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LL toutes

Marine Lancel

Created on April 1, 2024

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Transcript

Lecture

Linéaire

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Index

01

Poésie

02

Roman

03

Litératurre d'idée

04

Théâtre

01

La

poésie

LL1

LL2

LL3

LL4

Ma bohème (fantansie)

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ; Mon paletot aussi devenait idéal ; J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ; Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées ! Mon unique culotte avait un large trou. – Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse. – Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou Et je les écoutais, assis au bord des routes, Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ; Où, rimant au milieu des ombres fantastiques, Comme des lyres, je tirais les élastiques De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur ! Arthur Rimbaud, Cahier de Douai (1870)

Ce poème est un sonnet mais il n'est pas conforme aux normes du sonnet, pas le bon système de rimes. Le titre n'est pas commun, il oriente la lecture : le mot "fantansie" guide la lecture vers quelque chose de rêvé qu'il ne faut pas forcement prendre au sérieux. "Ma Bohème" fait pensé à des souvenirs personnels. Cela fait référence au mode vie tsigane qui sont des habitant de la bohème et des gens du voyage, des vagabonds, itinérants, il s'approprie ce mode vie. "mener une vie de Bohème" sous-entend une liberté sans contrainte. Il revendique ce mode vie anti-conformiste en opposition avec la bourgeoisie. Ce poème relève bien d'une émancipation créatrice, du point de vue de la forme, du contenu et du portrait du poète

1er mouvement

2e mouvement

Roman

Arthur Rimbaud

I On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. - Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, Des cafés tapageurs aux lustres éclatants ! - On va sous les tilleuls verts de la promenade. Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ! L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ; Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin - A des parfums de vigne et des parfums de bière.... II - Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon D'azur sombre, encadré d'une petite branche, Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond Avec de doux frissons, petite et toute blanche... Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser. La sève est du champagne et vous monte à la tête... On divague ; on se sent aux lèvres un baiser Qui palpite là, comme une petite bête... III Le coeur fou Robinsonne à travers les romans, Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère, Passe une demoiselle aux petits airs charmants, Sous l'ombre du faux col effrayant de son père... Et, comme elle vous trouve immensément naïf, Tout en faisant trotter ses petites bottines, Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif.... - Sur vos lèvres alors meurent les cavatines... IV Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août. Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire. Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût. - Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire...! - Ce soir-là,... - vous rentrez aux cafés éclatants, Vous demandez des bocks ou de la limonade.. - On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade. 29 sept. 70 Arthur Rimbaud

situation initiale

élément pertubateur

péripéthie

résolution et sitution finale

Poème organisé en 4 sections qui contiennent chacun 2 quatrin d'alexandrin en rimes croisés Le titre du poème correspond à sa disposition : section = chapitre. Le roman du 19e siècle désigne de la fiction. Les 1er romans étaient des récits d'amour de grand héro. Etymologiquement "roman" c'est un langue populaire par opposition au latin => ce n'est pas un genre très noble. Ce poème est le récit d'une relation amoureuse. le romanesque est tourné en dérision

Brise marine

La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres. Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres D’être parmi l’écume inconnue et les cieux ! Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe Sur le vide papier que la blancheur défend Et ni la jeune femme allaitant son enfant. Je partirai ! Steamer balançant ta mâture, Lève l’ancre pour une exotique nature ! Un Ennui, désolé par les cruels espoirs, Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs ! Et, peut-être, les mâts, invitant les orages, Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots … Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots ! Stéphane Mallarmé, Vers et Prose, 1893

=>forme libre : 2 strophes, 1 dizain et 1 sixain S.M. est un poète symboliste mais fait aussi du parnasse (courant litt où les membres se consacrent à "l'art pour l'art" (visée esthétique, parfaite) ils font de leur oeuvres des bijoux des oeuvres d'art). Parnasse = ref à un des 7 monts sur lesquels vivent les dieux grecques. Ce poème est une réflexion sur l'art le titre : brise = vent léger, connotation +, méliorative. "marine"= grâce à la mer, l'eau, le voyage Ce poème est une définition du spleen? utiliser par Beaudelaire pour traduire les angoisses : -immense découragement -sensation d'isolement insupportable -peur perpétuelle d'un malheur vague - -confiance complète des forces -absence totale de désir familial -impossibilité de s'amuser

