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La Modernité III : "Le Paris de la Modernité" et le modernisme

Ines Juster

Created on January 31, 2024

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Transcript

"Le paris de la modernité" et le modernisme

La modernité est une esthétique : elle caractérise un certain rapport à la représentation

De quelle esthétique la modernité est-elle le nom ? Cette esthétique peut-elle être considérée comme un ensemble ? Quelles sont les rapports entre la modernité socio-historique et la modernité esthétique ? Quelle est la différence entre modernité et modernisme ?

"Le paris de la modernité"

11 Salles :

  1. Montmartre et Montparnasse : viviers de la modernité
  2. Les salons Parisiens : au coeur de l'échiquier artistique
  3. Le "Boum" des salons du cycle , de l'automobile à l'aviation
  4. "Poiret le Magnifique"
  5. Le Théâtre des Champs-Élysées est ouvert !
  6. La France en guerre
  7. Loin du front, la vie reprend
  8. Montparnasse : carrefour du monde
  9. Paris : "Plus vite, plus haut, plus fort"
  10. Les Suédois et la Revue Nègre : au théâtre des Champs-Élysées
  11. L'exposition internationale des "Arts Déco" de 1925

"Le paris de la modernité"

Dans la lignée de « Paris romantique » et « Paris 1900, la ville spectale », le Petit Palais consacre le dernier volet de sa trilogie au « Paris de la modernité », de 1905 à 1925. La « ville-monde » est alors au coeur de l'innovation et le foyer d'un rayonnement culturel sans pareil. [...] Pour la première fois, la contemporanéité des innovations se donne à voir dans tous les champs artistique. [...] Les avant-gardes se téléscopent, les ruptures sont foudroyantes, les mutations sociales s'accélèrent, les scandales font rage. À Paris, tout va alors "plus vite, plus haut, plus fort".

N°1 : La modernité est une période historique

Selon les français, v1

Selon les français, v2

Selon tous les autres

Selon les arts

1453

1920

1789

1492

1989

le paris de la "belle époque"

les salons parisiens

Édouard Manet, Le Dêjeuner sur l'herbe, 1863. Huile sur toile, 208 x 264 cm, Musée d'Orsay

Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872. Huile sur toile, 48 x 63 cm, Musée Marmottan Monet

Le paris du modernisme ?

  • Cette exposition ne porterait peut-être pas tant sur le modernité que sur le modernisme.
  • Le modernisme y étant alors compris comme la conviction, l'obsession du "nouveau" ; du moderne en tant qu'il est assimilé au nouveau.
  • Pourquoi les Fauves ?
    • Importance du scandale comme symptôme du neuf
    • Là où Manet, ou encore les impressionistes, incarnent une transformation du rôle de l'art dans la société, le fauvisme incarne une accélération de cette tendance ; un passage de la rupture au style de la rupture.
  • Cette exposition, donc, s'intéresse à la "modernité", qui est en fait le "modernisme", dans la mesure où cela désigne une succession de styles, une successions d'options esthétiques.
  • L'exposition a un point de vue général qui est celui d'une doctrine de "l'art pour l'art" ; donc, elle tend à favoriser des oeuvres et des manières de les discuter qui renforcent cette doctrine.
  • La doctrine de "l'art pour l'art" est, par ailleurs, un produit du modernisme.

modernisme et modernité

  • Le modernisme est une facette de la modernité : si la modernité est un ensemble de phénomènes, de pratiques, d’idées, d’objets et de discours, eh bien le modernisme appartient à ce regroupement.
  • Le modernisme est à la fois un phénomène historique, un discours, un ensemble de pratiques et un corpus d'objets issus de ces pratiques.
  • En somme, c'est un concept, qui participe du concept plus large de modernité.
  1. Le modernisme est une doctrine, c’est-à-dire un ensemble de croyances et de valeurs qui s’accompagne ou a pour conséquence la formulation de mode de pensées et de règles de conduites.
  2. La valeur centrale de cette doctrine, c’est le moderne, en tant que le moderne s’apparente au nouveau : « Il faut être absolument moderne » (Rimbaud).
  3. Cette doctrine trouve son expression privilégiée dans les arts.
  4. Cette doctrine a si profondément imprégné la conception que nos sociétés se font de l’art que le "nouveau", le "novateur" est devenu l’étalon à partir duquel nous l’envisageons.
  5. Le modernisme, donc, est à la fois le moteur et le produit d’une modification profonde de la place de l’art dans nos sociétés.
  6. Le modernisme est, aussi, le nom que l’on donne à l’ensemble des productions et pratique que cette doctrine a engendré. Autrement dit, le modernisme est le nom que l’on donne à l’enchaînement de pratiques se revendiquant comme "novatrices" au cours du long XXe siècle.

