grande famille noble alsacienne.

Armes de l'Autriche: Fribourg (CH), Archives de l'État de Fribourg, Législation et variétés 42, f. 133r.

Voici les armoiries des évêques de Strasbourg. Elles consistent en un écartelé des armoiries de l'évêché, du landgraviat de Basse-Alsace et de la famille de l'évêque.

Les armoiries des rois des Romains

Blasonnement : d'or, à l'aigle de sable, membrée, becquée et armée de gueules. Le roi des Romains est le titre porté par celui qui est destiné à être empereur. À la mort de l'empereur, les princes électeurs, dont la liste est fixée par la bulle d’or de 1356 (les archevêques de Cologne, Trèves et Mayence, le comte palatin du Rhin, le roi de Bohême, le margrave de Brandebourg et le duc de Saxe), se réunissent à Aix-la-Chapelle pour élire le roi des Romains. Celui-ci se retrouve à la tête de l'Empire, mais il doit se rendre à Rome pour être couronné empereur (Charles Quint est élu roi des Romains en 1519, mais n'est couronné empereur qu'en 1530).

Bannière de la Vierge aux bras étendus

Copie d'une bannière médiévale datant du XVIIe siècle, Strasbourg, Musée historique de Strasbourg. Le motif de la Vierge aux bras étendus semble apparaître au XIIIe siècle, en même temps que le grand sceau de la ville qui reprend le même motif. Ce motif est influencé par l'art byzantin très en vogue au sein de l'Empire à cette époque. Le motif est ensuite repris sur les différentes bannières réalisées au fil des siècles. L’exemplaire le plus connu datait du XVe siècle et était conservé au sein du Pfennigturm (tour aux Pfennigs, située sur l’actuelle place Kléber, elle abritait le Trésor de la ville), mais il a été détruit lors de la Révolution.Crédits: Grégoire Decrucq

Sceau de Frédéric de Lichtenberg

Date : 1279, Cote : 1 J 2, Dimensions : 30 mm de diamètre Frédéric de Lichtenberg est en 1279 prévôt (première dignité au sein du chapitre) du chapitre cathédral de Strasbourg. Son sceau représente l'Agnus Dei nimbé, tournant la tête à droite, tenant une hampe fleurdelisée munie d'un gonfanon. Il est élu évêque en 1299, ce qui l'amène à modifier son sceau (l'Agnus Dei étant remplacé par une figure d'évêque en pied).

Représentation d'un abbé : Heidelberg, Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Pal. germ. 848, f. 75v.

Armoiries de Guillaume III de Hohnstein

Blasonnement : écartelé, au 1, de gueules à la bande d'argent (évêché de Strasbourg), aux 2 et 3, échiqueté de gueules et d'argent (Hohnstein), au 4, de gueules à la bande d'argent accompagné de cotices fleuronnées d'or (landgraviat de Basse-Alsace).

Armoiries de Guillaume II de Diest

Blasonnement : écartelé, aux 1 et 4 : évêché de Strasbourg, aux deux et trois : seigneurs de Diest (dans les Pays-Bas).

Grand sceau de Léopold Ier de Habsbourg (1308-1326)

Date : 1322, Cote : 1 J 29, Dimensions : 100 mm de diamètre Le duc est représenté en armure et cotte d'armes, tenant une lance à pennon aux armes de Styrie, galopant vers la gauche et portant un bouclier aux armes d'Autriche. Il est coiffé d'un heaume, couronné et cimé d'un plumail de plumes de paon typique des Habsbourg. La housse de sa monture est ornée sur la croupe d'un écu de Habsbourg et sur l'avant-main d'Autriche identique à celles du bouclier. Ce modèle est commun chez les ducs de l'Empire contemporains. Seules l'Autriche et la Styrie sont représentées.