les Effarés

Arthur Rimbaud

Noirs dans la neige et dans la brume, Au grand soupirail qui s’allume, Leurs culs en rond A genoux, cinq petits, -misère!- Regardent le boulanger faire Le lourd pain blond… Ils voient le fort bras blanc qui tourne La pâte grise, et qui l’enfourne Dans un trou clair. Ils écoutent le bon pain cuire. Le boulanger au gras sourire Chante un vieil air. Ils sont blottis, pas un ne bouge Au souffle du soupirail rouge Chaud comme un sein. Et quand, pendant que minuit sonne, Façonné, pétillant et jaune, On sort le pain, Quand, sous les poutres enfumées Chantent les croûtes parfumées Et les grillons, Quand ce trou chaud souffle la vie; Ils ont leur âme si ravie Sous leurs haillons, Ils se ressentent si bien vivre, Les pauvres petits pleins de givre, -Qu’ils sont là, tous, Collant leurs petits museaux roses Au grillage, chantant des choses, Entre les trous, Mais bien bas, -comme une prière… Repliés vers cette lumière Du ciel rouvert, -Si fort, qu’ils crèvent leur culotte -Et que leur lange blanc tremblotte Au vent d’hiver… Arthur Rimbaud, Recueil de Douai, 1870

cadre spacio temporel

focalisation sur les perso

focalisation sur le pain

rend compte de l'effet produit sur les protagonistes

02

Le

roman

LL5

LL6

LL7

LL8

Le dernier feu

Les Vrilles de la Vignes, Colette

Pour M... Allume, dans l’âtre, le dernier feu de l’année ! Le soleil et la flamme illumineront ensemble ton visage. Sous ton geste, un ardent bouquet jaillit, enrubanné de fumée, mais je ne reconnais plus notre feu de l’hiver, notre feu arrogant et bavard, nourri de fagots secs et de souches riches. C’est qu’un astre plus puissant, entré d’un jet par la fenêtre ouverte, habite en maître notre chambre, depuis ce matin… Regarde ! il n’est pas possible que le soleil favorise, autant que le nôtre, les autres jardins ! Regarde bien ! car rien n’est pareil ici à notre enclos de l’an dernier, et cette année, jeune encore et frissonnante, s’occupe déjà de changer le décor de notre douce vie retirée… Elle allonge, d’un bourgeon cornu et verni, chaque branche de nos poiriers, d’une houppe de feuilles pointues chaque buisson de lilas… Oh ! les lilas surtout, vois comme ils grandissent ! Leurs fleurs que tu baisais en passant, l’an dernier, tu ne les respireras, Mai revenu, qu’en te haussant sur la pointe des pieds, et tu devras lever les mains pour abaisser leurs grappes vers ta bouche… Regarde bien l’ombre, sur le sable de l’allée, que dessine le délicat squelette du tamaris : l’an prochain, tu ne la reconnaîtras plus… Et les violettes elles-mêmes, écloses par magie dans l’herbe, cette nuit, les reconnais-tu ? Tu te penches, et comme moi tu t’étonnes ; ne sont-elles pas, ce printemps-ci, plus bleues ? Non, non, tu te trompes, l’an dernier je les ai vues moins obscures, d’un mauve azuré, ne te souviens-tu pas ?… Tu protestes, tu hoches la tête avec ton rire grave, le vert de l’herbe neuve décolore l’eau mordorée de ton regard… Plus mauves… non, plus bleues… Cesse cette taquinerie ! Porte plutôt à tes narines le parfum invariable de ces violettes changeantes et regarde, en respirant le philtre qui abolit les années, regarde comme moi ressusciter et grandir devant toi les printemps de ton enfance… Plus mauves… non, plus bleues… Je revois des prés, des bois profonds que la première poussée des bourgeons embrume d’un vert insaisissable, – des ruisseaux froids, des sources perdues, bues par le sable aussitôt que nées, des primevères de Pâques, des jeannettes jaunes au cœur safrané, et des violettes, des violettes, des violettes…

