La France, dynamiques démographiques,inégalités socio-économiques
Introduction
Dynamiques démographiques et inégalités
Manifestation des gilets jaunes, décembre 2018
Manifestation contre la réforme des retraites, février 2023
Introduction
Dynamiques démographiques et inégalités
Depuis 10 ans, la France a connu plusieurs épisodes de contestation sociale, parfois très violente : en 2018 le mouvement des gilets jaunes proteste contre les inégalités, notamment territoriales (« la France des ronds-points »), en 2023 les manifestations contre une réforme des retraites que le gouvernement justifie par le vieillissement de la population mobilisent des millions de personnes. 2023 ce sont aussi les émeutes de juin qui embrasent la jeunesse de certaines banlieues.Chacun à leur façon ces épisodes témoignent des dynamiques et des inégalités qui traversent aujourd’hui la société française et questionnent le rôle de l’Etat, souvent contesté.
Manifestation des gilets jaunes, décembre 2018
La France, dynamiques démographiques,inégalités socio-économiques
> Quelles sont les dynamiques et les inégalités qui traversent la population française ? > Quelles politiques sont mises en place pour y remédier ?
SOMMAIRE
Conclusion
I. Une population française dynamique mais vieillissanteA) Une croissance démographique qui ralentit B) Un vieillissement rapide mais inégal C) Des dynamiques démographiques très contrastées II. Un territoire entre croissance et inégalitésA) Un pays riche…B) … où les inégalités se creusent C) Des fractures socio-économiques III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques A) Des politiques à différentes échelles B) Pallier le déséquilibre démographique C) Réduire les inégalités
Dynamiques démographiques et inégalités
I.
Une population française dynamique mais vieillissante
> Quelles sont les grandes dynamiques démographiques du territoire français ?
I. Une population française dynamique mais vieillissante
Dynamiques démographiques et inégalités
A. Une croissance démographique qui ralentit
Avec 68,6 millions d’habitants au 1er janvier 2025, 66 millions en métropole et 2 millions en outremer, la France est le 2ème pays le plus peuplé d’Europe, le 20ème au monde. Si la population continue de croître (+ 11% depuis 2000), la France fait face au ralentissement de sa croissance démographique : son taux de natalité n’est aujourd’hui que très peu supérieur à son taux de mortalité. Elle a donc achevé sa transition démographique. Elle a longtemps présenté un profil original en Europe, dont elle était le moteur démographique : alors que l'Union européenne dans son ensemble a un solde naturel négatif depuis 2016, la France est l'un des pays où il est le plus élevé : on compte 200 000 naissances de plus que de décès .
Un profil original en Europe
La croissance démographique
I. Une population française dynamique mais vieillissante
Dynamiques démographiques et inégalités
A. Une croissance démographique qui ralentit
Cependant depuis 2010 le nombre de naissances diminue avec le recul de la fécondité. En 2023, l’indice synthétique de fécondité s’établit à 1,67 enfant par femme ; l’âge moyen à la maternité est en hausse et atteint 30,6 ans.Selon les projections, la population devrait tout de même continuer à croître jusqu’en 2050. Le solde migratoire joue également mais dans une moindre mesure : il y a 66 000 arrivées de plus que de départs.
Le recul de la fécondité
Les projections d'évolution
I. Une population française dynamique mais vieillissante
Dynamiques démographiques et inégalités
B. Un vieillissement rapide mais inégal
La France est en situation de « post-transition ». Bien qu’elle soit plutôt jeune à l’échelle de l’Europe, elle connait un vieillissement rapide de sa population : en 2018, 20 % des Français étaient âgés de 65 ans ou plus, ils étaient 13,9 % en en 1990. Ce vieillissement s’explique par la réduction des naissances mais aussi par l’augmentation continue de l’espérance de vie à la naissance : elle a gagné 11 ans en 50 ans (85,7 ans pour les femmes et 80 ans pour les hommes en 2023). La population française vieillit mais la répartition de cette population est inégale sur le territoire national : les personnes de plus de 65 ans vivent surtout dans les campagnes, notamment celles du centre de la Corse, du centre de la Bretagne, du Sud des Alpes et de la « diagonale du vide » (expression désignant les espaces à faible densité allant du Nord-Est au Sud-Ouest en passant par le Massif Central).A l’inverse, l’Île-de-France, les territoires à proximité des villes les plus peuplées ainsi que les territoires d’outre-mer sont globalement jeunes.
L'évolution de la structure par âge
Le vieillissement dans les territoires métropolitains et ultramarins
I. Une population française dynamique mais vieillissante
Dynamiques démographiques et inégalités
C. Des dynamiques démographiques très contrastées
1. Régions dynamiques et régions en déclin
Les dynamiques démographiques résultent de la combinaison du solde naturel et du solde migratoire.Les dynamiques démographiques varient entre les territoires :
- en métropole, les zones dans lesquelles la croissance démographique est la plus forte se trouvent le long des littoraux de l’océan Atlantique et de la mer Méditerranée, dans les grandes vallées fluviales et à proximité des grandes métropoles comme Paris, Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier et Lyon.
- en Outre-mer, tous les départements enregistrent une forte croissance du fait de l’excédent naturel et de l’immigration, en particulier la Guyane,
- le déclin démographique concerne les territoires les plus ruraux de la « diagonale du vide ». Les régions de l’est (Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté) et du nord, à l’exception de l’Île-de-France voient leurs populations stagner,
- certaines villes connaissent aussi une croissance négative du fait de difficultés économiques (Douai-Lens, Valenciennes) ou du coût de l’immobilier (Nice, Paris intra-muros).
