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Copie - Allô le rap ? Ici Toulouse !

Julie Rodriguez

Created on June 19, 2024

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Transcript

ALLÔ LE RAP ?

ICI TOULOUSE !

1980 - 2024 : Une histoire d'amour à sens unique

Le saviez-vous ? Sûrement pas. Toulouse fait vivre le rap, et ce, dès l'émergence de la culture Hip-Hop en France, dans les années 80.

Toulouse est un territoire de rap, un berceau historique où cette musique s’est implantée dans les esprits et dans les cœurs. Après sa récente sacralisation par l’Unesco comme étant « Ville créative » dans la catégorie musique, il est temps de mettre la lumière sur plusieurs générations oubliées, pourtant engagées et productives. La ville tend à se faire entendre, à se refaire une place dans l’immense planète rap, après un âge d’or méconnu ou oublié. Pour les auditeurs, le rap toulousain est réduit aux frères Bigflo et Oli et aux KDD, qui ont ouvert les portes au genre dans la ville, avec un premier album sorti en 1996. Mais dans la Ville rose, beaucoup d’artistes et d’acteurs de la culture s’activent pour sa reconnaissance à l'échelle nationale. Toulouse, de ses prémices dans le rap à aujourd'hui.

Toulouse… Qui pourrait mieux parler de tes premiers pas dans le hip-hop que tes précurseurs ? Entre réputation, aprioris, intérêt collectif, adoption et acceptation; pour raconter l’histoire, des acteurs majeurs de la culture rap depuis ses débuts.

Ancien rappeur toulousain membre du groupe Cercle Fermé dans les années 90. Aujourd'hui il est passé derrière les machines, en technique, à Toulouse. Il a mixé des gros succès rap dont des projets de Leto, SCH ou Ninho. Il s’est notamment vu remettre un disque de platine pour son travail sur l’album Rooftop de SCH (2019).
Rappeur et chanteur de KDD, groupe pionnier du rap toulousain. Leur talent franchit les frontières régionales en 1998, avec le succès de leur album “Résurrection”. Aujourd’hui, il est engagé dans l’apprentissage, directeur de l'école de production toulousaine DSH, réalisateur artistique et producteur de spectacles.
Le Bikini. L’une des premières grandes salles toulousaines à avoir accueilli sur sa scène des concerts rap. Hervé Sansonetto en est le gérant depuis sa création, en 1983. Une affaire familiale qui tourne depuis plus de 40 ans.
Nom de scène : Sense. Rappeur depuis maintenant 30 ans, ancien membre du groupe toulousain REP (1995), maintenant en solo avec un des DJ du groupe. Il a monté une association, pour propager et promouvoir la culture hip-hop, Alpha’B. Depuis quelques années, il prépare, avec son équipe, un documentaire pour rendre hommage, mettre en lumière toute une génération de rappeurs, la sienne.

LE REFLET DU RAP TOULOUSAIN DANS LES YEUX

LILO

Pour comprendre comment se positionne Toulouse aujourd’hui sur la carte rap, un regard nouveau, d’un jeune artiste toulousain, Théo, 22 ans. Quand il rappe, il devient Lilo. Pendant un mois, il a traversé des étapes qui le mènent à réfléchir, se surpasser, se remettre en question; traçant petit à petit son chemin de carrière. Quand il a ri, chanté, rencontré des embauches sur son parcours, quand il criait ses joies, ses déceptions, qu’il évoluait dans un monde où la concurrence est grandissante, et les moyens pauvres, le micro était allumé.

