Consignes
Schéma
Consignes
Schéma
17
14
Des espaces d' "entre-soi" blancs
Le champ de courses de Saigon, carte postale colorisée, 1914
Un pôle économique
« Colon est le principal centre commercial du riz ; c’est là que se trouvent les plus grandes usines à décortiquer. Cette ville, qui possède 122000 habitants, presque tous Chinois (160 Européens seulement en 1898) est située à environ 5 kilomètres de Saigon, à laquelle elle est reliée par un canal, toujours sillonné de bateaux et de sampans1, et par deux tramways à vapeur ». La Quinzaine coloniale (organe de presse du lobby colonial français), 10 mai 1901 « Le mouvement du port de Saigon est à ce point remarquable que les limites du port de commerce ont été insuffisantes à contenir la flotte commerciale et qu’il a fallu autoriser les débarquement exceptionnels en dehors de cette enceinte pour satisfaire toutes les convenances commerciales. Quatre-vingts navires se trouvaient, vers la fin mars, échelonnées sur la rivière et cent vingt mille tonnes de riz sortaient pendant le mois de la colonie, dont vingt mille tonnes à destination de la France et cent mille vers l’étranger. » La Quinzaine coloniale, 23 mai 1907 1 Bateau asiatique à fond plat.
L’aménagement de la ville européenne
Outre les Annamites, on comptait encore en 1864 six mille Chinois, presque tous commerçants, habitant depuis le fleuve jusqu’à Tong Kéou, un certain nombre d’Indiens, environ 200, qui s’occupaient d’élever du bétail et de conduire des voitures. […] Les fonctionnaires et les gens les plus riches habitaient sur le plateau, entre la citadelle et la plaine des Tombeaux, les pauvres gens le long des arroyos1. Pour créer les établissements de commerce et de navigation, on fut obligé de relever les bords de la rivière. […] Lorsque la pente fut devenue à peu près régulière, on dessina des rues se coupant à angle droit. Ces larges voies macadamisées, plantées d’arbres qui devaient grandir ne furent garnies de maisons que très lentement ; les colons, peu nombreux, manquant de matériaux puisque le pays n’en fournit pas, ne pouvaient construire qu’en bois ; les établissements publics étaient des baraquements : les fonctionnaires habitaient des maisons à la mode annamite, et le gouverneur lui-même n’avait qu’un palais de bois démontable, fabriqué à Singapour. En 1869, les recettes prévues pour les travaux de Saigon montaient à 554 000 fr. […] Les dépenses visaient l’augmentation du corps de police, l’établissement d’une école municipale, la création d’une bibliothèque, d’un service gratuit de vaccine ; la construction d’un marché en fer, le rechargement des rues en cailloux et sable, la construction d’égouts et de trottoirs. Prosper Cultru, Histoire de la Cochinchine française des origines à 1883,
A. Challamel, 1910. 1 Cours d’eau temporaires, ruisseaux qui se remplissent lorsqu’il pleut.
Boulevard Charner
La ville décrite par le gouverneur général de l'Indochine
Saigon est une belle ville tropicale, la plus gracieuse des villes d’Extrême-Orient. Certains de ses monuments sont superbes ; tous ont grande allure ; les maisons sont en général fort coquettes, les rues bien ombragées, et le tout noyé dans un océan de verdure. […] Le palais du Gouverneur général est vaste, imposant, la façade bien dégagée au milieu d’un parc dessiné de façon irréprochable. […] On peut y recevoir dignement au nom de la France. Quand nous y sommes arrivés, en 1897, le palais sentait l’abandon où il était laissé depuis 10 ans, depuis que le Gouverneur général, toujours au Tonkin qu’il administrait, n’habitait plus al Cochinchine que par exception, en passant et pendant quelques jours. La construction du palais datait de vingt-cinq ans environ, soit dix années après la conquête. […] Les gouverneurs de l’époque, les amiraux, ont voulu que ce travail fût une sorte de symbole de la puissance et de la durée indéfinie de l’occupation française en Cochinchine. […] Les revenus de la ville sont élevés, parce que l’administration de la Cochinchine il abandonne la presque-totalité du produit de taxes directes. On ne peut pas dire qu’ils aient été toujours bien employés. Un personnel trop nombreux de fonctionnaires municipaux grève lourdement le budget, qui supporte encore des dépenses de luxe, quand certains travaux utiles, l’assainissement de la ville en particulier. Paul Doumer (gouverneur général de l’Indochine française de 1897 à 1902), L’Indochine française, Souvenirs, Paris. Vuibert et Nony, 1905.
