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5 courir Echenoz

sophie.gheysen

Created on July 1, 2024

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Transcript

" Courir" de Jean Echenoz

Parcours d' une oeuvre intégrale

partie 1 : La découverte de la course à pied

partie 2 : Entrainements et premières victoires

Introduction

partie 6 : Faire le bilan de la séquence

Partie 3 : Un athlète légendaire .

partie 4 : De la rencontre amoureuse au temps de la retraite

partie 5 : Mettre en relation réalité et fiction

Introduction

Activité 1 : Découvrir la biographie de l' auteur

Né en 1947 à Orange, Jean Echenoz est écrivain de profession. Passionné par l'histoire et la géographie, mais aussi par la sociologie et la philosophie, il place la réflexion sur l'homme au cœur de son œuvre romanesque. Courir est une « fiction biographique » : l'écrivain s'inspire de la vie d'un homme ayant réellement existé, le coureur de fond tchécoslovaque Emil Zátopek, pour créer un héros de roman, Émile, qui traverse la guerre froide au rythme puissant et cadencé d'une locomotive : c'est d'ailleurs le surnom qu'on lui a donné.

Complétez la fiche de synthèse ci dessous : Nom: Prénom:.... Date et lieu de naissance: Études:..... Pays de résidence: Prix littéraire : Une citation: Un événement important:

Activité 2 : Découvrir la présentation de l' oeuvre

Regardez la présentation du roman. Qu'apprend-on sur le héros de Jean Echenoz? Répondez sans faire de phrases, en notant des mots-clés.

Activité 3 : Du sportif au personnage de roman

Zátopek est-il un champion ayant existé ou une création imaginaire de l’auteur du livre Courir ? Prouvez votre choix en vous aidant des informations de la page. Pourquoi, selon vous, le romancier a-t-il modifié le prénom de son héros ? Proposez deux raisons possibles.

Emil Zátopek (1922-2000), personnalité sportive surnommée la << Locomotive tchèque >>

Il vous faut : une grande part de « je n'écoute que moi-même», une grande cuillère de << laissez les autres parler, je cours et c'est tout », un kilo de << laissez les autres rire, je rirai d'eux quand j'aurai atteint la ligne d'arrivée». Ensuite une livre de plaisir et une grande portion de sérénité. Emil Zátopek interviewé dans une revue allemande.

JEUX OLYMPIQUES D'HELSINKI EN 1952 ⚫5 000 mètres : 1er 14 min 06 s ⚫ 10 000 mètres : 1er 29 min 17 s ⚫ Marathon : 1er 2 h 23 min 03

Émile, personnage du roman de Jean Echenoz

Echenoz efface Zátopek et écrit Courir, narre Émile1. De cette histoire connue – qui ignore le nom de Zátopek? - Echenoz fait une short story, un court roman en 20 brefs chapitres, à l'ironie enjouée, indirecte. CHRISTINE MARCANDIER, Diacritik, 08/09/2015.

Activité 4 : A vos hypothèses

Échangez sur des réponses possibles à la problématique de la séquence. Vous vérifierez après l’étude du roman si vous aviez vu juste

Aprés quoi courait le légendaire champion de vitesse des années 50 ?

partie 1 : La découverte de la course à pied

Activité 1 : Le sport en horreur

Comment jugez-vous les conditions de travail auxquelles est soumis Émile à l’usine Bata ? Pourquoi l’entreprise veut-elle des jeunes sportifs à son service ? Pourquoi Émile a-t-il horreur du sport ? Soulignez dans le texte plusieurs raisons et discutez-en.

Au début du roman, en 1939, Émile a 17 ans. L’armée allemande vient d’envahir son pays, la Tchécoslovaquie. Il est interne dans une école professionnelle liée à l’usine Bata de Zlin, en Moravie, où il travaille comme ouvrier.

L’atelier où on l’a d’abord placé produit chaque jour deux mille deux cents paires de chaussures de tennis à semelles de crêpe, et le premier travail d’Émile a consisté à égaliser ces semelles avec une roue dentée. Mais les cadences étaient redoutables, l’air irrespirable, le rythme trop rapide, la moindre imper-fection punie par une amende, le plus petit retard décompté sur son déjà maigre salaire, rapidement il n’y est plus arrivé. On l’a donc changé de poste pour l’affec-ter à la préparation des formes où ce n’est pas moins pénible mais ça sent moins mauvais, il tient le coup. [...]Un seul problème à l’usine : désireux de vendre toujours plus de leurs chaus-sures qu’ils exportent dans le monde entier, ce qu’on peut comprendre, et non contents d’avoir poussé la rationalisation1 du travail aussi loin que possible, les établissements Bata veulent également faire connaître leur nom par tous les moyens et usent à cet effet de tous les supports publicitaires imaginables. Entre autres initiatives ils ont engagé une équipe de football maison, qui doit transporter les couleurs de la marque dans tous les stades. Émile est assez indifférent à cela mais par malheur ils organisent aussi, chaque année, une course à pied nommée Parcours de Zlin à laquelle doivent participer tous les étudiants de l’école profes-sionnelle, accoutrés de maillots portant le sigle de la firme. Et ça, Émile déteste. Il a horreur du sport, de toute façon. Il traiterait presque avec mépris ses frères et ses copains qui emploient leurs loisirs à taper niaisement dans un ballon. [...]Le sport, Émile aime d’autant moins que son père lui a transmis sa propre antipathie pour l’exercice physique, lequel n’est à ses yeux qu’une pure perte de temps et sur-tout d’argent. La course à pied, par exemple, c’est vraiment ce qu’on fait de mieux dans le genre : non seulement ça ne sert strictement à rien, fait observer le père d’Émile, mais ça entraîne en plus des ressemelages surnuméraires qui ne font qu’obérer le budget de la famille. Jean echenoz, Courir,© 2008 by Les Éditions de minuit, p. 11-13