invitaton à la naissance du printemps

dialogue amour

voyage dans le passé

les sauvages

Sido, Colette

J’ai dit adieu au mort, à l’aîné sans rivaux ; mais je recours aux récits maternels, et aux souvenirs de ma petite enfance, si je veux savoir comment se forma le sexagénaire à moustache grise qui se glisse chez moi, la nuit tombée, ouvre ma montre, et regarde palpiter l’aiguille trotteuse, – prélève, sur une enveloppe froissée, un timbre-poste étranger, – aspire, comme si le souffle lui avait tout le jour manqué, une longue bouffée de musique du Columbia, et disparaît sans avoir dit un mot… Il provient, cet homme blanchissant, d’un petit garçon de six ans, qui suivait les musiciens mendiants quand ils traversaient notre village. Il suivit un clarinettiste borgne jusqu’à Saints – quatre kilomètres – et quand il revint, ma mère faisait sonder les puits du pays. Il écouta avec bonté les reproches et les plaintes, car il se fâchait rarement. Quand il en eut fini avec les alarmes maternelles, il alla au piano, et joua fidèlement tous les airs du clarinettiste, qu’il enrichit de petites harmonies simples, fort correctes. Ainsi faisait-il des airs du manège forain, à la Quasi-modo, et de toutes les musiques, qu’il captait comme des messages volants. – Il faudra, disait ma mère, qu’il travaille le mécanisme et l’harmonie. Il est encore plus doué que l’aîné. Il deviendrait un artiste… Qui sait ? Elle croyait encore, quand il avait six ans, qu’elle pouvait quelque chose pour lui, – ou contre lui. Un petit garçon si inoffensif !… Sauf son aptitude à disparaître, que pouvait-elle lui reprocher ? Bref de taille, vif, très bien équilibré, il cessait miraculeusement d’être présent. Où le joindre ? Les aires préférées des petits garçons ordinaires ne l’avaient pas même vu passer, ni la patinoire, ni la Place du Grand-Jeu damée par les pieds d’enfants. Mais plutôt dans la vieille glacière du château, souterrain tronqué qui datait de quatre siècles, ou dans la boîte de l’horloge de ville, place du Marché, ou bien enchaîné aux pas de l’accordeur de pianos qui venait une fois l’an du chef-lieu et donnait ses soins aux quatre « instruments » de notre village.

portrait de Léo adulte

1er anecdote pour dresser son portrait comme enfant

2e anectdote sur Léo du pdv de Sido

En baie de Somme

Colette

Beau temps. On a mis tous les enfants à cuire ensemble sur la plage. Les uns rôtissent sur le sable sec, les autres mijotent au bain-marie dans les flaques chaudes. La jeune maman, sous l’ombrelle de toile rayée, oublie délicieusement ses deux gosses et s’enivre, les joues chaudes, d’un roman mystérieux, habillé comme elle de toile écrue… – Maman !… – … – Maman, dis donc, maman !… Son gros petit garçon, patient et têtu, attend, la pelle aux doigts, les joues sablées comme un gâteau… – Maman, dis donc, maman… Les yeux de la liseuse se lèvent enfin, hallucinés, et elle jette dans un petit aboiement excédé : – Quoi ? – Maman, Jeannine est noyée. – Qu’est-ce que tu dis ? – Jeannine est noyée, répète le bon gros petit garçon têtu. Le livre vole, le pliant tombe… – Qu’est-ce que tu dis, petit malheureux ? ta sœur est noyée ? – Oui. Elle était là, tout à l’heure, elle n’y est plus. Alors je pense qu’elle s’est noyée. La jeune maman tourbillonne comme une mouette et va crier… quand elle aperçoit la « noyée » au fond d’une cuve de sable, où elle fouit comme un ratier… – Jojo ! tu n’as pas honte d’inventer des histoires pareilles pour m’empêcher de lire ? Tu n’auras pas de chou à la crème à quatre heures ! Le bon gros écarquille des yeux candides. – Mais c’est pas pour te taquiner, maman ! Jeannine était plus là, alors je croyais qu’elle était noyée. – Seigneur ! il le croyait ! et c’est tout ce que ça te faisait ? Consternée, les mains jointes, elle contemple son gros petit garçon, par-dessus l’abîme qui sépare une grande personne civilisée d’un petit enfant sauvage…

