maman championne
english version
Le parcours d'une combattante
Résumé
Durant de longues années, une sportive de haut niveau devait faire un choix entre avoir des enfants ou arrêter sa carrière. Aujourd'hui, de plus en plus de sportives se sentent plus libres d'envisager une grossesse puis de reprendre la compétition. Elles sont aussi mieux accompagnées dans ce projet. En cette année de Jeux Olympiques, deux sportives françaises sont sous les feux des projecteurs : Estelle Mossely, mère de deux enfants et championne olympique en boxe anglaise ; Clarisse Agbégnénou, mère d'une petite fille, également championne olympique en titre en judo.
Index
01
Dans la peau d'une boxeuse professionnelle, mère de deux enfants Cécilia Berder, maman d'une petite fille de deux ans qui prépare les Jeux Olympiques
02
La maternité, un tabou ? Le parcours d'une sportive de sa grossesse à sa reprise de l'entraînement
03
Courte histoire du sport féminin et de la maternité Devenir maman dans un sport collectif
01
Maman vise les médailles
« Pour suivre une sportive comme moi, il faut avoir de sacrées épaules. Avoir un environnement serein, dans la boxe mais aussi avec mon mari mes enfants, c’est la clé de tout. »
Anissa Benyoub, triple championne de France 2021 en boxe anglaise
01
Qui est Anissa Benyoub ?
01
Maman vise les médailles des j.o
Avoir un objectif de médailles, de compétitions ne va pas sans une planification précise du projet de maternité. Le terme de "calcul" est souvent utilisé par les professionnels de santé et par les sportives lorsqu'ils évoquent la grossesse.
Cécilia Berder avec sa fille de deux ans, Escrimeuse sélectionnée pour les JO de Paris et maman d'une petite fille de deux ans
01
Cécilia Berder, une combattante plus sereine
A 34 ans, l’escrimeuse Cécilia Berder vient de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Paris. Médaillée d’argent aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2021, cette jeune maman d’une petite Ambre de deux ans, raconte comment sa fille lui apporte un équilibre entre la performance et l’affect.
Article prochainement sur le magazine Women Sports
02
Devenir maman
Anissa Benyoub, triple championne de France 221 en boxe anglaise
La maternité, un tabou ?
02
Marjorie Mayans, ancienne joueuse de rugby à VII et à XV
Keyidi Myaro,ancienne sportive de haut niveau en handball
Nathalie Simorre, psychologue spécialisée dans le sport
Anissa Benyoub, triple championne de France 221 en boxe anglaise
02
Podcast sur le parcours d'une sportive ayant un projet de maternité expliqué par des professionnels du sport et de la santé.
Avec la participation de : - Nathalie Simorre, psychologue et psychothérapeute spécialisée dans le sport - Rémi Magro, entraîneur d'athlètes de haut niveau en athlétisme - Keyidi Myaro, kinésithérapeute et ostéopathe, manageur au sport et à la performance, ancienne sportive de haut niveau en handball
Image d'illustration d'une mère qui vient d'accoucher et sa petite fille de deux ans
Anissa Benyoub, triple championne de France 221 en boxe anglaise
03
ACCOMPAGNER LES MAMANS
«A partir du moment où on tombe enceinte et qu'on arrête la compétition, il n'y a plus de primes puisqu'on n'a plus de résultat. Mais j'ai quand même été accompagnée par mon club et par la fédération. »
Cécilia Berder, escrimeuse en équipe de France
courte Histoire du sport féminin et de la maternité
03
1970
1920
1900
2021
2001
03
Des droits à acquérir dans les sports collectifs
La prise en compte de la maternité des sportives dans le rugby, le football ou le handball progresse timidement. Des expérimentations menées par les fédérations permettent parfois d’organiser la présence des enfants de joueuses à l’entraînement ou en compétition. Cette évolution parmi d'autres dans le sport français, montre la volonté de ses dirigeants d’être à la hauteur des pays anglo-saxons pour mieux accompagner la sportive mère de famille.
