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Transcript
Les phases et les formes dela Première Guerre mondiale
1914 : La bataille de la Marne
GROUPE 1
Troupes allemandes en août 1914
La bataille de la Marne (5-12 septembre 1914)
Le plan Schlieffen est mis au point en 1905 dans l’éventualité où l'Allemagne devait à la fois se battre contre les franco-britanniques à l'ouest et contre les Russes à l'est. Il pariait sur une mobilisation lente des armées russes, mais nécessité donc d’écraser les franco-britanniques pendant ce délai. Les troupes allemandes devaient passer par la Belgique, bousculer les troupes françaises, et encercler Paris.
Les « taxis de la Marne »
Les taxis parisiens que l'on aperçoit n'ont amené que 4000 soldats sur le front. Mais l'épisode est largement popularisé, participant du mythe des « taxis de la Marne » sauvant Paris. L’armée allemande est à 25 km de Paris, mais elle n’a pas les troupes suffisantes pour envahir la capitale. Elle tente de contourner la capitale par le sud-est pour encercler les troupes françaises, mais la reconnaissance aérienne va jouer un rôle primordial. L’armée française se déplace rapidement grâce au réseau de chemin de fer (les taxis de la Marne jouent un rôle surtout symbolique) et attaque le flanc de l’armée allemande. C’est l’échec du plan Schlieffen.
Joffre¹ et la contre-offensive française
« L'armée d'invasion descendait vers le sud ; son aile droite allait trouver Paris sur son chemin [...] mais dans cette situation embarrassante pour nous, [les Allemands] commirent une grave erreur d'appréciation. Ils ne soupçonnèrent pas la manœuvre habile de notre général en chef, Joffre, et attribuèrent notre rapide recul à une démoralisation complète. Le 5 septembre, une fois nos lignes renforcées en prélevant des unités de l'Est et faisant appel à des corps de réserves, voyant l'ennemi engagé, Joffre prend le parti de passer à l'offensive. Ainsi commence, le 6 septembre, la bataille de la Marne. [...] Les Allemands, déconcertés par notre assaut général qu'ils n'avaient pas prévu, et au prix de pertes françaises considérables², opèrent une retraite générale le 9 septembre. Mais nos troupes, harassées par trois semaines de marches et de combats ininterrompus, ne sont plus en état de transformer la défaite en désastre [...]. » 1. Joseph Joffre (1852-1931), commandant en chef de l'armée française en 1914. 2. 105 000 morts français, 8 000 britanniques, 84 000 allemands du 5 au 12 septembre. « La victoire de la Marne », L'Illustration, 9 janvier 1915.
Les phases et les formes dela Première Guerre mondiale
1914 : La bataille de Tannenberg
GROUPE 2
Les conséquences de la guerre de mouvement
Tannenberg et le front de l’Est (26 août-15 septembre 1914)
Soldats russes faits prisonniers à la bataille de Tannenberg, Autriche, août 1914.
Les Allemands lancent une grande contre-offensive pour contrer l’offensive russe sur le front oriental. Le mouvement rapide des armées allemandes leur permet de prendre en tenaille la 2e armée russe, dont 93 000 soldats sont faits prisonniers.
Hindenburg vainqueur à Tannenberg
« En Prusse orientale, la hâte de nos alliés russes fut sans doute due à la nécessité d'atteindre immédiatement l'Allemagne sur son territoire national, pour alléger l'énorme pression que l'armée allemande exerçait sur le théâtre occidental. Du 17 au 21 août, l'armée russe, pénétrant de 150 km en territoire ennemi, répandit la panique parmi les populations qui commencèrent un exode en masse vers Berlin. Contre elle, le colonel-général Hindenburg¹, aujourd'hui maréchal, opposa des forces appuyées par de l'artillerie lourde² transportée rapidement des forteresses voisines par voies de chemin de fer. Il étreignit la 2e armée russe en l'enveloppant. Après un combat acharné, les Russes allaient battre en retraite mais 90 000³ restèrent prisonniers. La victoire remportée par Hindenburg avait été brillante d'un point de vue tactique [...]. Elle eut aussi un résultat stratégique qui fut d'obliger les Russes à évacuer promptement tout le territoire envahi. » 1. Paul von Hindenburg (1847-1934), commandant de l'armée allemande (8e armée) lors de la bataille de Tannenberg. 2. Les canons. 3. Il y eut plus de 30 000 Russes tués ou blessés, 92 000 prisonniers et 500 canons gagnés. « Que fait la Russie, que fera-t-elle ? », Les Cahiers de la guerre. Pourquoi nous serons vainqueurs, n° 5, 1914.
