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DM HG - Les guerres d'Indochine et du Vietnam - L'année 1968

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Guerre d'Indochine, Guerre du Vietnam et année 1968

Par Louane Valdenaire, Maéva Petit-Prêtre et Ryna Spriridonov

Sommaire :

I) La guerre d'Indochine, une guerre de décolonisation au début de la Guerre froide (1946-1954)II) La Guerre du Vietnam, un conflit idéologique au coeur de la Guerre Froide III) Année 1968 dans le monde

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I) La guerre d'Indochine, une guerre de décolonisation au début de la Guerre froide (1946-1954)

a) Les conséquences de la Seconde guerre mondiale sur l'Indochine

Tout d’abord qu’est ce que l’Indochine ? L’Indochine est une péninsule d’Asie composée de la Cochinchine, de l’Annam et du Tonkin qui sont trois régions qui appartiennent au Vietnam actuel ainsi que du Cambodge et du Laos. Ces territoires sont conquis au XIXe siècle par la France du Second Empire. Durant la Seconde Guerre Mondiale c’est donc l’administration française et le gouverneur qui dirigent.

En mars 1945, l’armée japonaise, alliée de l’Allemagne nazie attaque les troupes françaises et occupe l’Indochine. Les soldats français sont déportés dans des camps de prisonniers, où ils sont torturés. L’empereur d’Annam, Bao-Dai, se rallie aux Japonais. La seule force de résistance face à l’envahisseur est le Vietminh, un mouvement communiste créé en 1941 par Hô Chi Minh afin d’obtenir l’indépendance du Vietnam.

Prisonnier français libéré par le ViêtMinh

Quand le Japon capitule le 2 septembre 1945, le Vietminh prend le pouvoir dans le nord du Vietnam. Hô Chi Minh proclame alors l’indépendance de la République démocratique du Vietnam. Mais au lendemain de la guerre, la France veut récupérer l’Indochine et éviter que d’autres territoires ne l’imitent et demandent l’indépendance.

Proclamation de l'indépendance du Vietnam

B) La guerre de décolonisation

Fin 1945, le général Leclerc et ses troupes sont envoyés en Indochine pour rétablir l’autorité de la France.En mars 1946, la France accepte de reconnaître le Vietnam comme un « État associé » au sein de l’Union française, qui remplace l’Empire français. Hô Chi Minh se rend en France pour négocier l’indépendance de son pays, lors de la conférence de Fontainebleau, en juillet 1946.

Président Ho Chi Minh de la République du Vietnam avec M Marius Moutet, Ministre français des Colonies

Cependant, la situation se dégrade rapidement en Indochine. Au cours d'une opération pour mettre à jour un trafic d’armes au profit du Vietminh, des douaniers français sont tués par des membres du Vietminh.En novembre 1946, un haut fonctionnaire français opposé aux négociations, Thierry d’Argenlieu, profite du désordre pour ordonner à la marine française de bombarder le port d’Haïphong. Il pense ainsi impressionner le Vietminh.

Bombardement d'Haïphong

Offensive pour prendre la ville de Hanoï à l'initiative du Vietminh

En représailles, le 19 décembre 1946, ce dernier attaque les magasins français et les maisons des colons. Plusieurs d’entre eux sont tués. C’est le début de la guerre d’Indochine.

Hô Chi Minh entre dans la clandestinité. Il forme en secret une véritable armée qu’il confie au général Võ Nguyên Giáp. Les troupes du Vietminh contrôlent le nord du Vietnam. Le Vietminh mène des actions de guérilla, une guerre fondée sur le harcèlement de l'adversaire par des embuscades et des coups de main. Le pays est montagneux, couvert par la forêt tropicale, et se prête bien à ces actions de harcèlement. De plus, le Vietminh bénéficie du soutien de la population vietnamienne, tandis que l’opinion française se désintéresse de cette guerre lointaine.

Bataille de Dien Bien Phu et général Võ Nguyên Giáp

C) Vers l'indépendance et la Guerre froide

Alors que le Laos et le Cambodge rejoignent l’Union française en 1948, Hô Chi Minh poursuit la lutte indépendantiste. Il profite de l’arrivée de Mao au pouvoir en Chine, en 1949. La Chine, devenue communiste, apporte un soutien massif au Vietminh : soutien politique, mais aussi militaire en livrant du matériel comme des armes par exemple.