Toulouse et le rap : Je t’aime... Moi non plus ? Après des années passées à créer et se battre, Toulouse ne parvient toujours pas à trouver la reconnaissance qu’elle mérite dans l’immense planète rap française. Un amour à sens unique creusé par une rivalité historique, en cours d'extinction…

Pourtant, en coulisse, dès l’aube des années 80; Toulouse fait partie des premières villes à avoir fait entrer la culture hip-hop dans ses rues, sans que la France n’y fasse attention.Toutes les disciplines y étaient représentées, en commençant par le break, le graffiti, les DJs, amateurs de scratch. Une culture riche mais de niche, à une époque où peu de monde connaissait et s'intéressait à cet art dans la Ville rose. Répercussions sur la programmation de concerts, la fermeture de salles, et le manque de moyens; au fil du temps, les combats évoluent mais se ressemblent. Un questionnement autour d’un même point : l’intérêt collectif autour de cette culture toulousaine à l'échelle nationale, et à l’échelle locale, par les institutions culturelles et politiques. Sans réponse de la part de la Mairie pour cette enquête, leur positionnement reste inconnu. Aujourd’hui, la nouvelle génération prend sa revanche sur plusieurs décennies oubliées.
Depuis l’arrivée du hip-hop en France, les projecteurs sont braqués sur Marseille et Paris. Deux viviers du genre marqués par des artistes, des groupes, des sonorités, devenus emblématiques. D’un côté, Paris et sa banlieue, portées par les légendes boom bap Suprême NTM, Lunatic ou encore la Scred Connexion. De l’autre, des rythmes plus dansants, des rimes chantantes, débitées par des figures telles que la Fonky Family, Psy4 ou bien sûr IAM. Au XXIe siècle, la relève a été assurée par des précurseurs de nouveaux styles : Jul, SCH, ou Naps dans le sud, tandis que la capitale vibre sous les phrasés de Nekfeu, Alpha Wann, Booba, Kaaris…
Dans des bars de la ville, la scène underground est en pleine effervescence, notamment depuis la naissance d’un mouvement, devenu LE mouvement culturel hip-hop à Toulouse. Suivi par plus de 5000 personnes sur les réseaux, à l’initiative d’un rappeur local, Toulouse est en Feu réunit, grandit.

RAPPEUR & DÉFENSEUR DE LA CULTURE

LU'K

À Toulouse, il est devenu une figure de la culture hip-hop de la ville. Proclamé “le maire”, Lu’k, ou LU par les intimes; pour les Toulousains, sa voix compte dans le développement de la culture notamment du rap, autant du côté du public que des acteurs du genre. D’abord rappeur, il s’est vu attribuer le rôle de valorisateur de cette culture. Rencontre avec le pionnier du mouvement “Toulouse est en feu”.

Toulouse est en feu, dans un premier temps, ça été un morceau, sorti le 7 mai 2022, 559 ans après le grand incendie de Toulouse, qui a ravagé les trois quarts de la ville, en 1463. La braise s’enflamme… Toulouse est en Feu résonne dans le Stadium les soirs de match. Un an plus tard, jour pour jour, le morceau sort accompagné d’un clip, tourné sur la pelouse et les loges du TFC. Toulouse est en feu, c’est aussi une série d’épisodes tournés dans des événements hip-hop de la ville, et diffusés sur les réseaux. Toulouse est en feu, c’est le résultat d’un constat, autour de ces événements hip-hop, dénigrés et mis dans l’ombre. Toulouse est en feu, c'est devenu un mouvement, cumulant sur les réseaux près de 5000 supporters en moins de deux ans.