Palais du Gouverneur Général de l'Indochine
Une petite France en Indochine
« Au nouveau théâtre de Saigon, une merveille d’architecture inaugurée cette année, on a donné ces jours derniers la première représentation de La Navarraise, le poignant drame lyrique de Massenet. Succès énorme. Nos braves soldats, de retour de la campagne de Chine, ont ainsi pris contact avec un peu de France en applaudissement avec enthousiasme l’œuvre du maître. On s’accorde à Saigon à féliciter chaleureusement les directeurs du nouveau théâtre, qui ont su faire de la capitale de la Cochinchine un véritable centre d’art… à 4000 lieues de Paris. » Le Figaro, 4 décembre 1900
Hôtel des Postes et Télégraphes
L’aménagement de la ville européenne
Outre les Annamites, on comptait encore en 1864 six mille Chinois, presque tous commerçants, habitant depuis le fleuve jusqu’à Tong Kéou, un certain nombre d’Indiens, environ 200, qui s’occupaient d’élever du bétail et de conduire des voitures. […] Les fonctionnaires et les gens les plus riches habitaient sur le plateau, entre la citadelle et la plaine des Tombeaux, les pauvres gens le long des arroyos1. Pour créer les établissements de commerce et de navigation, on fut obligé de relever les bords de la rivière. […] Lorsque la pente fut devenue à peu près régulière, on dessina des rues se coupant à angle droit. Ces larges voies macadamisées, plantées d’arbres qui devaient grandir ne furent garnies de maisons que très lentement ; les colons, peu nombreux, manquant de matériaux puisque le pays n’en fournit pas, ne pouvaient construire qu’en bois ; les établissements publics étaient des baraquements : les fonctionnaires habitaient des maisons à la mode annamite, et le gouverneur lui-même n’avait qu’un palais de bois démontable, fabriqué à Singapour. En 1869, les recettes prévues pour les travaux de Saigon montaient à 554 000 fr. […] Les dépenses visaient l’augmentation du corps de police, l’établissement d’une école municipale, la création d’une bibliothèque, d’un service gratuit de vaccine ; la construction d’un marché en fer, le rechargement des rues en cailloux et sable, la construction d’égouts et de trottoirs. Prosper Cultru, Histoire de la Cochinchine française des origines à 1883,
A. Challamel, 1910. 1 Cours d’eau temporaires, ruisseaux qui se remplissent lorsqu’il pleut.
Une petite France en Indochine
« Au nouveau théâtre de Saigon, une merveille d’architecture inaugurée cette année, on a donné ces jours derniers la première représentation de La Navarraise, le poignant drame lyrique de Massenet. Succès énorme. Nos braves soldats, de retour de la campagne de Chine, ont ainsi pris contact avec un peu de France en applaudissement avec enthousiasme l’œuvre du maître. On s’accorde à Saigon à féliciter chaleureusement les directeurs du nouveau théâtre, qui ont su faire de la capitale de la Cochinchine un véritable centre d’art… à 4000 lieues de Paris. » Le Figaro, 4 décembre 1900
Un pousse-pousse au début du XXe siècle
Carte postale, vers 1900 Les Indochinois sont fréquemment employés à des tâches de soumission par lesquelles le colon blanc signifie sa domination.
Un pôle économique
« Colon est le principal centre commercial du riz ; c’est là que se trouvent les plus grandes usines à décortiquer. Cette ville, qui possède 122000 habitants, presque tous Chinois (160 Européens seulement en 1898) est située à environ 5 kilomètres de Saigon, à laquelle elle est reliée par un canal, toujours sillonné de bateaux et de sampans1, et par deux tramways à vapeur ». La Quinzaine coloniale (organe de presse du lobby colonial français), 10 mai 1901 « Le mouvement du port de Saigon est à ce point remarquable que les limites du port de commerce ont été insuffisantes à contenir la flotte commerciale et qu’il a fallu autoriser les débarquement exceptionnels en dehors de cette enceinte pour satisfaire toutes les convenances commerciales. Quatre-vingts navires se trouvaient, vers la fin mars, échelonnées sur la rivière et cent vingt mille tonnes de riz sortaient pendant le mois de la colonie, dont vingt mille tonnes à destination de la France et cent mille vers l’étranger. » La Quinzaine coloniale, 23 mai 1907 1 Bateau asiatique à fond plat.