L'évolution de la population de 2013 à 2019
I. Une population française dynamique mais vieillissante
Dynamiques démographiques et inégalités
C. Des dynamiques démographiques très contrastées
2. Les migrations internes
Les migrations internes modifient en permanence la situation démographique des territoires et leur structure par âge. Chaque année, 10 % des foyers déménagent pour les études, le travail, un événement familial (naissance), la retraite...À l’échelle nationale, les migrations se dirigent surtout du Nord vers le Sud et l’Ouest. Les migrations internes rajeunissent l’Île-de-France, zone de départ des retraités et des familles avec enfants. À l’inverse, le Sud et l’Ouest sont attractifs, notamment pour les personnes âgées qui recherchent une bonne qualité de vie ce qui entraîne leur vieillissement (PACA). Guadeloupe et la Martinique malgré un solde naturel positif n’arrivent à pas compenser un solde migratoire négatif (départ des jeunes actifs vers la métropole).Localement, les villes restent attractives mais ce sont les espaces périurbains et certaines villes moyennes qui se développent plutôt que les centres des grandes métropoles.
Ces migrations profitent surtout aux départements denses et abritant de grands pôles universitaires, particulièrement attractifs pour des populations jeunes souhaitant poursuivre des études supérieures ou accéder à un premier emploi. Ainsi, quelque 49 000 jeunes de 15 à 29 ans ont déclaré avoir quitté Paris et 75 200 s’y être établis au cours de l’année précédant le recensement 2018, soit un solde migratoire de +26 200 individus. De même, les départements du Rhône et de la Haute-Garonne ont attiré un grand nombre de jeunes, tout particulièrement à Toulouse et à Lyon […]. À l’inverse, les DROM ont connu de nombreux départs de jeunes, en particulier La Réunion (solde de - 1 470) et la Martinique (- 1 130). Ce phénomène s’explique par une plus faible diversité de l’offre de formation au regard, par exemple, de la métropole, entraînant des migrations liées à la fois à la poursuite d’études, mais aussi à la recherche d’emploi. En métropole, les départements les moins denses sont particulièrement peu attractifs pour les jeunes adultes.
Les mobilités des jeunes
« Territoires et transitions : enjeux démographiques », Observatoire des territoires (ANCT), 2021.
Les mobilités résidentielles des personnes âgées
Dynamiques démographiques et inégalités
II.
Un territoire entre croissance et inégalités
> Quelles sont les inégalités socio-économiques en France et comment évoluent-elles ?
II. Un territoire entre croissance et inégalités
Dynamiques démographiques et inégalités
A. Un pays riche...
7ème puissance mondiale, la France fait partie des pays le plus riches de la planète. En 2023 elle possède le 10ème PIB de la planète, le 3ème d’Europe derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni.Par conséquent, la population française est l’une des plus aisées d’Europe, avec PIB moyen par habitant de 34 100 euros en 2020 (10 059, monde).Enfin avec un IDH très élevé de 0,901 en 2019, c’est un pays très développé (IDH > 0,8). Elle se classe au 26ème rang mondial et au 9ème rang au sein de l’UE.
Cependant ces chiffres masquent d’importantes inégalités.
Les plus grandes économies mondiales
L'IDH dans le monde
II. Un territoire entre croissance et inégalités
Dynamiques démographiques et inégalités
B. ... où les inégalités se creusent
1. Entre les personnes
A l’échelle de l’Europe, la France est un pays moyennement inégalitaire. Son indice de Gini la place en situation intermédiaire, entre une Europe du sud (très inégalitaire) et Europe du Nord. Le taux de pauvreté (part de ceux gagnant moins de 60 % du revenu médian, soit moins de 600€ /mois) après prestations sociales est de 14,5 % en 2022 (22% au Royaume-Uni). Mais il ne cesse d’augmenter depuis le milieux des années 2000, il était de 12,4 % en 2004. Cela représente 1,9 million de pauvres en plus alors que dans le même temps, le niveau de vie des plus riches s’est accru.
La pauvreté en France
La pauvreté en Europe
II. Un territoire entre croissance et inégalités
Dynamiques démographiques et inégalités
B. ... où les inégalités se creusent
2. Entre les territoires
Quelles sont les inégalités socio-économiques à l’échelle d’une ville ?
Frais Vallon est situé dans le 13e arrondissement dans le nord-est de Marseille. Livré dans les années 1960, le grand ensemble a connu des difficultés dès sa livraison. Plusieurs réhabilitations lourdes sont intervenues notamment au cours des années 1990 avec notamment la démolition du bâtiment D supprimant 140 logements, restructurant ainsi l'entrée du quartier. Ce secteur bénéficie pourtant de nombreux équipements publics (piscine, collège, école, crèches...) mais qui, pour certains, sont trop anciens et vétustes. Le manque prépondérant d'équipements de proximité (commerces, services publics) se fait aussi ressentir au sein du quartier. Ce quartier locatif social nécessite donc encore de lourdes interventions de restructuration1. Il s'inscrit dans le nouveau Programme national de renouvellement urbain. Les objectifs sont de supprimer les coupures urbaines pour faciliter la circulation au sein du grand ensemble ; dé-densifier l'habitat ; et mixer les types d'occupations (bureaux, accession sociale, équipements de mobilité...).
