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Les neuroleptiques
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Les neuroleptiques
Support de sensibilisation
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Version janvier 2023
Objectif
- Sensibiliser les professionnels de santé et soignants (médecins, infirmiers, aides-soigants) des structures (MAS, FAM, etc.) accueillant des patients/résidents sous neuroleptique, à la prise en charge médicamenteuse par antipsychotique et notamment à la détection et au suivi des effets indésirables
Sommaire
1. Contexte
2. Définition et indications des neuroleptiques
3. Classification et mode d'action
4. Effets indésirables, suivi et prise en charge
5. Posologies - formes galéniques - modalités de prise
6. Boîte à outils
Contexte
Contexte
- Les neuroleptiques sont générateurs d'effets indésirables graves liés à leurs effets thérapeutiques.
- Dans la base REX-EIGS de la HAS, l'analyse des 60 évènements graves médicamenteux met en exergue qu'un tiers est lié à une absence d'évaluation du traitement ou de ses effets.
- En région Normandie : plusieurs EIGS déclarés à l'ARS, impliquant les neuroleptiques
Flash Sécurité Patient - Patient sous neuroleptique la vigilance est la bonne pratique. HAS. Octobre 2022
Contexte
Nxt
Définition et indications des neuroleptiques
Quiz
Neuroleptique ou antipsychotique
- Médicament caractérisé par une triade thérapeutique (sédative, antiproductive ou déshinbitrice) d'intensité variable selon les molécules, et utilisé pour calmer l'agitation, réduire ou atténuer certaines psychoses .
- On distingue les antipsychotiques conventionnels/classiques (1ère génération) des antipsychotiques atypiques (2ème génération)
Effets thérapeutiques
Indications thérapeutiques
Indications thérapeutiques
Classification et mode d'action
Quiz
Mode d'action neurochimique
Tous les antipsychotiques sont des antagonistes des réceteurs dopaminergiques de type D2
Mode d'action neurochimique
- Le blocage des récepteurs D2 de la dopamine expliquerait en majeure partie leur action. Cet antagonisme représente le facteur commun entre les neuroleptiques quel que soit leur génération. Ces médicaments agiraient donc en bloquant les récepteurs pré et post-synaptique (D2) et pré-synaptique D3.
Mode d'action neurochimique
- La classification typique/atypique est établie selon le rapport d’occupation des récepteurs à la sérotonine (5-HT2) sur celui des récepteurs à la dopamine (D2).
- La distinction se fait sur la constatation que les neuroleptiques « typiques » ont un rapport inférieur à 1 du fait de leur fixation presque exclusive sur les récepteurs D2 alors que les « atypiques » ont un rapport supérieur à 1 car ils se fixent préférentiellement sur les récepteurs 5-HT2 (par exemple : la rispéridone possède un rapport de 25).
- L'antagonisme sur les récepteurs sérotoninergiques serait à l’origine d’une meilleure tolérance et d’une action renforcée sur les troubles déficitaires pour les neuroleptiques « atypiques ».
Neuroanatomie de la dopamine
4 voies
Neuroanatomie de la dopamine
- Voie mésolimbique :
- impliquée dans le plaisir, la récompense, le renforcement comportemental. Dans la schizophrénie : hyperactivité dopaminergique mésolimbique responsable de symptômes productifs (délires, hallucinations)
- Les neuroleptiques en bloquant les récepteurs vont induire une diminution de dopamine et donc une réduction des symptômes productifs
Neuroanatomie de la dopamine
Les neuroleptiques classiques (1ère génération) ne montrent pas de sélectivité pour les récepteurs D2 de la voie mésolimbique. Ils vont également agir sur 3 autres voies :
- Voie mésocorticale :
- impliquée dans les symptômes négatifs et cognitifs.
