Un tournant social, politique et culturel, la France de 1974 à 1988
La France de 1974 à 1988
Introduction
Le temps des alternances politiques
Une société en mutation
Le 21 mai 1981 le président Valéry Giscard d'Estaing accueille son successeur sur le perron de l'Elysée, le socialiste François Mitterrand.
En 1983, la Marche pour l'egalite et contre le racisme part de Marseille et arrive à Paris avec plus de 100 000 marcheurs et marcheuses. Ils revendiquent que les Français issus de l'immigration soient reconnus comme des citoyens de plein droit.
Un tournant social, politique et
culturel, la France de 1974 à 1988
> En quoi En quoi les années 1974-1988 ont-elles constitué un tournant politique, social et culturel pour la France ?
SOMMAIRE
Conclusion Vidéo de révisions
I. Le renouvellement de la vie politique françaiseA) 1974-1981, le septennat de V. Giscard d’EstaingB) 1981-1988, la première alternance de la Vème république : la gauche au pouvoir C) 1986-1988, la première cohabitation II. Les transformations socialesA) L’émancipation des femmesB) Les jeunes dans la société C) Davantage de diversité III. Un nouveau paysage culturel A) L’évolution de la politique culturelle B) Les transformations de l’audiovisuel français C) Les nouvelles formes de la culture populaire
Evaluation
PPO1
Corrigé
PPO2
PPO3
La France de 1974 à 1988
I.
Le renouvellement de la vie politique française
> Quelles sont les grandes transformations de la vie politique française entre 1974 et 1988 ?
La France de 1974 à 1988
I. Le renouvellement de la vie politique française
A. 1974-1981, le septennat de V. Giscard d’Estaing
1. Un projet libéral...
Du gaullisme au centrisme
Pierre Viansson-Ponté, « La fin du gaullisme »,Le Monde, 1er janvier 1975.
En 1974 une page a été tournée, une étape de seize années de la vie nationale s'est achevée. Il semble bien qu'on vienne tout simplement d'assister à la fin du gaullisme.[ ... ] M. Giscard d'Estaing [ ... ] mène une campagne ardente et habile [ ... ]. Il annonce la nouveauté, l'ouverture, « le changement sans le risque », et il enregistre peu à peu le ralliement de presque tous les centrismes. [ ... ] Il marque très vite qu'il n'entend nullement être le gardien de l'héritage, mais veut au contraire transformer et rajeunir la Ve République. [ ... ] La nomination de trois, et bientôt quatre femmes à la tête de ministères ousecrétariats d'État, les nouvelles dénominations ou responsabilités de plusieurs départements - qualité de la vie, condition féminine, action sociale ou travailleurs immigrés - tous ces choix, dont certains étonnent, expriment une volonté d'inno-vation, de rupture avec les vieilles habitudes. [ ... ] Les successifs plans de lutte contre l'inflation [ ... ] s'accompagnent de mesures sociales parfois hardies - garanties pour la perte ou la recherche d'un emploi, relèvement rapide du minimum vieillesse, promesse d'extension de la Sécurité sociale à tous les Français, etc. - que la gauche ne désavouerait pas. Et voilà plus sérieux : la majorité non seulement électorale, mais civile, abaissée à dix-huit ans, la loi sur la contraception, la libéralisation de l'avortement entreprise, et cette fois votée, grâce à l'obstination et au savoir-faire du ministre de la Santé, Mme Simone Veil.
Valéry Giscard d'Estaing, 3e président de la Ve République (1974-1981)
Portrait officiel par Jacques Henri Lartigue, 26 août 1974.
La France de 1974 à 1988
I. Le renouvellement de la vie politique française
A. 1974-1981, le septennat de V. Giscard d’Estaing
2. ... au défi de la crise
Chômage et inflation de 1970 à 1981
Source : La Documentation française.
Le premier plan d'austérité
Pierre Drouin, « L'« effet » et les effets »,Le Monde, 24 septembre 1976.
L'art du présentateur [Barre] fut précisément non pas d'enrober dans le miel des pilules telles que la forte hausse du prix de l'essence, l'arrêt de la croissance du pouvoir d'achat, la hausse de l'impôt sur le revenu, la majoration des cotisations de sécurité sociale, etc., mais de les présenter tout naturellement comme des remèdes inéluctables, qu'on ne pouvait pas plus discuter que l'ordonnance du spécialiste qu'on consulte pour une maladie de coeur. Était-il sage de garder pour la fin, mais de laisser...sur leur faim, les téléspectateurs avec l'énoncé bien maigre des mesures destinées à lutter contre le chômage et les inégalités. Sur ce dernier point, la meilleure connaissance de tous les revenus et le combat contre la fraude fiscale ont été noyés dans l'habituel flou, très peu artistique. Mais quel beau clin d'oeil au Français moyen déjà entraîné par la propagande à l'usage des municipales et des législatives que cette profession de foi : « Je ne céderai à aucune considération d'intérêt particulier, même électoral ! » Peut-être était-ce déjà fait, avec l'abandon de l'impôt sur les fortunes...
L'affaire des diamants
Le Canard Enchaîné, 10 octobre 1979
La France de 1974 à 1988
I. Le renouvellement de la vie politique française
B. 1981-1988, la première alternance de la Vème république : la gauche au pouvoir
1. 1981, « changer la vie »
Les premières réformes de la gauche (1981-1983)
Entre 1981 et 1983, les trois gouvernements successifs, qui comptent notamment 4 communistes, sont dirigés par Pierre Mauroy, fils d'instituteur.
La guerre du Vietnam (1955-1975)
Des hélicoptères américains en mission près de Saigon, en 1966.
Les élections de mai et juin 1981
La victoire de la gauche
Élu président de la République le 10 mai 1981, François Mitterrand dissout l'Assemblée nationale afin de pouvoir disposer d'une majorité parlementaire. Les élections législatives de juin 1981 lui donnent raison.
France Soir, 11 mai 1981
La France de 1974 à 1988
I. Le renouvellement de la vie politique française
B. 1981-1988, la première alternance de la Vème république : la gauche au pouvoir
1. 1981, « changer la vie »
1981, l'abolition de la peine de mort
PPO1
Itinéraire
Réaliser une carte mentale sur l'abolition de la peine de mort en 1981 : contexte / acteurs pour et argument / acteurs contre et arguments
20 minutes
individuel
La France de 1974 à 1988
I. Le renouvellement de la vie politique française
B. 1981-1988, la première alternance de la Vème république : la gauche au pouvoir
1. 1981, « changer la vie »
1981, l'abolition de la peine de mort
PPO1
individuel
La France de 1974 à 1988
I. Le renouvellement de la vie politique française
B. 1981-1988, la première alternance de la Vème république : la gauche au pouvoir
2. 1983, « le tournant de la rigueur »
Les défaites électorales
Var Matin, 7 mars 1983
Le tournant de la rigueur
Libération, 28 septembre 1982
La France de 1974 à 1988
I. Le renouvellement de la vie politique française
C. 1986-1988, la première cohabitation
La cohabitation entre la gauche et la droite (1986-1988)
L'alternance politique en France (1978-1988)
La réélection de François Mitterrand en 1988
France Soir, 9 mai 1988
Une cohabitation difficile
Plantu, Le Monde, 10 novembre 1986
La France de 1974 à 1988
II.
Les transformations sociales
> Comment la société française évolue-t-elle entre 1974 et 1988 ?
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
A. L'émancipation des femmes
1. L’émancipation par le travail
Vers l'égalité professionnelle ?
Loi Roudy du 13 juillet 1983.
Nul ne peut :a) Mentionner ou faire mentionner dans une offre d'emploi, quels que soient les caractères du contrat de travail envisagé, ou dans toute autre forme de publicité relative à une embauche, le sexe ou la situation de famille du candidat recherché ;b) Refuser d'embaucher une personne, prononcer une mutation, résilier ou refuser de renouveler le contrat de travail d'un salarié en considération du sexe ou de la situation de famille ou sur la base de critères de choix différents selon le sexe ou la situation de famille ;c) Prendre en considération du sexe toute mesure, notamment en matière de rémunération, de formation, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle ou de mutation.
Affiche de la CFDT, 1975
Les femmes dans la population active
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
A. L'émancipation des femmes
2. L’émancipation par la loi
Le manifeste des 343
Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l'une d'elles.Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l'avortement libre. Suit la liste des signataires
Le 5 avril 1971, Le Nouvel Observateur publie une pétition signée par 343 femmes qui réclament la légalisation de l'IVG et expliquent avoir eu recours à l'avortement.
La révolution familiale
En 1967, la loi Neuwirth autorise l'usage de la pilule contracep-
tive (remboursée par la Sécurité sociale à partir de 1974).
Source : « La France et sa population », Cahiers Français, n° 259,
La Documentation française, janv .- fév. 1993.
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
A. L'émancipation des femmes
2. L’émancipation par la loi
1975 : la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse
PPO2
Confrontez les documents et justifiez les affirmations d'exemples précis tirés des documents : - la demande de légalisation est en lien avec les combats féministes , - elle entraîne un débat houleux dans la société et au parlement, - l'avortement est légalisé et son nombre diminue nettement.
