Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
INTRODUCTION
ETUDE DE CAS : LES ÎLES DE LA CARAÏBE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Coopérations, tensions et régulation
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Etude de cas :
LES ÎLES DE LA CARAÏBE,
un espace au defi de l'INTEGRATION REGIONALE
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Présentation de la Caraïbe
Les îles de la Caraïbe dans la mondialisation
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Présentation de la Caraïbe
Les îles de la Caraïbe et des Antilles forment une vaste guirlande insulaire bornant le bassin Caraïbe de la Floride jusqu'au Venezuela. Elles sont bordées par la mer des Caraïbes et, pour certaines, par l’océan Atlantique.
44 millions d'habitants vivent dans une trentaine de territoires très variés dont 17 sont non souverains, dépendants des États-Unis ou d'anciennes puissances coloniales européennes. Cet espace est parfois qualifié de « Méditerranée américaine ».
Les îles de la Caraïbe dans la mondialisation
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation
Les îles de la Caraïbe dans la mondialisation
Les 5 îles caribéennes les plus connectées
George Town, une ville dans la mondilisation du tourisme
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation
Les relations commerciales des îles de la Caraïbe se font majoritairement avec les États-Unis (proximité géographique), avec l’Europe (raisons historiques et géopolitiques) et de plus en plus avec les pays d’Amérique du Sud et d’Asie (Chine).
Les littoraux des Caraïbes sont d’abord propices au tourisme balnéaire. Associés au cliché de l’île tropicale paradisiaque, ils constituent un levier d’attractivité majeur, d’autant que certaines îles bénéficient d’un très bon niveau de connectivité aérienne (République Dominicaine, Cuba, Bahamas) et de la proximité de Miami, premier port de croisière au monde. Cette localisation favorise aussi l’émission de capitaux, sous la forme de flux financiers parfois opaques à destination des paradis fiscaux (Îles Caïmans, Bahamas). La proximité du canal de Panama et la situation des îles de la Caraïbe sur des routes commerciales interocéaniques très fréquentées a contribué à l’apparition de zones franches qui ont stimulé le développement d’industries locales et d’activités portuaires (Bahamas, Jamaïque, République Dominicaine).Enfin les inégalités de développement expliquent aussi la présence de flux illégaux : migrations, trafics illicites (drogue, être humains…)
Les îles de la Caraïbe dans la mondialisation
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Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation
Les îles de la Caraïbe dans la mondialisation
Les 5 îles caribéennes les plus connectées
George Town, une ville dans la mondilisation du tourisme
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Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation
Les îles des Caraïbes disposent de nombreux atouts :
- la proximité d’une aire de puissance, l’Amérique du Nord et en particulier les États-Unis ;
- des aménités : l’insularité, la tropicalité, la balnéarité, etc. propices pour le tourisme ;
- des micro-États insulaires ce qui favorisent la naissance des paradis fiscaux et/ou des illégalismes ;
- de fortes disparités avec les États-Unis mais aussi entre les territoires de la région des Caraïbes et des Antilles (fiscalité, coût de la main d’œuvre, cadre juridique, etc.)
- une main d’œuvre nombreuse et peu chère pour les délocalisations (dans les zones franches) ;
- des produits tropicaux de contre saison pour l’immense marché nord-américain
Les îles de la Caraïbe dans la mondialisation
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Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation
Les économies insulaires dépendent souvent de leur ancienne, ou actuelle, métropole qui poursuit ses échanges avec ses anciennes colonies, ou ses dépendances territoriales plus ou moins autonomes. Désormais, les territoires insulaires caribéens disposent d’une grande gamme de produits provenant de la planète entière. Les territoires insulaires caribéens ont tendance à s’affranchir de leur dépendance historique par rapport à l’Europe et aux États-Unis. Ils ont renforcé leurs liens avec le reste de l’Amérique, mais surtout avec le reste du monde. Leur ouverture au monde reste timide, mais réelle. Les territoires insulaires caribéens échangent peu avec l’Afrique et l’Océanie. La grande évolution concerne les échanges entre les territoires insulaires caribéens et l’Asie. La Chine prend ainsi peu à peu la place qu’occupaient l’Europe et les États-Unis.
Jérôme Verny et Maxime Forriez, Études caribéennes, n° 43-44, août-décembre 2019
Un marché caribéen ouvert sur le monde
La mondialisation, porteuse d’espoir pour les espaces insulaires, n’a pas été à la hauteur de ceux-ci. Les indicateurs commerciaux demeurent « catastrophiques » pour des territoires indépendants ou autonomes. Malgré les efforts effectués pour s’insérer dans les échanges internationaux de marchandises, leur état de dépendance ne s’est guère amélioré.
Les îles de la Caraïbe dans la mondialisation
Les 5 îles caribéennes les plus connectées
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Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation
Les îles de la Caraïbe les mieux intégrées à la mondialisation sont celles qui tirent le plus parti de la proximité des États-Unis en captant des flux de touristes et de capitaux facteurs d’industrialisation (zones franches) ou de développement de services financiers (paradis fiscaux). Elles en tirent un IDH élevé (Jamaïque, Antigua-et-Barbuda) voire très élevé (Bahamas, Porto Rico, Barbade), ce qui est aussi le cas des territoires sous dépendance de pays européens qui bénéficient d’importantes aides de la France, des Pays-Bas ou du Royaume-Uni.
Les îles les moins bien intégrées dans la mondialisation, à l’image d’Haïti, cumulent une faible attractivité touristique avec des exportations limitées et l’absence d’activités liées à la finance offshore. Elles peuvent trouver des formes alternatives d’insertion dans la mondialisation, en captant d’autres types de flux illicites, tels que le trafic de drogue. Leur niveau de développement plus faible conduit une partie de leur population à émigrer vers territoires offrant de meilleures conditions de vie (Amérique du Nord, Antilles françaises)
Les îles de la Caraïbe dans la mondialisation
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Mers et océans vecteurs essentiels de la mondialisation
Une intégration régionale incomplète
Une intégration commerciale limitée
Des îles entre coopération et intégration régionale
CARIFESTA, un vecteur de coopération culturelle régionale
Le Caribbean Festival of Arts
(CARIFESTA) est un événement
multiculturel organisé périodiquement
par les pays des Caraïbes.
Affiche de l'édition 2019.
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Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Une intégration régionale incomplète
Sur le plan économique et politique, le développement des échanges régionaux est stimulé par la mise en œuvre d’accords de coopérations régionales (AEC, CARICOM, ALBA). Sur le plan culturel, le CARIFESTA est un exemple de valorisation du caractère multiculturel de la Caraïbe qui met aussi en lumière les dénominateurs communs aux îles caribéennes (créolité, carnaval de rue, steelbands).
Des îles entre coopération et intégration régionale
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Une intégration régionale incomplète
L’influence des États-Unis sur la Caraïbe est facteur d’intégration sur le plan économique (part majoritaire des États-Unis dans les importations et les exportations caribéennes), politique (aide au développement) et culturel (influence de la culture américaine). Néanmoins, la forte présence militaire américaine, matérialisée par de nombreuses bases, est source de tensions régionales.L’embargo américain sur Cuba et le statut particulier de Porto Rico, État libre associé aux États-Unis, leur valent aussi d’être souvent taxés d’impérialisme dans la région. C’est dans ce contexte que s’est constituée l’ALBA, organisation politique et économique hostile à cette hégémonie des États-Unis.
Des îles entre coopération et intégration régionale
Une intégration commerciale limitée
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Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Une intégration régionale incomplète
La Caraïbe est un ensemble de petites îles avec une organisation politique et administrative plurielle héritée de la décolonisation. Les pays de la Caraïbe mènent une politique active d’intégration en constituant des institutions régionales, pourtant ces pays ne semblent pas décoller économiquement.La dépendance ancienne à l’Europe et aux États-Unis a contraint les micro-États de la Caraïbe à s’intégrer ou s’associer dans le cadre d’organes de coopération inter-étatiques. Cependant, la petite taille du marché Caraïbe, les intérêts nationaux ainsi que la similitude des structures de production et donc l’absence de complémentarité, renforcent la logique de concurrence entre les îles. L’exiguïté du territoire constitue un sévère handicap à l’intégration économique. De fait, la coopération commerciale intra-régionale est restreinte et ne constitue pas pour l’instant un réel facteur de développement économique.La région Caraïbe a réalisé des progrès significatifs sur le plan de la réduction de la pauvreté et du développement social. Cependant, l’assise économique traditionnelle, qui repose fortement sur le tourisme et les exportations de bananes et de sucre, est fragile depuis la crise économique mondiale de 2009. La criminalité, l’instabilité et la violence constituent de graves problèmes, de même que les catastrophes naturelles à répétition.
Marie Marthe Bredas, « Institutions, démocratie et croissance dans la Caraïbe anglophone : idées préconçues et réalité », université des Antilles, CNRS, 2017.
