Le modèle britannique et son influence
Le modèle britannique et son influence
INTRODUCTION
L'Amérique du Nord en 1763
Les régimes politiques en Europe au milieu du XVIIIème siècle
Magna Carta, 1215
Copie de 1225, British Library, Londres
Le modèle britannique et son influence
INTRODUCTION
Au XVIIème siècle, dans une Europe majoritairement absolutiste, l'Angleterre apparaît comme une exception : depuis l'adoption de la Grande Charte (Magna Carta) en 1215, la monarchie y est limitée et le roi doit gouverner avec un parlement. Ce particularisme se renforce au cours du siècle quand, après deux révolutions en 1649 et en 1688, l’Angleterre, devenue Royaume-Uni en 1707, devient progressivement une monarchie parlementaire.
Cependant, comme tout modèle qui diffuse ses influences, l’Angleterre connaît aussi des limites et des contestations aussi bien en Europe que dans les territoires qu’elle a conquis. Ainsi dans les Treize Colonies nord américaines, cette réflexion nourrit un désir d'indépendance, qui se cristallise en 1776 : la guerre civile débouche sur la naissance d'un nouveau pays, les États Unis d'Amérique.
Ce régime politique original ainsi que le dynamisme économique, l’expansion coloniale et les transformations sociales et culturelles que connait le pays au XVIIIème siècle en font un modèle (c’est à dire une référence à imiter) pour les philosophes des Lumières qui réfléchissent à la répartition des pouvoirs et aux droits individuels. En vantant les mérites de ce régime, ils peuvent aussi critiquer en creux la monarchie absolue et la société d’ordres de la France.
Le modèle britannique et son influence
> Comment s’est construit le modèle britannique (XVIIème - début XVIIIème siècle) et comment a-t-il influencé les Lumières et les fondateurs des Etats-Unis d’Amérique ?
SOMMAIRE
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentativeA) Le rejet de la monarchie absolue B) De la monarchie tempérée à la monarchie parlementaire C) L’Angleterre et son influence après 1689 II. La naissance des Etats-Unis d’AmériqueA) La Révolution américaine B) La naissance d’un nouveau régimeC) Imperfections et répercussions de la révolution américaine
PPO1
PPO2
PPO3
Conclusion
Le modèle britannique et son influence
I.
La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
> Comment naît en Angleterre un nouveau type de régime politique ?
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
A. Le rejet de la monarchie absolue
1. Le pouvoir royal et le Parlement
La monarchie anglaise au début du XVIIème siècle
Bill : loi votée par le Parlement.
Charles Ier (1625-1649)
Une union entre quatre nations
Daniel Mytens, huile sur toile, 1631, National Portrait Gallery, Londres
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
A. Le rejet de la monarchie absolue
2. La première révolution anglaise (1642‑1649)
Deux conceptions irréductibles
Jacques Ier Stuart, Discours de Whitehall, 1610.
Les rois sont appelés dieux à juste titre parce qu'ils exercent sur terre une sorte de pouvoir divin ou qui y ressemble [ ... ]; ils ont le pouvoir d'élever et d'abaisser, de vie et de mort, juges qu'ils sont de tous leurs sujets [ ... ], et n'ayant de comptes à rendre à personne si ce n'est à Dieu seul. [ ... ] Je ne me satisferais jamais de ce que l'on discute mon pouvoir mais je serais toujours désireux d'exposer la raison de mes actes [ ... ]. Mais dans le domaine des revendications, je souhaiterais [ ... ] que vous ne vous mêliez pas des principaux objets du gouvernement : c'est là mon ouvrage [ ... ], s'en mêler serait me diminuer. Je suis à présent roi d'ancienne date [ ... ], on n'a pas à m'apprendre les devoirs de ma charge.
Le roi s'adresse aux parlementaires reunis au palais royal de Whitehall le 21 mars 1610.
b. Le Parlement demande le retour de la monarchie limitée
Les Lords et les Communes réunis en Parlement exposent humblement au Roi notre Souverain Seigneur [ ... ] que par les [ ... ] bonnes lois et statuts du royaume, vos sujets ont hérité de ce privilège de n'être point contraints de contribuer à aucune taxe, taille, aide ou toute autre imposition similaire, qui n'ait été établie par consen tement collectif en un parlement; [ ... ] Et que [ ... ] il a été déclaré et promulgué parautorité du Parlement que nul, de quelque état et condition qu'il soit, ne doit être expulsé de sa terre ou de ses domaines, ni appréhendé, ni emprisonné, ni dépossédé, ni mis à mort, sans avoir été amené à se justifier par voies de droit.
a. Jacques Ier défend la monarchie absolue
En 1628, les parlementaires adressent à Charles Ier Stuart une pétition demandant la restriction des droits du monarque.
Petition of Right (Pétition des droits), 27 mai 1628.
La guerre civile anglaise (1642-1651)
Oliver Cromwell (1653-1658)
Robert Walker, huile sur toile, v. 1649, National Portrait Gallery, Londres.
L’exécution de Charles Ier
Cromwell est le principal commandant de la « New Model Army», l'armée du Parlement. Après l'exécution du roi en 1649, il établit le grouvernement républicain d'Angleterre. Face au désordre, il prend en 1653 le titre de Lord-protecteur et met en place une dictature jusqu'à sa mort.
Peintre hollandais anonyme, huile sur toile, 1649, Scottish National Gallery, Edimbourg
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
A. Le rejet de la monarchie absolue
3. La Glorieuse révolution (1688‑1689)
Guillaume d'Orange et Marie acceptent le Bill of Rights
Guillaume III débarquant à
Brixham, Torbay, le 5 novembre 1688
James Northcote, huile sur toile, 1827, Londres, Parliament Collections
Jan Wyck, huile sur toile, 1688, National Maritime Museum, Londres
Un courtisan agenouillé
présente la couronne
d'Angleterre à Guillaume
d'Orange et à sa femme
Marie. Un homme de loi tient
le texte du Bill of Rights.
Charles II (1660-1685)
Les Tories et les Whigs tirent la couronne à la corde
Thomas Hawker, huile sur toile, v. 1680, National Portrait Gallery, Londres
Anonyme, 1789, Lewis Walpole Library, Université de Yale
La tentation de l'absolutisme
Gilbert Burnet, historien écossais (1643-1715), Histoire de mon temps (publié en 1724 par son fils).
Il ne se regarderait pas comme roi, disait-il, tant que des individus réunis en Assemblée s'occuperaient de ses affaires et éplucheraient ses comptes et les actes de ses ministres [ ... ]. Lorsqu'il parlait sans contrainte, il ne pouvait s'empêcher de se prononcer contre la liberté que se donnait tout le monde d'examiner les matières de religion, car de l'examen des matières religieuses, on passe à celles des matières politiques. Ses observations sur le gouvernement de France l'avaient amené à ce sentiment qu'un roi dont la puissance était limitée et dont les ministres étaient responsables devant un Parlement n'était roi que de nom.
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
B. De la monarchie tempérée à la monarchie parlementaire
1. L’Habeas Corpus et le Bill of rights
1679 et 1689 : l’Habeas corpus et le Bill of Rights
PPO1
En 1649, une première révolution éclate et aboutit à l'exécution du roi Charles Ier. Après une courte expérience républicaine, la monarchie est restaurée. En 1679, le parlement vote l'Habeas Corpus, limitant les pouvoirs du souverain en matière d'arrestations. En 1689, le Bill of Rights vient compléter ces dispositifs et garantit les libertés individuelles.
L'Habeas Corpus et le Bill of Rights
(1679, 1689)
Comment les Anglais obtiennent-ils la limitation du pouvoir royal et la garantie des libertés individuelles entre 1679 et 1689 ?
20 minutes
individuel
Habeas Corpus Act de 1679
John Bill, Henry Hills et Thomas Newcomb, 1681, Law Library, Library of Congress
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
B. De la monarchie tempérée à la monarchie parlementaire
1. L’Habeas Corpus et le Bill of rights
1679 et 1689 : l’Habeas corpus et le Bill of Rights
PPO1
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
B. De la monarchie tempérée à la monarchie parlementaire
1. L’Habeas Corpus et le Bill of rights
1679 et 1689 : l’Habeas corpus et le Bill of Rights
PPO1
Bilan du PPO : A partir de la restauration de 1660, la monarchie anglaise est tempérée (ou limitée) : le roi partage une partie de ses pouvoirs avec le Parlement.En 1679, celui-ci vote la loi d'Habeas corpus : toute personne arrêtée même par ordre du roi doit être conduite devant un juge. Cette loi rend impossibles les emprisonnements arbitraires, c'est-à-dire sans raison juridique, et limite le pouvoir royal.En 1689 le Parlement impose le Bill of Rights à Guillaume III pour accéder au trône. Ce texte réduit les pouvoirs du roi au profit du Parlement et affirme la séparation des pouvoirs entre la monarchie et le Parlement. Désormais la loi s'impose au roi et le Parlement, siégeant à Westminster, détient la réalité du pouvoir. Les libertés fondamentales (expression, pétition, vote...) sont définitivement instaurées.