Grand sceau de René II (1473-1508)

Dates: 1500 et 1473, Cotes : 1 J 458 et 424, Dimensions : 100 mm de diamètre Le sceau de René II, membre de la Maison de Lorraine, ressemble beaucoup à celui de son prédécesseur. Deux choses seulement diffèrent : le cimier, où l'on retrouve l'alérion de la maison de Lorraine (oiseau figurant sur les armes du duché), mais aussi les armoiries, qui figurent un écartelé (écu divisé en quatre quart pour réunir les différentes armoiries dont a hérité le duc) de Lorraine au 1 et au 4 et un Anjou complet au 2 et au 3, mettant en avant la Lorraine (contrairement à celle de Nicolas Ier où elles étaient intégrées dans celles d'Anjou). Le fond fleurdelisé est conservé malgré le changement de maison. Le sceau du haut est conservé dans un sachet d'étoupe.

On va pouvoir passer aux choses sérieuses. Étudions ce sceau en guise d'exemple !

Le sceau n’est pas une invention médiévale ; il est connu depuis l’époque babylonienne (IVe millénaire avant J.-C.) et est encore utilisé aujourd’hui pour sceller les documents de nature constitutionnelle ou des traités diplomatiques (pensez à la loi constitutionnelle n° 2024-200 du 8 mars 2024 relative à la liberté de recourir à l'interruption volontaire de grossesse). Cependant l’usage du sceau n’a jamais été aussi intense que dans la chrétienté occidentale à partir du XIe siècle jusqu’au XVIIe siècle.

Témoins prêtant serment devant un juge: Heidelberg, Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Pal. germ. 164, f. 7v.

Sceau du couvent sainte Catherine de Strasbourg

incorporé aux Dominicains en 1245

Date : 1304, Cote : 1 J 14, Dimensions : 50 mm de haut et 34 mm de large Sainte Catherine est représentée nimbée et couronnée, debout sur un piédouche, vêtue d'une longue robe et d'un large manteau, la main gauche ramenée sur la poitrine et une palme dans la main droite.

Au début les sceaux étaient rivés ou plaqués sur le parchemin même mais vers 1100, le sceau pendant se généralise. Les sceaux sont appendus à l’acte selon différentes techniques : attaches sur simple queue ou sur double queue de parchemin, liens en chanvre, en lin ou en soie de différentes couleurs.

Exemple de marque de tâcheron que l'on peut trouver au musée de l'Œuvre notre Dame. Crédits : Alice Pommel

Le but du jeu est assez simple : vous êtes en mars 1517 et vous enquêtez sur un litige autour du testament de Wolfgang von Landsberg. Vous allez interroger le principal héritier pour en savoir plus.

Vous voilà ! Cela faisait un moment que je vous attendais. Mon père vient de mourir au combat et mes frères contestent le testament ! Cela se comprend, il est à mon avantage. Il l'a fait à Noël à un moment où il était en bonne santé, il était donc tout à fait sain d'esprit. Mais ces écuyers sanglants osent contester cette décision. J'aurais aimé avoir la confirmation du chancelier et garde des sceaux mais il est décédé la semaine dernière de la peste. Je compte sur votre expertise pour démêler le vrai du faux. En tout cas laissez-moi vous présenter ma version ! Heidelberg, Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Pal. germ. 848, f. 8r.

Sceau de l'officialité de Strasbourg

Date : 1485, Cote : 1 J 494, Dimensions : 30 mm de diamètre Cette empreinte, de prime abord, n'est pas différente de la précédente. On y retrouve bien le bras tenant la crosse, le soleil et la lune. Cependant quand on regarde de plus près on constate que l'espace entre la lune et le soleil est plus restreint sur cette empreinte que sur la précédente, ce qui nous montre que nous avons affaire à deux matrices différentes. Les matrices s'abîment avec le temps et ont souvent besoin d'être refaites. Cela est d'autant plus valable pour l'officialité, qui scelle énormément. Parfois un changement de matrice ne peut être due qu'à une perte, un accident, ou de simples considérations esthétiques, elle n'est pas toujours due à une volonté politique.

Sceau de Hans von Fleckenstein

Date : 1425Cote : 1 J 233

A partir de la page suivante, ce sceau vous permettra de revenir au début du parcours si vous le souhaitez.

Sceau de Peter Roer

Bourgeois de Strasbourg

Date : 1423Cote : 1 J 224Dimensions : 26 mm de diamètre Le sceau reprend les armoiries de Peter Roer (dans le champ, un écu avec deux faucilles.)

