L'âge d'or de la piraterie
De Ovide à Barberousse : comment l'âge d'or a-t-il évolué ?
Conclusion
Un monde en conflit ?
Inutilitédes lois
Ressources et richesses
Documents
Quelles cartes nous guideront-elles?
Texte en latin
Document antique
La carte au trésor pour notre chasse du jour...
Ovide, Les Métamorphoses, I, 89-112
casque, ni épée; et ce n'étaient pas les soldats et les armes qui assuraient le repos des nations. La terre, sans être sollicitée par le fer, ouvrait son sein, et, fertile sans culture, produisait tout d'elle-même. L'homme, satisfait des aliments que la nature lui offrait sans effort, cueillait les fruits de l'arbousier et du cornouiller, la fraise des montagnes, la mûre sauvage qui croît sur la ronce épineuse, et le gland qui tombait de l'arbre de Jupiter. C'était alors le règne d'un printemps éternel. Les doux zéphyrs, de leurs tièdes haleines, animaient les fleurs écloses sans semence. La terre, sans le secours de la charrue, produisait d'elle-même d'abondantes moissons. Dans les campagnes s'épanchaient des fontaines de lait, des fleuves de nectar; et de l'écorce des chênes le miel distillait en bienfaisante rosée.
Ainsi la matière, auparavant informe et stérile, prit la figure de l'homme, jusqu'alors inconnue à l'univers. L'âge d'or commença. Alors les hommes gardaient volontairement la justice et suivaient la vertu sans effort. Ils ne connaissaient ni la crainte, ni les supplices; des lois menaçantes n'étaient point gravées sur des tables d'airain; on ne voyait pas des coupables tremblants redouter les regards de leurs juges, et la sûreté commune être l'ouvrage des magistrats. Les pins abattus sur les montagnes n'étaient pas encore descendus sur l’océan pour visiter des plages inconnues. Les mortels ne connaissaient d'autres rivages que ceux qui les avaient vus naître. Les cités n'étaient défendues ni par des fossés profonds ni par des remparts. On ignorait et la trompette guerrière et l'airain courbé du clairon. On ne portait ni
Lien source
Document contemporain
encouragent leurs propres marins et armateurs, tel le Dieppois Jean Ango, à les combattre. Les pirates anglais, et notamment les « Chiens de Mer » (Sea dogs) de John Hawkins, s’élancent dans le sillage des Dieppois et des Rochelais. Le plus illustre d’entre eux, Francis Drake, s’empare de la flotte espagnole qui transporte l'or du Pérou à partir de Panama.
-Au XVIIe siècle, des aventuriers de toutes origines s'en vont chercher fortune sur les mers. Ils s’installent dans les Antilles, au large des colonies espagnoles, notamment sur l’île de la Tortue, près d’Hispaniola (Haïti). L'île accueille des pirates français et anglais désignés sous le nom de flibustiers. Un flibustier de grande cruauté fut le Gallois Henry Morgan, qui s’installa en Jamaïque et pilla les colonies espagnoles alentour. Malgré ses actes de torture, il fut toujours couvert par le gouverneur de l'île et à la fin de sa vie, fut anobli et nommé gouverneur de la Jamaïque. -Louis XIV eut recours à de nombreux corsaires dont les plus connus sont Jean Bart et Duguay-Trouin qui s’empara de Rio de Janeiro. Un des corsaires les plus connus de cette époque fut le Britannique Bartholomew Roberts, à l’origine d’un fameux « code des pirates » qui fixait la discipline, les règles de partage des butins, ainsi qu'une police d’assurance pour chacun.
-Mais vers la fin des années 1720, les pirates sentirent le vent tourner. Beaucoup acceptèrent les amnisties royales et abandonnèrent leurs activités. L’Âge d’or de la piraterie prit fin.
Les fouilles archéologiques pour aborder le sujet en profondeur...
