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Amélie_Nothomb_Psychopompe

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Created on June 21, 2024

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Transcript

Amélie nothomb psychopompe

Albin Michel, rentrée littéraire 2023

psychopompe, 2023

Plan

Thèmes abordés

Psychopompe : un projet derrière le titre

Reprise de la trilogie

Soif, Premier sang, Psychopompe : une trilogie ?

Interview de la Rentrée 2023 et remerciements

Bref aperçu sur l'intrigue du roman

La communication avec les morts et tout ce que l'évènement de la mort représente commence pour l'autrice en 2020, lors de la mort de son père, pendant le confinement provoqué par la pandémie. De là, tout un dialogue, un échange commence entre l'écrivaine et son père. A' partir de cet échange l'autrice régige en 2021 Premier sang, le roman consacré à son père qui a gagné le Prix Goncourt. Psychopompe parle de la transition de la vie à la mort, un état de passage entre deux mondes dans lequel « écrire, c'est voler ». L'écriture comme un vol, l'autrice comme un oiseau.

Le terme Psychopompe arrive d'une version de grec, grâce à laquelle l'autrice découvre qu'Hermès peut être qualifié de cette façon. Psychopompe est un mot forgé au XIXe siècle mais qui concerne l'antiquité et qui désigne les escortes de l'âme. D'Hermès à Orphée, en passant par les sirènes, l'idée qui existe un pouvoir de ce genre pour les oiseaux et les écrivains, à savoir l'idée d'accompagner les morts.

Psychopompeun projet d'écriture derrière le titre

Le projet de Psychopompe est la rédaction d'un récit autobiographique en tant qu'un oiseau, où l'autrice s'imagine comme un oeuf qui se transforme en engoulevent oreillard. Cela se vérifie au Bangladesh, quand Amélie Nothomb a 11 ans. Toujours fascinée par l'idée de voler, l'autrice s'identifie aux oiseaux des pays visités quand elle était enfant : la grue blanche au Japon, le corbeau en Chine, l'engoulevent oreillard au Bangladesh. L'éclosion de l'oeuf arrive suite à une agression sexuelle lorqu'elle voit une hirondelle fluviatile.

Il manquait probablement un troisième élément. Ce troisième élément, voire le saint esprit pourrait constituer pour Amélie Nothomb le Psychopompe, un facteur qui mettrait en communication le fils et le père. Le phénomène de l'écriture, ce vol dont l'autrice parle, est un exercice difficile qui lui permet de se sentir persuadée d'être encore vivante. Un exercice compliqué et articulé tout comme le vol des oiseaux, qui doivent se préparer lorsqu'ils volent pour la première fois, manger l'équivalent de trois fois leur poids pour donner une impression de légèreté qui ne correspond aucunément à l'effort produit pour voler.

Soif était le projet de la vie de l'autrice qui voulait raconter Jésus Christ à sa manière depuis l'âge de trois ans. Nous lisons effectivement déjà dans Stupeur et tremblements «Petite je voulais devenir Dieu. Très vite, je compris que c'était trop demander et je mis un peu d'eau bénite dans mon vin de messe : je serais Jésus. J'eus rapidement conscience de mon excès d'ambition et acceptai de faire martyre quand je serais grande. » Puis son père, qui avait lu et approuvé la parution de Soif est mort et l'autrice a écrit Premier sang, Prix Goncourt 2021. Elle joue alors premièrement le rôle du fils dans Soif et, deuxièmement, le rôle du père, dans Premier sang.

Soif, Premier sang et Psychopompe : une trilogie involontaire

Le roman s'ouvre sur un conte traditionnel nippon relaté par Nishio-san à Amélie, l'autrice, quand elle avait quatre ans. Le récit en question a comme emblème une grue blanche révélant la bassesse de l'homme dans une histoire entre la veulerie d'un mari marchand et la noblesse sacrificielle de son épouse fabriquant pour lui des tissus merveilleux. A cinq ans, Amélie est arrachée au Japon pour se rendre à Pékin, où son père avait été posté. L'enfant est en quête de cette grue blanche, alors que la politique de Mao à l'époque imposait une chasse aux oiseaux, considérés comme les responsables des famines et d'autres nuisances. Le seul oiseau qui n'avait pas complètement déserté Pékin était le corbeau. L'autrice tentait alors de se raconter l'histoire de la grue blanche avec son japonais qui s'évaporait. Elle tentait ainsi d'imaginer la grue blanche à Pékin tout en aggravant de cette façon sa nostalgie pour le Japon. À nouveau, trois ans plus tard, le père d'Amélie Nothomb est posté à l'ONU et la famille quitte Pékin pour New York. Et là, à Central Park, des passereaux de toutes sortes, des pigeons, des moineaux, des mouettes. Les oiseaux étaient pour Amélie des individus. À onze ans, Amélie arrive avec sa famille au Bangladesh, où son père devient ambassadeur. Dacca, comme le Bangladesh entier, était sillonné d'eau. Aux oiseaux mangeurs de cadavres s'ajoutent par conséquent les oiseaux fluviaux, comme les marins-pêcheurs. L'oiseau en vol donne une puissante image de liberté, mais cette liberté, l'oiseau devait la conquérir au prix d'efforts terribles. Constater l'existence des oiseaux relevait pour l'autrice de la métaphysique. Cette attirance s'explique en termes de désir de contemplation et de désir de voler. Voler comme écrire.