Les limites de l’intégration régionale caribéenne
Une intégration commerciale limitée
Des îles entre coopération et intégration régionale
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Une intégration régionale incomplète
Les îles de la Caraïbe s’efforcent de renforcer leur intégration régionale sur le plan politique et culturel. Néanmoins, l’analyse des relations entre les îles caribéennes montre que les logiques de concurrence prennent le pas sur les échanges. Leur profil commun sur les plans géophysique (petites îles tropicales), démographique (faible peuplement à l’origine de petits marchés de consommation) et économique (forte dépendance au tourisme et aux exportations de produits tropicaux) explique que ces territoires entretiennent peu de relations de complémentarité. Sur le plan géopolitique, les États pro-américains (République Dominicaine, Bahamas) s’opposent aux pays hostiles à l’impérialisme des États-Unis (Cuba). Enfin certaines tensions liées à la délimitation des frontières maritimes (ZEE) ne favorisent pas le renforcement de cette intégration régionale.
Des îles entre coopération et intégration régionale
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Synthèse
Les îles de la Caraïbe et des Antilles
Les défis de l'intégration régionale
Une ouverture au monde multiforme
Des associations régionales très nombreuses
- Economique : AEC, CARICOM, ALBA
- Culturelle : CARIFESTA
Des flux divers
- Flux touristiques
- Flux de capitaux
- Flux de marchandises
- Flux illicites
- APD
Des infrastructures nombreuses
- Ports
- Aéroports
- Paradis fiscaux
- Zones franches
Affirmation de la puissance géostratégique chinoise
Des atouts à valoriser
- Tourisme
- Productions exotiques (bananes, sucre)
- Canal de Panama
Des freins à surmonter
- Exiguïté territoriale
- faible marché
- Manque de complémentarité économique
- Intérêts nationaux
- Litiges ZEE
- Criminalité
Des limites à l'ouverture au monde
Une dépendance au reste du monde
- aux Etats-Unis
- à l'Europe
- à la Chine
Des inégalités territoriales à toutes les échelles
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Bilan de l'étude de cas : croquis de synthèse
LES ILES DE LA CARAÏBE, ENTRE OUVERTURE MONDIALE ET INTEGRATION REGIONALE
1. Une ouverture au monde multiforme
1.1 Une interface mondiale Ports Aéroports Paradis fiscaux Zones franches 1.2 Des flux importants Espaces du tourisme de croisièreFlux de capitaux (IDE et paradis fiscaux) Flux de marchandise Flux illicites (narcotrafic, trafic d’êtres humains) 1.3 Un développement inégal IDH élevé et très élevé IDH moyen IDH Faible
2.1 De nombreuses associations régionales AEC CARICOM ALBA 2.2. Un espace sous influence Influence américaine Influence européenne 2.3. Un espace sous tension Embargo américainLitiges ZEE
2. Les défis de l'intégration régionale
CUBA
JAMAÏQUE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
> Comment la mondialisation hiérarchise et recompose-t-elle les territoires ?
SOMMAIRE
Evaluation
I. La mondialisation hiérarchise les territoiresA) Des aires de puissance qui dominent l'espace mondial B) Une hiérarchie en constante recomposition C) Une hiérarchisation multiscalaire des territoires II. Des facteurs de différenciation territoriale complexesA) Les caractéristiques des territoiresB) Les stratégies d'acteurs Conclusion Vidéo de révisions
Corrigé
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I.
La mondialisation hiérarchise les territoires
> Quel est l’impact de la mondialisation sur l’organisation du monde ?
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I. La mondialisation hiérarchise les territoires
A. Des aires de puissance qui dominent l'espace mondial
1. Le poids des anciennes puissances
L’espace mondial est organisé par trois grands pôles majeurs : Amérique du Nord, Europe occidentale et Asie de l’Est. Ils jouent un rôle structurant primordial dans la mondialisation par leur poids politique, économique, financier, scientifique et culturel.
Cet ensemble produit 75% de la richesse mondiale, génère les trois quarts des flux commerciaux et ces aires de puissances sont à l’origine de 85% des opérations financières et de 75% de la recherche et développement dans le monde.
Dès 1985 l’économiste japonais Kenichi Ohmae a utilisé et popularisé le terme de « Triade » pour désigner ces trois pôles dominants de l’économie mondiale : l'Amérique du Nord (États-Unis et Canada), l'Europe occidentale (Union européenne + Norvège + Suisse) et l'Asie-Pacifique (Japon et Corée du Sud).
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I. La mondialisation hiérarchise les territoires
A. Des aires de puissance qui dominent l'espace mondial
2. Une économie-monde multipolaire
L’opposition entre la Triade et ses annexes d’une part et les Suds d’autre part a longtemps fourni une grille d’analyse pertinente (centre / périphérie) de la hiérarchisation des lieux à l’échelle mondiale.
Encore aujourd’hui, alors que la phase actuelle de la mondialisation a accouché d’une économie-monde de plus en plus multipolaire, cette grille de lecture conserve une certaine pertinence : l’espace mondial demeure organisé par trois grands pôles majeurs, l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Asie de l’Est, dotés de puissantes métropoles qui concentrent les fonctions de commandement et d’impulsion.
Cependant s’ils demeurent des acteurs incontournables, le poids et la capacité de domination des grands pays développés recule : en 2016 ils ne détenaient plus que 30% des réserves financières mondiales contre 80% en 1990.
L'archipel mégolopolitain mondial
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I. La mondialisation hiérarchise les territoires
B. Une hiérarchie en constante recomposition
1. Des territoires émergents au poids de plus en plus important
Parmi les pays émergents s’insérant davantage dans la mondialisation, certains s’affirment comme des puissances :
- de rang mondial pour la Chine, la Russie, l’Inde ou le Brésil (BRIC),
- de rang continental pour l’Afrique du Sud, l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Mexique ou l’Argentine.
D’autres sont en cours d'intégration et cherchent encore leur voie tels l’Iran, l’Éthiopie, l’Indonésie, la Thaïlande, la Malaisie, l’Égypte, le Pakistan et le Nigeria.
Ces 17 États s’affirment avec vigueur sur la scène internationale. À l’échelle mondiale, ils représentent déjà 60% de la population, un tiers de l’économie, 28% des exportations et 43% de la production manufacturière. Loin d’être un tout homogène, ils peuvent s’allier comme les BRICS ou s’affronter comme l’Arabie Saoudite et l’Iran.
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I. La mondialisation hiérarchise les territoires
B. Une hiérarchie en constante recomposition
2. Des territoires délaissés et exploités par les grandes puissances
Les territoires en marge de la mondialisation sont très divers : de l’Asie centrale à l’Amérique andine, en passant par l’Afrique sahélienne, ils sont à l’écart des flux de la mondialisation.
Les 47 pays les moins avancés sont les territoires les plus en difficultés. Majoritairement situés en Afrique subsaharienne (33), ils sont marqués par la faiblesse de développement, les conflits, la défaillance de l’Etat ou l’enclavement. Leur insertion dans la mondialisation se fait souvent grâce à l'exploitation, souvent par des FTN étrangères, de matières premières, par les IDE venus notamment de Chine mais aussi par des flux illicites (piraterie, trafic de drogue).
L'intégration dans la mondialisation
D’autres États sont à l’écart des flux mondialisés pour des raisons idéologiques. Sans être des PMA, il s’agit le plus souvent de dictatures communistes qui rejettent l’influence occidentale, comme la Corée du Nord ou Cuba.
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I. La mondialisation hiérarchise les territoires
B. Une hiérarchie en constante recomposition
Réaliser un schéma de synthèse selon la typologie suivante :
- les anciens centres hégémoniques dominants,
- les nouveaux pôles autonomes ou en voie d’émergence,
- les États intégrés dominés,
- les marges évitées ou sacrifiées.
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I. La mondialisation hiérarchise les territoires
C. Une hiérarchie multiscalaire des territoires
1. Des inégalités spatiales qui s’accroissent
Les territoires, quelle que soit l’échelle considérée (États, régions infra-étatiques et supra-étatiques, métropoles…) ont inégalement accès à la mondialisation : nous avons affaire à une hiérarchisation multiscalaire. Le processus de mondialisation renforce les inégalités territoriales ce dont témoigne l’indice de mondialisation. Cet indice synthétique prenant en compte diverses dimensions de la mondialisation, notamment économique, politique et sociale, permet une approche plus nuancée du degré d’intégration de certains pays. Ainsi, la Chine est nettement moins mondialisée que de nombreux pays (79ème en 2022).
Évolution des flux mondiaux des messages Swift entre 2010 et 2020
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I. La mondialisation hiérarchise les territoires
C. Une hiérarchie multiscalaire des territoires
2. A l’échelle nationale : métropolisation et littoralisation
Source : Atlas de la mondialisation, Laurent Carroué, Autrement, 2018
Au sein des espaces moteurs de la mondialisation, les métropoles, en particulier les villes mondiales et les centres financiers sont les pôles majeurs de l’économie mondiale (New York, Tokyo, Shanghai, Londres…). Elles forment un « archipel mégalopolitain mondial » : ces territoires très puissants sont fortement reliés entre eux. Les façades maritimes, survalorisées par leur position d’interface, polarisent également les flux de capitaux, de personnes, d’informations et de marchandises, tout comme les frontières dont les espaces transfrontaliers connaissent des développements très rapides en raison des nombreux échanges, licites et illicites, qui y sont réalisés (frontière entre les États-Unis et le Mexique). Inversement les espaces intérieurs et faiblement peuplés (l’Ouest de la Chine) sont beaucoup plus faiblement intégrés à la mondialisation.
