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Le veston ensorcelé

alexandra andria

Created on March 7, 2024

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Transcript

Le veston ensorcelé Étude d'une nouvelle de Dino Buzzati

Bien que j’apprécie l’élégance vestimentaire, je ne fais guère attention, habituellement, à la perfection plus ou moins grande avec laquelle sont coupés les complets de mes mes semblables. Un soir pourtant, lors d’une réception dans une maison de Milan, je fis la connaissance d’un homme qui paraissait avoir la quarantaine et qui resplendissait littéralement à cause de la beauté linéaire, pure, absolue de son vêtement.

Je ne savais pas qui c’était, je le rencontrais pour la première fois et pendant la présentation, comme cela arrive toujours, il m’avait été impossible d’en comprendre le nom. Mais à un certain moment de la soirée je me trouvai près de lui et nous commençâmes à bavarder.

Il semblait être un homme poli et fort civil avec toutefois un soupçon de tristesse. Avec une familiarité peut-être exagérée -si seulement Dieu m'en avait préservé! - je lui fis compliments pour son élégance ; et j’osai même lui demander qui était son tailleur. L’homme eut un curieux petit sourire, comme s’il s’était attendu à cette question.

- Presque personne ne le connaît, dit-il, et pourtant c’est un grand maître. Mais il ne travaille que lorsque ça lui chante. Pour quelques clients seulement. - De sorte que moi... ? - Oh ! vous pouvez essayer, vous pouvez toujours. Il s’appelle Corticella, Alfonso Corticella, rue Ferrara au 17. - Il doit être très cher, j’imagine. - Je le pense, oui mais à vrai dire je n’en sais rien. Ce costume il me l’a fait il y a trois ans et il ne m'a pas encore envoyé sa note. - Corticella ? rue Ferrara, au 17, vous avez dit ? - Exactement , répondit l’inconnu. Et il me planta là pour se mêler à un autre groupe.

Clique, dans l'ordre, sur les répliques prononcées par l'invité.

- Presque personne ne le connaît, dit-il, et pourtant c’est un grand maître. Mais il ne travaille que lorsque ça lui chante. Pour quelques clients seulement. - De sorte que moi... ? - Oh ! vous pouvez essayer, vous pouvez toujours. Il s’appelle Corticella, Alfonso Corticella, rue Ferrara au 17. - Il doit être très cher, j’imagine. - Je le pense, oui mais à vrai dire je n’en sais rien. Ce costume il me l’a fait il y a trois ans et il ne m'a pas encore envoyé sa note. - Corticella ? rue Ferrara, au 17, vous avez dit ? - Exactement , répondit l’inconnu. Et il me planta là pour se mêler à un autre groupe.

Clique, dans l'ordre, sur les répliques prononcées par l'invité.

- Presque personne ne le connaît, dit-il, et pourtant c’est un grand maître. Mais il ne travaille que lorsque ça lui chante. Pour quelques clients seulement. - De sorte que moi... ? - Oh ! vous pouvez essayer, vous pouvez toujours. Il s’appelle Corticella, Alfonso Corticella, rue Ferrara au 17. - Il doit être très cher, j’imagine. - Je le pense, oui mais à vrai dire je n’en sais rien. Ce costume il me l’a fait il y a trois ans et il ne m'a pas encore envoyé sa note. - Corticella ? rue Ferrara, au 17, vous avez dit ? - Exactement , répondit l’inconnu. Et il me planta là pour se mêler à un autre groupe.

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- Presque personne ne le connaît, dit-il, et pourtant c’est un grand maître. Mais il ne travaille que lorsque ça lui chante. Pour quelques clients seulement. - De sorte que moi... ? - Oh ! vous pouvez essayer, vous pouvez toujours. Il s’appelle Corticella, Alfonso Corticella, rue Ferrara au 17. - Il doit être très cher, j’imagine. - Je le pense, oui mais à vrai dire je n’en sais rien. Ce costume il me l’a fait il y a trois ans et il ne m'a pas encore envoyé sa note. - Corticella ? rue Ferrara, au 17, vous avez dit ? - Exactement , répondit l’inconnu. Et il me planta là pour se mêler à un autre groupe.

Clique sur l'invité

Au 17 de la rue Ferrara je trouvai une maison comme tant d’autres, et le logis d’Alfonso Corticella ressemblait à celui des autres tailleurs. Il vint en personne m’ouvrir la porte. C’était un petit vieillard aux cheveux noirs qui étaient sûrement teints.