- Schizophrénie : hypodopaminergie mésocorticale
- Neuroleptiques → blocage récepteurs D2 → aggravation symptômes négatifs
Neuro-anatomie de la dopamine
- Voie nigrostriée :
- appartient au système nerveux extrapyramidal : régulation de la motricité
- Neuroleptiques → blocage récepteurs D2 post-synaptiques → syndrome parkinsonien → dyskinésie précoce (torticolis spasmodique, trismus, etc.)et/ou → triade tremblement + rigidité + akinésie → dyskinésies tardives (mouvements involontaires hyperkinétiques)
- Voie tubéro-infundibulaire :
- la dopamine inhibe la sécrétion de la prolactine
- Neuroleptiques → blocage récepteurs D2 → désinhibition de la sécrétion de la prolactine : aménorrhée, galactorhée, troubles sexuels, gynécomastie
Mode d'action neurochimique
Les neuroleptiques bloquent les récepteurs centraux de la dopamine mais il faut demeurer attentif à leurs interactions avec d'autres neuromédiateurs :
- action adrénolytique : antinoradrénergique, en particulier alpha 1
- action atropinique : anticholinergique, antimuscarinique M1 et M2
- action antihistaminique, en particulier anti-H1
- action antisérotoninergique : 5HT2 notamment
Mode d'action neurochimique
- Effets "extra dopaminergiques ":
- Anti-cholinergiques (M1) : syndrome confusionnel, sédation, sécheresse buccale, rétention d'urine, constipation, troubles de l'accommodation visuelle (mydriase), troubles sexuels, etc.
- Anti-noradrénergiques (récepteur alpha 1) : hypotension orthostatique, etc.
- Anti-histaminiques (H1) : sédation, prise depoids
Mode d'action neurochimique
Mode d'action neurochimique
Variabilité des modes d'actions entre neuroleptiques atypiques → profils d'action et d'effets indésirables pouvant différer
Classification basée sur l'effet thérapeutique
Ces classifications reposent sur l'apparition des effets neuroleptiques :
- Effet sédatif : certains neuroleptiques vont permettre de calmer le patient en induisant un état d'indifférence psychomotice diminuant l'initiative motrice et provoquant une neutralité émotionnelle utile dans les phases aigües des psychoses afin de tempérer l'agitation du patient
- Effet antiproductif : il traduit l'efficacité des neuroleptiques sur les activités délirantes ou hallucinatoires
- Effet antidéficitaire: il traduit l'efficacité des neuroleptiques sur les symptômes déficitaires ou négatifs qui peuvent apparaître au cours des psychoses qui sont classiquement l’indifférence, la pauvreté des expressions, le repli sur soi, la perte d’initiative et l’émoussement affectif.
- Différentes classifications existent : Lambert et Revol (1960) ; Deniker et Ginestet (1975), Delay et Deniker (1961), etc.
Classification basée sur l'effet thérapeutique
Exemple de la classification de Deniker et Ginestet (1975) :
- 4 catégories :
- Les sédatifs ayant des effets végétatifs importants (tels que l'hypotension)
- Les moyens ayant des effets thérapeutiques et indésirables modérés
- Les polyvalents qui exercent à la fois une action sédative, une action réductrice sur les hallucinations et le délire, ou une action désinhibitrice "stimulante" dans les syndromes déficitaires
- Les désinhibiteurs qui associent, pour certains, des effets neurologiques très puissants à leurs effets thérapeutiques
Classification basée sur la structure chimique
Antipsychotiques dits classiques (1ère génération)
Classification basée sur la structure chimique
Antipsychotiques atypiques (2nde génération)
Fixation conjointe récepteurs D2 et hétérorécepteurs de type 5-HT2A = double action→ moindre risque d'effets extrapyramidaux et meilleure efficacité sur les symptômes négatifs
Effets indésirables, suivi et prise en charge
Quiz
Effets indésirables selon le mode d'action neurochimique
Quiz
Les effets indésirables (EI) fréquents
DYSPHAGIES
NEUROLOGIQUES
CARDIAQUES
SYNDROME METABOLIQUE
NEURO-VEGETATIFS
ENDOCRINIENS
Quiz
Les EI cardiaques
Tous les neuroleptiques de première comme de seconde génération exposent au risque de trouble du rythme cardiaque grave !