L'intégration du territoire chinois
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I. La mondialisation hiérarchise les territoires
C. Une hiérarchie multiscalaire des territoires
3. A l’échelle locale, une ségrégation socio-spatiale qui se renforce
Au sein des métropoles, la mondialisation renforce les inégalités sociales et la ségrégation socio-spatiale. Les quartiers d’affaire des métropoles mondiales (Manhattan, City, Shinjuku, Défense) mais aussi les parcs technologiques (Silicon Valley, Saclay) concentrent les fonctions et la richesse quand d’autres quartiers touchés par le déclin économique (désindustrialisation) deviennent des shrinking cities (Detroit). Ces disparités se retrouvent dans les Suds où des métropoles émergentes s'affirment rapidement (Mumbai, São Paulo, Johannesburg, Lagos…) dominant leurs aires régionales et où les bidonvilles et les ghettos jouxtent les gated communities.
En raison de la désindustrialisation et de la crise financière de 2008, certains quartiers de Detroit ont été délaissés par leurs habitants contraints d'abandonner leur logement pour rembourser leurs dettes. Les maisons tombent en ruine, les raser coûte souvent moins cher que de les rénover.
Detroit, une ville qui rétrécit
Les gated communities, ou quartiers résidentiels fermés, sont homogènes socialement, généralement habités par des populations aisées, clos, et accessible par un nombre minimal d'entrées gardées par un personnel privé. D'autres dispositifs de sécurité peuvent s'y ajouter (caméras, barrière, badge d'accès...). On parle aussi d'enclaves résidentielles fermées.
La ségrégation socio-spatiale à Nairobi, Kenya
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II.
Des facteurs de différenciation territoriale complexes
> Quels sont les facteurs de l’inégale intégration des territoires à la mondialisation ?
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
A. Les caractéristiques des territoires
1. Les facteurs d'intégration
Les villes mondiales se distinguent par des spécificités fonctionnelles qui leur permettent de rayonner au-delà de leur territoire national. Elles concentrent des fonctions stratégiques et de commandement (sièges sociaux de FTN, sièges des bourses mondiales). Ces territoires très dynamiques sont fortement reliés entre eux par de puissants hubs. Les CBD ou quartiers d’affaires symbolisent cette intégration à la mondialisation. La puissance de ces métropoles se prolonge grâce à leurs façades maritimes.
Les pôles majeurs de la mondialisation bénéficient d'atouts nombreux : main-d'œuvre qualifiée, foyers de consommation, mise en réseaux, infrastructures performantes, universités prestigieuses, grandes entreprises, siège d’institutions internationales (ONU à New York, OMC à Genève). Ces centres d'impulsion restent incontournables grâce à leur maîtrise de l'innovation. L'Europe de l'Ouest et l'Amérique du Nord concentrent à elles seules 40 % des investissements dans la recherche mondiale. De plus, ils exercent un monopole sur les activités les plus en pointe telles que la biotechnologie, la robotique ou les nanotechnologies.
La recherche publique mondiale
La concentration des acteurs financiers
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
A. Les caractéristiques des territoires
2. Les facteurs limitant l'intégration
Les espaces en marge de la mondialisation cumulent des faiblesses qui entraînent leur mise à l’écart du commerce mondial. L’enclavement de certains espaces est un facteur répulsif pour les firmes transnationales : ces dernières ont besoin d’accessibilité (accès à la mer, grand aéroport, routes goudronnées) pour participer aux échanges commerciaux et financiers. Une instabilité régionale, potentiellement génératrice de conflits, décourage également l’installation des FTN (risque-pays). La grande pauvreté est aussi un facteur limitant l’intégration : le faible accès à l’éducation provoque un manque de main-d’œuvre qualifiée, nécessaire à l’installation des FTN. Les infrastructures de transports pâtissent également de cette insuffisance de moyens.
Le risque-pays
La Coface est un organisme privé qui évalue les risques présentés par chaque pays pour l’implantation et l’investissement des entreprises.
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
A. Les caractéristiques des territoires
3. Un processus mouvant
Au-delà de cette organisation territoriale actuelle, certains espaces peuvent devenir attractifs et d’autres répulsifs. La mondialisation est un processus mouvant qui peut faire évoluer la situation de certains territoires. Par exemple, la découverte de nouvelles ressources rares ou le changement climatique peuvent permettre de valoriser certains espaces. D’autres en revanche deviennent répulsifs en cas de tarissement des ressources ou d’instabilité politique. De nouvelles stratégies d’acteurs peuvent également changer la situation d’un territoire dans la mondialisation.
La découverte d’un gisement de pétrole, le 20 mai 2015, a changé le destin du Guyana, petit pays d’Amérique du Sud pas plus grand que le tiers de la France, coincé entre le Suriname, le Venezuela et le Brésil. A tel point que le 20 décembre 2019, date du début de l’exploration, a été déclaré « journée nationale du pétrole ». « C’est comme si le pays avait gagné au loto », résume un diplomate. Non seulement les réserves totales atteindraient les 11 milliards de barils, ce qui place le Guyana au 17e rang de la production mondiale, mais elles contiennent un hydrocarbure liquide, relativement pur et donc moins cher à extraire, ce qui offre des marges encore plus confortables. La valeur des réserves de pétrole par habitant est la deuxième plus élevée au monde, juste derrière le Koweït et loin devant l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. Et ce n’est pas fini : de nouvelles découvertes ont lieu régulièrement, suscitant l’intérêt d’autres nations − y compris de la France, dont le président de la République, Emmanuel Macron, sera en visite dans la proche Guyane, du 24 au 26 mars. « On n’a jamais vu un pays se développer à une telle vitesse, ce qui se passe actuellement ressemble pour nous tous à une terra incognita », témoigne Yesim Oruc, la coordonnatrice résidente des Nations unies au Guyana. […] En quatre ans seulement, [le pétrole] a fait tripler le produit intérieur brut (PIB) de la petite nation de 800 000 habitants, soit le décollage économique le plus rapide du monde (62 % en 2022, 38 % en 2023).
J. Boissous, « Le Guyana, naissance d’un nouveau géant pétrolier », Lemonde.fr, 21 mars 2024
Le Guyana, naissance d’un nouveau géant pétrolier
La montée de nouvelles puissances commerciales
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
B. Les stratégies d'acteurs
A partir du dossier documentaire, préparer un oral de 5 minutes qui réponde à la problématique. Vous devrez commenter un document pendant votre oral.
Noté
30 minutes
Grp de 3
Reconstruire après le séisme de 2011
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
B. Les stratégies d'acteurs
Les corridors de développement sont-ils une solution pour favoriser l’ouverture au monde de l’Amérique latine ?
Les projets de corridors génèrent de grandes attentes en matière de développement dans chaque pays concerné et les bénéfices supposés des projets de construction d'infrastructures apparaissent pour beaucoup comme des opportunités à saisir. La création de zones franches, dans les ports mais aussi le long des infrastructures terrestres, alimente l'espoir d'emplois pérennes, une fois la phase de construction terminée. Les gouvernements insistent notamment sur les bénéfices qu'en retireraient les périphéries nationales, souvent mal connectées et en retard de développement. Dans les projets, sont également mises en avant les facilités d'accès aux marchés extérieurs dont bénéficieraient les producteurs nationaux. Enfin, la promotion de l'intégration régionale est aussi mise en avant par les États sud-américains mais la multiplication des projets de corridors transocéaniques doit être replacée dans le contexte actuel de croissance des flux entre Asie et Amériques, pour lesquels les corridors de transport deviennent un enjeu de taille.
L. Médina, « Les projets de corridors interocéaniques en Amérique centrale », Échogéo, septembre 2019
Les espoirs suscités par les corridors de développement
Des projets aux nombreux défis
En Amérique centrale les corridors de développement suscitent de nombreux espoirs auprès des populations locales mais en réalité, ils ont soit pour rôle de relier, le plus rapidement possible, les deux façades océaniques, soit de connecter des zones productives aux ports d'exportation ; ils ne profitent donc souvent qu'aux extrémités portuaires. De plus, le modèle de financement associant les entreprises suscite de nouvelles inquiétudes : en Amérique centrale, la plupart des projets sont inachevés, soit en raison de la faillite de l'investisseur principal, soit du fait de la volatilité des investissements. Les organisations régionales présentent enfin les corridors comme un support d'intégration régionale visant à favoriser les échanges économiques au sein d'un marché efficace car intégré. Mais la multiplication des projets vient contredire le discours. Chaque État met en avant son propre projet de corridor, souvent en concurrence avec les autres. L'Amérique centrale est ainsi au cœur d'une rivalité entre les investisseurs chinois (projet du creusement du Grand Canal de Nicaragua) et américains (Plan Panama).
N. Fau, « Les corridors de développement », Échogéo, septembre 2019.
Limites de la stratégie des corridors
Des corridors qui peinent à désenclaver
Les corridors de développement, des outils d’intégration
Reconstruire après le séisme de 2011
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
B. Les stratégies d'acteurs
En quoi la Corée du Nord est-elle un espace en marge de la mondialisation ?