Habeas Corpus Act de 1679
John Bill, Henry Hills et Thomas Newcomb, 1681, Law Library, Library of Congress
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
B. De la monarchie tempérée à la monarchie parlementaire
2. L’affirmation des droits du Parlement
L'Acte d'établissement
Act of Settlement, 10 février 1701
Pour maintenir plus sûrement la succession de la Couronne dans la ligne protestante, Nous, les Lords spirituels et temporels et les Communes assemblés en ce présent Parlement, supplions Votre Majesté qu’il soit établi que la très excellente princesse Sophie, électrice et duchesse de Hanovre1, soit déclarée être la plus prochaine dans la succession protestante à la Couronne d’Angleterre […]. Que toutes personnes qui hériteront et pourront hériter de la Couronne […] qui auront communion avec l’Église de Rome ou qui se marieront à des papistes, seront déclarées inaptes […]. Que quiconque viendra à la possession de cette couronne se conformera à la communion de l’Église anglicane, ainsi qu’elle est établie par les lois […]. Que tous les rois et reines qui monteront sur le trône de ce royaume, doivent le gouverner conformément aux lois2.
1. Si la reine Anne n’a pas d’enfants. 2. À la Déclaration des droits.
Le texte du Parlement s’adresse au roi d’Angleterre Guillaume III,
qui doit le valider.
L'évolution du régime politique (1689-1715)
L'Acte d'Union, 1707
Gravure, 1809
Le duc de Queensbury présente
l'Acte d'Union de 1707
à la reine Anne.
Lors de cet Acte d'Union,
voulu par le parti whig,
les deux royaumes
d'Angleterre et d'Écosse
sont réunis l'un à l'autre,
avec un seul roi, mais
aussi un seul Parlement,
où entrent 45 députés
écossais.
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
B. De la monarchie tempérée à la monarchie parlementaire
3. Un nouveau modèle politique
Les institutions anglaises à la fin du XVIIIème siècle
William Pitt s'adressant à la Chambre des Communes en 1793
Georges Ier (1714-1727)
Anton Hickel, huile sur toile, 1793-1795, National Portrait Gallery, Londres
Godfrey Kneller, huile sur toile, 1714, National Portrait Gallery, Londres
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
C. L'Angleterre et son influence après 1689
1. L’essor colonial et commercial
L'expansion coloniale et les routes du commerce (1600-1750)
Un coffee house à Londres vers 1700
Aquarelle sur papier,
XVIIIème siècle, école anglaise,
collection privée.
Fréquentés par
les classes aisées ou
moyennes les coffee‑houses se multiplient à Londres après 1670. Ce sont des lieux publics où se retrouvent hommes d'affaires, journalistes, négociants, armateurs, agents d'assurance, etc. On y distribue des journaux et des pamphlets. Certaines accueillent des scientifiques pour des conférences.
La bourse de Londres dans la City
Les docks de Londres
Gravure de Thomas
Bowles, v. 1750. La City est le
quartier d’affaires
avec la Bourse, la
banque d’Angleterre
(fondée en 1694),
les compagnies
d’assurance maritime
(la Lloyd’s) et les
sièges des sociétés
de commerce.
Samuel Scott, 1757, V&A, Londres. Au début du XVIIIème
siècle, Londres réalise 80% des
importations anglaises et 70% des exportations.
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
C. L'Angleterre et son influence après 1689
2. L’influence britannique sur les Lumières
Voltaire et la publication des Lettres philosophiques ou Lettres anglaises
PPO2
François-Marie Arouet dit Voltaire est un écrivain français, auteur de poèmes, de récits, de tragédies, d’ouvrages historiques et philosophiques. Adversaire du cléricalisme et de l’intolérance religieuse, il défend le droit des hommes au bonheur et exerce un eprofonde influence sur le mouvement des Lumières. Resté célèbre pour son esprit critique, sa plume acérée et son engagement, il incarne, le premier, le modèle de l'intellectuel engagé. En 1726 il est embastillé suite à une altercation avec un noble. Libéré à condition de s’exiler, il se rend alors en Angleterre, où il séjourne entre 1726 et 1728. Il y publie en 1733 les Lettres philosophiques. Il est aussi célèbre pour ses contes philosophiques Zadig ou la Destinée (1748) et Candide ou l'Optimisme (1759).
Voltaire
(1694- 1778)
Comment l'éloge de l'Angleterre permet-il à Voltaire de remettre en question l'absolutisme ?
20 minutes
individuel
Portrait de Voltaire
Détail d’après Maurice-Quentin de La Tour Pastel sur papier, v. 1736, Château de Voltaire, Ferney
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
C. L'Angleterre et son influence après 1689
2. L’influence britannique sur les Lumières
Voltaire et la publication des Lettres philosophiques ou Lettres anglaises
PPO2
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
C. L'Angleterre et son influence après 1689
2. L’influence britannique sur les Lumières
Voltaire et la publication des Lettres philosophiques ou Lettres anglaises
PPO2
Bilan du PPO : Dans une Europe majoritairement absolutiste, l’Angleterre offre l’image d’un pays libre où le régime d’absolutisme et d’intolérance a été détruit. Après les révolutions du XVIIème siècle, les débats politiques au Parlement ou dans les cafés ainsi que la prospérité économique interpellent les étrangers.Les Lumières françaises voient dans ce régime un modèle de gouvernement équilibré et favorable aux libertés. Voltaire (1694-1778), qui y a vécu trois ans, publie les Lettres philosophiques ou Lettres anglaises en 1733. Il y vante les mérites du modèle politique, économique et social anglais qu’il présente comme supérieur au modèle français. En 1748, Montesquieu (1689-1755) publie De l’esprit des lois. Il insiste sur la nécessité de séparer les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, comme en Angleterre, alors qu’en France, ils sont concentrés dans les mains du roi. Dans les deux cas, en vantant les mérites du modèle anglais, les Lumières critiquent implicitement la monarchie absolue française.
Portrait de Voltaire
Détail d’après Maurice-Quentin de La Tour Pastel sur papier, v. 1736, Château de Voltaire, Ferney
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
C. L'Angleterre et son influence après 1689
2. L’influence britannique sur les Lumières
Bleu, couleur des tories.
Orange qui remplace le vert,
couleur des whigs.
Aveugle qui monte les marches.
Mourant amené à bras d'hommes.
Personne souffrant d'un handicap
mental influencée par les
représentants des candidats tories.
Un ancien combattant prête
le serment électoral avec un crochet
en métal et non sa main ce qui
provoque un débat entre les avocats
des candidats.
Britannia (allégorie de la Grande-
Bretagne) dont le carrosse est cassé.
Une satire des élections
Les institutions anglaises à la fin du XVIIIème siècle
William Hogarth, Le Scrutin, huile sur toile, 1755, Sir John Soane's Museum, Londres. Ce tableau, extrait d'une série intitulée « Humeurs électorales », souligne avec humour
la manipulation des élections anglaises.
Le vote est réservé à environ 200 000 electeurs propriétaires et bourgeois. Les femmes, les petits propriétaires, les artisans, les ouvriers, les pauvres en sont exclus.
Le modèle britannique et son influence
II.
La naissance des Etats-Unis d’Amérique
> Comment les Etats-Unis naissent-ils de la contestation du modèle britannique ?
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
A. La Révolution américaine
1. Le mécontentement des colonies
La population des colonies britanniques
Des revendications fiscales
Le massacre de Boston
Philip Dawe, Les Bostoniens paient le douanier, gravure, John Carter Brown Library, Providence. Un douanier britannique est passé au goudron et aux
plumes. et forcé à boire du thé bouillant. Sur le
Liberty Tree (arbre de la Liberté) est affiché le Stamp Act.
Cette loi suscite une telle colère que l'Angleterre l'abroge
en 1766.
Henry Pelham (dessin) et Paul Revere (gravure), Le massacre sanglant
perpétré dans King Street à Boston le 5 mars 1770, Boston, 1770.
Le 5 mars 1770, des soldats anglais, menaces par des
manifestants anti-taxes, tirent sur la foule, tuant sept
personnes. Cette image commémorative est imprimée
par Paul Revere, un patriote americain.
Les principales lois anglaises contestées par les colons
Taxation without representation is tyranny.
L'Amérique du Nord en 1763
La Boston Tea Party, le 16 décembre 1773
James Otis, 1765
Gravure de N. Currier, 1846, Yale
University Art Gallery, New Heaven.
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
A. La Révolution américaine
2. La déclaration d’indépendance
Congrès continental : assemblée de délégués élus des treize colonies chargés d'organlser la resistance aux contraintes commerciales imposées par l'Angleterre.
Les délégués des treize colonies déclarent l'indépendance des États-Unis
John Trumbull, huile sur toile, 1776, Yale University Art Gallery, New Heaven.En juin 1776, les délégués des treize colonies se réunissent en Congrès continental à Philadelphie pour rédiger et voter une déclaration d'indépendance. Le 4 juillet 1776, les cinq membres chargés de la rédaction présentent le document à John Hancock, président du Congrès, avant qu'il soit voté. De gauche à droite, John Adams, Roger Sherman, Robert Livingston, Thomas Jefferson et Benjamin Franklin.
Manuscrit original de la déclaration d'indépendance
National Archives, Washington, D.C. En raison des mauvaises conditions de conservation au XIXème siècle, le texte est aujourd'hui en grande partie effacé.
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
A. La Révolution américaine
3. La guerre d’indépendance
La reddition du général Burgoyne à Saratoga (17 octobre 1777)
John Trumbull, huile sur toile, 1821, Capitole, Washington D.C.
La guerre d'indépendance (1775-1783)
La Fayette et l'intervention française
Jean-Baptiste Le Paon, La Fayette à Yorktown, v. 1783, Lafayette College Art Collection, PA
À côté de La Fayette, le peintre a représentéJames Armistead, un esclave engagé dans le camp des Insurgents. Il fut affranchi en 1787 par l'assemblee de Virginie à la demande de La Fayette.
Patriotes (ou Insurgés) : colons américains en lutte pour l'indépendance des colonies.