Sceau de Martin Vetter

Curé de Traenheim

Date : 1526Cote : 1 J 655Dimensions : 25 mm de diamètre Ce curé choisit quant à lui un motif héraldique (héraldique non noble, comme les bourgeois) pour son sceau. Les curés ne faisant pas partie d'une institution ecclésiastique particulière sont plus libres dans le choix de leurs sceaux.

Armoiries d'Albert de Bavière

Blasonnement : écartelé, au 1, de gueules à la bande d'argent (évêché de Strasbourg), au 2, de sable au lion d'or, armé, lampassé et couronné de gueules (Palatinat), au 3, d'argent fuselé d'azur (Bavière, Wittelsbach), au 4 du landgraviat de Basse-Alsace.

Vous voulez revoir la charte ? Aucun souci ! Heidelberg, Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Pal. germ. 848, f. 8r.

Armoiries du comté de Kybourg

Blasonnement : de gueules, à la bande d'or, accompagnée de deux lions en bande du même. Le comté de Kybourg appartient aux Habsbourg de 1264 à 1384 puis de 1402 à 1424. Il est à ce moment-là disputé par la République de Zurich, les Habsbourg le récupèrent en 1442 pour le perdre définitivement en 1452 au profit de Zurich. Ce territoire est l'un des nombreux territoires des Habsbourg à avoir été conquis par la Confédération helvétique (le château de Habsbourg se situe dans le canton d'Argovie).

Charte 1 J 461 (1480)

Par ce document de 21,3 cm de haut sur 61 cm de large l'empereur accorde aux Beger de Geispolsheim l'exemption de la cour impériale de Rottweil et de toute juridiction provinciale ; cette exemption est valable pour eux-mêmes, leurs héritiers, vassaux et sujets. Ce document extrêmement important justifie l'emploi du grand-sceau (destiné aux actes les plus solennels ou engageant la responsabilité à du sigillant l’égard des tiers). Nous pouvons donc grâce au sceau appréhender l'importance d'un document sans avoir à le lire. Nous pouvons aussi noter que tous les grands-sceaux de Frédéric III utilisent de la cire vierge et non de la cire rouge.

Sceau d'Hugo

Prévôt du chapitre Saint-Pierre-le-Jeune de Strasbourg

Date : 1293Cote : 1 J 7Dimensions : 50 mm de haut et 32 mm de large Saint Pierre figure dans une niche architecturée, tenant la clé dans la main droite et un livre fermé dans la gauche. En dessous nous trouvons le sigillant priant sous un arc trilobé.

La charte contient le texte suivant: Au nom de Dieu amen. À tous ceux qui ces présentes lettres verront liront ou entendront, nous Wolfgang von Landsberg Vitzthum de Strasbourg faisons savoir que craignant ne point connaître le moment où nous serons rappelés à Dieu nous avons décidé de répartir notre héritage ainsi: - Je confie à mon fils aîné Werner, le château de Niedernai ainsi que les seigneuries de Niedernai, Meistratzheim, Zellwiller, Fronhofen et Lingolsheim - Je confie à mon second fils Adam le château de Landsberg ainsi que la seigneurie de Flexbourg -Enfin je confie à mon dernier fils Sebastian la seigneurie de Duttlenheim Fait l'an de l'incarnation 1516 de notre seigneur Jésus-Christ le jour de la Nativité Présence d'un sceau

Armoiries du comté de Ferrette

Blasonnement : de gueules à deux truites adossées d'or. Le comté de Ferrette comprenait les seigneureries de Ferrette, Thann, Altkirch, Belfort, Delle et Rougemont. Frontalier avec le landgraviat de Haute-Alsace, il entre dans les possessions habsbourgeoises en 1324 grâce au mariage de Jeanne de Ferrette avec Albert II de Habsbourg. Depuis cette date, le comté partage la même destinée que le landgraviat.

Armoiries de Charles Quint

Blasonnement : coupé, au 1, écartelé de Castille et de Léon parti d'un contre-écartelé au A, d'Aragon, au B d'Aragon-Sicile, au C de Jérusalem et au D de Navarre, le tout enté en pointe de Grenade ; au 2, Autriche coupé de Bourgogne ancien parti de Bourgogne Valois coupé de Brabant, sur le tout, écusson de Flandre parti de Tyrol. Ces armoiries sont le résultat de l'héritage de Charles Quint qui a reçu les territoires Habsbourg par son grand-père Maximilien Ier, les territoires bourguignons par sa grand-mère Marie de Bourgogne (via son père Philippe le Beau) et les territoires de l'Aragon et de la Castille par Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille (via sa mère Jeanne de Castille).