Hérodote, Pirates et corsaires, L'Âge d'or de la piraterie (2/4), 27/03/2023
-Au XVIe siècle, la piraterie se développe sous l'impulsion du commerce maritime, dans les Antilles puis dans l'océan Indien. C’est dans la Méditerranée que renaît la piraterie à l’aube de la Renaissance. Elle est portée par les corsaires basés en Afrique du Nord et entrés au service du sultan ottoman qui règne à Constantinople. Ils sont appelés « Barbaresques »
Les Barbaresques subirent ensuite des défaites sévères dont celle de Lépante, en 1571. On en revint alors à une piraterie traditionnelle, portée sur le pillage et le trafic d’esclaves.
-À partir du XVIe siècle, le commerce maritime et son corollaire, la piraterie, se reportent vers l’Atlantique et l’océan Indien où transitent les galions chargés de riches cargaisons à destination de l’Europe : métaux précieux, tabac, épices, bois exotiques... Désireux de ruiner le monopole que se sont arrogés les Portugais et les Espagnols sur ce commerce, les souverains de France et d’Angleterre
Qu'en est-il dans les textes ?
Inutilité des lois et des sanctions
A l’âge d’or antique comme à l’âge d’or de la piraterie, les lois et les sanctions sont absentes et semblent dans tous les cas inutiles. Les Hommes se gouvernent eux-mêmes dans un cas comme dans l'autre et ne suivent nulle autorité. Cependant, dans le premier cas, les Hommes sont caractérisés par une grande morale guidant leurs actes. En revanche, dans le second cas, les Hommes commettent des agissement cruels, barbares (torture, mise en esclavage, pillage, meurtre, etc.) En revanche, on voit que les pirates ont créé un ensemble de normes formelles appelé "code des pirates" et qu'ils ressentent donc le besoin de suivre des règles précises et structurées.
Qu'en est-il dans les textes ?
Ressources et richesses
Si il est toujours question d'épanouissement par l'abondance de ressources, la nature des ressources diverge entre Antiquité et Piraterie. En effet, à l'Antiquité sont convoités des aliments bruts de la nature tels que des fruits ("fraise", "mûre", "gland") ou des liquides sucrés ("lait", "miel", "nectar"). Ainsi, on valorise une alimentation légère, saine, qui s'arroge de la faim ou de la transformation des aliments. On s'alimente au plus proche de la nature. A l'ère de la piraterie, les ressources convoitées sont plus généralement de l'or, du tabac, ou des aliments transformés, raffinés et qui ne se mangent pas tels quels, comme les épices. Ainsi, on pense à la valeur des biens et on coupe le lien avec la nature. De plus, les ressources s'obtiennent sans travail et s'offrent à l'Homme à l'âge d'or antique tandis qu'elles sont issues de la violence, de pillage et de cruauté à l'âge d'or de la piraterie.
Qu'en est-il dans les textes ?
Un monde en conflit ?
Le véritable point fondamental de discorde entre l'âge d'or antique et l'âge d'or de la piraterie repose sur le rapport aux conflits. En effet, si Ovide le caractérise comme le moment de l'absence de conflits, les Pirates le caractérisent comme le point d'apogée des conflits. C'est ici que survient la dichotomie : l'âge d'or est-il un âge paisible, d'harmonie, de douceur, de relations stables entre Hommes et avec la nature ? Ou bien est-il un âge d'anarchie, de violence, de déchaînement, d'autonomie, en conflit entre Hommes et avec la nature (par la symbolique des tempêtes et des îles désertes) ?
Conclusion
Si l'âge d'or antique et l'âge d'or de la piraterie partagent évidemment des points communs (absence de loi, abondance, autonomie, etc), ils connaissent également des points de discorde fondamentaux (rapport à la nature, au conflit, etc). L'âge d'or semble avoir évolué d'une représentation d'Ovide à une expression désignant l'apogée d'une période, d'un concept, d'un phénomène qui mène abondance à ceux qui le plébiscitent. Si pour certains abondance désigne moissons et floraisons, pour d'autre elle désigne butins et or.