Entrée de la rue Catinat
La ville de Saigon en 1913
Un pousse-pousse au début du XXe siècle
Carte postale, vers 1900 Les Indochinois sont fréquemment employés à des tâches de soumission par lesquelles le colon blanc signifie sa domination.
Des espaces d' "entre-soi" blancs
Le champ de courses de Saigon, carte postale colorisée, 1914
La ville de Saigon en 1913
Palais du lieutenant gouverneur
La ville décrite par le gouverneur général de l'Indochine
Saigon est une belle ville tropicale, la plus gracieuse des villes d’Extrême-Orient. Certains de ses monuments sont superbes ; tous ont grande allure ; les maisons sont en général fort coquettes, les rues bien ombragées, et le tout noyé dans un océan de verdure. […] Le palais du Gouverneur général est vaste, imposant, la façade bien dégagée au milieu d’un parc dessiné de façon irréprochable. […] On peut y recevoir dignement au nom de la France. Quand nous y sommes arrivés, en 1897, le palais sentait l’abandon où il était laissé depuis 10 ans, depuis que le Gouverneur général, toujours au Tonkin qu’il administrait, n’habitait plus al Cochinchine que par exception, en passant et pendant quelques jours. La construction du palais datait de vingt-cinq ans environ, soit dix années après la conquête. […] Les gouverneurs de l’époque, les amiraux, ont voulu que ce travail fût une sorte de symbole de la puissance et de la durée indéfinie de l’occupation française en Cochinchine. […] Les revenus de la ville sont élevés, parce que l’administration de la Cochinchine il abandonne la presque-totalité du produit de taxes directes. On ne peut pas dire qu’ils aient été toujours bien employés. Un personnel trop nombreux de fonctionnaires municipaux grève lourdement le budget, qui supporte encore des dépenses de luxe, quand certains travaux utiles, l’assainissement de la ville en particulier. Paul Doumer (gouverneur général de l’Indochine française de 1897 à 1902), L’Indochine française, Souvenirs, Paris. Vuibert et Nony, 1905.
La cathédrale
Saigon et la Cochinchine, Album photo de Dieulefil, vers 1900
PPO - Saigon, ville coloniale
Hugo Bruerre
Created on April 15, 2024
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17
14
Des espaces d' "entre-soi" blancs
Le champ de courses de Saigon, carte postale colorisée, 1914
Un pôle économique
« Colon est le principal centre commercial du riz ; c’est là que se trouvent les plus grandes usines à décortiquer. Cette ville, qui possède 122000 habitants, presque tous Chinois (160 Européens seulement en 1898) est située à environ 5 kilomètres de Saigon, à laquelle elle est reliée par un canal, toujours sillonné de bateaux et de sampans1, et par deux tramways à vapeur ». La Quinzaine coloniale (organe de presse du lobby colonial français), 10 mai 1901 « Le mouvement du port de Saigon est à ce point remarquable que les limites du port de commerce ont été insuffisantes à contenir la flotte commerciale et qu’il a fallu autoriser les débarquement exceptionnels en dehors de cette enceinte pour satisfaire toutes les convenances commerciales. Quatre-vingts navires se trouvaient, vers la fin mars, échelonnées sur la rivière et cent vingt mille tonnes de riz sortaient pendant le mois de la colonie, dont vingt mille tonnes à destination de la France et cent mille vers l’étranger. » La Quinzaine coloniale, 23 mai 1907 1 Bateau asiatique à fond plat.
L’aménagement de la ville européenne
Outre les Annamites, on comptait encore en 1864 six mille Chinois, presque tous commerçants, habitant depuis le fleuve jusqu’à Tong Kéou, un certain nombre d’Indiens, environ 200, qui s’occupaient d’élever du bétail et de conduire des voitures. […] Les fonctionnaires et les gens les plus riches habitaient sur le plateau, entre la citadelle et la plaine des Tombeaux, les pauvres gens le long des arroyos1. Pour créer les établissements de commerce et de navigation, on fut obligé de relever les bords de la rivière. […] Lorsque la pente fut devenue à peu près régulière, on dessina des rues se coupant à angle droit. Ces larges voies macadamisées, plantées d’arbres qui devaient grandir ne furent garnies de maisons que très lentement ; les colons, peu nombreux, manquant de matériaux puisque le pays n’en fournit pas, ne pouvaient construire qu’en bois ; les établissements publics étaient des baraquements : les fonctionnaires habitaient des maisons à la mode annamite, et le gouverneur lui-même n’avait qu’un palais de bois démontable, fabriqué à Singapour. En 1869, les recettes prévues pour les travaux de Saigon montaient à 554 000 fr. […] Les dépenses visaient l’augmentation du corps de police, l’établissement d’une école municipale, la création d’une bibliothèque, d’un service gratuit de vaccine ; la construction d’un marché en fer, le rechargement des rues en cailloux et sable, la construction d’égouts et de trottoirs. Prosper Cultru, Histoire de la Cochinchine française des origines à 1883, A. Challamel, 1910. 1 Cours d’eau temporaires, ruisseaux qui se remplissent lorsqu’il pleut.
