Une nouvelle donne géopolitique : bipolarisation et émergence du tiers-monde
Bipolarisation et émergence du tiers monde
Introduction
La Chine de Mao, nouveau leader du tiers-monde ?
« D'accord Monsieur le Président, discutons »
Affiche de propagande maoïste, 1964
Leslie G. Illingworth, Daily Mail, 29 octobre 1962
Une nouvelle donne géopolitique : bipolarisation et émergence du tiers-monde
> Comment la décolonisation interfère-t-elle avec la bipolarisation issue de la guerre froide et conduit-elle à une nouvelle donne géopolitique ?
SOMMAIRE
Evaluation
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)A) Un monde bipolaireB) « Paix impossible, guerre improbable » : un affrontement planétaire (1953-1962) C) La détente : vers l’apaisement des tensions ? (1962-1975) II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)A) De la décolonisation au « tiers monde » (A. Sauvy)B) De nouveaux acteurs internationaux C) 1968, année de contestation mondiale
Corrigé
PPO2
PPO1
PPO3
Conclusion Vidéo de révisions
Bipolarisation et émergence du tiers monde
I.
Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
> Comment la bipolarisation s’impose-t-elle au monde entier ?
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
A. Un monde bipolaire
1. Deux modèles idéologiques opposés
American progress, John Gast, v. 1872
Le destinée manifeste (1845) est une idéologie née dans le cadre de la conquête de l'Ouest selon laquelle la nation américaine aurait pour mission divine l'expansion de la « civilisation » vers l'Ouest, et par extension dans le monde entier.
Les fondements idéologiques
La danse caucasienne, 1951
Affiche du mouvement anticommuniste Paix et Liberté
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
A. Un monde bipolaire
2. La structuration des deux blocs
Le bloc de l'Est
Le bloc de l'Ouest
Le CAEM (ou COMECON), 1949
Affiche de propagande allemande, 1950
Logo du Pacte de Varsovie, 1955
Le monde au début des années 1960
Logo de l'OTAN, 1949
La révolution hongroise de 1956
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
A. Un monde bipolaire
3. Course aux armements et compétition
La rivalité militaire
Le Maccarthysme
Le « Maccarthysme », 1950-1954
Obscur sénateur républicain du Wisconsin, il profite d'un contexte de « peur rouge » dans l'Amérique triomphante d'après-guerre pour lancer une campagne hystérique de chasse aux communistes supposément infiltrés au DoA, dans les médias, à Hollywood...
Course aux armements et prolifération nucléaire
Propagande soviétique
Propagande américaine
Brochure éditée par l'Eglise du Minnesota, 1947 Captain America # 78, mai 1954
« Ne fais pas de bêtises ! » Affiche de Viktor Govorko, 1948
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
A. Un monde bipolaire
3. Course aux armements et compétition
La rivalité sportive
La rivalité scientifique
L'offensive sportive soviétique
Discours prononcé par Richard B. Walsh, du département d'État, devant une organisation sportive américaine (Amateur Athletic Union), Daytona (Floride), 9 janvier 1952.
Des rapports de nos ambassades dans les derniers mois donnent des preuves manifestes de l'offensive culturelle gigantesque entreprise par le Kremlin. Elle est destinée à prouver l'idée d'une suprématie soviétique dans les arts comme dans le domaine sportif. Le rôle du sport dans cette nouvelle offensive soviétique devient particulièrement significatif. [...] Mais il apparaît désormais qu'ils se préparent à étaler leur soi-disant suprématie sportive au-delà des frontières de leur bloc. Nous pensons, par exemple, qu'ils s'apprêtent à investir avec force, pour la première fois, les Jeux olympiques de 1952. [...] Qu'une chose soit claire. Nous ne nions pas les prouesses des athlètes soviétiques. Nous ne revendiquons pas une suprématie sportive américaine. Nous n'avons pas besoin de le faire. Mais nous n'avons pas à avaler les mensonges disant que les athlètes soviétiques sont meilleurs parce qu'ils sont les produits du régime soviétique. [...] Nos athlètes sont nos meilleurs ambassadeurs. Nous ne leur demandons pas de l'emporter, mais seulement de se battre, et que le meilleur gagne. Voilà ce que l'on peut attendre de meilleur de l'esprit sportif américain, car l'esprit sportif est la démocratie à l'oeuvre.
Le premier homme sur la lune
Le premier homme dans l'espace
Le 21 juillet 1969 l'équipage d'Apollo 11 se pose pour la première fois sur la lune.
Timbre de l'URSS de 1961 commémorant le vol de Youri Gagarine, à bord du Vostok I.
La course à l'espace
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. « Paix impossible, guerre improbable » (R. Aron) : un affrontement planétaire (1953-1962)
1. La seconde crise de Berlin (1961)
« Ich bin ein Berliner »
Extraits du discours de John F. Kennedy à Berlin-Ouest, 26 juin 1963.
Il y a beaucoup de gens dans le monde qui ne comprennent pas ou qui prétendent ne pas comprendre quelle est la grande différence entre le monde libre et le monde communiste. Qu’ils viennent à Berlin. Il y en a d’autres qui affirment que l’avenir est au communisme. Qu’ils viennent à Berlin. Certains enfin, en Europe et ailleurs, déclarent qu’on peut travailler avec les communistes. Qu’ils viennent à Berlin. Il y en a même qui disent que le communisme est un mauvais système mais qu’il nous permet de faire des progrès économiques. Qu’ils viennent à Berlin. […] Notre liberté éprouve certes beaucoup de difficultés et notre démocratie n’est pas parfaite. Cependant nous n’avons jamais eu besoin, nous, d’ériger un mur pour empêcher notre peuple de s’enfuir […]. Même si le mur fournit la démonstration éclatante des échecs du système communiste, nous n’en tirons aucune satisfaction, car il constitue un crime non seulement contre l’histoire mais un crime contre l’humanité en séparant les familles et en divisant un peuple qui souhaite être unifié […]. La population de Berlin-Ouest peut être certaine qu’elle a tenu bon pour la bonne cause sur le front de la liberté pendant une vingtaine d’années. Tous les hommes libres, où qu’ils vivent, sont citoyens de cette ville de Berlin. C’est pourquoi en tant qu’homme libre, je suis fier de dire: « Ich bin ein Berliner ».
Construction du mur sur Lindenstrasse, 13 août 1961,
photographie anonyme
L'émigration est-allemande vers la RFA
Dans la nuit du 12 au 13 août, la RDA fait construire un mur séparant les deux Berlin. Progressivement renforcé, il entoure Berlin-Ouest et mesure 150 kilomètres de long.
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. « Paix impossible, guerre improbable » (R. Aron) : un affrontement planétaire (1953-1962)
2. En Asie, un nouvel équilibre régional
La guerre de Corée
La DMZ en 2022
Longue de 248 km sur 4 de profondeur, la DMZ est une succession dininterrompue de bunkers, tours de contrôle, batteries de canon et clôtures électrifiées. Plus d'un million de mines et de solats complètent le dispositif.
La guerre de Corée, 1950-1953
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. « Paix impossible, guerre improbable » (R. Aron) : un affrontement planétaire (1953-1962)
2. En Asie, un nouvel équilibre régional
La crise des missiles de Cuba
Les guerres d'Indochine et du Vietnam
PPO2
PPO1
30 minutes
Travail à 3
En analysant et confrontant les documents vous montrerez
En analysant et confrontant les documents vous montrerez
Ramassé et noté
que les guerres d'Indochine et du Vietnam sont à la fois des guerres de décolonisation, des guerres périphériques de la guerre froide et des guerres civiles.
que la crise de Cuba est une crise emblématique de la guerre froide qui, après avoir menacé la paix mondiale, a finalement été résolue par la négociation .
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. « Paix impossible, guerre improbable » (R. Aron) : un affrontement planétaire (1953-1962)
2. En Asie, un nouvel équilibre régional
1946-1975 : les guerres d'Indochine et du Vietnam
PPO1
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. « Paix impossible, guerre improbable » (R. Aron) : un affrontement planétaire (1953-1962)
3. La crise de Cuba, point culminant des tensions
1962 : La crise des missiles de Cuba
PPO2
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
C. La détente : vers l’apaisement des tensions ? (1962-1975)
1. La détente en Europe
« L'équilibre de la terreur »
Docteur Folamour, S. Kubrick, 1964
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
C. La détente : vers l’apaisement des tensions ? (1962-1975)
2. Le maintien de tensions périphériques
Mouvements révolutionnaires et dictatures d'extrême-droite
La bipolarisation en question
Le « printemps de Prague », 1968
La Neue Ostpolitik
Le coup d'État de 1973 au Chili
Che Guevara, 1928-1967
Pour empêcher une libéralisation du régime en Tchécoslovaquie, les chars soviétiques entrent à Prague en août 1968 pour « normaliser » la situation.
Mise en œuvre par le chancelier Willy Brandt , cette politique consiste à normaliser les relations avec l'Union soviétique, l'Allemagne de l'Est (RDA) et les autres pays d'Europe de l'Est. C'est une rupture nette avec la politique étrangère précédente qui refusait tout compromis avec Moscou et toute reconnaissance de la RDA.
Révolutionnaire marxiste-léniniste et internationaliste, il a été l'un dirigeant de la révolution cubaine, qu'il a théorisée et tenté d'exporter, sans succès, vers le Congo puis la Bolivie où il trouve la mort.