Mao Zedong

En juin 1950 débute la Guerre de Corée, dans laquelle les États-Unis s’engagent pour stopper l’expansion communiste en Asie. En cette phase dure de la Guerre froide, les États-Unis, après avoir hésité, accordent leur soutien à la France. L’URSS, quant à elle, se range du côté de Hô Chi Minh. À la guerre de décolonisation se superpose donc de plus en plus la logique bipolaire de la Guerre froide.

25 juin 1950, début de la Guerre de Corée

Mise en difficulté par la victoire du Vietminh à Cao Bang en octobre 1950, l’armée française rétablit la situation en décembre 1952 par sa victoire dans la plaine des Jarres. Il s’agit alors pour le gouvernement français de remporter une victoire militaire décisive avant la conférence de Genève prévue en avril 1954. Cette conférence devant régler le sort du Vietnam, la France veut s’y présenter en position de force.

Cao Bang en octobre 1950

L’État-major français décide de tendre un piège au Vietminh et de l’attirer dans la cuvette de Diên Biên Phu, où l’armée française a installé un camp retranché depuis novembre 1953. Le Vietminh choisit d’assiéger Diên Biên Phu, en coupant tous les accès possibles pour le ravitaillement. Les Français sont pris à leur propre piège. Le 13 mars 1954, le général Giáp envoie ses 35 000 hommes à l’assaut de Diên Biên Phu. Après de longs et âpres combats, Diên Biên Phu tombe aux mains du Vietminh, le 7 mai 1954. Sur les 15 000 soldats français, 10 000 sont faits prisonniers. Ils vont être emprisonnés dans des camps, humiliés, maltraités : seuls 3 300 seront libérés quelques mois plus tard.

Plan de situation de la bataille de Dien Bien Phu

L’opinion française s’émeut de cette défaite, mais surtout du coût financier de cette guerre, qui dure depuis près de huit ans. L’annonce de la défaite française tombe lors de la conférence de Genève, où les représentants de 19 pays dont la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis, l’URSS et la Chine tentent de trouver une solution au conflit indochinois.

Signature des Accords de Genève

Le 21 juillet 1954 sont signés les accords de Genève, ratifiés côté français par Pierre Mendès-France, le président du Conseil de la IVe République : le Vietnam est divisé en deux par le 17e parallèle, et une réunification est prévue pour les années à venir. Les troupes françaises évacuent le nord du Vietnam, puis le sud. Mais la région va devenir l’un des principaux théâtre de la Guerre froide.

Sources:

Wikipedia/ Vikidia INA.fr retrospectivesdnjnjbne de la guerre d'indochine Radio Canada : La guerre d'indochine, le violent conflit oublié Pages du Manuel Europe 1, Au coeur de L'histoire: La guerre d'indochine (Frank Ferrand)

de la guerre d'Indochine

II) La Guerre du Vietnam, un conflit idéologique au coeur de la Guerre Froide

Bilan :

La domination française en Indochine est remise en cause par la Seconde Guerre mondiale et l’émergence du mouvement indépendantiste communiste, le Vietminh. La guerre d’Indochine (1946-1954) se conclut par la défaite française et l’indépendance du Vietnam, actée à la Conférence de Genève, mais le pays est divisé par la logique de Guerre froide.

A) Contexte historique et colonialisme :La guerre du Vietnam trouve ses racines dans le contexte colonial de l'Indochine française. Après la Seconde Guerre mondiale, les nationalistes vietnamiens, dirigés par Ho Chi Minh et le Viêt Minh, ont proclamé l'indépendance du Vietnam en 1945. Cependant, la France cherchait à rétablir son contrôle colonial, déclenchant ainsi une guerre d'indépendance qui a duré jusqu'en 1954. La guerre d'Indochine s'est terminée par les Accords de Genève de 1954, qui ont divisé le Vietnam en deux : le Nord communiste, dirigé par Ho Chi Minh, et le Sud non communiste, soutenu par les États-Unis et dirigé par Ngo Dinh Diem. Fondamentalement, le conflit porte sur le désir du gouvernement nord-vietnamien d'unifier l'ensemble du pays sous un seul régime communiste, tandis que le leader du sud, Ngo Dinh Diem, veut préserver un Vietnam plus proche de l'Occident.

