Chapitre 3 : Métropole et colonies
Thème 3 : La troisième République avant 1914 : un régime politique, un empire colonial
go!
Accroche : La France et l'Algérie, la mémoire de la colonisation, sujet de discorde qui impacte encore l'actualité.
Introduction
Notions à noter :
- Colonie : Territoire d’outre-mer conquis et placé sous la domination directe d’un pays étranger appelé métropole.
- Colonisation : Son sens est double sous la IIIe République. Il peut signifier l’assujettissement d’un territoire et de sa population au service d’une métropole ou la mise en valeur d’un territoire et de sa population par la métropole.
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I) La course aux clochers
Activité
Division des thèmes par rangées, subdivisés en groupes
Next
Activité
L'Afrique Subsaharienne
Le choc des impérialismes
L'Afrique du Nord
3. Voulet Chanoine / Archinard 4. Brazza 5. Gallieni + 8. Béhanzin
1. L'Algérie2. Tunisie / Maroc
6. La conférence de Berlin7. La crise de Fachoda
Next
a) Un empire préexistant
Next
a)
Cas 1 : l'Algérie
Next
b) La phase de conquête (1875-1912)
1) Le cas des protectorats
Cas 2 : Tunisie et Maroc
Next
b)
2) Conquête militaire violente
Cas 3 : Archinard et la mission Voulet-Chanoine
Next
b)
3) Exploration pacifique
Cas 4 : Savorgnan de Brazza
Next
b)
4) Pacification militaire
Cas 5 : Gallieni
Next
b)
b)
5) Les résistances à la conquête
Cas 8 : Béhanzin
c) Le choc des impérialismes
1) La conférence de Berlin : crispation politique
Cas 6
Next
c)
2) La crise de Fachoda : crise militaire et politique
Cas 7
II) Une République pour administrer un empire
A) Débats et oppositions en métropole
b) Différente formes d'administration
- Départements
- Protectorats
- Confédération de colonies
- Colonies
b) Le statut des colonisés
- Pas de droit de vote - Soumis aux droits locaux (pas au code civil français)
- - Soumis à des obligations (corvées) - Infractions spéciales dont ils peuvent être punis (ex : sanctions collectives) - Impôt par tête (capitation)
Un empire préexistant : Le Sénégal
Les conquêtes n’ont pas commencé en 1880, elles ont commencé avec des implantations au Sénégal au XVIIe siècle. La France avait assez tôt établi des points d’appuis sur la côte occidentale de l’Afrique, pour ravitailler les navires en route pour l’Asie. Les Français deviennent en 1677-1678 maîtres de Gorée. Le premier établissement français dans l'estuaire du Sénégal date de 1639, et celui de Ndar (futur Saint-Louis), de 1659.
Saint-Louis du Sénégal
Problématique :
Comment une République a-t-elle été à l’encontre de ses valeurs en menant une politique coloniale impérialiste et inégalitaire ?
Document 1 : 1881, la Tunisie devient un protectorat français
Le protectorat est d’abord un traité international. D’après la doctrine juridique, un État faible cède une partie de sa souveraineté à un État plus puissant en échange de sa protection. En Tunisie, les pouvoirs diplomatiques et militaires sont concédés par le bey de Tunis à la France par le traité du Bardo du 12 mai 1881. Le bey de Tunis est contraint, par une expédition militaire, de signer le traité. La formule du protectorat s’impose cependant car elle dispense la France des coûts d’une longue conquête semblable à celle de l’Algérie. Conçu comme un provisoire prélude à l’annexion, synthèse de conceptions coloniales antagonistes, le protectorat tunisien est d’abord un protectorat de circonstance.
Si la politique coloniale est majoritairement suivie en métropole, une contestation croissante s’est tout de même fait ressentir. Parmi les partisans de la colonisation, on retrouve donc de nombreuses personnalités républicaines, dont celles qui dirigent le pays en 1881. Jules Ferry en est le principal représentant. Ses buts sont essentiellement économiques : « la question des colonies […] c'est la question des débouchés ». Cet empire permet d'offrir à l'industrie et à l'agriculture française un vaste marché. L'approvisionnement en produits coloniaux permet également d'éviter de dépendre du commerce britannique. À l'Assemblée nationale, un « Parti colonial » se forme, dirigé par Eugène Étienne, qui constitue un groupe influent en faveur de l'expansion outre-mer.
Un empire préexistant : Le Sénégal
Les conquêtes n’ont pas commencé en 1880, elles ont commencé avec des implantations au Sénégal au XVIIe siècle. La France avait assez tôt établi des points d’appuis sur la côte occidentale de l’Afrique, pour ravitailler les navires en route pour l’Asie. Les Français deviennent en 1677-1678 maîtres de Gorée. Le premier établissement français dans l'estuaire du Sénégal date de 1639, et celui de Ndar (futur Saint-Louis), de 1659.
Saint-Louis du Sénégal
Un empire préexistant :
Les conquêtes n’ont pas commencé dans les années 1880, elles ont commencé avec des implantations au Sénégal au XVIIe siècle. La France avait assez tôt établi des points d’appui sur la côte occidentale de l’Afrique, pour ravitailler les navires en route pour l’Asie.
Saint-Louis du Sénégal en 1885
Document 4 a : Bugeaud et sa vision de la colonisation
Le général Bugeaud, arrivé en Algérie en 1836, en devient le gouverneur général peu après. Il est l'un des acteurs les plus importants de la « pacification » de l'Algérie.