Le 11 septembre 1973 les forces pustchistes emmenées par Augusto Pinochet donnent l'assaut contre le palais présidentiel de La Moneda en flammes, où se trouve encore Salvador Allende, président démocratiquement élu, qui choisit de se donner la mort.
Bipolarisation et émergence du tiers monde
II.
La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
> Comment la décolonisation et l’émergence de nouveaux acteurs remettent-elles en cause le monde bipolaire ?
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
A. De la décolonisation au « tiers monde » (A. Sauvy)
Le système colonial en 1945
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
A. De la décolonisation au « tiers monde » (A. Sauvy)
1. Une décolonisation aux raisons multiples
soldats britanniques capitulant face aux Japonais, Singapour, 1942
La marche du sel, 1930
Décolonisations et émergence du tiers-monde
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
A. De la décolonisation au « tiers monde » (A. Sauvy)
2. Indépendances négociées…
15 août 1947, indépendance de l'Inde
Décolonisations et émergence du tiers-monde
Manifestations à Léopoldville pour l’indépendance du Congo belge, juillet 1960
Au cours de l’année 1960, 14 colonies françaises accèdent à l’indépendance, ainsi que le Congo Belge et le Nigéria britannique. Enfin, la Somalie britannique fusionne avec la Somalie italienne pour former un État indépendant.
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
A. De la décolonisation au « tiers monde » (A. Sauvy)
3. …et guerres de décolonisation
L'évolution de l'ONU
Source : ONU
Décolonisations et émergence du tiers-monde
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. De nouveaux acteurs internationaux
1. L'émergence d'une « troisième voie » ?
1.1 L'acte fondateur de Bandung
La conférence de Bandung, 1955
Zhu Enlai, premier ministre de la République de Chine Populaire
Sukarno, président de l'Indonésie
Jawaharlal Nehru, premier ministre de l'Union Indienne
Discours de clôture de Nehru
Discours de clôture de Nehru à la conférence de Bandoeng, 25 avril 1955
Nous sommes résolus à n’être d’aucune façon dominés par aucun pays, par aucun continent. Nous ne sommes pas des « béni oui-oui », qui disent « oui » à tel ou tel pays. Nous sommes de grands pays du monde et nous voulons vivre sans recevoir d’ordres de personne. Nous attachons de l’importance à l’amitié des grandes puissances mais à l’avenir, nous ne coopérerons avec elles que sur un pied d’égalité. C’est pourquoi nous élevons notre voix contre le colonialisme dont beaucoup d’entre nous ont souffert depuis longtemps. Et c’est pourquoi nous devons veiller à ce qu’aucune autre forme de domination ne nous menace. Nous voulons être amis avec l’Ouest, avec l’Est et avec tout le monde. Le seul chemin qui nous va droit au cœur et à l’âme est celui de la tolérance, de l’amitié et de la coopération […]. Je pense qu’il n’y a rien de plus terrible que l’immense tragédie qu’a vécue l’Afrique depuis quelques siècles […]. Il appartient à l’Asie d’aider l’Afrique au mieux de ses possibilités car nous sommes des continents frères.
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. De nouveaux acteurs internationaux
1. L'émergence d'une « troisième voie » ?
1.2 Le non-alignement et son échec
Le développement
Limites du non-alignement
L'appel du Groupe des 77
Appel du Groupe des 77 à l’ONU, octobre 1967
Le sort de plus d’un milliard d’habitants du monde en voie de développement continue d’empirer du fait de l’évolution des relations économiques internationales. Le pouvoir d’achat des exportations des pays en développement n’a cessé de diminuer. La quasi-stagnation de la production de denrées alimentaires, alors que la population s’accroit rapidement, a aggravé l’état chronique de sous-alimentation et de malnutrition. La communauté internationale a l’obligation de corriger ces tendances défavorables et de créer les conditions dans lesquelles toutes les nations pourront jouir du bien-être économique et social.
Le mouvement des non-alignés et ses limites
Les pays de Bandung
L'organisation du tiers-monde
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. De nouveaux acteurs internationaux
2. Les ambitions de la République Populaire de Chine
Le maoïsme
La rupture avec l'URSS
La rupture sino-soviétique
Lettre du comité central du PCC au comité central du PCU, 7 mai 1964.
Ces derniers mois, lors de chaque réunion des partis démocratiques [communistes] mondiaux, vous avez prêché et défendu votre mauvaise interprétation et vous avez mené des actions contre la Chine. [...] Vous avez violé les théories fondamentales du marxisme-léninisme [...] en défendant votre idée d'une « coexistence pacifique ». Vous avez décidé de vous allier avec l'impérialisme des États-Unis, l'ennemi absolu du peuple dans le monde entier, pour vous opposer à la dictature du prolétariat et pour fragiliser l'unité du camp socialiste et du mouvement communiste international. [...] Dans votre lettre du 2 février, vous avez menacé de « prendre des mesures collectives » contre nous. [...] Cela veut dire que vous avez chargé le pistolet et que vous êtes prêts à appuyer sur la gâchette !
Timbre émis par la Chine pour célébrer le pacte sino-soviétique de février 1950
La Chine de Mao à la tête du tiers-monde, 1968
Les principales réforme de Mao Zedong
« Peuples du monde entier, unissez-vous pour vaincre les envahisseurs américains et tous leurs laquais ! Courage, osez vous battre, ne craignez pas les obstacles, déferlez [sur l’ennemi] et le monde entier appartiendra au peuple ! Tous les démons seront anéantis. » Mao Zedong.
La visite du président Nixon en 1972
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. De nouveaux acteurs internationaux
3. Des tension nouvelles : le Moyen Orient
Le Moyen Orient : un foyer de tensions majeur
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. De nouveaux acteurs internationaux
3. Des tension nouvelles
La crise de Suez
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. De nouveaux acteurs internationaux
3. Des tension nouvelles
La question palestinienne
La charte de l'OLP
1. La Palestine est la patrie du peuple arabe palestinien ; elle constitue une partie inséparable de la patrie arabe et le peuple palestinien fait partie intégrante de la nation arabe.2. La Palestine, dans les frontières du mandat britannique, constitue une unité territoriale indivisible.3. Le peuple arabe palestinien détient le droit légal sur sa patrie et déterminera son destin après avoir réussi à libérer son pays en accord avec ses vœux, de son propre gré et selon sa seule volonté. […]5. Les Palestiniens sont les citoyens arabes qui résidaient de façon permanente en Palestine jusqu’en 1947, qu’ils en aient été expulsés par la suite où qu’ils y soient restés. Quiconque est né de père palestinien après cette date en Palestine ou hors de Palestine est également palestinien. […]9. La lutte armée est la seule voie menant à la libération de la Palestine […].10. L’action des commandos constitue le centre de la guerre de libération populaire palestinienne, ce qui exige de l’intensifier, de la généraliser, de la garantir et de mobiliser tout le potentiel humain et activiste palestinien en l’organisant et en l’entraînant dans la révolution palestinienne armée.
Après la guerre des Six Jours, la première charte de l’OLP, élaborée en 1964, est réécrite dans un sens plus radical.
Détournements de Dawson's Field, 1970
Les guerres isarélo-palestiniennes
Source: F. W. Putzger, Historicher Weltatlas, Cornelsen, 1992.
Charte révisée adoptée par le IVe Conseil national palestinien, juillet 1968.
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
C. 1968, une année de contestation mondiale
L'année 1968 dans le monde
PPO3
Itinéraire
Réaliser un schéma de synthèse à présenter à la classe en 5 minutes.
20 minutes
Travail à 3
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
C. 1968, une année de contestation mondiale
L'année 1968 dans le monde
PPO3
Bipolarisation et émergence du tiers monde
Conclusion
Bipolarisation et émergence du tiers monde
Conclusion
> Comment la décolonisation interfère-t-elle avec la bipolarisation issue de la guerre froide et conduit-elle à une nouvelle donne géopolitique ?
La guerre froide ne se réduit pas à un simple affrontement entre deux blocs homogènes, dans lesquels les superpuissances auraient imposé un modèle. Elle n’est pas non plus un conflit sans guerre, bien que l’affrontement généralisé ait été évité. En effet, la logique bipolaire est rapidement perturbée par l’émergence de nouveaux États indépendants et l’essor du non-alignement, conduisant à une nouvelle donne géopolitique.Ces nouveaux acteurs oscillent entre volonté d’indépendance et alignement sur les deux superpuissances, un alignement qu’ils n’hésitent pas à monnayer afin d’assurer leur développement et leur poids politique.Mais la contestation de la logique bipolaire ne s’y limite pas et la critique des modèles dominants, soviétiques comme américains, se développe, tant sur le plan diplomatique que sur le plan social, culminant en 1968.
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Proche et Moyen-Orient occupent une place nouvelle dans l'équilibre géopolitique du monde en raison de leurs gisements d'hydrocarbures convoités mais aussi de la présence de grands passages stratégiques à l'échelle mondiale comme le canal de Suez ou le détroit du Bosphore.