Un jour, l’autrice a l’occasion d’admirer un engoulevent oreillard, semblable à un dragon, qui recherchait des insectes. « Son nom parlait pour lui. Etymologiquement, il était celui qui avale le vent [...] Il ne me restait qu’à inventer une manière de voler. […] L’animal qui représente la Belgique est le lion. Sans commentaire. » Or, la destination préférée de la famille devient à un certain moment Cox’s Bazar, l’unique station balnéaire du Bangladesh. Depuis son enfance, Amélie s’est toujours imaginée comme un oeuf, jusqu’au jour où elle subit un terrible viol en mer, puisqu’elle s’était trop éloignée de la plage. Voilà qu’elle devient un oiseau. Suite à ce choc où l’autrice voit l’hirondelle fluviale, elle commence à se nier l’alimentation et à maigrir. La famille déménage entre-temps au Laos. «Le Mékong était le Styx. Vientiane était du côté des Enfers. La voix intérieure grinçait : - Tu es une psychopompe ratée. Traverser le fleuve est inenvisageable. Tu vas mourir. Seuls les oiseaux passaient le Mékong, et encore, uniquement ceux qui volaient loin. Le fleuve était d’une largeur effarante. » Amélie doit donc apprendre à nouveau à se nourrir. Arrivée à Bruxelles à dix-sept ans, elle commence à écrire, en suivant l’inspiration de Rilke qu’elle venait de lire. L’autrice décrit les années de sa jeunesse comme des années très difficiles. Après l’expérience de l’université, une fois ses études terminées, Amélie décide de revenir au Japon, persuadée de l’importance de ce pays lié pour elle au salut. Elle redécouvre ainsi un état de santé, dans lequel l'âme et le corps vivent en harmonie ensemble. Désormais, écrire était devenu comme voler. Elle avait finalement découvert l’exercice lui permettant de s’envoler. « Quand Rilke dit que l’écriture doit être une question de vie ou de mort, je n’y vois aucune métaphore. » Amélie Nothomb a déclaré à plusieurs reprises d'avoir été initiée à l'écriture grâce à la lecture de Lettres à un jeune poète. La section suivante du roman s’ouvre de cette manière : «Devenir psychopompe au Japon n’était pas un détail.» Effectivement l’autrice avait découvert les oiseaux au Japon, sous la forme de la grue. Elle aurait aimé être l’une d’elles mais la grue est une danseuse. L’oiseau incarne pour elle le génie de l’instant présent et elle veut vivre au présent, comme lui. L’exercice de l’écriture est compliqué tout comme l’art de voler. Voilà pourquoi elle écrit chaque jour, une pratique, un exercice quotidien.

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C’est l’image du saut dans le vide, déjà évoquée dans Stupeur et tremblements. Cette même image est alors reliée au calvaire dans l’entreprise japonaise, la compagnie Yumimoto, en tant que première expérience professionnelle de l’autrice. De retour à Bruxelles, elle écrit son onzième manuscrit qui est Hygiène de l’assassin, accepté par l’éditeur Albin Michel et publié le premier septembre 1992. Dès lors, elle continue à écrire et chaque manuscrit constitue une migration inconnue, dans laquelle elle découvre l’itinéraire en chemin. «Le psychopompe est celui pour qui la mort n’est pas la cessation du mouvement. »

L’autrice relate son action psychopompe dans le roman Soif où elle accompagne le Christ à son agonie finale. Son père avait lu à l’époque le roman et l’avait adoré. Le père de l’autrice meurt lors du confinement de la pandémie et, à partir de ce moment, le père commence à lui parler. Amélie devient ainsi la psychopompe de son père, Patrick Nothomb, et commence la rédaction de la première rencontre avec la mort de son père, contenue dans les premières pages de Premier sang. Ce livre est psychopompe pour Amélie et pour son père. Il a fallu du temps à l'autrice pour prendre conscience de sa vocation psychopompe.

thèmes abordés

L'expérience de la mort, se rapprocher de la mort en termes d'expérience tout à fait naturelle, un parcours qui démarre notamment suite à la mort du père de l'autrice.

L'autobiographie sous forme de récit mystique : une femme qui se conçoit comme un oeuf et qui devient un oiseau, un oiseau qui varie selon le pays visité, comme dans une sorte de parcous initiatique.

La conclusion d'une trilogie involontaire : Soif (le fils), Premier Sang (le père) et Psychopompe (le saint esprit) : un projet d'écriture qui se crée à travers l'écriture même.

Le psychopompe comme emblème des escortes de l'âme, un moyen pour accompagner d'un règne à l'autre, des vivants aux non vivants.

Reprise de la trilogie

Interview Albin Michel rentrée 2023

Remerciements

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