Lorsque la guerre froide se développe et que le monde se divise alors entre le bloc de l’Est et de l’Ouest, les États-Unis commencent donc à voir l’intérêt de soutenir les Français contre une armée nationaliste aux influences communistes. Le 7 avril 1954, le président Dwight D. Eisenhower invente l’une des expressions qui va définir la politique étrangère des Etats-Unis pour les années à venir : « le principe du domino tombant ». Cette théorie est l’une des raisons les plus citées pour justifier l’engagement des États-Unis dans la guerre du Vietnam. Il est ainsi suggéré que la chute de l’Indochine française pourrait entraîner un effet domino en Asie du Sud-Est, où tous les pays environnants tomberaient, à l’image de dominos, dans le giron du communisme. Le but est donc de prévenir une future domination communiste du sud-est asiatique.

B)Un conflit idéologique au coeur de la guerre froide

Tout d'abord, la Guerre Froide était marquée par l'affrontement idéologique entre le communisme, représenté principalement par l'Union soviétique et la Chine, et le capitalisme, incarné par les États-Unis et leurs alliés. La Guerre du Vietnam était donc considerée comme un terrain de lutte idéologique entre les deux camps rivaux. Chaque côté cherchait à démontrer la supériorité de son système politique et économique, utilisant le Vietnam comme un champ de bataille pour cette confrontation idéologique.

C) Des tactiques de guerre brutales La guerre a été caractérisée par une guérilla intense menée par le Viet Cong (les forces communistes au Sud) et des opérations militaires conventionnelles menées par les forces américaines et sud-vietnamiennes. Les tunnels de Cu Chi et les pièges mortels sont devenus emblématiques de la guerre de guérilla menée par le Viet Cong.

Les tactiques de guerre brutales étaient monnaie courante, avec des bombardements massifs ciblant souvent des zones civiles, l'utilisation d'armes chimiques comme l'Agent Orange qui contenait des produits chimiques très toxiques ayant causé des effets dévastateurs sur la santé humaine et l'environnement, provoquant des maladies graves chez de nombreux civils vietnamiens et des vétérans américains. Des actes de torture et de brutalité ont également été signalés des deux côtés, ainsi que des déplacements forcés de populations civiles pour éliminer les soutiens potentiels de l'ennemi.

photo et carte montrant l'utlisation massive de l'agent orange ainsi que les déplacements de population

L'utilisation du napalm a également choqué le monde entier et à été emblématique de l'horreur de la guerre du Vietnam. En effet, les bombes au napalm était particulièrement utlisées par les forces américaines lors de leurs opérations de bombardement dans l'objectif de détruire la végétation dense ainsi que les cachettes ennemies. Elles étaient également larguées sur des zones civiles et des villages suspectés d'abriter des forces ennemies, entraînant des incendies massifs et des destructions généralisées. L'effet du napalm était dévastateur, provoquant des brûlures sévères qui ravageaient la chair de ses victimes et provoquant des mutilations chez ceux qui étaient touchés par le feu.

D) Opposition et mouvement anti-guerre :

Mais la guerre n'était pas seulement un conflit armé sur le terrain ; elle a également été un théâtre d'opposition politique et sociale. Des voix telles que celle de Martin Luther King Jr. se sont élevées contre l'injustice et l'immoralité de la guerre, alimentant un mouvement de protestation massif tant aux États-Unis que dans le monde entier.

Ces documents ont révélé que plusieurs administrations américaines successives avaient intentionnellement caché au public des informations sur l'implication des États-Unis dans la guerre du Vietnam, ainsi que des preuves montrant que le gouvernement avait délibérément trompé le peuple américain sur la progression et la nature de la guerre . Ces preuves de dissimulation et de manipulation ont été fortement censurées par le president Nixon qui niait l'existence de ces documents et ont fortement alimenté le mouvement anti-guerre déjà en croissance, conduisant de nombreux Américains à remettre en question les motifs et les actions de leur gouvernement en matière de politique étrangère.Cela a gravement alimenté la mefiance du public sur ses dirigeants et a entaché la crédibilité du gouvernement americain.

Pentagons papers

La publication des pentagons papers ont d'ailleurs renforcé ces protestations et ont suscité un débat public intense sur la légitimité et la moralité de l'engagement des États-Unis dans la guerre du Vietnam car ils ont révélé au grand jour les mensonges et les manipulations du gouvernement americain. En effet, les Pentagon Papers étaient un ensemble de documents secrets du département de la Défense des États-Unis qui ont été divulgués par un lanceur d'alerte nommé Daniel Ellsberg en 1971.