15 minutes
Travail à 2
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
A. L'émancipation des femmes
2. L’émancipation par la loi
1975 : la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse
L'évolution des droits des femmes
13 juillet 1965 : droit pour une femme d'exercer une profession et d'ouvrir un compte en banque sans le consentement de son mari.27 décembre 1967 : autorisation de la vente de produits contraceptifs en pharmacie.4 juin 1970 : égalité juridique des époux.22 décembre 1972 : l'employeur est tenu d'assurer l'égalité des rémunérations entre les hommes et les femmes.4 décembre 1974 : l'Assurance maladie prend en charge la couverture des médicaments, produits et objets contraceptifs.17 janvier 1975 : legalisation de l'interruption volontaire de grossesse (dite loi Veil).12 juillet 1975 : le divorce peut etre prononce en cas de consentement mutuel, rupture de la vie commune ou « faute ».13 juillet 1983 : creation du Conseil superieur de l'egalité professionnelle s entre les femmes et les hommes.
PPO2
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II. Les transformations sociales
B. Les jeunes dans la société
1. Un nouveau groupe social
De nouvelles aspirations
Je ne veux pas perdre de tempsIl y a autre chose sur terreQue travailler pendant l’étéPour gagner une misèreOuais au téléphone quand j’appelleLa fille que je préfèreMon patron me ditT’as du travail à faireParfois je me demandeQui veut m’empêcherDe rencontrer la fille de l’été dernier[…]Je prendrai le premier trainJe n’attendrai pas l’étéEt j’enverrai tous mes problèmesAu bureau de l’ÉlyséeOuais j’ai vu le PrésidentIl avait l’air étonnéJ’aimerais t’aiderMais tu es trop jeune pour voterParfois je me demandeCe qu’il y a de pire que de vouloir aimerUne fille en été.
« La fille de l’été dernier », Johnny Hallyday, paroles et musique de J. Capehart et E. Cochran, 1975.
Le chômage en France
L'abaissement de la majorité à 18 ans
Jeunes de 18 ans brandissant leur carte d'electeur devant une urne en 1974.Jusqu'à cette date, la majorité électorale était fixée à 21 ans.
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
B. Les jeunes dans la société
2. La massification scolaire
La loi Haby
Art. 4 - Tous les enfants reçoivent dans les collèges uneformation secondaire. [ ... ] Elle repose sur un équilibre desdisciplines intellectuelles, artistiques, manuelles, physiqueset sportives et permet de révéler les aptitudes et les goûts.[ ... ]Les collèges dispensent un enseignement commun, répartisur quatre niveaux successifs. Les deux derniers peuventcomporter aussi des enseignements complémentaires dontcertains préparent à une formation professionnelle. [ ... ] Art. 5 - La formation secondaire peut être prolongée dansles lycées en associant, dans tous les types d'enseignement,une formation générale et une formation spécialisée. [ ... ]L'examen du baccalauréat de l'enseignement secondairesanctionne une formation équilibrée et comporte : la vérification d'un niveau de culture défini par les enseignementsdes deux premières années des lycées ; le contrôle deconnaissances spécialisées dans des enseignements suivis par l'élève en dernière année. Ce contrôle est effectuéindépendamment dans chacun de ces enseignements. [ ... ]
Loi du 11 juillet 1975 relative à l'éducation.
Manifestation contre la loi Devaquet du 4 décembre 1986
En novembre-décembre 1986, lycéens et étudiants manifestent
massivement contre le projet du ministre de la Recherche et de
l'Enseignement supérieur Alain Devaquet, accusé de vouloir instaurer
la sélection à l'entrée à l'université. Le 6 décembre, le ministre
démissionne et le projet est retiré.
La démocratisation de l'enseignement
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
C. Davantage de diversité
1. Des immigrés devenus indésirables ?
A la recherche d'une immigration « maîtrisée »
À la fin de la politique spontanée, anarchique, de l'immigration dans le monde des travailleurs correspond une immigration organisée, maîtrisée, dans le domaine de l'immigration familiale. [ ... ] Les immigrés qui vont venir en France vont bénéficier d'un effort très important de logement. [ ... ] Aujourd'hui, nous lançons une politique de l'immigration familiale qui va permettre aux immigrés de faire venir leur famille. Les immigrés qui vont venir en France vont bénéficier d'un effort très important de logement, que nous avons déjà lancé, et qui vise à assurer à toute famille immigrée un logement convenable. Elles vont bénéficier aussi d'un très important effort de scolarisation. Ces familles vont bénéficier aussi de tout un effort d'adaptation, en particulier dirigé vis-à-vis des femmes étrangères qui sont quelquefois les victimes [...] de l'immigration, mais qui sont aussi notre espoir, car c'est sur elles que repose l'équilibre de la famille.
Paul Dijoud, secrétaire d'État aux Travailleurs immigrés, interview au journal télévisé de 13 heures de TF1, 27 juillet 1976.
L'immigration en France
Affiche du Front national pour lesélections législatives de mars 1986
La première marche pour l'égalité (1983)
La marche pour l’égalité conduit, de toute la France, 100 000 personnes
jusqu’à Paris. Entreprise pour s’opposer aux actes et injures racistes,
elle débouche, avec l’appui de François Mitterrand, sur la création de
l’association SOS Racisme en 1984.
Jean-Marie Le Pen dirige depuis 1972 le Front national, parti focalisé sur l'immigration provenant des pays musulmans, considérée comme une menace. Le FN prend son essor dès 1984, et s'installe durablement dans la vie politique française (14,3 % des suffrages exprimés à l'élection présidentielle de 1988).
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
C. Davantage de diversité
2. L’affirmation des droits LGBT
L'épidémie de sida en France
PPO3
Prise de notes : - chronologie, -mobilisation de l'opinion, - réaction des pouvoirs publics.
Nombre de décès
La France de 1974 à 1988
III.
Un nouveau paysage culturel
> Comment la société française évolue-t-elle entre 1974 et 1988 ?
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
A. L’évolution de la politique culturelle
1. L’évolution du rôle de l’Etat
La gare d'Orsay deveue musée en 1978
Evolution du budget du ministère de la culture
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
A. L’évolution de la politique culturelle
2. La démocratisation culturelle
Les grandes orientations de la politique culturelle sous Jack Lang (1981-1988)
La politique de démocratisation culturelle a consisté à intégrerdans le domaine culturel des activités jusque-là non directement associées à l'idée de culture [ ... ]. Elle prend en compte l'idée de participation d'une part importante de la population [et fait] rentrer dans la définition de la culture des activités pratiquées par le plus grand nombre, familières aux Français : remise à l'honneur des spécialités culinaires, restauration de monuments [ ... ] qui correspondent à la volonté de faire (re)découvrir aux Français les richesses culturelles de leur propre pays [ ... ]. Elle tente d'élargir la pratique d'activités culturelles déjà considérées comme telles : construction ou agrandissement des bibliothèques, aide aux librairies via la fixation par la "loi Lang" d'un prix unique du livre. Laredéfinition du champ d'activité culturelle des Français ne pouvait se faire sans un changement d'attitude des Français vis-à-vis de leur culture : la Fête de la musique [ ... ] en stimulant les initiatives individuelles, leur a permis de se sentir plus proches de la création culturelle. L'action du ministère a été fortement accrue par la mise à sa disposition d'un budget sans précédent.
Marie-Anne Ronflé-Nadaud, « La politique culturelle de 1981 à 1993 » Cahiers Français n° 200, mars-avril 1993, La Documentation française.
La politique de grands travaux
Ce vaste programme architectural visait à promouvoir la place de Paris et de la France dans l'art.
La première fête de la musique (1982) La première journée du patrimoine (1984)
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
B. Les transformations de l’audiovisuel français
1. 1974-1981, la mainmise persistante de l’État sur les médias
La suppression de l'ORTF
Quand M. Valéry Giscard d'Estaing accède à la présidencede la République, en mai 1974, il ne tarde pas à décider del'éclatement de l'Office de radiodiffusion-télévision française(ORTF) - alors en situation de monopole - en plusieurschaînes publiques : TF1, Antenne 2 et FR3. « L'ORTF est sup-primé », est-il spécifié dans l'article 2 de la loi du 7 août 1974.Le monopole d'État sur les ondes n'est pourtant pas remisen cause. Par cette décision, le nouveau pouvoir entend sur-tout rompre avec un symbole gaulliste, tout en poursuivant[ ... ] le contrôle de l'information. [ ... ] Durant ce septennat,les pressions sur l'information seront nombreuses, bien queM. Giscard d'Estaing ait déclaré, le 6 janvier 1975, que « laradio et la télévision ne sont pas la voix de la France », et que« leurs journalistes sont des journalistes comme les autres ».
Marc Endeweld, « L'ORTF est supprimé »,Le Monde Diplomatique, avril 2012.
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
B. Les transformations de l’audiovisuel français
2. Le nouveau paysage audiovisuel français
Les transformations du paysage audiovisuel français
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
C. Les nouvelles formes de la culture populaire
1. La « civilisation des loisirs »
Les pratiques culturelles des Français
Campagne publicitaire "les verbes" du Club Med, 1986
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
B. Les transformations de l’audiovisuel français
2. L’essor d’une culture jeune
Une culture jeune ?