1. Système de planification et de contrôle du travail pour de meilleurs rendements avec des coûts moins élevés.2. Plus nombreux. 3. Augmenter.

1. Qui organise la première course à laquelle participe Émile?Dans quelle intention?2. Repérez l'ensemble des termes qui désignent les deux groupes de coureurs dans le deuxième paragraphe (l. 3 à 15). Quelle opposition est ainsi mise en place?3. Comment est qualifié le style de course d'Émile ? Repérez le terme qui est répété à ce sujet.4. Relevez dans le texte les mots et expressions qui renvoient au caractère d'Émile. Comment apparaît-il ?5. Que se passe-t-il après cette course?6. Qu'appelle-t-on une « course contre la montre >> ? Contre quoi ou qui le sportif court-il réellement selon vous ? Faites une liste des motivations profondes d'Émile:

Activité 2 : ça commence à lui plaire

Notion Le jeu des oppositions En opposant des mots ou des groupes de mots dans un texte, l' auteur joue sur les contrastes et les oppositions: le bien et le mal, les forces et les faiblesses la douceur et la violence, l'harmonie et le désordre. Ce jeu d'oppositions, parfois appelées antithèses, souligne et met en valeur pour le lecteur une caractéristique importante de ce dont on parle.

En 1941, Émile accepte finalement de concourir pour le Parcours de Zlin et donc indirectement, avec les autres étudiants, à faire de la publicité pour Bata

L'une des premières initiatives de l'occupant est de monter pour les jeunes gens des manifestations sportives, athlétisme et jeux collectifs, et là encore c'est assez obligatoire.( ...) La premiere course à laquelle participe Emile est donc un cross-country de neuf kilomètres mis au point par la Wehrmacht1 à Brno et qui va opposer une sélection allemande athlétique, élancée, arrogante, impeccablement équipée, tous pareils dans le genre übermensch2, à une bande de Tchèques faméliques et dépenaillés, jeunes paysans hagards en caleçon long ou vagues footballeurs amateurs mal rasés. Émile ne participe pas de gaieté de coeur à cette épreuve mais c'est un garçon consciencieux, il s'y met, il donne ce qu'il peut. Comme il termine deuxième sans s'en apercevoir et au vif dépit des aryens', un entraîneur du club local s'intéresse à lui. Tu cours bizarrement mais tu ne cours pas si mal, lui dit-il. Enfin vraiment tu cours très bizarrement, insiste l'entraîneur en secouant la tête incrédule, mais bon, tu cours pas mal. De ces deux propositions, Émile n'écoute et n'entend distraitement que la seconde.Comme les copains ont repéré que, même bizarre, il n'est pas mauvais, ils lui proposent de revenir courir avec eux mais il refuse. Il aime bien courir comme nous tous de temps en temps, mais enfin pas plus que ça. (...) L'imprévu, c'est que bientôt ça commence à lui plaire. Il ne dit rien mais il paraît y prendre goût. Au bout de quelques semaines voici même qu'il se met à courir seul, pour son propre plaisir, ce qui l'étonne lui-même et il aime mieux ne pas en parler à qui que ce soit. La nuit tombée, quand personne ne peut le voir, il fait aussi vite que possible l'aller-retour entre l'usine et la forêt. S'il n'en dit pas un mot, les autres finissent par s'en apercevoir, insistent encore et lui, toujours trop gentil pour résister longtemps, il y retourne puisqu'ils y tiennent tant.

Or, tout gentil qu'il est, il s'aperçoit aussi qu'il aime bien se battre : les premières fois qu'on le met sur une piste, il y va de toutes ses forces et gagne facilement deux courses de quinze cents et de trois mille mètres. On le félicite, on l'encourage, on le récompense d'une tartine et d'une pomme, on lui dit de revenir et il revient et se met à s'entraîner au stade, d'abord pour rire, puis de moins en moins. Enclavé dans la zone industrielle et fort laid, le stade de Zlin se trouve en face de l'usine électrique : le vent y chasse la fumée des cheminées, la suie et la poussière qui retombent dans les yeux des sportifs. Malgré ces inconvé nients, Émile commence à bien l'aimer aussi, ce stade, l'air lourd qu'on y respire est quand même bien plus pur que celui de l'atelier. À l’atelier, d’ailleurs, ça ne s’arrange pas. À la suite d’une embrouille, et comme sanction professionnelle, Émile a été changé de poste et chargé de la pulvérisa-tion des silicates4. C’est une tâche encore plus ingrate que les autres, la poussière blanche qui le recouvre et qu’il absorbe lui donne l’air d’un spectre en apnée à plein temps. Comme il s’en plaint et sollicite une mutation, le chef du personnel lui propose obligeamment5, s’il n’est pas content, d’être envoyé en camp de travail6. Émile n’insiste pas. Jean echenoz,Courir,© 2008 by Les Éditions de minuit, p. 16-18