La victoire de Yorktown (19 octobre 1781)
John Trumbull, huile sur toile, 1797, Yale University Art Gallery, New Heaven, CT
Lors de la bataille de Yorktown, les Anglais sont assiégés pendant trois semaines (du
28 septembre au 19 octobre 1781) par les troupes américains et françaises. Les Anglais vaincus défilent entre les troupes françaises du général Rochambeau et celles des Patriotes américains (à droite) commandées par
le général Washington.
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
A. La Révolution américaine
3. La guerre d’indépendance
Le traité de Paris (1783)
Extraits du traité de Paris, 3 septembre 1783.
Il a plu à la divine Providence d'inspirer au très puissant prince Georges III, par la grâce de Dieu roi de Grande-Bretagne, et aux États-Unis la volonté d'oublier tous lesmalentendus et les différends qui ont interrompu la bonne entente et l'amitié qu'ils souhaitent mutuellement restaurer, et d'établir une relation bénéfique et satisfaisanteentre les deux pays. Article premier.Sa Majesté Britannique reconnaît lesdits États-Unis comme des États indépendants, libres et souverains, et tant pour lui-même que pour ses héritiers et successeurs renonce à toute prétention au gouvernement, à la propriété et aux droits territoriaux sur ces États et sur toute partie des dits États. Article 2. Afin de prévenir toute dispute qui pourrait s'élever à l'avenir au sujet des frontières des dits États-Unis, il est convenu et déclaré par les présentes, ce [que] sera leurs frontières, à savoir qu'elles s'étendront à l'Ouest jusqu'au fleuve Mississipi. Article 7.Il y aura une paix solide et perpétuelle entre Sa Majesté Britannique et lesdits États, et entre les sujets de l'une et les citoyens des autres, c'est pourquoi toutes hostilités, soit en mer soit à terre, cesseront immédiatement.
Une guerre meutrière
La signature du traité de Paris (3 septembre 1783)
Benjamin West, huile sur toile, 1783, Winterthur Museum, Wilmington, DE
Le commissaire britannique ayant refusé de poser, le tableau ne fut jamais achevé.
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
B. La naissance d'un nouveau régime
1. La rédaction d'une constitution
La nécessité d'une nouvelle constitution
Rapport de Louis-Guillaume Otto, chargé d’affaires français de New York, 10 avril 1787.
L’insuffisance de la confédération [depuis 1777] et la nécessité de la refondre est si bien sentie que les États ont nommé sans délai des délégués chargés de s’assembler à Philadelphie pour convenir d’un système de gouvernement moins défectueux et moins précaire que celui qui existe en ce moment. Le Congrès n’est réellement qu’un fantôme de souveraineté dépourvu de pouvoirs […]. À Philadelphie, on n’aura jamais vu une assemblée plus respectable par les talents. Le général Washington et le Dr Franklin y sont appelés. Pendant la guerre, le papier-monnaie que le Congrès pouvait créer à l’infini, les subsides de la France, l’enthousiasme et le patriotisme des individus, les confiscations… lui donnaient une importance qui s’est évanouie au moment de la paix. Il s’agit donc désormais de donner au Congrès des pouvoirs coercitifs, des impôts considérables, une armée, le droit de régler le commerce de tous les États. Les États voudront-ils se dépouiller d’une partie de leur souveraineté ?
Début et fin de la Constitution des États-Unis (montage)
La Constitution est selon ses propres termes la « loi suprême du pays ».
Acceptée le 17 septembre 1787 par la convention de Philadelphie, elle
s'applique depuis le 4 mars 1789.
La constitution de 1787 : un Etat fédéral
Etat fédéral : État dans lequel les compétences sont partagées entre le gouvernement central (fédéral) et des entités autonomes (ici, les États).
Constitution : règles fondamentales qui définissent le régime politique d’un pays, le fonctionnement de ses institutions, et les droits et devoirs des citoyens.
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
B. La naissance d'un nouveau régime
2. L’organisation de la république fédérale
La constitution de 1787 : l'organisation des pouvoirs
Les dix premiers amendements (décembre 1791)
Georges Washington (Lansdowne Portrait)
Gilbert Stuart, huile sur toile, 1796, National Portrait Gallery, Washington D.C.
Le portrait a été réalisé à la fin du second mandat
de Washington. Depuis cette époque, les portraits
officiels des Présidents sont réalisés après leur
mandat et exposés à la Maison Blanche.
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
B. La naissance d'un nouveau régime
3. Georges Washington, premier président des Etats-Unis
George Washington, premier président des États-Unis
PPO3
Riche propriétaire virginien, soldat lors de la guerre de Sept Ans (1756‑1763), George Washington est nommé général des armées américaines par le Congrès en 1775. Menant avec habileté les troupes américaines jusqu'à la fin de la guerre d'Indépendance, il devient un héros national. Après avoir dirigé la Convention de Philadelphie qui se charge de rédiger la Constitution, il devient, en 1789, le premier président des États‑Unis. Il quitte le pouvoir en 1797 après deux mandats et s'éteint en Virginie en 1799.
George Washington
(1732- 1799)
Comment Washington accède-t-il à la fonction suprême et quels sont les grands axes de sa politique ?
A l'aide du dossier documentaire, complétez chaque sous-partie du plan : I. Washington, de la guerre d’Indépendance à la présidence (1776-1789) :A) Son rôle de 1776 à 1787B) Son élection et son investiture de 1789 II. Washington président (1789-1797) :A) Le rôle du président selon WashingtonB) Les deux grands axes de sa politique
20 minutes
A deux
Portrait de George Washington
Détail d’après Gilbert Stuart, huile sur toile, 1795, Harvard University Portrait Collection
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
B. La naissance d'un nouveau régime
3. Georges Washington, premier président des Etats-Unis
George Washington, premier président des États-Unis
PPO3
4. La conception du rôle du président
Adresse à la Chambre des représentants, 1794
Sur l’autorité du présidentL’autorité du pouvoir exécutif de notre pays est peut-être mieux définie que celle d’un autre État. J’ai eu et continuerai à avoir pour but de ne l’étendre, ni la diminuer en aucune occasion, à moins que je n’y sois forcé par des circonstances souverainement impérieuses.Sur l’usage du veto présidentielPar respect pour le Parlement, et estimant que cette conduite m’est dictée par une interprétation sage de la Constitution, j’appose ma signature à plusieurs bills qui sont pourtant contraires à mon propre jugement. Face à la Chambre qui veut débattre du traité avec l’Angleterre en 1794 Il est évident pour moi que le pouvoir de faire des traités a été exclusivement conféré au président procédant sur l’avis et avec le consentement du Sénat. Je remplis les devoirs de ma charge en protestant contre le principe soutenu par la Chambre des représentants et en refusant d’accéder à sa requête. [la Chambre cède]
Lettre à Edmond Pendleton, 1793
Lettre à Hamilton, 1794
Georges Washington (Lansdowne Portrait)
Gilbert Stuart, huile sur toile, 1796, National Portrait Gallery, Washington D.C.
Washington est representé à la manière des hommes politiqueseuropéens avec des objets symboliques des nouveaux Etats : l'épée, symbole du pouvoir exécutif que lui a accorde la constitution (livre
appuyé contre le pied du bureau). L'arc-en-ciel à l'arriere-
plan symbolise le retour à la paix et l'unité dans la diversité de la nouvelle nation Ce portrait représente l'image de George Washington chef d'une nouvelle nation, basée sur des textes écrits (la Constitution et les Lois) et sur l'histoire d'une Révolution. Il est celui d'un citoyen-président dans un régime républicain et démocratique, et non celui d'un monarque absolu. .
1. Washington accepte la présidence (14 avril 1789)
Lettre de George Washington à Charles Thomson, Mount Vernon, 14 avril 1789 in Library of Congress, George Washington Papers, série 2, 1754-89.
J’ai tellement l’habitude de respecter l’opinion de mes concitoyens, que la nouvelle qu’ils m’aient accordé à l’unanimité leurs suffrages ne me laisse guère de choix. Je ne peux manifester autrement ma sensibilité à cet honneur qu’en acceptant cette désignation. Alors que je mesure la difficulté de la tâche qui m’incombe, le fait de me sentir incapable de la mener à bien ne peut suffire à regretter mon choix. Tout ce que je peux promettre est d’accomplir avec zèle ce qui doit l’être.
Élu en mars, le Congrès des États-Unis désigne à l’unanimité
G. Washington président ; un émissaire est envoyé le lui annoncer dans s aplantation de Mount Vernon, où Washington s’était retiré. Il l’informe
de sa décision peu après.
6. La politique américaine définie par Washington
Extrait du testament ou « discours d’adieu » de George Washington, au Congrès et aux Américains à la fin de son second mandat, 19 septembre 1796.
L’unité du gouvernement est la base de votre indépendance, c’est le gage de votre tranquillité au dehors et au-dedans. C’est celui de votre sécurité, de votre prospérité et de cette liberté que vous appréciez tant […]. Il est d’une importance extrême que vous connaissiez combien votre bonheur individuel dépend de l’Union qui vous constitue en nation. Il faut que vous la chérissiez constamment, invariablement […]. À de très faibles différences près, vous avez la même religion, les mêmes coutumes, les mêmes mœurs, les mêmes principes politiques. Vous avez combattu et triomphé ensemble pour la même cause […]. Le maintien de l’Union doit être le principal objet des vœux de tout patriote américain […]. La règle de conduite que nous devons de plus nous appliquer à suivre à l’égard des nations étrangères est d’étendre nos relations de commerce avec elles et de n’avoir que le moins de relations politiques qu’il sera possible […]. L’Europe a des intérêts qui ne nous concernent aucunement ou qui ne nous touchent que de très loin […]. Pourquoi, unissant notre destinée à celle d’une nation européenne quelconque, sacrifierions-nous notre repos et notre félicité à l’ambition, à la rivalité des puissances de l’Europe ? Notre véritable politique est de n’avoir aucune alliance permanente avec n’importe quelle partie du monde étranger.