mise en place

tentative de communication

une communication restaurée

révélation et réprimandes

le regard de l’auteur

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Idylle de la rue Plumet

Il y avait un banc de pierre dans un coin, une ou deux statues moisies, quelques treillages décloués par le temps pourrissant sur le mur ; du reste plus d'allées ni de gazon ; du chiendent partout. Le jardinage était parti, et la nature était revenue. Les mauvaises herbes abondaient, aventure admirable pour un pauvre coin de terre. La fête des giroflées y était splendide. Rien dans ce jardin ne contrariait l'effort sacré des choses vers la vie ; la croissance vénérable était là chez elle. Les arbres s'étaient baissés vers les ronces, les ronces étaient montées vers les arbres, la plante avait grimpé, la branche avait fléchi, ce qui rampe sur la terre avait été trouver ce qui s'épanouit dans l'air, ce qui flotte au vent s'était penché vers ce qui se traîne dans la mousse ; troncs, rameaux, feuilles, fibres, touffes, vrilles, sarments, épines, s'étaient mêlés, traversés, mariés, confondus ; la végétation, dans un embrassement étroit et profond, avait célébré et accompli là, sous l'œil satisfait du créateur, en cet enclos de trois cents pieds carrés, le saint mystère de sa fraternité, symbole de la fraternité humaine. Ce jardin n'était plus un jardin, c'était une broussaille colossale ; c'est-à-dire quelque chose qui est impénétrable comme une forêt, peuplé comme une ville, frissonnant comme un nid, sombre comme une cathédrale, odorant comme un bouquet, solitaire comme une tombe, vivant comme une foule.

Victor Hugo

Les Misérables, quatrième partie « L’Idylle de la rue Plumet et l’épopée rue Saint-Denis », livre troisième « La maison de la rue plumet », chapitre III « foliis ac frondibus » 1862

03

La litérature

d'idées

LL9

LL10

LL11

LL12

Ce que vous appelez dans votre obscur jargon : Civilisation – du Gange à l’Orégon, Des Andes au Thibet, du Nil aux Cordillères, Comment l’entendez-vous, ô noires fourmilières? De toute votre terre interrogez l’écho. Voyez Lima, Cuba, Sydney, San-Francisco, Melbourne. Vous croyez civiliser un monde Lorsque vous l’enfiévrez de quelque fièvre immonde, Quand vous troublez ses lacs, miroirs d’un dieu secret, Quand vous violez sa vierge, la forêt; Quand vous chassez du bois, de l’antre, du rivage Votre frère naïf et sombre, le sauvage, Cet enfant du soleil peint de mille couleurs, Espèce d’insensé des branches et des fleurs, Et quand, jetant dehors cet Adam inutile, Vous peuplez le désert d’un homme plus reptile, Vautré dans la matière et la cupidité, Dur, cynique, étalant une autre nudité, Idolâtre du dieu dollar, fou qui palpite, Non plus pour un soleil, mais pour une pépite, Qui se dit libre, et montre au monde épouvanté L’esclavage étonné servant la liberté! (…)

1er mvt

Victor Hugo, « Ce que vous appelez... », Toute la lyre, 1893 (posthume)

Victor Hugo écrit ce poème à l'occasion des guerres contre les indiens aux Etats-Unis au XIXe siècle. C'est l'occasion pour lui de dresser un réquisitoire contre la civilisation. on est dans un réquisitoire de V.H contre les colons qui ont déclaré la guerre aux amérindiens

2e mouvement

Homme, es-tu capable d'être juste ? C'est une femme qui t'en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. Dis-moi ? Qui t'a donné le souverain empire d'opprimer mon sexe ? Ta force ? tes talents ? Observe le créateur dans sa sagesse ; parcours la nature dans toute sa grandeur, dont tu sembles vouloir te rapprocher, et donne-moi, si tu l'oses, l'exemple de cet empire tyrannique. Remonte aux animaux, consulte les éléments, étudie les végétaux, jette enfin un coup d'oeil sur toutes les modifications de la matière organisée ; et rends-toi à l'évidence quand je t'en offre les moyens. Cherche, fouille et distingue, si tu peux, les sexes dans l'administration de la nature. Partout tu les trouveras confondus, partout ils coopèrent avec un ensemble harmonieux à ce chef-d'œuvre immortel. L'homme seul s'est fagoté un principe de cette exception. Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré, dans ce siècle de lumières et de sagacité, dans l'ignorance la plus crasse, il veut commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles, [qui] prétend jouir de la Révolution et réclamer ses droits à l'égalité, pour ne rien dire de plus.

Homme, es-tu capable d’être juste ?