« Il faut que les Arabes soient soumis ; que le drapeau de la France soit seul debout sur cette terre d'Afrique. Mais la guerre indispensable aujourd'hui n'est pas le but. La conquête serait stérile sans la colonisation [...]. Colonisation et agriculture sont absolument synonymes ; mais on ne cultive qu'avec la sécurité et la sécurité ne s'obtient que par la paix. »
Document 4 b : Le général Bugeaud s’adresse aux algériens
« Soumettez-vous à la France et il ne vous sera fait aucun mal. Dans le cas contraire, j’entrerai dans vos montagnes ; je brulerai vos villages et vos moissons ; je couperai vos arbres fruitiers et, alors, ne vous en prenez qu’à vous seuls. »
Le régime de l’indigénat est un statut juridique. Cela signifie que les colonisés sont français, mais pas citoyens. Ce sont des « sujets de la République » soumis à un droit et des devoirs particuliers. Ils ont d’ailleurs plus de devoirs que de droits. Exception avec les 4 anciennes villes du Sénégal, communes de plein exercice, dont les habitants sont des citoyens à partir de 1914. Ils peuvent donc voter, le célèbre Blaise Diagne sera député à Paris pour les représenter.
Un empire préexistant :
Les conquêtes n’ont pas commencé dans les années 1880, elles ont commencé avec des implantations au Sénégal au XVIIe siècle. La France avait assez tôt établi des points d’appui sur la côte occidentale de l’Afrique, pour ravitailler les navires en route pour l’Asie.
Saint-Louis du Sénégal en 1885
Document 3 : Qui est Pierre Savorgnan de Brazza ?
Pierre Savorgnan de Brazza est né à Rome en 1852 dans un milieu aristocrate. Le futur explorateur fait ses études à Paris, et rentre à l’école navale de Brest à 17 ans. Tout jeune marin, il sert la France, et embarque pour l’Algérie à bord du vaisseau Jeanne D’Arc. Là-bas, il est profondément marqué par la violence dont font usage les troupes françaises pour réprimer la révolte kabyle. Ce qui explique aussi pourquoi Pierre Savorgnan de Brazza adopte une attitude plutôt pacifiste au cours de ses futures expéditions, et devient un fervent défenseur de la non-violence dans son approche des populations autochtones.
Phase de pacification longue
L’Algérie est conquise en 1830 mais doit être pacifiée jusqu’en 1870
Résistance forte notamment avec Abdelkader contre le général Bugeaud qui mène la conquête de manière violente
L'émir Abdelkader
Un empire préexistant : L'Algérie
C’est l’Afrique du Nord qui pose les bases du nouvel empire colonial français avec la conquête de l’Algérie en 1830.
Maroc :
Protectorat français
1912 : Traité de Fès, le Maroc devient un protectorat français
Concède le nord du Maroc à l’Espagne
Le maréchal Lyautey devient le premier résident général du Maroc. Grand administrateur, il prend connaissance du terrain et traite avec respect les coutumes et l’Islam. Il sut pacifier et bâtir le Maroc moderne
Général Bugeaud
Il a l'idée d'une colonie à la romaine, transformer les soldats en colons et en faire une colonie de peuplement.
Colonie de peuplement :
Colonie vers laquelle un Etat envoie une partie de sa population pour y habiter de manière définitive pour y établir une présence.
Les raisons de la colonisation :
-> Volonté de puissance après la défaite de 1870 (retour du prestige, concurrence à l’Angleterre)
-> Volonté économique, aussi bien de l’Etat que des commerçants
-> Volonté d’exploration et découverte du monde
-> Volonté de « mission civilisatrice »
-> Développement des sciences (découverte naturelles, raciales, etc.)
Idée de « mission civilisatrice » expliquée par Jules Ferry. Clemenceau détruit ce mythe de la supériorité civilisationnelle, pourtant largement admis au sein de la population française, acquis à la théorie de la hiérarchie des races qui circule à l’époque.
La mission Voulet-Chanoine
Type de guerre qui fait scandale, comme lors de la mission Voulet-Chanoine. Deux officiers en qui avaient besoin de porteurs lors de leur mission car, dans la région il n’y a pas d’animaux de trait. Ils massacrent tout un village qui refusa de les aider. Une enquête est réalisée et les deux hommes font tuer l’officier venu les juger.Exemple de conquête violente : mission Voulet-Chanoine avec massacre de village
Protectorat :
Forme de colonisation dans laquelle un Etat renonce à une partie de sa souveraineté au profit d’un autre.
Document 4 : Les expéditions de Brazza
Au service de la marine française, Brazza est naturalisé français en 1874. Il a alors pour ambition d’explorer l’Ogooué, le principal fleuve du Gabon. Soutenu dans ce projet par le ministre de la Marine et des Colonies, il commence cette expédition en 1875 pour l’achever en 1878. Avec ses hommes, il met ainsi à jour une voie commerciale de choix vers le Congo. Brazza et son équipe doivent cependant rebrousser chemin lors de cette expédition, ayant subi une attaque des Apfourou, une puissante peuplade africaine de la région.
Dans la course à la colonisation de l’époque, et pour contrer les ambitions que le gouvernement belge a placées sur le continent africain, une 2e expédition est organisée entre 1879 et 1882, impulsée par Jules Ferry, le ministre de l’Instruction publique. Pierre Savorgnan de Brazza, à la tête de cette mission emblématique, atteint ainsi le fleuve Congo en 1880. Il propose alors au chef des Téké de Mbé de placer son territoire sous la protection du gouvernement français. Le chef, surnommé le Makoko, accepte cet accord, motivé par des intérêts économiques et politiques. Il concède même un petit territoire, nommé plus tard Brazzaville, permettant aux Français de s’établir officiellement dans le pays lors d’une 3e expédition, entre 1883 et 1885.