A ma grande surprise, il ne fit aucune difficulté. Au contraire il paraissait désireux de me voir devenir son client. Je lui expliquai comment j’avais eu son adresse, je louai sa coupe et lui demandai de me faire un complet. Nous choisîmes un peigné gris puis il prit mes mesures et s’offrit de venir pour l’essayage chez moi. Je lui demandai son prix. Cela ne pressait pas, me répondit-il, nous nous mettrions toujours d’accord. Quel homme sympathique ! pensai-je tout d’abord. Et pourtant plus tard, comme je rentrai chez moi, je m’aperçus que le petit vieux m’avait produit un malaise (peut-être à cause de ses sourires trop insistants et trop doucereux). En somme je n’avais aucune envie de le revoir. Mais désormais le complet était commandé. Et quelque vingt jours plus tard il était prêt.

Quand on me le livra, je l’essayai, pour quelques secondes, devant mon miroir. C’était un chef-d’œuvre. Mais je ne sais trop pourquoi, peut-être à cause du souvenir du déplaisant petit vieux, je n'avais aucune envie de le porter. Et des semaines passèrent avant que je me décide. Ce jour-là, je m'en souviendrai toujours.

Qu'y a-t-il d'étrange concernant le costume ?

Il n'est pas très réussi alors que le tailleur semblait être très talentueux.
Il est magnifique mais n'est pas agréable à porter.
Il est superbe mais le narrateur n'a aucune envie de le porter.

Bonne réponse !

Mauvaise réponse. Relis le passage...

Pour connaître la suite de cette histoire, tu dois faire le bilan de cette première partie...

Quand on me le livra, je l’essayai, pour quelques secondes, devant mon miroir. C’était un chef-d’œuvre. Mais je ne sais trop pourquoi, peut-être à cause du souvenir du déplaisant petit vieux, je n'avais aucune envie de le porter. Et des semaines passèrent avant que je me décide. Ce jour-là, je m'en souviendrai toujours. C'était un mardi d'avril et il pleuvait.

Clique sur l'avant dernière phrase de cette première partie.
Pourquoi cette dernière phrase est-elle importante? Que nous apporte-t-elle comme information?
On comprend que le narrateur personnage se souviendra longtemps de sa rencontre avec l'invité lors de la réception à Milan
On comprend que le narrateur personnage se souviendra longtemps du jour où il a reçu son costume
On comprend que le narrateur personnage se souviendra longtemps de sa rencontre avec l'invité lors de la réception à Milan
Quand j'eus passé mon complet - pantalon, gilet et veston - je constatai avec plaisir qu'il ne me tiraillait pas et ne me gênait pas aux entournures comme le font toujours les vêtements neufs. Et pourtant, il tombait à la perfection. Par habitude, je ne mets rien dans la poche droite de mon veston, mes papiers je les place dans la poche gauche. Ce qui explique pourquoi ce n'est que deux heures plus tard, au bureau, en glissant par hasard ma main dans la poche droite, que je m'aperçus qu'il y avait un papier dedans. Peut-être la note du tailleur? Non. C'était un billet de dix mille lires. Je restai interdit. Ce n'était certes pas moi qui l'y avais mis. D'autre part, il était absurde de penser à une plaisanterie du tailleur Corticella.
Encore moins à un cadeau de ma femme de ménage, la seule personne qui avait eu l'occasion de s'approcher du complet après le tailleur. Est-ce que ce serait un billet de la Sainte Farce? Je le regardai à contre-jour, je le comparai à d'autres. Plus authentique que lui c'était impossible. L'unique explication, une distraction de Corticella. Peut-être qu'un client était venu lui verser un acompte, à ce moment-là, il n'avait pas son porte-feuille et, pour ne pas laisser traîner le billet, il l'avait glissé dans mon veston pendu à un cintre. Ce sont des choses qui peuvent arriver.

Quels sont les deux phénomènes étranges qui ont gravé ce mardi d'avril dans la mémoire du narrateur ?Explique-les avec tes propres mots puis reviens à la page précédente et clique sur les phrases qui justifient tes réponses (le "P" de REP)

Bonne réponse !

Le complet ne gêne absolument pas le narrateur, pourtant il est neuf

Bonne réponse !

Le narrateur trouve un billet de 10 000 lires dans la poche droite de son costume; pourtant, il est certain de ne jamais rien mettre dans cette poche.

Comment le narrateur réagit-il à cette découverte ?

Il s'énerve parce qu'il pense que quelqu'un a touché à son costume.

Il s'en amuse car il comprend qu'il s'agit d'une farce qu'on lui a faite.

Il cherche des explications rationnelles car il est certain que ce n'est pas lui qui a mis ce billet dans la poche.

Il cherche des explications rationnelles car il est certain que ce n'est pas lui qui a mis ce billet dans la poche.