Il y a bien, repérables de manière séculaire, des pratiques propres aux jeunes, quoique distinctes selon les milieuxsociaux : "bamboche" étudiante, charivaris et carnavals, fêtes de mai et de la Saint-Jean, bals populaires - que le gouvernement de Vichy, d'ailleurs, interdit en y voyant un risque de désordre moral. La nouveauté éclose à compter des années 1960 tient à ce que la culture jeune devient une culture de masse, avec ses supports matériels spécifiques. Fait majeur, la jeunesse occidentale a à présent une jeunesse : à la phase biologique de l'adolescence correspond désormais un temps social et culturel, fait de loisirs et de sociabilités particulières, entre groupes de pairs, permis par l'entrée plus tardive dans l'activité professionnelle et par l'avènement d'une société de consommation tout à la fois convoitée et contestée. Les partages culturels naissent surtout des références communes proposées par les médias audiovisuels, la radio principalement dans les années 1960 et 1970, la télévision ensuite et Internet aujourd'hui. La musique surtout s'érige en étendard de la culture juvénile. Les flaireurs d'aubaines économiques ne s'y trompent pas, qui y trouvent un marché de consommation d'autant plus essentiel que non seulement l'argent de poche se démocratise, mais encore que bon nombre des moins de 20 ans sont encore d'abord des salariés (les deux tiers en 1960, la moitié en 1970). Après l'"âge tendre" de Salut les copains, émission lancée en 1959 puis magazine en 1962, et d'un "yé-yé" bien peu subversif, rockers et punks, durant les années 1970 et 1980, s'opposent jusque dans les formes de leur contestation. Depuis les années 1990, hip-hop et rap dessinent d'autres figures de l'affirma tion, de la contestation, parfois de la rébellion. Par-delà ces variétés de styles, la musique des jeunes modifie, si elle n'unifie pas, leurs pratiques. [ ... ] Pour autant, les différences d'ordre social et économique restent prégnantes et rejaillissent sur les comportements culturels.
Ludivine Bantigny, Inégaux à travers l'Histoire, Constructif, n°36, 2013.
Un enouvelle culture : le jeu vidéo
Space Invaders, Taito, 1978
Une nouvelle culture : mangas et japanimation
Une de Paris Match, 19 janvier 1979
Diffusée à partir de 1978 et présentée par Dorothée, l'émission jeunesse récré A2 introduit à la télévision française les premiers dessins animés japonais.
Une nouvelle culture : rap et hip-hop
Présentée par Sidney et diffusée en 1984 sur TF1, l'émission H.I.P H.O.P présente et rend populaire la culture hip-hop en France.
La modification des grands équilibres
Conclusion
La modification des grands équilibres
Conclusion
> En quoi les années 1974-1988 ont-elles constitué un tournant politique, social et culturel pour la France ?
En quinze ans, le dirigisme d’État et la conception assez verticale de la société prônée par le gaullisme, déjà contestés lors de la fin de la présidence de de Gaulle, sont profondément remis en question par une conception plus libérale de l’économie et de la société. Le tournant est d’abord politique : dirigée depuis 1958 par des gaullistes, la Vème République entre en 1974 dans une période inconnue de mutations politiques avec deux alternances puis une cohabitation inédite en 1986.La libéralisation de la société ensuite, alliant libéralisme social et libéralisme politique, permet de repenser les rapports sociaux : les jeunes et les populations immigrées, particulièrement touchés par le chômage de masse, revendiquent une place plus importante, le mouvement féministe connaît une nouvelle dynamique, permettant une avancée significative des droits des femmes, tandis que la société est de plus en plus tolérante en matière de contrôle de la sexualité.Enfin la société est transformée par l’action manifeste de l’Etat dans les domaines de l’enseignement et de la culture avec des politiques volontaristes dans une optique de démocratisation.Les années 1970-1980 voient donc une redéfinition du périmètre de l’Etat : s’il a désormais moins de marges de manœuvre sur le plan économique, il se trouve face à une société où l’autonomie des individus est plus que jamais affirmée. Cependant, son rôle, notamment social, demeure essentiel mais la société civile n’hésite plus à prendre des initiatives là où il est jugé défaillant
La modification des grands équilibres
Vidéo de révisions
Le phénomène, entamé depuis les années 1950, s’accélère à partir des années 1980. La réduction du temps de travail et la hausse du pouvoir d’achat permettent à de nouvelles catégories sociales d’accéder à des pratiques culturelles comme le tourisme et à certains loisirs, comme les sports d’hiver.Le secteur culturel et des loisirs devient un secteur économique important. Cela entraîne une relative standardisation des pratiques culturelles, qui contribue à la formation d’une culture de masse. Toutefois, de fortes inégalités persistent : en 1985, 80 % des classes sociales aisées partent en vacances, mais seulement 50 % des ouvriers.
Valéry Giscard d’Estaing n’a pas une grande ambition culturelle et transforme le ministère des Affaires culturelles en un simple secrétariat d’État aux ambitions et au budget réduits (0,61% du budget total en 1974, 0,47% en 1981). Sa politique culturelle, conservatrice -même si c’est lui qui inaugure le centre Pompidou en 1977, est surtout tournée vers la sauvegarde du patrimoine : ainsi, transformée en musée, la gare d’Orsay est sauvée de la destruction en 1977.L'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 change la donne : le budget du ministère de la Culture, confié à Jack Lang, double immédiatement.
Dans son programme pour l’élection de 1981, François Mitterrand promettait « une information libre et pluraliste ». La loi du 29 juillet 1982 proclame que « la communication audiovisuelle est libre ». Une Haute Autorité de la communication audiovisuelle est créée pour délivrer des permis d’émettre et les chaînes privées se multiplient, favorisées par des enjeux commerciaux (publicité télévisée) : Canal Plus, première chaîne privée (et payante), en 1984, privatisation de TF1 en 1987, création de La Cinq et M6 en 1987.
Dans le même temps les anciennes radios pirates accèdent à une existence légale, et de multiples radios sont créées, comme NRJ ou Fun Radio. Plus de mille chaînes de radio apparaissent dans toute la France, mais très rapidement, le secteur connaît une forte concentration.
Les audiences télévisées montrent l’essor des émissions de divertissement, le succès des émissions sportives et l’érosion de celles d’information. 96 % des foyers possèdent une télévision en 1989, elle devient le média dominant et concurrence même le cinéma, dont la fréquentation chute.
Jack Lang mène une politique culturelle nouvelle d'ouverture vers les Français (Fête de la musique en 1982, Journées du patrimoine en 1984). La décentralisation culturelle permet de développer des structures pour un public nouveau.Par ailleurs le domaine de la culture s'élargit et intègre une culture du quotidien (bd, cuisine, mode) ainsi qu'une nouvelle culture urbaine populaire (rap, street art…). Les pouvoirs publics favorisent les lieux de culture les plus prestigieux (Musée d'Orsay en 1986, pyramide du Louvre en 1988, IMA en 1987, Opéra Bastille en 1989) mais aussi la culture de proximité (soutien apporté aux librairies grâce au prix unique du livre depuis 1981).
En raison de l’impopularité de la rigueur, la droite remporte les élections législatives de 1986 au cours desquelles le FN effectue une percée en raison du suffrage proportionnel. UDF et RPR ont la majorité absolue mais François Mitterrand choisit de ne pas démissionner : il nomme comme Premier ministre le chef de la nouvelle majorité, Jacques Chirac. C’est la cohabitation, une situation inédite dans l'histoire de la Vème République.
Le pays est donc dirigé à la fois par un président, de gauche, et un Premier ministre, de droite. F. Mitterrand s’attribue le rôle de représenter la France tandis que J. Chirac mène une politique de droite libérale, marquée notamment par des privatisations. Malgré de fortes tensions politiques, ils choisissent le plus souvent de faire des compromis, acceptant par exemple de parler à deux lors des conférences de presse ou des sommets internationaux.
Redevenu le chef de l'opposition tout en restant à l'Elysée, François Mitterrand réussit à incarner la stabilité et est réélu pour un second septennat en 1988.
Valéry Giscard d’Estaing n’a pas une grande ambition culturelle et transforme le ministère des Affaires culturelles en un simple secrétariat d’État aux ambitions et au budget réduits (0,61% du budget total en 1974, 0,47% en 1981). Sa politique culturelle, conservatrice -même si c’est lui qui inaugure le centre Pompidou en 1977, est surtout tournée vers la sauvegarde du patrimoine : ainsi, transformée en musée, la gare d’Orsay est sauvée de la destruction en 1977.L'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 change la donne : le budget du ministère de la Culture, confié à Jack Lang, double immédiatement.
Le mouvement féministe affirme notamment le droit des femmes à disposer librement de leur corps et multiplie les manifestations spectaculaires comme la publication en 1971 d’un manifeste de 343 femmes avouant avoir avorté alors que la pratique reste interdite en France. Pour répondre à ces exigences, plusieurs lois sont adoptées pendant le mandat de Valéry Giscard d’Estaing :
- 1974 : la pilule contraceptive est remboursée par la Sécurité sociale ;
- 1975 : après de vifs débats, la loi autorise l’interruption volontaire de grossesse (loi sur l’IVG, dite « loi Veil » ;
- 1975 : cinq ans après l’adoption du principe de l’autorité parentale partagée, une autre loi fait évoluer la famille, cellule de base de la société, en permettant le divorce par consentement mutuel et dépénalise l’adultère ;
- 980 : après une longue campagne des mouvements féministes une loi fait pour la première fois du viol un crime (et non un délit), puni de 15 ans de réclusion criminelle.
Une culture jeune se développe depuis les années 1960 caractérisée par un langage, des modes vestimentaires (le jean), des pratiques (concerts et manifestations de masse), mais aussi par une consommation culturelle reposant de plus en plus sur l'image et le son. À partir des années 1970, les jeunes font le succès des cassettes audio, puis des baladeurs, des CD (1982). La musique s’écoute désormais dans la rue et se regarde à la télévision avec les clips qui contribuent beaucoup à la popularité d’artistes comme Michael Jackson, The Cure ou Indochine sur les chaînes spécialisées comme MTV.
