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Arthur Rimbaud
Camille Déruelle
Created on January 28, 2024
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Transcript
ARTHUR Rimbaud
1854-1891
« On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans. »
plus qu'un poète : un mythe
« L'homme aux semelles de vent »
« Le passant considérable »
« Le génie impatient »
« Le voyant »
« L'ange de Charleville-Mézières »
« Le voyou »
« Le nourisson des Muses »
enfance
Rimbaud naît le 20 octobre 1854 à Charleville (aujourd'hui Charleville-Mézières).
Famille
Il est le fils de Vitalie Cuif, une paysanne et d'un capitaine d'infanterie Frédéric Rimbaud. Le père ne revient que rarement lors de permissions avant de disparaître complètement lorsqu'Arthur est âgé de 6 ans. Il a un frère aîné et deux soeurs.
scolarité
Arthur Rimbaud débute sa scolarité dans un établissement privé réputé de Charleville, c'est un écolier studieux et très doué qui collectionne les prix d'excellence entre 1869 et 1870.Grand lecteur, il découvre de nombreux auteurs pour lesquels il se passionne, notamment Hugo et Baudelaire, grâce à son professeur et ami Georges Izambard. En 1869, âgé de 15 ans, il compose son premier poème « Les Etrennes des orphelins » qui sera publié dans La Revue pour tous.
Le proviseur du collège de Charleville aurait affirmé à la mère d'Arthur Rimbaud : « Rien de banal ne germe dans la tête de votre fils, ce sera le génie du bien ou du mal. »
les premières fugues
1ére fugue : août - septembre 1870 Rimbaud prend un train pour Paris mais voyage sans billet et est arrêté à la gare du Nord et retenu dans la prison de Mazas. Il est libéré le 5 septembre grâce à Izambard et passe trois semaines à Douai chez les tantes de ce dernier avant de rentrer à Charleville.
Bruxelles
Charleroi
Douai
Charleville
2e fugue : fin septembre - octobre 1870 Rimbaud part à pied en Belgique, à Charleroi puis à Bruxelles. Le 11 octobre, il revient à Douai pour trois semaines puis rentre à Charleville.
Paris
René Char (1907-1988) voit dans Rimbaud un précurseur et un modèle d'émancipation. Pour conquérir sa liberté, Rimbaud a su tout quitter transformant la poésie en mode de vie.Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ! Tes dix-huit ans réfractaires à l’amitié, à la malveillance, à la sottise des poètes de Paris ainsi qu’au ronronnement d’abeille stérile de ta famille ardennaise un peu folle, tu as bien fait de les éparpiller aux vents du large, de les jeter sous le couteau de leur précoce guillotine. Tu as eu raison d’abandonner le boulevard des paresseux, les estaminets des pisse-lyres, pour l’enfer des bêtes, pour le commerce des rusés et le bonjour des simples. Cet élan absurde du corps et de l’âme, ce boulet de canon qui atteint sa cible en la faisant éclater, oui, c’est bien là la vie d’un homme! [...] Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud! Nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi. Fureur et mystère, Editions Gallimard, 1948
DES FUGUES CRéatrices
Pendant ces deux fugues, Rimbaud compose les poèmes que l'on retrouve aujourd'hui dans le recueil des Cahiers de Douai. Il cherche probablement à être publié et demande l'aide de Paul Demeny, ami de Georges Izambard à Douai. Il dépose chez lui, en son absence, 22 poèmes recopiés sur des liasses de papier avant son retour à Charleville.D’abord, le 26 septembre, 15 poèmes recopiés ou écrits à Douai. Après son retour forcé à Charleville, Rimbaud revient à Douai le mois suivant et écrit 7 nouveaux sonnets.Demeny ne fait rien de ces poèmes et les vendra vers 1890 à un biographe. Le 10 juin 1871, Rimbaud lui écrit : « Brûlez, je le veux, et je crois que vous respecterez ma volonté comme celle d'un mort, brûlez tous les vers que je fus assez sot pour vous donner lors de mon séjour à Douai. » Le recueil ne sera pas publié avant 1888 puis 1893 sans que Rimbaud en ait connaissance.
Le 24 mai 1870, il adresse plusieurs lettres accompagnées des poèmes « Sensation », « Ophélie » et « Credo in unam » (qui deviendra « Soleil et chair ») à Théodore de Banville, poète parnassien, dans l'espoir d'être publié dans sa revue, c'est un échec. Cher Maître, Nous sommes aux mois d'amour ; j'ai dix-sept ans. L'âge des espérances et des chimères, comme on dit, - et voici que je me suis mis, enfant touché par le doigt de la Muse, - pardon si c'est banal, - à dire mes bonnes croyances, mes espérances, mes sensations, toutes ces choses des poètes - moi j'appelle cela du printemps. [...] j'aime tous les poètes, tous les bons Parnassiens, - puisque le poète est un Parnassien, - épris de la beauté idéale [...] Dans deux ans, dans un an peut-être, n'est-ce pas, je serai à Paris.[...] — Je ne suis pas connu ; qu’importe ? les poètes sont frères. Ces vers croient ; ils aiment ; ils espèrent : c’est tout. — Cher maître, à moi : Levez-moi un peu : je suis jeune : tendez-moi la main... Il enverra en mai 1871, deux lettres essentielles à sa vision de la poésie, l'une à Izambard, l'autre à Demeny dites « lettres du voyant ». « Je veux être poète, et je travaille à me faire voyant »
Rimbaud - Verlaine l'idylle
A 16 ans, le projet de Rimbaud d'être accepté dans le cercle des poètes parisiens parnassiens va se réaliser grâce à Paul Verlaine qui va l'y inviter juste après la Commune en septembre 1871, séduit par ses vers : « Venez chère grande âme, on vous appelle et on vous attend. »D'abord accueilli en prodige pour son poème « Le Bateau ivre », il tombe rapidement en disgrâce par son comportement provocateur et scandaleux. Rimbaud et Verlaine vont rapidement nouer une relation amoureuse orageuse et scandaleuse puisque Verlaine est marié et père de famille. Les deux hommes vivent une vie d'errance entre Belgique, Angleterre et France. Le 10 juillet 1873, suite à leur séparation, Verlaine blesse Rimbaud à la main d'un coup de revolver et sera emprisonné deux ans. Il continuera malgré tout à promouvoir la carrière littéraire de Rimbaud. De retour à Charleville, Rimbaud transpose poétiquement leur histoire dans son oeuvre Une saison en enfer (1873). Seule oeuvre qu'il publie à compte d'auteur.
Vers 1874, Rimbaud compose à Londres Illuminations, de brefs poèmes en prose qui annonce le symbolisme et qu'il confie à Verlaine l'année suivante. L'oeuvre sera publiée en 1886 sans qu'il le sache.
« J'aimai le désert, les vergers brûlés, les boutiques fanées, les boissons tiédies. Je me traînais dans les ruelles puantes et, les yeux fermés, je m'offrais au soleil, dieu de feu. »