Boulevard Charner
La ville décrite par le gouverneur général de l'Indochine
Saigon est une belle ville tropicale, la plus gracieuse des villes d’Extrême-Orient. Certains de ses monuments sont superbes ; tous ont grande allure ; les maisons sont en général fort coquettes, les rues bien ombragées, et le tout noyé dans un océan de verdure. […] Le palais du Gouverneur général est vaste, imposant, la façade bien dégagée au milieu d’un parc dessiné de façon irréprochable. […] On peut y recevoir dignement au nom de la France. Quand nous y sommes arrivés, en 1897, le palais sentait l’abandon où il était laissé depuis 10 ans, depuis que le Gouverneur général, toujours au Tonkin qu’il administrait, n’habitait plus al Cochinchine que par exception, en passant et pendant quelques jours. La construction du palais datait de vingt-cinq ans environ, soit dix années après la conquête. […] Les gouverneurs de l’époque, les amiraux, ont voulu que ce travail fût une sorte de symbole de la puissance et de la durée indéfinie de l’occupation française en Cochinchine. […] Les revenus de la ville sont élevés, parce que l’administration de la Cochinchine il abandonne la presque-totalité du produit de taxes directes. On ne peut pas dire qu’ils aient été toujours bien employés. Un personnel trop nombreux de fonctionnaires municipaux grève lourdement le budget, qui supporte encore des dépenses de luxe, quand certains travaux utiles, l’assainissement de la ville en particulier. Paul Doumer (gouverneur général de l’Indochine française de 1897 à 1902), L’Indochine française, Souvenirs, Paris. Vuibert et Nony, 1905.
Palais du Gouverneur Général de l'Indochine
Une petite France en Indochine
« Au nouveau théâtre de Saigon, une merveille d’architecture inaugurée cette année, on a donné ces jours derniers la première représentation de La Navarraise, le poignant drame lyrique de Massenet. Succès énorme. Nos braves soldats, de retour de la campagne de Chine, ont ainsi pris contact avec un peu de France en applaudissement avec enthousiasme l’œuvre du maître. On s’accorde à Saigon à féliciter chaleureusement les directeurs du nouveau théâtre, qui ont su faire de la capitale de la Cochinchine un véritable centre d’art… à 4000 lieues de Paris. » Le Figaro, 4 décembre 1900
Hôtel des Postes et Télégraphes
L’aménagement de la ville européenne
Outre les Annamites, on comptait encore en 1864 six mille Chinois, presque tous commerçants, habitant depuis le fleuve jusqu’à Tong Kéou, un certain nombre d’Indiens, environ 200, qui s’occupaient d’élever du bétail et de conduire des voitures. […] Les fonctionnaires et les gens les plus riches habitaient sur le plateau, entre la citadelle et la plaine des Tombeaux, les pauvres gens le long des arroyos1. Pour créer les établissements de commerce et de navigation, on fut obligé de relever les bords de la rivière. […] Lorsque la pente fut devenue à peu près régulière, on dessina des rues se coupant à angle droit. Ces larges voies macadamisées, plantées d’arbres qui devaient grandir ne furent garnies de maisons que très lentement ; les colons, peu nombreux, manquant de matériaux puisque le pays n’en fournit pas, ne pouvaient construire qu’en bois ; les établissements publics étaient des baraquements : les fonctionnaires habitaient des maisons à la mode annamite, et le gouverneur lui-même n’avait qu’un palais de bois démontable, fabriqué à Singapour. En 1869, les recettes prévues pour les travaux de Saigon montaient à 554 000 fr. […] Les dépenses visaient l’augmentation du corps de police, l’établissement d’une école municipale, la création d’une bibliothèque, d’un service gratuit de vaccine ; la construction d’un marché en fer, le rechargement des rues en cailloux et sable, la construction d’égouts et de trottoirs. Prosper Cultru, Histoire de la Cochinchine française des origines à 1883, A. Challamel, 1910. 1 Cours d’eau temporaires, ruisseaux qui se remplissent lorsqu’il pleut.