Les jeunes occupent également une place croissante sur le marché de la culture. La mode des mangas et animes venus du Japon est lancée par Goldorak, diffusé à partir de 1978 sur Antenne 2 tandis que le rap, en provenance des États-Unis, fait irruption sur TF1 en 1984.
En septembre 1981, le nouveau ministre de la Justice, Robert Badinter, fait voter par l'Assemblée nationale l'abolition de la peine de mort. La mesure, longtemps impopulaire dans l'opinion, était inscrite dans le programme du candidat socialiste, les « 110 propositions pour la France ».
Dans les années 1980, l'apparition de l'épidémie du sida alimente l'hostilité de l'opinion publique à l'encontre de minorités, homosexuels et toxicomanes, que l’on croit initialement seules touchées par la maladie. Le virus est identifié en 1983 alors que la pandémie frappe durement la population homosexuelle. Des associations comme AIDES ou Act Up se mobilisent, militant pour une meilleure prise en charge de l’épidémie et une meilleure prévention. Il en résulte une plus grande visibilité des minorités sexuelles et in fine, malgré l’hostilité accrue d’une partie de l’opinion publique, une plus grande attention à leur intégration dans la société. François Mitterrand décide d’ailleurs en 1982 de dépénaliser l’homosexualitéMalgré les efforts combinés des scientifiques, des pouvoirs publics (grande cause nationale 1987) et des associations, l'épidémie est loin d'être jugulée à la fin de la période.
Avec le ralentissement de la croissance et la montée du chômage, l'immigration est officiellement stoppée en 1974 et les effectifs d'immigrés en France se stabilisent autour de quatre millions de personnes, soit 7,5 % de la population totale. L'arrivée en France de populations étrangères est désormais plus liée au regroupement familial (autorisé en 1976) qu'aux migrations de travail etl'immigration clandestine est réprimée. La part des ressortissants européens continue de se réduire au profit des nationalités du Maghreb. L’immigration devient un enjeu politique. Des partis politiques d’extrême droite, notamment le Front national, instrumentalisent le thème de l’immigration et diffusent des discours racistes liant immigration et insécurité. Leur audience croît (Le Pen réalise 14,3 % des voix à l’élection présidentielle de 1988) et le thème s’inscrit durablement dans le débat politique français.En réaction, les jeunes générations issues de l’immigration se mobilisent pour dénoncer et combattre la xénophobie quotidienne dans les années 1980 : une grande marche de l’égalité est organisée en 1983, tandis que l’association SOS Racisme, fondée en 1984, tente de rassembler les jeunes autour du slogan « Touche pas à mon pote ».
Le 19 mai 1974, Valéry Giscard d’Estaing est élu président de la République. Premier président élu de droite non gaulliste, il succède à Georges Pompidou et entend refermer la page du gaullisme.A 48 ans, alors plus jeune président élu de la République, il entend moderniser le pays en accompagnant les mutations sociales. Il veut répondre aux aspirations de la génération de mai 1968, à celles des classes moyennes, tout en modernisant la vie politique, par exemple en nommant quatre femmes ministres. D’importantes réformes sociales et culturelles sont mises en œuvre entre 1974 et 1976 par le Premier ministre Jacques Chirac, souvent contre la volonté d’une partie de la majorité et de l'électorat de droite.Ces réformes concernent notamment :
- Les jeunes : l'âge de la majorité civile, jusqu'alors fixé à 21 ans, est abaissé à 18 ans en 1974,
- Les femmes : Simone Veil, ministre de la Santé, porte les lois sur la contraception et l'interruption volontaire de grossesse, tandis que Françoise Giroud est nommée secrétaire d'État chargée de la Condition féminine.
Les jeunes sont de plus en plus nombreux à rester dans le système scolaire au-delà de l’obligation scolaire (portée de 14 à 16 ans en 1959). L’économie a besoin de salariés qualifiés, et la société demande la démocratisation de l’enseignement secondaire et supérieur. En 1975, le ministre de l’Éducation nationale René Haby instaure le collège unique, en supprimant les filières qui différenciaient les élèves relevant de l’enseignement technique ou de l’enseignement général. Plus que d’une réelle démocratisation, on s’accorde à considérer qu’on assiste plutôt à une massification de l’enseignement secondaire -même si la création des ZEP après l’alternance en 1981 vise clairement à parfaire la démocratisation du système scolaire.Avec cette massification scolaire, de plus en plus de jeunes obtiennent leur baccalauréat (20% d’une classe d’âge en 1970, 30% en 1980) et accèdent à l’enseignement supérieur. Quand en 1986, Jacques Chirac veut imposer une plus grande sélection à l’université et la hausse des droits d’inscription, la mobilisation de la jeunesse le contraint à renoncer.L’allongement des études et l’entrée plus tardive dans la vie active contribuent à faire des jeunes une catégorie sociale de plus en plus identifiée.
Cependant ces réformes contribuent à creuser le déficit et, surtout, le chômage continue à augmenter : le gouvernement s'avère incapable d'enrayer crise économique et la montée du chômage qui passe de 1,7 million de personnes à l'été 1981 et 2,5 millions à la fin de l'année 1984.
En conséquence, dès 1982 le gouvernement doit renoncer à la politique de relance budgétaire entamée deux ans plus tôt et applique en mars 1983 le « tournant de la rigueur », qui oblige l'État à mieux maîtriser ses dépenses.
Ce revirement pousse plusieurs ministres à démissionner et déçoit l’'électorat de gauche. Cette défiance se traduit par une succession de défaites électorales : aux municipales en 1983, puis aux européennes en 1984.
La jeunesse, issue du baby-boom, est de plus en plus nombreuse dans le pays (40 % des Français ont moins de 25 ans en 1974). Très active depuis mai 1968, elle bénéficie de réformes politiques importantes comme l’abaissement de la majorité à 18 ans.Les baby-boomers portent des aspirations nouvelles, souvent en rupture avec celles de la génération précédente, comme l'ont montré les manifestations de mai 1968. Souvent réticents face aux notions d'ordre et d'autorité, ils réclament une société libérée des contraintes.Avec les femmes et les immigrés, les jeunes sont la catégorie la plus frappée par la crise économique et le chômage. A partir des années 1980 l’entrée sur le marché du travail se fait de plus en plus difficilement, ce qui constitue une vraie rupture par rapport aux Trente Glorieuses.La démocratisation de l'enseignement, notamment supérieur, à partir de 1975 est une réponse à la crise économique qui les expose en priorité au chômage de masse.
Les mutations entamées pendant les Trente Glorieuses s'amplifient après 1975. Les secteurs primaire et secondaire, touchés par la crise, déclinent au profit du secteur tertiaire. Cette tertiarisation se traduit par une féminisation croissante de la population active. Si la part des femmes exerçant une activité professionnelle progresse et joue indéniablement un rôle émancipateur, l’égalité au travail reste un combat :
- Les femmes continuent d’occuper en majorité des emplois non qualifiés et plus souvent précaire aux salaires inférieurs à ceux des hommes à qualification égale ;
- Un « plafond de verre » bloque les carrières de nombreuses femmes malgré le vote en 1983 d’une loi sur « l’égalité professionnelle entre hommes et femmes » ;
- Les stéréotypes sexistes entre femmes et hommes au travail comme dans la vie quotidienne se maintiennent.
Malgré un fort volontarisme, les résultats restent limités, comme en témoigne la récurrence des textes législatifs à ce sujet depuis 1972.
La division de la droite est fatale à V. Giscard d’Estaing. Élu le 10 mai 1981 avec 51,8 % des voix, François Mitterrand est le premier président de gauche de la Vème République. Les législatives de juin 1981 sont marquées par une « vague rose », les socialistes obtenant à eux seuls la majorité absolue : c'est l'alternance.
Après avoir fait campagne sur le slogan « changer la vie », F. Mitterrand charge son gouvernement, dirigé par Pierre Mauroy, de réaliser de nouvelles réformes. Celles-ci sont d'abord économiques et sociales (nationalisations, création d'un impôt sur la fortune, augmentation du SMIC, lois Auroux pour un droit du travail plus favorables aux salariés) mais concernent aussi d'autres champs. En 1982, les loisde décentralisation mises en œuvre par le ministre de l'Intérieur Gaston Defferre visent à rapprocher le pouvoir des citoyens.
La France est durement touchée par la crise consécutive aux chocs pétroliers de 1973 et 1979 et malgré la mise en œuvre d'une politique keynésienne, le chômage explose.
Jacques Chirac est remplacé en 1976 par un économiste, Raymond Barre qui instaure un nouvel équilibre institutionnel : le Premier ministre gère la politique intérieure tandis que le président, dans la tradition gaullienne, se consacre à la politique extérieure.
Pour redresser l’économie Raymond Barre mène une politique de rigueur. Les mesures d’austérité adoptées (limitation des hausses de salaire, augmentation de l'impôt sur le revenu pour les ménages les plus aisés, création du contrat de travail à durée déterminée) ne parviennent à limiter ni l'inflation ni le chômage mais alimentent le mécontentement.
La fin de septennat est difficile, marquée par de nombreux scandales politiques et économiques qui affaiblissent le gouvernement (affaire des « diamants de Bokassa » à partir de 1979). La droite se divise entre le RPR de Jacques Chirac et l'UDF de Giscard d'Estaing.