Document 2 : 1912, le Maroc devient un protectorat français
La signature du traité de Fès le 30 mars 1912 par le sultan chérifien consacre une évolution : le Maroc est, lui, un protectorat de préférence, choisi à dessein, cette fois, par les autorités coloniales, comme un régime permanent. Le traité contient dans l’ensemble les mêmes clauses qu’en Tunisie, même s’il concède le nord du Maroc à l’Espagne. Il est néanmoins le résultat d’une mutation de l’idéologie coloniale. Juristes et hommes politiques voient désormais dans le protectorat le moyen d’une colonisation plus vertueuse car respectueuse des « traditions » locales, sous la garantie d’un droit international naissant. Le général Lyautey, premier résident au Maroc, met en scène ses égards pour le souverain chérifien, dont il se dit le premier serviteur, et fait la promesse de rétablir son État et de préserver ses coutumes.
Document 3 : Louis-Humbert Lyautey
En 1912, celui qu’on allait surnommer Lyautey l’Africain devenait le premier résident général de France au Maroc. Il donna là toute la mesure de son génie de stratège et de grand administrateur. Ayant pris rapidement une connaissance parfaite de la région, du terrain et des mœurs comme des tribus, il fut soucieux de respecter la religion islamique dont il s’instruisit, et de respecter aussi la personne du sultan, Commandeur des croyants. Il sut s’attirer la confiance des élites locales, prenant dans son sens exact le terme de protectorat. Il sut pacifier et il sut bâtir, créant notamment avec Casablanca les premières structures du Maroc moderne.
Savorgnan de Brazza
C’est un explorateur qui sous l’autorité de la France mène une exploration en remontant le fleuve Congo dès 1875. En 1880, il signe un traité avec le roi Illoy Ier, roi des Batékès qui cède des terres aux Français en échanges de cadeaux et de protection. Il doit faire face aux Belges qui cherchent eux aussi à mettre la main sur la région avec l’explorateur Stanley. La limite entre le Congo français et le Congo belge se fixe autour du « Pool Malebo ».
Au lieu de conquérir par la force et dans la violence, il signe des traités avec les chefs locaux
De son côté Brazza est apprécié pour son respect des populations colonisées, il donne d’ailleurs son nom à la capitale du Congo actuel : Brazzaville. Alors que Stanley côté belge est surnommé le « sauteur de roche ».
Brazza est une figure plus respectueuse de la colonisation.
Document 3 : La mission Voulet-Chanoine, exemple de colonisation sanglante
Les capitaines Paul Voulet (33 ans) et Julien Chanoine (29 ans), qui se sont illustrés par leur conquête sanglante de la Haute-Volta (aujourd'hui le Burkina Faso), quittent les bords du Niger en janvier 1899 en direction de l'Est, avec six autres officiers français, cinquante tirailleurs, 200 tirailleurs auxiliaires, vingt spahis et 700 porteurs. Ils manquent de moyens, souffrent de la chaleur et sont probablement dérangés par les atteintes de la syphilis. Se croyant tout permis, les deux officiers ne tardent pas à semer la mort et la désolation sur leur passage.
Pénétrant en pays haoussa, théoriquement sous souveraineté britannique, ils se heurtent aux archers de la Sarraounia, une reine locale. Quatre soldats perdent la vie et six autres sont blessés. Le mois suivant, le 8 mai, ils exterminent les habitants du village de Birni N’Konni après qu'ils ont refusé de leur livrer le bétail réclamé. Leur exactions font scandale en métropole et le 14 juillet 1899, à Zinder, près du village de Dankori, une troupe française mené par l’officier Klobb vient stopper la mission et juger les deux officiers. Klobb s'avance vers Voulet en vue de parlementer. Mais ce dernier donne l'ordre d'ouvrir le feu. Klobb est tué. Mais les deux hommes n’iront pas loin, Chanoine et lui sont tués dans les jours qui suivent par leurs propres hommes.
Tunisie
Protectorat français
Dès 1880, tentative de s’emparer de la Tunisie, proie facile. Déjà implanté juste à côté en Algérie. L’empire ottoman est en faillite.
1881 : Gambetta prétend des affrontements à la frontière pour y intervenir militairement.
1881 : Traité du Bardo, création d’un protectorat. Le bey de Tunis reste en place mais l’essentiel du pouvoir passe à la France.
Protectorat pour éviter de trop investir, seulement contrôle du pouvoir et bien fait économique. Volonté directe de la France.
Gallieni
Pacification
Génération des Gallienistes comme Lyautey
Idée de guerre de pacification pour mettre fin aux conflits tribaux, à la piraterie. Attention, utilisation de la violence tout de même. Mais volonté de pacification à des fins économiques notamment. Allie conquête et développement.
Il fait notamment participer des tirailleurs sénégalais dans son intervention à Madagascar. (Corps des tirailleurs créé en 1857, pas que des Sénégalais, terme général).
Béhanzin devient souverain du Dahomey en 1890 à la mort de son père. S'opposant farouchement à l'expansionnisme français, il est, dans la mémoire collective africaine, le résistant aux conquêtes coloniales.Sa garde prétorienne est formée de 3 000 à 4 000 femmes surnommées « les Amazones" Traqué, Béhanzin se livre en janvier 1894. Déporté à la Martinique, puis en Algérie. Samory Touré est le fondateur de l'empire Wassoulou (1878-1898) qui s'étendait au sud du Mali jusqu’en Guinée. Le 29 septembre 1898, Samory Touré est arrêté par le capitaine Gouraud du contingent francais.