La politique de la ville en question, l’exemple de Frais Vallon
J.- C. Charles, Parcours résidentiels des habitants d'un Quartier politique de la Ville, Dros-Paca, 2017.
1. Dans le quartier prioritaire de Frais Vallon, 50 % de la population dispose de moins de 978 euros par mois. Selon l'Observatoire régional de la délinquance, la moitié des vols avec violence du 13e arrondissement sont concentrés dans les secteurs de Frais Vallon et de Saint-Just.
Manifestation contre le mal logement
Marseille, « Marseilles » : une ville, des fractures urbaines
La fragmentation socio-spatiale à Marseille
II. Un territoire entre croissance et inégalités
Dynamiques démographiques et inégalités
B. ... où les inégalités se creusent
2. Entre les territoires
A l'échelle régionale, certaines régions sont plus riches que d'autres. Le PIB par habitant s'élève à 55 300 € en Île de France, 23 200 € en Corse et seulement 9 800 € à Mayotte. A l'échelle départementale, le niveau de vie médian annuel est de 20 360 € dans les Yvelines et de 13 740 € dans le Pas de Calais. À l’échelle métropolitaine, les quartiers les plus aisés se trouvent généralement dans l’hypercentre tandis que d’autres cumulent un taux de chômage et un taux de pauvreté élevé (45 % dans les « quartiers nord » de Marseille, contre 15 % en moyenne en France). Il faut cependant se méfier des généralisations sur les « banlieues » : la commune de Neuilly‑sur‑Seine, à l'ouest de Paris, est ainsi l'une des plus riches de France.C'est dans les centres des aires urbaines que les inégalités sont les plus fortes et de plus en plus visibles. Avec la gentrification au cœur des anciens quartiers ouvriers urbains, les catégories sociales aisées coexistent avec la grande pauvreté des quartiers moins rénovés ou des personnes sans domicile fixe.
Les inégalités territoriales dans les aires urbaines
II. Un territoire entre croissance et inégalités
Dynamiques démographiques et inégalités
C. Des fractures socio-économiques
À l’échelle nationale, les régions les plus riches sont l’Île de France, l’Auvergne Rhône Alpes, et la région PACA. Ces régions sont dominées par des métropoles puissantes où la présence des emplois qualifiés et d’activités innovantes garantit des salaires élevés. Certains littoraux profitent également de l’installation de retraités aisés (côte d’Azur, côte aquitaine) tandis que les régions transfrontalières avec la Suisse et le Luxembourg profitent des salaires élevés que proposent les entreprises de ces États spécialisés dans les activités bancaires et financières. A l’inverse les DROM ainsi que la Bourgogne ou les Hauts de France présentent le PIB/hab. le plus faible : elles ont des profils variés (régions rurales vieillissante comme la Bourgogne ou régions isolées comme les DROM : cela n’incite pas les entreprises à s’y installer, chômage de région désindustrialisée comme les Hauts-de-France). Mais des régions « riches » comme l’Occitanie ou PACA présentent aussi des taux de pauvreté élevés : cela signifie que la richesse de ces régions est mal répartie et que les inégalités y sont plus fortes qu’ailleurs (ex : l’aire urbaine de Toulouse / zones rurales environnantes).
Le PIB par habitant régional en France
La pauvreté en France
Dynamiques démographiques et inégalités
Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques
IiI.
> Quelles sont lespolitiques de lutte contre les inégalités ?
III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques
Dynamiques démographiques et inégalités
A. Des politiques à différentes échelles
1. Le soutien financier de l'Union Européenne
L’Union européenne n’est pas à l’initiative des politiques de réduction des inégalités en France. Mais à travers différents fonds (comme le FSE ou le FEDER), elle co-finance certaines actions nationales et locales dans le cadre de sa politique de cohésion qui a pour objectif de réduire les écarts de richesse et de développement entre les régions de l'UE.Ces fonds financent l’accessibilité des territoires, le maintien des services publics et la création d’emplois.
Une réponse à l'échelle européenne
III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques
Dynamiques démographiques et inégalités
A. Des politiques à différentes échelles
2. Un Etat dont le rôle recule
L’État mène des politiques pour réduire les inégalités mais son intervention recule. S’il verse des aides sociales et finance la santé et l’éducation, il se désengage de plus en plus au profit des collectivités territoriales (loi MAPTAM, 2014 ; loi NOTRe, 2015).
Les acteurs de la lutte contre les inégalités socio-économiques
III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques
Dynamiques démographiques et inégalités
A. Des politiques à différentes échelles
3. Des collectivités territoriales incontournables
Les collectivités territoriales sont devenues des acteurs de la lutte contre les inégalités : départements et intercommunalités (regroupement de plusieurs communes) assument 51% des dépenses sociales. Le département gère le revenu de solidarité active (RSA, 1,7 million de personnes) ou l’allocation pour adulte handicapé (AAH, 1,1 million). Enfin les associations caritatives complètent l’aide publique à l’échelon local.