Isolée et pauvre, la Corée du Nord, sous le coup de sanctions en raison de ses programmes nucléaire et balistique, peine déjà à nourrir ses habitants et doit régulièrement faire face à des pénuries alimentaires. La sécheresse précoce qui frappe le Nord cette année pourrait aggraver “la famine, la malnutrition et les problèmes de santé pour des milliers d’enfants et de femmes allaitant”, a prévenu la Croix-Rouge. Selon plusieurs organisations internationales, dont l’ONU et le Programme alimentaire mondial (PAM), des changements météo même mineurs pourraient aggraver significativement la situation et affecter la production alimentaire du pays. Selon un rapport de l’ONU publié le 3 mai [2019], la Corée du Nord a enregistré l’an dernier ses pires récoltes depuis 10 ans. Le rationnement alimentaire a été encore accentué et la situation pourrait empirer sans aide internationale. Environ 10,1 millions de Nord-Coréens – soit 40 % de la population – souffrent de malnutrition, indique ce document réalisé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial.
AFP, « Corée du Nord : sécheresse “extrême”, risque de pénuries alimentaires », Lefigaro.fr, 15 mai 2019.
Un pays à l’écart du commerce alimentaire
La Corée du Nord
Le complexe industriel est né en 2004 dans la foulée de la politique poursuivie par Séoul, visant à encourager les liens entre les deux Corée. 23 entreprises sud-coréennes de confection, d’électronique et de production chimique travaillent au Nord, à Kaesong, à quelques kilomètres de la frontière. Les 900 salariés sud-coréens côtoient 53 000 Nord-Coréens, une main-d’œuvre qualifiée et peu onéreuse (74 dollars par mois). Pour les chefs d’entreprise sud-coréens de la zone, le 10 février 2016 est une journée noire : en réaction à un tir de missile de Pyongyang, Séoul décidait de fermer unilatéralement le site industriel de Kaesong. Séance tenante, ils ont dû arrêter leur activité, quitter les lieux sans même embarquer les matières premières. Aujourd’hui, sur le site de Kaesong, seules les lumières de la douane brillent encore. Selon des médias sud-coréens, Pyongyang aurait revendu en Chine des cuiseurs à riz fabriqués dans la zone.
J. Deveaux, « Le site industriel de Kaesong fermé marque le désamour entre les deux Corée », francetvinfo.fr, 15 février 2017.
La fermeture du site industriel de Kaesong
Une frontière hermétique
Une menace permanente pour le reste du monde
Reconstruire après le séisme de 2011
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
B. Les stratégies d'acteurs
Comment la mondialisation a-t-elle favorisé l'émergence d'Uber ?
L'autorité des transports londonienne a annoncé avoir refusé de renouveler la licence d'exercer de la plateforme de réservation de voitures Uber, en raison de défaillances qui mettent « en danger » les passagers. La société californienne a aussitôt annoncé qu'elle ferait appel de cette décision, ajoutant qu'elle continuerait de fonctionner jusqu'à ce qu'une décision définitive soit rendue. Transport for London (TfL) relève notamment une « faille » dansl'application d'Uber qui permet à des conducteurs sans permis d'installer leur photo sur les comptes d'autresconducteurs, ce qui s'est produit « au moins sur 14 000 trajets » ces derniers mois. Dans la même veine, la TfL faitvaloir qu'une autre défaillance de la plateforme permet à des conducteurs sans permis ou suspendus de créer descomptes Uber actifs. [ ... ] Le pionnier des applications de véhicules partagés est régulièrement mis en cause pour des problèmes de sécurité à bord pour ses usagers comme ses conducteurs, ce qui a contribué à entacher sa réputation à travers le monde, sans parler des polémiques sur la rémunération insuffisante de ses chauffeurs.Londres est l'un des principaux marchés de Uber, qui compte 45 000 conducteurs et 3,5 millions de clientsdans la capitale britannique. Le syndicat Unite, qui représente les chauffeurs de taxi traditionnels, s'est réjoui de ladécision de la TfL.
« Uber n'a plus le droit d'exercer à Londres », Le Monde,25 novembre 2019.
Uber interdit à Londres
Uber
La présence d'Uber dans le monde
Sous l'effet de la numérisation et de la dématérialisation de l'économie, certaines entreprises ont semblé pousser davantage encore la remise en cause des modèles anciens. La croissance exponentielle de ces entreprises et de leurs secteurs d'activité a contribué à la médiatisation de ce nouveau modèle économique désigné par le terme d'ubérisation. Il rassemble des entreprises dans le champ de l'économie collaborative et des services aux particuliers. Ces dernieres mettent en relation par le biais de plateformes ou d'applications numériques des clients et des particuliers qui offrent un service dans un cadre plus ou moins professionnel, dans le secteur du transport urbain (Uber), de l'hébergement (Airbnb) ou encore de la livraison de repas (Deliveroo). Les individus qui fournissent les services en question ne sont pas salariés de ces entreprises [ ... ]. Ce nouveau modèle permet à ces entreprises de réduire le nombre de salariés, de se passer d'infrastructures lourdes et de contourner plus facilement les obligations réglementaires et fiscales, créant une concurrence que les acteurs traditionnels jugent deloyale. La remise en cause du modèle traditionnel du salariat et la nouvelle organisation du travail, sources de précarité pour les travailleurs, ont également alimenté les débats politiques.
G. Boulay et A. Grandclément, Introduction à la géographie économique, Armand Colin, 2019.
L'uberisation des entreprises
Un Ubercopter à New-York
Reconstruire après le séisme de 2011
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
B. Les stratégies d'acteurs
1. Les Etats
Loin d’être dépassés, les États jouent un rôle déterminant par leurs choix politiques, comme en témoigne l’essor des pays émergents. Par exemple, une politique d'ouverture aux IDE peut rendre attractif un territoire, de même que l’établissement de zones franches ou de paradis fiscaux ; dans la Caraïbe, les Bahamas sont devenues un paradis fiscal en même temps qu’un pôle touristique haut de gamme, alors qu’Haïti demeure un PMA englué dans le sous-développement. Ils participent également au processus de mondialisation, en consolidant, ou en démantelant, les accords de libre-échange et en menant des politiques publiques visant à attirer les investisseurs et les FTN sur leur territoire.
Les corridors de développement ont pour fonction de favoriser l'implantation de nouvelles activités productives grâce à l'amélioration de l'accès aux sites de production énergétique et aux productions locales. Ils visent à favoriser le développement des marges et non uniquement des principaux nœuds structurants. Il ne s'agit donc pas seulement de relier les villes entre elles par des axes de communication plus performants mais de développer un nouveau type d'espace multipolaire et transnational articulant entre elles des régions urbaines existantes et des régions émergentes. Que ce soit en Amérique latine, en Afrique ou en Asie, et même en Europe, les associations régionales ont ainsi repris et dupliqué un même modèle de développement et d'organisation de l'espace. La figure du corridor a également été adoptée par les États, soit comme outil d'aménagement de leur propre territoire, soit comme moyen d'affirmation de leur puissance à l'échelle internationale. Le projet actuellement le plus ambitieux et le plus médiatique est ainsi celui des « nouvelles routes de la soie » qui doivent relier la Chine au reste du monde grâce à un réseau complexe et multimodal d'infrastructures.
N. Fau, « Les corridors de développement », Echogéo, 25 octobre 2019.
Les corridors de développement, une stratégie d'intégration
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
B. Les stratégies d'acteurs
2. Les FTN
Les FTN qui représentent 25 % de l'économie mondiale sont des acteurs centraux de la mondialisation. Leur activité concerne tous les secteurs de l’économie : industrie (Volkswagen), distribution (Amazon), énergie (BP), nouvelles technologies (GAFAM), finance (Goldman Sachs), Luxe (LVMH), culture (Disney)… Leur organisation technique et spatiale dépend largement du secteur d'activité et des avantages comparatifs qu’elles retirent de territoires organisés en réseaux (installation d'activités productives dans des pays disposant de main-d'œuvre à bas coût et d'un droit du travail peu protecteur, comme le Bangladesh ou l’Indonésie / recherche et développement dans les pays développés comme aux Etats-Unis / optimisation fiscale dans les paradis fiscaux comme l’Irlande). Dans leur recherche de compétitivité, les FTN mettent donc en concurrence les territoires dans le monde. Par leurs IDE, elles déploient une logique sélective aux échelles mondiale, nationale et régionale qui reflète les rapports de domination entre pôles de commandement et périphéries plus ou moins intégrées et interdépendantes.
Des territoires intégrés par les FTN selon leur spécialisation
Les territoires les plus attractifs (IDE entrants, 2019)
L'iphone un produit mondialisé
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Conclusion
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Conclusion
> Comment la mondialisation hiérarchise et recompose-t-elle les territoires ?
