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Analyse linéaire Montserrat

Victoire Batifol

Created on March 18, 2024

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Transcript

Montserrat Emmanuel Roblès

Acte III, scène 7, 1948

Analyse linéaire n°4 Parcours associé : théâtre et stratagème

Rédige l'introduction

Info

Vocabulaire utile pour l'analyse linéaire

LA MÈRE. - Non ! non ! Arrêtez ! arrêtez ! ne la tuez pas ! Il va parler ! (Au P. Coronil :) Il est bon. Vous allez voir qu’il va parler ! (A Izquierdo :) Il dira tout ce que vous voudrez ! tout ! Attendez encore !

(A Montserrat :) N’est-ce pas que tu vas parler ! que tu ne veux pas qu’on tue Éléna, que tu ne veux pas qu’on me tue ! Dis-leur d’attendre ! Je t’en supplie ! (Les tambours roulent plus vite. La mère se retourne vers Izquierdo.) Vous pouvez dire aux soldats d’attendre ! Qu’ils attendent encore ! Comme vous êtes cruels, les hommes ! Comme il vous est facile de tuer ! Vous ne savez pas ! Vous ne savez pas !

Première étape : l.1 à 7 Les supplications de la mère

LA MÈRE. - Non ! non ! Arrêtez ! arrêtez ! ne la tuez pas ! Il va parler ! (Au P. Coronil :) Il est bon. Vous allez voir qu’il va parler ! (A Izquierdo :) Il dira tout ce que vous voudrez ! tout ! Attendez encore !

(A Montserrat :) N’est-ce pas que tu vas parler ! que tu ne veux pas qu’on tue Éléna, que tu ne veux pas qu’on me tue ! Dis-leur d’attendre ! Je t’en supplie ! (Les tambours roulent plus vite. La mère se retourne vers Izquierdo.) Vous pouvez dire aux soldats d’attendre ! Qu’ils attendent encore ! Comme vous êtes cruels, les hommes ! Comme il vous est facile de tuer ! Vous ne savez pas ! Vous ne savez pas !

Première étape : l.1 à 7 Les supplications de la mère

La première partie est constituée d’une seule réplique de la Mère, affolée, qui craint pour sa vie et celle d’Eléna, puisqu’elles sont les deux dernières survivantes du groupe d’otages constitué par Izquierdo, afin de faire parler Montserrat. Les autres ayant été froidement exécutés, la mère tente de persuader Montserrat de parler et Izquierdo de les épargner. Cela se manifeste dans le texte par des très nombreuses phrases courtes et exclamatives : elles montrent la panique qui est en train de l’envahir, et la nécessité de faire cesser ce stratagème tragique. De plus, elle emploie l’adverbe de négation « Non » à deux reprises, ainsi que des verbes à l’impératif : « Arrêtez ! ne la tuez pas ! ».

LA MÈRE. - Non ! non ! Arrêtez ! arrêtez ! ne la tuez pas ! Il va parler ! (Au P. Coronil :) Il est bon. Vous allez voir qu’il va parler ! (A Izquierdo :) Il dira tout ce que vous voudrez ! tout ! Attendez encore ! (A Montserrat :) N’est-ce pas que tu vas parler ! que tu ne veux pas qu’on tue Éléna, que tu ne veux pas qu’on me tue ! Dis-leur d’attendre ! Je t’en supplie ! (Les tambours roulent plus vite. La mère se retourne vers Izquierdo.) Vous pouvez dire aux soldats d’attendre ! Qu’ils attendent encore ! Comme vous êtes cruels, les hommes ! Comme il vous est facile de tuer ! Vous ne savez pas ! Vous ne savez pas !