Luttant militairement contre la pénétration française et britannique en Afrique occidentale pendant près de vingt ans, Samory Touré est considéré comme le dernier grand chef noir indépendant de l'Afrique de l'Ouest et l’un des plus grands résistants africains à la pénétration coloniale, à la fin du XIXe siècle.
Samory Touré
Regroupement des colonies en confédération : -> AOF (Afrique Occidentale française) créée en 1895 -> AEF (Afrique Equatoriale française) créée en 1910 Retrait des militaires, volonté d’une administration civile. En Tunisie et au Maroc, dans les protectorats, les gouvernements autochtones restent en place. Un résident général de France gère la diplomatie, l’ordre public etc. Le statut de protectorat implique des éléments différents des colonies, une politique plus favorable aux autochtones. Les institutions sont restées, les élites ont donc des débouchés dans l’administration. En Algérie, la colonie de peuplement implique que les terres ont été saisies et redistribuées à des colons français. Dès 1848, l’Algérie est découpée en départements. Elle est donc gérée comme telle. Le pouvoir de l’administration repose sur le statut des colonisés.
En 1870, la France possède donc des territoires d’outre-mer dans les Caraïbes et dans l’océan Indien avec cinq comptoirs en Inde ainsi que Saint-Louis du Sénégal.
Document 4 : témoignage de la violence de la mission
« Des patrouilles doivent s’approcher des villages, s’en emparer à l’arme blanche, tuer tout ce qui résiste, emmener les habitants en captivité, s’emparer des troupeaux. Le 9 [janvier 1899] au matin, la reconnaissance rentre au camp avec 250 boeufs, 500 moutons, 28 chevaux, 80 prisonniers. Quelques tirailleurs ont été blessés. Afin de faire "un exemple", le capitaine Voulet fait prendre 20 femmes-mères avec des enfants en bas âge et à la mamelle, et les fait tuer à coups de lance, à quelques centaines de mètres du camp. » Récit d’un témoin oculaire (un officier français).
Document 1 : Louis Archinard
A l’image de la génération des militaires appelé « les soudanais », nom des conquérants du Soudan (Mali actuel), il impose une guerre dite « à l’africaine ». Il reprend les tactiques de guérilla africaine en y ajoutant l’artillerie. Il met notamment en place le partage du butin entre officiers et soldats ainsi qu’un partage des captifs. Cette guerre est caractérisée par une grande violence avec des scandales comme celui de la mission Voulet-Chanoine.
En Afrique subsaharienne, très peu de colons français sont présents. Ceux qui sont présents sont des marchands et des militaires qui administrent le territoire. Les Européens ont pris possessions des terres. Des compagnies de concession vont exploiter les terres sous forme de pillage. L’État leur concède de très vastes territoires, comme au Congo. Côté français, l’État conserve les droits de police, de justice, etc., contrairement aux Belges. Les Anglais pratiquent « l’indirect rull » (gouvernement indirect). L’administration française est plus directe, plus autoritaire, plus irrespectueuse des chefs et des coutumes.
L’administration française s’appuie tout de même sur des colonisés, appelés « évolués ». Ex : En 1891, Archinard confie au fils d’un notable sénégalais : Mademba (formé à l’école des otages créée par Faidherbe) une sorte de principauté sur le Niger avec l’idée d’une administration indirecte.
Tension entre la France et l’Angleterre qui a viré les Français de l’Égypte avec qui ils avaient construit le canal de Suez.
Les Anglais possèdent l’Égypte et l’Afrique du Sud et souhaitent relier les deux.
1896 : mission Marchand lancée par les Français, vers la vallée du Nil. Volonté de faire pression sur la Grande-Bretagne.
1898 : Fachoda est atteinte, confrontation directe avec l’armée anglaise qui est présente pour une mutinerie musulmane. Marchand et ses hommes font face à 20 000 anglo-égyptiens dirigés par Kitchener. Pendant 7 mois, les deux armées se font face.
Finalement, la France se retire de la région en 1899 après un accord. La frontière est fixée entre les deux empires sur la ligne de partage des eaux entre le Nil et le lac Tchad.
Elle se tient de novembre 1884 à février 1885. Contrairement à ce qui est souvent dit, elle ne fixe pas entièrement les frontières de l’Afrique. Elle fixe les règles de colonisation. Tous les pays colonisateurs sont présents (pas les colonisés), et signent le traité. Elle impose, sur les fondements européens, une idée de libéralisme économique comme une libre circulation dans le bassin du fleuve Congo.
Pour prendre un territoire, il faut partir de la côte pour ensuite s’étendre vers les terres (tracé souvent perpendiculaire en partant du littoral). Pour revendiquer des terres, il faut une présence effective. Il faut également une transparence dans les traités signés avec les chefs africains qui se placent sous domination.
La lutte contre la traite qui est pratiquée par les Arabes qui l’exercent en Afrique de l’Est.
Liberté de circulation des missionnaires chrétiens.
Les opposants à la colonisation appartiennent à la droite nationaliste qui considère qu'elle conduit à détourner le pays de l'objectif primordial que devrait être la reconquête de l'Alsace-Lorraine. Ils évoquent également la concurrence que représentent les produits de l'agriculture coloniale. Au sein de la gauche, des radicaux s'opposent aussi à la colonisation. De 1881 à 1885, le député du Parti radical Georges Clemenceau s'oppose à la politique coloniale de Jules Ferry, considérée comme humainement injuste et profitant économiquement à des hommes d'affaires peu scrupuleux. Toutefois, une fois au gouvernement, Clemenceau n'engage aucun processus de décolonisation. Les socialistes sont quant à eux éthiquement opposés à toute exploitation coloniale.