L'investiture de George Washington (30 avril 1789)
Ecole américaine, lithographie, 1899, Musée de la société historique de New York
George Washington, entouré par
les membres du Congrès, jure sur
la Bible de soutenir et de défendre
la Constitution dans le Federal Hall
de New York, le siège du Congrès
à cette époque.
3. Le serment d’investiture du Président
Constitution de 1787, Article II, Section 1.
Je jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de Président des États-Unis et dans toute la mesure de mes moyens de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des États-Unis.
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II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
B. La naissance d'un nouveau régime
3. Georges Washington, premier président des Etats-Unis
George Washington, premier président des États-Unis
PPO3
Bilan du PPO : Après ratification de la constitution par les États, un nouveau congrès, composé d’une Chambre des représentants et d’un Sénat, est réuni et procède, en 1789, à l’élection de Georges Washington comme 1er président des États-UnisRiche planteur de Virginie, devenu héro national pour son rôle dans la guerre d’indépendance, il est l’un des pères fondateurs de la nation. Durant ses deux mandats il apaise les tensions en agissant par ses actes et ses discours en tant que représentant de tous les citoyens américains. Il cherche à renforcer l’adhésion des Américains au gouvernement fédéral, et à défendre le rôle du président. Dans le domaine extérieur, il pacifie les relations avec l’Angleterre (traité de Londres, 1794) et défend des principes isolationnistes, seuls à même selon lui de préserver la paix et la prospérité des États-Unis. En 1791, la nouvelle capitale, où s'édifient Maison Blanche (palais présidentiel) et Capitole (pour le Congrès, en fonction à partir de 1800) prend son nom.
Portrait de George Washington
Détail d’après Gilbert Stuart, huile sur toile, 1795, Harvard University Portrait Collection
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
C. Imperfections et répercussions de la révolution américaine
1. Les limites de la république américaine
Une république imparfaite
Le déplacement des Indiens
Extrait d’un discours du Président Jackson au Congrès des États-Unis, Message sur l’état de l’Union, 6 déc. 1830
Je suis heureux d’annoncer au Congrès que la politique bienveillante du Gouvernement relative au déplacement des Indiens hors des zones d’établissement des Blancs, est sur le point d’aboutir. Deux importantes tribus [les Creek et les Choctaw, situés en Alabama et Géorgie] ont accepté les dispositions prévues pour leur déplacement, et il est probable que leur exemple amènera le reste des tribus à revendiquer les mêmes avantages […]. Les Indiens n’auront plus de contact direct avec les Blancs ; ils ne seront plus soumis au pouvoir des États et pourront rechercher le bonheur selon leurs propres voies et avec leurs propres institutions, si grossières soient-elles… Peut-être, peu à peu, seront-ils amenés à rejeter leurs sauvages coutumes et à constituer une communauté digne d’intérêt, civilisée et chrétienne.
Le droit des femmes américaines
Déclaration adoptée lors de la première Convention nationale sur les droits civils et politiques des femmes tenue à Seneca Falls (État de New York), 19-20 juillet 1848
L’homme a obligé la femme à se soumettre à ses lois, dans la conception desquelles elle n’a eu aucune voix. […] L’ayant privée de ce premier droit du citoyen, à savoir le droit de vote, la laissant ainsi sans représentation dans les assemblées législatives, il l’a opprimée de toutes parts. […] Dans le contrat de mariage, elle est obligée de promettre obéissance à son mari, qui devient, en théorie et en pratique, son maître, la loi lui donnant le pouvoir de la priver de liberté et de lui administrer des châtiments. […] Si elle est célibataire et propriétaire, il l’a taxée pour soutenir un gouvernement qui ne la reconnaît que lorsque sa propriété peut lui être profitable […]. Il a monopolisé presque tous les emplois profitables et de ceux qu’elle a le droit d’occuper, elle ne reçoit qu’une maigre participation. Il lui a dénié les facilités d’accès à une éducation complète, toutes les universités lui étant fermées
Le travail sous l’œil du contremaître
Benjamin Latrobe, aquarelle, 1798, The Maryland Historical Society, Baltimore, MD
Après l’indépendance, l’esclavage est aboli dans les États
du Nord. Mais il n’est pas interdit par la Constitution de 1787
et il augmente fortement dans le Sud, où les esclaves sont
surtout employés dans les plantations de coton. Washington lui même possédait plus de 300 esclaves à Mount Vernon.
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
C. Imperfections et répercussions de la révolution américaine
2. De la révolution américaine à la Révolution française ?
L'echo de la révolution américaine en France
Nicolas de Condorcet, De l'influence de la révolution d'Amérique sur l'Europe, 1786.
Il ne suffit pas que les droits du genre humain soient écrits dans les livres des philosophes. Il faut que l'homme ignorant ou faible puisse les lire dans l'exemple d'un grand peuple. L'Amérique nous a donné cet exemple. L'Acte qui a déclaré son indépendance est une exposition simple et sublime de ces droits sacrés et si longtemps oubliés [...].Le spectacle d'un grand peuple oùles droits de l'Homme sont respectés est utile à tous les autres [...].Il apprend que ces droits sont partout les mêmes [...]. Le spectacle de l'égalité qui règne dans les États- Unis, et qui en assure la paix et la prospérité, peut aussi être utile à l'Europe. Nous n'y croyons plus, à la verité, que la nature ait divisé la race humaine en trois ou quatre grands ordres [...]. Il est temps actuellement de se convaincre qu'une nation où règne l'égalité des droits soutiendra son gouvernement, si elle le croit bon, le changera quand elle le croira mauvais, et le corrigera lorsqu'elle le trouvera défectueux.
Benjamin Franklin reçu à la Cour de Versailles (1776)
Guerre d’Amérique et dépenses de l’État français
Anton Hohenstein, lithographie, 1823, Bibliothèque du Congrès, Washington D.C.
En 1776, après la Déclaration d'indépendance, le Congrès américain envoie trois délégués en France pour obtenir son aide contre l'Angleterre : Sileas Deane, Richard Lee et Benjamin Franklin, déjà célèbre pour se stravaux sur l'électricité. Ils séjournent à Paris, où les plus grands philosophes et scientifiques leur rendent visite,comme Voltaire, un véritable enthousiasme se développant pour la cause américaine. Franklin obtient ensuite une audience à la cour et il est reçu par Louis XVI et Marie Antoinette. Il formule alors officiellement la demande d'aide du Congrès américain au roi de France qui, décide d'envoyer en Amérique un corps expéditionnaire français dirigé par le lieutenant-général Rochambeau en 1780.
Le modèle britannique et son influence
Conclusion
Le modèle britannique et son influence
Conclusion
> Comment s’est construit le modèle britannique (XVIIème - début XVIIIème siècle) et comment a-t-il influencé les Lumières et les fondateurs des Etats-Unis d’Amérique ?
Au XVIIème siècle, après l’échec des tentatives absolutistes de Charles Ier et Jacques II, le Parlement limite les pouvoir des rois et fait de l’Angleterre une monarchie limitée puis parlementaire. La mise en place de la monarchie parlementaire permet de stabiliser la vie politique au Royaume-Uni en garantissant des droits et des libertés, mais elle fait au contraire naître des tensions à l’étranger. En Amérique d’abord où des tensions fiscales entraînent l’indépendance des treize colonies et la naissance des Etats-Unis d’Amérique en 1783 mais également en France où les philosophes des Lumières s’appuient sur l’alternative du modèle britannique pour mieux critiquer un système français en crise. Endetté par l’aide apportée aux Patriotes, autocratique, centralisé, catholique et appauvri, l'Etat monrachique français apparaît dépassé. En 1789, acculé financièrement après sa participation dans la guerre d’Amérique, Louis XVI est contraint - pour la première fois depuis 1614 - de convoquer les États généraux pour trouver une solution à la crise financière du royaume.
En arrière-plan :
L'Ecole d'Athènes
L'École d'Athènes est une fresque décorant Camera della Segnatura, l'ancienne bibliothèque privée des papes, au Vatican à Rome. Peinte de 1509 à 1512, par Raphaël à la demande du pape Jules II, elle symbolise la Philosophie et la recherche du vrai par les philosophes, les mathématiciens et les astronomes de l'Antiquité. Elle s'oppose à une autre fresque de Raphaël peinte dans la même salle, La Dispute du Saint-Sacrement, qui représente la victoire de la théologie chrétienne sur la pensée païenne antique. L'Ecole d'Athènes mesure 770 cm x 440 cm.
Raffaello Sanzio, "Raphaël", (6 avril 1483, Urbino - 6 avril 1520, Rome); est un peintre, architecte et poète de la Renaissance. Considéré comme l'un des trois "maîtres" de la Renaissance, sa « manière » est d'une importance vitale pour le développement de l'art des siècles suivants à la fois à travers ses collaborateurs qui ont perpétué sa langue pendant des décennies, et par contraste à travers le rejet de son œuvre initiée par Le Caravage.
Son influence sur l'histoire de l'art occidental est telle qu'il est établi comme modèle fondamental pour toutes les académies des beaux-arts jusqu'à la première moitié du XIXe siècle, le mythe de Raphaël atteint l'avant-garde du XXe siècle et l'art contemporain du XXIe siècle, au point de toucher d'autres arts comme le cinéma et la bande dessinée.