Texte en latin
Aurea prima sata est aetas, quae uindice nullo,
sponte sua, sine lege fidem rectumque colebat.poena metusque aberant, nec uerba minantia fixoaere legebantur, nec supplex turba timebatiudicis ora sui, sed erant sine uindice tuti.nondum caesa suis, peregrinum ut uiseret orbem,montibus in liquidas pinus descenderat undas,nullaque mortales praeter sua litora norant;nondum praecipites cingebant oppida fossae;non tuba derecti, non aeris cornua flexi,non galeae, non ensis erat: sine militis usumollia securae peragebant otia gentes.
ipsa quoque inmunis rastroque intacta nec ullissaucia uomeribus per se dabat omnia tellus,contentique cibis nullo cogente creatisarbuteos fetus montanaque fraga legebantcornaque et in duris haerentia mora rubetiset quae deciderant patula Iouis arbore glandes.uer erat aeternum, placidique tepentibus aurismulcebant zephyri natos sine semine flores;mox etiam fruges tellus inarata ferebat,nec renouatus ager grauidis canebat aristis;flumina iam lactis, iam flumina nectaris ibant,flauaque de uiridi stillabant ilice mella.
"Alors les hommes gardaient volontairement la justice et suivaient la vertu sans effort. Ils ne connaissaient ni la crainte, ni les supplices; des lois menaçantes n'étaient point gravées sur des tables d'airain; on ne voyait pas des coupables tremblants redouter les regards de leurs juges, et la sûreté commune être l'ouvrage des magistrats."
Ovide
"On en revint alors à une piraterie traditionnelle, portée sur le pillage et le trafic d’esclaves." "Malgré ses actes de torture, il fut toujours couvert par le gouverneur de l'île et à la fin de sa vie, fut anobli et nommé gouverneur de la Jamaïque." Un des corsaires les plus connus de cette époque fut le Britannique Bartholomew Roberts, à l’origine d’un fameux « code des pirates » qui fixait la discipline, les règles de partage des butins, ainsi qu'une police d’assurance pour chacun.
Piraterie
VS
"Les cités n'étaient défendues ni par des fossés profonds ni par des remparts. On ignorait et la trompette guerrière et l'airain courbé du clairon. On ne portait ni casque, ni épée; et ce n'étaient pas les soldats et les armes qui assuraient le repos des nations."
Ovide
"piraterie traditionnelle, portée sur le pillage et le trafic d’esclaves" "Un flibustier de grande cruauté fut le Gallois Henry Morgan, qui s’installa en Jamaïque et pilla les colonies espagnoles alentour. Malgré ses actes de torture, il fut toujours couvert par le gouverneur de l'île et à la fin de sa vie, fut anobli et nommé gouverneur de la Jamaïque."
Piraterie
VS
"La terre, sans être sollicitée par le fer, ouvrait son sein, et, fertile sans culture, produisait tout d'elle-même. L'homme, satisfait des aliments que la nature lui offrait sans effort, cueillait les fruits de l'arbousier et du cornouiller, la fraise des montagnes, la mûre sauvage qui croît sur la ronce épineuse, et le gland qui tombait de l'arbre de Jupiter. C'était alors le règne d'un printemps éternel. Les doux zéphyrs, de leurs tièdes haleines, animaient les fleurs écloses sans semence. La terre, sans le secours de la charrue, produisait d'elle-même d'abondantes moissons. Dans les campagnes s'épanchaient des fontaines de lait, des fleuves de nectar; et de l'écorce des chênes le miel distillait en bienfaisante rosée."
Ovide
"À partir du XVIe siècle, le commerce maritime et son corollaire, la piraterie, se reportent vers l’Atlantique et l’océan Indien où transitent les galions chargés de riches cargaisons à destination de l’Europe : métaux précieux, tabac, épices, bois exotiques..."