Du haut de ses 2 ans, Nina, la fille d’Agathe Sochat, est déjà dans la cour des grands. Elle a pu assister aux entraînements et à la compétition de sa maman, membre de l’équipe de France de rugby, pour le Tournoi des VI nations. C’est une première pour le XV de France féminin. “Ça a donné une nouvelle dynamique au groupe, tout le monde était content de voir la petite (...) et Agathe était bien mentalement”, se réjouit Marjorie Mayans, ancienne joueuse, responsable du projet féminin et juriste chez Provale, le syndicat des joueurs de rugby. Le cas de la talonneuse Agathe Sochat permet à la Fédération française de rugby d’expérimenter une nouvelle organisation. En vue de peut-être un jour, de signer une convention pour une meilleure prise en charge des mères sportives de haut niveau.
Expérimentations ovale
Cette expérimentation concerne les périodes d’absence de plus de deux semaines pour une joueuse (en cas de stage, de compétition ou de sélection). Pour un enfant de moins de deux ans, la Fédération française de rugby prend en charge une partie du déplacement de l’enfant et de son accompagnant.
remierciements
à ceux qui m'ont accompagnéE :
aux intervenenants :
- Mes camarades de classe - Raphaëlle Talbot, pour ses conseils - L'ISJT et à toute son équipe
- Anissa Benyoub - Cécilia Berder - Keyidi Myao - Nathalie Simorre - Rémi Magro - Marjorie Mayans
KEYiDI MYARO
Elle est ostéopathe, kinésithérapeute et ancienne sportive de haut niveau en handball. Elle organise aussi des masterclass préventives "Sport - Santé" avec des préparateurs et préparatrices physiques toulousain(e)s de très haut niveau.
Anissa Benyoub
Anissa a 32 ans, elle est boxeuse professionnelle et mère de deux enfants. Avec son club, le Toulouse Bagatelle Boxing Club, elle prépare les championnats de France en boxe anglaise. Le tout seulement un an après la naissance de sa fille. L'enjeu est de taille pour elle. Elle doit remonter dans les classements et gagner des points, combat après combat. Plonger dans son quotidien c'est découvrir le quotidien d'une sportive de haut niveau qui doit aussi assurer son rôle de mère.
Après la Première Guerre mondiale, le contexte démographique et sanitaire de la France est loin de remettre en cause ces convictions. Le docteur Boigey lance une recommandation en 1922 selon laquelle une femme n’est point faite pour lutter mais pour procréer. Une pratique sportive intense pourrait selon les croyances : réduire la fécondité, réduire le bassin ou détourner l'attention maternelle censée être sur la mère.
Photo d'illustration d'une mère avec sa petite fille de un mois (© Louise Viatgé)
Musiques utilisées dans le podcast dans l'ordre d'apparition :
- Wonderful - Calm Beautiful Piano Loop by ISpeakWaves (CC BY 4.0 DEED, l'équivalent d'un CC BY-SA en droit français)
- La virgule sonore : Forgotten Toys by FoolBoyMedia also David J Ferguson (CC BY SA) - Le son du battement d'un coeur : "sound1" by craigsmith https://freesound.org/people/craigsmith/sounds/675718/ (licensed under Creative Commons 0) - "Soft piano loop #1" by ispeakwaves sous license Attribution 4.0 (https://freesound.org/people/ispeakwaves/sounds/384934/) - "Listen" by Andrewkn (CC 0 soit licence CC BY SA) ; lien vers le site du créateur comme convenu avec lui : https://onlyambientmusic.space/
Les championnats du monde d'escrime doivent avoir lieu à partir du 26 octobre au 1er novembre 2001. Laura Flessel, la double championne olympique d'épée effectue son retour à la compétition, quatre mois après son accouchement. Sa fille Leïlou est né le 21 juin 2001. L'athèlte a continué de s'entraîner pendant sa grossesse et a même suivi un programme de retour accéléré à la compétition.