Accords de Paris, 1973

E)Fin de la guerre

Au fil des années, le coût humain et économique de la guerre est devenu de plus en plus insupportable. Les États-Unis ont commencé à retirer leurs troupes dans les années 1970 suite à la “doctrine Nixon”qui visait à aider le Sud-Vietnam à gagner en autonomie afin de poursuivre la guerre par ses propres moyens, sans infliger plus de pertes à l’armée américaine. Il faudra attendre le 27 janvier 1973 pour que soient signé un veritable tournant en faveur de la paix : les Accords de Paris, confirmant le désengagement américain au Vietnam. Cependant, le dernier coup de feu n'est tiré qu'en 1975. En effet, la chute de Saigon en 1975 a scellé la victoire des forces communistes en unifiant le Vietnam sous un régime communiste. Cette guerre se solde donc par une véritable humiliation, ainsi qu'un véritable désastre politique pour les Etats-Unis.
F) Conclusion :

La guerre du Vietnam a eu des conséquences dévastatrices, tant pour le Vietnam que pour les États-Unis. Des millions de Vietnamiens ont été tués ou blessés, et de vastes étendues de terres ont été dévastées. Cette guerre a été une veritable humilation pour les États-Unis, provoquant une crise politique et sociale majeure, sapant la confiance du public envers le gouvernement et alimentant le mouvement des droits civiques et les mouvements contre la guerre. Les Pentagons Papers ont provoqué peu après la crise Watergate qui a entrainé la demission du président Nixon. Après la Seconde Guerre mondiale, la guerre du Vietnam a été la guerre la plus longue, la plus coûteuse, la plus meurtrière, et la plus destructrice de l’environnement et des infrastructures. Elle a ainsi coûté la vie à 320 000 soldats et infligé au Vietnam des cicatrices profondes qui, aujourd’hui encore, ne se sont pas tout à fait refermées. Enfin, la Guerre du Vietnam était profondément enracinée dans les tensions idéologiques de la Guerre Froide, ce qui en faisait l'un des conflits les plus emblématiques de cette période de l'histoire mondiale.

Sources

Cours TREMPLIN IEP (preparation science po) Wikipedia Géo.fr Lumni, Vietnam, la fin de la guerre Pages du Manuel Film de Spielberg, "The Post"

III) Année 1968 dans le monde

Contexte

Démographique

Les années 1960 ont connu, jusqu’à ce jour, la plus forte croissance de la population mondiale. En effet, l’humanité gagne près de 1 milliard d’habitants en 10 ans. Suite à la Seconde Guerre mondiale, on observe un baby boom (augmentation importante du taux de natalité). En 1968, cette génération arrive à l’âge adulte. Cette jeunesse étudiante est omniprésente dans de nombreux pays et, ayant connu uniquement la Guerre froide, a soif de liberté notamment de liberté d’expression.

Géopolitique

Les deux grands blocs qui ont, il y a 6 ans lors de la crise de Cuba, mis le monde au bord de la guerre nucléaire, tente d’apaiser leurs relations et freiner la course à l’armement. Ainsi, l’année 1968 est synonyme de phase de détente pour les deux superpuissances. Cette même année est signé le Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP), alors que la France et la Chine ont déjà accédé à cette technologie. Du coté occidental, les Etats-Unis d’Amérique (EUA) voient leur image se dégrader au fur et à mesure qu’ils s’enlisent dans la guerre du Vietnam. Le contraste entre ce qui a été prononcé et la réalité rend les états-uniens abasourdis et stupéfaits. De l’autre côté, la Chine se sépare de l’URSS et souhaite prendre la tête du bloc, qui s’en trouve fracturé. Elle est également en pleine Révolution culturelle et se présente comme le chef de file du Tiers Monde. Enfin, la décolonisation s’est accélérée dans les années 1960 et la logique bipolaire est contestée par le mouvement des non-alignés. On observe aussi, dans le Moyen-Orient, de fortes tensions, en particulier après la Guerre des 6 jours de 1967 et l’occupation de plusieurs territoires arabes par Israël.

En quoi l'année 1968 est signe de la remise en question des modèles mis en place ainsi que de la guerre froide ?

COTE OUEST

Aux EUA, une jeunesse en lutte et le point de départ des mouvements de contestation.