→ Allongement de l'intervalle QT→ augmentation du risque de Torsade de pointe→ risque de fibrillation ventriculaire→ mort subite
Effets adrénolytiques
Eviter tout médicament associé pouvant aussi prolonger l'intervalle QTVigilance avec citalopram, escitalopram, dompéridone et hydroxyzine
Les EI cardiaques
Neuroleptiques torsadogènes
- Pimozide (ORAP)
- Pipampérone (DIPIPERON)
- Pipothiazine (PIPORTIL)
- Sulpiride (DOGMATIL)
- Zuclopentixol (CLOPIXOL)
- Amisulpride (SOLIAN)
- Chlorpromazine (LARGACTIL)
- Cyamémazine (TERCIAN)
- Flupentixol (FLUENXOL)
- Levomépromazine (NOZINAN)
Effets adrénolytiques
Liste non exhaustive
Les EI cardiaques
Effets adrénolytiques
CL Wang et al. Incidences, risk factors, and clinical correlates of severe QT prolongation after the use of quetiapine or haloperidol
Les EI cardiaques
L'évaluation et le suivi cardiovasculaire sont un prérequis à la prescription de neuroleptiques
- Recherche systématique de facteurs de risque cardiovasculaire : diabète, HTA, dyslipidémie, syndrome métabolique, obésité, tabagisme
- Facteurs précipitants de torsades de pointes : maladie cardiaque préexistante, déséquilibre électrolytique (hypokaliémie, hypomagnésémie, hypocalcémie), bradycardie sévère, altération de la fonction hépatique ou rénale, associations médicamenteuses à risque, allongement de l'intervalle QT préexistant ou acquis
- Ionogramme (natrémie, kaliémie, calcémie, magnésémie)
- ECG (intervalle QT corrigé)
- Tension artérielle
Effets adrénolytiques
Avant l'initiation et en cours de traitement
Les EI cardiaques
ECG
- ECG systématique à J0 des patients sous antipsychotiques
- Si 1 FDR lié au patient : ECG J0 + éviter tout facteur de risque lié au traitement
- Si 1 FDR lié au traitement ou FDR multiples : ECG J0 + J7
- Si OK : ECG à M1 et M6 puis 1/an
- Si pathologique : réduire FDR + surveillance
Effets adrénolytiques
Si QTc > 450 ms : surveillance particulièreSi QTC > 500 ms : contre-indication des neuroleptiques
Les EI cardiaques
Interactions médicamenteuses à risque (autres médicaments torsadogènes)
- Antiarythmiques : amiodarone
- Antihistaminiques : hydroxyzine (ATARAX) (CI), loratadine, cétirizine, diphénydramine, féxofénadine, desloratadine
- Antiémétiques : dompéridone (CI)
- Anti-infectieux/antiviraux : érythromycine, clarithromycine, azithromycine, moxifloxacine, lévofloxacine, ciprofloxacine
- Antidépresseurs : citalopram (CI), fluoxétine, escitalopram (CI), sertraline, paroxétine, antidépresseurs tricycliques
- Substituts aux opiacés : méthadone
- Hydroxychloroqiuine
Effets adrénolytiques
Liste non exhaustive
Les EI cardiaques
Effets adrénolytiques
Quiz
Les EI neurovégétatifs
Effets anticholinergiques
Effets adrénolytiques
- Hypotension orthostatique avec tachycardie
- NLP typiques ainsi que Clozapine et Olanzapine
Les EI neurovégétatifs: focus sur les effets anticholinergiques
Calculateur à télécharger
Quiz
Focus sur la constipation et les troubles digestifs graves
Les troubles digestifs sont souvent sous-estimés et banalisés !40% des patients schizophrènes souffriraient de constipation pouvant être à l'origine de complications somatiques urgentes avec mise en jeu du pronostic vital
Epidemiology of constipation in North America: a systematic review. Disponible sur: http://www.medicalevid.com/pdf/AJGEpiConstip2004.pdf
Une constipation peut conduire à des complications graves :
- Fécalome
- Colopathie fonctionnelle
- Occlusion intestinale
- Iléus
- Colite ischémique
- Mégacolon toxique
- Syndrome d'Olgivie
- Volvulus
Focus sur la constipation et les troubles digestifs graves
Complications graves de la constipation
- Fécalome : durcissement progressif de matières fécales déshydratées (asséchées), provoqué par une stagnation prolongée, et une réabsorption d'eau dans le rectum.
- Colopathie fonctionnelle : symptômes associant douleurs abdominales, ballonnements, et troubles du transit. Physiopathologie qui met en jeu plusieurs mécanismes : l’altération de la motricité digestive, des troubles psychiques (sujet atteint fréquemment d’anxiété, d’hypochondrie et de dépression), des troubles de la sensibilité viscérales (hypersensibilité à la distension du tube digestif), inflammation et un déséquilibre des neurotransmetteurs.
- Occlusion intestinale : arrêt du transit intestinal normal composé de gaz et de matières, elle représente une urgence thérapeutique. C’est surtout l’interruption complète du transit gazeux qui doit être recherchée ; En effet, l’arrêt des matières est souvent difficile à évaluer chez les patients constipés. Il existe plusieurs types d’occlusion qui diffèrent selon le mécanisme (obstruction, strangulation) et le niveau anatomique de l’occlusion (grêle ou colon)
Focus sur la constipation et les troubles digestifs graves
Signes et symptômes d'une occlusion intestinale
- L’occlusion intestinale peut être localisée au niveau de l’intestin grêle ou au niveau du côlon.
