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le style néo-gothique
francoisecantier
Created on February 21, 2024
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Transcript
LE STYLE NEO-GOTHIQUE ET LE STYLE TROUBADOUR AU XIXème SIECLE
Le Moyen Âge, une source d’inspiration nationaliste et romantique
- Contexte historique et religieux
- Le mouvement romantique en littérature
- L'architecture néo-gothique entre archéologie et idéalisation
- La peinture et le style Troubadour
1/ Contexte
AFFIRMATION D'DENTITES NATIONALES (ANGLETERRE, ALLEMAGNE, FRANCE)
MOYEN AGE : SYMBOLE POLITIQUE
- Révolution française et rejet du classicisme royal puis Les monarchistes et légitimistes s’approprient le style médiéval comme symbole de l’Ancien Régime : style de la Restauration
CONTRE LE RATIONALISME ET L'UNIVERSALISME DES LUMIERES
Le Romantisme
- Exaltation du sublime, du mystère et du pittoresque - Idéalisation du passé, du chevalier, du gothique, perçus comme plus authentiques
MOYEN AGE : PATRIMOINE NATIONAL
- Redécouverte du patrimoine médiéval (importance des ruines, des monuments religieux et des châteaux féodaux)
MOYEN AGE : ELAN DE SPIRITUALITE
- Influence de l’Église : montée du catholicisme promotion de l’architecture néo-gothique
2/ littérature
LE ROMAN GOTHIQUE ANGLAIS
Horace Walpole : Le Château d’Otrante (1764)
Moyen Âge : époque à la fois mystérieuse, sombre et fascinante.
Strawberry Hill (1749) : maison aux inspirations gothiques fantasmées (arcs brisés, créneaux, vitraux, etc.).
Défenseur du patrimoine médiéval - Notre-Dame de Paris (1831), un plaidoyer pour la sauvegarde du gothique -Rôle dans la prise de conscience patrimoniale en France
VICTOR HUGO
WALTER SCOTT : IVANHOE (1819) : roman historique vision héroïque du Moyen Âge : tournois, chevalerie, justice divine, bravoure et amour courtois.
CHATEAUBRIAND
-Le Génie du christianisme (1802) réhabilite le Moyen Âge chrétien et son art sous un angle esthétique, religieux et sentimental.
L'architecture neo-gothique
Style né au milieu du XVIIIe siècle en Angleterre
Définition et caractéristiques - réinterprétation de l’architecture gothique - Emploi du vocabulaire médiéval : arcs brisés, rosaces, gargouilles, flèches élancées - Fusion du fonctionnel et du décoratif
Augustus Pugin
John Ruskin - Théoricien britannique, critique d’art et philosophe - Les Sept Lampes de l’Architecture (1849) défense d’un art authentique et moral
Palais de Westminster à Londres
L'architecture neo-gothique
William Morris (1834-1896), fondateur du mouvement "Arts and Crafts"
Partageant les vues de John Ruskin, William Morris s'engage à ses côtés pour prôner la « non-restauration ». La restauration fait perdre à l'œuvre son authenticité. En 1877, il crée la Society for the Protection of Ancient Building, qui s'attache au respect du monument comme document historique et souhaite l'étendre, au-delà du Moyen Âge, à toutes les périodes.
Tower Bridge, à Londres, 1894, Horace Jones
la peinture et le style troubadour
Le terme de « troubadour » a été utilisé vers 1880 pour qualifier (et s’en moquer) des peintures du début du XIXe siècle illustrant un Moyen Âge doucereux et mythique, plus proche des contes de fées que de la réalité historique.
- s’inspire du Moyen Âge et de la Renaissance mais avec une touche théâtrale - scènes historiques idéalisées et anecdotiques - Influence des romans chevaleresques et de la littérature médiévale
- Paul Delaroche, Les Enfants d’Édouard (1830)
EN FRANCE
- Jean-Auguste-Dominique Ingres
Peintures du Capitole de Toulouse
la peinture et le style troubadour
LES PRERAPHAELITES en Angleterre -Détails minutieux et ornementation inspirée de l’art médiéval, -Usage de couleurs vives et pures, rappelant les vitraux des cathédrales gothiques, Fascination pour les costumes médiévaux et les mises en scène théâtrales, le mobilier et les décors néo-gothiques contemporains.
La Dame de Shalott (1888) de John William Waterhouse, inspirée de Tennyson
Je suis à moitié malade des ombres, dit la Dame de Shalott, 1915
Isabella (1849) de Millais, tirée d’une nouvelle de Boccace
La Belle Dame sans Merci inspirée de la ballade médiévale de Keats.