06. Le modèle britannique et son influence
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Transcript
Le modèle britannique et son influence
Le modèle britannique et son influence
INTRODUCTION
L'Amérique du Nord en 1763
Les régimes politiques en Europe au milieu du XVIIIème siècle
Magna Carta, 1215
Copie de 1225, British Library, Londres
Le modèle britannique et son influence
INTRODUCTION
Au XVIIème siècle, dans une Europe majoritairement absolutiste, l'Angleterre apparaît comme une exception : depuis l'adoption de la Grande Charte (Magna Carta) en 1215, la monarchie y est limitée et le roi doit gouverner avec un parlement. Ce particularisme se renforce au cours du siècle quand, après deux révolutions en 1649 et en 1688, l’Angleterre, devenue Royaume-Uni en 1707, devient progressivement une monarchie parlementaire.
Cependant, comme tout modèle qui diffuse ses influences, l’Angleterre connaît aussi des limites et des contestations aussi bien en Europe que dans les territoires qu’elle a conquis. Ainsi dans les Treize Colonies nord américaines, cette réflexion nourrit un désir d'indépendance, qui se cristallise en 1776 : la guerre civile débouche sur la naissance d'un nouveau pays, les États Unis d'Amérique.
Ce régime politique original ainsi que le dynamisme économique, l’expansion coloniale et les transformations sociales et culturelles que connait le pays au XVIIIème siècle en font un modèle (c’est à dire une référence à imiter) pour les philosophes des Lumières qui réfléchissent à la répartition des pouvoirs et aux droits individuels. En vantant les mérites de ce régime, ils peuvent aussi critiquer en creux la monarchie absolue et la société d’ordres de la France.
Le modèle britannique et son influence
> Comment s’est construit le modèle britannique (XVIIème - début XVIIIème siècle) et comment a-t-il influencé les Lumières et les fondateurs des Etats-Unis d’Amérique ?
SOMMAIRE
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentativeA) Le rejet de la monarchie absolue B) De la monarchie tempérée à la monarchie parlementaire C) L’Angleterre et son influence après 1689 II. La naissance des Etats-Unis d’AmériqueA) La Révolution américaine B) La naissance d’un nouveau régimeC) Imperfections et répercussions de la révolution américaine
PPO1
PPO2
PPO3
Conclusion
Le modèle britannique et son influence
I.
La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
> Comment naît en Angleterre un nouveau type de régime politique ?
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
A. Le rejet de la monarchie absolue
1. Le pouvoir royal et le Parlement
La monarchie anglaise au début du XVIIème siècle
Bill : loi votée par le Parlement.
Charles Ier (1625-1649)
Une union entre quatre nations
Daniel Mytens, huile sur toile, 1631, National Portrait Gallery, Londres
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
A. Le rejet de la monarchie absolue
2. La première révolution anglaise (1642‑1649)
Deux conceptions irréductibles
Jacques Ier Stuart, Discours de Whitehall, 1610.
Les rois sont appelés dieux à juste titre parce qu'ils exercent sur terre une sorte de pouvoir divin ou qui y ressemble [ ... ]; ils ont le pouvoir d'élever et d'abaisser, de vie et de mort, juges qu'ils sont de tous leurs sujets [ ... ], et n'ayant de comptes à rendre à personne si ce n'est à Dieu seul. [ ... ] Je ne me satisferais jamais de ce que l'on discute mon pouvoir mais je serais toujours désireux d'exposer la raison de mes actes [ ... ]. Mais dans le domaine des revendications, je souhaiterais [ ... ] que vous ne vous mêliez pas des principaux objets du gouvernement : c'est là mon ouvrage [ ... ], s'en mêler serait me diminuer. Je suis à présent roi d'ancienne date [ ... ], on n'a pas à m'apprendre les devoirs de ma charge.
Le roi s'adresse aux parlementaires reunis au palais royal de Whitehall le 21 mars 1610.
b. Le Parlement demande le retour de la monarchie limitée
Les Lords et les Communes réunis en Parlement exposent humblement au Roi notre Souverain Seigneur [ ... ] que par les [ ... ] bonnes lois et statuts du royaume, vos sujets ont hérité de ce privilège de n'être point contraints de contribuer à aucune taxe, taille, aide ou toute autre imposition similaire, qui n'ait été établie par consen tement collectif en un parlement; [ ... ] Et que [ ... ] il a été déclaré et promulgué parautorité du Parlement que nul, de quelque état et condition qu'il soit, ne doit être expulsé de sa terre ou de ses domaines, ni appréhendé, ni emprisonné, ni dépossédé, ni mis à mort, sans avoir été amené à se justifier par voies de droit.
a. Jacques Ier défend la monarchie absolue
En 1628, les parlementaires adressent à Charles Ier Stuart une pétition demandant la restriction des droits du monarque.
Petition of Right (Pétition des droits), 27 mai 1628.
La guerre civile anglaise (1642-1651)
Oliver Cromwell (1653-1658)
Robert Walker, huile sur toile, v. 1649, National Portrait Gallery, Londres.
L’exécution de Charles Ier
Cromwell est le principal commandant de la « New Model Army», l'armée du Parlement. Après l'exécution du roi en 1649, il établit le grouvernement républicain d'Angleterre. Face au désordre, il prend en 1653 le titre de Lord-protecteur et met en place une dictature jusqu'à sa mort.
Peintre hollandais anonyme, huile sur toile, 1649, Scottish National Gallery, Edimbourg
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
A. Le rejet de la monarchie absolue
3. La Glorieuse révolution (1688‑1689)
Guillaume d'Orange et Marie acceptent le Bill of Rights
Guillaume III débarquant à
Brixham, Torbay, le 5 novembre 1688
James Northcote, huile sur toile, 1827, Londres, Parliament Collections
Jan Wyck, huile sur toile, 1688, National Maritime Museum, Londres
Un courtisan agenouillé présente la couronne d'Angleterre à Guillaume d'Orange et à sa femme Marie. Un homme de loi tient le texte du Bill of Rights.
Charles II (1660-1685)
Les Tories et les Whigs tirent la couronne à la corde
Thomas Hawker, huile sur toile, v. 1680, National Portrait Gallery, Londres
Anonyme, 1789, Lewis Walpole Library, Université de Yale
La tentation de l'absolutisme
Gilbert Burnet, historien écossais (1643-1715), Histoire de mon temps (publié en 1724 par son fils).
Il ne se regarderait pas comme roi, disait-il, tant que des individus réunis en Assemblée s'occuperaient de ses affaires et éplucheraient ses comptes et les actes de ses ministres [ ... ]. Lorsqu'il parlait sans contrainte, il ne pouvait s'empêcher de se prononcer contre la liberté que se donnait tout le monde d'examiner les matières de religion, car de l'examen des matières religieuses, on passe à celles des matières politiques. Ses observations sur le gouvernement de France l'avaient amené à ce sentiment qu'un roi dont la puissance était limitée et dont les ministres étaient responsables devant un Parlement n'était roi que de nom.
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
B. De la monarchie tempérée à la monarchie parlementaire
1. L’Habeas Corpus et le Bill of rights
1679 et 1689 : l’Habeas corpus et le Bill of Rights
PPO1
En 1649, une première révolution éclate et aboutit à l'exécution du roi Charles Ier. Après une courte expérience républicaine, la monarchie est restaurée. En 1679, le parlement vote l'Habeas Corpus, limitant les pouvoirs du souverain en matière d'arrestations. En 1689, le Bill of Rights vient compléter ces dispositifs et garantit les libertés individuelles.
L'Habeas Corpus et le Bill of Rights
(1679, 1689)
Comment les Anglais obtiennent-ils la limitation du pouvoir royal et la garantie des libertés individuelles entre 1679 et 1689 ?
20 minutes
individuel
Habeas Corpus Act de 1679
John Bill, Henry Hills et Thomas Newcomb, 1681, Law Library, Library of Congress
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
B. De la monarchie tempérée à la monarchie parlementaire
1. L’Habeas Corpus et le Bill of rights
1679 et 1689 : l’Habeas corpus et le Bill of Rights
PPO1
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
B. De la monarchie tempérée à la monarchie parlementaire
1. L’Habeas Corpus et le Bill of rights
1679 et 1689 : l’Habeas corpus et le Bill of Rights
PPO1
Bilan du PPO : A partir de la restauration de 1660, la monarchie anglaise est tempérée (ou limitée) : le roi partage une partie de ses pouvoirs avec le Parlement.En 1679, celui-ci vote la loi d'Habeas corpus : toute personne arrêtée même par ordre du roi doit être conduite devant un juge. Cette loi rend impossibles les emprisonnements arbitraires, c'est-à-dire sans raison juridique, et limite le pouvoir royal.En 1689 le Parlement impose le Bill of Rights à Guillaume III pour accéder au trône. Ce texte réduit les pouvoirs du roi au profit du Parlement et affirme la séparation des pouvoirs entre la monarchie et le Parlement. Désormais la loi s'impose au roi et le Parlement, siégeant à Westminster, détient la réalité du pouvoir. Les libertés fondamentales (expression, pétition, vote...) sont définitivement instaurées.