Le personnage de la Mère s’adresse successivement à trois interlocuteurs pour essayer de trouver une échappatoire, et adapte son discours à chacun, on le repère grâce aux didascalies :

  • le père Coronil : c’est un prêtre, elle l’assure donc de la bonté de Montserrat, qualité à laquelle un prêtre ne peut se montrer insensible. Elle assure également, au futur proche, que Montserrat « va parler ». C’est une manière de gagner du temps, de retarder l’exécution d’Eléna.
  • Izquierdo : elle emploie le futur de certitude (« il dira tout ce que vous voudrez, tout ») pour pousser Izquierdo à attendre. Elle emploie de même deux fois l’hyperbole « tout », pour le convaincre et comme pour se rassurer elle-même.

  • Montserrat : elle s’adresse enfin à Montserrat, en le tutoyant, comme s’il était de son côté. Elle s’adresse à lui pour le persuader de parler. Dans la phrase interro-négative « N’est-ce pas que tu vas parler ? », elle fait preuve de persuasion, partant du principe que les aveux de Montserrat relèvent de l’évidence, et les anticipant. Elle joue ensuite sur ses sentiments, en évoquant la mort d’Eléna et la sienne, par la répétition du verbe « tuer » : elle veut montrer à Montserrat les conséquences concrètes de son silence. Elle termine par une supplication : « je t’en supplie », dernière manière de le faire céder, ce qui donne une dimension pathétique à la réplique, la mère essayant toutes les stratégies pour faire plier Montserrat, mais n’y parvenant pas.

LA MÈRE. - Non ! non ! Arrêtez ! arrêtez ! ne la tuez pas ! Il va parler ! (Au P. Coronil :) Il est bon. Vous allez voir qu’il va parler ! (A Izquierdo :) Il dira tout ce que vous voudrez ! tout ! Attendez encore ! (A Montserrat :) N’est-ce pas que tu vas parler ! que tu ne veux pas qu’on tue Éléna, que tu ne veux pas qu’on me tue ! Dis-leur d’attendre ! Je t’en supplie ! (Les tambours roulent plus vite. La mère se retourne vers Izquierdo.) Vous pouvez dire aux soldats d’attendre ! Qu’ils attendent encore ! Comme vous êtes cruels, les hommes ! Comme il vous est facile de tuer ! Vous ne savez pas ! Vous ne savez pas !

La didascalie « Les tambours roulent plus vite » annonce implicitement que la mort d’Eléna se prépare : les tambours signalent la préparation du peloton d’exécution. Cela ajoute une très grande tension à la scène : la dimension tragique devient palpable. Ce son conduit la mère à demander de nouveau un délai à Izquierdo, en répétant le verbe « attendre ». Elle se livre ensuite à une considération plus générale sur la violence des hommes : le terme général « les hommes », au pluriel, englobe Izquierdo, les soldats, mais aussi Montserrat. Elle considère qu’ils sont tous du côté de la mort, qu’ils ne perçoivent pas la réalité concrète de leurs actes. Les deux premières phrases exclamatives, commençant par « Comme », insistent sur leur cruauté ; les deux suivantes sont elliptiques : le verbe savoir n’a pas de COD, on ignore donc ce qu’elle veut dire. On peut imaginer qu’ils ne connaissent pas, selon elle, la valeur de la vie. Mais les supplications de la mère sont sans effet : Montserrat garde le silence, fidèle à ses convictions, et Izquierdo va tenter de le faire parler.

IZQUIERDO, à Montserrat. Montserrat ! Si tu parles… tu auras la vie sauve ! Dis un mot ! Lève la main, et j’arrête moi-même l’exécution ! Mais fais vite ! Bolivar aussi aura la vie sauve ! Il sera seulement déporté ! Vous serez tous les deux déportés en Afrique ! Je le prends sur moi ! J’obtiendrai de Son Excellence !… LE P. CORONIL. - Izquierdo !

IZQUIERDO, à Montserrat. ... IZQUIERDO, il prend Montserrat au collet et le secoue brutalement. Mais parle donc, imbécile ! Dis un mot ! Ton silence est odieux ! On aimerait écraser à coups de talon cette tête où les mots s’enfoncent comme des balles dans la chair morte ! Décharge du peloton. Les tambours cessent. Izquierdo gifle Montserrat à la volée. Puis il le lâche et revient au milieu de la scène.