1. Nom officiel de l'armée du III* Reich dirigée par Hitler. 2. Se croyant au-dessus des autres hommes. 3. Les nazis qui se voient comme une race supérieure: blonds, grands, yeux bleus... Cette << race >> n'existe pas. 4. Minéraux. 5. Aimablement (ironie). 6. Camp de travail forcé.

partie 2 : Entrainements et premières victoires

Activité 1 : Le goût de l 'effort

Soulignez les expressions décrivant la course d’Émile. Quel est le jugement de l’auteur ? Surlignez dans les autres paragraphes sa technique pour courir. Quelles en sont les conséquences sur les autres compétiteurs ? Quelles rumeurs répand-on sur ses capacités ? Dans quels buts ?

Émile quitte l’école et est enrôlé dans l’armée de la « nouvelle » Tchécoslovaquie, libérée des nazis par les Soviétiques en 1945. Encouragé par ses succès sportifs, il ne tient pas compte des critiques sur sa manière peu stylée de courir et décide de s’entraîner sans relâche. Il donne en course l’apparence d’un boxeur en train de lutter contre son ombre et tout son corps semble être ainsi une mécanique détraquée, disloquée, douloureuse, sauf l’harmonie de ses jambes qui mordent et mâchent la piste avec voracité. Bref il ne fait rien comme les autres, qui pensent parfois qu’il fait n’importe quoi. [...] S’il se sent fatigué, s’il constate le moindre signe de ralentissement, aussitôt il s’efforce au contraire d’accélérer. Sa chance, à cet égard, c’est qu’il aime avoir mal. Il sait qu’il peut compter sur son amour de la douleur et sur lui-même : jamais il ne se laisse masser par qui que ce soit. Cette façon de s’entraîner lui permet d’épuiser ses adversaires par un grand nombre de sprints intercalés, tout en gardant des forces pour le final qui est toujours d’une violence extrême. Son allure en course se modifie constamment, tout en tempos rompus, subtils changements de vitesse dont se plaignent amèrement ceux qui lui courent après. Car non seulement il leur est presque impossible de suivre sans se dérégler la petite foulée courte, heurtée, inégale et saccadée qu’Émile tricote, non seulement ces variations de rythme incessantes leur compliquent affreusement la vie, non seulement cette allure bizarre et fatiguée, montée sur des gestes roidis d’automate, les décourage car elle les trompe, mais son perpétuel dodelinement de la tête et le moulin per-manent de ses bras, par surcroît, leur donnent aussi le vertige. Jamais, jamais rien comme les autres, même si c’est un type comme tout le monde. Certes on prétend que les échanges gazeux de ses poumons sont anormalement riches en oxygène. Certes on assure que son cœur est hypertrophié, d’un diamètre au-dessus de la moyenne et battant à une cadence moindre. [...]Bref rien n’est sûr sauf qu’il a sans doute su discipliner ce cœur et ces poumons, les rendre aptes aux efforts de vitesse les plus rapprochés et à récupérer tout aussi vite. [...]Un jour, on calculera que, rien qu’en s’entraînant, Émile aura couru trois fois le tour de la Terre. Jean >>>Cchenoz, Courir,© 2008 by Les Éditions de minuit, p. 50-54

Activité 2 : L' étrange style d' Emile

1. Lisez une première fois le texte en repèrant le champ lexical de la douleur. Expliquez sa présence en une phrase. 2. Repérez et analysez les comparaisons et métaphores du texte en vous aidant du modèle proposé: 3. Quelle image l'auteur donne-t-il d'Émile dans ce passage?4. Commentez la phrase suivante : << Bref, il ne fait rien comme les autres, qui pensent parfois qu'il fait n'importe quoi. >>

La comparaison et la métaphore

Une comparaison rapproche deux réalité possédant une caractéristique commune au moyen d'un mot-outil (comme, pareil ressembler...). Une métaphore rapproche deux réalités différentes sans employem de mot-outil, créant ainsi une image: «Nous brisons les serrures rouillées de L'injustice (Paul Éluard). Pour analyser une comparaison ou une métaphore. on recherche le comparé (ce qui exister le comparant (ce qu'on évoque) et leur points communs, afin de comprendre ce que veut dire l'auteur (l'effet recherché)