Les Américains ont foi dans les valeurs démocratiques de leur pays. Ils refusent de partir à l'autre bout du monde et de mettre leur vie en danger dans une guerre menée contre un peuple qui réclame sa liberté. D'une façon plus générale, cette jeunesse, issu du rock’n’roll et des débuts du mouvement hippie, dénonce la culture de la consommation et demande davantage de liberté. Ainsi, la Guerre du Vietnam plonge les États-Unis dans une crise morale. La société américaine montre des failles profondes, une inégalité et une violence en arrière du modèle affiché. Martin Luther King, leader noir de la lutte des Afro-Américains pour les droits civiques, est tué le 4 avril 1968. Les ghettos noirs américains sont enflammés.

En Europe,

les manifestations commencent à partir de 1966 contre l’intervention américaine au Vietnam que ce soit en RFA ou en France avant de toucher l’ensemble des pays européens.

Au Mexique,

Alors que le Mexique s'apprête à accueillir les Jeux olympiques en octobre 1968, le président Diaz Ordaz ne supporte pas que son autoritarisme grandissant soit mis en cause, à plus forte raison au moment où l’Amérique latine accueille ses premiers JO. Les étudiants manifestent et réclament plus de libertés. Les affrontements se multiplient avec la police et la violence s’intensifie. Le 2 octobre 1968, le gouvernement tire sur une foule plus de 10 000 étudiants à Mexico tuant près de 300 manifestants.

En France,

En 1968, la France a été secouée par une série d'événements qui ont marqué l'histoire du pays. Tout a débuté avec les manifestations de mai, débutant le 3 mai à la Sorbonne, où des étudiants ont protesté contre le conservatisme, les restrictions sociales et l'autoritarisme du gouvernement. Le mouvement s'est rapidement amplifié, attirant des millions de personnes dans les rues de Paris et d'autres villes françaises. Ces manifestations ont conduit à des grèves ouvrières massives, paralysant l'économie du pays. Le 24 mai, le gouvernement a cédé à la pression populaire et a commencé à négocier avec les syndicats et les représentants des travailleurs. Cela a abouti aux accords de Grenelle le 27 mai, qui ont représenté un compromis historique entre le gouvernement, les employeurs et les syndicats. Les accords de Grenelle ont prévu des augmentations de salaire substantielles pour les travailleurs, ainsi que des améliorations des conditions de travail, telles que la réduction du temps de travail et des garanties en matière de sécurité. Ces accords ont marqué une victoire significative pour le mouvement ouvrier et ont contribué à apaiser les tensions sociales qui secouaient la France.

En France

Cependant, malgré ces concessions, la crise politique n'a pas été résolue. Le 29 mai, le président Charles de Gaulle a quitté précipitamment la France pour se rendre en Allemagne, laissant le pays dans une situation d'incertitude politique. Sa démission, bien que temporaire, a accentué les divisions au sein du gouvernement et de la société française. Les événements de 1968 ont eu des répercussions durables sur la France. Ils ont entraîné des réformes significatives dans les domaines de l'éducation, de la culture et des droits des travailleurs, contribuant à redéfinir le paysage politique et social de la France moderne.

En Allemagne

Un attentat contre le leader étudiant Rudi Dutschke, le 11 avril 1968, met le feu aux poudres. 5000 personnes se dirigent vers l’immeuble du groupe de presse Springer à Berlin, éditeur du journal Bild, accusé de relayer de fausses informations sur les mouvements étudiants.

Dans une Allemagne coupée en deux, la politique américaine et la partition du monde en deux blocs sont condamnées à égalité à partir de 1966. La jeunesse renvoie dos à dos les impérialismes américain et soviétique et affirme sa solidarité avec le tiers-monde tout en dénonçant la guerre du Vietnam. Mais cette contestation porte aussi sur le silence porté sur la Seconde Guerre mondiale et le nazisme dans cette société ouest-allemande.

COTE EST

En Pologne,

En Pologne, en mars 1968, c’est l’interdiction d’une pièce de théâtre par les autorités communistes qui déclenche le mouvement en faveur des libertés. La contestation se répand rapidement mais le pouvoir en place répond de ma-nière violente et accuse les contestataires d’être des sionistes voulant renverser le régime communiste, ce qui favo-rise le réveil d’un antisémitisme en Pologne, provoquant l’exil de plus de 20 000 personnes.