TOULOUSE EST EN FEU

LA NAISSANCE D'UN MOUVEMENT GRANDISSANT

Pour comprendre comment est né Toulouse est en feu, il faut revenir aux origines, comprendre les convictions élevées par Lu’k, rappeur, auteur, interprète; et adoptées par un nombre de personnes évoluant de jour en jour. Bien plus qu’un genre, comme aux prémices de son arrivée sur la carte musicale, ici le rap c’est un esprit de groupe, partagé et diffusé.
Je trouvais ça fou de voir autant de personnes ensemble, dans la même énergie. Inconsciemment, ça a dû me mettre quelque chose en tête pour plus tard. Et comment le rap a fait partie de ta vie ? J'écoutais du IAM et NTM, sans forcément comprendre ce qu’ils disaient à cette époque là, mais il y avait aussi cette rythmique, à laquelle j'étais sensible. Ça s’est révélé en moi au fur et à mesure. Mon envie d’écrire est venue au lycée, en Seconde. J’écoutais des instrumentales et j'essayais de comprendre, d’apprendre la musique en même temps, tout seul. Au fil du temps, et après la rencontre de Rotex, un autre rappeur de mon lycée, tout s’est enclenché.
Te rappelles-tu quand et comment le rap est entré dans ta vie ?Mon premier souvenir c’est La Boulette, de Diam’s (2006). Je devais avoir dix ans, et je me prends le morceau en pleine tête. Je me demande vraiment : “Mais qu’est ce que ce que je viens d’écouter ?”. Puis mon père m'a fait découvrir IAM, SNIPER, et je me suis retrouvé devant la vidéo du concert de NTM à Bercy en 1998. L’osmose avec le public, tout le monde montait sur scène. À l’époque, je pense que ça m'a touché.
Il y avait aussi une grosse méfiance de la part de la mairie vis à vis des soirées rap qui se faisaient dans les bars, où la police débarquait très vite pour tout stopper. Un an après, la Emergenza s'arrête, les bars qui organisaient des open mics ferment, le Connexion et le Rex restent mais, à cette époque là ce sont de très grosses salles et nous on n’est pas assez élancés, puis les programmations… Il y a des problématiques transversales dans le temps. Qu’est ce que tu regrettes de la scène rap toulousaine aujourd’hui ? L’effervescence n’a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui, ça c’est clair. Pour la quatrième ville de France, sacralisée ville de musique, il y a vraiment trop peu de lieux d'expression. Quand on regarde le nombre de salles de concerts qui ont fermées dans le centre, et je dis bien salles de concert. Maintenant on fait des concerts dans des bars. Un seul, le Rex.
Quand t’es-tu intéressé au rap toulousain ? On participe au concert organisé dans notre lycée. Tous nos amis étaient là, ça nous donne de la force, l'envie de continuer, alors on crée un groupe, Banlieue Toulousaine. On est contacté par le festival Emergenza, qui, à l'époque, permettait de jouer dans différentes salles de la ville, puis à Paris. C’est à ce moment qu’on rencontre pour la première fois d’autres rappeurs de Toulouse. Directement, il y a eu du soutien entre nous, on était déjà tous dans la même galère. C’était en 2016. Comment bougeait le rap Toulouse à cette époque ? Je n'étais pas autant investi que je le suis aujourd’hui. On a remarqué qu’on était arrivé dans un écosystème où gravitaient des gens comme nous, c'était encourageant. Parce qu’à côté de ça, à Toulouse, en événements rap, c'était pauvre, je crois même que c'était vraiment très pauvre.
On est complètement limités, la programmation est bouchée.
“J’ai commencé le rap au lycée en 2015. Deux ans après j'avais fait la scène du connexion, du Metronum et du Bikini.”
Tu vois quel avenir pour Toulouse est en Feu ? Embraser toute la ville ! Organiser encore plus d'événements, investir tous les quartiers de Toulouse, voir toujours plus grand, parce qu’aujourd’hui, la capacité des endroits qu’on vise est primordiale, pour que le public et les artistes puissent vivre la meilleure expérience possible, Développer une relation saine avec les institutions, la mairie, que tout le monde soit gagnant. Tisser des liens dans la région, et d’autres villes comme Bruxelles, Montpellier ou Grenoble, tout en restant à Toulouse. Aujourd’hui le mouvement devient plus grand que moi, à terme, le but c’est que je m'en efface, et que le mouvementet la ville vivent d'eux-même.
Le lendemain de sa répétition avec Sarah en studio, Lilo se rend au MAD, un bar du quartier Saint Cyprien. Il y est organisé un événement de skate suivi d'un concert auquel le jeune rappeur participe.
Si à Toulouse les rappeurs comptent sur eux-mêmes pour se produire sur scène; en enclanchant sa carrière d'artiste, Lilo doit aussi penser à l'aspect visuel de son art. Un terrain glissant pour les émergents.