Piraterie
VS
L'âge d'or de la piraterie
Alexandra GIULIANI
Created on February 12, 2024
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L'âge d'or de la piraterie
De Ovide à Barberousse : comment l'âge d'or a-t-il évolué ?
Conclusion
Un monde en conflit ?
Inutilitédes lois
Ressources et richesses
Documents
Quelles cartes nous guideront-elles?
Texte en latin
Document antique
La carte au trésor pour notre chasse du jour...
Ovide, Les Métamorphoses, I, 89-112
casque, ni épée; et ce n'étaient pas les soldats et les armes qui assuraient le repos des nations. La terre, sans être sollicitée par le fer, ouvrait son sein, et, fertile sans culture, produisait tout d'elle-même. L'homme, satisfait des aliments que la nature lui offrait sans effort, cueillait les fruits de l'arbousier et du cornouiller, la fraise des montagnes, la mûre sauvage qui croît sur la ronce épineuse, et le gland qui tombait de l'arbre de Jupiter. C'était alors le règne d'un printemps éternel. Les doux zéphyrs, de leurs tièdes haleines, animaient les fleurs écloses sans semence. La terre, sans le secours de la charrue, produisait d'elle-même d'abondantes moissons. Dans les campagnes s'épanchaient des fontaines de lait, des fleuves de nectar; et de l'écorce des chênes le miel distillait en bienfaisante rosée.
Ainsi la matière, auparavant informe et stérile, prit la figure de l'homme, jusqu'alors inconnue à l'univers. L'âge d'or commença. Alors les hommes gardaient volontairement la justice et suivaient la vertu sans effort. Ils ne connaissaient ni la crainte, ni les supplices; des lois menaçantes n'étaient point gravées sur des tables d'airain; on ne voyait pas des coupables tremblants redouter les regards de leurs juges, et la sûreté commune être l'ouvrage des magistrats. Les pins abattus sur les montagnes n'étaient pas encore descendus sur l’océan pour visiter des plages inconnues. Les mortels ne connaissaient d'autres rivages que ceux qui les avaient vus naître. Les cités n'étaient défendues ni par des fossés profonds ni par des remparts. On ignorait et la trompette guerrière et l'airain courbé du clairon. On ne portait ni
Lien source
Document contemporain
encouragent leurs propres marins et armateurs, tel le Dieppois Jean Ango, à les combattre. Les pirates anglais, et notamment les « Chiens de Mer » (Sea dogs) de John Hawkins, s’élancent dans le sillage des Dieppois et des Rochelais. Le plus illustre d’entre eux, Francis Drake, s’empare de la flotte espagnole qui transporte l'or du Pérou à partir de Panama. -Au XVIIe siècle, des aventuriers de toutes origines s'en vont chercher fortune sur les mers. Ils s’installent dans les Antilles, au large des colonies espagnoles, notamment sur l’île de la Tortue, près d’Hispaniola (Haïti). L'île accueille des pirates français et anglais désignés sous le nom de flibustiers. Un flibustier de grande cruauté fut le Gallois Henry Morgan, qui s’installa en Jamaïque et pilla les colonies espagnoles alentour. Malgré ses actes de torture, il fut toujours couvert par le gouverneur de l'île et à la fin de sa vie, fut anobli et nommé gouverneur de la Jamaïque. -Louis XIV eut recours à de nombreux corsaires dont les plus connus sont Jean Bart et Duguay-Trouin qui s’empara de Rio de Janeiro. Un des corsaires les plus connus de cette époque fut le Britannique Bartholomew Roberts, à l’origine d’un fameux « code des pirates » qui fixait la discipline, les règles de partage des butins, ainsi qu'une police d’assurance pour chacun. -Mais vers la fin des années 1720, les pirates sentirent le vent tourner. Beaucoup acceptèrent les amnisties royales et abandonnèrent leurs activités. L’Âge d’or de la piraterie prit fin.
Les fouilles archéologiques pour aborder le sujet en profondeur...
