(1913 - 1985)
Charlotte Delbo
Déportation
Camps
Identité
Vie retrouvée
Déportation
- La police traque patiemment les réseaux de résistance communistes, et parvient à ses fins : Georges Dudach et Charlotte Delbo sont arrêtés le 2 mars 1942, par les brigades spéciales de la Police française. Charlotte Delbo est emprisonnée à la Santé le 23 mai ; tandis que son mari est fusillé le jour même au Mont-Valérien.
- Elle quitte la France pour Auschwitz-Birkenau le 24 janvier 1943, dans un wagon à bestiaux insalubre, où sont entassés deux cent vingt-neuf autres femmes issues de toutes les couches sociales et de toutes les professions. Toutes sont contraintes de coucher à même le sol pendant trois jours, et de négliger leur hygiène dans cet espace étouffant dépourvu de sanitaires. Elles ne reçoivent qu’un pain et un morceau de saucisson pour seule nourriture.
Camps
...
Vie retrouvée
...
- Né en 1913 à Vigneux-sur-Seine, Charlotte Delbo est l’aînée d'une fratrie de quatre enfants d’immigrés italiens.
- Après avoir suivi une formation de sténodactylo, elle monte sur Paris pour travailler en tant que secrétaire dès ses 17 ans.
- Elle adhère au mouvement des Jeunesses communistes en 1932, et fait alors la connaissance de George Dudach : un communiste très actif avec lequel elle se marie en 1936.
- Elle devient par la suite secrétaire auprès de Louis Jouvet, directeur du théâtre de l'Athénée. Durant l’été 1941, Charlotte Delbo accompagne en tournée la troupe de l’Athénée en Amérique du Sud.
- Toutefois, elle écourte son voyage pour s’engager aux côtés de son mari dans le réseau de Résistance intérieure Politzer, en dépit des avertissements de celui-ci et de Louis Jouvet. A partir de novembre 1941, elle prend en sténo les écoutes de Radio Londres et Radio Moscou, et tape à la machine des tracts et des journaux clandestins. Elle travaille également à la parution du premier numéro des Lettres françaises : une publication littéraire s’inscrivant au sein du mouvement de résistance.
Une fois assignée au block 14, Charlotte Delbo se familiarise contre son g
- Une fois assignée au block 14, Charlotte Delbo se familiarise contre son gré avec la routine épouvantable du camp.
- Les SS effectuent systématiquement l’appel entre 4 et 8h du matin, obligeant ainsi les 10 000 détenues à patienter longuement sous -18°c, rangées en colonnes.
- Cette immobilité forcée précède un travail éreintant dans un kommando dédié à l’entretien de marais, lorsque les femmes ne sont pas conduites aux chambres à gaz.
- Le travail s’achève aux alentours de 18h30, pour que le second appel puisse de dérouler jusqu’à 21h. La nourriture se réduit à peu : un pain et une boisson insipides.
- Pour finir, les femmes rejoignent leur baraquement, et s’étendent à plusieurs sur une même couchette rongée par la vermine.
- Leurs corps sont endoloris par les coups matraqués par les SS, et les kapos, pourtant elles aussi prisonnières. A l’épuisement se joignent les maladies, revêtant les formes les plus diverses pour précipiter les détenues dans les bras de la faucheuse : la dysenterie, le typhus, la gangrène, la néphrite aigüe, un phlegmon...
- Un matin de janvier 1943, les wagons s’ouvrent au bord d’une plaine glacée. Les occupantes, saisies par le froid, sont jetées sur les quais par les autorités allemandes.
- Les vociférations des SS, les cliquetis des armes, et les aboiements des chiens les désorientent dans ce lieu qui leur est inconnu.
- Contrairement aux Juifs, les prisonniers politiques échappent au tri, et ne sont pas immédiatement gazés.
- L’humiliation n’en est pas moins vive lorsque Charlotte Delbo est sommée de se déshabiller, pour abandonner ses vêtements dans une valise étiquetée à son nom. L’ironie étant que cette valise ne lui sera jamais restituée. Elle est dès lors réduite au numéro qu’on lui tatoue sur le poignet : N°31 661.
- Le désespoir redouble à l’annonce de la tonte, suivie de la désinfection. Des prisonnières de longue date badigeonnent les nouvelles de pétrole, à l’aide d’un chiffon. Nue et tondue, Charlotte Delbo achève sa désinfection en s’asseyant parmi une majorité d’inconnues dans l’étuve.