AKAB MALTESE

Dans un monde où la concurrence grandit, il faut se démarquer, par l’image qu’on renvoit, son univers, sa direction artistique, ses clips vidéos. L’image de l’artiste est en jeu et elle est réfléchie par les plus grandes stars du genre. Voitures de luxe, villas, armes à feu, paysages paradisiaques, univers créé par intelligence artificielle… Mais à l’échelle locale, quand on est émergent et que les moyens se font pauvres, on se forme, souvent en autodidacte, pour réussir à rendre des projets sans frustration et à la hauteur de ses attentes. Akab Maltese fait partie de ceux, qui mettent tout en oeuvre pour s’épanouir dans son art, dans un climat fragile, où passion côtoie job de substitution, par nécessité.

RAPPEUR CLIPPEUR

Rappeurs et artistes incompris, les débuts de carrière sont souvent difficiles à apprivoiser, rythmés de rebondissements, et souvent de déceptions. Une pespective de projection difficile sur le long terme...

MIND FAMILY

PROPULSEUR DE TALENTS

L’association Mind Family prône la culture toulousaine et occitane. Notamment en organisant des événements et en développant des concepts autour de la musique techno, et de la scène hip-hop. Leur branche rap s’appelle Sphère. Elle tourne dans la ville et la région à la recherche de talents émergents. Elle les invite à performer ensemble, en live, autour d’une table baptisée du même nom. Mind Family réinvente la scène hip-hop locale en valorisant la culture toulousaine.

En restant dans sa ville natale, Lilo fait vivre le rap à Toulouse, mais à quel prix ?...

Face à leur impuissance et leur solitude dans l’industrie rap toulousaine, des artistes quittent la ville qui les a inspirés vers de nouveaux horizons. Pour comprendre et contrer cette tendance, des acteurs pensent à moderniser le système d’accompagnement artistique toulousain. Le projet Yffa vit cette situation révélatrice. Rappeuse franco-sénégalaise, depuis un an, elle subit une émergence en demi-teinte à Toulouse.

Les rappeurs et rappeuses toulousains se questionnent : partir ou rester ? À Toulouse, le peu de structures existantes ne correspondent pas aux attentes de l’entièreté du vivier qui prolifèrent de jour en jour. Pour un artiste qui commence son aventure dans le grand monde de l’industrie musicale, il est difficile de se tracer un chemin, sans franchir des étapes primordiales au bon développement artistique et professionnel. “Les villes comme Paris, Marseille, ou encore Bruxelles attirent grâce aux structures identifiées dans le hip-hop et les agences de booking concentrées là-bas, qui prennent des risques dans le choix des artistes et dans l’accompagnement. À Toulouse, il y a des structures qui accompagnent mais à un stade déjà bien avancé, une fois que tout est bien entamé, que tout est déjà signé. Ils agissent plutôt en support de régie de tournée. Il manque un entre-deux”, explique Arnaud Despouy, 35 ans, fondateur du label associatif et webradio toulousaine Egregore Collective.
Depuis un an, il accompagne le projet Yffa, rappeuse notamment aperçue dans le dernier épisode Sphère, de la Mind Family. Elle a fait sa première scène il y a à peine un an, après qu’Arnaud l’ai programmé sur un événement.
Après ça, elle lui a demandé son aide pour la suite de sa carrière. Arnaud s’est confié comme première mission d’assurer un lendemain, Yffa a eu pour priorité de valider ses 500 heures d’intermittence. Ensuite place à la production, et qualitative. Pour ça, il faut trouver des studios, des ingénieurs du son qui respectent le projet, sans prendre le rôle de réalisateur ou de directeur artistique. “C’est souvent le cas quand les tarifs sont raisonnables, ils travaillent comme ils ont l’habitude de faire”. Une première frustration à digérer, qui se révèle obsolète à côté de ce qui les attend. Une mauvaise nouvelle n'arrivant jamais seule… Le constat réalisé auprès des structures existantes sur les possibilités accessibles à l’échelle locale les effraie. Le fonctionnement national est remis en cause.