Au début du XXème siècle, les femmes étaient considérées par la société comme des êtres « naturellement » inférieurs, dont la vocation première consiste à enfanter. Elles sont invitées à s’occuper prioritairement du foyer. L'activité physique était plutôt un domaine masculin. Et pour cause, certains sports étaient proscrits aux femmes. Elles pouvaient faire certains sports sous certaines conditions. C'est le cas de la natation, sous réserve d’une pratique modérée et à condition d’éviter le crawl et les plongeons qui solliciteraient de manière inappropriée les organes utérins. Ces pratiques étaient vu comme un danger pour les futures maternités.
Sport de haut et maternité, c'est possible !
Graphique réalisé sur Picktochart d'après les données du rapport ministère des sports réalisés en 2022
Des progrès légaux contribuent à faire évoluer ce sujet du sport de haut niveau et de la maternité. 1967 : légalisation de la pilule contraceptive. 1975 : légalisation de l'avortement. Les femmes veulent se réapproprier leurs corps. Mais, dans les faits, la maternité reste socialement et médicalement présentée comme un frein à la pratique sportive. La maternité au cours d'une carrière reste une exception.
En mars 2021, le handball est devenu le premier sport professionnel féminin à signer sa convention collective. Et c'est une avancée historique puisqu'elle comprend la maternité des joueuses. La convention permet une structuration des conditions de travail, une rémunération encadrée des joueuses et entraîneurs pour les saisons à venir et surtout un maintien de salaire lors de la grossesse pour une maternité plus sereine.
Photo : - Ventre d'une femme enceinte (© Valentine Gaxieu)
Photos : - Marjorie Mayans (© Louise Viatgé) retouchée sur Photoshop et Photoroom. - Keyidi Myaro (© Louise Viatgé) retouchée sur Photoshop et Photoroom. - Nathalie Simorre (© Charles Escat) retouchée sur Photoroom. Tous les propos sont recueillis par Louise Viatgé.
Ce qui comprend les frais de transports, les repas ou l’hôtel pour trois jours environ sur une période de quinze jours. Le but, selon Marjorie Mayans, c’est d’offrir un cadre sécurisant pour que la sportive puisse performer dans de bonnes conditions.
Les joueuses de l’équipe de France de rugby sont payées par la fédération et non par leur club. Si une joueuse tombe enceinte, le congé maternité sera donc pris en charge par la fédération. En France, la fédération tente de se mettre au niveau de ses voisins anglais ou néo-zélandais en la matière.
Doucement mais sûrement
Dans les sports collectifs, le handball fait office de modèle. En mars 2021, il est devenu le premier sport professionnel à signer sa convention collective, en incluant la maternité des joueuses. Le salaire des joueuses est maintenu pendant un an en cas de grossesse. Dans le foot, la joueuse Amel Majri a pu participer à la Coupe du Monde 2023 avec son bébé. Cette évolution des choses est suggérée par la Fédération internationale de football. Cependant, la Fédération française de football n’a encore rien signé en ce sens.
La maternité enfin possible
“A l’époque, il fallait faire un choix entre être maman et être sportive de haut niveau. Aujourd’hui, on trouve que c’est un choix complètement ahurissant. On en parle et on prend conscience qu’il faut le prendre en compte”, insiste Marjorie Mayans. La multiplication des modèles comme Agathe Sochat ou Amel Majri inspire d'autres joueuses. Ces dernières demandent des aménagements qui poussent les fédérations et les clubs à emboîter le pas. Le cadre juridique n’est pas solide mais ces expérimentations sont un premier pas vers une meilleure prise en charge.