Comme pour les signatures, il existe un certain nombre de manœuvres visant à contourner la sécurité offerte par les sceaux. Certains volent ou falsifient les matrices mais on peut aussi trouver des exemples de remplacements de sceaux. En effet un acte perd toute valeur si on perd le sceau d'origine. Il est possible de demander un vidimus (copie authentique d'une charte) avec un nouveau sceau. D'autres ont des stratégies plus innovantes.

Armoiries du Saint-Empire romain germanique

Blasonnement : d'or, à l'aigle bicéphale nimbée de sable, membrée, becquée et armée de gueules. L'aigle est l'emblème impérial par excellence. Son utilisation démontre la volonté des empereurs de se positionner comme héritiers légitimes de l'Empire romain face aux Byzantins qui utilisent aussi l'aigle bicéphale sur leurs armoiries. Les nimbes sur les têtes de l'aigle, ajoutés au XVe siècle ; rappellent le caractère sacré de l'Empire.

Sceau de l'officialité de Strasbourg

Date : 1397, Cote : 1 J 153, Dimensions : 30 mm de diamètre Ce sceau représente la crosse, symbole épiscopal, avec les luminaires. On y retrouve les symboles de l'évêque. Ce motif est utilisée de 1274 à 1597. Cela s'explique par une volonté d'instaurer une continuité au sein de l'institution et un climat de confiance avec les justiciables.

Les femmes possèdent aussi des sceaux, ce qui prouve qu'elles jouissent d'une certaine capacité d'action, contrairement à ce que l'on pourrait penser au prime abord (même si elles sont loin d'être les égales des hommes). Le fonds en contient quelques exemples (nous avons déjà vu celui d'Isabelle, duchesse de Lorraine), en voici d'autres.

Les armoiries des Lichtenberg

Blasonnement : d'argent au lion à la queue fourchue en sautoir de sable, armé et lampassé de gueules, à la bordure du même. Le lion est le motif par excellence dans les armoiries de la noblesse (Flandre, Brabant, Luxembourg, Palatinat, Bohême, Léon, Norvège, Ecosse, etc). Il représente le courage, la bravoure et la noblesse qui sont au centre des valeurs chevaleresques (pensez à Yvain ou le Chevalier au lion de Chrétien de Troyes).

Sceau de Margarete Jungzorn

Date : 1466Cote : 1 J 397Dimensions : 25 mm de diamètre Ici la sigillante choisit de se représenter avec ses armoiries. On reconnaît les armoiries de Johannes Werner von Landsberg, son époux, sur la droite.

Sceau de Lienhard Drachenfelß

Échevin de Strasbourg (1484-1485, 1488-1489, 1492 et 1496-1497)

Date : 1484, Cote : 1 J 493, Dimensions : 28 mm de diamètre La famille Drachenfelß est une famille anoblie très puissante aux origines plutôt modestes (elle se nommait Schmit avant d'acquérir la maison zum Drachenfelß dont elle a ensuite pris le nom). Les premiers sceaux de la famille étaient composés d’une marque de tâcheron comme armoiries et d'une légende en écriture onciale. Ici tous les codes des sceaux de la chevalerie sont repris : cimier parlant (drachen signifie dragon), heaume, lambrequins etc. Les armoiries elles-mêmes sont composées de trois marques de tâcherons (élément repris des armoiries primitives de la famille, peu distinctives) insérées dans un chevron, pièce héraldique classique. La légende est en minuscule gothique, plus prestigieuse. Cela nous montre parfaitement le changement de statut de la famille.

Souhaites-tu bénéficier d'un ou plusieurs points supplémentaires ou souhaites-tu entrer dans le vif du sujet ?