Aujourd'hui
- Influence sur l’architecture religieuse et universitaire - Influence sur le fantastique et la pop culture (cinéma gothique, Tim Burton, Harry Potter…) - Le néo-médiévalisme dans les arts, la mode, les jeux vidéo et les séries
QUIZZ
Fondé en 1848 par Dante Gabriel Rossetti, John Everett Millais et William Holman Hunt, le préraphaélisme rejette l’académisme hérité de Raphaël et du classicisme, lui préférant l’art médiéval et les primitifs italiens (Fra Angelico, Giotto). Comme Chateaubriand et les romanciers gothiques, les préraphaélites voient le Moyen Âge comme une époque de pureté spirituelle et d’expression sincère, en opposition à la froideur du néoclassicisme. -s’inspirent des légendes arthuriennes, des récits chevaleresques et de la littérature médiévale (Tennyson, Dante, Shakespeare)
Incipit vita nova, 1903, Cesare Saccaggi
En plein milieu du Moyen-Age, dans le sud-est de l’Italie, le seigneur Manford règne sur la contrée d’Otrante. Le début du récit relate le mariage de son unique héritier avec une princesse locale, Isabella. Lors de ce mariage, un événement surnaturel vient perturber la cérémonie : un heaume gigantesque qui semble tombé du ciel écrase son fils. Plus tard, pressé par son désir et l’enjeu politique de son héritage, Manfred demande sa main à la promise de son fils. Isabella, effrayée par l’insistance de Manfred, s’enfuit pour échapper au seigneur et à sa rage. Plusieurs éléments fantastiques surgissent dans ce passage : Manfred aperçoit les tableaux de la chambre qui s’animent et entend des murmures lointains. Isabella de son côté se perd dans le château qui devient rapidement un sombre et terrifiant dédale, hanté par le bruit du vent et le claquement de lourdes portes. Réussira-t-elle à s’échapper ? Rien n’est moins sûr…
Palais de Westminster, Intérieur de la Chambre des Lords vers 1844
Rénovation du palais de Westminster à Londres, en 1836 et 1837 et en 1844 et 1852, avec le classiciste Charles Barry. Pugin fournit la décoration extérieure et les intérieurs, tandis que Barry dessine l'arrangement symétrique de la construction.
François Ier recevant les derniers soupirs de Léonard de Vinci (1818)
Waterhouse, 1893
Influencé par Viollet-le-Duc, qu'il enseignait à ses élèves - « Il n'y a qu'un seul livre sur l'architecture de quelque valeur que ce soit et qui contient tout correctement, le Dictionnaire de M. Viollet le Duc ». Par contre, John Ruskin oppose à la restauration la conservation. Pour lui la restauration signifie la destruction et il estime qu'il faut se contenter de conserver les monuments, et accepter qu'ils puissent mourir, plutôt que de les dénaturer par de faux ajouts.
Un plaidoyer pour l’architecture gothique Dans son ouvrage, Chateaubriand oppose la froideur du classicisme païen à la spiritualité du gothique, qu’il considère comme l’expression la plus noble et la plus émouvante du christianisme. Il décrit les cathédrales gothiques comme des œuvres sublimes, capables d’élever l’âme et de susciter une profonde ferveur religieuse. Cette vision a contribué à changer le regard sur l’architecture médiévale, jusque-là jugée barbare par les rationalistes des Lumières. L'œuvre de Chateaubriand a fortement marqué le romantisme, qui a trouvé dans le gothique un terrain propice à l’expression du sublime, du mystère et de la mélancolie. Son idéalisation du Moyen Âge chrétien a encouragé le retour aux ruines, aux légendes médiévales et à une esthétique où la foi et la nature sont intimement liées.
Capitole de Toulouse, Le Tournois, Jean-Paul Laurens, 1912
La Belle Paule, Henri Rachou
Vision morale et esthétique de l’architecture. sept principes fondamentaux ("lampes")doivent guider les architectes et artisans pour créer des œuvres authentiques et significatives. La lampe du Sacrifice : L’architecture doit être un acte de dévouement et d’effort, où l’artisan met son âme et son travail sans chercher uniquement l’utilité ou le profit. La lampe de la Vérité : Rejet des tromperies architecturales (faux matériaux, ornementation superficielle). L’authenticité des matériaux et des structures est essentielle. La lampe de la Puissance : L’architecture doit impressionner par sa grandeur et sa solidité, évoquer la force et la majesté de la nature. La lampe de la Beauté : L’ornementation doit s’inspirer de la nature et être réalisée avec soin, par de véritables artisans, pour exprimer une beauté sincère et vivante. La lampe de la Vie : Un bâtiment doit porter la marque humaine, avec des irrégularités et imperfections qui témoignent du travail manuel et de la créativité des artisans. La lampe de la Mémoire : L’architecture est un lien entre le passé et le présent. Elle doit respecter l’héritage historique et ne pas détruire les monuments anciens. La lampe de l’Obéissance : L’architecture doit respecter les traditions et les principes hérités du passé, en particulier le style gothique, qu’il considère comme l’expression la plus noble de l’architecture.
L'histoire de Paolo et Francesca racontée dans l'Enfer, chant V, le premier cantique de la Divine Comédie de Dante Alighieri. À partir de la fin du XVIIIe siècle, l'iconographie privilégie le moment où les deux amants découvrent leur passion alors qu'ils lisent le récit de l'amour adultère de Lancelot du Lac pour Guenièvre et sont surpris par le mari.
Paolo et Francesca, 1819, huile sur toile, 48 × 39 cm, Musée des Beaux-Arts d'Angers,
(1893) de Frank Dicksee
Caspar David Friedrich, Abbaye dans une forêt de chênes, 1809-1810.
Dans Contrasts (1836), Pugin exprime son admiration non seulement pour l'art médiéval, mais pour tout l'esprit médiéval, affirmant que l'architecture gothique est le produit d'une société plus pure. Dans The True Principles of Pointed or Christian Architecture (1841), il suggère que les artisans modernes cherchant à émuler le style de la fabrication médiévale doivent également reproduire ses méthodes. Pugin croit que l'architecture gothique est la véritable architecture chrétienne, affirmant hardiment que « l'arche pointée était produite par la foi catholique ».