Hérodote, Pirates et corsaires, L'Âge d'or de la piraterie (2/4), 27/03/2023
-Au XVIe siècle, la piraterie se développe sous l'impulsion du commerce maritime, dans les Antilles puis dans l'océan Indien. C’est dans la Méditerranée que renaît la piraterie à l’aube de la Renaissance. Elle est portée par les corsaires basés en Afrique du Nord et entrés au service du sultan ottoman qui règne à Constantinople. Ils sont appelés « Barbaresques » Les Barbaresques subirent ensuite des défaites sévères dont celle de Lépante, en 1571. On en revint alors à une piraterie traditionnelle, portée sur le pillage et le trafic d’esclaves. -À partir du XVIe siècle, le commerce maritime et son corollaire, la piraterie, se reportent vers l’Atlantique et l’océan Indien où transitent les galions chargés de riches cargaisons à destination de l’Europe : métaux précieux, tabac, épices, bois exotiques... Désireux de ruiner le monopole que se sont arrogés les Portugais et les Espagnols sur ce commerce, les souverains de France et d’Angleterre
Qu'en est-il dans les textes ?
Inutilité des lois et des sanctions
A l’âge d’or antique comme à l’âge d’or de la piraterie, les lois et les sanctions sont absentes et semblent dans tous les cas inutiles. Les Hommes se gouvernent eux-mêmes dans un cas comme dans l'autre et ne suivent nulle autorité. Cependant, dans le premier cas, les Hommes sont caractérisés par une grande morale guidant leurs actes. En revanche, dans le second cas, les Hommes commettent des agissement cruels, barbares (torture, mise en esclavage, pillage, meurtre, etc.) En revanche, on voit que les pirates ont créé un ensemble de normes formelles appelé "code des pirates" et qu'ils ressentent donc le besoin de suivre des règles précises et structurées.
Qu'en est-il dans les textes ?
Ressources et richesses
Si il est toujours question d'épanouissement par l'abondance de ressources, la nature des ressources diverge entre Antiquité et Piraterie. En effet, à l'Antiquité sont convoités des aliments bruts de la nature tels que des fruits ("fraise", "mûre", "gland") ou des liquides sucrés ("lait", "miel", "nectar"). Ainsi, on valorise une alimentation légère, saine, qui s'arroge de la faim ou de la transformation des aliments. On s'alimente au plus proche de la nature. A l'ère de la piraterie, les ressources convoitées sont plus généralement de l'or, du tabac, ou des aliments transformés, raffinés et qui ne se mangent pas tels quels, comme les épices. Ainsi, on pense à la valeur des biens et on coupe le lien avec la nature. De plus, les ressources s'obtiennent sans travail et s'offrent à l'Homme à l'âge d'or antique tandis qu'elles sont issues de la violence, de pillage et de cruauté à l'âge d'or de la piraterie.
Qu'en est-il dans les textes ?
Un monde en conflit ?
Le véritable point fondamental de discorde entre l'âge d'or antique et l'âge d'or de la piraterie repose sur le rapport aux conflits. En effet, si Ovide le caractérise comme le moment de l'absence de conflits, les Pirates le caractérisent comme le point d'apogée des conflits. C'est ici que survient la dichotomie : l'âge d'or est-il un âge paisible, d'harmonie, de douceur, de relations stables entre Hommes et avec la nature ? Ou bien est-il un âge d'anarchie, de violence, de déchaînement, d'autonomie, en conflit entre Hommes et avec la nature (par la symbolique des tempêtes et des îles désertes) ?
Conclusion
Si l'âge d'or antique et l'âge d'or de la piraterie partagent évidemment des points communs (absence de loi, abondance, autonomie, etc), ils connaissent également des points de discorde fondamentaux (rapport à la nature, au conflit, etc). L'âge d'or semble avoir évolué d'une représentation d'Ovide à une expression désignant l'apogée d'une période, d'un concept, d'un phénomène qui mène abondance à ceux qui le plébiscitent. Si pour certains abondance désigne moissons et floraisons, pour d'autre elle désigne butins et or.