La mondialisation a des effets multiples sur les territoires du monde dont le principal est celui d'une sélection hiérarchique en fonction du niveau d'intégration aux circuits mondialisés. Elle est le fait de divers acteurs (États, FTN, organisations internationales) qui construisent des réseaux intégrant certains territoires dans la mondialisation en faisant jouer la concurrence (ils privilégient les territoires les plus attractifs comme les métropoles, les littoraux ou les frontières) et en excluant d’autres, soit du fait d'une fermeture volontaire ou involontaire, soit d'un niveau trop faible de développement humain et économique ou encore de disparités socio-spatiales trop fortes.Les puissances anciennes sont encore présentes, notamment grâce à la maîtrise de l’innovation mais la hiérarchie, en perpétuelle recomposition, est désormais bousculée par l’émergence de nouvelles puissances. Cette hiérarchisation se retrouve à toutes les échelles, ainsi à très grande échelle, certains territoires ne sont pas intégrés à la mondialisation (bidonvilles) alors qu’ils se situent au sein de territoires très intégrés (métropoles mondiales).
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Vidéo de révisions
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Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
INTRODUCTION
ETUDE DE CAS : LES ÎLES DE LA CARAÏBE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Coopérations, tensions et régulation
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Etude de cas :
LES ÎLES DE LA CARAÏBE,
un espace au defi de l'INTEGRATION REGIONALE
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Présentation de la Caraïbe
Les îles de la Caraïbe dans la mondialisation
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Présentation de la Caraïbe
Les îles de la Caraïbe et des Antilles forment une vaste guirlande insulaire bornant le bassin Caraïbe de la Floride jusqu'au Venezuela. Elles sont bordées par la mer des Caraïbes et, pour certaines, par l’océan Atlantique.
44 millions d'habitants vivent dans une trentaine de territoires très variés dont 17 sont non souverains, dépendants des États-Unis ou d'anciennes puissances coloniales européennes. Cet espace est parfois qualifié de « Méditerranée américaine ».
Les îles de la Caraïbe dans la mondialisation
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation
Les îles de la Caraïbe dans la mondialisation
Les 5 îles caribéennes les plus connectées
George Town, une ville dans la mondilisation du tourisme
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation
Les relations commerciales des îles de la Caraïbe se font majoritairement avec les États-Unis (proximité géographique), avec l’Europe (raisons historiques et géopolitiques) et de plus en plus avec les pays d’Amérique du Sud et d’Asie (Chine).
Les littoraux des Caraïbes sont d’abord propices au tourisme balnéaire. Associés au cliché de l’île tropicale paradisiaque, ils constituent un levier d’attractivité majeur, d’autant que certaines îles bénéficient d’un très bon niveau de connectivité aérienne (République Dominicaine, Cuba, Bahamas) et de la proximité de Miami, premier port de croisière au monde. Cette localisation favorise aussi l’émission de capitaux, sous la forme de flux financiers parfois opaques à destination des paradis fiscaux (Îles Caïmans, Bahamas). La proximité du canal de Panama et la situation des îles de la Caraïbe sur des routes commerciales interocéaniques très fréquentées a contribué à l’apparition de zones franches qui ont stimulé le développement d’industries locales et d’activités portuaires (Bahamas, Jamaïque, République Dominicaine).Enfin les inégalités de développement expliquent aussi la présence de flux illégaux : migrations, trafics illicites (drogue, être humains…)
Les îles de la Caraïbe dans la mondialisation
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation
Les îles de la Caraïbe dans la mondialisation
Les 5 îles caribéennes les plus connectées
George Town, une ville dans la mondilisation du tourisme
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation
Les îles des Caraïbes disposent de nombreux atouts :
Les îles de la Caraïbe dans la mondialisation
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation
Les économies insulaires dépendent souvent de leur ancienne, ou actuelle, métropole qui poursuit ses échanges avec ses anciennes colonies, ou ses dépendances territoriales plus ou moins autonomes. Désormais, les territoires insulaires caribéens disposent d’une grande gamme de produits provenant de la planète entière. Les territoires insulaires caribéens ont tendance à s’affranchir de leur dépendance historique par rapport à l’Europe et aux États-Unis. Ils ont renforcé leurs liens avec le reste de l’Amérique, mais surtout avec le reste du monde. Leur ouverture au monde reste timide, mais réelle. Les territoires insulaires caribéens échangent peu avec l’Afrique et l’Océanie. La grande évolution concerne les échanges entre les territoires insulaires caribéens et l’Asie. La Chine prend ainsi peu à peu la place qu’occupaient l’Europe et les États-Unis.
Jérôme Verny et Maxime Forriez, Études caribéennes, n° 43-44, août-décembre 2019
Un marché caribéen ouvert sur le monde
La mondialisation, porteuse d’espoir pour les espaces insulaires, n’a pas été à la hauteur de ceux-ci. Les indicateurs commerciaux demeurent « catastrophiques » pour des territoires indépendants ou autonomes. Malgré les efforts effectués pour s’insérer dans les échanges internationaux de marchandises, leur état de dépendance ne s’est guère amélioré.
Les îles de la Caraïbe dans la mondialisation
Les 5 îles caribéennes les plus connectées
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation
Les îles de la Caraïbe les mieux intégrées à la mondialisation sont celles qui tirent le plus parti de la proximité des États-Unis en captant des flux de touristes et de capitaux facteurs d’industrialisation (zones franches) ou de développement de services financiers (paradis fiscaux). Elles en tirent un IDH élevé (Jamaïque, Antigua-et-Barbuda) voire très élevé (Bahamas, Porto Rico, Barbade), ce qui est aussi le cas des territoires sous dépendance de pays européens qui bénéficient d’importantes aides de la France, des Pays-Bas ou du Royaume-Uni.
Les îles les moins bien intégrées dans la mondialisation, à l’image d’Haïti, cumulent une faible attractivité touristique avec des exportations limitées et l’absence d’activités liées à la finance offshore. Elles peuvent trouver des formes alternatives d’insertion dans la mondialisation, en captant d’autres types de flux illicites, tels que le trafic de drogue. Leur niveau de développement plus faible conduit une partie de leur population à émigrer vers territoires offrant de meilleures conditions de vie (Amérique du Nord, Antilles françaises)
Les îles de la Caraïbe dans la mondialisation
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Mers et océans vecteurs essentiels de la mondialisation
Une intégration régionale incomplète
Une intégration commerciale limitée
Des îles entre coopération et intégration régionale
CARIFESTA, un vecteur de coopération culturelle régionale
Le Caribbean Festival of Arts (CARIFESTA) est un événement multiculturel organisé périodiquement par les pays des Caraïbes. Affiche de l'édition 2019.
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Une intégration régionale incomplète
Sur le plan économique et politique, le développement des échanges régionaux est stimulé par la mise en œuvre d’accords de coopérations régionales (AEC, CARICOM, ALBA). Sur le plan culturel, le CARIFESTA est un exemple de valorisation du caractère multiculturel de la Caraïbe qui met aussi en lumière les dénominateurs communs aux îles caribéennes (créolité, carnaval de rue, steelbands).
Des îles entre coopération et intégration régionale
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Une intégration régionale incomplète
L’influence des États-Unis sur la Caraïbe est facteur d’intégration sur le plan économique (part majoritaire des États-Unis dans les importations et les exportations caribéennes), politique (aide au développement) et culturel (influence de la culture américaine). Néanmoins, la forte présence militaire américaine, matérialisée par de nombreuses bases, est source de tensions régionales.L’embargo américain sur Cuba et le statut particulier de Porto Rico, État libre associé aux États-Unis, leur valent aussi d’être souvent taxés d’impérialisme dans la région. C’est dans ce contexte que s’est constituée l’ALBA, organisation politique et économique hostile à cette hégémonie des États-Unis.
Des îles entre coopération et intégration régionale
Une intégration commerciale limitée
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Une intégration régionale incomplète
La Caraïbe est un ensemble de petites îles avec une organisation politique et administrative plurielle héritée de la décolonisation. Les pays de la Caraïbe mènent une politique active d’intégration en constituant des institutions régionales, pourtant ces pays ne semblent pas décoller économiquement.La dépendance ancienne à l’Europe et aux États-Unis a contraint les micro-États de la Caraïbe à s’intégrer ou s’associer dans le cadre d’organes de coopération inter-étatiques. Cependant, la petite taille du marché Caraïbe, les intérêts nationaux ainsi que la similitude des structures de production et donc l’absence de complémentarité, renforcent la logique de concurrence entre les îles. L’exiguïté du territoire constitue un sévère handicap à l’intégration économique. De fait, la coopération commerciale intra-régionale est restreinte et ne constitue pas pour l’instant un réel facteur de développement économique.La région Caraïbe a réalisé des progrès significatifs sur le plan de la réduction de la pauvreté et du développement social. Cependant, l’assise économique traditionnelle, qui repose fortement sur le tourisme et les exportations de bananes et de sucre, est fragile depuis la crise économique mondiale de 2009. La criminalité, l’instabilité et la violence constituent de graves problèmes, de même que les catastrophes naturelles à répétition.
Marie Marthe Bredas, « Institutions, démocratie et croissance dans la Caraïbe anglophone : idées préconçues et réalité », université des Antilles, CNRS, 2017.