Une petite France en Indochine
« Au nouveau théâtre de Saigon, une merveille d’architecture inaugurée cette année, on a donné ces jours derniers la première représentation de La Navarraise, le poignant drame lyrique de Massenet. Succès énorme. Nos braves soldats, de retour de la campagne de Chine, ont ainsi pris contact avec un peu de France en applaudissement avec enthousiasme l’œuvre du maître. On s’accorde à Saigon à féliciter chaleureusement les directeurs du nouveau théâtre, qui ont su faire de la capitale de la Cochinchine un véritable centre d’art… à 4000 lieues de Paris. » Le Figaro, 4 décembre 1900
Un pousse-pousse au début du XXe siècle
Carte postale, vers 1900 Les Indochinois sont fréquemment employés à des tâches de soumission par lesquelles le colon blanc signifie sa domination.
Un pôle économique
« Colon est le principal centre commercial du riz ; c’est là que se trouvent les plus grandes usines à décortiquer. Cette ville, qui possède 122000 habitants, presque tous Chinois (160 Européens seulement en 1898) est située à environ 5 kilomètres de Saigon, à laquelle elle est reliée par un canal, toujours sillonné de bateaux et de sampans1, et par deux tramways à vapeur ». La Quinzaine coloniale (organe de presse du lobby colonial français), 10 mai 1901 « Le mouvement du port de Saigon est à ce point remarquable que les limites du port de commerce ont été insuffisantes à contenir la flotte commerciale et qu’il a fallu autoriser les débarquement exceptionnels en dehors de cette enceinte pour satisfaire toutes les convenances commerciales. Quatre-vingts navires se trouvaient, vers la fin mars, échelonnées sur la rivière et cent vingt mille tonnes de riz sortaient pendant le mois de la colonie, dont vingt mille tonnes à destination de la France et cent mille vers l’étranger. » La Quinzaine coloniale, 23 mai 1907 1 Bateau asiatique à fond plat.
Entrée de la rue Catinat
La ville de Saigon en 1913
Un pousse-pousse au début du XXe siècle
Carte postale, vers 1900 Les Indochinois sont fréquemment employés à des tâches de soumission par lesquelles le colon blanc signifie sa domination.
Des espaces d' "entre-soi" blancs
Le champ de courses de Saigon, carte postale colorisée, 1914
La ville de Saigon en 1913
Palais du lieutenant gouverneur
La ville décrite par le gouverneur général de l'Indochine
Saigon est une belle ville tropicale, la plus gracieuse des villes d’Extrême-Orient. Certains de ses monuments sont superbes ; tous ont grande allure ; les maisons sont en général fort coquettes, les rues bien ombragées, et le tout noyé dans un océan de verdure. […] Le palais du Gouverneur général est vaste, imposant, la façade bien dégagée au milieu d’un parc dessiné de façon irréprochable. […] On peut y recevoir dignement au nom de la France. Quand nous y sommes arrivés, en 1897, le palais sentait l’abandon où il était laissé depuis 10 ans, depuis que le Gouverneur général, toujours au Tonkin qu’il administrait, n’habitait plus al Cochinchine que par exception, en passant et pendant quelques jours. La construction du palais datait de vingt-cinq ans environ, soit dix années après la conquête. […] Les gouverneurs de l’époque, les amiraux, ont voulu que ce travail fût une sorte de symbole de la puissance et de la durée indéfinie de l’occupation française en Cochinchine. […] Les revenus de la ville sont élevés, parce que l’administration de la Cochinchine il abandonne la presque-totalité du produit de taxes directes. On ne peut pas dire qu’ils aient été toujours bien employés. Un personnel trop nombreux de fonctionnaires municipaux grève lourdement le budget, qui supporte encore des dépenses de luxe, quand certains travaux utiles, l’assainissement de la ville en particulier. Paul Doumer (gouverneur général de l’Indochine française de 1897 à 1902), L’Indochine française, Souvenirs, Paris. Vuibert et Nony, 1905.
La cathédrale
Saigon et la Cochinchine, Album photo de Dieulefil, vers 1900