Habeas Corpus Act de 1679
John Bill, Henry Hills et Thomas Newcomb, 1681, Law Library, Library of Congress
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
B. De la monarchie tempérée à la monarchie parlementaire
2. L’affirmation des droits du Parlement
L'Acte d'établissement
Act of Settlement, 10 février 1701
Pour maintenir plus sûrement la succession de la Couronne dans la ligne protestante, Nous, les Lords spirituels et temporels et les Communes assemblés en ce présent Parlement, supplions Votre Majesté qu’il soit établi que la très excellente princesse Sophie, électrice et duchesse de Hanovre1, soit déclarée être la plus prochaine dans la succession protestante à la Couronne d’Angleterre […]. Que toutes personnes qui hériteront et pourront hériter de la Couronne […] qui auront communion avec l’Église de Rome ou qui se marieront à des papistes, seront déclarées inaptes […]. Que quiconque viendra à la possession de cette couronne se conformera à la communion de l’Église anglicane, ainsi qu’elle est établie par les lois […]. Que tous les rois et reines qui monteront sur le trône de ce royaume, doivent le gouverner conformément aux lois2.
1. Si la reine Anne n’a pas d’enfants. 2. À la Déclaration des droits.
Le texte du Parlement s’adresse au roi d’Angleterre Guillaume III, qui doit le valider.
L'évolution du régime politique (1689-1715)
L'Acte d'Union, 1707
Gravure, 1809
Le duc de Queensbury présente l'Acte d'Union de 1707 à la reine Anne. Lors de cet Acte d'Union, voulu par le parti whig, les deux royaumes d'Angleterre et d'Écosse sont réunis l'un à l'autre, avec un seul roi, mais aussi un seul Parlement, où entrent 45 députés écossais.
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
B. De la monarchie tempérée à la monarchie parlementaire
3. Un nouveau modèle politique
Les institutions anglaises à la fin du XVIIIème siècle
William Pitt s'adressant à la Chambre des Communes en 1793
Georges Ier (1714-1727)
Anton Hickel, huile sur toile, 1793-1795, National Portrait Gallery, Londres
Godfrey Kneller, huile sur toile, 1714, National Portrait Gallery, Londres
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
C. L'Angleterre et son influence après 1689
1. L’essor colonial et commercial
L'expansion coloniale et les routes du commerce (1600-1750)
Un coffee house à Londres vers 1700
Aquarelle sur papier, XVIIIème siècle, école anglaise, collection privée.
Fréquentés par les classes aisées ou moyennes les coffee‑houses se multiplient à Londres après 1670. Ce sont des lieux publics où se retrouvent hommes d'affaires, journalistes, négociants, armateurs, agents d'assurance, etc. On y distribue des journaux et des pamphlets. Certaines accueillent des scientifiques pour des conférences.
La bourse de Londres dans la City
Les docks de Londres
Gravure de Thomas Bowles, v. 1750. La City est le quartier d’affaires avec la Bourse, la banque d’Angleterre (fondée en 1694), les compagnies d’assurance maritime (la Lloyd’s) et les sièges des sociétés de commerce.
Samuel Scott, 1757, V&A, Londres. Au début du XVIIIème siècle, Londres réalise 80% des importations anglaises et 70% des exportations.
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
C. L'Angleterre et son influence après 1689
2. L’influence britannique sur les Lumières
Voltaire et la publication des Lettres philosophiques ou Lettres anglaises
PPO2
François-Marie Arouet dit Voltaire est un écrivain français, auteur de poèmes, de récits, de tragédies, d’ouvrages historiques et philosophiques. Adversaire du cléricalisme et de l’intolérance religieuse, il défend le droit des hommes au bonheur et exerce un eprofonde influence sur le mouvement des Lumières. Resté célèbre pour son esprit critique, sa plume acérée et son engagement, il incarne, le premier, le modèle de l'intellectuel engagé. En 1726 il est embastillé suite à une altercation avec un noble. Libéré à condition de s’exiler, il se rend alors en Angleterre, où il séjourne entre 1726 et 1728. Il y publie en 1733 les Lettres philosophiques. Il est aussi célèbre pour ses contes philosophiques Zadig ou la Destinée (1748) et Candide ou l'Optimisme (1759).
Voltaire
(1694- 1778)
Comment l'éloge de l'Angleterre permet-il à Voltaire de remettre en question l'absolutisme ?
20 minutes
individuel
Portrait de Voltaire
Détail d’après Maurice-Quentin de La Tour Pastel sur papier, v. 1736, Château de Voltaire, Ferney
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
C. L'Angleterre et son influence après 1689
2. L’influence britannique sur les Lumières
Voltaire et la publication des Lettres philosophiques ou Lettres anglaises
PPO2
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
C. L'Angleterre et son influence après 1689
2. L’influence britannique sur les Lumières
Voltaire et la publication des Lettres philosophiques ou Lettres anglaises
PPO2
Bilan du PPO : Dans une Europe majoritairement absolutiste, l’Angleterre offre l’image d’un pays libre où le régime d’absolutisme et d’intolérance a été détruit. Après les révolutions du XVIIème siècle, les débats politiques au Parlement ou dans les cafés ainsi que la prospérité économique interpellent les étrangers.Les Lumières françaises voient dans ce régime un modèle de gouvernement équilibré et favorable aux libertés. Voltaire (1694-1778), qui y a vécu trois ans, publie les Lettres philosophiques ou Lettres anglaises en 1733. Il y vante les mérites du modèle politique, économique et social anglais qu’il présente comme supérieur au modèle français. En 1748, Montesquieu (1689-1755) publie De l’esprit des lois. Il insiste sur la nécessité de séparer les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, comme en Angleterre, alors qu’en France, ils sont concentrés dans les mains du roi. Dans les deux cas, en vantant les mérites du modèle anglais, les Lumières critiquent implicitement la monarchie absolue française.
Portrait de Voltaire
Détail d’après Maurice-Quentin de La Tour Pastel sur papier, v. 1736, Château de Voltaire, Ferney
I. La mise en place du modèle britannique de monarchie représentative
Le modèle britannique et son influence
C. L'Angleterre et son influence après 1689
2. L’influence britannique sur les Lumières
Bleu, couleur des tories.
Orange qui remplace le vert, couleur des whigs.
Aveugle qui monte les marches.
Mourant amené à bras d'hommes.
Personne souffrant d'un handicap mental influencée par les représentants des candidats tories.
Un ancien combattant prête le serment électoral avec un crochet en métal et non sa main ce qui provoque un débat entre les avocats des candidats.
Britannia (allégorie de la Grande- Bretagne) dont le carrosse est cassé.
Une satire des élections
Les institutions anglaises à la fin du XVIIIème siècle
William Hogarth, Le Scrutin, huile sur toile, 1755, Sir John Soane's Museum, Londres. Ce tableau, extrait d'une série intitulée « Humeurs électorales », souligne avec humour la manipulation des élections anglaises.
Le vote est réservé à environ 200 000 electeurs propriétaires et bourgeois. Les femmes, les petits propriétaires, les artisans, les ouvriers, les pauvres en sont exclus.
Le modèle britannique et son influence
II.
La naissance des Etats-Unis d’Amérique
> Comment les Etats-Unis naissent-ils de la contestation du modèle britannique ?
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
A. La Révolution américaine
1. Le mécontentement des colonies
La population des colonies britanniques
Des revendications fiscales
Le massacre de Boston
Philip Dawe, Les Bostoniens paient le douanier, gravure, John Carter Brown Library, Providence. Un douanier britannique est passé au goudron et aux plumes. et forcé à boire du thé bouillant. Sur le Liberty Tree (arbre de la Liberté) est affiché le Stamp Act. Cette loi suscite une telle colère que l'Angleterre l'abroge en 1766.
Henry Pelham (dessin) et Paul Revere (gravure), Le massacre sanglant perpétré dans King Street à Boston le 5 mars 1770, Boston, 1770. Le 5 mars 1770, des soldats anglais, menaces par des manifestants anti-taxes, tirent sur la foule, tuant sept personnes. Cette image commémorative est imprimée par Paul Revere, un patriote americain.
Les principales lois anglaises contestées par les colons
Taxation without representation is tyranny.
L'Amérique du Nord en 1763
La Boston Tea Party, le 16 décembre 1773
James Otis, 1765
Gravure de N. Currier, 1846, Yale University Art Gallery, New Heaven.
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
A. La Révolution américaine
2. La déclaration d’indépendance
Congrès continental : assemblée de délégués élus des treize colonies chargés d'organlser la resistance aux contraintes commerciales imposées par l'Angleterre.
Les délégués des treize colonies déclarent l'indépendance des États-Unis
John Trumbull, huile sur toile, 1776, Yale University Art Gallery, New Heaven.En juin 1776, les délégués des treize colonies se réunissent en Congrès continental à Philadelphie pour rédiger et voter une déclaration d'indépendance. Le 4 juillet 1776, les cinq membres chargés de la rédaction présentent le document à John Hancock, président du Congrès, avant qu'il soit voté. De gauche à droite, John Adams, Roger Sherman, Robert Livingston, Thomas Jefferson et Benjamin Franklin.
Manuscrit original de la déclaration d'indépendance
National Archives, Washington, D.C. En raison des mauvaises conditions de conservation au XIXème siècle, le texte est aujourd'hui en grande partie effacé.
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
A. La Révolution américaine
3. La guerre d’indépendance
La reddition du général Burgoyne à Saratoga (17 octobre 1777)
John Trumbull, huile sur toile, 1821, Capitole, Washington D.C.
La guerre d'indépendance (1775-1783)
La Fayette et l'intervention française
Jean-Baptiste Le Paon, La Fayette à Yorktown, v. 1783, Lafayette College Art Collection, PA
À côté de La Fayette, le peintre a représentéJames Armistead, un esclave engagé dans le camp des Insurgents. Il fut affranchi en 1787 par l'assemblee de Virginie à la demande de La Fayette.
Patriotes (ou Insurgés) : colons américains en lutte pour l'indépendance des colonies.