Deuxième étape : l.8 à 17 La pression d’Izquierdo pour faire parler Montserrat

IZQUIERDO, à Montserrat. Montserrat ! Si tu parles… tu auras la vie sauve ! Dis un mot ! Lève la main, et j’arrête moi-même l’exécution ! Mais fais vite ! Bolivar aussi aura la vie sauve ! Il sera seulement déporté ! Vous serez tous les deux déportés en Afrique ! Je le prends sur moi ! J’obtiendrai de Son Excellence !… LE P. CORONIL. - Izquierdo !

IZQUIERDO, à Montserrat. ... IZQUIERDO, il prend Montserrat au collet et le secoue brutalement. Mais parle donc, imbécile ! Dis un mot ! Ton silence est odieux ! On aimerait écraser à coups de talon cette tête où les mots s’enfoncent comme des balles dans la chair morte ! Décharge du peloton. Les tambours cessent. Izquierdo gifle Montserrat à la volée. Puis il le lâche et revient au milieu de la scène.

Deuxième étape : l.8 à 17 La pression d’Izquierdo pour faire parler Montserrat

Dans cette deuxième partie du texte, Izquierdo s’adresse à Montserrat, qui ne lui répond jamais. Ses deux répliques montrent deux stratégies différentes pour le faire parler. D’abord, il tente de le persuader de parler, en négociant avec lui et en lui proposant un marché. Il l’apostrophe (« Montserrat ! ») puis emploie une tournure hypothétique, commençant par la conjonction de subordination « si », lui indiquant la conséquence au futur de ses aveux : « tu auras la vie sauve ». Il insiste sur ce marché en expliquant qu’il se contentera d’un mot ou d’un simple geste : « Dis un mot ! Lève la main ! ». Il garantit lui-même le marché en insistant sur son rôle : l’usage de la 1ère personne du singulier est important dans cette réplique « j’arrête moi-même l’exécution », « Je le prends sur moi », donnant ainsi des gages à Montserrat. Il emploie un argument d’autorité en faisant référence au roi (« J’obtiendrai de Son Excellence », soulignant qu’il a du pouvoir et de l’influence, signe que Montserrat peut parler en confiance.

IZQUIERDO, à Montserrat. Montserrat ! Si tu parles… tu auras la vie sauve ! Dis un mot ! Lève la main, et j’arrête moi-même l’exécution ! Mais fais vite ! Bolivar aussi aura la vie sauve ! Il sera seulement déporté ! Vous serez tous les deux déportés en Afrique ! Je le prends sur moi ! J’obtiendrai de Son Excellence !… LE P. CORONIL. - Izquierdo !

Il fait preuve de subtilité en garantissant aussi la survie de Bolivar, que Montserrat protège : « Bolivar aussi aura la vie sauve ». Il tente de minimiser les conséquences de cet aveu par l’adverbe « seulement » précisant l’adjectif « déporté ». Un aveu conduira les personnages non plus à la mort mais à une déportation présentée comme moins grave. De plus, il rassemble Montserrat et Bolivar, par l’expression « tous les deux », tenant ainsi compte de la solidarité qui existe entre eux. A l’évocation du roi, le père Coronil intervient et apostrophe Izquierdo : sa réplique ne contient que l’interpellation « Izquierdo ! » dans une phrase nominale exclamative. Le ton d’Izquierdo change ensuite radicalement, ce qui peut signifier que le prêtre rappelle à l’ordre le chef des armées.

Dans sa deuxième réplique, Izquierdo fait preuve d’une grande brutalité. Il quitte son attitude conciliante et sa volonté de négocier pour exercer désormais une pression physique sur Montserrat : la didascalie « il prend Montserrat au collet et le secoue brutalement » indique en effet qu’il va essayer de le faire parler par la force. Il emploie un vocabulaire insultant : « imbécile », « ton silence est odieux ». Puis sa violence verbale s’intensifie : Izquierdo utilise une métaphore « écraser à coups de talon cette tête » et une comparaison « s’enfoncent comme des balles dans la chair morte ». Ces deux images morbides traduisent son extrême violence et sa volonté de torturer son prisonnier, comme il a torturé les vénézuéliens auparavant. Cette scène montre comment les soldats espagnols traitent les peuples qu’ils veulent soumettre.