Il y a des coureurs qui ont l'air de voler, d'autres qui ont l'air de danser, d'autres paraissent défiler, certains semblent avancer comme assis sur leurs jambes. Il y en a qui ont juste l'air d'aller le plus vite possible où on vient de les appeler. Émile, rien de tout cela. Émile, on dirait qu'il creuse ou qu'il se creuse, comme en transe ou comme un terrassier'. Loin des canons académiques et de tout souci d'élégance, Émile progresse de façon lourde, heurtée, torturée, tout en à-coups. Il ne cache pas la violence de son effort qui se lit sur son visage crispé, tétanisé, grimaçant, continûment tordu par un ric- tus pénible à voir. Ses traits sont altérés, comme déchirés par une souffrance affreuse, langue tirée par intermittence, comme avec un scorpion logé dans chaque chaussure. Il a l'air absent quand il court, terriblement ailleurs, si concentré que même pas là sauf qu'il est là plus que personne et, ramassée entre ses épaules, sur son cou toujours penché du même côté, sa tête dodeline sans cesse, brinquebale et ballotte de droite à gauche. Poings fermés, roulant chaotiquement le torse, Émile fait aussi n'importe quoi de ses bras. Or tout le monde vous dira qu'on court avec les bras. Pour mieux propulser son corps, on doit utiliser ses membres supérieurs pour alléger les jambes de son propre poids : dans les épreuves de distance, le minimum de mouvements de la tête et des bras produit un meilleur rendement. Pourtant Émile fait tout le contraire, il paraît courir sans se soucier de ses bras dont l'impulsion convulsive part de trop haut et qui décrivent de curieux déplacements, parfois levés ou rejetés en arrière, ballants ou abandonnés dans une absurde gesticulation, et ses épaules aussi gigotent, ses coudes eux aussi levés exagérément haut comme s'il portait une charge trop lourde. Il donne en course l'apparence d'un boxeur en train de lutter contre son ombre et tout son corps semble être ainsi une mécanique détraquée, disloquée, douloureuse, sauf l'harmonie de ses jambes qui mordent et mâchent la piste avec voracité. Bref, il ne fait rien comme les autres, qui pensent parfois qu'il fait n'importe quoi. Mais ce n'est pas tout de courir à sa manière, c'est aussi qu'il faut s'entraîner. Or c'est ainsi qu'il s'entraîne également. Jean Echenoz, Courir, Les Éditions de Minuit, 2008. 1. terrassier: ouvrier chargé de creuser et remuer la terre. 2. canons académiques: modèles imposés. 3. rictus: grimace de douleur.

Activité 3 : La victoire de Prague

1. Lisez une première fois le texte en repérant l'ensemble des termes qui composent le champ lexical de la course.2. Repérez les définitions données du «< sprint final >> dans le texte. Comment Émile surprend-il ses adversaires?3. Quels traits de caractère d'Émile découvre-t-on dans cet extrait ? Qualifiez-le au moyen de trois adjectifs.4. Quelles sont les réactions lorsqu'Émile bat le record du 5 000 mètres (l. 26)? Indiquez qui désigne chacun des deux pronoms personnels suivants : << on >> (l. 27-28): <ils >> (l. 29):5. Pour quelles raisons les journalistes de Prague sont-ils surpris par les résultats d'Émile ? Reformulez leurs arguments (l. 29-31).6. À votre tour, exprimez votre opinion sur leur façon de pratiquer leur métier.

Emile progresse vite, et n'écoute que lui-même pour s'entraîner, travaillant l'endurance mais aussi le sprint, Variant les rythmes pour tester ses limites. Il aime la course et ne ressent pas la souffrance. Après quelques mois, il découvre enfin le haut niveau.

Au championnat qui oppose, à Prague', la Bohême à la Moravie2, Émile s'inscrit pour la première fois à l'épreuve des quinze cents mètres, se confrontant aux trois meilleurs coureurs tchèques en demi-fond. Ceux-ci, s'étant soigneusement concertés, ont mis au point un plan d'attaque contre le détenteur du record, un nommé Salé. Ce plan est simple. Ils vont courir dès le départ le plus vite possible dans l'idée que ledit Salé, connu comme sprinter, finira par ralentir et cessera de lutter en se voyant trop loin de ce peloton de tête. Tout simple qu'il soit, le système des trois Tchèques est sur le point de marcher, Salé se décourage, les trois Tchèques sont contents. Mais ils ont oublié Émile qui a son point de vue personnel sur la marche à suivre. Lui s'est d'abord contenté de suivre respectueusement Salé puis, voyant que celui-ci va céder, il se permet de le dépasser pour talonner les trois premiers qu'il laisse l'un après l'autre derrière lui. Deux cents mètres avant l'arrivée, il démultiplie sa vitesse, sachant qu'il peut le faire car s'étant préparé pour ça : il gagne. On ne connaît pas le sprint final à cette époque, on tâche toujours d'étaler son effort, de le répartir sur une épreuve. Soucieux de s'économiser jusqu'à la fin, on ne croit pas pouvoir et surtout on n'ose pas réserver toute sa vitesse pour la déployer dans la dernière ligne droite, donner sa plus grande mesure en fin de course. Eh bien voilà tout l'intérêt de se préparer aussi sur de petites distances: le sprint final, Émile vient de l'inventer. Devenu très attentif aux battements de son cœur et à son degré de fatigue, Émile aimerait comprendre jusqu'où va son endurance. Il continue de s'entraîner tout l'au- tomne, tout l'hiver, et pas seulement au stade. Dans la rue, sur les routes, en forêt, dans les champs, partout au point de se faire mal et par n'importe quel temps, il court moins comme un homme que comme une de ces bêtes plus douées que nous pour ça. (...) C'est ainsi qu'il se retrouve en train de battre un record, à Zlin, où il devient le premier de son pays à franchir cinq mille mètres en un quart d'heure. On s'exclame, on s'exalte, on prévient la presse nationale mais les types de Prague n'y croient pas. Ils pensent d'abord qu'il s'agit d'une erreur de téléscripteur, puis que les chronomètres de Zlin sont truqués. Et puis Zlin, qu'est-ce que c'est que ce bled? Qu'est-ce que c'est que ce minable ? Qu'est-ce que c'est que cet escroc ? N'empêche, après avoir encore amélioré son quart d'heure dans son bled, Émile vient courir quelque temps plus tard deux mille mètres à Prague même, et il y bat un nouveau record, son troisième de l'année. Les types de Prague, force leur est d'admettre qu'ils se sont trompés. Jean Echenoz, Courir, Les Éditions de Minuit, 2008. 1.Prague: la capitale de la Tchécoslovaquie 2.la Bohème et la Moravie: deux régions de la Tchéquie.