Avec l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, l’année 1981 est un tournant majeur pour la France, puisqu'elle connaît une alternance politique avec l’accession de la gauche au pouvoir pour la première fois sous la Vème République. Mais cette alternance politique ne doit pas masquer la cohérence de la période 1974-1988, qui voit se produire de nombreuses réformes sociales et culturelles, répondant au désir de changement qui s'est exprimé notamment dans la crise de mai 1968. Valéry Giscard d'Estaing comme François Mitterrand entament leur septennat par d'importantes réformes sociales et culturelles, avant, dans un contexte de crise, de faire passer les préoccupations économiques au premier plan. Au cours des décennies 1970 et 1980, la France s'ouvre au changement et les débats de société, facilités par la libéralisation des médias, se multiplient, sur la liberté sexuelle notamment ou l'intégration des immigrés.
08. Un tournant social, politique et culturel, la France de 1974 à 198
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Un tournant social, politique et culturel, la France de 1974 à 1988
La France de 1974 à 1988
Introduction
Le temps des alternances politiques
Une société en mutation
Le 21 mai 1981 le président Valéry Giscard d'Estaing accueille son successeur sur le perron de l'Elysée, le socialiste François Mitterrand.
En 1983, la Marche pour l'egalite et contre le racisme part de Marseille et arrive à Paris avec plus de 100 000 marcheurs et marcheuses. Ils revendiquent que les Français issus de l'immigration soient reconnus comme des citoyens de plein droit.
Un tournant social, politique et
culturel, la France de 1974 à 1988
> En quoi En quoi les années 1974-1988 ont-elles constitué un tournant politique, social et culturel pour la France ?
SOMMAIRE
Conclusion Vidéo de révisions
I. Le renouvellement de la vie politique françaiseA) 1974-1981, le septennat de V. Giscard d’EstaingB) 1981-1988, la première alternance de la Vème république : la gauche au pouvoir C) 1986-1988, la première cohabitation II. Les transformations socialesA) L’émancipation des femmesB) Les jeunes dans la société C) Davantage de diversité III. Un nouveau paysage culturel A) L’évolution de la politique culturelle B) Les transformations de l’audiovisuel français C) Les nouvelles formes de la culture populaire
Evaluation
PPO1
Corrigé
PPO2
PPO3
La France de 1974 à 1988
I.
Le renouvellement de la vie politique française
> Quelles sont les grandes transformations de la vie politique française entre 1974 et 1988 ?
La France de 1974 à 1988
I. Le renouvellement de la vie politique française
A. 1974-1981, le septennat de V. Giscard d’Estaing
1. Un projet libéral...
Du gaullisme au centrisme
Pierre Viansson-Ponté, « La fin du gaullisme »,Le Monde, 1er janvier 1975.
En 1974 une page a été tournée, une étape de seize années de la vie nationale s'est achevée. Il semble bien qu'on vienne tout simplement d'assister à la fin du gaullisme.[ ... ] M. Giscard d'Estaing [ ... ] mène une campagne ardente et habile [ ... ]. Il annonce la nouveauté, l'ouverture, « le changement sans le risque », et il enregistre peu à peu le ralliement de presque tous les centrismes. [ ... ] Il marque très vite qu'il n'entend nullement être le gardien de l'héritage, mais veut au contraire transformer et rajeunir la Ve République. [ ... ] La nomination de trois, et bientôt quatre femmes à la tête de ministères ousecrétariats d'État, les nouvelles dénominations ou responsabilités de plusieurs départements - qualité de la vie, condition féminine, action sociale ou travailleurs immigrés - tous ces choix, dont certains étonnent, expriment une volonté d'inno-vation, de rupture avec les vieilles habitudes. [ ... ] Les successifs plans de lutte contre l'inflation [ ... ] s'accompagnent de mesures sociales parfois hardies - garanties pour la perte ou la recherche d'un emploi, relèvement rapide du minimum vieillesse, promesse d'extension de la Sécurité sociale à tous les Français, etc. - que la gauche ne désavouerait pas. Et voilà plus sérieux : la majorité non seulement électorale, mais civile, abaissée à dix-huit ans, la loi sur la contraception, la libéralisation de l'avortement entreprise, et cette fois votée, grâce à l'obstination et au savoir-faire du ministre de la Santé, Mme Simone Veil.
Valéry Giscard d'Estaing, 3e président de la Ve République (1974-1981)
Portrait officiel par Jacques Henri Lartigue, 26 août 1974.
La France de 1974 à 1988
I. Le renouvellement de la vie politique française
A. 1974-1981, le septennat de V. Giscard d’Estaing
2. ... au défi de la crise
Chômage et inflation de 1970 à 1981
Source : La Documentation française.
Le premier plan d'austérité
Pierre Drouin, « L'« effet » et les effets »,Le Monde, 24 septembre 1976.
L'art du présentateur [Barre] fut précisément non pas d'enrober dans le miel des pilules telles que la forte hausse du prix de l'essence, l'arrêt de la croissance du pouvoir d'achat, la hausse de l'impôt sur le revenu, la majoration des cotisations de sécurité sociale, etc., mais de les présenter tout naturellement comme des remèdes inéluctables, qu'on ne pouvait pas plus discuter que l'ordonnance du spécialiste qu'on consulte pour une maladie de coeur. Était-il sage de garder pour la fin, mais de laisser...sur leur faim, les téléspectateurs avec l'énoncé bien maigre des mesures destinées à lutter contre le chômage et les inégalités. Sur ce dernier point, la meilleure connaissance de tous les revenus et le combat contre la fraude fiscale ont été noyés dans l'habituel flou, très peu artistique. Mais quel beau clin d'oeil au Français moyen déjà entraîné par la propagande à l'usage des municipales et des législatives que cette profession de foi : « Je ne céderai à aucune considération d'intérêt particulier, même électoral ! » Peut-être était-ce déjà fait, avec l'abandon de l'impôt sur les fortunes...
L'affaire des diamants
Le Canard Enchaîné, 10 octobre 1979
La France de 1974 à 1988
I. Le renouvellement de la vie politique française
B. 1981-1988, la première alternance de la Vème république : la gauche au pouvoir
1. 1981, « changer la vie »
Les premières réformes de la gauche (1981-1983)
Entre 1981 et 1983, les trois gouvernements successifs, qui comptent notamment 4 communistes, sont dirigés par Pierre Mauroy, fils d'instituteur.
La guerre du Vietnam (1955-1975)
Des hélicoptères américains en mission près de Saigon, en 1966.
Les élections de mai et juin 1981
La victoire de la gauche
Élu président de la République le 10 mai 1981, François Mitterrand dissout l'Assemblée nationale afin de pouvoir disposer d'une majorité parlementaire. Les élections législatives de juin 1981 lui donnent raison.
France Soir, 11 mai 1981
La France de 1974 à 1988
I. Le renouvellement de la vie politique française
B. 1981-1988, la première alternance de la Vème république : la gauche au pouvoir
1. 1981, « changer la vie »
1981, l'abolition de la peine de mort
PPO1
Itinéraire
Réaliser une carte mentale sur l'abolition de la peine de mort en 1981 : contexte / acteurs pour et argument / acteurs contre et arguments
20 minutes
individuel
La France de 1974 à 1988
I. Le renouvellement de la vie politique française
B. 1981-1988, la première alternance de la Vème république : la gauche au pouvoir
1. 1981, « changer la vie »
1981, l'abolition de la peine de mort
PPO1
individuel
La France de 1974 à 1988
I. Le renouvellement de la vie politique française
B. 1981-1988, la première alternance de la Vème république : la gauche au pouvoir
2. 1983, « le tournant de la rigueur »
Les défaites électorales
Var Matin, 7 mars 1983
Le tournant de la rigueur
Libération, 28 septembre 1982
La France de 1974 à 1988
I. Le renouvellement de la vie politique française
C. 1986-1988, la première cohabitation
La cohabitation entre la gauche et la droite (1986-1988)
L'alternance politique en France (1978-1988)
La réélection de François Mitterrand en 1988
France Soir, 9 mai 1988
Une cohabitation difficile
Plantu, Le Monde, 10 novembre 1986
La France de 1974 à 1988
II.
Les transformations sociales
> Comment la société française évolue-t-elle entre 1974 et 1988 ?
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
A. L'émancipation des femmes
1. L’émancipation par le travail
Vers l'égalité professionnelle ?
Loi Roudy du 13 juillet 1983.
Nul ne peut :a) Mentionner ou faire mentionner dans une offre d'emploi, quels que soient les caractères du contrat de travail envisagé, ou dans toute autre forme de publicité relative à une embauche, le sexe ou la situation de famille du candidat recherché ;b) Refuser d'embaucher une personne, prononcer une mutation, résilier ou refuser de renouveler le contrat de travail d'un salarié en considération du sexe ou de la situation de famille ou sur la base de critères de choix différents selon le sexe ou la situation de famille ;c) Prendre en considération du sexe toute mesure, notamment en matière de rémunération, de formation, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle ou de mutation.
Affiche de la CFDT, 1975
Les femmes dans la population active
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
A. L'émancipation des femmes
2. L’émancipation par la loi
Le manifeste des 343
Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l'une d'elles.Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l'avortement libre. Suit la liste des signataires
Le 5 avril 1971, Le Nouvel Observateur publie une pétition signée par 343 femmes qui réclament la légalisation de l'IVG et expliquent avoir eu recours à l'avortement.
La révolution familiale
En 1967, la loi Neuwirth autorise l'usage de la pilule contracep- tive (remboursée par la Sécurité sociale à partir de 1974).
Source : « La France et sa population », Cahiers Français, n° 259, La Documentation française, janv .- fév. 1993.