modernisme et modernité

  • « Tradition du nouveau » (Harold Rosenberg) ; « Tradition de la rupture » (Octavio Paz) ; « Révolution en permanence » (Ernst Gombrich).
  • Facteurs sociaux : sécularisation de l'art (indépendance prise par rapport à l'Église) ; autonomisation du rôle de l'artiste.
  • L'art (et donc l'artiste) ne sert plus le divin, la gloire, ou l'institution : l'art devient immanent ; c'est l'art au service de lui-même.
  • L'art change en quelque sorte de définition : ce qui importe dans la représentation, ce n'est plus ce qu'elle représente (son discours, ce à quoi elle renvoie) mais qu'elle se présente en tant qu'art.
  • Georges Bataille : « J’insiste sur ce point fondamental : ce grand monument didactique : château, église, temple ou palais qu’innombrablement le passé fit et défit, ce monument parlant et proclamant l’autorité, qui courbait la foule entière, le moment vint où il perdit le sens qui le fondait, il se disloque : son langage devint à la fin l’éloquence prétention dont la foule autrefois soumise se détourna. […] Et c’est expressément à Manet que nous devons d’attribuer d’abord la naissance de cette peinture sans autre signification que peindre qu’est "la peinture moderne" ».

Clement greenberg et le modernisme

  • Clement Greenberg (1909-1994)
    • Critique et théoricien de l'art américain
    • Associé à l'expressionnisme abstrait et à l'École de New York (Jackson Pollock, Willem de Kooning, Lee Krasner, Mark Rothko)
  • « Avant-garde et Kitsch », essai publié en 1939, analyse l'émergence des avant-gardes artistiques, ainsi que la notion de kitsch, en s'inspirant des analyses marxistes de la culture et de l'histoire sociale de l'art (Arnold Hauser).
  • L'essai postule une distinction entre high art (l'art d'avant-garde, qui interroge ses propres conditions de possibilité) et le low art (populaire, qui n'est qu'un objet de consommation).
  • Le low art, pour Greenberg, est un outil d'aliénation des classes populaires ; le high art s'inscrit dans un processus dialectique (Hegel) de perfectionnement de l'expression picturale.

Clement greenberg et le modernisme

  • Pour Greeberg, le propre de la peinture, c'est qu'elle se fait sur une surface plate et artificielle.
  • Ainsi, son but serait donc d'affirmer la planéité du plan pictural : autrement dit, le modernisme serait une recherche de la pureté du médium pictural.
  • « Vers un Laocoon plus neuf » (1940) : propose une justification de l'excellence de l'art abstrait.
  1. De tout temps, il y a parmi les différents arts un art dominant.
  2. Depuis le XVIIe siècle, la littérature et la narration dominent. La peinture et la sculpture cèdent alors « à la tentation d'imiter les effets […] des autres arts » ; elle tentèrent « de reproduire les effets de la littérature ». Autrement dit, « tout l’accent est déporté du médium vers le sujet représenté ».
  3. Le romantisme, puis les premières avant-gardes (Courbet, Manet, l'impressionisme) vont affaiblir ce monopole, pour commencer à considérer que « les problèmes de la peinture [sont] avant tout des problèmes de médium ».
  4. Les avant-gardes du XXe siècle constituent une synthèse de cette trajectoire historique ; grâce à l'abstraction, les arts ne sont plus confus : « Se guidant, consciemment ou inconsciemment, sur la notion de pureté […] les arts se tiennent en sécurité à présent, chacun dans ses "frontières" légitimes […]. La pureté en art consiste en l’acceptation volontaires des limites du médium de l’art en question ».

« Les qualités purement plastiques ou abstraites de l’oeuvre d’art sont les seules qui comptent. Souligner le médium et ses difficultés, et d’un coup, le plastique pur, le propre et les valeurs de l’art visuel paraîtront devant vous. Maîtriser le médium jusqu’à abolir tout sens de sa résistance, et voila que des usages adventices de l’art prendront de l’importance. L’histoire de la peinture d’avant-garde est celle d’une soumission progressive à la résistance de son médium ; résistance qui est avant tout celle de la surface plane du tableau aux efforts visant à en faire un "trou au travers duquel" paraît l’espace perspectiviste réaliste ».

Clement greenberg et le modernisme

  • Il existe néanmoins un écart entre ce discours exemplaire du modernisme et les pratiques qui constituent, ensemble, le modernisme.
  • Le discours moderniste est généraliste : il attribue aux pratiques et aux mouvements qui le constituent (fauvisme, cubisme, dadaïsme et surréalisme, art conceptuel, performance, etc.) une unité qui n'est pas réelle.
  • "Modernisme" désigne en réalité un ensemble de pratiques hétérogènes : le terme a donc pour conséquence de masquer les conflits et les différences.

Jackson Pollock, Blue Poles, 1952. Peinture émail et aluminium sur toile, 212 x 489 cm, Galerie Nationale d'Australie

  • Néanmoins, lorsque Greenberg appréhende l'histoire comme une évolution, il vise juste : non pas parce qu'elle est telle, mais parce que c'est dans l'ensemble ainsi que les artistes modernistes pensaient leur situation historique.
  • La plupart des pratiques artistiques modernistes présentent une volonté de dépassement, de renouveau : elles recherchent le progrès.
  • Autre point commun des différentes pratiques artistiques modernistes : nostalgie de l'enfance, de l'immédiateté, d'une création intouchée par la culture classique. Ainsi, la valorisation du regard (peindre ce qui est vu plutôt que ce qui est conçu), du hasard (Dada) de l'inconscient et du rêve (surréalisme), de la forme ou de la couleur pure (Mondrian, Rothko).