Louis Archinard
Général français
Archinard est un militaire qui impose la guerre « à l’africaine ». Une guérilla qui reprend les tactiques des armées africaines en y ajoutant en plus l’artillerie. Par exemple, il reprend l’idée du partage du butin d’après bataille entre les officiers et les soldats, pratique appliqué au partage des captifs !
Cours Métropole et Colonies (1ère)
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Chapitre 3 : Métropole et colonies
Thème 3 : La troisième République avant 1914 : un régime politique, un empire colonial
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Accroche : La France et l'Algérie, la mémoire de la colonisation, sujet de discorde qui impacte encore l'actualité.
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I) La course aux clochers
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L'Afrique Subsaharienne
Le choc des impérialismes
L'Afrique du Nord
3. Voulet Chanoine / Archinard 4. Brazza 5. Gallieni + 8. Béhanzin
1. L'Algérie2. Tunisie / Maroc
6. La conférence de Berlin7. La crise de Fachoda
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a) Un empire préexistant
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Cas 1 : l'Algérie
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b) La phase de conquête (1875-1912)
1) Le cas des protectorats
Cas 2 : Tunisie et Maroc
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2) Conquête militaire violente
Cas 3 : Archinard et la mission Voulet-Chanoine
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3) Exploration pacifique
Cas 4 : Savorgnan de Brazza
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4) Pacification militaire
Cas 5 : Gallieni
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b)
5) Les résistances à la conquête
Cas 8 : Béhanzin
c) Le choc des impérialismes
1) La conférence de Berlin : crispation politique
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c)
2) La crise de Fachoda : crise militaire et politique
Cas 7
II) Une République pour administrer un empire
A) Débats et oppositions en métropole
b) Différente formes d'administration
b) Le statut des colonisés
- Pas de droit de vote - Soumis aux droits locaux (pas au code civil français) - - Soumis à des obligations (corvées) - Infractions spéciales dont ils peuvent être punis (ex : sanctions collectives) - Impôt par tête (capitation)
Un empire préexistant : Le Sénégal
Les conquêtes n’ont pas commencé en 1880, elles ont commencé avec des implantations au Sénégal au XVIIe siècle. La France avait assez tôt établi des points d’appuis sur la côte occidentale de l’Afrique, pour ravitailler les navires en route pour l’Asie. Les Français deviennent en 1677-1678 maîtres de Gorée. Le premier établissement français dans l'estuaire du Sénégal date de 1639, et celui de Ndar (futur Saint-Louis), de 1659.
Saint-Louis du Sénégal
Problématique :
Comment une République a-t-elle été à l’encontre de ses valeurs en menant une politique coloniale impérialiste et inégalitaire ?
Document 1 : 1881, la Tunisie devient un protectorat français
Le protectorat est d’abord un traité international. D’après la doctrine juridique, un État faible cède une partie de sa souveraineté à un État plus puissant en échange de sa protection. En Tunisie, les pouvoirs diplomatiques et militaires sont concédés par le bey de Tunis à la France par le traité du Bardo du 12 mai 1881. Le bey de Tunis est contraint, par une expédition militaire, de signer le traité. La formule du protectorat s’impose cependant car elle dispense la France des coûts d’une longue conquête semblable à celle de l’Algérie. Conçu comme un provisoire prélude à l’annexion, synthèse de conceptions coloniales antagonistes, le protectorat tunisien est d’abord un protectorat de circonstance.
Si la politique coloniale est majoritairement suivie en métropole, une contestation croissante s’est tout de même fait ressentir. Parmi les partisans de la colonisation, on retrouve donc de nombreuses personnalités républicaines, dont celles qui dirigent le pays en 1881. Jules Ferry en est le principal représentant. Ses buts sont essentiellement économiques : « la question des colonies […] c'est la question des débouchés ». Cet empire permet d'offrir à l'industrie et à l'agriculture française un vaste marché. L'approvisionnement en produits coloniaux permet également d'éviter de dépendre du commerce britannique. À l'Assemblée nationale, un « Parti colonial » se forme, dirigé par Eugène Étienne, qui constitue un groupe influent en faveur de l'expansion outre-mer.
Un empire préexistant : Le Sénégal
Les conquêtes n’ont pas commencé en 1880, elles ont commencé avec des implantations au Sénégal au XVIIe siècle. La France avait assez tôt établi des points d’appuis sur la côte occidentale de l’Afrique, pour ravitailler les navires en route pour l’Asie. Les Français deviennent en 1677-1678 maîtres de Gorée. Le premier établissement français dans l'estuaire du Sénégal date de 1639, et celui de Ndar (futur Saint-Louis), de 1659.
Saint-Louis du Sénégal
Un empire préexistant :
Les conquêtes n’ont pas commencé dans les années 1880, elles ont commencé avec des implantations au Sénégal au XVIIe siècle. La France avait assez tôt établi des points d’appui sur la côte occidentale de l’Afrique, pour ravitailler les navires en route pour l’Asie.