Le culte du maréchal Hindenburg
« Cette victoire contre des troupes russes décrites comme des hordes sauvages réactive la lutte séculaire des Germains civilisés contre les Slaves barbares. Elle est attribuée à la détermination des combattants allemands alliée à la compétence de leurs chefs. Obtenue dans une situation critique, elle permet enfin de mettre en scène une unité nationale qui aurait fait défaut cinq siècles plus tôt. La victoire de Tannenberg provoque plus qu'un soulagement : elle apparaît comme le lieu où la nation allemande a été sauvée. Il est vrai que Tannenberg est un tournant sur le front Est : l'armée tsariste s'en tient désormais à une attitude défensive de plus en plus précaire. Mais la bataille n'a pas eu d'effet décisif sur le cours de la guerre : elle a même sans doute contribué au coup d'arrêt porté à l'avancée allemande lors de la bataille de la Marne, en septembre 1914. Il reste que cette victoire renforce la confiance des Allemands dans les autorités militaires. Hindenburg est un héros et il est fait maréchal. En 1916, après les batailles de Verdun et de la Somme, lorsque l'empereur réorganise l'état-major, c'est à lui et à Ludendorff qu'il fait appel pour former le commandement suprême de l'armée. Le nouveau maréchal devient l'objet d'un véritable culte. Il prétend incarner l'unité nationale et le nom d'Hindenburg reste associé à une victoire, même après 1918. L'engouement qu'il suscite va dès lors de pair avec le refus de la défaite et la thèse d'une armée invaincue : c'est parce que l'idée du « coup de poignard dans le dos »¹ est appuyée par le héros de Tannenberg qu'elle peut gagner en audience. » 1. Légende, répandue notamment par les nazis, selon laquelle l'armée allemande serait restée invaincue sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, mais aurait été abattue par une trahison du pouvoir civil. Elise Julien, « A l’est, l’Allemagne gagne une bataille », lemonde.fr, le 09 juin 2014.
Les phases et les formes dela Première Guerre mondiale
1915 : L'offensive des Dardanelles
GROUPE 3
Un nouveau front en Orient
La bataille des Dardanelles
« SECRET 1. Russie. Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que la Russie envahisse l'Allemagne avec succès avant plusieurs mois [...]. 2. Front Ouest. Les lignes franco-anglaises à l'Ouest sont très fortes et ne peuvent pas être inversées. Nous sommes plus forts qu'au début de la guerre et les Allemands ont des forces moins importantes [...]. Prendre quelques divisions pour les envoyer à Gallipoli [presqu'île des Dardanelles] ne nous affaiblirait pas dangereusement. 3. Le seul point où l'initiative peut être saisie et maintenue, se situe en Orient. Avec la coopération militaire et navale appropriée et avec les forces disponibles, nous pouvons nous assurer de prendre Constantinople d'ici la fin mars et de capturer ou de détruire toutes les forces turques en Europe. Cela éliminera la Turquie en tant que facteur militaire [et ouvrira les détroits aux Russes]. » Arguments de Winston Churchill, Premier Lord de l'Amirauté, pour débattre devant le Conseil de guerre du 26 février 1915.
Après l'échec d'une attaque navale en mars 1915, les Alliés tentent un premier débarquement en avril, sur la péninsule de Gallipoli. Leur progression est rapidement bloquée. Un second débarquement en août dans la baie de Suvla ne parvient pas à modifier le rapport de force.
Des combats maritimes
Illustration du Supplément illustré du journal Corriere della sera, 11 avril 1917. L'image est sous titrée : « Le grand danger de la guerre navale : marins tentant de retirer les mines des Dardanelles sous les bombardements turcs. » Après l'échec d'une attaque navale, les Alliés tentent un premier débarquement en avril 1915, sur la péninsule de Gallipoli. Leur progression est rapidement bloquée. Un second débarquement en août 1915 dans la baie de Suvla ne parvient pas à modifier le rapport de force.