Les acteurs de la lutte contre les inégalités socio-économiques
Le Revenu de Solidarité Active
Le RSA est une prestation sociale, qui complète les revenus d'une personne démunie ou aux ressources faibles, afin de lui garantir un revenu minimal. En contrepartie, ses bénéficiaires ont obligation de chercher un emploi. En 2022, il y avait 1,88 million de ménages bénéficiaires selon le ministère du Travail, de la Santé, et des Solidarités
III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques
Dynamiques démographiques et inégalités
B. Pallier le déséquilibre démographique
Financer les retraites et la dépendance. C'est le principal enjeu du vieillissement de la population française, avec une réduction du nombre d'actifs qui cotisent par rapport au nombre de personnes en retraite à financer et soigner. Relancer la natalité. La France dispose d'une politique nataliste, avec un système d'allocations familiales et d'avantages fiscaux pour les parents. Si sa natalité diminue, elle est en meilleure position que la plupart des États européens.
III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques
Dynamiques démographiques et inégalités
C. Réduire les inégalités
1. Entre les individus
Des politiques inclusives, c’est-à-dire visant à lutter contre l’exclusion de certaines populations et territoires, cherchent à lutter contre les causes à l’origine des inégalités. Par l'intermédiaire des impôts et des cotisations sociales, l'État organise la redistribution d'une partie de la richesse produite vers ceux qui en ont le plus besoin. Ainsi, la sécurité sociale, créée en 1945, offre des prestations en cas de maladie ; une assurance chômage existe également. Il joue donc un rôle central dans la lutte contre les inégalités entre individus.En finançant les secteurs de la formation et des réseaux de transports par les taxes et l’impôt, il contribue également à réduire les inégalités sociales en favorisant l’insertion professionnelle, l’accès à l’emploi, la mobilité et le désenclavement.
Les plus jeunes sont les plus touchés par l’augmentation de la pauvreté. Plus d’un enfant sur dix vit sous le seuil de pauvreté du fait des bas revenus de ses parents. Le taux de pauvreté des non-diplômés est trois fois supérieur à celui des bac + 2. La hausse du chômage, l’extension des contrats précaires et du temps partiel subi, l’alternance entre périodes d’emploi et de chômage ont fait le lit de la pauvreté.Sans le système de protection sociale, ce ne serait pas 14 % mais 22 % des Français qui vivraient sous le seuil de pauvreté (à 60 % du niveau de vie médian). Notre système de prestations sociales et familiales, auquel il faut ajouter l’habitat social et les services publics gratuits, permet à beaucoup de personnes d’éviter la misère et la rue. La France est l’un des pays d’Europe qui a le taux de grande pauvreté (à 40 % du niveau de vie médian) le plus bas : 3,1 % de la population selon Eurostat en 2015, contre une moyenne européenne de 6,4 %. Si notre modèle social ne réussit pas à protéger une part de nos concitoyens du manque ou de la précarité, il contient la grande misère mieux qu’ailleurs.
Ampleur et limites de la pauvreté en France
D’après Anne Brunner « Cinq millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France » in Rapport sur la pauvreté en France, Observatoire des inégalités et COMPAS, 2018.
La répartition des dépenses des politiques de redistribution en France
III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques
Dynamiques démographiques et inégalités
C. Réduire les inégalités
2. Entre les territoires
Les politiques inclusives sont souvent territorialisées car certains territoires cumulent handicaps, sociaux et spatiaux, conséquence de la ségrégation spatiale :
- les villes et quartiers urbains défavorisés, appelés « quartiers prioritaires », sont concernés par la politique de la ville,
- les régions rurales vieillissantes bénéficient d’une politique dite de « développement rural », qui cherche à lutter contre la fuite des entreprises et des services publics, contre les déserts médicaux,
- le Départements et Régions d’Outre-mer bénéficient de transferts sociaux importants, de la politique communautaire des Régions Ultrapériphériques (RUP) et du Programme POSEI , qui cherche à compenser les handicaps liés à l’éloignement et à leur caractère insulaire et montagneux.
Des réponses aux échelles nationale et régionale
Face au risque de désertification, différentes politiques publiques nationales et européennes ont été mises en œuvre. Depuis 1995 l’État définit des ZRR (Zone de revitalisation rurale) pour aider les espaces ruraux faiblement peuplés (moins de 33 hab./km2) et vieillissants, souvent enclavés, qui perdent des habitants et des emplois. Dans ces territoires, les entreprises bénéficient d’exonérations fiscales, et les collectivités territoriales d’aides financières majorées pour moderniser leurs infrastructures. Toutefois ces mesures sont assimilées à du saupoudrage, car actuellement près de la moitié des communes rurales sont classées en zone de revitalisation soit 14901 communes concernées en 2017 […]. Ainsi un rapport parlementaire tout juste publié déplore, du fait de cet émiettement des aides, que les ZRR n’attirent « aucun entrepreneur ou presque », et donc que « l’avantage des aides fiscales est nul ou quasi-nul» .
Revitalisation rurale, des politiques efficaces ?
D’après « Désertification rurale : Des politiques publiques efficaces ? », L'Âme des Lieux N° 2, sept. 2018.
La politique de la ville
Dynamiques démographiques et inégalités
Conclusion
Dynamiques démographiques et inégalités
Conclusion
> Quelles sont les dynamiques et les inégalités qui traversent la population française ? > Quelles politiques sont mises en place pour y remédier ?
