Dans la valise d'Arthur Rimbaud...
Dans la valise d'Arthur Rimbaud...
Dans la valise d'Arthur Rimbaud...
Dans la valise d'Arthur Rimbaud...
Dans la valise d'Arthur Rimbaud...
Le journal populaire
Un journal ayant des sujets d’actualités divers et variés peut symboliser les poèmes de Rimbaud. En effet, dans son recueil, plusieurs thèmes s’y prêtent : des poèmes de l’adolescence comme Première soirée ou Roman, des poèmes sur des sensations réelles ou rêvées avec Sensations ou encore Soleil et Chair tout en passant par des poèmes politiques et révoltés avec par exemple Bal des pendus ou Le Dormeur du Val. Le journal met en évidence la marginalisation de Rimbaud par rapport à la société qui l’entoure. Nous pouvons apercevoir également un contraste entre Rimbaud et un journal : Rimbaud, lui, cherche à s’émanciper et braver les codes traditionnels de la poésie tandis qu’un journal a seulement pour but d’informer ses lecteurs en toute simplicité.
Seulement, le journal pourrait avoir des similitudes avec Rimbaud. En effet, si Rimbaud n’avait pas été un poète, il aurait pu écrire des ‘coups de gueule’ dans un journal afin d'exprimer sa haine envers les bourgeois qu’il trouve médiocres, profiteurs et insouciants du conflit franco-prussien.
Le journal populaire
Il le fait à plusieurs reprises comme dans le poème A la musique : “Sur la place taillée en mesquine pelouse, Square où tout est correct, les arbres et les fleurs, Tous les bourgeois poussifs qu’étranglent les chaleursPortent les jeudis soir, leurs bêtises jalouses”. Les journaux retranscrivent rapidement l’actualité quotidienne mais importante, de façon éphémère. Ce qui se rapproche du fait que Rimbaud trouve le monde bourgeois ennuyeux et monotone et veut donc voyager et être dans la nature, à s’échapper de la monotonie de la vie. Pour y échapper, Rimbaud n’hésite pas à fuguer de chez lui à plusieurs reprises partout et nul part à la fois, profitant du temps présent comme dans Ma bohème par exemple : “Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;Mon paletot aussi devenait idéal”Nous pouvons donc, à travers ce journal, voir l'émancipation créatrice de Rimbaud, qui, avec ses poèmes retranscrit le désir de fuguer, profitant de ces instants comme la philosophie d' Horace : Carpe Diem.
La collection d'oeuvre classique
On le sait, Rimbaud est un jeune poète qui s’inspire de ses pairs pour écrire. Mais ces écrits ne ressemblent pas toujours aux textes qui les ont inspirés pour autant. Des ouvrages classiques de ceux que l’on pourrait voir comme des maîtres de la littérature représentent une bonne symbolique de l’émancipation créatrice du jeune Rimbaud. Le poète s’inspire, certes, des récits de Shakespeare, Molière ou bien Hugo, mais les transpose dans un nouveau genre, imagine des suites ou parodie. Ainsi, Rimbaud utilise le personnage d’Ophélie, créé par Shakespeare pour la pièce Hamlet, et transpose son histoire en poésie, se détachant de l’original. L’écrivain reprend également un poème de François Villon, La Ballade des Pendus, et en fait un pastiche sobrement intitulé Le Bal des Pendus. Mais ici, Rimbaud ne fait que s’inspirer d’un poème du XVe siècle, il s’inspire du poème morbide d’un auteur sombre à une époque à laquelle le thème abordé est inconvenant. Rimbaud se libère donc, avec ce poème, des conventions sociales de son époque, et de la société elle-même. Dans Les Châtiments de Tartufe, le poète imagine également sa propre suite, officieuse, pour Le Tartuffe de Molière, dans un nouveau genre. Dans ses poèmes, le jeune Rimbaud s’inspire ainsi d’autres auteurs pour écrire quelque qui reflète son admiration pour ses pairs et sa volonté d’innover tout en leur faisant hommage. Les œuvres de grands poètes de son époque et des siècles précédents est le symbole de l’inspiration créatrice de Rimbaud, qui finit par mettre en lumière son émancipation.