La rivalité est également scientifique : à partir des années 1950, chacun des deux Grands tient à renforcer son prestige en montrant son avance technologique dans le domaine de la conquête spatiale. Chaque découverte est célébrée et mise en scène dans les médias : premier satellite artificiel (Spoutnik, 1957), premier homme (Youri Gagarine, 1961) et première femme (Valentina Terechkova, 1963) dans l’espace ou sur la lune (Apollo 11, 1969).
En 1956, le président égyptien Gamal Abdel Nasser annonce la nationalisation du canal de Suez. Le 29 octobre, la France, la Grande-Bretagne et Israël lancent une invasion de l'Égypte. Cependant, elles doivent se retirer le 7 novembre sous la pression des États-Unis, de l'URSS et de l'ONU. Cette crise, qui permet à l'Egypte de devenir un acteur régional important, marque le recul des anciennes puissances coloniales humiliées et fait de Nasser, dont le prestige est immense, un leader du monde arabe et du tiers-monde.
La détente doit à la crise de Cuba mais aussi à la personnalité de Khrouchtchev qui, dès 1956, avait proposé aux États-Unis une coexistence pacifique.
Plusieurs pays doivent passer par la lutte armée pour obtenir leur indépendance en raison du refus des métropoles d'abandonner certaines colonies. Cela entraîne des conflits sanglants, par exemple en Malaisie (1948-1957) et au Kenya (1952-1960) dans le cas du Royaume-Uni, en Indonésie (1945-1949) pour les Pays-Bas ou encore en Indochine (146-1954) et surtout en Algérie (1954-1962) pour la France.Au total, entre 1945 et 1981, l’ONU passe de 51 à 157 États membres.
Fortes de leurs dominations économiques et militaires, les deux superpuissances soutiennent différents alliés dans des conflits régionaux. La guerre de Corée. En 1950, la Corée du Nord, soutenue par l'URSS, envahit sa voisine du Sud. À la demande de l'ONU, les États-Unis dirigent une coalition qui repousse l'invasion. À son tour, l'armée chinoise se porte au secours du camp communiste. L’armistice, rendu possible par la mort de Staline, est signé à Panmunjon le 27 juillet 1953. Il suspend le conflit et entérine la division de la péninsule en deux régimes opposés, de part et d’autre du 38e parallèle. La guerre a fait 3 millions de morts.
Une décolonisation aux raisons multiples
Par ailleurs le contexte international a changé. Les deux Grands défendent le concept de liberté : l'URSS encourage les populations colonisées à se libérer de l’impérialisme occidental. Tandis que les États-Unis défendent le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes suivant la doctrine du président Wilson. Un principe qui est affirmé par la charte des Nations Unies.
Le boc de l’est. Les pays d’Europe de l’Est deviennent des États satellites de l’URSS avec qui ils entretiennent des relations très étroites, calquant son modèle politique, économique (COMECON) et militaire, notamment à travers une alliance militaire mise en place par Khrouchtchev, successeur de Staline, le pacte de Varsovie (1955). L’URSS signe également un traité d’assistance mutuelle en 1950 avec la nouvelle République populaire de Chine qui s’aligne dans un premier temps politiquement et économiquement sur l’URSS.Chaque Grand veille à la cohésion de son bloc : écrasement des mouvements de contestation par l’URSS (Budapest 1956, Prague 1958) ou encouragement de la construction européenne par les États-Unis.
La guerre d’Indochine est à la fois une guerre de décolonisation et un conflit de la guerre froide et une guerre civile vietnamienne.Le 2 septembre 1945, Hô Chi Minh profite de la défaite japonaise pour proclamer l’indépendance du Vietnam où il entend établir un régime communiste. Les États-Unis, décidés à entraver la progression du communisme, soutiennent la France dans sa guerre d’Indochine (1946-1954) puis après la défaite française de Diên Biên Phu cherchent à contenir l’influence communiste avant de s’engager directement aux côtés du Sud-Vietnam de 1965 à 1973 (conseillers militaires, bombardements puis engagement direct - 58 000 soldats tués). Les communistes nord-vietnamiens bénéficient eux du soutien matériel de la Chine et de l'URSS. En 1973, les accords de Paris décident du retrait des Américains. Le Vietnam est réunifé en un seul État communiste en 1976. La guerre a fait 3 millions de morts, dont deux tiers de civils.
Le non-alignement suscite beaucoup d'espoirs mais trouve vite ses limites : plusieurs États communistes, comme Cuba, rejoignent le mouvement des non-alignés, qui a dès lors du mal à s'en tenir à sa position de « neutralisme » par rapport aux deux Grands.
Une décolonisation aux raisons multiples
La Seconde guerre mondiale marque un affaiblissement historique des puissances coloniales européennes ainsi qu’une perte de prestige, en particulier de la France et du Royaume-Uni.
Au sein des blocs la logique bipolaire elle-même commence à être remise en question : en 1966, le général De Gaulle annonce la sortie de la France de l’OTAN tandis que le chancelier allemand de la RFA, Willy Brandt, lance l’Ost Politik, un rapprochement entre RFA et RDA qui se reconnaissent mutuellement en 1972.Dans le bloc de l’est cependant les tentatives de contestation sont systématiquement écrasées (Printemps de Prague, 1968) : la déstalinisation qui a suivi la mort de Staline n’a pas entraîné la disparition de l’État totalitaire.
A partir de 1948, dans chaque camp une intense propagande dénigre et on diabolise l'adversaire. Aux États-Unis en 1952, le sénateur McCarthy organise la « chasse aux sorcières » qui vise à exclure les communistes de la vie publique.
Les pays nouvellement indépendants d’Asie et d’Afrique se réunissent à Bandung en Indonésie en 1955, c’est l’acte de naissance politique du tiers monde (1952, A. Sauvy).Ils condamnent l’impérialisme et cherchent à échapper à l'influence des deux superpuissances et à construire un bloc géopolitique autonome. Il s’agit de proclamer une troisième voie, entre l’Est et l’Ouest.Les chefs de file de ce mouvement sont l’indonésien Soekarno, le chinois Mao Zedong, l’égyptien Nasser, l’indien Nehru. Avec d’autres États non issus de la décolonisation mais voulant échapper à la bipolarisation du monde comme la Yougoslavie de Tito, ils fondent le mouvement des non-alignés et se réunissent à Belgrade en 1961.
De la décolonisation au "tiers monde"
Alors qu’en 1945 une grande partie de l’Asie et quasiment toute l’Afrique sont encore colonisées, l'obtention rapide de l'indépendance par les pays anciennement dominés par les puissances européennes bouleverse l'ordre international.
Une décolonisation aux raisons multiples
En Asie, l’occupation japonaise des colonies a détruit systématiquement les administrations coloniales et dans toutes les colonies, des mouvements indépendantistes locaux dénoncent les inégalités sociales, politiques et économiques des sociétés colonisées, rejettent la domination occidentale et revendiquent l'accès à la souveraineté nationale. Dès 1942, Gandhi lance le mouvement « Quit India » et en Indochine, Ho Chi Minh proclame l’indépendance du Vietnam en 1945.
En 1968 les manifestations de la jeunesse se multiplient aux États-Unis et en Europe contre la guerre au Vietnam. Ces manifestations aboutissent dans certains pays comme en France à un véritable soulèvement populaire. Au Mexique, le soulèvement étudiant tourne au carnage avec la mort de 300 manifestants, tués par les forces de l’ordre. En Tchécoslovaquie, le dirigeant Dubcek veut créer un « socialisme à visage humain ». Il supprime la censure et autorise les voyages. C’est le printemps de Prague qui est écrasé en août par les troupes soviétiques. Aux États-Unis l’assassinat du leader noir Martin Luther King entraîne l’embrasement des ghettos. Aux jeux olympiques de Mexico, les athlètes Tommy Smith et John Carlos protestent contre les discriminations raciales aux États-Unis.
La détente reste fragile : alors que les États-Unis s’enlisent dans le bourbier vietnamien, l’URSS soutient des mouvements révolutionnaires en Amérique Centrale et la Chine en Afrique.Soucieux d’éviter toute contagion dans leur aire d’influence, les États-Unis n’hésitent pas à appuyer des régimes dictatoriaux d’extrême-droite qui répriment avec violence les aspirations populaires (Brésil, Nicaragua, Chili).
L’affrontement est d’abord idéologique. Exposées en 1947, les doctrines Truman et Jdanov précisent l’opposition politique, économique et culturelle entre les deux Grands. Les États-Unis promeuvent un modèle libéral en politique et en économie, reposant sur la défense des libertés individuelles et la liberté d’entreprendre. Capitalisme, foi religieuse et démocratie libérale sont les piliers de la société américaine. L’URSS leur oppose le modèle communiste, c’est-à-dire une organisation politique et sociale fondée sur la suppression de la propriété privée, de la libre entreprise et sur le contrôle politique et social exercé par l’État comme garant d’une société égalitaire et sans classes. Chaque projet entend façonner le monde selon ses valeurs (destinée manifeste vs communisme mondial) et rejeter la menace incarnée par l’adversaire : expansionnisme soviétique contre impérialisme américain et colonialisme européen.