1er mouv

Olympe de Gouge, 1791

C’ est un discours aux hommes, on peut y voir comment O.G manie le discours argumentatif : chaque §/ mouv est une forme différente de discours

2e mouv

3e mouv

Forme du contrat social de l’homme et de la femme (extrait)

O.de Gouges

Neuf heures sonnent, et je continue mon chemin : une voiture s’offre à mes regards, j’y prends place, et j’arrive à neuf heures un quart, à deux montres différentes, au Pont‑Royal. J’y prends le sapin, et je vole chez mon imprimeur, rue Christine, car je ne peux aller que là si matin : en corrigeant mes épreuves, il me reste toujours quelque chose à faire, si les pages ne sont pas bien serrées et remplies. Je reste à peu près vingt minutes, et fatiguée de marche, de composition et d’impression, je me propose d’aller prendre un bain dans le quartier du Temple, où j’allais diner. J’arrive à onze heures moins un quart, à la pendule du bain ; je devais donc au cocher une heure et demie ; mais pour ne pas avoir de dispute avec lui, je lui offre 48 sols : il exige plus, comme d’ordinaire ; il fait du bruit. Je m’obstine à ne vouloir plus lui donner que son dû, car l’être équitable aime mieux être généreux que dupe. Je le menace de la loi, il me dit qu’il s’en moque, et que je lui paierai deux heures. Nous arrivons chez un commissaire de paix, que j’ai la générosité de ne pas nommer, quoique l’acte d’autorité qu’il s’est permis envers moi mérite une dénonciation formelle. Il ignorait sans doute que la femme qui réclamait sa justice était la femme auteure de tant de bienfaisance et d’équité. Sans avoir égard à mes raisons, il me condamne impitoyablement à payer au cocher ce qu’il demandait. Connaissant mieux la loi que lui, je lui dis : « Monsieur, je m’y refuse, et je vous prie de faire attention que vous n’êtes pas dans le principe de votre charge ». Alors cet homme, ou, pour mieux dire, ce forcené s’emporte, me menace de la force si je ne paye à l’instant, ou de rester toute la journée dans son bureau. Je lui demande de me faire conduire au tribunal de département ou à la mairie, ayant à me plaindre de son coup d’autorité. Le grave magistrat, en redingote poudreuse et dégoutante comme sa conversation, m’a dit plaisamment : « Cette affaire ira sans doute à l’Assemblée nationale ? » « Cela se pourrait bien », lui dis‑je ; et je m’en fus moitié furieuse et moitié riant du jugement de ce moderne Brid’oison, en disant : « C’est donc là l’espèce d’homme qui doit juger un peuple éclairé !

1er mouvement

2e mouv

3e mouv

4e mouvement

Postambule (extrait)

O. de Gouges

Les femmes ont fait plus de mal que de bien. La contrainte et la dissimulation ont été leur partage. Ce que la force leur avait ravi, la ruse leur a rendu ; elles ont eu recours à toutes les ressources de leurs charmes, et le plus irréprochable ne leur résistait pas. Le poison, le fer, tout leur était soumis ; elles commandaient au crime comme à la vertu. Le gouvernement français, surtout, a dépendu, pendant des siècles, de l’administration nocturne des femmes ; le cabinet n’avait point de secret pour leur indiscrétion : ambassade, commandement, ministère, présidence, pontificat, cardinalat, enfin tout ce qui caractérise la sottise des hommes, profane et sacré, tout a été soumis à la cupidité et à l’ambition de ce sexe autrefois méprisable et respecté, et depuis la révolution, respectable et méprisé. Dans cette sorte d’antithèse, que de remarques n’ai-je point à offrir ! Je n’ai qu’un moment pour les faire, mais ce moment fixera l’attention de la postérité la plus reculée. Sous l’ancien régime, tout était vicieux, tout était coupable ; mais ne pourrait-on pas apercevoir l’amélioration des choses dans la substance même des vices ? Une femme n’avait besoin que d’être belle ou aimable ; quand elle possédait ces deux avantages, elle voyait cent fortunes à ses pieds. Si elle n’en profitait pas, elle avait un caractère bizarre, ou une philosophie peu commune qui la portait aux mépris des richesses ; alors elle n’était plus considérée que comme une mauvaise tête. La plus indécente se faisait respecter avec de l’or, le commerce des femmes était une espèce d’industrie reçue dans la première classe, qui, désormais, n’aura plus de crédit. S’il en avait encore, la révolution serait perdue, et sous de nouveaux rapports, nous serions toujours corrompus.