La boussole démagnétisée
Rimbaud a un esprit très libre et insouciant, pour qui, une destination précise n’est pas nécessaire lorsqu’il fugue. Une boussole démagnétisée pourrait donc bien représenter cette volonté et cette possibilité, pour l’auteur, d’être partout sans chercher à se trouver quelque part. Une boussole démagnétisée n’indique pas de direction précise, ce qui s’accorde parfaitement avec l’idée d'errance, de vagabondage et de bohème que l’on retrouve souvent dans les textes du poète. Comme par exemple dans Ma Bohème, poème dans lequel Rimbaud se montre sous une figure d’errance, il va “sous le ciel”, ne désignant aucune direction, aucune position précise, à part la possibilité d’être partout et perdu, et de justement se trouver ainsi, comme il le ferait avec une boussole n’indiquant pas le Nord. Nous retrouvons également cette errance sans repère ni tentative visible d’en trouver dans la grande variété d’endroits décrits par Rimbaud, qui se trouve tantôt “sous le ciel”, tantôt Au Cabaret Vert, une autre fois “en wagon” dans Rêvée pour l’hiver, ou encore dans “un trou de verdure où chante une rivière”. Et c’est en partie ainsi que se manifeste l’émancipation créatrice de Rimbaud, à travers l’absence de repère et l’omniprésence de bonnes directions en l’absence de réelle destination.
La plume d'oiseau
La plume d’oiseau représente quant à elle le désir d’émancipation littéraire d’Arthur Rimbaud. En effet, celui-ci prend des libertés en utilisant des sujets anti-poétiques. C’est le cas lorsqu’il évoque son “unique culotte” dans Ma Bohème ou quand il parle d’un boulanger dans Les Effarés : “le boulanger au gras sourire chante un vieil air”. Rimbaud se permet également d’inventer de nouveaux mots comme “patrouillotisme” dans sa lettre à Paul Demeny ou encore “robinsonner”, qui signifie “vagabonder”, dans Roman. Il se différencie aussi par son emploi de vocabulaire familier avec des mots tels que “Pioupiou” et “pitou” dans L’éclatante victoire de Sarrebrück ou bien des “bocks” dans Roman. Il y a également une sur-utilisation d’interjections et de signes de ponctuation qu’on peut observer dans les poèmes Ma Bohème et Bal des pendus : “Oh! là! là!” (Ma Bohème), “Hurrah!” (Bal des pendus).Cette plume d’oiseau symbolise la liberté, qui est en quelque sorte une caractéristique de ces animaux, de l’écriture de Rimbaud.
Le cavalier du jeu d'échec
Rimbaud pourrait posséder un cavalier d’échecs dans sa valise pour montrer son émancipation. En effet le cavalier est une pièce qui n’avance pas en ligne, de manière directe, mais qui se déplace en L, qui pourrait représenter la manière détournée avec laquelle Rimbaud nous touche dans sa poésie, en utilisant le langage familier, par des contres blasons ou encore par de la trivialité. Par exemple, dans Vénus Anadyomène, Rimbaud compare la naissance de Vénus avec une femme qui sort de sa baignoire, qu’il assimile en plus à un animal. “Comme d’un cercueil vert en fer blanc, une tête De femme à cheveux bruns fortement pommadés D’une vieille baignoire émerge, lente et bête, Avec des déficits assez mal ravaudés ;” Mais aussi “Le col”, “le dos court”, “la graisse”, “l’échine”.
En faisant cela il trivialise Vénus et en effectue un contre blason. L’analogie entre la femme et l’animal est elle familière.
“Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
Belle hideusement d’un ulcère à l’anus.”
Cela montre l’émancipation créatrice de Rimbaud, qui nous touche par une poésie détournée, tel un cavalier qui attaque une pièce sans se soucier des règles établies.
valise à Rimbaud
LE-JOSSE Heloise
Created on May 4, 2024
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Transcript
Dans la valise d'Arthur Rimbaud...