Du 14 au 28 octobre 1962, la crise des missiles de Cuba constitue un point culminant des tensions de la guerre froide. Fidel Castro, qui a renversé en 1959 le dictateur Batista qui dirigeait Cuba, se rapproche progressivement de l’URSS, jouant du contexte géopolitique pour s’imposer comme un acteur régional. Khrouchtchev, premier secrétaire du Parti communiste de l’URSS, y voit une opportunité de mettre à mal la politique de containment et de faire pression sur les États-Unis ; il fait installer secrètement des armes nucléaires à Cuba.Après plusieurs semaines de graves tensions, Khrouchtchev et Kennedy font en sorte que l’opposition frontale soit évitée : l’URSS retire ses missiles de Cuba, les États-Unis les leurs de Turquie et la sécurité de Cuba est garantie. Le difficile compromis qui règle la crise fait prendre conscience des risques et permet une nouvelle phase des relations, la détente.
À partir de 1945, États-Unis et URSS sont deux superpuissances rivales qui exercent une influence à l'échelle mondiale. Cette situation pousse les autres États à prendre parti pour l'un ou l'autre, jusqu'à former deux blocs opposés.
Alors que le gouvernement tente de moderniser le pays, entraînant une famine sans précédent, Mao Zedong installe un pouvoir totalitaire, fondé sur un parti unique et un culte du chef. Ce qui n'empêche pas le maoïsme de connaître un grand prestige à l'étranger, où il apparaît comme une doctrine alternative au communisme soviétique. Au début des années 70 la Chine se rapproche des États-Unis qui cherchent à jouer des dissensions au sein du bloc communiste. Elle entre à l’ONU en 1971 tandis que la visite du président Nixon en 1972 permet une normalisation des relations.
Créée en 1949, la République populaire de Chine s'impose progressivement comme un modèle communiste original et rompt avec l'URSS, qu’elle juge trop conciliante avec les États-Unis, dans les années 1960.La Chine mène une politique extérieure ambitieuse (aide aux vietnamiens du nord), se présente en leader du tiers monde en soutenant des mouvements révolutionnaires en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient, et développe l’arme atomique (1964).
Par ailleurs les difficultés économiques les poussent à rechercher l’aide des deux Grands, les plaçant dans une situation de dépendance. Le tiers monde devient donc dans les années 60 davantage l’enjeu de la compétition entre grande puissance qu’un acteur autonome des relations internationales.En 1964 est créée la Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) qui vise à une meilleure répartition des richesses de la planète. Les pays du tiers monde, qui ont créé le groupe des 77 à l’ONU, en espèrent des échanges plus équitables avec leurs anciennes puissances coloniales.
Les tensions entre grands se cristallisent d’abord à Berlin lors de la crise de 1948 qui amène la bipartition de l’Allemagne.Berlin ouest, enclave occidentale au milieu de l’espace communiste, devient une vitrine du modèle capitaliste et la porte de sortie de centaines de milliers de citoyens est-allemands, qui fuient un régime politique autoritaire et une économie stagnante. Cette situation pousse le gouvernement de la RDA à bâtir en août 1961 un mur coupant les communications entre les deux parties de la ville.En 1963 le président américain J.-F. Kennedy se rend à Berlin et dénonce le mur qui signe l’échec du système communiste mais Berlin devient un symbole de la division de l’Europe.
Américains et Russes comprennent la nécessité de renforcer le dialogue et établissent une ligne directe (le téléphone rouge) entre le Kremlin et la Maison Blanche.Ils cherchent à normaliser leurs relations pour sortir de l’état de guerre indirecte perpétuelle : les accords SALT I (Stategic Arms Limitation Talk) de réduction des arsenaux nucléaire signés par Brejnev et Nixon en 1972 ou les accords d’Helsinki signé en 1975 entre l’URSS et les pays d’Europe de l’Ouest sur les frontières confirment cette volonté de normalisation.Cependant la détente repose toujours sur l’équilibre de la terreur et la doctrine de la dissuasion nucléaire, selon laquelle les armes nucléaires ont pour unique fonction de décourager une éventuelle attaque de l’adversaire.
La rivalité est totale mais avant tout militaire : l’explosion de la première bombe atomique russe en 1949 lance une course aux armements en nombre et en puissance qui aboutit à la mise au point de la bombe H (1952/1953). Les autres puissances mondiales cherchent alors à se doter à leur tour de l’arme atomique (France 1960), ce qui entraîne une prolifération nucléaire.
Les deux superpuissances constituent progressivement deux blocs d’alliés. En échange de leur soutien, les deux Grands apportent à leurs alliés un soutien diplomatique (par exemple au Conseil de sécurité de lʼONU), une assistance militaire et une aide économique. La majorité des pays européens situés à l'ouest du « rideau de fer » entrent dans l'alliance américaine. Ils sont liés aux États Unis par le plan Marshall et l'OTAN. Ils forment le cœur du bloc de l'Ouest. Les États-Unis signent également des alliances régionales (Pacte de Rio, de Bagdad, ANZUS, OTASE) et des alliances bilatérales (Japon, Taïwan, Corée du Sud) pour contenir l’avancée communiste.
La décolonisation commence en Asie où l’Inde est la première puissance asiatique à négocier son indépendance avec sa métropole (1947), ce qui n’empêche pas l’éclatement de violences et la partition des Indes Britanniques entre Inde et Pakistan.En Afrique la plupart des pays obtiennent leur indépendance dans les années 60, notamment en Afrique subsaharienne, Maroc et Tunisie ayant eux négocié leur indépendance dès 1956.
Deux brefs conflits opposent Israël, soutenu par les États-Unis, et ses voisins arabes, soutenus par l'URSS. La guerre des Six Jours (1967), déclenchée par Israël, lui permet d'occuper de consolider son territoire et d’occuper Jérusalem-Est et les territoires palestiniens. En 1964 l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) est créée au Caire avec à sa tête Yasser Arafat. Elle décide d’internationaliser la question palestinienne et se tourne vers le terrorisme : détournements d’avions, attentats (Munich, 1972)Une nouvelle guerre oppose Israël aux pays arabes (Égypte, Syrie) en 1973, la guerre du Kippour.Elle s’achève par une nouvelle victoire israélienne et en réaction par une flambée des cours du pétrole décidée par les principaux pays producteurs.
La rivalité est aussi culturelle et se poursuit jusque dans les compétitions sportives qui deviennent un moyen de montrer la supériorité de son camp (Jeux olympiques).
En 1968 les manifestations de la jeunesse se multiplient aux États-Unis et en Europe contre la guerre au Vietnam et l'impérialisme américain. Ces manifestations aboutissent dans certains pays comme en France à un véritable soulèvement populaire en mai. Au Mexique, le soulèvement étudiant tourne au carnage avec la mort de 300 manifestants, tués par les forces de l’ordre. En Tchécoslovaquie, le dirigeant Dubcek qui entend créer un « socialisme à visage humain » supprime la censure et autorise les voyages. C’est inacceptable pour l'URSS de Brejnev qui écrase en août le « printemps de Prague ». Aux États-Unis l’assassinat du leader noir Martin Luther King entraîne l’embrasement des ghettos. Aux jeux olympiques de Mexico, les athlètes Tommy Smith et John Carlos protestent contre les discriminations raciales aux États-Unis. L'année 1968 est donc marquée par de nombreux mouvements de contestation, qui remettent en question l'ordre établi dans chacun des deux blocs.
La Seconde guerre mondiale marque un affaiblissement historique des puissances coloniales européennes ainsi qu’une perte de prestige, en particulier de la France et du Royaume-Uni.En Asie, l’occupation japonaise des colonies a détruit systématiquement les administrations coloniales et dans toutes les colonies, des mouvements indépendantistes locaux dénoncent les inégalités sociales, politiques et économiques des sociétés colonisées, rejettent la domination occidentale et revendiquent l'accès à la souveraineté nationale. Dès 1942, Gandhi lance le mouvement « Quit India » et en Indochine, Ho Chi Minh proclame l’indépendance du Vietnam en 1945. Par ailleurs le contexte international a changé. Les deux Grands défendent le concept de liberté : l'URSS encourage les populations colonisées à se libérer de l’impérialisme occidental. Tandis que les États-Unis défendent le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes suivant la doctrine du président Wilson. Un principe qui est affirmé par la charte des Nations Unies.
Alors qu’en 1945 une grande partie de l’Asie et quasiment toute l’Afrique sont encore colonisées, l'obtention rapide de l'indépendance par les pays anciennement dominés par les puissances européennes bouleverse l'ordre international.
À partir de 1947, la guerre froide – le terme, inventé par George Orwell, est popularisé par le journaliste Walter Lippmann dès la fin des années 40 – oppose deux blocs opposés menés par les Etats-Unis et par l’URSS. Les deux Grands constituent des systèmes d’alliances qui divisent la planète et se livrent à un affrontement, le plus souvent indirect, par alliés interposés, qui se traduit par une série de crises locales ayant des répercussions à l'échelle mondiale. Dans le même temps, suite de l’affaiblissement des anciennes puissances coloniales, de nombreux pays d’Asie puis d’Afrique accèdent à l’indépendance. La conscience de leurs intérêts communs et de la force qu’ils représentent les pousse à s’organiser : c’est la naissance du tiers-monde.Ces deux mouvements, bipolarisation et décolonisation, s’entrechoquent et s’alimentent mutuellement pour aboutir à nouvelle donne géopolitiques, rejetant l’Europe au second plan face à de nouveaux espaces comme l’Asie et le Moyen Orient.