Les limites de l’intégration régionale caribéenne
Une intégration commerciale limitée
Des îles entre coopération et intégration régionale
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Une intégration régionale incomplète
Les îles de la Caraïbe s’efforcent de renforcer leur intégration régionale sur le plan politique et culturel. Néanmoins, l’analyse des relations entre les îles caribéennes montre que les logiques de concurrence prennent le pas sur les échanges. Leur profil commun sur les plans géophysique (petites îles tropicales), démographique (faible peuplement à l’origine de petits marchés de consommation) et économique (forte dépendance au tourisme et aux exportations de produits tropicaux) explique que ces territoires entretiennent peu de relations de complémentarité. Sur le plan géopolitique, les États pro-américains (République Dominicaine, Bahamas) s’opposent aux pays hostiles à l’impérialisme des États-Unis (Cuba). Enfin certaines tensions liées à la délimitation des frontières maritimes (ZEE) ne favorisent pas le renforcement de cette intégration régionale.
Des îles entre coopération et intégration régionale
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Synthèse
Les îles de la Caraïbe et des Antilles
Les défis de l'intégration régionale
Une ouverture au monde multiforme
Des associations régionales très nombreuses
Des flux divers
Des infrastructures nombreuses
Affirmation de la puissance géostratégique chinoise
Des atouts à valoriser
Des freins à surmonter
Des limites à l'ouverture au monde
Une dépendance au reste du monde
Des inégalités territoriales à toutes les échelles
LES ÎLES DE LA CARAÏBE, UN ESPACE AU DEFI DE l'INTEGRATION REGIONALE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Bilan de l'étude de cas : croquis de synthèse
LES ILES DE LA CARAÏBE, ENTRE OUVERTURE MONDIALE ET INTEGRATION REGIONALE
1. Une ouverture au monde multiforme
1.1 Une interface mondiale Ports Aéroports Paradis fiscaux Zones franches 1.2 Des flux importants Espaces du tourisme de croisièreFlux de capitaux (IDE et paradis fiscaux) Flux de marchandise Flux illicites (narcotrafic, trafic d’êtres humains) 1.3 Un développement inégal IDH élevé et très élevé IDH moyen IDH Faible
2.1 De nombreuses associations régionales AEC CARICOM ALBA 2.2. Un espace sous influence Influence américaine Influence européenne 2.3. Un espace sous tension Embargo américainLitiges ZEE
2. Les défis de l'intégration régionale
CUBA
JAMAÏQUE
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
> Comment la mondialisation hiérarchise et recompose-t-elle les territoires ?
SOMMAIRE
Evaluation
I. La mondialisation hiérarchise les territoiresA) Des aires de puissance qui dominent l'espace mondial B) Une hiérarchie en constante recomposition C) Une hiérarchisation multiscalaire des territoires II. Des facteurs de différenciation territoriale complexesA) Les caractéristiques des territoiresB) Les stratégies d'acteurs Conclusion Vidéo de révisions
Corrigé
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I.
La mondialisation hiérarchise les territoires
> Quel est l’impact de la mondialisation sur l’organisation du monde ?
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I. La mondialisation hiérarchise les territoires
A. Des aires de puissance qui dominent l'espace mondial
1. Le poids des anciennes puissances
L’espace mondial est organisé par trois grands pôles majeurs : Amérique du Nord, Europe occidentale et Asie de l’Est. Ils jouent un rôle structurant primordial dans la mondialisation par leur poids politique, économique, financier, scientifique et culturel.
Cet ensemble produit 75% de la richesse mondiale, génère les trois quarts des flux commerciaux et ces aires de puissances sont à l’origine de 85% des opérations financières et de 75% de la recherche et développement dans le monde.
Dès 1985 l’économiste japonais Kenichi Ohmae a utilisé et popularisé le terme de « Triade » pour désigner ces trois pôles dominants de l’économie mondiale : l'Amérique du Nord (États-Unis et Canada), l'Europe occidentale (Union européenne + Norvège + Suisse) et l'Asie-Pacifique (Japon et Corée du Sud).
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I. La mondialisation hiérarchise les territoires
A. Des aires de puissance qui dominent l'espace mondial
2. Une économie-monde multipolaire
L’opposition entre la Triade et ses annexes d’une part et les Suds d’autre part a longtemps fourni une grille d’analyse pertinente (centre / périphérie) de la hiérarchisation des lieux à l’échelle mondiale.
Encore aujourd’hui, alors que la phase actuelle de la mondialisation a accouché d’une économie-monde de plus en plus multipolaire, cette grille de lecture conserve une certaine pertinence : l’espace mondial demeure organisé par trois grands pôles majeurs, l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Asie de l’Est, dotés de puissantes métropoles qui concentrent les fonctions de commandement et d’impulsion.
Cependant s’ils demeurent des acteurs incontournables, le poids et la capacité de domination des grands pays développés recule : en 2016 ils ne détenaient plus que 30% des réserves financières mondiales contre 80% en 1990.
L'archipel mégolopolitain mondial
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I. La mondialisation hiérarchise les territoires
B. Une hiérarchie en constante recomposition
1. Des territoires émergents au poids de plus en plus important
Parmi les pays émergents s’insérant davantage dans la mondialisation, certains s’affirment comme des puissances :
- de rang mondial pour la Chine, la Russie, l’Inde ou le Brésil (BRIC),
- de rang continental pour l’Afrique du Sud, l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Mexique ou l’Argentine.
D’autres sont en cours d'intégration et cherchent encore leur voie tels l’Iran, l’Éthiopie, l’Indonésie, la Thaïlande, la Malaisie, l’Égypte, le Pakistan et le Nigeria.Ces 17 États s’affirment avec vigueur sur la scène internationale. À l’échelle mondiale, ils représentent déjà 60% de la population, un tiers de l’économie, 28% des exportations et 43% de la production manufacturière. Loin d’être un tout homogène, ils peuvent s’allier comme les BRICS ou s’affronter comme l’Arabie Saoudite et l’Iran.
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I. La mondialisation hiérarchise les territoires
B. Une hiérarchie en constante recomposition
2. Des territoires délaissés et exploités par les grandes puissances
Les territoires en marge de la mondialisation sont très divers : de l’Asie centrale à l’Amérique andine, en passant par l’Afrique sahélienne, ils sont à l’écart des flux de la mondialisation.
Les 47 pays les moins avancés sont les territoires les plus en difficultés. Majoritairement situés en Afrique subsaharienne (33), ils sont marqués par la faiblesse de développement, les conflits, la défaillance de l’Etat ou l’enclavement. Leur insertion dans la mondialisation se fait souvent grâce à l'exploitation, souvent par des FTN étrangères, de matières premières, par les IDE venus notamment de Chine mais aussi par des flux illicites (piraterie, trafic de drogue).
L'intégration dans la mondialisation
D’autres États sont à l’écart des flux mondialisés pour des raisons idéologiques. Sans être des PMA, il s’agit le plus souvent de dictatures communistes qui rejettent l’influence occidentale, comme la Corée du Nord ou Cuba.
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I. La mondialisation hiérarchise les territoires
B. Une hiérarchie en constante recomposition
Réaliser un schéma de synthèse selon la typologie suivante :
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I. La mondialisation hiérarchise les territoires
C. Une hiérarchie multiscalaire des territoires
1. Des inégalités spatiales qui s’accroissent
Les territoires, quelle que soit l’échelle considérée (États, régions infra-étatiques et supra-étatiques, métropoles…) ont inégalement accès à la mondialisation : nous avons affaire à une hiérarchisation multiscalaire. Le processus de mondialisation renforce les inégalités territoriales ce dont témoigne l’indice de mondialisation. Cet indice synthétique prenant en compte diverses dimensions de la mondialisation, notamment économique, politique et sociale, permet une approche plus nuancée du degré d’intégration de certains pays. Ainsi, la Chine est nettement moins mondialisée que de nombreux pays (79ème en 2022).
Évolution des flux mondiaux des messages Swift entre 2010 et 2020
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I. La mondialisation hiérarchise les territoires
C. Une hiérarchie multiscalaire des territoires
2. A l’échelle nationale : métropolisation et littoralisation
Source : Atlas de la mondialisation, Laurent Carroué, Autrement, 2018
Au sein des espaces moteurs de la mondialisation, les métropoles, en particulier les villes mondiales et les centres financiers sont les pôles majeurs de l’économie mondiale (New York, Tokyo, Shanghai, Londres…). Elles forment un « archipel mégalopolitain mondial » : ces territoires très puissants sont fortement reliés entre eux. Les façades maritimes, survalorisées par leur position d’interface, polarisent également les flux de capitaux, de personnes, d’informations et de marchandises, tout comme les frontières dont les espaces transfrontaliers connaissent des développements très rapides en raison des nombreux échanges, licites et illicites, qui y sont réalisés (frontière entre les États-Unis et le Mexique). Inversement les espaces intérieurs et faiblement peuplés (l’Ouest de la Chine) sont beaucoup plus faiblement intégrés à la mondialisation.