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Dans la valise d'Arthur Rimbaud...
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Le journal populaire
Un journal ayant des sujets d’actualités divers et variés peut symboliser les poèmes de Rimbaud. En effet, dans son recueil, plusieurs thèmes s’y prêtent : des poèmes de l’adolescence comme Première soirée ou Roman, des poèmes sur des sensations réelles ou rêvées avec Sensations ou encore Soleil et Chair tout en passant par des poèmes politiques et révoltés avec par exemple Bal des pendus ou Le Dormeur du Val. Le journal met en évidence la marginalisation de Rimbaud par rapport à la société qui l’entoure. Nous pouvons apercevoir également un contraste entre Rimbaud et un journal : Rimbaud, lui, cherche à s’émanciper et braver les codes traditionnels de la poésie tandis qu’un journal a seulement pour but d’informer ses lecteurs en toute simplicité. Seulement, le journal pourrait avoir des similitudes avec Rimbaud. En effet, si Rimbaud n’avait pas été un poète, il aurait pu écrire des ‘coups de gueule’ dans un journal afin d'exprimer sa haine envers les bourgeois qu’il trouve médiocres, profiteurs et insouciants du conflit franco-prussien.
Le journal populaire
Il le fait à plusieurs reprises comme dans le poème A la musique : “Sur la place taillée en mesquine pelouse, Square où tout est correct, les arbres et les fleurs, Tous les bourgeois poussifs qu’étranglent les chaleursPortent les jeudis soir, leurs bêtises jalouses”. Les journaux retranscrivent rapidement l’actualité quotidienne mais importante, de façon éphémère. Ce qui se rapproche du fait que Rimbaud trouve le monde bourgeois ennuyeux et monotone et veut donc voyager et être dans la nature, à s’échapper de la monotonie de la vie. Pour y échapper, Rimbaud n’hésite pas à fuguer de chez lui à plusieurs reprises partout et nul part à la fois, profitant du temps présent comme dans Ma bohème par exemple : “Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;Mon paletot aussi devenait idéal”Nous pouvons donc, à travers ce journal, voir l'émancipation créatrice de Rimbaud, qui, avec ses poèmes retranscrit le désir de fuguer, profitant de ces instants comme la philosophie d' Horace : Carpe Diem.
La collection d'oeuvre classique
On le sait, Rimbaud est un jeune poète qui s’inspire de ses pairs pour écrire. Mais ces écrits ne ressemblent pas toujours aux textes qui les ont inspirés pour autant. Des ouvrages classiques de ceux que l’on pourrait voir comme des maîtres de la littérature représentent une bonne symbolique de l’émancipation créatrice du jeune Rimbaud. Le poète s’inspire, certes, des récits de Shakespeare, Molière ou bien Hugo, mais les transpose dans un nouveau genre, imagine des suites ou parodie. Ainsi, Rimbaud utilise le personnage d’Ophélie, créé par Shakespeare pour la pièce Hamlet, et transpose son histoire en poésie, se détachant de l’original. L’écrivain reprend également un poème de François Villon, La Ballade des Pendus, et en fait un pastiche sobrement intitulé Le Bal des Pendus. Mais ici, Rimbaud ne fait que s’inspirer d’un poème du XVe siècle, il s’inspire du poème morbide d’un auteur sombre à une époque à laquelle le thème abordé est inconvenant. Rimbaud se libère donc, avec ce poème, des conventions sociales de son époque, et de la société elle-même. Dans Les Châtiments de Tartufe, le poète imagine également sa propre suite, officieuse, pour Le Tartuffe de Molière, dans un nouveau genre. Dans ses poèmes, le jeune Rimbaud s’inspire ainsi d’autres auteurs pour écrire quelque qui reflète son admiration pour ses pairs et sa volonté d’innover tout en leur faisant hommage. Les œuvres de grands poètes de son époque et des siècles précédents est le symbole de l’inspiration créatrice de Rimbaud, qui finit par mettre en lumière son émancipation.