05. Une nouvelle donne géopolitique
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Une nouvelle donne géopolitique : bipolarisation et émergence du tiers-monde
Bipolarisation et émergence du tiers monde
Introduction
La Chine de Mao, nouveau leader du tiers-monde ?
« D'accord Monsieur le Président, discutons »
Affiche de propagande maoïste, 1964
Leslie G. Illingworth, Daily Mail, 29 octobre 1962
Une nouvelle donne géopolitique : bipolarisation et émergence du tiers-monde
> Comment la décolonisation interfère-t-elle avec la bipolarisation issue de la guerre froide et conduit-elle à une nouvelle donne géopolitique ?
SOMMAIRE
Evaluation
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)A) Un monde bipolaireB) « Paix impossible, guerre improbable » : un affrontement planétaire (1953-1962) C) La détente : vers l’apaisement des tensions ? (1962-1975) II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)A) De la décolonisation au « tiers monde » (A. Sauvy)B) De nouveaux acteurs internationaux C) 1968, année de contestation mondiale
Corrigé
PPO2
PPO1
PPO3
Conclusion Vidéo de révisions
Bipolarisation et émergence du tiers monde
I.
Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
> Comment la bipolarisation s’impose-t-elle au monde entier ?
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
A. Un monde bipolaire
1. Deux modèles idéologiques opposés
American progress, John Gast, v. 1872
Le destinée manifeste (1845) est une idéologie née dans le cadre de la conquête de l'Ouest selon laquelle la nation américaine aurait pour mission divine l'expansion de la « civilisation » vers l'Ouest, et par extension dans le monde entier.
Les fondements idéologiques
La danse caucasienne, 1951
Affiche du mouvement anticommuniste Paix et Liberté
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
A. Un monde bipolaire
2. La structuration des deux blocs
Le bloc de l'Est
Le bloc de l'Ouest
Le CAEM (ou COMECON), 1949
Affiche de propagande allemande, 1950
Logo du Pacte de Varsovie, 1955
Le monde au début des années 1960
Logo de l'OTAN, 1949
La révolution hongroise de 1956
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
A. Un monde bipolaire
3. Course aux armements et compétition
La rivalité militaire
Le Maccarthysme
Le « Maccarthysme », 1950-1954
Obscur sénateur républicain du Wisconsin, il profite d'un contexte de « peur rouge » dans l'Amérique triomphante d'après-guerre pour lancer une campagne hystérique de chasse aux communistes supposément infiltrés au DoA, dans les médias, à Hollywood...
Course aux armements et prolifération nucléaire
Propagande soviétique
Propagande américaine
Brochure éditée par l'Eglise du Minnesota, 1947 Captain America # 78, mai 1954
« Ne fais pas de bêtises ! » Affiche de Viktor Govorko, 1948
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
A. Un monde bipolaire
3. Course aux armements et compétition
La rivalité sportive
La rivalité scientifique
L'offensive sportive soviétique
Discours prononcé par Richard B. Walsh, du département d'État, devant une organisation sportive américaine (Amateur Athletic Union), Daytona (Floride), 9 janvier 1952.
Des rapports de nos ambassades dans les derniers mois donnent des preuves manifestes de l'offensive culturelle gigantesque entreprise par le Kremlin. Elle est destinée à prouver l'idée d'une suprématie soviétique dans les arts comme dans le domaine sportif. Le rôle du sport dans cette nouvelle offensive soviétique devient particulièrement significatif. [...] Mais il apparaît désormais qu'ils se préparent à étaler leur soi-disant suprématie sportive au-delà des frontières de leur bloc. Nous pensons, par exemple, qu'ils s'apprêtent à investir avec force, pour la première fois, les Jeux olympiques de 1952. [...] Qu'une chose soit claire. Nous ne nions pas les prouesses des athlètes soviétiques. Nous ne revendiquons pas une suprématie sportive américaine. Nous n'avons pas besoin de le faire. Mais nous n'avons pas à avaler les mensonges disant que les athlètes soviétiques sont meilleurs parce qu'ils sont les produits du régime soviétique. [...] Nos athlètes sont nos meilleurs ambassadeurs. Nous ne leur demandons pas de l'emporter, mais seulement de se battre, et que le meilleur gagne. Voilà ce que l'on peut attendre de meilleur de l'esprit sportif américain, car l'esprit sportif est la démocratie à l'oeuvre.
Le premier homme sur la lune
Le premier homme dans l'espace
Le 21 juillet 1969 l'équipage d'Apollo 11 se pose pour la première fois sur la lune.
Timbre de l'URSS de 1961 commémorant le vol de Youri Gagarine, à bord du Vostok I.
La course à l'espace
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. « Paix impossible, guerre improbable » (R. Aron) : un affrontement planétaire (1953-1962)
1. La seconde crise de Berlin (1961)
« Ich bin ein Berliner »
Extraits du discours de John F. Kennedy à Berlin-Ouest, 26 juin 1963.
Il y a beaucoup de gens dans le monde qui ne comprennent pas ou qui prétendent ne pas comprendre quelle est la grande différence entre le monde libre et le monde communiste. Qu’ils viennent à Berlin. Il y en a d’autres qui affirment que l’avenir est au communisme. Qu’ils viennent à Berlin. Certains enfin, en Europe et ailleurs, déclarent qu’on peut travailler avec les communistes. Qu’ils viennent à Berlin. Il y en a même qui disent que le communisme est un mauvais système mais qu’il nous permet de faire des progrès économiques. Qu’ils viennent à Berlin. […] Notre liberté éprouve certes beaucoup de difficultés et notre démocratie n’est pas parfaite. Cependant nous n’avons jamais eu besoin, nous, d’ériger un mur pour empêcher notre peuple de s’enfuir […]. Même si le mur fournit la démonstration éclatante des échecs du système communiste, nous n’en tirons aucune satisfaction, car il constitue un crime non seulement contre l’histoire mais un crime contre l’humanité en séparant les familles et en divisant un peuple qui souhaite être unifié […]. La population de Berlin-Ouest peut être certaine qu’elle a tenu bon pour la bonne cause sur le front de la liberté pendant une vingtaine d’années. Tous les hommes libres, où qu’ils vivent, sont citoyens de cette ville de Berlin. C’est pourquoi en tant qu’homme libre, je suis fier de dire: « Ich bin ein Berliner ».
Construction du mur sur Lindenstrasse, 13 août 1961,
photographie anonyme
L'émigration est-allemande vers la RFA
Dans la nuit du 12 au 13 août, la RDA fait construire un mur séparant les deux Berlin. Progressivement renforcé, il entoure Berlin-Ouest et mesure 150 kilomètres de long.
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. « Paix impossible, guerre improbable » (R. Aron) : un affrontement planétaire (1953-1962)
2. En Asie, un nouvel équilibre régional
La guerre de Corée
La DMZ en 2022
Longue de 248 km sur 4 de profondeur, la DMZ est une succession dininterrompue de bunkers, tours de contrôle, batteries de canon et clôtures électrifiées. Plus d'un million de mines et de solats complètent le dispositif.
La guerre de Corée, 1950-1953
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. « Paix impossible, guerre improbable » (R. Aron) : un affrontement planétaire (1953-1962)
2. En Asie, un nouvel équilibre régional
La crise des missiles de Cuba
Les guerres d'Indochine et du Vietnam
PPO2
PPO1
30 minutes
Travail à 3
En analysant et confrontant les documents vous montrerez
En analysant et confrontant les documents vous montrerez
Ramassé et noté
que les guerres d'Indochine et du Vietnam sont à la fois des guerres de décolonisation, des guerres périphériques de la guerre froide et des guerres civiles.
que la crise de Cuba est une crise emblématique de la guerre froide qui, après avoir menacé la paix mondiale, a finalement été résolue par la négociation .
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. « Paix impossible, guerre improbable » (R. Aron) : un affrontement planétaire (1953-1962)
2. En Asie, un nouvel équilibre régional
1946-1975 : les guerres d'Indochine et du Vietnam
PPO1
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. « Paix impossible, guerre improbable » (R. Aron) : un affrontement planétaire (1953-1962)
3. La crise de Cuba, point culminant des tensions
1962 : La crise des missiles de Cuba
PPO2
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
C. La détente : vers l’apaisement des tensions ? (1962-1975)
1. La détente en Europe
« L'équilibre de la terreur »
Docteur Folamour, S. Kubrick, 1964
I. Au coeur de la guerre froide (1947-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
C. La détente : vers l’apaisement des tensions ? (1962-1975)
2. Le maintien de tensions périphériques
Mouvements révolutionnaires et dictatures d'extrême-droite
La bipolarisation en question
Le « printemps de Prague », 1968
La Neue Ostpolitik
Le coup d'État de 1973 au Chili
Che Guevara, 1928-1967
Pour empêcher une libéralisation du régime en Tchécoslovaquie, les chars soviétiques entrent à Prague en août 1968 pour « normaliser » la situation.
Mise en œuvre par le chancelier Willy Brandt , cette politique consiste à normaliser les relations avec l'Union soviétique, l'Allemagne de l'Est (RDA) et les autres pays d'Europe de l'Est. C'est une rupture nette avec la politique étrangère précédente qui refusait tout compromis avec Moscou et toute reconnaissance de la RDA.