Anissa Benyoub
Anissa a 32 ans, elle est boxeuse professionnelle et mère de deux enfants. Avec son club, le Toulouse Bagatelle Boxing Club, elle prépare les championnats de France en boxe anglaise. Le tout seulement un an après la naissance de sa fille. L'enjeu est de taille pour elle. Elle doit remonter dans les classements et gagner des points, combat après combat. Plonger dans son quotidien c'est découvrir le quotidien d'une sportive de haut niveau qui doit aussi assurer son rôle de mère.
Marjorie Mayans
« En tant que joueuse, c'est vrai que je ne me suis pas posé la question de la maternité. Tout est allé très vite dans ma carrière. Dans le rugby et plus largement dans le sport, on avait très peu d'exemples de sportives maman. Quand t'es jeune, t’es à fond dans ton début de carrière, tu veux progresser vite. Quand t’es en fin de carrière tu te dis "si j’ai un enfant maintenant, c’est la fin de ma carrière donc mieux vaut que je finisse et que je vois après". C’est vrai que c'est un des freins psychologiques au projet de grossesse d'une sportive de haut niveau. »
Keyidi Myaro
« J’ai envisagé ma grossesse après ma carrière. J’ai aujourd’hui 46 ans. A l’époque, c’était très compliqué parce que il n’y avait personne pour vous aider. Il n’y avait aucun organisme pour vous financer lors de votre grossesse. Moi j’avais envie de reprendre mes études de kinésithérapie et d’ostéopathie donc j’ai repoussé cette envie de devenir maman. Quand j’ai joué à Toulouse, on avait une coéquipière qui est tombée enceinte. On le savait mais les entraîneurs ne le savaient pas. Une femme qui tombait enceinte arrêtait sa carrière. Qu’elle reprenne après c’était une chose mais jouer alors que vous étiez enceinte c’était impossible. Et aujourd’hui, quinze ans plus tard, on vous dit “allez-y”. »
Sport de haut et maternité, c'est possible !
Graphique réalisé sur Picktochart d'après les données du rapport ministère des sports réalisés en 2022
Maman championne
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maman championne
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Le parcours d'une combattante
Résumé
Durant de longues années, une sportive de haut niveau devait faire un choix entre avoir des enfants ou arrêter sa carrière. Aujourd'hui, de plus en plus de sportives se sentent plus libres d'envisager une grossesse puis de reprendre la compétition. Elles sont aussi mieux accompagnées dans ce projet. En cette année de Jeux Olympiques, deux sportives françaises sont sous les feux des projecteurs : Estelle Mossely, mère de deux enfants et championne olympique en boxe anglaise ; Clarisse Agbégnénou, mère d'une petite fille, également championne olympique en titre en judo.
Index
01
Dans la peau d'une boxeuse professionnelle, mère de deux enfants Cécilia Berder, maman d'une petite fille de deux ans qui prépare les Jeux Olympiques
02
La maternité, un tabou ? Le parcours d'une sportive de sa grossesse à sa reprise de l'entraînement
03
Courte histoire du sport féminin et de la maternité Devenir maman dans un sport collectif
01
Maman vise les médailles
« Pour suivre une sportive comme moi, il faut avoir de sacrées épaules. Avoir un environnement serein, dans la boxe mais aussi avec mon mari mes enfants, c’est la clé de tout. »
Anissa Benyoub, triple championne de France 2021 en boxe anglaise
01
Qui est Anissa Benyoub ?
01
Maman vise les médailles des j.o
Avoir un objectif de médailles, de compétitions ne va pas sans une planification précise du projet de maternité. Le terme de "calcul" est souvent utilisé par les professionnels de santé et par les sportives lorsqu'ils évoquent la grossesse.
Cécilia Berder avec sa fille de deux ans, Escrimeuse sélectionnée pour les JO de Paris et maman d'une petite fille de deux ans
01
Cécilia Berder, une combattante plus sereine
A 34 ans, l’escrimeuse Cécilia Berder vient de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Paris. Médaillée d’argent aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2021, cette jeune maman d’une petite Ambre de deux ans, raconte comment sa fille lui apporte un équilibre entre la performance et l’affect.