La boussole démagnétisée
Rimbaud a un esprit très libre et insouciant, pour qui, une destination précise n’est pas nécessaire lorsqu’il fugue. Une boussole démagnétisée pourrait donc bien représenter cette volonté et cette possibilité, pour l’auteur, d’être partout sans chercher à se trouver quelque part. Une boussole démagnétisée n’indique pas de direction précise, ce qui s’accorde parfaitement avec l’idée d'errance, de vagabondage et de bohème que l’on retrouve souvent dans les textes du poète. Comme par exemple dans Ma Bohème, poème dans lequel Rimbaud se montre sous une figure d’errance, il va “sous le ciel”, ne désignant aucune direction, aucune position précise, à part la possibilité d’être partout et perdu, et de justement se trouver ainsi, comme il le ferait avec une boussole n’indiquant pas le Nord. Nous retrouvons également cette errance sans repère ni tentative visible d’en trouver dans la grande variété d’endroits décrits par Rimbaud, qui se trouve tantôt “sous le ciel”, tantôt Au Cabaret Vert, une autre fois “en wagon” dans Rêvée pour l’hiver, ou encore dans “un trou de verdure où chante une rivière”. Et c’est en partie ainsi que se manifeste l’émancipation créatrice de Rimbaud, à travers l’absence de repère et l’omniprésence de bonnes directions en l’absence de réelle destination.
La plume d'oiseau
La plume d’oiseau représente quant à elle le désir d’émancipation littéraire d’Arthur Rimbaud. En effet, celui-ci prend des libertés en utilisant des sujets anti-poétiques. C’est le cas lorsqu’il évoque son “unique culotte” dans Ma Bohème ou quand il parle d’un boulanger dans Les Effarés : “le boulanger au gras sourire chante un vieil air”. Rimbaud se permet également d’inventer de nouveaux mots comme “patrouillotisme” dans sa lettre à Paul Demeny ou encore “robinsonner”, qui signifie “vagabonder”, dans Roman. Il se différencie aussi par son emploi de vocabulaire familier avec des mots tels que “Pioupiou” et “pitou” dans L’éclatante victoire de Sarrebrück ou bien des “bocks” dans Roman. Il y a également une sur-utilisation d’interjections et de signes de ponctuation qu’on peut observer dans les poèmes Ma Bohème et Bal des pendus : “Oh! là! là!” (Ma Bohème), “Hurrah!” (Bal des pendus).Cette plume d’oiseau symbolise la liberté, qui est en quelque sorte une caractéristique de ces animaux, de l’écriture de Rimbaud.
Le cavalier du jeu d'échec
Rimbaud pourrait posséder un cavalier d’échecs dans sa valise pour montrer son émancipation. En effet le cavalier est une pièce qui n’avance pas en ligne, de manière directe, mais qui se déplace en L, qui pourrait représenter la manière détournée avec laquelle Rimbaud nous touche dans sa poésie, en utilisant le langage familier, par des contres blasons ou encore par de la trivialité. Par exemple, dans Vénus Anadyomène, Rimbaud compare la naissance de Vénus avec une femme qui sort de sa baignoire, qu’il assimile en plus à un animal. “Comme d’un cercueil vert en fer blanc, une tête De femme à cheveux bruns fortement pommadés D’une vieille baignoire émerge, lente et bête, Avec des déficits assez mal ravaudés ;” Mais aussi “Le col”, “le dos court”, “la graisse”, “l’échine”. En faisant cela il trivialise Vénus et en effectue un contre blason. L’analogie entre la femme et l’animal est elle familière. “Et tout ce corps remue et tend sa large croupe Belle hideusement d’un ulcère à l’anus.” Cela montre l’émancipation créatrice de Rimbaud, qui nous touche par une poésie détournée, tel un cavalier qui attaque une pièce sans se soucier des règles établies.