Saint-Louis du Sénégal en 1885
Document 4 a : Bugeaud et sa vision de la colonisation
Le général Bugeaud, arrivé en Algérie en 1836, en devient le gouverneur général peu après. Il est l'un des acteurs les plus importants de la « pacification » de l'Algérie. « Il faut que les Arabes soient soumis ; que le drapeau de la France soit seul debout sur cette terre d'Afrique. Mais la guerre indispensable aujourd'hui n'est pas le but. La conquête serait stérile sans la colonisation [...]. Colonisation et agriculture sont absolument synonymes ; mais on ne cultive qu'avec la sécurité et la sécurité ne s'obtient que par la paix. »
Document 4 b : Le général Bugeaud s’adresse aux algériens
« Soumettez-vous à la France et il ne vous sera fait aucun mal. Dans le cas contraire, j’entrerai dans vos montagnes ; je brulerai vos villages et vos moissons ; je couperai vos arbres fruitiers et, alors, ne vous en prenez qu’à vous seuls. »
Le régime de l’indigénat est un statut juridique. Cela signifie que les colonisés sont français, mais pas citoyens. Ce sont des « sujets de la République » soumis à un droit et des devoirs particuliers. Ils ont d’ailleurs plus de devoirs que de droits. Exception avec les 4 anciennes villes du Sénégal, communes de plein exercice, dont les habitants sont des citoyens à partir de 1914. Ils peuvent donc voter, le célèbre Blaise Diagne sera député à Paris pour les représenter.
Un empire préexistant :
Les conquêtes n’ont pas commencé dans les années 1880, elles ont commencé avec des implantations au Sénégal au XVIIe siècle. La France avait assez tôt établi des points d’appui sur la côte occidentale de l’Afrique, pour ravitailler les navires en route pour l’Asie.
Saint-Louis du Sénégal en 1885
Document 3 : Qui est Pierre Savorgnan de Brazza ?
Pierre Savorgnan de Brazza est né à Rome en 1852 dans un milieu aristocrate. Le futur explorateur fait ses études à Paris, et rentre à l’école navale de Brest à 17 ans. Tout jeune marin, il sert la France, et embarque pour l’Algérie à bord du vaisseau Jeanne D’Arc. Là-bas, il est profondément marqué par la violence dont font usage les troupes françaises pour réprimer la révolte kabyle. Ce qui explique aussi pourquoi Pierre Savorgnan de Brazza adopte une attitude plutôt pacifiste au cours de ses futures expéditions, et devient un fervent défenseur de la non-violence dans son approche des populations autochtones.
Phase de pacification longue
L’Algérie est conquise en 1830 mais doit être pacifiée jusqu’en 1870 Résistance forte notamment avec Abdelkader contre le général Bugeaud qui mène la conquête de manière violente
L'émir Abdelkader
Un empire préexistant : L'Algérie
C’est l’Afrique du Nord qui pose les bases du nouvel empire colonial français avec la conquête de l’Algérie en 1830.
Maroc :
Protectorat français
1912 : Traité de Fès, le Maroc devient un protectorat français Concède le nord du Maroc à l’Espagne Le maréchal Lyautey devient le premier résident général du Maroc. Grand administrateur, il prend connaissance du terrain et traite avec respect les coutumes et l’Islam. Il sut pacifier et bâtir le Maroc moderne
Général Bugeaud
Il a l'idée d'une colonie à la romaine, transformer les soldats en colons et en faire une colonie de peuplement.
Colonie de peuplement :
Colonie vers laquelle un Etat envoie une partie de sa population pour y habiter de manière définitive pour y établir une présence.
Les raisons de la colonisation :
-> Volonté de puissance après la défaite de 1870 (retour du prestige, concurrence à l’Angleterre) -> Volonté économique, aussi bien de l’Etat que des commerçants -> Volonté d’exploration et découverte du monde -> Volonté de « mission civilisatrice » -> Développement des sciences (découverte naturelles, raciales, etc.)
Idée de « mission civilisatrice » expliquée par Jules Ferry. Clemenceau détruit ce mythe de la supériorité civilisationnelle, pourtant largement admis au sein de la population française, acquis à la théorie de la hiérarchie des races qui circule à l’époque.
La mission Voulet-Chanoine
Type de guerre qui fait scandale, comme lors de la mission Voulet-Chanoine. Deux officiers en qui avaient besoin de porteurs lors de leur mission car, dans la région il n’y a pas d’animaux de trait. Ils massacrent tout un village qui refusa de les aider. Une enquête est réalisée et les deux hommes font tuer l’officier venu les juger.Exemple de conquête violente : mission Voulet-Chanoine avec massacre de village
Protectorat :
Forme de colonisation dans laquelle un Etat renonce à une partie de sa souveraineté au profit d’un autre.
Document 4 : Les expéditions de Brazza
Au service de la marine française, Brazza est naturalisé français en 1874. Il a alors pour ambition d’explorer l’Ogooué, le principal fleuve du Gabon. Soutenu dans ce projet par le ministre de la Marine et des Colonies, il commence cette expédition en 1875 pour l’achever en 1878. Avec ses hommes, il met ainsi à jour une voie commerciale de choix vers le Congo. Brazza et son équipe doivent cependant rebrousser chemin lors de cette expédition, ayant subi une attaque des Apfourou, une puissante peuplade africaine de la région. Dans la course à la colonisation de l’époque, et pour contrer les ambitions que le gouvernement belge a placées sur le continent africain, une 2e expédition est organisée entre 1879 et 1882, impulsée par Jules Ferry, le ministre de l’Instruction publique. Pierre Savorgnan de Brazza, à la tête de cette mission emblématique, atteint ainsi le fleuve Congo en 1880. Il propose alors au chef des Téké de Mbé de placer son territoire sous la protection du gouvernement français. Le chef, surnommé le Makoko, accepte cet accord, motivé par des intérêts économiques et politiques. Il concède même un petit territoire, nommé plus tard Brazzaville, permettant aux Français de s’établir officiellement dans le pays lors d’une 3e expédition, entre 1883 et 1885.