Article prochainement sur le magazine Women Sports
02
Devenir maman
Anissa Benyoub, triple championne de France 221 en boxe anglaise
La maternité, un tabou ?
02
Marjorie Mayans, ancienne joueuse de rugby à VII et à XV
Keyidi Myaro,ancienne sportive de haut niveau en handball
Nathalie Simorre, psychologue spécialisée dans le sport
Anissa Benyoub, triple championne de France 221 en boxe anglaise
02
Podcast sur le parcours d'une sportive ayant un projet de maternité expliqué par des professionnels du sport et de la santé.
Avec la participation de : - Nathalie Simorre, psychologue et psychothérapeute spécialisée dans le sport - Rémi Magro, entraîneur d'athlètes de haut niveau en athlétisme - Keyidi Myaro, kinésithérapeute et ostéopathe, manageur au sport et à la performance, ancienne sportive de haut niveau en handball
Image d'illustration d'une mère qui vient d'accoucher et sa petite fille de deux ans
Anissa Benyoub, triple championne de France 221 en boxe anglaise
03
ACCOMPAGNER LES MAMANS
«A partir du moment où on tombe enceinte et qu'on arrête la compétition, il n'y a plus de primes puisqu'on n'a plus de résultat. Mais j'ai quand même été accompagnée par mon club et par la fédération. »
Cécilia Berder, escrimeuse en équipe de France
courte Histoire du sport féminin et de la maternité
03
1970
1920
1900
2021
2001
03
Des droits à acquérir dans les sports collectifs
La prise en compte de la maternité des sportives dans le rugby, le football ou le handball progresse timidement. Des expérimentations menées par les fédérations permettent parfois d’organiser la présence des enfants de joueuses à l’entraînement ou en compétition. Cette évolution parmi d'autres dans le sport français, montre la volonté de ses dirigeants d’être à la hauteur des pays anglo-saxons pour mieux accompagner la sportive mère de famille.
Du haut de ses 2 ans, Nina, la fille d’Agathe Sochat, est déjà dans la cour des grands. Elle a pu assister aux entraînements et à la compétition de sa maman, membre de l’équipe de France de rugby, pour le Tournoi des VI nations. C’est une première pour le XV de France féminin. “Ça a donné une nouvelle dynamique au groupe, tout le monde était content de voir la petite (...) et Agathe était bien mentalement”, se réjouit Marjorie Mayans, ancienne joueuse, responsable du projet féminin et juriste chez Provale, le syndicat des joueurs de rugby. Le cas de la talonneuse Agathe Sochat permet à la Fédération française de rugby d’expérimenter une nouvelle organisation. En vue de peut-être un jour, de signer une convention pour une meilleure prise en charge des mères sportives de haut niveau. Expérimentations ovale Cette expérimentation concerne les périodes d’absence de plus de deux semaines pour une joueuse (en cas de stage, de compétition ou de sélection). Pour un enfant de moins de deux ans, la Fédération française de rugby prend en charge une partie du déplacement de l’enfant et de son accompagnant.
remierciements
à ceux qui m'ont accompagnéE :
aux intervenenants :
- Mes camarades de classe - Raphaëlle Talbot, pour ses conseils - L'ISJT et à toute son équipe
- Anissa Benyoub - Cécilia Berder - Keyidi Myao - Nathalie Simorre - Rémi Magro - Marjorie Mayans
KEYiDI MYARO
Elle est ostéopathe, kinésithérapeute et ancienne sportive de haut niveau en handball. Elle organise aussi des masterclass préventives "Sport - Santé" avec des préparateurs et préparatrices physiques toulousain(e)s de très haut niveau.