- Un blocage haut donne souvent des symptômes tels que des douleurs abdominales très violentes, des vomissements et une altération de l’état général et de l’appétit. On retrouve également comme symptôme de l’occlusion intestinale une distension abdominale et une absence d’émission de gaz.
- Une occlusion intestinale basse provoque des douleurs généralement moins vives, des vomissements tardifs et une distension abdominale. Une occlusion intestinale basse provoque un arrêt du transit plus rapide qu’une occlusion intestinale haute. Parfois, une fièvre peut être présente, accompagnée de tachycardie et de signes de déshydratation.
Focus sur la constipation et les troubles digestifs graves
Diagnostic d'une occlusion intestinale
- En premier lieu : examen clinique comprenant une palpation de l'abdomen et une écoute des bruits intestinaux à l'aide d'un stéthoscope.
- Puis examens d'imagerie (radiographie de l'abdomen/scanner abdominal/scanner abdomino-pelvien)
Focus sur la constipation et les troubles digestifs graves
Complications graves de la constipation
- Iléus : occlusion intestinale due à une paralysie de l’intestin grêle alors qu’il n’existe pas d’obstacle. Il s’agit d’une l’inhibition fonctionnelle de la motricité.
- Colite ischémique : regroupe l’ensemble des lésions secondaires à une anoxie d’origine circulatoire, artérielle ou veineuse, aiguë ou chronique, de la paroi du côlon et/ou du rectum. La colique ischémique est l’accident vasculaire digestif le plus fréquent et touche préférentiellement le sujet âgé. Elle provoque des ulcérations de la muqueuse ayant pour séquelles, translocation bactérienne, inflammation, ischémie et nécrose (on parle alors d’entérocolite nécrosante)
- Péritonite : inflammation ou une infection aiguë du péritoine généralisée ou localisée. L'irritation péritonéale peut être causée par un liquide purulent, mais aussi par un liquide aseptique (tout au moins au début de l'évolution), en particulier en casde perforation d'un ulcère gastro-duodénal .
Focus sur la constipation et les troubles digestifs graves
Complications graves de la constipation
- Mégacolon toxique : complication potentiellement fatale d'autres conditions intestinales. Il est caractérisé par un côlon très dilaté (mégacôlon), accompagné d'une dilatation de l'abdomen (gonflement), et parfois de fièvre, de douleurs abdominales ou d'un état de choc. Le mégacôlon toxique est le plus souvent une complication d'une maladie inflammatoire chronique de l'intestin mais d'autres formes de mégacôlon existent et peuvent être congénitales ou associées à certaines formes de constipation.
- Syndrome d'Ogilvie : pseudo-occlusion colique aigue provoquant la dilatation aigue du colon antérieurement sain survenant en l’absence d’obstruction mécanique.
- Volvulus : torsion d'une anse intestinale aboutissant à une interruption de la vascularisation (apport sanguin) ce qui entraîne l'apparition d'une occlusion ou une sub-occlusion et un risque de nécrose de n'importe quelle partie du tube digestif
Focus sur la constipation et les troubles digestifs graves
Profil multifactoriel des causes
- Sédendarité
- Déshydratation
- Alimentation pauvre en fibres
- Difficultés de communication
- Diminution de la sensibilité à la douleur
- Difficultés de dépistage
- Banalisation de l'effet
- Médicaments : effet anticholinergique + implication d'autres mécanismes (activité antisérotoninergique, antidopaminergique, antihistaminique/association des molécules/association à d'autres psychotropes/molécules correctrices)
Focus sur la constipation et les troubles digestifs graves
Prévalence de la constipation selon l'antipsychotique
Ozbilen M, Adams CE. Systematic overview of Cochrane reviews for anticholinergic effects of antipsychotic drugs. J Clin Psychopharmacol. avr 2009;29(2):141‑6.
Focus sur la constipation et les troubles digestifs graves
Recherche ACTIVE des troubles du transit
Critères diagnostics de la constipation
Focus sur la constipation et les troubles digestifs graves
Recherche ACTIVE des troubles du transit
Focus sur la constipation et les troubles digestifs graves
Stratégie thérapeutique
Le traitement de première intention de la constipation doit se faire via des règles hygiéno-diététiques. Un traitement par laxatifs est initié s’il y a échec de ces mesures.