Texte en latin
Aurea prima sata est aetas, quae uindice nullo, sponte sua, sine lege fidem rectumque colebat.poena metusque aberant, nec uerba minantia fixoaere legebantur, nec supplex turba timebatiudicis ora sui, sed erant sine uindice tuti.nondum caesa suis, peregrinum ut uiseret orbem,montibus in liquidas pinus descenderat undas,nullaque mortales praeter sua litora norant;nondum praecipites cingebant oppida fossae;non tuba derecti, non aeris cornua flexi,non galeae, non ensis erat: sine militis usumollia securae peragebant otia gentes.
ipsa quoque inmunis rastroque intacta nec ullissaucia uomeribus per se dabat omnia tellus,contentique cibis nullo cogente creatisarbuteos fetus montanaque fraga legebantcornaque et in duris haerentia mora rubetiset quae deciderant patula Iouis arbore glandes.uer erat aeternum, placidique tepentibus aurismulcebant zephyri natos sine semine flores;mox etiam fruges tellus inarata ferebat,nec renouatus ager grauidis canebat aristis;flumina iam lactis, iam flumina nectaris ibant,flauaque de uiridi stillabant ilice mella.
"Alors les hommes gardaient volontairement la justice et suivaient la vertu sans effort. Ils ne connaissaient ni la crainte, ni les supplices; des lois menaçantes n'étaient point gravées sur des tables d'airain; on ne voyait pas des coupables tremblants redouter les regards de leurs juges, et la sûreté commune être l'ouvrage des magistrats."
Ovide
"On en revint alors à une piraterie traditionnelle, portée sur le pillage et le trafic d’esclaves." "Malgré ses actes de torture, il fut toujours couvert par le gouverneur de l'île et à la fin de sa vie, fut anobli et nommé gouverneur de la Jamaïque." Un des corsaires les plus connus de cette époque fut le Britannique Bartholomew Roberts, à l’origine d’un fameux « code des pirates » qui fixait la discipline, les règles de partage des butins, ainsi qu'une police d’assurance pour chacun.
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"Les cités n'étaient défendues ni par des fossés profonds ni par des remparts. On ignorait et la trompette guerrière et l'airain courbé du clairon. On ne portait ni casque, ni épée; et ce n'étaient pas les soldats et les armes qui assuraient le repos des nations."
Ovide
"piraterie traditionnelle, portée sur le pillage et le trafic d’esclaves" "Un flibustier de grande cruauté fut le Gallois Henry Morgan, qui s’installa en Jamaïque et pilla les colonies espagnoles alentour. Malgré ses actes de torture, il fut toujours couvert par le gouverneur de l'île et à la fin de sa vie, fut anobli et nommé gouverneur de la Jamaïque."
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"La terre, sans être sollicitée par le fer, ouvrait son sein, et, fertile sans culture, produisait tout d'elle-même. L'homme, satisfait des aliments que la nature lui offrait sans effort, cueillait les fruits de l'arbousier et du cornouiller, la fraise des montagnes, la mûre sauvage qui croît sur la ronce épineuse, et le gland qui tombait de l'arbre de Jupiter. C'était alors le règne d'un printemps éternel. Les doux zéphyrs, de leurs tièdes haleines, animaient les fleurs écloses sans semence. La terre, sans le secours de la charrue, produisait d'elle-même d'abondantes moissons. Dans les campagnes s'épanchaient des fontaines de lait, des fleuves de nectar; et de l'écorce des chênes le miel distillait en bienfaisante rosée."
Ovide
"À partir du XVIe siècle, le commerce maritime et son corollaire, la piraterie, se reportent vers l’Atlantique et l’océan Indien où transitent les galions chargés de riches cargaisons à destination de l’Europe : métaux précieux, tabac, épices, bois exotiques..."
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