La victoire de Yorktown (19 octobre 1781)
John Trumbull, huile sur toile, 1797, Yale University Art Gallery, New Heaven, CT
Lors de la bataille de Yorktown, les Anglais sont assiégés pendant trois semaines (du 28 septembre au 19 octobre 1781) par les troupes américains et françaises. Les Anglais vaincus défilent entre les troupes françaises du général Rochambeau et celles des Patriotes américains (à droite) commandées par le général Washington.
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
A. La Révolution américaine
3. La guerre d’indépendance
Le traité de Paris (1783)
Extraits du traité de Paris, 3 septembre 1783.
Il a plu à la divine Providence d'inspirer au très puissant prince Georges III, par la grâce de Dieu roi de Grande-Bretagne, et aux États-Unis la volonté d'oublier tous lesmalentendus et les différends qui ont interrompu la bonne entente et l'amitié qu'ils souhaitent mutuellement restaurer, et d'établir une relation bénéfique et satisfaisanteentre les deux pays. Article premier.Sa Majesté Britannique reconnaît lesdits États-Unis comme des États indépendants, libres et souverains, et tant pour lui-même que pour ses héritiers et successeurs renonce à toute prétention au gouvernement, à la propriété et aux droits territoriaux sur ces États et sur toute partie des dits États. Article 2. Afin de prévenir toute dispute qui pourrait s'élever à l'avenir au sujet des frontières des dits États-Unis, il est convenu et déclaré par les présentes, ce [que] sera leurs frontières, à savoir qu'elles s'étendront à l'Ouest jusqu'au fleuve Mississipi. Article 7.Il y aura une paix solide et perpétuelle entre Sa Majesté Britannique et lesdits États, et entre les sujets de l'une et les citoyens des autres, c'est pourquoi toutes hostilités, soit en mer soit à terre, cesseront immédiatement.
Une guerre meutrière
La signature du traité de Paris (3 septembre 1783)
Benjamin West, huile sur toile, 1783, Winterthur Museum, Wilmington, DE
Le commissaire britannique ayant refusé de poser, le tableau ne fut jamais achevé.
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
B. La naissance d'un nouveau régime
1. La rédaction d'une constitution
La nécessité d'une nouvelle constitution
Rapport de Louis-Guillaume Otto, chargé d’affaires français de New York, 10 avril 1787.
L’insuffisance de la confédération [depuis 1777] et la nécessité de la refondre est si bien sentie que les États ont nommé sans délai des délégués chargés de s’assembler à Philadelphie pour convenir d’un système de gouvernement moins défectueux et moins précaire que celui qui existe en ce moment. Le Congrès n’est réellement qu’un fantôme de souveraineté dépourvu de pouvoirs […]. À Philadelphie, on n’aura jamais vu une assemblée plus respectable par les talents. Le général Washington et le Dr Franklin y sont appelés. Pendant la guerre, le papier-monnaie que le Congrès pouvait créer à l’infini, les subsides de la France, l’enthousiasme et le patriotisme des individus, les confiscations… lui donnaient une importance qui s’est évanouie au moment de la paix. Il s’agit donc désormais de donner au Congrès des pouvoirs coercitifs, des impôts considérables, une armée, le droit de régler le commerce de tous les États. Les États voudront-ils se dépouiller d’une partie de leur souveraineté ?
Début et fin de la Constitution des États-Unis (montage)
La Constitution est selon ses propres termes la « loi suprême du pays ». Acceptée le 17 septembre 1787 par la convention de Philadelphie, elle s'applique depuis le 4 mars 1789.
La constitution de 1787 : un Etat fédéral
Etat fédéral : État dans lequel les compétences sont partagées entre le gouvernement central (fédéral) et des entités autonomes (ici, les États).
Constitution : règles fondamentales qui définissent le régime politique d’un pays, le fonctionnement de ses institutions, et les droits et devoirs des citoyens.
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
B. La naissance d'un nouveau régime
2. L’organisation de la république fédérale
La constitution de 1787 : l'organisation des pouvoirs
Les dix premiers amendements (décembre 1791)
Georges Washington (Lansdowne Portrait)
Gilbert Stuart, huile sur toile, 1796, National Portrait Gallery, Washington D.C.
Le portrait a été réalisé à la fin du second mandat de Washington. Depuis cette époque, les portraits officiels des Présidents sont réalisés après leur mandat et exposés à la Maison Blanche.
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
B. La naissance d'un nouveau régime
3. Georges Washington, premier président des Etats-Unis
George Washington, premier président des États-Unis
PPO3
Riche propriétaire virginien, soldat lors de la guerre de Sept Ans (1756‑1763), George Washington est nommé général des armées américaines par le Congrès en 1775. Menant avec habileté les troupes américaines jusqu'à la fin de la guerre d'Indépendance, il devient un héros national. Après avoir dirigé la Convention de Philadelphie qui se charge de rédiger la Constitution, il devient, en 1789, le premier président des États‑Unis. Il quitte le pouvoir en 1797 après deux mandats et s'éteint en Virginie en 1799.
George Washington
(1732- 1799)
Comment Washington accède-t-il à la fonction suprême et quels sont les grands axes de sa politique ?
A l'aide du dossier documentaire, complétez chaque sous-partie du plan : I. Washington, de la guerre d’Indépendance à la présidence (1776-1789) :A) Son rôle de 1776 à 1787B) Son élection et son investiture de 1789 II. Washington président (1789-1797) :A) Le rôle du président selon WashingtonB) Les deux grands axes de sa politique
20 minutes
A deux
Portrait de George Washington
Détail d’après Gilbert Stuart, huile sur toile, 1795, Harvard University Portrait Collection
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
B. La naissance d'un nouveau régime
3. Georges Washington, premier président des Etats-Unis
George Washington, premier président des États-Unis
PPO3
4. La conception du rôle du président
Adresse à la Chambre des représentants, 1794
Sur l’autorité du présidentL’autorité du pouvoir exécutif de notre pays est peut-être mieux définie que celle d’un autre État. J’ai eu et continuerai à avoir pour but de ne l’étendre, ni la diminuer en aucune occasion, à moins que je n’y sois forcé par des circonstances souverainement impérieuses.Sur l’usage du veto présidentielPar respect pour le Parlement, et estimant que cette conduite m’est dictée par une interprétation sage de la Constitution, j’appose ma signature à plusieurs bills qui sont pourtant contraires à mon propre jugement. Face à la Chambre qui veut débattre du traité avec l’Angleterre en 1794 Il est évident pour moi que le pouvoir de faire des traités a été exclusivement conféré au président procédant sur l’avis et avec le consentement du Sénat. Je remplis les devoirs de ma charge en protestant contre le principe soutenu par la Chambre des représentants et en refusant d’accéder à sa requête. [la Chambre cède]
Lettre à Edmond Pendleton, 1793
Lettre à Hamilton, 1794
Georges Washington (Lansdowne Portrait)
Gilbert Stuart, huile sur toile, 1796, National Portrait Gallery, Washington D.C.
Washington est representé à la manière des hommes politiqueseuropéens avec des objets symboliques des nouveaux Etats : l'épée, symbole du pouvoir exécutif que lui a accorde la constitution (livre appuyé contre le pied du bureau). L'arc-en-ciel à l'arriere- plan symbolise le retour à la paix et l'unité dans la diversité de la nouvelle nation Ce portrait représente l'image de George Washington chef d'une nouvelle nation, basée sur des textes écrits (la Constitution et les Lois) et sur l'histoire d'une Révolution. Il est celui d'un citoyen-président dans un régime républicain et démocratique, et non celui d'un monarque absolu. .
1. Washington accepte la présidence (14 avril 1789)
Lettre de George Washington à Charles Thomson, Mount Vernon, 14 avril 1789 in Library of Congress, George Washington Papers, série 2, 1754-89.
J’ai tellement l’habitude de respecter l’opinion de mes concitoyens, que la nouvelle qu’ils m’aient accordé à l’unanimité leurs suffrages ne me laisse guère de choix. Je ne peux manifester autrement ma sensibilité à cet honneur qu’en acceptant cette désignation. Alors que je mesure la difficulté de la tâche qui m’incombe, le fait de me sentir incapable de la mener à bien ne peut suffire à regretter mon choix. Tout ce que je peux promettre est d’accomplir avec zèle ce qui doit l’être.
Élu en mars, le Congrès des États-Unis désigne à l’unanimité G. Washington président ; un émissaire est envoyé le lui annoncer dans s aplantation de Mount Vernon, où Washington s’était retiré. Il l’informe de sa décision peu après.
6. La politique américaine définie par Washington
Extrait du testament ou « discours d’adieu » de George Washington, au Congrès et aux Américains à la fin de son second mandat, 19 septembre 1796.
L’unité du gouvernement est la base de votre indépendance, c’est le gage de votre tranquillité au dehors et au-dedans. C’est celui de votre sécurité, de votre prospérité et de cette liberté que vous appréciez tant […]. Il est d’une importance extrême que vous connaissiez combien votre bonheur individuel dépend de l’Union qui vous constitue en nation. Il faut que vous la chérissiez constamment, invariablement […]. À de très faibles différences près, vous avez la même religion, les mêmes coutumes, les mêmes mœurs, les mêmes principes politiques. Vous avez combattu et triomphé ensemble pour la même cause […]. Le maintien de l’Union doit être le principal objet des vœux de tout patriote américain […]. La règle de conduite que nous devons de plus nous appliquer à suivre à l’égard des nations étrangères est d’étendre nos relations de commerce avec elles et de n’avoir que le moins de relations politiques qu’il sera possible […]. L’Europe a des intérêts qui ne nous concernent aucunement ou qui ne nous touchent que de très loin […]. Pourquoi, unissant notre destinée à celle d’une nation européenne quelconque, sacrifierions-nous notre repos et notre félicité à l’ambition, à la rivalité des puissances de l’Europe ? Notre véritable politique est de n’avoir aucune alliance permanente avec n’importe quelle partie du monde étranger.