- Mesures hygiéniques :
- environnement approprié : toilettes faciles d’accès, closes, personnelles ;
- accompagnement aux toilettes si dépendance ;
- respect des horaires réguliers;
- exercice physique si possible;
- massages abdominaux.
Etablir un protocole prévention et prise en charge de la constipation
Focus sur la constipation et les troubles digestifs graves
Stratégie thérapeutique
- Mesures diététiques :
- apports hydriques suffisants; favoriser les eaux riches en magnesium, éviter les boissons gazeuses et sucrées.
- apports suffisants de fibres (fruits, jus de fruits, pruneaux, supplémentation en fibres, légumes verts, pain complet).
- éviter certains aliments pouvant favoriser un ralentissement de transit : riz blanc, carottes cuites…
Focus sur la constipation et les troubles digestifs graves
Stratégie thérapeutique
- Traitements médicamenteux : ne pas associer 2 laxatifs de la même classe
Focus sur la constipation et les troubles digestifs graves
Stratégie thérapeutique
Focus sur la constipation et les troubles digestifs graves
A mettre en place
- Protocole relatif à la prévention, à la reconnaissance et à la prise en charge des troubles du transit (constipation et occlusion)
- Evaluation des facteurs de risque et des conduites préventives d'occlusion intestinale
- Tracer dans le dossier du patient/résident la surveillance quotidienne du transit intestinal chez tout patient traité par neuroleptique
Focus sur la constipation et les troubles digestifs graves
Outils
Les EI neurologiques
- Sédation, somnolence
- Syndrome extrapyramidal : concerne surtout les NLP de 1ère génération
- Convulsions
- Syndrome malin des neuroleptiques : RARE mais grave
Quiz
Les EI neurologiques : focus sur le syndrome extrapyramidal
Symptômes principaux
- Syndrome parkinsonien : akinésie (perte de spontanéité des mouvements), tremblement de repos, démarche aléatoire, hypertonie ou rigidité musculaire
- Réactions dystoniques : contractures ou spasmes musculaires responsables de dyskinésies précoces (mouvements anormaux tels que des troubles de la déglutition, hypersalivation, besoin de piétinement...)
- Akathisie: sentiment d'agitation intérieure, besoin impérieux de bouger, mouvements répétitifs type balancement, piétinement
- Dyskinésie tardive (long terme avec le traitement antipsychotique) - parfois irréversible
Les EI neurologiques : focus sur le syndrome extrapyramidal
Les EI neurologiques : focus sur le syndrome extrapyramidal
Point sur la DYSKINESIE TARDIVE
- Trouble des mouvements involontaires le plus souvent caractérisé par la contraction accentuée des lèvres et de la langue et/ou par des spasmes des bras ou des jambes.
- Incidence chez les patients prenant des antipsychotiques classiques environ 5% pour chaque année d'exposition au médicament.
- Chez près de 2% des patients, la dyskinésie tardive est gravement défigurante.
- Moins fréquente avec les antipsychotiques de 2e génération.
- Peut persister indéfiniment, même après l'arrêt du médicament.
→ Du fait de ce risque, contrôler le patient sous traitement d'entretien à long terme au moins tous les 6 mois.
Les EI neurologiques : focus sur le syndrome extrapyramidal
Traitement
- Introduction de correcteurs anticholinergiques : Tropatépine (LEPTICUR) - Bipéridène (AKINETON) - Trihéxyphénidyle (ARTANE et PARKINANE retard)
Toutefois risque d'accentuation des effets anticholinergiques déjà présents !
- Intérêt de la réévaluation des doses et du type de NLP à privilégier !
La dysphagie (trouble de la déglution)
Difficulté ou incapacité à avaler. La personne éprouve des difficultés à faire passer des liquides ou solides de la bouche vers l'estomac
Etiologies de la dysphagie induite par les neuroleptiques
J Martel. Dysphagie iatrogénique. Pharmactuel Vol. 34 No.1 Janvier/Février 2001
La dysphagie (trouble de la déglution)
Traitement de la Xérostomie (sécheresse buccale)
J Martel. Dysphagie iatrogénique. Pharmactuel Vol. 34 No.1 Janvier/Février 2001
La dysphagie (trouble de la déglution)
Prise en charge
La dysphagie (trouble de la déglution)
Prise en charge
Les EI endocriniens
Action HYPERPROLACTINEMIANTE
- Cet effet indésirable se développe par l’action antagoniste dopaminergique D2 des NL au niveau de l’hypophyse- EI d’apparition rapide
- Manifestations:
- Augmentation du taux de prolactine : NL dépendant , fonction de la durée et la posologie
- Troubles sexuels, troubles du cycle menstruel et galactorrhée
- Perte de densité minérale osseuse
- Effet mitogène sur les cellules mammaires -> risque accru de développement de cancer du sein
- Le potentiel hyperprolactinémiant des neuroleptiques classiques est élevé quelle que soit la molécule. À l’inverse, le risque d’hyperprolactinémie lié aux antipsychotiques atypiques varie selon le principe actif.