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
A. L'émancipation des femmes
2. L’émancipation par la loi
1975 : la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse
PPO2
Confrontez les documents et justifiez les affirmations d'exemples précis tirés des documents : - la demande de légalisation est en lien avec les combats féministes , - elle entraîne un débat houleux dans la société et au parlement, - l'avortement est légalisé et son nombre diminue nettement.
15 minutes
Travail à 2
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
A. L'émancipation des femmes
2. L’émancipation par la loi
1975 : la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse
L'évolution des droits des femmes
13 juillet 1965 : droit pour une femme d'exercer une profession et d'ouvrir un compte en banque sans le consentement de son mari.27 décembre 1967 : autorisation de la vente de produits contraceptifs en pharmacie.4 juin 1970 : égalité juridique des époux.22 décembre 1972 : l'employeur est tenu d'assurer l'égalité des rémunérations entre les hommes et les femmes.4 décembre 1974 : l'Assurance maladie prend en charge la couverture des médicaments, produits et objets contraceptifs.17 janvier 1975 : legalisation de l'interruption volontaire de grossesse (dite loi Veil).12 juillet 1975 : le divorce peut etre prononce en cas de consentement mutuel, rupture de la vie commune ou « faute ».13 juillet 1983 : creation du Conseil superieur de l'egalité professionnelle s entre les femmes et les hommes.
PPO2
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
B. Les jeunes dans la société
1. Un nouveau groupe social
De nouvelles aspirations
Je ne veux pas perdre de tempsIl y a autre chose sur terreQue travailler pendant l’étéPour gagner une misèreOuais au téléphone quand j’appelleLa fille que je préfèreMon patron me ditT’as du travail à faireParfois je me demandeQui veut m’empêcherDe rencontrer la fille de l’été dernier[…]Je prendrai le premier trainJe n’attendrai pas l’étéEt j’enverrai tous mes problèmesAu bureau de l’ÉlyséeOuais j’ai vu le PrésidentIl avait l’air étonnéJ’aimerais t’aiderMais tu es trop jeune pour voterParfois je me demandeCe qu’il y a de pire que de vouloir aimerUne fille en été.
« La fille de l’été dernier », Johnny Hallyday, paroles et musique de J. Capehart et E. Cochran, 1975.
Le chômage en France
L'abaissement de la majorité à 18 ans
Jeunes de 18 ans brandissant leur carte d'electeur devant une urne en 1974.Jusqu'à cette date, la majorité électorale était fixée à 21 ans.
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
B. Les jeunes dans la société
2. La massification scolaire
La loi Haby
Art. 4 - Tous les enfants reçoivent dans les collèges uneformation secondaire. [ ... ] Elle repose sur un équilibre desdisciplines intellectuelles, artistiques, manuelles, physiqueset sportives et permet de révéler les aptitudes et les goûts.[ ... ]Les collèges dispensent un enseignement commun, répartisur quatre niveaux successifs. Les deux derniers peuventcomporter aussi des enseignements complémentaires dontcertains préparent à une formation professionnelle. [ ... ] Art. 5 - La formation secondaire peut être prolongée dansles lycées en associant, dans tous les types d'enseignement,une formation générale et une formation spécialisée. [ ... ]L'examen du baccalauréat de l'enseignement secondairesanctionne une formation équilibrée et comporte : la vérification d'un niveau de culture défini par les enseignementsdes deux premières années des lycées ; le contrôle deconnaissances spécialisées dans des enseignements suivis par l'élève en dernière année. Ce contrôle est effectuéindépendamment dans chacun de ces enseignements. [ ... ]
Loi du 11 juillet 1975 relative à l'éducation.
Manifestation contre la loi Devaquet du 4 décembre 1986
En novembre-décembre 1986, lycéens et étudiants manifestent massivement contre le projet du ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur Alain Devaquet, accusé de vouloir instaurer la sélection à l'entrée à l'université. Le 6 décembre, le ministre démissionne et le projet est retiré.
La démocratisation de l'enseignement
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
C. Davantage de diversité
1. Des immigrés devenus indésirables ?
A la recherche d'une immigration « maîtrisée »
À la fin de la politique spontanée, anarchique, de l'immigration dans le monde des travailleurs correspond une immigration organisée, maîtrisée, dans le domaine de l'immigration familiale. [ ... ] Les immigrés qui vont venir en France vont bénéficier d'un effort très important de logement. [ ... ] Aujourd'hui, nous lançons une politique de l'immigration familiale qui va permettre aux immigrés de faire venir leur famille. Les immigrés qui vont venir en France vont bénéficier d'un effort très important de logement, que nous avons déjà lancé, et qui vise à assurer à toute famille immigrée un logement convenable. Elles vont bénéficier aussi d'un très important effort de scolarisation. Ces familles vont bénéficier aussi de tout un effort d'adaptation, en particulier dirigé vis-à-vis des femmes étrangères qui sont quelquefois les victimes [...] de l'immigration, mais qui sont aussi notre espoir, car c'est sur elles que repose l'équilibre de la famille.
Paul Dijoud, secrétaire d'État aux Travailleurs immigrés, interview au journal télévisé de 13 heures de TF1, 27 juillet 1976.
L'immigration en France
Affiche du Front national pour lesélections législatives de mars 1986
La première marche pour l'égalité (1983)
La marche pour l’égalité conduit, de toute la France, 100 000 personnes jusqu’à Paris. Entreprise pour s’opposer aux actes et injures racistes, elle débouche, avec l’appui de François Mitterrand, sur la création de l’association SOS Racisme en 1984.
Jean-Marie Le Pen dirige depuis 1972 le Front national, parti focalisé sur l'immigration provenant des pays musulmans, considérée comme une menace. Le FN prend son essor dès 1984, et s'installe durablement dans la vie politique française (14,3 % des suffrages exprimés à l'élection présidentielle de 1988).
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
C. Davantage de diversité
2. L’affirmation des droits LGBT
L'épidémie de sida en France
PPO3
Prise de notes : - chronologie, -mobilisation de l'opinion, - réaction des pouvoirs publics.
Nombre de décès
La France de 1974 à 1988
III.
Un nouveau paysage culturel
> Comment la société française évolue-t-elle entre 1974 et 1988 ?
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
A. L’évolution de la politique culturelle
1. L’évolution du rôle de l’Etat
La gare d'Orsay deveue musée en 1978
Evolution du budget du ministère de la culture
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
A. L’évolution de la politique culturelle
2. La démocratisation culturelle
Les grandes orientations de la politique culturelle sous Jack Lang (1981-1988)
La politique de démocratisation culturelle a consisté à intégrerdans le domaine culturel des activités jusque-là non directement associées à l'idée de culture [ ... ]. Elle prend en compte l'idée de participation d'une part importante de la population [et fait] rentrer dans la définition de la culture des activités pratiquées par le plus grand nombre, familières aux Français : remise à l'honneur des spécialités culinaires, restauration de monuments [ ... ] qui correspondent à la volonté de faire (re)découvrir aux Français les richesses culturelles de leur propre pays [ ... ]. Elle tente d'élargir la pratique d'activités culturelles déjà considérées comme telles : construction ou agrandissement des bibliothèques, aide aux librairies via la fixation par la "loi Lang" d'un prix unique du livre. Laredéfinition du champ d'activité culturelle des Français ne pouvait se faire sans un changement d'attitude des Français vis-à-vis de leur culture : la Fête de la musique [ ... ] en stimulant les initiatives individuelles, leur a permis de se sentir plus proches de la création culturelle. L'action du ministère a été fortement accrue par la mise à sa disposition d'un budget sans précédent.
Marie-Anne Ronflé-Nadaud, « La politique culturelle de 1981 à 1993 » Cahiers Français n° 200, mars-avril 1993, La Documentation française.
La politique de grands travaux
Ce vaste programme architectural visait à promouvoir la place de Paris et de la France dans l'art.
La première fête de la musique (1982) La première journée du patrimoine (1984)
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
B. Les transformations de l’audiovisuel français
1. 1974-1981, la mainmise persistante de l’État sur les médias
La suppression de l'ORTF
Quand M. Valéry Giscard d'Estaing accède à la présidencede la République, en mai 1974, il ne tarde pas à décider del'éclatement de l'Office de radiodiffusion-télévision française(ORTF) - alors en situation de monopole - en plusieurschaînes publiques : TF1, Antenne 2 et FR3. « L'ORTF est sup-primé », est-il spécifié dans l'article 2 de la loi du 7 août 1974.Le monopole d'État sur les ondes n'est pourtant pas remisen cause. Par cette décision, le nouveau pouvoir entend sur-tout rompre avec un symbole gaulliste, tout en poursuivant[ ... ] le contrôle de l'information. [ ... ] Durant ce septennat,les pressions sur l'information seront nombreuses, bien queM. Giscard d'Estaing ait déclaré, le 6 janvier 1975, que « laradio et la télévision ne sont pas la voix de la France », et que« leurs journalistes sont des journalistes comme les autres ».
Marc Endeweld, « L'ORTF est supprimé »,Le Monde Diplomatique, avril 2012.
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
B. Les transformations de l’audiovisuel français
2. Le nouveau paysage audiovisuel français
Les transformations du paysage audiovisuel français
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
C. Les nouvelles formes de la culture populaire
1. La « civilisation des loisirs »
Les pratiques culturelles des Français
Campagne publicitaire "les verbes" du Club Med, 1986
La France de 1974 à 1988
II. Les transformations sociales
B. Les transformations de l’audiovisuel français
2. L’essor d’une culture jeune
Une culture jeune ?