Partie 3 : Un athlète légendaire .

Activité 1 : Un athlète d' Etat

1. Repérez les informations qui montrent que la renommée d'Émile est de plus en plus grande.2. Quel surnom la presse a-t-elle donné à Émile? Expliquez cette métaphore.3. Expliquez pourquoi Émile est un << splendide outil de propagande » pour le gouvernement tchèque.4. Repérez les avantages que le coureur y trouve. Pensez-vous qu'ils soient justifiés ?5. Selon vous, la célébrité est-elle importante pour être heureux ? Listez ses avantages et ses inconvénients pour les gens devenus célèbres.

Emile est devenu célèbre. C'est un athlète d'État. Sa notoriété est utilisée par la propagande du gouvernement pour vanter le pays aux yeux du monde entier.

Style ou pas, ça y est, Émile est une vedette mondiale. Somme toute il aura suffi de peu : Oslo, Berlin, un cross interallié à Hanovre et les records successifs qu’il aligne dans son pays. En un an, son nom a cessé de s’inscrire en petits caractères et bas de colonne dans les brèves d’athlétisme des journaux spécialisés pour laisser place à ses photographies en une de la presse sportive internationale, et bientôt plus seulement sportive. Il est devenu ce qu’on appelle un grand champion. Il est inévitable. On n’annonce plus sa participation à une épreuve, on indique simplement, bien avant qu’elle ait lieu, qu’il va la remporter. Ses chances de victoire sont à ce point absolues qu’il est décourageant, au point d’être parfois jugé indésirable par les fédérations. [...] Il commence à créer en tout cas un fanatisme autour de sa personne, reçoit des centaines de lettres par sacs postaux entiers, demandes d’autographes ou de conseils, photos à dédicacer, propositions de mariage et il a gagné un surnom. La Locomotive. Tout va bien. Tout ne va pas mal, du coup, pour le régime tchécoslovaque, passé après la guerre puis le coup de Prague2 dans le bloc socialiste3, et qui se met à voir en Émile un splendide ustensile de propagande. Il en est le meilleur diplomate, le plus efficace ambassadeur, il est devenu un athlète d’État. De ceux qui, comme les travailleurs d’élite, ont droit à un statut spécial, des décorations et des avantages. Dans le civil, ceux-ci peuvent se voir attribuer une villa, des médailles, un poste honorifique dans le textile, par exemple, ou dans la métallurgie. Pour Émile qui est militaire, cela va se passer en promotion de grade en grade, cependant que son activité reste centrée sur le sport. Donc on va bien s’occuper de lui. Jean echenoz,Courir,© 2008 by Les Éditions de minuit, p. 55-57

Activité 2 : Un triplé historique

Repérez les conjonctions de coordination utilisées par l'auteurdans le premier paragraphe. Indiquez quel lien logique chacune met en place et proposez un synonyme : Quelle est l'attitude habituelle d'Émile en course? Repérez les changements qui apparaissent. Comment les expliquez-vous ?

Émile gagne tout, ou presque, et sur toutes les distances. Seule la mythique épreuve du marathon lui échappe. Mais elle est "habituellement réservée à des spécialistes... À la surprise générale, Émile demande à y participer, lors des Jeux olympiques d'Helsinki, où il a déjà remporté les médailles d'or du 5 000 et du 10 000 mètres.