Armoiries de l'Autriche

Blasonnement : de gueules à la fasce d'argent. La maison de Habsbourg obtient le duché d'Autriche en 1278 suite à la bataille de Marchfeld face au roi de Bohême Ottokar II. L'Autriche devient alors le centre des possessions habsbourgeoises (Frédéric III élève le duché au rang d'archiduché en 1453). Les Habsbourg décident à ce moment-là d'adopter ces armoiries en tant qu'armoiries principales. Elles étaient jusqu'en 1246 celles de la maison de Bamberg et sont à l'origine du drapeau autrichien.

Le duché de Lorraine est certes dans l'Empire mais, largement francophone, il est très orienté vers le royaume de France. Cette influence française va se retrouver dans leurs grands sceaux des ducs surtout à partir du mariage entre la duchesse de Lorraine Isabelle et René d'Anjou, dit le « Roi René », membre éminent de la Maison de Valois. Les sceaux lorrains vont alors prendre le modèle des grands sceaux des Dauphins (héritiers de la couronne de France). L'arrivée en 1473 de la maison de Vaudémont (branche de la maison de Lorraine) sur le siège ducal va pousser ses ducs à se soustraire à l'influence française. Les sceaux lorrains vont alors conserver certains aspects des sceaux français tout en marquant l'indépendance de la Lorraine.

La charte contient le texte suivant: Au nom de Dieu amen. À tous ceux qui ces présentes lettres verront liront ou entendront, nous Wolfgang von Landsberg Vitzthum de Strasbourg faisons savoir que craignant ne point connaître le moment où nous serons rappelés à Dieu nous avons décidé de répartir notre héritage ainsi: - Je confie à mon fils aîné Werner, le château de Niedernai ainsi que les seigneuries de Niedernai, et Meistratzheim - Je confie à mon second fils Adam le château de Landsberg ainsi que les seigneuries de Zellwiller et Flexbourg -Enfin je confie à mon dernier fils Sebastian les seigneuries de , Lingolsheim, Duttlenheim et de Fronhofen Fait l'an de l'incarnation 1516 de notre seigneur Jésus-Christ le jour de la Nativité Présence d'un sceau

Vous ne trouvez pas de sceaux malgré de longues recherches. Par contre vous retrouvez, dans la comptabilité, la mention d'une commande d'une matrice faite à un orfèvre. D'après la quittance signée par l'orfèvre, la matrice porte les armes et le cimier des Landsberg, elle possède aussi de nombreux lambrequins, la légende est inscrite sur le contour de la matrice. Coffre-fort, vers 1650: Thann, Musée des Amis de Thann Crédits: Société des Amis de Thann

Sceau de Frédéric III

Empereur du Saint-Empire (1452-1493)

Date: 1467, Cote: 1 J 403, Dimensions : 70 mm de diamètre L'archiduc Frédéric V de Habsbourg une fois couronné (en 1452) devient l'empereur Frédéric III, ce qui l'incite à modifier son sceau. Il remplace l'aigle par l'aigle impériale bicéphale, il augmente sa taille au point de décaler ses armoiries dans la légende. Le revers du sceau est aussi contre-scellé par un signet.

Les ordres mendiants sont des ordres religieux ne possédant aucun bien, individuellement comme collectivement. Il en existe deux principaux au Moyen Âge : l'ordre des Frères mineurs fondé par François d'Assise en 1209 et l'ordre des Frères prêcheurs fondé par Dominique de Guzmán en 1215. Ils se consacrent notamment au prêche, à l'enseignement et à l'assistance aux plus pauvres. Ils résident dans des couvents établis en ville, au plus proche de la population, ce qui les différencie drastiquement des moines. Ils sont incontournables au sein du paysage urbain de la fin du Moyen Âge, surtout à partir du milieu du XIIIe siècle, où leur essor coïncide avec l'essor urbain. Leur extrême pauvreté ne les empêche pas d'avoir une personnalité juridique et donc un sceau, aussi bien pour les couvents que pour les dignitaires de l'ordre (provinciaux, gardien etc.)

Sceau d'Egelolf von Landsberg

Chanoine du chapitre Saint-Pierre-le-Jeune de Strasbourg

Date : 1279Cote : 1 J 2Dimensions : 40 mm de haut par 30 mm de large Le sceau d'Egelolf se compose du blason des Landsberg que nous avons vu précédemment, accompagné au-dessus des clés de saint Pierre et de deux étoiles à huit branches