Il y a bien, repérables de manière séculaire, des pratiques propres aux jeunes, quoique distinctes selon les milieuxsociaux : "bamboche" étudiante, charivaris et carnavals, fêtes de mai et de la Saint-Jean, bals populaires - que le gouvernement de Vichy, d'ailleurs, interdit en y voyant un risque de désordre moral. La nouveauté éclose à compter des années 1960 tient à ce que la culture jeune devient une culture de masse, avec ses supports matériels spécifiques. Fait majeur, la jeunesse occidentale a à présent une jeunesse : à la phase biologique de l'adolescence correspond désormais un temps social et culturel, fait de loisirs et de sociabilités particulières, entre groupes de pairs, permis par l'entrée plus tardive dans l'activité professionnelle et par l'avènement d'une société de consommation tout à la fois convoitée et contestée. Les partages culturels naissent surtout des références communes proposées par les médias audiovisuels, la radio principalement dans les années 1960 et 1970, la télévision ensuite et Internet aujourd'hui. La musique surtout s'érige en étendard de la culture juvénile. Les flaireurs d'aubaines économiques ne s'y trompent pas, qui y trouvent un marché de consommation d'autant plus essentiel que non seulement l'argent de poche se démocratise, mais encore que bon nombre des moins de 20 ans sont encore d'abord des salariés (les deux tiers en 1960, la moitié en 1970). Après l'"âge tendre" de Salut les copains, émission lancée en 1959 puis magazine en 1962, et d'un "yé-yé" bien peu subversif, rockers et punks, durant les années 1970 et 1980, s'opposent jusque dans les formes de leur contestation. Depuis les années 1990, hip-hop et rap dessinent d'autres figures de l'affirma tion, de la contestation, parfois de la rébellion. Par-delà ces variétés de styles, la musique des jeunes modifie, si elle n'unifie pas, leurs pratiques. [ ... ] Pour autant, les différences d'ordre social et économique restent prégnantes et rejaillissent sur les comportements culturels.
Ludivine Bantigny, Inégaux à travers l'Histoire, Constructif, n°36, 2013.
Un enouvelle culture : le jeu vidéo
Space Invaders, Taito, 1978
Une nouvelle culture : mangas et japanimation
Une de Paris Match, 19 janvier 1979
Diffusée à partir de 1978 et présentée par Dorothée, l'émission jeunesse récré A2 introduit à la télévision française les premiers dessins animés japonais.
Une nouvelle culture : rap et hip-hop
Présentée par Sidney et diffusée en 1984 sur TF1, l'émission H.I.P H.O.P présente et rend populaire la culture hip-hop en France.
La modification des grands équilibres
Conclusion
La modification des grands équilibres
Conclusion
> En quoi les années 1974-1988 ont-elles constitué un tournant politique, social et culturel pour la France ?
En quinze ans, le dirigisme d’État et la conception assez verticale de la société prônée par le gaullisme, déjà contestés lors de la fin de la présidence de de Gaulle, sont profondément remis en question par une conception plus libérale de l’économie et de la société. Le tournant est d’abord politique : dirigée depuis 1958 par des gaullistes, la Vème République entre en 1974 dans une période inconnue de mutations politiques avec deux alternances puis une cohabitation inédite en 1986.La libéralisation de la société ensuite, alliant libéralisme social et libéralisme politique, permet de repenser les rapports sociaux : les jeunes et les populations immigrées, particulièrement touchés par le chômage de masse, revendiquent une place plus importante, le mouvement féministe connaît une nouvelle dynamique, permettant une avancée significative des droits des femmes, tandis que la société est de plus en plus tolérante en matière de contrôle de la sexualité.Enfin la société est transformée par l’action manifeste de l’Etat dans les domaines de l’enseignement et de la culture avec des politiques volontaristes dans une optique de démocratisation.Les années 1970-1980 voient donc une redéfinition du périmètre de l’Etat : s’il a désormais moins de marges de manœuvre sur le plan économique, il se trouve face à une société où l’autonomie des individus est plus que jamais affirmée. Cependant, son rôle, notamment social, demeure essentiel mais la société civile n’hésite plus à prendre des initiatives là où il est jugé défaillant
La modification des grands équilibres
Vidéo de révisions
Le phénomène, entamé depuis les années 1950, s’accélère à partir des années 1980. La réduction du temps de travail et la hausse du pouvoir d’achat permettent à de nouvelles catégories sociales d’accéder à des pratiques culturelles comme le tourisme et à certains loisirs, comme les sports d’hiver.Le secteur culturel et des loisirs devient un secteur économique important. Cela entraîne une relative standardisation des pratiques culturelles, qui contribue à la formation d’une culture de masse. Toutefois, de fortes inégalités persistent : en 1985, 80 % des classes sociales aisées partent en vacances, mais seulement 50 % des ouvriers.
Valéry Giscard d’Estaing n’a pas une grande ambition culturelle et transforme le ministère des Affaires culturelles en un simple secrétariat d’État aux ambitions et au budget réduits (0,61% du budget total en 1974, 0,47% en 1981). Sa politique culturelle, conservatrice -même si c’est lui qui inaugure le centre Pompidou en 1977, est surtout tournée vers la sauvegarde du patrimoine : ainsi, transformée en musée, la gare d’Orsay est sauvée de la destruction en 1977.L'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 change la donne : le budget du ministère de la Culture, confié à Jack Lang, double immédiatement.
Dans son programme pour l’élection de 1981, François Mitterrand promettait « une information libre et pluraliste ». La loi du 29 juillet 1982 proclame que « la communication audiovisuelle est libre ». Une Haute Autorité de la communication audiovisuelle est créée pour délivrer des permis d’émettre et les chaînes privées se multiplient, favorisées par des enjeux commerciaux (publicité télévisée) : Canal Plus, première chaîne privée (et payante), en 1984, privatisation de TF1 en 1987, création de La Cinq et M6 en 1987.
Dans le même temps les anciennes radios pirates accèdent à une existence légale, et de multiples radios sont créées, comme NRJ ou Fun Radio. Plus de mille chaînes de radio apparaissent dans toute la France, mais très rapidement, le secteur connaît une forte concentration.
Les audiences télévisées montrent l’essor des émissions de divertissement, le succès des émissions sportives et l’érosion de celles d’information. 96 % des foyers possèdent une télévision en 1989, elle devient le média dominant et concurrence même le cinéma, dont la fréquentation chute.
Jack Lang mène une politique culturelle nouvelle d'ouverture vers les Français (Fête de la musique en 1982, Journées du patrimoine en 1984). La décentralisation culturelle permet de développer des structures pour un public nouveau.Par ailleurs le domaine de la culture s'élargit et intègre une culture du quotidien (bd, cuisine, mode) ainsi qu'une nouvelle culture urbaine populaire (rap, street art…). Les pouvoirs publics favorisent les lieux de culture les plus prestigieux (Musée d'Orsay en 1986, pyramide du Louvre en 1988, IMA en 1987, Opéra Bastille en 1989) mais aussi la culture de proximité (soutien apporté aux librairies grâce au prix unique du livre depuis 1981).
En raison de l’impopularité de la rigueur, la droite remporte les élections législatives de 1986 au cours desquelles le FN effectue une percée en raison du suffrage proportionnel. UDF et RPR ont la majorité absolue mais François Mitterrand choisit de ne pas démissionner : il nomme comme Premier ministre le chef de la nouvelle majorité, Jacques Chirac. C’est la cohabitation, une situation inédite dans l'histoire de la Vème République.
Le pays est donc dirigé à la fois par un président, de gauche, et un Premier ministre, de droite. F. Mitterrand s’attribue le rôle de représenter la France tandis que J. Chirac mène une politique de droite libérale, marquée notamment par des privatisations. Malgré de fortes tensions politiques, ils choisissent le plus souvent de faire des compromis, acceptant par exemple de parler à deux lors des conférences de presse ou des sommets internationaux.
Redevenu le chef de l'opposition tout en restant à l'Elysée, François Mitterrand réussit à incarner la stabilité et est réélu pour un second septennat en 1988.
Valéry Giscard d’Estaing n’a pas une grande ambition culturelle et transforme le ministère des Affaires culturelles en un simple secrétariat d’État aux ambitions et au budget réduits (0,61% du budget total en 1974, 0,47% en 1981). Sa politique culturelle, conservatrice -même si c’est lui qui inaugure le centre Pompidou en 1977, est surtout tournée vers la sauvegarde du patrimoine : ainsi, transformée en musée, la gare d’Orsay est sauvée de la destruction en 1977.L'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 change la donne : le budget du ministère de la Culture, confié à Jack Lang, double immédiatement.
Le mouvement féministe affirme notamment le droit des femmes à disposer librement de leur corps et multiplie les manifestations spectaculaires comme la publication en 1971 d’un manifeste de 343 femmes avouant avoir avorté alors que la pratique reste interdite en France. Pour répondre à ces exigences, plusieurs lois sont adoptées pendant le mandat de Valéry Giscard d’Estaing :
Une culture jeune se développe depuis les années 1960 caractérisée par un langage, des modes vestimentaires (le jean), des pratiques (concerts et manifestations de masse), mais aussi par une consommation culturelle reposant de plus en plus sur l'image et le son. À partir des années 1970, les jeunes font le succès des cassettes audio, puis des baladeurs, des CD (1982). La musique s’écoute désormais dans la rue et se regarde à la télévision avec les clips qui contribuent beaucoup à la popularité d’artistes comme Michael Jackson, The Cure ou Indochine sur les chaînes spécialisées comme MTV.