Donc il y va. Et l'on s'apprête à jouir méchamment du spectacle qu'il réserve d'ordinaire en tordant son visage, torturant sa carcasse, semblant se faire violence à chaque enjambée. Or pas du tout. L'homme aux traits ravagés par une affreuse douleur, c'est l'Émile de la piste. L'Émile du marathon, lui, court dans la plus totale sérénité, sans la moindre souffrance apparente. A mi-parcours, là où les concurrents écœurés font souvent demi-tour, comme un Suédois et un Anglais l'ont escorté jusque-là en tirant une langue blanche, il se tourne en souriant vers eux: Bon, leur dit-il, c'était gentil de m'accompagner mais, là, je vous laisse. Il faut que j'y aille. Et il les abandonne et continue seul, jouissant de sa décontraction. Foulée régulière, expression sereine, Émile répond par de petits signes aux cris du public massé sur son chemin, échange quelques blagues avec les occupants des voitures suiveuses, cligne de l'oeil à ceux qui s'étonnent encore de son accablante supériorité. C'est la première fois qu'il sourit en courant, de toutes ses grandes dents, tout en regardant le paysage. Tout juste s'il ne signe pas des autographes au passage, s'il ne communique pas ses impressions sur l'aimable campagne finlandaise, joyeux décor de sapinières et de champs d'orge, de rocailles brunes et de bouleaux, d'étangs luisants de soleil. Sept kilomètres avant la fin, cependant, petite gène : comme la sueur colle trop à son maillot sur sa poitrine, il le retrousse et poursuit, torse à demi nu, radieux. Puis sachant que le stade olympique est proche, il convient de vérifier si son système expressif est encore au point. Il commence donc à grimacer pour être sûr d'être reconnu, mais juste un peu, pas la grande démonstration classique, rien de comparable avec son numéro de piste. Juste un petit jeu de rictus qu'il n'accroît qu'avant le stade où ceux-ci lui servent de passeport, lui permettant d'être identifié dès son entrée par le public heureux de le retrouver comme d'habitude. Annoncé par une sonnerie de trompettes, il arrive frais comme l'œil, s'offrant à la satisfaction générale un petit sprint final qui n'était pas indispensable et voilà, il a tout gagné : médaille d'or. Jean Echenoz, Courir, Les Éditions de Minuit, 2008. 1. ses contempteurs: ceux qui dénigrent, ses critiques.

Activité 3: Confronter deux documents

Confrontez le film de la course au texte de Jean Echenoz. Quel exploit est ici particulièrement évoqué? En quoi est-il extraordinaire ? Comment l'écrivain met-il en valeur cet exploit ?

partie 4 : De la rencontre amoureuse au temps de la retraite

Activité 1 : La rencontre avec Dana

1. Repérez les informations données sur Dana. Quelles caractéristiques ont pu séduire Émile ? 2. A qui renvoie le pronom "je" utilisé au début du texte ? Expliquez sa présence. 3. Quelle stratégie Émile met-il en place pour séduire Dana ? 4. Quels traits de caractère du jeune homme sont mis en évidence dans ce passage ?

Le temps passe pour Émile, qui continue de progresser et de gagner. Jusqu’au jour où il rencontre celle qui va devenir sa femme, Dana. Ça continue comme ça, Émile est partout, des rencontres internationales - La Haye, Alger, Stockholm, Paris, Helsinki - aux simples meetings d’athlétisme de province comme par exemple celui de Zlin, un mois de juin, où il aperçoit une fille qui lui plaît. Je dois dire qu’elle est tout à fait bien, très jolie, grande et mince, cheveux châtains courts, regard gris clair, beau sourire énergique et doux, et en plus, elle lance le javelot. Émile se renseigne un peu et apprend deux choses, d’abord qu’elle se prénomme Dana, ensuite qu’elle est la fille de son colonel. Comme cette fille de colonel et son javelot viennent d’améliorer leur record personnel sur la piste de Zlin, Émile avisé voit là l’occasion idéale. Il fonce acheter un bouquet de fleurs et s’en va la congratuler. On cause et, quelques jours plus tard, quand il doit battre encore un de ses propres records, c’est au tour de Dana de venir lui faire son compliment. On cause encore et, en causant, on s’aperçoit qu’on est nés le même 19 septembre, qu’on a précisément le même âge, à ceci près qu’elle a six heures de plus que lui. Comme on s’émerveille de ce phénomène, et comme Émile n’a pas envie d’en rester là : Écoute, lui dit-il au bout d’un moment, on ne va pas s’en sortir si on vient se féliciter chaque fois qu’on bat un record. On n’en finira pas. Parce que des records, tu vois, j’ai comme le sentiment qu’on va en battre plein. Le meilleur moyen de se féliciter sans faire chaque fois le déplacement, ce serait peut-être de vivre ensemble, non ? Tu en penses quoi ? Jean Echenoz, Courir, Les Éditions de Minuit, 2008.

Activité 2 : Zapotek , un coureur dans l' Histoire

Q. - Pourquoi vous être intéressé à Zatopek ? R. - Je voulais, au départ, raconter la vie d’un sportif légendaire. Peut-être cela tient-il à mon peu de culture sportive : j’ai toujours envie d’explorer des domaines qui me sont peu familiers et d’apprendre des choses tout en racontant des histoires. J’avais d’abord pensé au cyclisme ou au sport automobile mais, d’abord, cela supposait trop d’éléments techniques, des machines, etc. Puis je crois qu’un exercice solitaire m’intéressait plus : marcher, nager, courir. Et le nom de Zatopek s’est imposé tout de suite, d’abord à cause de la sonorité même de ce nom. En commençant à me documenter sur lui, je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’abord d’un athlète évidemment exceptionnel, aux exploits inégalés, mais aussi d’une personnalité singulière qui a exercé son art dans une période historique très violente, sous les régimes autoritaires qui ont marqué la deuxième moitié du vingtième siècle. Interview de Jean Echenoz, Le Télégramme du 4 mars 2009

Repérez les mots-clés qui répondent à la question posée à l’écrivain. Résumez la réponse apportée.