L'intégration du territoire chinois
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
I. La mondialisation hiérarchise les territoires
C. Une hiérarchie multiscalaire des territoires
3. A l’échelle locale, une ségrégation socio-spatiale qui se renforce
Au sein des métropoles, la mondialisation renforce les inégalités sociales et la ségrégation socio-spatiale. Les quartiers d’affaire des métropoles mondiales (Manhattan, City, Shinjuku, Défense) mais aussi les parcs technologiques (Silicon Valley, Saclay) concentrent les fonctions et la richesse quand d’autres quartiers touchés par le déclin économique (désindustrialisation) deviennent des shrinking cities (Detroit). Ces disparités se retrouvent dans les Suds où des métropoles émergentes s'affirment rapidement (Mumbai, São Paulo, Johannesburg, Lagos…) dominant leurs aires régionales et où les bidonvilles et les ghettos jouxtent les gated communities.
En raison de la désindustrialisation et de la crise financière de 2008, certains quartiers de Detroit ont été délaissés par leurs habitants contraints d'abandonner leur logement pour rembourser leurs dettes. Les maisons tombent en ruine, les raser coûte souvent moins cher que de les rénover.
Detroit, une ville qui rétrécit
Les gated communities, ou quartiers résidentiels fermés, sont homogènes socialement, généralement habités par des populations aisées, clos, et accessible par un nombre minimal d'entrées gardées par un personnel privé. D'autres dispositifs de sécurité peuvent s'y ajouter (caméras, barrière, badge d'accès...). On parle aussi d'enclaves résidentielles fermées.
La ségrégation socio-spatiale à Nairobi, Kenya
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II.
Des facteurs de différenciation territoriale complexes
> Quels sont les facteurs de l’inégale intégration des territoires à la mondialisation ?
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
A. Les caractéristiques des territoires
1. Les facteurs d'intégration
Les villes mondiales se distinguent par des spécificités fonctionnelles qui leur permettent de rayonner au-delà de leur territoire national. Elles concentrent des fonctions stratégiques et de commandement (sièges sociaux de FTN, sièges des bourses mondiales). Ces territoires très dynamiques sont fortement reliés entre eux par de puissants hubs. Les CBD ou quartiers d’affaires symbolisent cette intégration à la mondialisation. La puissance de ces métropoles se prolonge grâce à leurs façades maritimes.
Les pôles majeurs de la mondialisation bénéficient d'atouts nombreux : main-d'œuvre qualifiée, foyers de consommation, mise en réseaux, infrastructures performantes, universités prestigieuses, grandes entreprises, siège d’institutions internationales (ONU à New York, OMC à Genève). Ces centres d'impulsion restent incontournables grâce à leur maîtrise de l'innovation. L'Europe de l'Ouest et l'Amérique du Nord concentrent à elles seules 40 % des investissements dans la recherche mondiale. De plus, ils exercent un monopole sur les activités les plus en pointe telles que la biotechnologie, la robotique ou les nanotechnologies.
La recherche publique mondiale
La concentration des acteurs financiers
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
A. Les caractéristiques des territoires
2. Les facteurs limitant l'intégration
Les espaces en marge de la mondialisation cumulent des faiblesses qui entraînent leur mise à l’écart du commerce mondial. L’enclavement de certains espaces est un facteur répulsif pour les firmes transnationales : ces dernières ont besoin d’accessibilité (accès à la mer, grand aéroport, routes goudronnées) pour participer aux échanges commerciaux et financiers. Une instabilité régionale, potentiellement génératrice de conflits, décourage également l’installation des FTN (risque-pays). La grande pauvreté est aussi un facteur limitant l’intégration : le faible accès à l’éducation provoque un manque de main-d’œuvre qualifiée, nécessaire à l’installation des FTN. Les infrastructures de transports pâtissent également de cette insuffisance de moyens.
Le risque-pays
La Coface est un organisme privé qui évalue les risques présentés par chaque pays pour l’implantation et l’investissement des entreprises.
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
A. Les caractéristiques des territoires
3. Un processus mouvant
Au-delà de cette organisation territoriale actuelle, certains espaces peuvent devenir attractifs et d’autres répulsifs. La mondialisation est un processus mouvant qui peut faire évoluer la situation de certains territoires. Par exemple, la découverte de nouvelles ressources rares ou le changement climatique peuvent permettre de valoriser certains espaces. D’autres en revanche deviennent répulsifs en cas de tarissement des ressources ou d’instabilité politique. De nouvelles stratégies d’acteurs peuvent également changer la situation d’un territoire dans la mondialisation.
La découverte d’un gisement de pétrole, le 20 mai 2015, a changé le destin du Guyana, petit pays d’Amérique du Sud pas plus grand que le tiers de la France, coincé entre le Suriname, le Venezuela et le Brésil. A tel point que le 20 décembre 2019, date du début de l’exploration, a été déclaré « journée nationale du pétrole ». « C’est comme si le pays avait gagné au loto », résume un diplomate. Non seulement les réserves totales atteindraient les 11 milliards de barils, ce qui place le Guyana au 17e rang de la production mondiale, mais elles contiennent un hydrocarbure liquide, relativement pur et donc moins cher à extraire, ce qui offre des marges encore plus confortables. La valeur des réserves de pétrole par habitant est la deuxième plus élevée au monde, juste derrière le Koweït et loin devant l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. Et ce n’est pas fini : de nouvelles découvertes ont lieu régulièrement, suscitant l’intérêt d’autres nations − y compris de la France, dont le président de la République, Emmanuel Macron, sera en visite dans la proche Guyane, du 24 au 26 mars. « On n’a jamais vu un pays se développer à une telle vitesse, ce qui se passe actuellement ressemble pour nous tous à une terra incognita », témoigne Yesim Oruc, la coordonnatrice résidente des Nations unies au Guyana. […] En quatre ans seulement, [le pétrole] a fait tripler le produit intérieur brut (PIB) de la petite nation de 800 000 habitants, soit le décollage économique le plus rapide du monde (62 % en 2022, 38 % en 2023).
J. Boissous, « Le Guyana, naissance d’un nouveau géant pétrolier », Lemonde.fr, 21 mars 2024
Le Guyana, naissance d’un nouveau géant pétrolier
La montée de nouvelles puissances commerciales
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
B. Les stratégies d'acteurs
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Reconstruire après le séisme de 2011
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
B. Les stratégies d'acteurs
Les corridors de développement sont-ils une solution pour favoriser l’ouverture au monde de l’Amérique latine ?
Les projets de corridors génèrent de grandes attentes en matière de développement dans chaque pays concerné et les bénéfices supposés des projets de construction d'infrastructures apparaissent pour beaucoup comme des opportunités à saisir. La création de zones franches, dans les ports mais aussi le long des infrastructures terrestres, alimente l'espoir d'emplois pérennes, une fois la phase de construction terminée. Les gouvernements insistent notamment sur les bénéfices qu'en retireraient les périphéries nationales, souvent mal connectées et en retard de développement. Dans les projets, sont également mises en avant les facilités d'accès aux marchés extérieurs dont bénéficieraient les producteurs nationaux. Enfin, la promotion de l'intégration régionale est aussi mise en avant par les États sud-américains mais la multiplication des projets de corridors transocéaniques doit être replacée dans le contexte actuel de croissance des flux entre Asie et Amériques, pour lesquels les corridors de transport deviennent un enjeu de taille.
L. Médina, « Les projets de corridors interocéaniques en Amérique centrale », Échogéo, septembre 2019
Les espoirs suscités par les corridors de développement
Des projets aux nombreux défis
En Amérique centrale les corridors de développement suscitent de nombreux espoirs auprès des populations locales mais en réalité, ils ont soit pour rôle de relier, le plus rapidement possible, les deux façades océaniques, soit de connecter des zones productives aux ports d'exportation ; ils ne profitent donc souvent qu'aux extrémités portuaires. De plus, le modèle de financement associant les entreprises suscite de nouvelles inquiétudes : en Amérique centrale, la plupart des projets sont inachevés, soit en raison de la faillite de l'investisseur principal, soit du fait de la volatilité des investissements. Les organisations régionales présentent enfin les corridors comme un support d'intégration régionale visant à favoriser les échanges économiques au sein d'un marché efficace car intégré. Mais la multiplication des projets vient contredire le discours. Chaque État met en avant son propre projet de corridor, souvent en concurrence avec les autres. L'Amérique centrale est ainsi au cœur d'une rivalité entre les investisseurs chinois (projet du creusement du Grand Canal de Nicaragua) et américains (Plan Panama).
N. Fau, « Les corridors de développement », Échogéo, septembre 2019.
Limites de la stratégie des corridors
Des corridors qui peinent à désenclaver
Les corridors de développement, des outils d’intégration
Reconstruire après le séisme de 2011
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
B. Les stratégies d'acteurs
En quoi la Corée du Nord est-elle un espace en marge de la mondialisation ?
Isolée et pauvre, la Corée du Nord, sous le coup de sanctions en raison de ses programmes nucléaire et balistique, peine déjà à nourrir ses habitants et doit régulièrement faire face à des pénuries alimentaires. La sécheresse précoce qui frappe le Nord cette année pourrait aggraver “la famine, la malnutrition et les problèmes de santé pour des milliers d’enfants et de femmes allaitant”, a prévenu la Croix-Rouge. Selon plusieurs organisations internationales, dont l’ONU et le Programme alimentaire mondial (PAM), des changements météo même mineurs pourraient aggraver significativement la situation et affecter la production alimentaire du pays. Selon un rapport de l’ONU publié le 3 mai [2019], la Corée du Nord a enregistré l’an dernier ses pires récoltes depuis 10 ans. Le rationnement alimentaire a été encore accentué et la situation pourrait empirer sans aide internationale. Environ 10,1 millions de Nord-Coréens – soit 40 % de la population – souffrent de malnutrition, indique ce document réalisé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial.