Document 2 : 1912, le Maroc devient un protectorat français
La signature du traité de Fès le 30 mars 1912 par le sultan chérifien consacre une évolution : le Maroc est, lui, un protectorat de préférence, choisi à dessein, cette fois, par les autorités coloniales, comme un régime permanent. Le traité contient dans l’ensemble les mêmes clauses qu’en Tunisie, même s’il concède le nord du Maroc à l’Espagne. Il est néanmoins le résultat d’une mutation de l’idéologie coloniale. Juristes et hommes politiques voient désormais dans le protectorat le moyen d’une colonisation plus vertueuse car respectueuse des « traditions » locales, sous la garantie d’un droit international naissant. Le général Lyautey, premier résident au Maroc, met en scène ses égards pour le souverain chérifien, dont il se dit le premier serviteur, et fait la promesse de rétablir son État et de préserver ses coutumes.
Document 3 : Louis-Humbert Lyautey
En 1912, celui qu’on allait surnommer Lyautey l’Africain devenait le premier résident général de France au Maroc. Il donna là toute la mesure de son génie de stratège et de grand administrateur. Ayant pris rapidement une connaissance parfaite de la région, du terrain et des mœurs comme des tribus, il fut soucieux de respecter la religion islamique dont il s’instruisit, et de respecter aussi la personne du sultan, Commandeur des croyants. Il sut s’attirer la confiance des élites locales, prenant dans son sens exact le terme de protectorat. Il sut pacifier et il sut bâtir, créant notamment avec Casablanca les premières structures du Maroc moderne.
Savorgnan de Brazza
C’est un explorateur qui sous l’autorité de la France mène une exploration en remontant le fleuve Congo dès 1875. En 1880, il signe un traité avec le roi Illoy Ier, roi des Batékès qui cède des terres aux Français en échanges de cadeaux et de protection. Il doit faire face aux Belges qui cherchent eux aussi à mettre la main sur la région avec l’explorateur Stanley. La limite entre le Congo français et le Congo belge se fixe autour du « Pool Malebo ». Au lieu de conquérir par la force et dans la violence, il signe des traités avec les chefs locaux De son côté Brazza est apprécié pour son respect des populations colonisées, il donne d’ailleurs son nom à la capitale du Congo actuel : Brazzaville. Alors que Stanley côté belge est surnommé le « sauteur de roche ». Brazza est une figure plus respectueuse de la colonisation.
Document 3 : La mission Voulet-Chanoine, exemple de colonisation sanglante
Les capitaines Paul Voulet (33 ans) et Julien Chanoine (29 ans), qui se sont illustrés par leur conquête sanglante de la Haute-Volta (aujourd'hui le Burkina Faso), quittent les bords du Niger en janvier 1899 en direction de l'Est, avec six autres officiers français, cinquante tirailleurs, 200 tirailleurs auxiliaires, vingt spahis et 700 porteurs. Ils manquent de moyens, souffrent de la chaleur et sont probablement dérangés par les atteintes de la syphilis. Se croyant tout permis, les deux officiers ne tardent pas à semer la mort et la désolation sur leur passage. Pénétrant en pays haoussa, théoriquement sous souveraineté britannique, ils se heurtent aux archers de la Sarraounia, une reine locale. Quatre soldats perdent la vie et six autres sont blessés. Le mois suivant, le 8 mai, ils exterminent les habitants du village de Birni N’Konni après qu'ils ont refusé de leur livrer le bétail réclamé. Leur exactions font scandale en métropole et le 14 juillet 1899, à Zinder, près du village de Dankori, une troupe française mené par l’officier Klobb vient stopper la mission et juger les deux officiers. Klobb s'avance vers Voulet en vue de parlementer. Mais ce dernier donne l'ordre d'ouvrir le feu. Klobb est tué. Mais les deux hommes n’iront pas loin, Chanoine et lui sont tués dans les jours qui suivent par leurs propres hommes.
Tunisie
Protectorat français
Dès 1880, tentative de s’emparer de la Tunisie, proie facile. Déjà implanté juste à côté en Algérie. L’empire ottoman est en faillite. 1881 : Gambetta prétend des affrontements à la frontière pour y intervenir militairement. 1881 : Traité du Bardo, création d’un protectorat. Le bey de Tunis reste en place mais l’essentiel du pouvoir passe à la France. Protectorat pour éviter de trop investir, seulement contrôle du pouvoir et bien fait économique. Volonté directe de la France.
Gallieni
Pacification
Génération des Gallienistes comme Lyautey Idée de guerre de pacification pour mettre fin aux conflits tribaux, à la piraterie. Attention, utilisation de la violence tout de même. Mais volonté de pacification à des fins économiques notamment. Allie conquête et développement. Il fait notamment participer des tirailleurs sénégalais dans son intervention à Madagascar. (Corps des tirailleurs créé en 1857, pas que des Sénégalais, terme général).
Béhanzin devient souverain du Dahomey en 1890 à la mort de son père. S'opposant farouchement à l'expansionnisme français, il est, dans la mémoire collective africaine, le résistant aux conquêtes coloniales.Sa garde prétorienne est formée de 3 000 à 4 000 femmes surnommées « les Amazones" Traqué, Béhanzin se livre en janvier 1894. Déporté à la Martinique, puis en Algérie. Samory Touré est le fondateur de l'empire Wassoulou (1878-1898) qui s'étendait au sud du Mali jusqu’en Guinée. Le 29 septembre 1898, Samory Touré est arrêté par le capitaine Gouraud du contingent francais. Luttant militairement contre la pénétration française et britannique en Afrique occidentale pendant près de vingt ans, Samory Touré est considéré comme le dernier grand chef noir indépendant de l'Afrique de l'Ouest et l’un des plus grands résistants africains à la pénétration coloniale, à la fin du XIXe siècle.