« CHANGEZ POUR PERCER »

La deuxième difficulté rejoint la première : trouver des financements. Quand un artiste débute, il doit montrer de quoi il est capable en sortant des morceaux, sauf que pour produire de la musique, il faut de l’argent. “Aujourd’hui, soit t’as un pote qui a un studio, soit t’as réussi à te sortir 2000 voire 3000 euros pour t’acheter une carte son et un micro et enregistrer tes maquettes, puis si ça marche bien, aller en studio. Mais pour sortir un projet, il faut prévoir au moins 5000 euros.” Pour ne pas se plier sous ce que dicte l’actuelle industrie, et éviter de partir, une seule solution : agir. Dans l’intention de pallier ces manques, Arnaud travaille à Toulouse au renouvellement de ces structures. Il monte une agence de booking, d'accompagnement, d’outillage, de support pour les artistes émergents et émergentes.
Pendant un an, le duo a comparé les diagnostics réalisés auprès des différentes structures d’accompagnement toulousaines, les retours ont été décevants. “Au bout de quelques mois sont apparues deux grosses difficultés. La première, Yffa rappe en anglais. En France, si tu rappes dans une autre langue, tu ne bénéfécie d'aucune aide, tu ne peux compter sur personne, à part tes propres fonds. Ça s’explique parce que la Sacem et le Ministère de la Culture souhaitent mettre en avant la richesse de la langue française, et donc, subventionnent seulement les projets qui la mentionnent. Dans une des structures, typiquement, la première question a été “Mais pourquoi vous faites de l’anglais, il faut changer ça”. C’est une problématique qui se pose à beaucoup d’artistes toulousains, qui se sont trouvés à changer la langue de leurs textes, et qui maintenant chantent en français. Le business.”
« C’est une agence pour celles et ceux qui se posent des questions, et qui ont besoin de réponse, sans qu’on les prenne de haut. C’est ce qu’on ressent ici. »
Arnaud Despouy, ©Vincent Despouy (2022)

UN ACCOMPAGNEMENT POUR ÉMERGENTS

Plus tard, une fois qu’on pourra proposer des spectacles et qu’on développera des artistes, l’idée c’est qu’une autre boite s’occupe des booking, dans l’idéal à Toulouse mais on ne veut pas perdre notre indépendance, et ici c’est tendancieux. On pense à une boîte parisienne, qui a un réseau plus élargi et reconnu.” Avec ce genre de structure, Arnaud espère éviter le phénomène qui s’est déjà répercuté sur plusieurs talents ces dernières années. “Laylow a commencé à Toulouse, il est parti à Montpellier, puis est monté sur Paris, H Jeunecrack vit la même chose, Ordaya aussi, mais on pourrait citer pas mal de noms qui ont dû bouger pour vraiment faire bouger les choses. Pour moi il n’est pas nécessaire de quitter Toulouse pour percer, mais t’es obligé de collaborer avec des structures hors Toulouse. Ce qui est marrant, c’est qu’il y a, à l’inverse, beaucoup de grands artistes qui viennent sur Toulouse pour se cacher du Paris saturé et pouvoir souffler.”
Pour éviter aux artistes de perdre leur identité artistique et leur permettre d’avancer sereinement vers la voie espérée du succès, Arnaud se lance dans l’accompagnement. “ On est en train de réunir plusieurs personnes de plusieurs organismes différents très orientés rap hip-hop et musiques électroniques, l’idée étant de faire des ponts entre les genres.” À l’origine, Arnaud avait pour projet de monter une agence de booking uniquement pour les DJs de la musique électronique. En partant du même constat : “De la même façon que les projets rap, dès que des projets électroniques commencent à percer, ils fuient Toulouse.” “On veut montrer aux artistes comment marche ce monde, les aider avec les commissions et prendre le rôle d’agence de booking d’émergence.

OÙ SONT-ILS ?

Convoitée pour sa tranquillité ou fuie pour son calme, Toulouse attire, Toulouse repousse, mais Toulouse rappe, depuis la traversée du genre des Etats-Unis vers l’Hexagone. La Ville rose fait naître des talents, qui le lui rendent ou qui prennent leur envol. Certains pour y faire leur vie, d'autres seulement pour travailler avec des structures, au-delà des frontières occitanes.