Anissa Benyoub
Anissa a 32 ans, elle est boxeuse professionnelle et mère de deux enfants. Avec son club, le Toulouse Bagatelle Boxing Club, elle prépare les championnats de France en boxe anglaise. Le tout seulement un an après la naissance de sa fille. L'enjeu est de taille pour elle. Elle doit remonter dans les classements et gagner des points, combat après combat. Plonger dans son quotidien c'est découvrir le quotidien d'une sportive de haut niveau qui doit aussi assurer son rôle de mère.
Après la Première Guerre mondiale, le contexte démographique et sanitaire de la France est loin de remettre en cause ces convictions. Le docteur Boigey lance une recommandation en 1922 selon laquelle une femme n’est point faite pour lutter mais pour procréer. Une pratique sportive intense pourrait selon les croyances : réduire la fécondité, réduire le bassin ou détourner l'attention maternelle censée être sur la mère.
Photo d'illustration d'une mère avec sa petite fille de un mois (© Louise Viatgé) Musiques utilisées dans le podcast dans l'ordre d'apparition : - Wonderful - Calm Beautiful Piano Loop by ISpeakWaves (CC BY 4.0 DEED, l'équivalent d'un CC BY-SA en droit français) - La virgule sonore : Forgotten Toys by FoolBoyMedia also David J Ferguson (CC BY SA) - Le son du battement d'un coeur : "sound1" by craigsmith https://freesound.org/people/craigsmith/sounds/675718/ (licensed under Creative Commons 0) - "Soft piano loop #1" by ispeakwaves sous license Attribution 4.0 (https://freesound.org/people/ispeakwaves/sounds/384934/) - "Listen" by Andrewkn (CC 0 soit licence CC BY SA) ; lien vers le site du créateur comme convenu avec lui : https://onlyambientmusic.space/
Les championnats du monde d'escrime doivent avoir lieu à partir du 26 octobre au 1er novembre 2001. Laura Flessel, la double championne olympique d'épée effectue son retour à la compétition, quatre mois après son accouchement. Sa fille Leïlou est né le 21 juin 2001. L'athèlte a continué de s'entraîner pendant sa grossesse et a même suivi un programme de retour accéléré à la compétition.
Au début du XXème siècle, les femmes étaient considérées par la société comme des êtres « naturellement » inférieurs, dont la vocation première consiste à enfanter. Elles sont invitées à s’occuper prioritairement du foyer. L'activité physique était plutôt un domaine masculin. Et pour cause, certains sports étaient proscrits aux femmes. Elles pouvaient faire certains sports sous certaines conditions. C'est le cas de la natation, sous réserve d’une pratique modérée et à condition d’éviter le crawl et les plongeons qui solliciteraient de manière inappropriée les organes utérins. Ces pratiques étaient vu comme un danger pour les futures maternités.
Sport de haut et maternité, c'est possible !
Graphique réalisé sur Picktochart d'après les données du rapport ministère des sports réalisés en 2022
Des progrès légaux contribuent à faire évoluer ce sujet du sport de haut niveau et de la maternité. 1967 : légalisation de la pilule contraceptive. 1975 : légalisation de l'avortement. Les femmes veulent se réapproprier leurs corps. Mais, dans les faits, la maternité reste socialement et médicalement présentée comme un frein à la pratique sportive. La maternité au cours d'une carrière reste une exception.
En mars 2021, le handball est devenu le premier sport professionnel féminin à signer sa convention collective. Et c'est une avancée historique puisqu'elle comprend la maternité des joueuses. La convention permet une structuration des conditions de travail, une rémunération encadrée des joueuses et entraîneurs pour les saisons à venir et surtout un maintien de salaire lors de la grossesse pour une maternité plus sereine.
Photo : - Ventre d'une femme enceinte (© Valentine Gaxieu)
Photos : - Marjorie Mayans (© Louise Viatgé) retouchée sur Photoshop et Photoroom. - Keyidi Myaro (© Louise Viatgé) retouchée sur Photoshop et Photoroom. - Nathalie Simorre (© Charles Escat) retouchée sur Photoroom. Tous les propos sont recueillis par Louise Viatgé.