Samory Touré
Regroupement des colonies en confédération : -> AOF (Afrique Occidentale française) créée en 1895 -> AEF (Afrique Equatoriale française) créée en 1910 Retrait des militaires, volonté d’une administration civile. En Tunisie et au Maroc, dans les protectorats, les gouvernements autochtones restent en place. Un résident général de France gère la diplomatie, l’ordre public etc. Le statut de protectorat implique des éléments différents des colonies, une politique plus favorable aux autochtones. Les institutions sont restées, les élites ont donc des débouchés dans l’administration. En Algérie, la colonie de peuplement implique que les terres ont été saisies et redistribuées à des colons français. Dès 1848, l’Algérie est découpée en départements. Elle est donc gérée comme telle. Le pouvoir de l’administration repose sur le statut des colonisés.
En 1870, la France possède donc des territoires d’outre-mer dans les Caraïbes et dans l’océan Indien avec cinq comptoirs en Inde ainsi que Saint-Louis du Sénégal.
Document 4 : témoignage de la violence de la mission
« Des patrouilles doivent s’approcher des villages, s’en emparer à l’arme blanche, tuer tout ce qui résiste, emmener les habitants en captivité, s’emparer des troupeaux. Le 9 [janvier 1899] au matin, la reconnaissance rentre au camp avec 250 boeufs, 500 moutons, 28 chevaux, 80 prisonniers. Quelques tirailleurs ont été blessés. Afin de faire "un exemple", le capitaine Voulet fait prendre 20 femmes-mères avec des enfants en bas âge et à la mamelle, et les fait tuer à coups de lance, à quelques centaines de mètres du camp. » Récit d’un témoin oculaire (un officier français).
Document 1 : Louis Archinard
A l’image de la génération des militaires appelé « les soudanais », nom des conquérants du Soudan (Mali actuel), il impose une guerre dite « à l’africaine ». Il reprend les tactiques de guérilla africaine en y ajoutant l’artillerie. Il met notamment en place le partage du butin entre officiers et soldats ainsi qu’un partage des captifs. Cette guerre est caractérisée par une grande violence avec des scandales comme celui de la mission Voulet-Chanoine.
En Afrique subsaharienne, très peu de colons français sont présents. Ceux qui sont présents sont des marchands et des militaires qui administrent le territoire. Les Européens ont pris possessions des terres. Des compagnies de concession vont exploiter les terres sous forme de pillage. L’État leur concède de très vastes territoires, comme au Congo. Côté français, l’État conserve les droits de police, de justice, etc., contrairement aux Belges. Les Anglais pratiquent « l’indirect rull » (gouvernement indirect). L’administration française est plus directe, plus autoritaire, plus irrespectueuse des chefs et des coutumes. L’administration française s’appuie tout de même sur des colonisés, appelés « évolués ». Ex : En 1891, Archinard confie au fils d’un notable sénégalais : Mademba (formé à l’école des otages créée par Faidherbe) une sorte de principauté sur le Niger avec l’idée d’une administration indirecte.
Tension entre la France et l’Angleterre qui a viré les Français de l’Égypte avec qui ils avaient construit le canal de Suez. Les Anglais possèdent l’Égypte et l’Afrique du Sud et souhaitent relier les deux. 1896 : mission Marchand lancée par les Français, vers la vallée du Nil. Volonté de faire pression sur la Grande-Bretagne. 1898 : Fachoda est atteinte, confrontation directe avec l’armée anglaise qui est présente pour une mutinerie musulmane. Marchand et ses hommes font face à 20 000 anglo-égyptiens dirigés par Kitchener. Pendant 7 mois, les deux armées se font face. Finalement, la France se retire de la région en 1899 après un accord. La frontière est fixée entre les deux empires sur la ligne de partage des eaux entre le Nil et le lac Tchad.
Elle se tient de novembre 1884 à février 1885. Contrairement à ce qui est souvent dit, elle ne fixe pas entièrement les frontières de l’Afrique. Elle fixe les règles de colonisation. Tous les pays colonisateurs sont présents (pas les colonisés), et signent le traité. Elle impose, sur les fondements européens, une idée de libéralisme économique comme une libre circulation dans le bassin du fleuve Congo. Pour prendre un territoire, il faut partir de la côte pour ensuite s’étendre vers les terres (tracé souvent perpendiculaire en partant du littoral). Pour revendiquer des terres, il faut une présence effective. Il faut également une transparence dans les traités signés avec les chefs africains qui se placent sous domination. La lutte contre la traite qui est pratiquée par les Arabes qui l’exercent en Afrique de l’Est. Liberté de circulation des missionnaires chrétiens.
Les opposants à la colonisation appartiennent à la droite nationaliste qui considère qu'elle conduit à détourner le pays de l'objectif primordial que devrait être la reconquête de l'Alsace-Lorraine. Ils évoquent également la concurrence que représentent les produits de l'agriculture coloniale. Au sein de la gauche, des radicaux s'opposent aussi à la colonisation. De 1881 à 1885, le député du Parti radical Georges Clemenceau s'oppose à la politique coloniale de Jules Ferry, considérée comme humainement injuste et profitant économiquement à des hommes d'affaires peu scrupuleux. Toutefois, une fois au gouvernement, Clemenceau n'engage aucun processus de décolonisation. Les socialistes sont quant à eux éthiquement opposés à toute exploitation coloniale.
Louis Archinard
Général français
Archinard est un militaire qui impose la guerre « à l’africaine ». Une guérilla qui reprend les tactiques des armées africaines en y ajoutant en plus l’artillerie. Par exemple, il reprend l’idée du partage du butin d’après bataille entre les officiers et les soldats, pratique appliqué au partage des captifs !