Activité 3 : L' engagement d' Emile

Présentez, à l'aide du chapeau et de la photo, ce qui se passe à Prague en 1968. Expliquez comment s'engage l'athlète selon l'auteur. Soulignez des passages importants. Surlignez les conséquences de cet engagement. Que montrent-elles sur les relations entre le pouvoir politique de l'époque et les sportifs? Débattez.

Avec l'âge, la «< Locomotive >> roule de moins en moins vite! Émile comprend, après quelques défaites, que sa carrière d'athlète international est finie. << Et comme il s'entraîne moins, il a plus de temps pour s'intéresser à ce qui se passe dans son pays » . Justement, l'actualité politique est mouvementée. En 1968, les Soviétiques envahissent militairement la capitale pour stopper toutes les revendications de liberté exprimées dans le pays. Débute alors et se clôt dramatiquement le << Printemps de Prague »>. mile a rejoint les manifestants. Il aura quarante-six ans le mois prochain'. Ce soir, contre son habitude, il ne sourit pas. Ce soir on ne voit pas ses grandes dents. À peine arrivé sur les lieux de la manifestation, on le reconnaît aussitôt. Dis quelque chose, Émile, enfin, l'exhorte-t-on, tu ne peux pas rester sans réagir. Émile est d'abord un petit peu embarrassé. Ce n'est certes pas qu'il n'ait rien à dire mais, s'il a appris à discuter avec les journalistes, il n'a pas l'expérience des foules. Peu importe, il prend la parole: forçant sa voix fluette, le héros national s'exprime, dénonce, condamne l'invasion des forces du pacte2. Parlant de son point de vue d'athlète, et comme les prochains Jeux olympiques vont avoir lieu dans quelques semaines à Mexico, il improvise un petit discours dans lequel il invite l'armée à respecter une trêve olympique. Comme ce n'est pas très clair, il précise sa pensée en appelant même, à l'occasion de ces Jeux, au boycott de l'URSS. Les conséquences de tels propos ne sauraient se faire attendre. Dès le lendemain, Émile est renvoyé de son poste au ministère3. Et dans les jours qui suivent il est exclu du Parti*, radié de l'armée, interdit de séjour à Prague. Il n'est pas le seul dans le même temps, trois cent mille membres du Parti sont également exclus de ses rangs, trois cent mille autres non-communistes sont exclus de la vie publique, trois cent mille encore sont licenciés ou reclassés à des postes inférieurs. Voici donc Émile au chômage. S'il n'est évidemment plus autorisé à voyager, il pour- rait bien tenter de quitter le pays, d'autres le tentent et y parviennent, mais il ne veut même pas penser à s'exiler. Il n'aurait d'ailleurs pas le temps d'y penser car, quelques jours plus tard, il est expédié comme manutentionnaire dans les mines d'uranium de Jachymov, au nord-ouest du pays, près de la frontière allemande. JEAN ECHENOZ, Courir, © 2008 by Les Éditions de minuit, p. 138-139.

1. Le 19 septembre 1968. 2. Le pacte de Varsovie qui unit militairement derrière l'URSS les pays communistes de l'Europe de l'Est. 3. Ministère de la Défense nationale. 4. Le Parti communiste tchécoslovaque.

Activité 4 : La fin du roman

Les connecteurs temporels

1. Repérez l’ensemble des connecteurs temporels (« Ensuite », « peu après », etc.). Que montre leur succession ? 2. Pourquoi la popularité d’Émile est-elle maintenant un problème pour le gouvernement ? 3. Qu’est-ce qu’Émile est obligé de faire pour retrouver la paix ? Qu’auriez-vous fait à sa place ? 4. Commentez la dernière phrase. Que veut montrer l’auteur sur son personnage ?

Ce sont des mots et des expressions qui organisent l’écoulement du temps dans un récit : durée (pendant dix jours), rythme (chaque matin), chronologie (puis, ensuite). Ils peuvent accélérer ou ralentir le rythme de la narration et créer ainsi un effet de suspense