Les jeunes occupent également une place croissante sur le marché de la culture. La mode des mangas et animes venus du Japon est lancée par Goldorak, diffusé à partir de 1978 sur Antenne 2 tandis que le rap, en provenance des États-Unis, fait irruption sur TF1 en 1984.
En septembre 1981, le nouveau ministre de la Justice, Robert Badinter, fait voter par l'Assemblée nationale l'abolition de la peine de mort. La mesure, longtemps impopulaire dans l'opinion, était inscrite dans le programme du candidat socialiste, les « 110 propositions pour la France ».
Dans les années 1980, l'apparition de l'épidémie du sida alimente l'hostilité de l'opinion publique à l'encontre de minorités, homosexuels et toxicomanes, que l’on croit initialement seules touchées par la maladie. Le virus est identifié en 1983 alors que la pandémie frappe durement la population homosexuelle. Des associations comme AIDES ou Act Up se mobilisent, militant pour une meilleure prise en charge de l’épidémie et une meilleure prévention. Il en résulte une plus grande visibilité des minorités sexuelles et in fine, malgré l’hostilité accrue d’une partie de l’opinion publique, une plus grande attention à leur intégration dans la société. François Mitterrand décide d’ailleurs en 1982 de dépénaliser l’homosexualitéMalgré les efforts combinés des scientifiques, des pouvoirs publics (grande cause nationale 1987) et des associations, l'épidémie est loin d'être jugulée à la fin de la période.
Avec le ralentissement de la croissance et la montée du chômage, l'immigration est officiellement stoppée en 1974 et les effectifs d'immigrés en France se stabilisent autour de quatre millions de personnes, soit 7,5 % de la population totale. L'arrivée en France de populations étrangères est désormais plus liée au regroupement familial (autorisé en 1976) qu'aux migrations de travail etl'immigration clandestine est réprimée. La part des ressortissants européens continue de se réduire au profit des nationalités du Maghreb. L’immigration devient un enjeu politique. Des partis politiques d’extrême droite, notamment le Front national, instrumentalisent le thème de l’immigration et diffusent des discours racistes liant immigration et insécurité. Leur audience croît (Le Pen réalise 14,3 % des voix à l’élection présidentielle de 1988) et le thème s’inscrit durablement dans le débat politique français.En réaction, les jeunes générations issues de l’immigration se mobilisent pour dénoncer et combattre la xénophobie quotidienne dans les années 1980 : une grande marche de l’égalité est organisée en 1983, tandis que l’association SOS Racisme, fondée en 1984, tente de rassembler les jeunes autour du slogan « Touche pas à mon pote ».
Le 19 mai 1974, Valéry Giscard d’Estaing est élu président de la République. Premier président élu de droite non gaulliste, il succède à Georges Pompidou et entend refermer la page du gaullisme.A 48 ans, alors plus jeune président élu de la République, il entend moderniser le pays en accompagnant les mutations sociales. Il veut répondre aux aspirations de la génération de mai 1968, à celles des classes moyennes, tout en modernisant la vie politique, par exemple en nommant quatre femmes ministres. D’importantes réformes sociales et culturelles sont mises en œuvre entre 1974 et 1976 par le Premier ministre Jacques Chirac, souvent contre la volonté d’une partie de la majorité et de l'électorat de droite.Ces réformes concernent notamment :
Les jeunes sont de plus en plus nombreux à rester dans le système scolaire au-delà de l’obligation scolaire (portée de 14 à 16 ans en 1959). L’économie a besoin de salariés qualifiés, et la société demande la démocratisation de l’enseignement secondaire et supérieur. En 1975, le ministre de l’Éducation nationale René Haby instaure le collège unique, en supprimant les filières qui différenciaient les élèves relevant de l’enseignement technique ou de l’enseignement général. Plus que d’une réelle démocratisation, on s’accorde à considérer qu’on assiste plutôt à une massification de l’enseignement secondaire -même si la création des ZEP après l’alternance en 1981 vise clairement à parfaire la démocratisation du système scolaire.Avec cette massification scolaire, de plus en plus de jeunes obtiennent leur baccalauréat (20% d’une classe d’âge en 1970, 30% en 1980) et accèdent à l’enseignement supérieur. Quand en 1986, Jacques Chirac veut imposer une plus grande sélection à l’université et la hausse des droits d’inscription, la mobilisation de la jeunesse le contraint à renoncer.L’allongement des études et l’entrée plus tardive dans la vie active contribuent à faire des jeunes une catégorie sociale de plus en plus identifiée.
Cependant ces réformes contribuent à creuser le déficit et, surtout, le chômage continue à augmenter : le gouvernement s'avère incapable d'enrayer crise économique et la montée du chômage qui passe de 1,7 million de personnes à l'été 1981 et 2,5 millions à la fin de l'année 1984.
En conséquence, dès 1982 le gouvernement doit renoncer à la politique de relance budgétaire entamée deux ans plus tôt et applique en mars 1983 le « tournant de la rigueur », qui oblige l'État à mieux maîtriser ses dépenses.
Ce revirement pousse plusieurs ministres à démissionner et déçoit l’'électorat de gauche. Cette défiance se traduit par une succession de défaites électorales : aux municipales en 1983, puis aux européennes en 1984.
La jeunesse, issue du baby-boom, est de plus en plus nombreuse dans le pays (40 % des Français ont moins de 25 ans en 1974). Très active depuis mai 1968, elle bénéficie de réformes politiques importantes comme l’abaissement de la majorité à 18 ans.Les baby-boomers portent des aspirations nouvelles, souvent en rupture avec celles de la génération précédente, comme l'ont montré les manifestations de mai 1968. Souvent réticents face aux notions d'ordre et d'autorité, ils réclament une société libérée des contraintes.Avec les femmes et les immigrés, les jeunes sont la catégorie la plus frappée par la crise économique et le chômage. A partir des années 1980 l’entrée sur le marché du travail se fait de plus en plus difficilement, ce qui constitue une vraie rupture par rapport aux Trente Glorieuses.La démocratisation de l'enseignement, notamment supérieur, à partir de 1975 est une réponse à la crise économique qui les expose en priorité au chômage de masse.
Les mutations entamées pendant les Trente Glorieuses s'amplifient après 1975. Les secteurs primaire et secondaire, touchés par la crise, déclinent au profit du secteur tertiaire. Cette tertiarisation se traduit par une féminisation croissante de la population active. Si la part des femmes exerçant une activité professionnelle progresse et joue indéniablement un rôle émancipateur, l’égalité au travail reste un combat :
- Les stéréotypes sexistes entre femmes et hommes au travail comme dans la vie quotidienne se maintiennent.
Malgré un fort volontarisme, les résultats restent limités, comme en témoigne la récurrence des textes législatifs à ce sujet depuis 1972.La division de la droite est fatale à V. Giscard d’Estaing. Élu le 10 mai 1981 avec 51,8 % des voix, François Mitterrand est le premier président de gauche de la Vème République. Les législatives de juin 1981 sont marquées par une « vague rose », les socialistes obtenant à eux seuls la majorité absolue : c'est l'alternance.
Après avoir fait campagne sur le slogan « changer la vie », F. Mitterrand charge son gouvernement, dirigé par Pierre Mauroy, de réaliser de nouvelles réformes. Celles-ci sont d'abord économiques et sociales (nationalisations, création d'un impôt sur la fortune, augmentation du SMIC, lois Auroux pour un droit du travail plus favorables aux salariés) mais concernent aussi d'autres champs. En 1982, les loisde décentralisation mises en œuvre par le ministre de l'Intérieur Gaston Defferre visent à rapprocher le pouvoir des citoyens.
La France est durement touchée par la crise consécutive aux chocs pétroliers de 1973 et 1979 et malgré la mise en œuvre d'une politique keynésienne, le chômage explose.
Jacques Chirac est remplacé en 1976 par un économiste, Raymond Barre qui instaure un nouvel équilibre institutionnel : le Premier ministre gère la politique intérieure tandis que le président, dans la tradition gaullienne, se consacre à la politique extérieure.
Pour redresser l’économie Raymond Barre mène une politique de rigueur. Les mesures d’austérité adoptées (limitation des hausses de salaire, augmentation de l'impôt sur le revenu pour les ménages les plus aisés, création du contrat de travail à durée déterminée) ne parviennent à limiter ni l'inflation ni le chômage mais alimentent le mécontentement.
La fin de septennat est difficile, marquée par de nombreux scandales politiques et économiques qui affaiblissent le gouvernement (affaire des « diamants de Bokassa » à partir de 1979). La droite se divise entre le RPR de Jacques Chirac et l'UDF de Giscard d'Estaing.
Avec l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, l’année 1981 est un tournant majeur pour la France, puisqu'elle connaît une alternance politique avec l’accession de la gauche au pouvoir pour la première fois sous la Vème République. Mais cette alternance politique ne doit pas masquer la cohérence de la période 1974-1988, qui voit se produire de nombreuses réformes sociales et culturelles, répondant au désir de changement qui s'est exprimé notamment dans la crise de mai 1968. Valéry Giscard d'Estaing comme François Mitterrand entament leur septennat par d'importantes réformes sociales et culturelles, avant, dans un contexte de crise, de faire passer les préoccupations économiques au premier plan. Au cours des décennies 1970 et 1980, la France s'ouvre au changement et les débats de société, facilités par la libéralisation des médias, se multiplient, sur la liberté sexuelle notamment ou l'intégration des immigrés.