Longtemps moteur démographique de l’Europe la France reste un pays plutôt jeune mais qui connaît un vieillissement rapide. Les dynamiques démographiques y sont très contrastées selon les territoires : montagnes et campagnes voient leur population diminuer et vieillir tandis que les métropoles et littoraux continuent à croître et rajeunissent. Bien que riche, développée et relativement peu inégalitaire à l’échelle de l’Europe, la France est traversée par des inégalités croissantes : concentration de richesse dans les métropoles et leur centre, concentration de la pauvreté dans le nord et l’est du pays et les banlieues. Les acteurs publics mettent en place des politiques à différentes échelles pour corriger ces déséquilibres.Cependant les politiques mises en place par l’UE, l’État et les collectivités locales ne réussissent pas à gommer totalement ces inégalités et génèrent même parfois des contestations sociales violentes.
05. La France, dynamiques démographiques, inégalités socio-économiques
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Created on March 17, 2024
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La France, dynamiques démographiques,inégalités socio-économiques
Introduction
Dynamiques démographiques et inégalités
Manifestation des gilets jaunes, décembre 2018
Manifestation contre la réforme des retraites, février 2023
Introduction
Dynamiques démographiques et inégalités
Depuis 10 ans, la France a connu plusieurs épisodes de contestation sociale, parfois très violente : en 2018 le mouvement des gilets jaunes proteste contre les inégalités, notamment territoriales (« la France des ronds-points »), en 2023 les manifestations contre une réforme des retraites que le gouvernement justifie par le vieillissement de la population mobilisent des millions de personnes. 2023 ce sont aussi les émeutes de juin qui embrasent la jeunesse de certaines banlieues.Chacun à leur façon ces épisodes témoignent des dynamiques et des inégalités qui traversent aujourd’hui la société française et questionnent le rôle de l’Etat, souvent contesté.
Manifestation des gilets jaunes, décembre 2018
La France, dynamiques démographiques,inégalités socio-économiques
> Quelles sont les dynamiques et les inégalités qui traversent la population française ? > Quelles politiques sont mises en place pour y remédier ?
SOMMAIRE
Conclusion
I. Une population française dynamique mais vieillissanteA) Une croissance démographique qui ralentit B) Un vieillissement rapide mais inégal C) Des dynamiques démographiques très contrastées II. Un territoire entre croissance et inégalitésA) Un pays riche…B) … où les inégalités se creusent C) Des fractures socio-économiques III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques A) Des politiques à différentes échelles B) Pallier le déséquilibre démographique C) Réduire les inégalités
Dynamiques démographiques et inégalités
I.
Une population française dynamique mais vieillissante
> Quelles sont les grandes dynamiques démographiques du territoire français ?
I. Une population française dynamique mais vieillissante
Dynamiques démographiques et inégalités
A. Une croissance démographique qui ralentit
Avec 68,6 millions d’habitants au 1er janvier 2025, 66 millions en métropole et 2 millions en outremer, la France est le 2ème pays le plus peuplé d’Europe, le 20ème au monde. Si la population continue de croître (+ 11% depuis 2000), la France fait face au ralentissement de sa croissance démographique : son taux de natalité n’est aujourd’hui que très peu supérieur à son taux de mortalité. Elle a donc achevé sa transition démographique. Elle a longtemps présenté un profil original en Europe, dont elle était le moteur démographique : alors que l'Union européenne dans son ensemble a un solde naturel négatif depuis 2016, la France est l'un des pays où il est le plus élevé : on compte 200 000 naissances de plus que de décès .
Un profil original en Europe
La croissance démographique
I. Une population française dynamique mais vieillissante
Dynamiques démographiques et inégalités
A. Une croissance démographique qui ralentit
Cependant depuis 2010 le nombre de naissances diminue avec le recul de la fécondité. En 2023, l’indice synthétique de fécondité s’établit à 1,67 enfant par femme ; l’âge moyen à la maternité est en hausse et atteint 30,6 ans.Selon les projections, la population devrait tout de même continuer à croître jusqu’en 2050. Le solde migratoire joue également mais dans une moindre mesure : il y a 66 000 arrivées de plus que de départs.
Le recul de la fécondité
Les projections d'évolution
I. Une population française dynamique mais vieillissante
Dynamiques démographiques et inégalités
B. Un vieillissement rapide mais inégal
La France est en situation de « post-transition ». Bien qu’elle soit plutôt jeune à l’échelle de l’Europe, elle connait un vieillissement rapide de sa population : en 2018, 20 % des Français étaient âgés de 65 ans ou plus, ils étaient 13,9 % en en 1990. Ce vieillissement s’explique par la réduction des naissances mais aussi par l’augmentation continue de l’espérance de vie à la naissance : elle a gagné 11 ans en 50 ans (85,7 ans pour les femmes et 80 ans pour les hommes en 2023). La population française vieillit mais la répartition de cette population est inégale sur le territoire national : les personnes de plus de 65 ans vivent surtout dans les campagnes, notamment celles du centre de la Corse, du centre de la Bretagne, du Sud des Alpes et de la « diagonale du vide » (expression désignant les espaces à faible densité allant du Nord-Est au Sud-Ouest en passant par le Massif Central).A l’inverse, l’Île-de-France, les territoires à proximité des villes les plus peuplées ainsi que les territoires d’outre-mer sont globalement jeunes.