Des conditions de combat terribles
Les soldats alliés débarquent sur les plages. Mais ils sont exposés aux tirs des Turcs installés sur les collines. a. « Il y a des milliers de morts sur le terrain, ces morts sont des légionnaires, des Anglais ou Australiens, des Zouaves¹ ou des Sénégalais. Les milliers de cadavres qui pourrissent en plein air, à quelques mètres des tranchées, vont amener une épidémie de choléra. Il est impossible d'enterrer les morts car les Turcs descendent avec une impitoyable précision tout ce qui s'expose. Ce n'est pas une guerre, c'est une boucherie. » 1. Soldats algériens de l'armée française. Le conflit devient véritablement mondial avec des troupes venues de tous les continents puisqu'une bonne partie des soldats de l'Entente qui se battent face aux Turcs proviennent des colonies anglaises (Inde, Australie, Nouvelle Zélande) ou françaises (Maghreb, Afrique subsaharienne). Témoignage d'un légionnaire paru en Suisse dans La Revue, 25 juin 1915. b. « J'ai participé à beaucoup d'autres combats un peu partout dans le monde. Nulle part, je dis bien nulle part, je n'ai vu les cadres et les hommes souffrir de la guerre comme sur cette presqu'île de Gallipoli. Souffrance de toutes sortes, dévorés par la vermine, condamnés à boire une eau infecte, à vivre au milieu des cadavres, guerre impitoyable de jour et de nuit. Là, il n'était pas question de repli stratégique, car derrière, à droite et à gauche, était la mer, toujours la mer. » Caporal Mézig, Carnet personnel.
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1916 : La bataille de la Somme
GROUPE 4
L'analyse d'un journaliste
La bataille de la Somme
En novembre 1916, le journal français Le Siècle publie un compte rendu de la bataille de la Somme rédigé par un journaliste allemand. « La bataille de la Somme entre dans son cinquième mois ! […] Tantôt ces énormes hérissons au ventre bardé de fer, pleins de mitrailleuses et d'autres instruments de mort, se précipitent par-dessus les tranchées et franchissent tous les obstacles jusqu'à ce qu'un obus allemand leur ait assené le coup mortel ; tantôt les obus à gaz asphyxiants, tantôt les insignifiants minenwerfer1, qui sont particulièrement actifs ; tantôt le trommelfeuer2, ou bien alors le tir à longue portée, sur des localités situées loin derrière le front3 ; tantôt des attaques en masse de l'infanterie et parfois même une concentration hasardeuse de cavalerie. Et le résultat final ? On gagne quelques centaines de mètres dans les dernières semaines, mais notre position reste absolument inébranlable…» 1. Lance-mines. 2. Pilonnage. 3. Côté allemand, les premières lignes sont doublées, un kilomètre en arrière, d'un second système de tranchée, qui empêche toute percée rapide. Le Siècle, 20 novembre 1916.
Du 25 juin au 1er juillet 1916 à l’aube, 1 437 canons britanniques installés tous les 18 mètres martèlent jour et nuit les positions allemandes en projetant 1 508 652 obus. Le 1er juillet 1916, l’offensive fait plus de 21 000 morts du côté britanniques (c'est le jour le plus meurtrier de l’histoire militaire britannique). Du côté français, l’assaut s’est déroulé comme prévu et les pertes totales de la journée sont d’environ 1 500 tués et blessés. Les objectifs de cette offensive franco-britannique ne sont pas les mêmes chez les deux alliés. Il s’agit de réaliser une percée pour les Britanniques et d’obliger les Allemands à diminuer leur pression sur Verdun pour les Français.
La guerre de tranchées
De nouvelles armes meurtrières
John Warwick Brooke, soldat britannique occupant une tranchée allemande à Ovillers-la-Boisselle (Somme) en juillet 1916, Imperial War Museums. Cette guerre de position meurtrière entraîne l’usure et la lassitude des combattants durant la bataille de la Somme. Le bilan humain est un des plus lourds du conflit avec 443 000 morts et disparus, dont 206 000 pour l’armée britannique et 170 000 pour les Allemands.
Un char anglais Mark I traverse une tranchée anglaise à proximité de Thiepval lors de la bataille de la Somme, 25 septembre 1916. Le conflit, qui s'enlise dès l'automne 1914, devient une guerre de tranchées longue et violente, du fait de la puissance de feu inédite dont disposent les armées. La bataille de la Somme est marqué par l' expérimentation des premiers chars d’assaut.
Les phases et les formes dela Première Guerre mondiale