Révolutionnaire marxiste-léniniste et internationaliste, il a été l'un dirigeant de la révolution cubaine, qu'il a théorisée et tenté d'exporter, sans succès, vers le Congo puis la Bolivie où il trouve la mort.
Le 11 septembre 1973 les forces pustchistes emmenées par Augusto Pinochet donnent l'assaut contre le palais présidentiel de La Moneda en flammes, où se trouve encore Salvador Allende, président démocratiquement élu, qui choisit de se donner la mort.
Bipolarisation et émergence du tiers monde
II.
La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
> Comment la décolonisation et l’émergence de nouveaux acteurs remettent-elles en cause le monde bipolaire ?
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
A. De la décolonisation au « tiers monde » (A. Sauvy)
Le système colonial en 1945
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
A. De la décolonisation au « tiers monde » (A. Sauvy)
1. Une décolonisation aux raisons multiples
soldats britanniques capitulant face aux Japonais, Singapour, 1942
La marche du sel, 1930
Décolonisations et émergence du tiers-monde
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
A. De la décolonisation au « tiers monde » (A. Sauvy)
2. Indépendances négociées…
15 août 1947, indépendance de l'Inde
Décolonisations et émergence du tiers-monde
Manifestations à Léopoldville pour l’indépendance du Congo belge, juillet 1960
Au cours de l’année 1960, 14 colonies françaises accèdent à l’indépendance, ainsi que le Congo Belge et le Nigéria britannique. Enfin, la Somalie britannique fusionne avec la Somalie italienne pour former un État indépendant.
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
A. De la décolonisation au « tiers monde » (A. Sauvy)
3. …et guerres de décolonisation
L'évolution de l'ONU
Source : ONU
Décolonisations et émergence du tiers-monde
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. De nouveaux acteurs internationaux
1. L'émergence d'une « troisième voie » ?
1.1 L'acte fondateur de Bandung
La conférence de Bandung, 1955
Zhu Enlai, premier ministre de la République de Chine Populaire
Sukarno, président de l'Indonésie
Jawaharlal Nehru, premier ministre de l'Union Indienne
Discours de clôture de Nehru
Discours de clôture de Nehru à la conférence de Bandoeng, 25 avril 1955
Nous sommes résolus à n’être d’aucune façon dominés par aucun pays, par aucun continent. Nous ne sommes pas des « béni oui-oui », qui disent « oui » à tel ou tel pays. Nous sommes de grands pays du monde et nous voulons vivre sans recevoir d’ordres de personne. Nous attachons de l’importance à l’amitié des grandes puissances mais à l’avenir, nous ne coopérerons avec elles que sur un pied d’égalité. C’est pourquoi nous élevons notre voix contre le colonialisme dont beaucoup d’entre nous ont souffert depuis longtemps. Et c’est pourquoi nous devons veiller à ce qu’aucune autre forme de domination ne nous menace. Nous voulons être amis avec l’Ouest, avec l’Est et avec tout le monde. Le seul chemin qui nous va droit au cœur et à l’âme est celui de la tolérance, de l’amitié et de la coopération […]. Je pense qu’il n’y a rien de plus terrible que l’immense tragédie qu’a vécue l’Afrique depuis quelques siècles […]. Il appartient à l’Asie d’aider l’Afrique au mieux de ses possibilités car nous sommes des continents frères.
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. De nouveaux acteurs internationaux
1. L'émergence d'une « troisième voie » ?
1.2 Le non-alignement et son échec
Le développement
Limites du non-alignement
L'appel du Groupe des 77
Appel du Groupe des 77 à l’ONU, octobre 1967
Le sort de plus d’un milliard d’habitants du monde en voie de développement continue d’empirer du fait de l’évolution des relations économiques internationales. Le pouvoir d’achat des exportations des pays en développement n’a cessé de diminuer. La quasi-stagnation de la production de denrées alimentaires, alors que la population s’accroit rapidement, a aggravé l’état chronique de sous-alimentation et de malnutrition. La communauté internationale a l’obligation de corriger ces tendances défavorables et de créer les conditions dans lesquelles toutes les nations pourront jouir du bien-être économique et social.
Le mouvement des non-alignés et ses limites
Les pays de Bandung
L'organisation du tiers-monde
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. De nouveaux acteurs internationaux
2. Les ambitions de la République Populaire de Chine
Le maoïsme
La rupture avec l'URSS
La rupture sino-soviétique
Lettre du comité central du PCC au comité central du PCU, 7 mai 1964.
Ces derniers mois, lors de chaque réunion des partis démocratiques [communistes] mondiaux, vous avez prêché et défendu votre mauvaise interprétation et vous avez mené des actions contre la Chine. [...] Vous avez violé les théories fondamentales du marxisme-léninisme [...] en défendant votre idée d'une « coexistence pacifique ». Vous avez décidé de vous allier avec l'impérialisme des États-Unis, l'ennemi absolu du peuple dans le monde entier, pour vous opposer à la dictature du prolétariat et pour fragiliser l'unité du camp socialiste et du mouvement communiste international. [...] Dans votre lettre du 2 février, vous avez menacé de « prendre des mesures collectives » contre nous. [...] Cela veut dire que vous avez chargé le pistolet et que vous êtes prêts à appuyer sur la gâchette !
Timbre émis par la Chine pour célébrer le pacte sino-soviétique de février 1950
La Chine de Mao à la tête du tiers-monde, 1968
Les principales réforme de Mao Zedong
« Peuples du monde entier, unissez-vous pour vaincre les envahisseurs américains et tous leurs laquais ! Courage, osez vous battre, ne craignez pas les obstacles, déferlez [sur l’ennemi] et le monde entier appartiendra au peuple ! Tous les démons seront anéantis. » Mao Zedong.
La visite du président Nixon en 1972
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. De nouveaux acteurs internationaux
3. Des tension nouvelles : le Moyen Orient
Le Moyen Orient : un foyer de tensions majeur
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. De nouveaux acteurs internationaux
3. Des tension nouvelles
La crise de Suez
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
B. De nouveaux acteurs internationaux
3. Des tension nouvelles
La question palestinienne
La charte de l'OLP
1. La Palestine est la patrie du peuple arabe palestinien ; elle constitue une partie inséparable de la patrie arabe et le peuple palestinien fait partie intégrante de la nation arabe.2. La Palestine, dans les frontières du mandat britannique, constitue une unité territoriale indivisible.3. Le peuple arabe palestinien détient le droit légal sur sa patrie et déterminera son destin après avoir réussi à libérer son pays en accord avec ses vœux, de son propre gré et selon sa seule volonté. […]5. Les Palestiniens sont les citoyens arabes qui résidaient de façon permanente en Palestine jusqu’en 1947, qu’ils en aient été expulsés par la suite où qu’ils y soient restés. Quiconque est né de père palestinien après cette date en Palestine ou hors de Palestine est également palestinien. […]9. La lutte armée est la seule voie menant à la libération de la Palestine […].10. L’action des commandos constitue le centre de la guerre de libération populaire palestinienne, ce qui exige de l’intensifier, de la généraliser, de la garantir et de mobiliser tout le potentiel humain et activiste palestinien en l’organisant et en l’entraînant dans la révolution palestinienne armée.
Après la guerre des Six Jours, la première charte de l’OLP, élaborée en 1964, est réécrite dans un sens plus radical.
Détournements de Dawson's Field, 1970
Les guerres isarélo-palestiniennes
Source: F. W. Putzger, Historicher Weltatlas, Cornelsen, 1992.
Charte révisée adoptée par le IVe Conseil national palestinien, juillet 1968.
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
C. 1968, une année de contestation mondiale
L'année 1968 dans le monde
PPO3
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Travail à 3
II. La naissance et l’émergence du tiers monde bouleverse l’ordre bipolaire (1945-1975)
Bipolarisation et émergence du tiers monde
C. 1968, une année de contestation mondiale
L'année 1968 dans le monde
PPO3
Bipolarisation et émergence du tiers monde
Conclusion
Bipolarisation et émergence du tiers monde
Conclusion
> Comment la décolonisation interfère-t-elle avec la bipolarisation issue de la guerre froide et conduit-elle à une nouvelle donne géopolitique ?
La guerre froide ne se réduit pas à un simple affrontement entre deux blocs homogènes, dans lesquels les superpuissances auraient imposé un modèle. Elle n’est pas non plus un conflit sans guerre, bien que l’affrontement généralisé ait été évité. En effet, la logique bipolaire est rapidement perturbée par l’émergence de nouveaux États indépendants et l’essor du non-alignement, conduisant à une nouvelle donne géopolitique.Ces nouveaux acteurs oscillent entre volonté d’indépendance et alignement sur les deux superpuissances, un alignement qu’ils n’hésitent pas à monnayer afin d’assurer leur développement et leur poids politique.Mais la contestation de la logique bipolaire ne s’y limite pas et la critique des modèles dominants, soviétiques comme américains, se développe, tant sur le plan diplomatique que sur le plan social, culminant en 1968.
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Proche et Moyen-Orient occupent une place nouvelle dans l'équilibre géopolitique du monde en raison de leurs gisements d'hydrocarbures convoités mais aussi de la présence de grands passages stratégiques à l'échelle mondiale comme le canal de Suez ou le détroit du Bosphore.