Elle n’a jamais alimenté aucune rancœur vis-à-vis des SS : rien ne devait entacher sa gaieté naturelle. Alors que nombre de survivants ont multiplié les dépressions, Charlotte Delbo se démarquait par sa curiosité, ses inclinations pour les autres, et le soin qu’elle apportait aux moindres gestes de l’existence. Les camps ne lui ont pas volé son entrain de toujours. Elle s’est cramponnée coûte que coûte à l'optimisme, et en a retiré une assurance solide qui ne la quittera plus. Nous pouvons néanmoins supposer que cet aplomb était une parade contre le souvenir harcelant de la cruauté humaine. Charlotte Delbo avouait elle-même que chaque déporté survivant a construit sa propre stratégie, plus ou moins consciente, pour vivre avec le passé tragique qui le retenait en pensée dans les camps. Personne n’en est véritablement revenu, Charlotte Delbo y compris. Cependant, elle a eu cette grandeur d’âme de présenter au monde un visage lumineux. Il nous est également possible d’appréhender ses œuvres littéraires comme un exutoire, l’ayant délestée du poids de l’indicible.
Une fois assignée au block 14, Charlotte Delbo se familiarise contre son g
- Le 7 janvier 1944, Charlotte Delbo part pour Ravensbrück. Elle est affectée à Furstenberg, dans l'un des kommandos du camp principal.
- A son grand désarroi, Charlotte Delbo y constate un fonctionnement similaire à celui de Birkenau.
- Pour autant, les pièces de théâtre qu'elle monte clandestinement avec ses compagnes de camps lui permettent de reconquérir une once de sa liberté d’antan. Qu’il s’agisse du Malade Imaginaire de Molière, qu’elle déclame de tête, ou encore du Misanthrope.
Une fois assignée au block 14, Charlotte Delbo se familiarise contre son g
- Les femmes font preuve de solidarité pour alléger ce quotidien macabre. En témoignent les surnoms affectueux employés par Charlotte Delbo pour désigner certaines : Muguette, Josée, ou encore Cécile. Elles se font les dépositaires des souvenirs des unes et des autres, et préservent ainsi leur humanité, que les SS s’efforcent tant de supprimer.
- Il est toutefois important de souligner que, pour la plupart, cette solidarité n’est que morale : tous les coups sont permis pour s’approvisionner en denrées matérielles. Les vols de chaussures sont par exemple monnaie courante.
- Charlotte Delbo est libérée en avril 1945, après vingt-sept mois de déportation : les troupes soviétiques se sont introduites dans le camp de Ravensbrück.
- Alitée dans une maison de repos en Suisse, elle se plonge dans l’écriture d’Aucun de nous ne reviendra (1965). Vingt-cinq ans plus tard, ce cahier représentera le premier volume de la trilogie Auschwitz et après, bouleversante de justesse et d’humanité à l’égard des victimes injuriées. La trilogie étant par ailleurs composé d’Une connaissance inutile (1970), et de La mesure de nos jours (1971). Le convoi du 24 janvier est lui paru en 1965. Au-delà d’une simple analyse du système concentrationnaire nazi, Charlotte Delbo donne à voir et à sentir sa violence déshumanisante.
- Charlotte Delbo travaille à l’ONU à Genève à partir de 1947, avant de regagner Paris en 1960. Elle y assiste le philosophe Henri Lefebvre au CNRS.
- En parallèle, Charlotte Delbo prend position contre la guerre menée par la France en Algérie, et réagit publiquement aux propos négationnistes de Robert Faurisson.
- Sa carrière prend fin en 1978, et elle meurt en 1985, à l’âge de soixante-douze ans.
Histoire - Témoignage Charlotte Delbo - Juliette CORRE T01
Juliette CORRE
Created on January 5, 2024
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(1913 - 1985)
Charlotte Delbo
Déportation
Camps
Identité
Vie retrouvée
Déportation
Camps
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Vie retrouvée
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Une fois assignée au block 14, Charlotte Delbo se familiarise contre son g
Elle n’a jamais alimenté aucune rancœur vis-à-vis des SS : rien ne devait entacher sa gaieté naturelle. Alors que nombre de survivants ont multiplié les dépressions, Charlotte Delbo se démarquait par sa curiosité, ses inclinations pour les autres, et le soin qu’elle apportait aux moindres gestes de l’existence. Les camps ne lui ont pas volé son entrain de toujours. Elle s’est cramponnée coûte que coûte à l'optimisme, et en a retiré une assurance solide qui ne la quittera plus. Nous pouvons néanmoins supposer que cet aplomb était une parade contre le souvenir harcelant de la cruauté humaine. Charlotte Delbo avouait elle-même que chaque déporté survivant a construit sa propre stratégie, plus ou moins consciente, pour vivre avec le passé tragique qui le retenait en pensée dans les camps. Personne n’en est véritablement revenu, Charlotte Delbo y compris. Cependant, elle a eu cette grandeur d’âme de présenter au monde un visage lumineux. Il nous est également possible d’appréhender ses œuvres littéraires comme un exutoire, l’ayant délestée du poids de l’indicible.
Une fois assignée au block 14, Charlotte Delbo se familiarise contre son g
Une fois assignée au block 14, Charlotte Delbo se familiarise contre son g