L'évolution de la structure par âge
Le vieillissement dans les territoires métropolitains et ultramarins
I. Une population française dynamique mais vieillissante
Dynamiques démographiques et inégalités
C. Des dynamiques démographiques très contrastées
1. Régions dynamiques et régions en déclin
Les dynamiques démographiques résultent de la combinaison du solde naturel et du solde migratoire.Les dynamiques démographiques varient entre les territoires :
L'évolution de la population de 2013 à 2019
I. Une population française dynamique mais vieillissante
Dynamiques démographiques et inégalités
C. Des dynamiques démographiques très contrastées
2. Les migrations internes
Les migrations internes modifient en permanence la situation démographique des territoires et leur structure par âge. Chaque année, 10 % des foyers déménagent pour les études, le travail, un événement familial (naissance), la retraite...À l’échelle nationale, les migrations se dirigent surtout du Nord vers le Sud et l’Ouest. Les migrations internes rajeunissent l’Île-de-France, zone de départ des retraités et des familles avec enfants. À l’inverse, le Sud et l’Ouest sont attractifs, notamment pour les personnes âgées qui recherchent une bonne qualité de vie ce qui entraîne leur vieillissement (PACA). Guadeloupe et la Martinique malgré un solde naturel positif n’arrivent à pas compenser un solde migratoire négatif (départ des jeunes actifs vers la métropole).Localement, les villes restent attractives mais ce sont les espaces périurbains et certaines villes moyennes qui se développent plutôt que les centres des grandes métropoles.
Ces migrations profitent surtout aux départements denses et abritant de grands pôles universitaires, particulièrement attractifs pour des populations jeunes souhaitant poursuivre des études supérieures ou accéder à un premier emploi. Ainsi, quelque 49 000 jeunes de 15 à 29 ans ont déclaré avoir quitté Paris et 75 200 s’y être établis au cours de l’année précédant le recensement 2018, soit un solde migratoire de +26 200 individus. De même, les départements du Rhône et de la Haute-Garonne ont attiré un grand nombre de jeunes, tout particulièrement à Toulouse et à Lyon […]. À l’inverse, les DROM ont connu de nombreux départs de jeunes, en particulier La Réunion (solde de - 1 470) et la Martinique (- 1 130). Ce phénomène s’explique par une plus faible diversité de l’offre de formation au regard, par exemple, de la métropole, entraînant des migrations liées à la fois à la poursuite d’études, mais aussi à la recherche d’emploi. En métropole, les départements les moins denses sont particulièrement peu attractifs pour les jeunes adultes.
Les mobilités des jeunes
« Territoires et transitions : enjeux démographiques », Observatoire des territoires (ANCT), 2021.
Les mobilités résidentielles des personnes âgées
Dynamiques démographiques et inégalités
II.
Un territoire entre croissance et inégalités
> Quelles sont les inégalités socio-économiques en France et comment évoluent-elles ?
II. Un territoire entre croissance et inégalités
Dynamiques démographiques et inégalités
A. Un pays riche...
7ème puissance mondiale, la France fait partie des pays le plus riches de la planète. En 2023 elle possède le 10ème PIB de la planète, le 3ème d’Europe derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni.Par conséquent, la population française est l’une des plus aisées d’Europe, avec PIB moyen par habitant de 34 100 euros en 2020 (10 059, monde).Enfin avec un IDH très élevé de 0,901 en 2019, c’est un pays très développé (IDH > 0,8). Elle se classe au 26ème rang mondial et au 9ème rang au sein de l’UE.
Cependant ces chiffres masquent d’importantes inégalités.
Les plus grandes économies mondiales
L'IDH dans le monde
II. Un territoire entre croissance et inégalités
Dynamiques démographiques et inégalités
B. ... où les inégalités se creusent
1. Entre les personnes
A l’échelle de l’Europe, la France est un pays moyennement inégalitaire. Son indice de Gini la place en situation intermédiaire, entre une Europe du sud (très inégalitaire) et Europe du Nord. Le taux de pauvreté (part de ceux gagnant moins de 60 % du revenu médian, soit moins de 600€ /mois) après prestations sociales est de 14,5 % en 2022 (22% au Royaume-Uni). Mais il ne cesse d’augmenter depuis le milieux des années 2000, il était de 12,4 % en 2004. Cela représente 1,9 million de pauvres en plus alors que dans le même temps, le niveau de vie des plus riches s’est accru.
La pauvreté en France
La pauvreté en Europe
II. Un territoire entre croissance et inégalités
Dynamiques démographiques et inégalités
B. ... où les inégalités se creusent
2. Entre les territoires
Quelles sont les inégalités socio-économiques à l’échelle d’une ville ?
Frais Vallon est situé dans le 13e arrondissement dans le nord-est de Marseille. Livré dans les années 1960, le grand ensemble a connu des difficultés dès sa livraison. Plusieurs réhabilitations lourdes sont intervenues notamment au cours des années 1990 avec notamment la démolition du bâtiment D supprimant 140 logements, restructurant ainsi l'entrée du quartier. Ce secteur bénéficie pourtant de nombreux équipements publics (piscine, collège, école, crèches...) mais qui, pour certains, sont trop anciens et vétustes. Le manque prépondérant d'équipements de proximité (commerces, services publics) se fait aussi ressentir au sein du quartier. Ce quartier locatif social nécessite donc encore de lourdes interventions de restructuration1. Il s'inscrit dans le nouveau Programme national de renouvellement urbain. Les objectifs sont de supprimer les coupures urbaines pour faciliter la circulation au sein du grand ensemble ; dé-densifier l'habitat ; et mixer les types d'occupations (bureaux, accession sociale, équipements de mobilité...).