La rivalité est également scientifique : à partir des années 1950, chacun des deux Grands tient à renforcer son prestige en montrant son avance technologique dans le domaine de la conquête spatiale. Chaque découverte est célébrée et mise en scène dans les médias : premier satellite artificiel (Spoutnik, 1957), premier homme (Youri Gagarine, 1961) et première femme (Valentina Terechkova, 1963) dans l’espace ou sur la lune (Apollo 11, 1969).
En 1956, le président égyptien Gamal Abdel Nasser annonce la nationalisation du canal de Suez. Le 29 octobre, la France, la Grande-Bretagne et Israël lancent une invasion de l'Égypte. Cependant, elles doivent se retirer le 7 novembre sous la pression des États-Unis, de l'URSS et de l'ONU. Cette crise, qui permet à l'Egypte de devenir un acteur régional important, marque le recul des anciennes puissances coloniales humiliées et fait de Nasser, dont le prestige est immense, un leader du monde arabe et du tiers-monde.
La détente doit à la crise de Cuba mais aussi à la personnalité de Khrouchtchev qui, dès 1956, avait proposé aux États-Unis une coexistence pacifique.
Plusieurs pays doivent passer par la lutte armée pour obtenir leur indépendance en raison du refus des métropoles d'abandonner certaines colonies. Cela entraîne des conflits sanglants, par exemple en Malaisie (1948-1957) et au Kenya (1952-1960) dans le cas du Royaume-Uni, en Indonésie (1945-1949) pour les Pays-Bas ou encore en Indochine (146-1954) et surtout en Algérie (1954-1962) pour la France.Au total, entre 1945 et 1981, l’ONU passe de 51 à 157 États membres.
Fortes de leurs dominations économiques et militaires, les deux superpuissances soutiennent différents alliés dans des conflits régionaux. La guerre de Corée. En 1950, la Corée du Nord, soutenue par l'URSS, envahit sa voisine du Sud. À la demande de l'ONU, les États-Unis dirigent une coalition qui repousse l'invasion. À son tour, l'armée chinoise se porte au secours du camp communiste. L’armistice, rendu possible par la mort de Staline, est signé à Panmunjon le 27 juillet 1953. Il suspend le conflit et entérine la division de la péninsule en deux régimes opposés, de part et d’autre du 38e parallèle. La guerre a fait 3 millions de morts.
Une décolonisation aux raisons multiples
Par ailleurs le contexte international a changé. Les deux Grands défendent le concept de liberté : l'URSS encourage les populations colonisées à se libérer de l’impérialisme occidental. Tandis que les États-Unis défendent le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes suivant la doctrine du président Wilson. Un principe qui est affirmé par la charte des Nations Unies.
Le boc de l’est. Les pays d’Europe de l’Est deviennent des États satellites de l’URSS avec qui ils entretiennent des relations très étroites, calquant son modèle politique, économique (COMECON) et militaire, notamment à travers une alliance militaire mise en place par Khrouchtchev, successeur de Staline, le pacte de Varsovie (1955). L’URSS signe également un traité d’assistance mutuelle en 1950 avec la nouvelle République populaire de Chine qui s’aligne dans un premier temps politiquement et économiquement sur l’URSS.Chaque Grand veille à la cohésion de son bloc : écrasement des mouvements de contestation par l’URSS (Budapest 1956, Prague 1958) ou encouragement de la construction européenne par les États-Unis.
La guerre d’Indochine est à la fois une guerre de décolonisation et un conflit de la guerre froide et une guerre civile vietnamienne.Le 2 septembre 1945, Hô Chi Minh profite de la défaite japonaise pour proclamer l’indépendance du Vietnam où il entend établir un régime communiste. Les États-Unis, décidés à entraver la progression du communisme, soutiennent la France dans sa guerre d’Indochine (1946-1954) puis après la défaite française de Diên Biên Phu cherchent à contenir l’influence communiste avant de s’engager directement aux côtés du Sud-Vietnam de 1965 à 1973 (conseillers militaires, bombardements puis engagement direct - 58 000 soldats tués). Les communistes nord-vietnamiens bénéficient eux du soutien matériel de la Chine et de l'URSS. En 1973, les accords de Paris décident du retrait des Américains. Le Vietnam est réunifé en un seul État communiste en 1976. La guerre a fait 3 millions de morts, dont deux tiers de civils.
Le non-alignement suscite beaucoup d'espoirs mais trouve vite ses limites : plusieurs États communistes, comme Cuba, rejoignent le mouvement des non-alignés, qui a dès lors du mal à s'en tenir à sa position de « neutralisme » par rapport aux deux Grands.
Une décolonisation aux raisons multiples
La Seconde guerre mondiale marque un affaiblissement historique des puissances coloniales européennes ainsi qu’une perte de prestige, en particulier de la France et du Royaume-Uni.
Au sein des blocs la logique bipolaire elle-même commence à être remise en question : en 1966, le général De Gaulle annonce la sortie de la France de l’OTAN tandis que le chancelier allemand de la RFA, Willy Brandt, lance l’Ost Politik, un rapprochement entre RFA et RDA qui se reconnaissent mutuellement en 1972.Dans le bloc de l’est cependant les tentatives de contestation sont systématiquement écrasées (Printemps de Prague, 1968) : la déstalinisation qui a suivi la mort de Staline n’a pas entraîné la disparition de l’État totalitaire.
A partir de 1948, dans chaque camp une intense propagande dénigre et on diabolise l'adversaire. Aux États-Unis en 1952, le sénateur McCarthy organise la « chasse aux sorcières » qui vise à exclure les communistes de la vie publique.
Les pays nouvellement indépendants d’Asie et d’Afrique se réunissent à Bandung en Indonésie en 1955, c’est l’acte de naissance politique du tiers monde (1952, A. Sauvy).Ils condamnent l’impérialisme et cherchent à échapper à l'influence des deux superpuissances et à construire un bloc géopolitique autonome. Il s’agit de proclamer une troisième voie, entre l’Est et l’Ouest.Les chefs de file de ce mouvement sont l’indonésien Soekarno, le chinois Mao Zedong, l’égyptien Nasser, l’indien Nehru. Avec d’autres États non issus de la décolonisation mais voulant échapper à la bipolarisation du monde comme la Yougoslavie de Tito, ils fondent le mouvement des non-alignés et se réunissent à Belgrade en 1961.
De la décolonisation au "tiers monde"
Alors qu’en 1945 une grande partie de l’Asie et quasiment toute l’Afrique sont encore colonisées, l'obtention rapide de l'indépendance par les pays anciennement dominés par les puissances européennes bouleverse l'ordre international.
Une décolonisation aux raisons multiples
En Asie, l’occupation japonaise des colonies a détruit systématiquement les administrations coloniales et dans toutes les colonies, des mouvements indépendantistes locaux dénoncent les inégalités sociales, politiques et économiques des sociétés colonisées, rejettent la domination occidentale et revendiquent l'accès à la souveraineté nationale. Dès 1942, Gandhi lance le mouvement « Quit India » et en Indochine, Ho Chi Minh proclame l’indépendance du Vietnam en 1945.
En 1968 les manifestations de la jeunesse se multiplient aux États-Unis et en Europe contre la guerre au Vietnam. Ces manifestations aboutissent dans certains pays comme en France à un véritable soulèvement populaire. Au Mexique, le soulèvement étudiant tourne au carnage avec la mort de 300 manifestants, tués par les forces de l’ordre. En Tchécoslovaquie, le dirigeant Dubcek veut créer un « socialisme à visage humain ». Il supprime la censure et autorise les voyages. C’est le printemps de Prague qui est écrasé en août par les troupes soviétiques. Aux États-Unis l’assassinat du leader noir Martin Luther King entraîne l’embrasement des ghettos. Aux jeux olympiques de Mexico, les athlètes Tommy Smith et John Carlos protestent contre les discriminations raciales aux États-Unis.
La détente reste fragile : alors que les États-Unis s’enlisent dans le bourbier vietnamien, l’URSS soutient des mouvements révolutionnaires en Amérique Centrale et la Chine en Afrique.Soucieux d’éviter toute contagion dans leur aire d’influence, les États-Unis n’hésitent pas à appuyer des régimes dictatoriaux d’extrême-droite qui répriment avec violence les aspirations populaires (Brésil, Nicaragua, Chili).
L’affrontement est d’abord idéologique. Exposées en 1947, les doctrines Truman et Jdanov précisent l’opposition politique, économique et culturelle entre les deux Grands. Les États-Unis promeuvent un modèle libéral en politique et en économie, reposant sur la défense des libertés individuelles et la liberté d’entreprendre. Capitalisme, foi religieuse et démocratie libérale sont les piliers de la société américaine. L’URSS leur oppose le modèle communiste, c’est-à-dire une organisation politique et sociale fondée sur la suppression de la propriété privée, de la libre entreprise et sur le contrôle politique et social exercé par l’État comme garant d’une société égalitaire et sans classes. Chaque projet entend façonner le monde selon ses valeurs (destinée manifeste vs communisme mondial) et rejeter la menace incarnée par l’adversaire : expansionnisme soviétique contre impérialisme américain et colonialisme européen.