IZQUIERDO, à Montserrat. ... IZQUIERDO, il prend Montserrat au collet et le secoue brutalement. Mais parle donc, imbécile ! Dis un mot ! Ton silence est odieux ! On aimerait écraser à coups de talon cette tête où les mots s’enfoncent comme des balles dans la chair morte ! Décharge du peloton. Les tambours cessent. Izquierdo gifle Montserrat à la volée. Puis il le lâche et revient au milieu de la scène.

La dernière didascalie de ce passage commence par une phrase non-verbale : « Décharge du peloton ». Ces mots ou ce son indiquent implicitement la mort d’Elena, hors-scène. La bienséance est respectée, comme une tragédie classique. La deuxième phrase « Les tambours cessent » ramène le silence sur la scène, et dramatise la situation. Face à un nouvel échec du stratagème, Izquierdo réagit par la brutalité en giflant Montserrat.

Troisième étape : l.18 à 27 La condamnation de la mère

LA MÈRE, folle de désespoir. Maudits ! maudits ! Je vous maudis tous ! Dieu aussi vous maudira ! Assassins d’enfants ! lâches ! lâches ! Cent fois lâches ! (Elle s’abat sur la table en hurlant. Le P. Coronil s’est penché vers elle, il lui parle à voix basse tandis qu’elle est secouée de sanglots.) IZQUIERDO, exaspéré. Débarrassez-moi de cette folle ! Emmenez-la ! Dépêchez-vous ! (A Montserrat :) Elle ne t’attendrira plus, n’est-ce pas ? Inutile de perdre du temps ! C’est fini ! (Aux soldats :) Faites vite et sortez tous ! Allez-vous-en ! tous ! tous !

LA MÈRE, elle résiste aux soldats en hurlant. Non ! non ! Je ne veux pas ! Ne me tuez pas ! Ne me tuez pas ! J’ai deux enfants ! Deux petits enfants ! Non ! je ne veux pas ! Le P. Coronil sort avec elle. Moralès les suit. Il dit à deux soldats : « Vous deux, veillez derrière la porte ! »

Troisième étape : l.18 à 27 La condamnation de la mère

LA MÈRE, folle de désespoir. Maudits ! maudits ! Je vous maudis tous ! Dieu aussi vous maudira ! Assassins d’enfants ! lâches ! lâches ! Cent fois lâches ! (Elle s’abat sur la table en hurlant. Le P. Coronil s’est penché vers elle, il lui parle à voix basse tandis qu’elle est secouée de sanglots.) IZQUIERDO, exaspéré. Débarrassez-moi de cette folle ! Emmenez-la ! Dépêchez-vous ! (A Montserrat :) Elle ne t’attendrira plus, n’est-ce pas ? Inutile de perdre du temps ! C’est fini ! (Aux soldats :) Faites vite et sortez tous ! Allez-vous-en ! tous ! tous !

LA MÈRE, elle résiste aux soldats en hurlant. Non ! non ! Je ne veux pas ! Ne me tuez pas ! Ne me tuez pas ! J’ai deux enfants ! Deux petits enfants ! Non ! je ne veux pas ! Le P. Coronil sort avec elle. Moralès les suit. Il dit à deux soldats : « Vous deux, veillez derrière la porte ! »