La politique de la ville en question, l’exemple de Frais Vallon
J.- C. Charles, Parcours résidentiels des habitants d'un Quartier politique de la Ville, Dros-Paca, 2017.
1. Dans le quartier prioritaire de Frais Vallon, 50 % de la population dispose de moins de 978 euros par mois. Selon l'Observatoire régional de la délinquance, la moitié des vols avec violence du 13e arrondissement sont concentrés dans les secteurs de Frais Vallon et de Saint-Just.
Manifestation contre le mal logement
Marseille, « Marseilles » : une ville, des fractures urbaines
La fragmentation socio-spatiale à Marseille
II. Un territoire entre croissance et inégalités
Dynamiques démographiques et inégalités
B. ... où les inégalités se creusent
2. Entre les territoires
A l'échelle régionale, certaines régions sont plus riches que d'autres. Le PIB par habitant s'élève à 55 300 € en Île de France, 23 200 € en Corse et seulement 9 800 € à Mayotte. A l'échelle départementale, le niveau de vie médian annuel est de 20 360 € dans les Yvelines et de 13 740 € dans le Pas de Calais. À l’échelle métropolitaine, les quartiers les plus aisés se trouvent généralement dans l’hypercentre tandis que d’autres cumulent un taux de chômage et un taux de pauvreté élevé (45 % dans les « quartiers nord » de Marseille, contre 15 % en moyenne en France). Il faut cependant se méfier des généralisations sur les « banlieues » : la commune de Neuilly‑sur‑Seine, à l'ouest de Paris, est ainsi l'une des plus riches de France.C'est dans les centres des aires urbaines que les inégalités sont les plus fortes et de plus en plus visibles. Avec la gentrification au cœur des anciens quartiers ouvriers urbains, les catégories sociales aisées coexistent avec la grande pauvreté des quartiers moins rénovés ou des personnes sans domicile fixe.
Les inégalités territoriales dans les aires urbaines
II. Un territoire entre croissance et inégalités
Dynamiques démographiques et inégalités
C. Des fractures socio-économiques
À l’échelle nationale, les régions les plus riches sont l’Île de France, l’Auvergne Rhône Alpes, et la région PACA. Ces régions sont dominées par des métropoles puissantes où la présence des emplois qualifiés et d’activités innovantes garantit des salaires élevés. Certains littoraux profitent également de l’installation de retraités aisés (côte d’Azur, côte aquitaine) tandis que les régions transfrontalières avec la Suisse et le Luxembourg profitent des salaires élevés que proposent les entreprises de ces États spécialisés dans les activités bancaires et financières. A l’inverse les DROM ainsi que la Bourgogne ou les Hauts de France présentent le PIB/hab. le plus faible : elles ont des profils variés (régions rurales vieillissante comme la Bourgogne ou régions isolées comme les DROM : cela n’incite pas les entreprises à s’y installer, chômage de région désindustrialisée comme les Hauts-de-France). Mais des régions « riches » comme l’Occitanie ou PACA présentent aussi des taux de pauvreté élevés : cela signifie que la richesse de ces régions est mal répartie et que les inégalités y sont plus fortes qu’ailleurs (ex : l’aire urbaine de Toulouse / zones rurales environnantes).
Le PIB par habitant régional en France
La pauvreté en France
Dynamiques démographiques et inégalités
Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques
IiI.
> Quelles sont lespolitiques de lutte contre les inégalités ?
III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques
Dynamiques démographiques et inégalités
A. Des politiques à différentes échelles
1. Le soutien financier de l'Union Européenne
L’Union européenne n’est pas à l’initiative des politiques de réduction des inégalités en France. Mais à travers différents fonds (comme le FSE ou le FEDER), elle co-finance certaines actions nationales et locales dans le cadre de sa politique de cohésion qui a pour objectif de réduire les écarts de richesse et de développement entre les régions de l'UE.Ces fonds financent l’accessibilité des territoires, le maintien des services publics et la création d’emplois.
Une réponse à l'échelle européenne
III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques
Dynamiques démographiques et inégalités
A. Des politiques à différentes échelles
2. Un Etat dont le rôle recule
L’État mène des politiques pour réduire les inégalités mais son intervention recule. S’il verse des aides sociales et finance la santé et l’éducation, il se désengage de plus en plus au profit des collectivités territoriales (loi MAPTAM, 2014 ; loi NOTRe, 2015).
Les acteurs de la lutte contre les inégalités socio-économiques
III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques
Dynamiques démographiques et inégalités
A. Des politiques à différentes échelles
3. Des collectivités territoriales incontournables
Les collectivités territoriales sont devenues des acteurs de la lutte contre les inégalités : départements et intercommunalités (regroupement de plusieurs communes) assument 51% des dépenses sociales. Le département gère le revenu de solidarité active (RSA, 1,7 million de personnes) ou l’allocation pour adulte handicapé (AAH, 1,1 million). Enfin les associations caritatives complètent l’aide publique à l’échelon local.