1er mouvement

2e mouvement

04

le

théâtre

LL13

LL14

LL15

LL16

LORENZACCIO

Acte IV, scène 11 Alfred de MUSSET

La chambre de Lorenzo. Entrent le Duc et Lorenzo LE DUC.- Je suis transi, - il fait vraiment froid. (Il ôte son épée.) Eh bien, mignon, qu'est-ce que tu fais donc ? LORENZO.- Je roule votre baudrier autour de votre épée, et je la mets sous votre chevet. Il est bon d'avoir toujours une arme sous la main. (Il entortille le baudrier de manière à empêcher l'épée de sortir du fourreau.) LE DUC. - Tu sais que je n'aime pas les bavardages, et il m'est revenu que la Catherine était une belle parleuse. Pour éviter les conversations, je vais me mettre au lit. A propos, pourquoi donc as-tu fait demander des chevaux de poste à l'évêque de Marzi ? LORENZO. - Pour aller voir mon frère, qui est très malade, à ce qu'il m'écrit. LE DUC. - Va donc chercher ta tante. LORENZO. - Dans un instant. (Il sort.) LE DUC, seul. - Faire la cour à une femme qui vous répond « oui » lorsqu'on lui demande « oui ou non », cela m'a toujours paru très sot, et tout à fait digne d'un Français. Aujourd'hui surtout que j'ai soupé comme trois moines, je serais incapable de dire seulement : « Mon coeur, ou mes chères entrailles », à l'infante d'Espagne. Je veux faire semblant de dormir ; ce sera peut-être cavalier, mais ce sera commode. (Il se couche. - Lorenzo rentre l'épée à la main.) LORENZO. - Dormez-vous, seigneur ? (Il le frappe.) LE DUC. - C'est toi, Renzo ? LORENZO. - Seigneur, n'en doutez pas. (Il le frappe de nouveau. - Entre Scoronconcolo.) SCORONCONCOLO. - Est-ce fait ? LORENZO. - Regarde, il m'a mordu au doigt. Je garderai jusqu'à la mort cette bague sanglante, inestimable diamant. SCORONCONCOLO. - Ah ! Mon Dieu ! C'est le duc de Florence ! LORENZO, s'asseyant sur le bord de la fenêtre. - Que la nuit est belle ! Que l'air du ciel est pur ! Respire, respire, coeur navré de joie ! SCORONCONCOLO. - Viens, Maître, nous en avons trop fait ; sauvons-nous. LORENZO. - Que le vent du soir est doux et embaumé ! Comme les fleurs des prairies s'entrouvrent ! Ô nature magnifique, ô éternel repos ! SCORONCONCOLO. - Le vent va glacer sur votre visage la sueur qui en découle. Venez, seigneur. LORENZO. - Ah ! Dieu de bonté ! Quel moment ! SCORONCONCOLO, à part. - Son âme se dilate singulièrement. Quant à moi, je prendrai les devants. LORENZO. - Attends ! Tire ces rideaux. Maintenant, donne-moi la clef de cette chambre. SCORONCONCOLO. - Pourvu que les voisins n'aient rien entendu ! LORENZO. - Ne te souviens-tu pas qu'ils sont habitués à notre tapage ? Viens, partons. (Ils sortent.)

1er mouv

2e mouv

3e mv

4e mouv

Scène 1 LOUIS. – C’est comme la nuit en pleine journée, on ne voit rien, j’entends juste les bruits, j’écoute, je suis perdu et je ne retrouve personne. LA MÈRE. – Qu’est-ce que tu as dit ? Je n’ai pas entendu, répète, où est-ce que tu es ? Louis ! Scène 2 SUZANNE. – Toi et moi. ANTOINE. – Ce que tu veux. SUZANNE. – Je t’entendais, tu criais, non, j’ai cru que tu criais, je croyais t’entendre, je te cherchais, vous vous disputiez, vous vous êtes retrouvés. ANTOINE. – Je me suis énervé, on s’est énervé, je ne pensais pas qu’il serait ainsi, mais « à l’ordinaire », les autres jours, nous ne sommes pas comme ça, nous n’étions pas comme ça, je ne crois pas. SUZANNE. – Pas toujours comme ça. Les autres jours, nous allons chacun de notre côté, on ne se touche pas. ANTOINE. – Nous nous entendons. SUZANNE. – C’est l’amour.

Intermède

J.-L. Lagarce, Juste la fin du monde, 1990

On a ici l’intermède qui suit immédiatement la 1 er partie qui finit par une scène de dispute entre L l’aîné et A le cadet (sc11) scène = mouv avec diff dialogue on montre qu’on est ds une étape transitoire de la pièce de th (partie intégrante) ⇒ doit ê un spectacle/ diversimt (trad) Cet intermède respect il ses fonction d’inter au sens trad ?