Du 14 au 28 octobre 1962, la crise des missiles de Cuba constitue un point culminant des tensions de la guerre froide. Fidel Castro, qui a renversé en 1959 le dictateur Batista qui dirigeait Cuba, se rapproche progressivement de l’URSS, jouant du contexte géopolitique pour s’imposer comme un acteur régional. Khrouchtchev, premier secrétaire du Parti communiste de l’URSS, y voit une opportunité de mettre à mal la politique de containment et de faire pression sur les États-Unis ; il fait installer secrètement des armes nucléaires à Cuba.Après plusieurs semaines de graves tensions, Khrouchtchev et Kennedy font en sorte que l’opposition frontale soit évitée : l’URSS retire ses missiles de Cuba, les États-Unis les leurs de Turquie et la sécurité de Cuba est garantie. Le difficile compromis qui règle la crise fait prendre conscience des risques et permet une nouvelle phase des relations, la détente.
À partir de 1945, États-Unis et URSS sont deux superpuissances rivales qui exercent une influence à l'échelle mondiale. Cette situation pousse les autres États à prendre parti pour l'un ou l'autre, jusqu'à former deux blocs opposés.
Alors que le gouvernement tente de moderniser le pays, entraînant une famine sans précédent, Mao Zedong installe un pouvoir totalitaire, fondé sur un parti unique et un culte du chef. Ce qui n'empêche pas le maoïsme de connaître un grand prestige à l'étranger, où il apparaît comme une doctrine alternative au communisme soviétique. Au début des années 70 la Chine se rapproche des États-Unis qui cherchent à jouer des dissensions au sein du bloc communiste. Elle entre à l’ONU en 1971 tandis que la visite du président Nixon en 1972 permet une normalisation des relations.
Créée en 1949, la République populaire de Chine s'impose progressivement comme un modèle communiste original et rompt avec l'URSS, qu’elle juge trop conciliante avec les États-Unis, dans les années 1960.La Chine mène une politique extérieure ambitieuse (aide aux vietnamiens du nord), se présente en leader du tiers monde en soutenant des mouvements révolutionnaires en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient, et développe l’arme atomique (1964).
Par ailleurs les difficultés économiques les poussent à rechercher l’aide des deux Grands, les plaçant dans une situation de dépendance. Le tiers monde devient donc dans les années 60 davantage l’enjeu de la compétition entre grande puissance qu’un acteur autonome des relations internationales.En 1964 est créée la Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) qui vise à une meilleure répartition des richesses de la planète. Les pays du tiers monde, qui ont créé le groupe des 77 à l’ONU, en espèrent des échanges plus équitables avec leurs anciennes puissances coloniales.
Les tensions entre grands se cristallisent d’abord à Berlin lors de la crise de 1948 qui amène la bipartition de l’Allemagne.Berlin ouest, enclave occidentale au milieu de l’espace communiste, devient une vitrine du modèle capitaliste et la porte de sortie de centaines de milliers de citoyens est-allemands, qui fuient un régime politique autoritaire et une économie stagnante. Cette situation pousse le gouvernement de la RDA à bâtir en août 1961 un mur coupant les communications entre les deux parties de la ville.En 1963 le président américain J.-F. Kennedy se rend à Berlin et dénonce le mur qui signe l’échec du système communiste mais Berlin devient un symbole de la division de l’Europe.
Américains et Russes comprennent la nécessité de renforcer le dialogue et établissent une ligne directe (le téléphone rouge) entre le Kremlin et la Maison Blanche.Ils cherchent à normaliser leurs relations pour sortir de l’état de guerre indirecte perpétuelle : les accords SALT I (Stategic Arms Limitation Talk) de réduction des arsenaux nucléaire signés par Brejnev et Nixon en 1972 ou les accords d’Helsinki signé en 1975 entre l’URSS et les pays d’Europe de l’Ouest sur les frontières confirment cette volonté de normalisation.Cependant la détente repose toujours sur l’équilibre de la terreur et la doctrine de la dissuasion nucléaire, selon laquelle les armes nucléaires ont pour unique fonction de décourager une éventuelle attaque de l’adversaire.
La rivalité est totale mais avant tout militaire : l’explosion de la première bombe atomique russe en 1949 lance une course aux armements en nombre et en puissance qui aboutit à la mise au point de la bombe H (1952/1953). Les autres puissances mondiales cherchent alors à se doter à leur tour de l’arme atomique (France 1960), ce qui entraîne une prolifération nucléaire.
Les deux superpuissances constituent progressivement deux blocs d’alliés. En échange de leur soutien, les deux Grands apportent à leurs alliés un soutien diplomatique (par exemple au Conseil de sécurité de lʼONU), une assistance militaire et une aide économique. La majorité des pays européens situés à l'ouest du « rideau de fer » entrent dans l'alliance américaine. Ils sont liés aux États Unis par le plan Marshall et l'OTAN. Ils forment le cœur du bloc de l'Ouest. Les États-Unis signent également des alliances régionales (Pacte de Rio, de Bagdad, ANZUS, OTASE) et des alliances bilatérales (Japon, Taïwan, Corée du Sud) pour contenir l’avancée communiste.
La décolonisation commence en Asie où l’Inde est la première puissance asiatique à négocier son indépendance avec sa métropole (1947), ce qui n’empêche pas l’éclatement de violences et la partition des Indes Britanniques entre Inde et Pakistan.En Afrique la plupart des pays obtiennent leur indépendance dans les années 60, notamment en Afrique subsaharienne, Maroc et Tunisie ayant eux négocié leur indépendance dès 1956.
Deux brefs conflits opposent Israël, soutenu par les États-Unis, et ses voisins arabes, soutenus par l'URSS. La guerre des Six Jours (1967), déclenchée par Israël, lui permet d'occuper de consolider son territoire et d’occuper Jérusalem-Est et les territoires palestiniens. En 1964 l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) est créée au Caire avec à sa tête Yasser Arafat. Elle décide d’internationaliser la question palestinienne et se tourne vers le terrorisme : détournements d’avions, attentats (Munich, 1972)Une nouvelle guerre oppose Israël aux pays arabes (Égypte, Syrie) en 1973, la guerre du Kippour.Elle s’achève par une nouvelle victoire israélienne et en réaction par une flambée des cours du pétrole décidée par les principaux pays producteurs.
La rivalité est aussi culturelle et se poursuit jusque dans les compétitions sportives qui deviennent un moyen de montrer la supériorité de son camp (Jeux olympiques).
En 1968 les manifestations de la jeunesse se multiplient aux États-Unis et en Europe contre la guerre au Vietnam et l'impérialisme américain. Ces manifestations aboutissent dans certains pays comme en France à un véritable soulèvement populaire en mai. Au Mexique, le soulèvement étudiant tourne au carnage avec la mort de 300 manifestants, tués par les forces de l’ordre. En Tchécoslovaquie, le dirigeant Dubcek qui entend créer un « socialisme à visage humain » supprime la censure et autorise les voyages. C’est inacceptable pour l'URSS de Brejnev qui écrase en août le « printemps de Prague ». Aux États-Unis l’assassinat du leader noir Martin Luther King entraîne l’embrasement des ghettos. Aux jeux olympiques de Mexico, les athlètes Tommy Smith et John Carlos protestent contre les discriminations raciales aux États-Unis. L'année 1968 est donc marquée par de nombreux mouvements de contestation, qui remettent en question l'ordre établi dans chacun des deux blocs.
La Seconde guerre mondiale marque un affaiblissement historique des puissances coloniales européennes ainsi qu’une perte de prestige, en particulier de la France et du Royaume-Uni.En Asie, l’occupation japonaise des colonies a détruit systématiquement les administrations coloniales et dans toutes les colonies, des mouvements indépendantistes locaux dénoncent les inégalités sociales, politiques et économiques des sociétés colonisées, rejettent la domination occidentale et revendiquent l'accès à la souveraineté nationale. Dès 1942, Gandhi lance le mouvement « Quit India » et en Indochine, Ho Chi Minh proclame l’indépendance du Vietnam en 1945. Par ailleurs le contexte international a changé. Les deux Grands défendent le concept de liberté : l'URSS encourage les populations colonisées à se libérer de l’impérialisme occidental. Tandis que les États-Unis défendent le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes suivant la doctrine du président Wilson. Un principe qui est affirmé par la charte des Nations Unies.
Alors qu’en 1945 une grande partie de l’Asie et quasiment toute l’Afrique sont encore colonisées, l'obtention rapide de l'indépendance par les pays anciennement dominés par les puissances européennes bouleverse l'ordre international.
À partir de 1947, la guerre froide – le terme, inventé par George Orwell, est popularisé par le journaliste Walter Lippmann dès la fin des années 40 – oppose deux blocs opposés menés par les Etats-Unis et par l’URSS. Les deux Grands constituent des systèmes d’alliances qui divisent la planète et se livrent à un affrontement, le plus souvent indirect, par alliés interposés, qui se traduit par une série de crises locales ayant des répercussions à l'échelle mondiale. Dans le même temps, suite de l’affaiblissement des anciennes puissances coloniales, de nombreux pays d’Asie puis d’Afrique accèdent à l’indépendance. La conscience de leurs intérêts communs et de la force qu’ils représentent les pousse à s’organiser : c’est la naissance du tiers-monde.Ces deux mouvements, bipolarisation et décolonisation, s’entrechoquent et s’alimentent mutuellement pour aboutir à nouvelle donne géopolitiques, rejetant l’Europe au second plan face à de nouveaux espaces comme l’Asie et le Moyen Orient.