En Tchécoslovaquie,

En Tchécoslovaquie, l’arrivée au pouvoir du communiste Alexandre Dubcek en janvier 1968 marque un tournant avec la volonté de rechercher une troisième voie, « le socialisme à visage humain ». Parmi les mesures annoncées figurent : la suppression de la censure, la liberté de rassemblement et d'association, et des mesures de libéralisation économique. Les critiques contre l’URSS s’amplifient. La crainte d’une contagion aux autres démocraties populaires favorise le rejet de l’initiative tchécoslovaque et la répression.

Le 3 juillet 1968, le dirigeant soviétique Léonid Brejnev énonce sa doctrine de la souveraineté limitée des États socialistes et déclenche une intervention militaire des troupes du pacte de Varsovie (soviétiques polonaises, est-allemandes, bulgares et hongroises). Ces dernières franchissent la frontière tchécoslovaque en août 1968 et occupent le pays. Une résistance non violente menée par la jeunesse s’organise dans les rues pour repousser dans un premier temps les tanks du pacte de Varsovie, mais ces derniers ouvrent le feu afin de pousser les manifestants à se disperser, provoquant plus d’une centaine de victimes. Alexandre Dubcek et d’autres dirigeants tchécoslovaques sont arrêtés et envoyés à Moscou. La Tchécoslovaquie est placée sous la tutelle de Moscou et reste sous occupation soviétique, mettant fin au « printemps de Prague ».

Les fissures du bloc communiste.

Le Nord-Vietnam, Cuba et une partie des démocraties populaires d’Europe de l’Est approuvent la gestion de la crise par Moscou. Cependant, ailleurs, les critiques se multiplient. La Chine en profite pour critiquer l’URSS. La Yougoslavie de Tito, qui porte le mouvement des non-alignés, se montre défavorable à l’intervention à Prague. Plus inquiétant pour Moscou, l’Albanie se retire du Pacte de Varsovie. De nombreux partis communistes en Occident désapprouvent la répression.

SUR LES AUTRES CONTINENTS

En Afrique

Le continent africain est également touché par ces aspirations aux libertés, mais elles prennent parfois des aspects dramatiques, à l'image de la guerre du Biafra. Alors que le Nigeria obtient son indépendance en 1960, il entre dans une forte période d'instabilité politique, marquée notamment par des massacres des Ibos, l'une de ses nombreuses ethnies. Ces derniers trouvent refuge au Biafra et proclament leur indépendance en 1967. Cette décision marque le début d'un des plus graves conflits d'Afrique, qui dure de juillet 1967 à janvier 1970, faisant près de deux millions de morts, victimes notamment de la famine. Ce conflit, dont les images se diffusent dans le monde entier, provoque une mobilisation humanitaire sans précédent, marquée notamment par la création en 1971 de "Médecins Sans Frontières".

Au Japon

En 1968, le Japon a été secoué par un mouvement étudiant sans précédent, marqué par des manifestations massives contre la participation du pays à la guerre du Vietnam, les politiques gouvernementales conservatrices, ainsi que la tutelle américaine de leur pays (antiaméricanisme et reket de la guerre du Vietnam). Les troubles à l'université de Tokyo et l'incident tragique du 15 juin, où un étudiant a été tué, ont cristallisé les tensions. Ce climat a favorisé l'émergence de la nouvelle gauche japonaise, qui a critiqué vigoureusement le gouvernement et plaidé pour un changement radical. Le rejet de la guerre du Vietnam se réalise aussi car l’archipel japonais participait indirectement à cette guerre puisque des bombardiers américains décollaient depuis le Japon et les bombardements au napalm rappelaient les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Si le mouvement est largement populaire en 1968 au Japon, en revanche la radicalité du mouvement marquée par le terrorisme des années suivantes entraîne un rejet total du mouvement qui avait précédé.

CONCLUSION

En somme, l'année 1968 symbolise un moment de remise en question des modèles établis et des tensions croissantes de la Guerre froide, sur tous les continents. Les mouvements de contestation et les crises internationales de cette période ont défié les normes existantes et mis en lumière la fragilité de l'ordre mondial. Ainsi, 1968 demeure un marqueur essentiel de changement et de conflit, illustrant une époque de profonde turbulence politique et sociale.

SOURCES

1) https://www.maxicours.com/se/cours/l-annee-1968-dans-le-monde/ 2) Cours Tremplin (préparation pour le concours commun des Instituts d’Etudes Politiques) 3) Le manuel et les pages données en cours.