Ce qui comprend les frais de transports, les repas ou l’hôtel pour trois jours environ sur une période de quinze jours. Le but, selon Marjorie Mayans, c’est d’offrir un cadre sécurisant pour que la sportive puisse performer dans de bonnes conditions. Les joueuses de l’équipe de France de rugby sont payées par la fédération et non par leur club. Si une joueuse tombe enceinte, le congé maternité sera donc pris en charge par la fédération. En France, la fédération tente de se mettre au niveau de ses voisins anglais ou néo-zélandais en la matière. Doucement mais sûrement Dans les sports collectifs, le handball fait office de modèle. En mars 2021, il est devenu le premier sport professionnel à signer sa convention collective, en incluant la maternité des joueuses. Le salaire des joueuses est maintenu pendant un an en cas de grossesse. Dans le foot, la joueuse Amel Majri a pu participer à la Coupe du Monde 2023 avec son bébé. Cette évolution des choses est suggérée par la Fédération internationale de football. Cependant, la Fédération française de football n’a encore rien signé en ce sens. La maternité enfin possible “A l’époque, il fallait faire un choix entre être maman et être sportive de haut niveau. Aujourd’hui, on trouve que c’est un choix complètement ahurissant. On en parle et on prend conscience qu’il faut le prendre en compte”, insiste Marjorie Mayans. La multiplication des modèles comme Agathe Sochat ou Amel Majri inspire d'autres joueuses. Ces dernières demandent des aménagements qui poussent les fédérations et les clubs à emboîter le pas. Le cadre juridique n’est pas solide mais ces expérimentations sont un premier pas vers une meilleure prise en charge.
Anissa Benyoub
Anissa a 32 ans, elle est boxeuse professionnelle et mère de deux enfants. Avec son club, le Toulouse Bagatelle Boxing Club, elle prépare les championnats de France en boxe anglaise. Le tout seulement un an après la naissance de sa fille. L'enjeu est de taille pour elle. Elle doit remonter dans les classements et gagner des points, combat après combat. Plonger dans son quotidien c'est découvrir le quotidien d'une sportive de haut niveau qui doit aussi assurer son rôle de mère.
Marjorie Mayans
« En tant que joueuse, c'est vrai que je ne me suis pas posé la question de la maternité. Tout est allé très vite dans ma carrière. Dans le rugby et plus largement dans le sport, on avait très peu d'exemples de sportives maman. Quand t'es jeune, t’es à fond dans ton début de carrière, tu veux progresser vite. Quand t’es en fin de carrière tu te dis "si j’ai un enfant maintenant, c’est la fin de ma carrière donc mieux vaut que je finisse et que je vois après". C’est vrai que c'est un des freins psychologiques au projet de grossesse d'une sportive de haut niveau. »
Keyidi Myaro
« J’ai envisagé ma grossesse après ma carrière. J’ai aujourd’hui 46 ans. A l’époque, c’était très compliqué parce que il n’y avait personne pour vous aider. Il n’y avait aucun organisme pour vous financer lors de votre grossesse. Moi j’avais envie de reprendre mes études de kinésithérapie et d’ostéopathie donc j’ai repoussé cette envie de devenir maman. Quand j’ai joué à Toulouse, on avait une coéquipière qui est tombée enceinte. On le savait mais les entraîneurs ne le savaient pas. Une femme qui tombait enceinte arrêtait sa carrière. Qu’elle reprenne après c’était une chose mais jouer alors que vous étiez enceinte c’était impossible. Et aujourd’hui, quinze ans plus tard, on vous dit “allez-y”. »
Sport de haut et maternité, c'est possible !
Graphique réalisé sur Picktochart d'après les données du rapport ministère des sports réalisés en 2022