La première réplique de la mère, que l’on avait quittée dans la 2ème partie du texte, nous montre sa réaction après l’exécution d’Eléna. Sa panique est exacerbée : ses phrases sont courtes, exclamatives, et elle adresse aux autres personnages des paroles injurieuses : elle les maudit trois fois, en répétant l’adjectif « maudits » puis en utilisant le verbe « maudire ». Elle utilise une gradation en hurlant que Dieu les maudira aussi. Cela montre que le comportement des espagnols est immoral, ils sont prêts à tuer une enfant au nom de leur combat. La mère poursuit ses imprécations en les traitant d’« assassins d’enfants », montrant leur manque de courage. Elle termine par la répétition de l’adjectif « lâches » puis l’hyperbole « cent fois lâches », renforçant l’idée de la bassesse du comportement des espagnols. La didascalie qui suit : « Elle s’abat sur la table en hurlant » puis « secouée de sanglots » montre son désespoir, dans ce passage pathétique.

LA MÈRE, folle de désespoir. Maudits ! maudits ! Je vous maudis tous ! Dieu aussi vous maudira ! Assassins d’enfants ! lâches ! lâches ! Cent fois lâches ! (Elle s’abat sur la table en hurlant. Le P. Coronil s’est penché vers elle, il lui parle à voix basse tandis qu’elle est secouée de sanglots.) IZQUIERDO, exaspéré. Débarrassez-moi de cette folle ! Emmenez-la ! Dépêchez-vous ! (A Montserrat :) Elle ne t’attendrira plus, n’est-ce pas ? Inutile de perdre du temps ! C’est fini ! (Aux soldats :) Faites vite et sortez tous ! Allez-vous-en ! tous ! tous !

Le rôle du père Coronil est ambigu : la didascalie indique qu’il se penche sur elle. Le prêtre cautionne les actes des espagnols, pourtant il tente de la consoler. Roblès montre l’hypocrisie du clergé. La réaction d’Izquierdo ne se fait pas attendre : sourd aux sentiments de la mère, ce qu’on remarque grâce à la didascalie « exaspéré », il demande qu’on la fasse sortir, employant des verbes à l’impératif montrant qu’il n’a aucune considération pour elle : « Débarrassez-moi de cette folle ! Emmenez-la ». La mère est dénigrée, et traitée comme un objet encombrant. Le temps s’accélère : les répliques d’Izquierdo sont brèves, exclamatives, et évoquent l’idée de fin ou de rapidité : négation « ne...plus », « perdre du temps », « c’est fini », faites vite ». Une accélération du temps, tragique, est en train de se produire et achemine la mère vers une mort certaine : inutile dans le stratagème, elle doit être éliminée.

La mère le comprend et réagit par des dénégations : adverbe « non » répété 2 fois, phrases négatives (« je ne veux pas » x 2), impératifs à la forme négative à valeur d’interdiction (« Ne me tuez pas ! » x 2). Elle tente une dernière tentative de persuasion en évoquant ses enfants, qui vont se retrouver orphelins : elle répète l’information en la précisant par l’adjectif hypocoristique « petits », pour tenter d’émouvoir ses interlocuteurs. Ce passage prend une dimension pathétique et tragique. La didascalie finale montre les personnages sortir de scène : la sortie de scène est synonyme de mort, ici. Implicitement, on comprend que la mère est condamnée. La mort n’est donc pas représentée mais seulement suggérée, ce qui renforce la violence psychologique de la scène.

LA MÈRE, elle résiste aux soldats en hurlant. Non ! non ! Je ne veux pas ! Ne me tuez pas ! Ne me tuez pas ! J’ai deux enfants ! Deux petits enfants ! Non ! je ne veux pas ! Le P. Coronil sort avec elle. Moralès les suit. Il dit à deux soldats : « Vous deux, veillez derrière la porte ! »

Conclusion

Rappel des idées importantes

Première étape

Réponse à la problématique

Deuxième étape

ouverture

Troisième étape

Question de grammaire

Analysez la construction syntaxique des phrases suivantes : « Vous allez voir qu’il va parler ». « Il dira tout ce que vous voudrez ».