Les acteurs de la lutte contre les inégalités socio-économiques
Le Revenu de Solidarité Active
Le RSA est une prestation sociale, qui complète les revenus d'une personne démunie ou aux ressources faibles, afin de lui garantir un revenu minimal. En contrepartie, ses bénéficiaires ont obligation de chercher un emploi. En 2022, il y avait 1,88 million de ménages bénéficiaires selon le ministère du Travail, de la Santé, et des Solidarités
III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques
Dynamiques démographiques et inégalités
B. Pallier le déséquilibre démographique
Financer les retraites et la dépendance. C'est le principal enjeu du vieillissement de la population française, avec une réduction du nombre d'actifs qui cotisent par rapport au nombre de personnes en retraite à financer et soigner. Relancer la natalité. La France dispose d'une politique nataliste, avec un système d'allocations familiales et d'avantages fiscaux pour les parents. Si sa natalité diminue, elle est en meilleure position que la plupart des États européens.
III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques
Dynamiques démographiques et inégalités
C. Réduire les inégalités
1. Entre les individus
Des politiques inclusives, c’est-à-dire visant à lutter contre l’exclusion de certaines populations et territoires, cherchent à lutter contre les causes à l’origine des inégalités. Par l'intermédiaire des impôts et des cotisations sociales, l'État organise la redistribution d'une partie de la richesse produite vers ceux qui en ont le plus besoin. Ainsi, la sécurité sociale, créée en 1945, offre des prestations en cas de maladie ; une assurance chômage existe également. Il joue donc un rôle central dans la lutte contre les inégalités entre individus.En finançant les secteurs de la formation et des réseaux de transports par les taxes et l’impôt, il contribue également à réduire les inégalités sociales en favorisant l’insertion professionnelle, l’accès à l’emploi, la mobilité et le désenclavement.
Les plus jeunes sont les plus touchés par l’augmentation de la pauvreté. Plus d’un enfant sur dix vit sous le seuil de pauvreté du fait des bas revenus de ses parents. Le taux de pauvreté des non-diplômés est trois fois supérieur à celui des bac + 2. La hausse du chômage, l’extension des contrats précaires et du temps partiel subi, l’alternance entre périodes d’emploi et de chômage ont fait le lit de la pauvreté.Sans le système de protection sociale, ce ne serait pas 14 % mais 22 % des Français qui vivraient sous le seuil de pauvreté (à 60 % du niveau de vie médian). Notre système de prestations sociales et familiales, auquel il faut ajouter l’habitat social et les services publics gratuits, permet à beaucoup de personnes d’éviter la misère et la rue. La France est l’un des pays d’Europe qui a le taux de grande pauvreté (à 40 % du niveau de vie médian) le plus bas : 3,1 % de la population selon Eurostat en 2015, contre une moyenne européenne de 6,4 %. Si notre modèle social ne réussit pas à protéger une part de nos concitoyens du manque ou de la précarité, il contient la grande misère mieux qu’ailleurs.
Ampleur et limites de la pauvreté en France
D’après Anne Brunner « Cinq millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France » in Rapport sur la pauvreté en France, Observatoire des inégalités et COMPAS, 2018.
La répartition des dépenses des politiques de redistribution en France
III. Réduire les inégalités démographiques et socio-économiques
Dynamiques démographiques et inégalités
C. Réduire les inégalités
2. Entre les territoires
Les politiques inclusives sont souvent territorialisées car certains territoires cumulent handicaps, sociaux et spatiaux, conséquence de la ségrégation spatiale :
Des réponses aux échelles nationale et régionale
Face au risque de désertification, différentes politiques publiques nationales et européennes ont été mises en œuvre. Depuis 1995 l’État définit des ZRR (Zone de revitalisation rurale) pour aider les espaces ruraux faiblement peuplés (moins de 33 hab./km2) et vieillissants, souvent enclavés, qui perdent des habitants et des emplois. Dans ces territoires, les entreprises bénéficient d’exonérations fiscales, et les collectivités territoriales d’aides financières majorées pour moderniser leurs infrastructures. Toutefois ces mesures sont assimilées à du saupoudrage, car actuellement près de la moitié des communes rurales sont classées en zone de revitalisation soit 14901 communes concernées en 2017 […]. Ainsi un rapport parlementaire tout juste publié déplore, du fait de cet émiettement des aides, que les ZRR n’attirent « aucun entrepreneur ou presque », et donc que « l’avantage des aides fiscales est nul ou quasi-nul» .
Revitalisation rurale, des politiques efficaces ?
D’après « Désertification rurale : Des politiques publiques efficaces ? », L'Âme des Lieux N° 2, sept. 2018.
La politique de la ville
Dynamiques démographiques et inégalités
Conclusion
Dynamiques démographiques et inégalités
Conclusion
> Quelles sont les dynamiques et les inégalités qui traversent la population française ? > Quelles politiques sont mises en place pour y remédier ?
Longtemps moteur démographique de l’Europe la France reste un pays plutôt jeune mais qui connaît un vieillissement rapide. Les dynamiques démographiques y sont très contrastées selon les territoires : montagnes et campagnes voient leur population diminuer et vieillir tandis que les métropoles et littoraux continuent à croître et rajeunissent. Bien que riche, développée et relativement peu inégalitaire à l’échelle de l’Europe, la France est traversée par des inégalités croissantes : concentration de richesse dans les métropoles et leur centre, concentration de la pauvreté dans le nord et l’est du pays et les banlieues. Les acteurs publics mettent en place des politiques à différentes échelles pour corriger ces déséquilibres.Cependant les politiques mises en place par l’UE, l’État et les collectivités locales ne réussissent pas à gommer totalement ces inégalités et génèrent même parfois des contestations sociales violentes.