L'investiture de George Washington (30 avril 1789)
Ecole américaine, lithographie, 1899, Musée de la société historique de New York
George Washington, entouré par les membres du Congrès, jure sur la Bible de soutenir et de défendre la Constitution dans le Federal Hall de New York, le siège du Congrès à cette époque.
3. Le serment d’investiture du Président
Constitution de 1787, Article II, Section 1.
Je jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de Président des États-Unis et dans toute la mesure de mes moyens de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des États-Unis.
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II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
B. La naissance d'un nouveau régime
3. Georges Washington, premier président des Etats-Unis
George Washington, premier président des États-Unis
PPO3
Bilan du PPO : Après ratification de la constitution par les États, un nouveau congrès, composé d’une Chambre des représentants et d’un Sénat, est réuni et procède, en 1789, à l’élection de Georges Washington comme 1er président des États-UnisRiche planteur de Virginie, devenu héro national pour son rôle dans la guerre d’indépendance, il est l’un des pères fondateurs de la nation. Durant ses deux mandats il apaise les tensions en agissant par ses actes et ses discours en tant que représentant de tous les citoyens américains. Il cherche à renforcer l’adhésion des Américains au gouvernement fédéral, et à défendre le rôle du président. Dans le domaine extérieur, il pacifie les relations avec l’Angleterre (traité de Londres, 1794) et défend des principes isolationnistes, seuls à même selon lui de préserver la paix et la prospérité des États-Unis. En 1791, la nouvelle capitale, où s'édifient Maison Blanche (palais présidentiel) et Capitole (pour le Congrès, en fonction à partir de 1800) prend son nom.
Portrait de George Washington
Détail d’après Gilbert Stuart, huile sur toile, 1795, Harvard University Portrait Collection
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
C. Imperfections et répercussions de la révolution américaine
1. Les limites de la république américaine
Une république imparfaite
Le déplacement des Indiens
Extrait d’un discours du Président Jackson au Congrès des États-Unis, Message sur l’état de l’Union, 6 déc. 1830
Je suis heureux d’annoncer au Congrès que la politique bienveillante du Gouvernement relative au déplacement des Indiens hors des zones d’établissement des Blancs, est sur le point d’aboutir. Deux importantes tribus [les Creek et les Choctaw, situés en Alabama et Géorgie] ont accepté les dispositions prévues pour leur déplacement, et il est probable que leur exemple amènera le reste des tribus à revendiquer les mêmes avantages […]. Les Indiens n’auront plus de contact direct avec les Blancs ; ils ne seront plus soumis au pouvoir des États et pourront rechercher le bonheur selon leurs propres voies et avec leurs propres institutions, si grossières soient-elles… Peut-être, peu à peu, seront-ils amenés à rejeter leurs sauvages coutumes et à constituer une communauté digne d’intérêt, civilisée et chrétienne.
Le droit des femmes américaines
Déclaration adoptée lors de la première Convention nationale sur les droits civils et politiques des femmes tenue à Seneca Falls (État de New York), 19-20 juillet 1848
L’homme a obligé la femme à se soumettre à ses lois, dans la conception desquelles elle n’a eu aucune voix. […] L’ayant privée de ce premier droit du citoyen, à savoir le droit de vote, la laissant ainsi sans représentation dans les assemblées législatives, il l’a opprimée de toutes parts. […] Dans le contrat de mariage, elle est obligée de promettre obéissance à son mari, qui devient, en théorie et en pratique, son maître, la loi lui donnant le pouvoir de la priver de liberté et de lui administrer des châtiments. […] Si elle est célibataire et propriétaire, il l’a taxée pour soutenir un gouvernement qui ne la reconnaît que lorsque sa propriété peut lui être profitable […]. Il a monopolisé presque tous les emplois profitables et de ceux qu’elle a le droit d’occuper, elle ne reçoit qu’une maigre participation. Il lui a dénié les facilités d’accès à une éducation complète, toutes les universités lui étant fermées
Le travail sous l’œil du contremaître
Benjamin Latrobe, aquarelle, 1798, The Maryland Historical Society, Baltimore, MD
Après l’indépendance, l’esclavage est aboli dans les États du Nord. Mais il n’est pas interdit par la Constitution de 1787 et il augmente fortement dans le Sud, où les esclaves sont surtout employés dans les plantations de coton. Washington lui même possédait plus de 300 esclaves à Mount Vernon.
II. La naissance des Etats-Unis d'Amérique
Le modèle britannique et son influence
C. Imperfections et répercussions de la révolution américaine
2. De la révolution américaine à la Révolution française ?
L'echo de la révolution américaine en France
Nicolas de Condorcet, De l'influence de la révolution d'Amérique sur l'Europe, 1786.
Il ne suffit pas que les droits du genre humain soient écrits dans les livres des philosophes. Il faut que l'homme ignorant ou faible puisse les lire dans l'exemple d'un grand peuple. L'Amérique nous a donné cet exemple. L'Acte qui a déclaré son indépendance est une exposition simple et sublime de ces droits sacrés et si longtemps oubliés [...].Le spectacle d'un grand peuple oùles droits de l'Homme sont respectés est utile à tous les autres [...].Il apprend que ces droits sont partout les mêmes [...]. Le spectacle de l'égalité qui règne dans les États- Unis, et qui en assure la paix et la prospérité, peut aussi être utile à l'Europe. Nous n'y croyons plus, à la verité, que la nature ait divisé la race humaine en trois ou quatre grands ordres [...]. Il est temps actuellement de se convaincre qu'une nation où règne l'égalité des droits soutiendra son gouvernement, si elle le croit bon, le changera quand elle le croira mauvais, et le corrigera lorsqu'elle le trouvera défectueux.
Benjamin Franklin reçu à la Cour de Versailles (1776)
Guerre d’Amérique et dépenses de l’État français
Anton Hohenstein, lithographie, 1823, Bibliothèque du Congrès, Washington D.C.
En 1776, après la Déclaration d'indépendance, le Congrès américain envoie trois délégués en France pour obtenir son aide contre l'Angleterre : Sileas Deane, Richard Lee et Benjamin Franklin, déjà célèbre pour se stravaux sur l'électricité. Ils séjournent à Paris, où les plus grands philosophes et scientifiques leur rendent visite,comme Voltaire, un véritable enthousiasme se développant pour la cause américaine. Franklin obtient ensuite une audience à la cour et il est reçu par Louis XVI et Marie Antoinette. Il formule alors officiellement la demande d'aide du Congrès américain au roi de France qui, décide d'envoyer en Amérique un corps expéditionnaire français dirigé par le lieutenant-général Rochambeau en 1780.
Le modèle britannique et son influence
Conclusion
Le modèle britannique et son influence
Conclusion
> Comment s’est construit le modèle britannique (XVIIème - début XVIIIème siècle) et comment a-t-il influencé les Lumières et les fondateurs des Etats-Unis d’Amérique ?
Au XVIIème siècle, après l’échec des tentatives absolutistes de Charles Ier et Jacques II, le Parlement limite les pouvoir des rois et fait de l’Angleterre une monarchie limitée puis parlementaire. La mise en place de la monarchie parlementaire permet de stabiliser la vie politique au Royaume-Uni en garantissant des droits et des libertés, mais elle fait au contraire naître des tensions à l’étranger. En Amérique d’abord où des tensions fiscales entraînent l’indépendance des treize colonies et la naissance des Etats-Unis d’Amérique en 1783 mais également en France où les philosophes des Lumières s’appuient sur l’alternative du modèle britannique pour mieux critiquer un système français en crise. Endetté par l’aide apportée aux Patriotes, autocratique, centralisé, catholique et appauvri, l'Etat monrachique français apparaît dépassé. En 1789, acculé financièrement après sa participation dans la guerre d’Amérique, Louis XVI est contraint - pour la première fois depuis 1614 - de convoquer les États généraux pour trouver une solution à la crise financière du royaume.
En arrière-plan :
L'Ecole d'Athènes
L'École d'Athènes est une fresque décorant Camera della Segnatura, l'ancienne bibliothèque privée des papes, au Vatican à Rome. Peinte de 1509 à 1512, par Raphaël à la demande du pape Jules II, elle symbolise la Philosophie et la recherche du vrai par les philosophes, les mathématiciens et les astronomes de l'Antiquité. Elle s'oppose à une autre fresque de Raphaël peinte dans la même salle, La Dispute du Saint-Sacrement, qui représente la victoire de la théologie chrétienne sur la pensée païenne antique. L'Ecole d'Athènes mesure 770 cm x 440 cm.
Raffaello Sanzio, "Raphaël", (6 avril 1483, Urbino - 6 avril 1520, Rome); est un peintre, architecte et poète de la Renaissance. Considéré comme l'un des trois "maîtres" de la Renaissance, sa « manière » est d'une importance vitale pour le développement de l'art des siècles suivants à la fois à travers ses collaborateurs qui ont perpétué sa langue pendant des décennies, et par contraste à travers le rejet de son œuvre initiée par Le Caravage.
Son influence sur l'histoire de l'art occidental est telle qu'il est établi comme modèle fondamental pour toutes les académies des beaux-arts jusqu'à la première moitié du XIXe siècle, le mythe de Raphaël atteint l'avant-garde du XXe siècle et l'art contemporain du XXIe siècle, au point de toucher d'autres arts comme le cinéma et la bande dessinée.