Quelques connaissances sur Roblès

Source : Clapotee, https://www.youtube.com/watch?v=fuqdQ29nZ8s

Introduction

Montserrat, tragédie écrite en 1948, au sortir de la Seconde guerre mondiale, par Emmanuel Roblès, a pour cadre la guerre d’indépendance au Venezuela. Le héros éponyme, proche du rebelle Bolivar, est arrêté par le lieutenant espagnol Izquierdo qui met au point un stratagème terrible pour le faire parler : il arrête six innocents dans la rue, qu’il exécute si Montserrat ne révèle pas où se cache Bolivar. A l’acte III, scène 7, vers la fin de la pièce, les dernières innocentes sont sur le point d’être sacrifiées : Eléna et une mère de famille. Leur mort annoncée ne fait pourtant pas plier Montserrat, qui a choisi de défendre la cause vénézuélienne pour sauver davantage de gens encore. Cette scène montre les réactions de l’otage et d’Izquierdo, face à l’échec d’un stratagème tragique. Montserrat, lui, reste mutique dans cette scène. Il a choisi sa cause, et ne dérogera pas à son choix. En quoi l'échec du stratagème d'Izquierdo rend-il cet extrait particulièrement théâtral ? Nous verrons dans un premier temps comment les supplications de la mère rendent la scène pathétique. Puis, nous étudierons la pression d’Izquierdo pour faire parler Montserrat. Enfin, nous analyserons la condamnation de la mère qui clôt ce passage.

Procédé à l'oeuvre dans une tragédie :

  • La catharsis : La catharsis est un concept inventé par Aristote et repris par les auteurs classiques : en s’identifiant aux personnages qu’il admire, le spectateur ressent terreur et pitié, ce qui le débarrasse de ses émotions extrêmes. Il sort du spectacle apaisé.

Tonalités du texte :

- Tonalité pathétique : vise à éveiller la pitié du lecteur pour un personnage, évoqué souvent à la troisième personne, et dont on narre les malheurs. L’intensité de sa souffrance est rendue par des figures comme l’hyperbole et la répétition. Le texte a une dimension visuelle : le lecteur a l’impression d’assister à la scène grâce aux nombreux détails et au présent de narration. - Tonalité tragique : le personnage est confronté à une force qui le dépasse, à un dilemme (choix entre 2 exigences inconciliables). Le spectateur est terrorisé par cette situation mais en même temps fasciné par le personnage confronté à ce choix ou à ce combat.

Problématique :

En quoi l'échec du stratagème d'Izquierdo rend-il cet extrait particulièrement théâtral ?

Conclusion

Cet extrait de la tragédie d’Emmanuel Roblès, Montserrat, est particulièrement théâtral et tendu. Le choix du dernier otage, une mère de famille, face à un défenseur de la cause vénézuélienne inflexible, renforce la dimension tragique et pathétique de la scène. La tension passe par l’écriture du texte, aux répliques courtes et haletantes, par la scénographie, qui utilise les sons, les mouvements et gestes des personnages, comme les didascalies l’indiquent. Si Montserrat parvient à ne pas trahir sa cause, qui est la défense du peuple vénézuélien et de son indépendance, à ne pas se laisser influencer et émouvoir par le sacrifice d’innocents, le spectateur, lui, est face à une scène inspirant terreur et pitié, comme le prônait Aristote dans l’Antiquité, et le poussant à s’interroger face à un tel dilemme moral.

Question de grammaire

« Vous allez voir qu’il va parler ». Phrase complexe : 2 verbes conjugués. La subordonnée est introduite par la conjonction de subordination « que » ; il s’agit d’une subordonnée conjonctive complétive, COD du verbe de la proposition principale « allez voir ». « Vous allez voir » est la proposition principale dont dépend la subordonnée. « Il dira tout ce que vous voudrez ». Phrase complexe : 2 verbes conjugués. La subordonnée est introduite par le pronom relatif « que » ; il s’agit d’une subordonnée relative, complément de l’antécédent « ce », reprenant le pronom « tout ». « Il dira tout » est la proposition principale dont dépend la subordonnée.