AFP, « Corée du Nord : sécheresse “extrême”, risque de pénuries alimentaires », Lefigaro.fr, 15 mai 2019.
Un pays à l’écart du commerce alimentaire
La Corée du Nord
Le complexe industriel est né en 2004 dans la foulée de la politique poursuivie par Séoul, visant à encourager les liens entre les deux Corée. 23 entreprises sud-coréennes de confection, d’électronique et de production chimique travaillent au Nord, à Kaesong, à quelques kilomètres de la frontière. Les 900 salariés sud-coréens côtoient 53 000 Nord-Coréens, une main-d’œuvre qualifiée et peu onéreuse (74 dollars par mois). Pour les chefs d’entreprise sud-coréens de la zone, le 10 février 2016 est une journée noire : en réaction à un tir de missile de Pyongyang, Séoul décidait de fermer unilatéralement le site industriel de Kaesong. Séance tenante, ils ont dû arrêter leur activité, quitter les lieux sans même embarquer les matières premières. Aujourd’hui, sur le site de Kaesong, seules les lumières de la douane brillent encore. Selon des médias sud-coréens, Pyongyang aurait revendu en Chine des cuiseurs à riz fabriqués dans la zone.
J. Deveaux, « Le site industriel de Kaesong fermé marque le désamour entre les deux Corée », francetvinfo.fr, 15 février 2017.
La fermeture du site industriel de Kaesong
Une frontière hermétique
Une menace permanente pour le reste du monde
Reconstruire après le séisme de 2011
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
B. Les stratégies d'acteurs
Comment la mondialisation a-t-elle favorisé l'émergence d'Uber ?
L'autorité des transports londonienne a annoncé avoir refusé de renouveler la licence d'exercer de la plateforme de réservation de voitures Uber, en raison de défaillances qui mettent « en danger » les passagers. La société californienne a aussitôt annoncé qu'elle ferait appel de cette décision, ajoutant qu'elle continuerait de fonctionner jusqu'à ce qu'une décision définitive soit rendue. Transport for London (TfL) relève notamment une « faille » dansl'application d'Uber qui permet à des conducteurs sans permis d'installer leur photo sur les comptes d'autresconducteurs, ce qui s'est produit « au moins sur 14 000 trajets » ces derniers mois. Dans la même veine, la TfL faitvaloir qu'une autre défaillance de la plateforme permet à des conducteurs sans permis ou suspendus de créer descomptes Uber actifs. [ ... ] Le pionnier des applications de véhicules partagés est régulièrement mis en cause pour des problèmes de sécurité à bord pour ses usagers comme ses conducteurs, ce qui a contribué à entacher sa réputation à travers le monde, sans parler des polémiques sur la rémunération insuffisante de ses chauffeurs.Londres est l'un des principaux marchés de Uber, qui compte 45 000 conducteurs et 3,5 millions de clientsdans la capitale britannique. Le syndicat Unite, qui représente les chauffeurs de taxi traditionnels, s'est réjoui de ladécision de la TfL.
« Uber n'a plus le droit d'exercer à Londres », Le Monde,25 novembre 2019.
Uber interdit à Londres
Uber
La présence d'Uber dans le monde
Sous l'effet de la numérisation et de la dématérialisation de l'économie, certaines entreprises ont semblé pousser davantage encore la remise en cause des modèles anciens. La croissance exponentielle de ces entreprises et de leurs secteurs d'activité a contribué à la médiatisation de ce nouveau modèle économique désigné par le terme d'ubérisation. Il rassemble des entreprises dans le champ de l'économie collaborative et des services aux particuliers. Ces dernieres mettent en relation par le biais de plateformes ou d'applications numériques des clients et des particuliers qui offrent un service dans un cadre plus ou moins professionnel, dans le secteur du transport urbain (Uber), de l'hébergement (Airbnb) ou encore de la livraison de repas (Deliveroo). Les individus qui fournissent les services en question ne sont pas salariés de ces entreprises [ ... ]. Ce nouveau modèle permet à ces entreprises de réduire le nombre de salariés, de se passer d'infrastructures lourdes et de contourner plus facilement les obligations réglementaires et fiscales, créant une concurrence que les acteurs traditionnels jugent deloyale. La remise en cause du modèle traditionnel du salariat et la nouvelle organisation du travail, sources de précarité pour les travailleurs, ont également alimenté les débats politiques.
G. Boulay et A. Grandclément, Introduction à la géographie économique, Armand Colin, 2019.
L'uberisation des entreprises
Un Ubercopter à New-York
Reconstruire après le séisme de 2011
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
B. Les stratégies d'acteurs
1. Les Etats
Loin d’être dépassés, les États jouent un rôle déterminant par leurs choix politiques, comme en témoigne l’essor des pays émergents. Par exemple, une politique d'ouverture aux IDE peut rendre attractif un territoire, de même que l’établissement de zones franches ou de paradis fiscaux ; dans la Caraïbe, les Bahamas sont devenues un paradis fiscal en même temps qu’un pôle touristique haut de gamme, alors qu’Haïti demeure un PMA englué dans le sous-développement. Ils participent également au processus de mondialisation, en consolidant, ou en démantelant, les accords de libre-échange et en menant des politiques publiques visant à attirer les investisseurs et les FTN sur leur territoire.
Les corridors de développement ont pour fonction de favoriser l'implantation de nouvelles activités productives grâce à l'amélioration de l'accès aux sites de production énergétique et aux productions locales. Ils visent à favoriser le développement des marges et non uniquement des principaux nœuds structurants. Il ne s'agit donc pas seulement de relier les villes entre elles par des axes de communication plus performants mais de développer un nouveau type d'espace multipolaire et transnational articulant entre elles des régions urbaines existantes et des régions émergentes. Que ce soit en Amérique latine, en Afrique ou en Asie, et même en Europe, les associations régionales ont ainsi repris et dupliqué un même modèle de développement et d'organisation de l'espace. La figure du corridor a également été adoptée par les États, soit comme outil d'aménagement de leur propre territoire, soit comme moyen d'affirmation de leur puissance à l'échelle internationale. Le projet actuellement le plus ambitieux et le plus médiatique est ainsi celui des « nouvelles routes de la soie » qui doivent relier la Chine au reste du monde grâce à un réseau complexe et multimodal d'infrastructures.
N. Fau, « Les corridors de développement », Echogéo, 25 octobre 2019.
Les corridors de développement, une stratégie d'intégration
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
II. Des facteurs de différenciation territoriale complexes
B. Les stratégies d'acteurs
2. Les FTN
Les FTN qui représentent 25 % de l'économie mondiale sont des acteurs centraux de la mondialisation. Leur activité concerne tous les secteurs de l’économie : industrie (Volkswagen), distribution (Amazon), énergie (BP), nouvelles technologies (GAFAM), finance (Goldman Sachs), Luxe (LVMH), culture (Disney)… Leur organisation technique et spatiale dépend largement du secteur d'activité et des avantages comparatifs qu’elles retirent de territoires organisés en réseaux (installation d'activités productives dans des pays disposant de main-d'œuvre à bas coût et d'un droit du travail peu protecteur, comme le Bangladesh ou l’Indonésie / recherche et développement dans les pays développés comme aux Etats-Unis / optimisation fiscale dans les paradis fiscaux comme l’Irlande). Dans leur recherche de compétitivité, les FTN mettent donc en concurrence les territoires dans le monde. Par leurs IDE, elles déploient une logique sélective aux échelles mondiale, nationale et régionale qui reflète les rapports de domination entre pôles de commandement et périphéries plus ou moins intégrées et interdépendantes.
Des territoires intégrés par les FTN selon leur spécialisation
Les territoires les plus attractifs (IDE entrants, 2019)
L'iphone un produit mondialisé
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Conclusion
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Conclusion
> Comment la mondialisation hiérarchise et recompose-t-elle les territoires ?
La mondialisation a des effets multiples sur les territoires du monde dont le principal est celui d'une sélection hiérarchique en fonction du niveau d'intégration aux circuits mondialisés. Elle est le fait de divers acteurs (États, FTN, organisations internationales) qui construisent des réseaux intégrant certains territoires dans la mondialisation en faisant jouer la concurrence (ils privilégient les territoires les plus attractifs comme les métropoles, les littoraux ou les frontières) et en excluant d’autres, soit du fait d'une fermeture volontaire ou involontaire, soit d'un niveau trop faible de développement humain et économique ou encore de disparités socio-spatiales trop fortes.Les puissances anciennes sont encore présentes, notamment grâce à la maîtrise de l’innovation mais la hiérarchie, en perpétuelle recomposition, est désormais bousculée par l’émergence de nouvelles puissances. Cette hiérarchisation se retrouve à toutes les échelles, ainsi à très grande échelle, certains territoires ne sont pas intégrés à la mondialisation (bidonvilles) alors qu’ils se situent au sein de territoires très intégrés (métropoles mondiales).
Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
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