Après la gloire, la retraite. Émile, qui reste très populaire, se mêle de politique, en soutenant ceux qui réclament plus de libertés. Il est puni : on l’envoie travailler pendant six ans dans des mines d’uranium. Lorsqu’enfin il peut rejoindre sa femme à Prague, on lui attribue un travail d’éboueur, pour l’humilier et en faire un exemple. Il apparaît vite que ce n’est pas une si bonne idée que ça. D’abord, quand il parcourt les rues de la ville derrière sa benne avec son balai, la population reconnaît aussitôt Émile, tout le monde se met aux fenêtres pour l’ovationner. Puis, ses camarades de travail refusant qu’il ramasse lui-même les ordures, il se contente de courir à petites foulées derrière le camion, sous les encouragements comme avant. Tous les matins, sur son passage, les habitants du quartier où son équipe est affectée descendent sur le trottoir pour l’applaudir, vidant eux-mêmes leur poubelle dans la benne. Jamais aucun éboueur au monde n’aura été autant acclamé. Du point de vue des fondés de pouvoir*, cette opération est un échec. On le retire donc rapidement de ce poste, on l’essaie à deux ou trois autres dans l’exercice desquels le problème de sa popularité demeure. En désespoir de cause, on finit par l’expédier à la campagne où il y a moins de monde qu’en ville, où l’on espère qu’il se fera moins remarquer, où il est affecté à des travaux de terrassement. Officiellement déclaré géologue, le travail d’Émile va consister maintenant à faire des trous dans la terre pour qu’on y plante des poteaux télégraphiques. Deux années passent encore ainsi, puis Émile est convoqué devant un comité qui ne l’appelle plus camarade*. On lui tend un nouveau papier, on lui suggère fermement de le signer.Dans ce document il avoue comme il faut toutes ses erreurs du passé. Qu’il a eu tort de soutenir les forces contre-révolutionnaires et les révisionnistes bourgeois*. Qu’il n’aurait pas dû cautionner cette cochonnerie réactionnaire de charte des deux mille morts. Il s’y déclare très content de la situation actuelle en général, très satisfait de sa vie personnelle en particulier. Il affirme que, malgré les rumeurs, il n’a jamais été éboueur ni terrassier. Qu’il n’a jamais été persécuté, ni même jamais dégradé, et qu’il n’a pas besoin de percevoir sa retraite de colonel de réserve. Qu’il touche en effet un salaire plus que satisfaisant pour son travail aux forages géologiques, fonction dans laquelle il découvre un monde neuf et passionnant. Il signe. Il signe son autocritique, comment faire autrement pour avoir la paix. Il signe et, peu après, le voilà pardonné. Le purgatoire* est terminé. On lui confie, à Prague, un poste en sous-sol au Centre d’information des sports. Bon, dit le doux Émile. Archiviste, je ne méritais sans doute pas mieux. Jean Echenoz, Courir, Les Éditions de Minuit, 2008.

* les fondés de pouvoir : ceux qui décident du sort des autres, au gouvernement. * camarade : formule de reconnaissance entre habitants du bloc de l’Est. * les révisionnistes bourgeois : nom donné à tous les opposants au communisme. * le purgatoire : période durant laquelle on purge une peine.

partie 5 : Mettre en relation réalité et fiction

Activité 1 : Le contexte historique dans la fiction

Datez dans la frise chronologique les principaux événements historiques vécus par Émile. Aidez-vous des repères donnés dans les introductions et les notes. Présentez les étapes de la carrière sportive du héros en lien avec le contexte historique. Sous l'occupation nazie : Sous le pouvoir communiste: Après le Printemps de Prague :

Activité2 : Le profil d' Emile

À l'aide des extraits étudiés, dressez le profil du personnage: soulignez les adjectifs qualificatifs correspondant à sa personnalité; rayez ceux qui ne conviennent absolument pas et surlignez ceux qui vous ont posé problème.Liste des adjectifs qualificatifs : Paresseux, timide, exigeant avec lui-même, aimable, volontaire, vaniteux, courageux, ambitieux, soumis, solitaire, consciencieux, orateur convaincant, solidaire, engagé, surdoué, révolté, révolutionnaire, modeste, peureux, passif, robuste, persévérant, résigné. Justifiez vos choix Comment jugez-vous sa décision finale? Aurait-il pu agir autrement?

Activité 3 : les choix stylistiques

Illustrez par des citations quelques procédés d'écriture.Absence de passé simple, utilisation dominante du présent et passé composé. Lexique spécialisé et imagé sur les techniques de course. Paroles dans le récit sans guillemets

Activité 4 : Une simple biographie ?

Lisez la fiche biographique et regardez éventuellement la vidéo. Selon vous, Jean Echenoz a-t-il été fidèle dans sa fiction biographique à la vie d'Emil Zátopek? En quoi le roman de Jean Echenoz diffère-t-il toutefois d'une simple biographie?

Naissance: en Tchécoslovaquie à Kopřivnice le 19 septembre 1922. Famille modeste de sept enfants dont il est le sixième. Père apiculteur, opposé à la pratique sportive de son fils. Formation et premier emploi : étudie la chimie et travaille dans l'usine de chaussures Bata. Métier : devient officier dans l'armée mais consacre beaucoup de temps à s'entraîner. Techniques sportives: la course fractionnée alternant la vitesse et la lenteur, ainsi que l'entraînement en hypoventilation: respiration réduite puis normale. Médailles : de 1948 à 1954, totalise cinq médailles olympiques et quatre titres aux championnats d'Europe. A également battu 18 records du monde sur des distances variées, devenant le seul homme à détenir simultanément 8 records du monde différents. Engagements: soutient les opposants politiques à l'invasion soviétique. Accepte finalement de ne plus faire de politique et devient << archiviste »>, après la signature de ces faux aveux et des emplois humiliants. Décès : le 22 novembre 2000 après une hémorragie cérébrale. Hommages: en 2012, l'Association internationale des fédérations d'athlètes le cite parmi les 24 premiers membres du Temple de la renommée.

partie 6 : BILAN DE LECTURE

Comment l’écriture d’Echenoz rend-elle compte ddu temps de l'Histoire ?

le sport est-il un temps pour soi?

Une passion est-ce un moyen d'avoir dju temps à soi?

Zapotek Choisit-il le rythme de sa vie?

Comment l’écriture d’Echenoz rend-elle compte ddu temps de l'Histoire ?

le sport est-il un temps pour soi?

Une passion est-ce un moyen d'avoir dju temps à soi?

Zapotek Choisit-il le rythme de sa vie?

prénom de ma fille une majuscule

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