Toulouse brille, par ses artistes, talentueux, passionnés, soudés et complices. Toulouse brille par ses acteurs engagés, ouverts, dévoués pour défendre leur art. Toulouse brille par sa convivialité, son environnement et sa beauté. Toulouse brille, Toulouse aura son âge d’or, reconnu par la France entière, elle le mérite, c’est eux qui le disent :

AVEC LA PARTICIPATION DE

INTERVENANTS ARNAUD FAUR alias ARNO ROBERT HOVOR SÉBASTIEN ARAGONÈS HERVÉ SANSONETTO LUCAS alias LU’K OMAR TIT alias AKAB MALTESE JÉRÔME VALLERY-RADOT alias jeune-vaurien JETHRO THÉO alias LILO MIND FAMILY (CLÉMENT, LÉO, MAXIME) TPZ GR OMEGA DEEP KELINS CANDY NOV ARNAUD DESPOUY

CRÉDITS

TOUTES LES PHOTOS DE CE WEBDOCUMENTAIRE (sauf cas indiqués) RÉSIDENT SOUS LE CRÉDIT : ©Julie Rodriguez UN GRAND MERCI À ILLUSTRATIONS INSTRUMENTALES @mathou.bstudio @akab.maltese

PAR

JULIE RODRIGUEZ

J’ai toujours représenté ma ville et les miens depuis que j’ai commencé à rapper. Ce côté fédérateur, cet esprit collectif, vouloir rassembler les gens; c’est en moi. À la base, c’était une simple vision, qui s’est d’abord matérialisée en un morceau. “Toulouse est en Feu” parle de Toulouse, du rap et du foot. Il décrit à quel point le rap et le foot peuvent nous rassembler, autour d’une passion commune. J’ai écrit ce morceau tellement facilement, c’est sûrement le plus vrai de tous ceux que j’ai composé. Toulouse est en feu c ‘est aussi un constat. À un moment je me disais, "Mais pu*** il y a tellement de talents ici, la scène bouillonne, tout le monde est trop fort, mais il n’y a pas cette unité collective”. J’ai alors vocation à rassembler les gens pour valoriser les acteurs et actrices de la culture, et très vite, je me rends compte que les gens se l'approprient, je me rends compte que c’est plus grand que moi. Avec le premier événement, c’était évident, il y avait ce manque de se rassembler, les gens discutaient, tout était très naturel. C’est à ce moment que je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire. Il y a la naissance et l’essence. L'essence s'est faite et se fait toujours, au fur et à mesure, de mes rencontres, de mon vécu, de ce que j’ai appris, de ce que j’ai vu, de la voix que j’y donne.

“ La naissance de Toulouse est en feu, au final, c’est peut être moi, à 11 piges, les yeux qui pétillent devant la final du concert de NTM à Bercy.”
@Volume2 (Etienne Duplan et Bryan Piekolek) / 2023
@neosith_ / 2023

Toulouse est en feu, c’est un premier événement, organisé pour prendre la température de l’ampleur qu’avait la voix portée par Lu’k. Un meeting culturel programmé un mois avant, dans un restaurant du centre-ville où s’invitent associations, radios, créateurs locaux, open mic. À 19h45, le verdict était tombé : 31000°. La flamme grandit, 1200 personnes ont répondu présent, pour une capacité d’une salle de moins de 400 personnes. Oli passe faire un tour à l’événement. Toulouse est en feu, c’est un deuxième événement, un concert organisé au Connexion. Toutes les places ont été sold out, sans que la programmation soit révélée. Un troisième, Tout feu tout flamme, qui visait à élargir le spectre dans les disciplines, avec notamment du scratch, de la danse, du beatbox et du street art. Et un quatrième, dernier événement en date, une après-midi/soirée organisée dans un bar-restaurant de Toulouse : fresque collaborative, stands et 10h d’open mic. Toulouse est en Feu, ce sont des moments de rencontres, où le hip-hop et ses valeurs sont représentés, des événements gratuits pour la plupart, en constante évolution. Toulouse est en feu c’est “ Peace, Unity, Love & Having Fun”.