- L’amisulpride et la rispéridone sont couramment associés à des taux de prolactine élevés, ainsi qu'à l'aménorrhée et au dysfonctionnement sexuel qui suivent.
Les EI endocriniens
Focus sur l'ostéoporose
Il est recommandé de prévenir les facteurs de risque :
- Surveillance de la prolactine
- Lutte contre la sédentarité
- Prévention du tabagisme, de l'abus d'alcool et de la toxicomanie
- Veiller à un régime alimentaire riche en vitamine
- Exposition raisonnable au soleil (attention à la photosensibilisation liée aux antipsychotiques)
Quiz
EI Syndrome métabolique
Antipsychotiques : rappel des mesures de suivi cardiométabolique - Point information du 29/10/2018
- Prise de poids et troubles métaboliques tels que diabète et/ou dyslipidémie
- Appétence vers les produits sucrés (chips, bonbons..)
- Mise en évidence d’un respect insuffisant de la surveillance biologique des patients traités par antipsychotiques
- Rappel de l’ANSM sur les recommandations de suivi cardio-métabolique émises en 2010.
Tous les antipsychotiques entraînent un risque de prise de poids et d'anomalies métaboliques, bien que ce risque semble plus élevé avec les ADG, en particulier l'olanzapine, la quétiapine et la clozapine.
EI Syndrome métabolique
Définition
Selon la Fédération Internationale du Diabète, une personne est atteinte du syndrome métabolique lorsqu’elle présente une obésité abdominale (= un tour de taille supérieur à 94 cm chez les hommes et 80 cm chez les femmes) et au moins deux des facteurs suivants :
- Taux élevé de triglycérides : le taux de triglycérides est égal ou supérieur à 1,7 mmol/L, l’équivalent de 150 mg/dL.
- Faible taux de cholestérol HDL (= le « bon » cholestérol) : le taux de cholestérol HDL est inférieur à 1,03 mmol/L (40 mg/dL) chez un homme et à 1,29 mmol/L (50 mg/dL) chez une femme.
- Hypertension artérielle : la tension artérielle, est supérieure ou égale à 130 mmHg pour la pression artérielle systolique et à 85 mmHg pour la pression artérielle diastolique.
- Taux élevé de glycémie veineuse : la glycémie veineuse à jeun est égale ou supérieure à 5,6 mmol/L (100 mg/L).
EI Syndrome métabolique
Antipsychotiques : rappel des mesures de suivi cardiométabolique - Point information du 29/10/2018
- Avant le traitement, il est recommandé de :
- Rechercher les facteurs de risque du patient (antécédents médicaux, traitements en cours, hygiène de vie).
- Pratiquer des bilans cliniques et biologiques (calcul de l’indice de masse corporel, mesure du périmètre ombilical, mesure de la pression artérielle, dosages à jeun de la glycémie, du cholestérol (total, HDL, LDL) et des triglycérides.
- Informer les patients et leur entourage de la nécessité de consulter rapidement, en cas de survenue de symptômes évocateurs d’un diabète (polyurie, polydipsie, perte de poids).
- Pendant le traitement, une surveillance étroite devra porter sur le poids, la glycémie, la pression artérielle et le bilan lipidique
- La stratégie de surveillance dépend des facteurs de risque trouvés avant l’instauration du traitement, des signes cliniques apparaissant pendant le traitement, et du traitement antipsychotique instauré.
- En cas d’anomalies détectées pendant le traitement :
- Il est recommandé de rappeler aux patients les règles hygiéno-diététiques.
- La prise en charge thérapeutique doit faire intervenir médecin traitant et psychiatre et peut amener, dans certains cas, à orienter le patient vers un spécialiste.
EI Syndrome métabolique
Antipsychotiques : rappel des mesures de suivi cardiométabolique - Point information du 29/10/2018
EI Syndrome métabolique
Prévention
- Pratiquer une activité physique de type aérobie (marche rapide, jogging, cyclisme, natation…) au moins 30 minutes par jour 5 fois par semaine. Les sédentaires doivent reprendre le sport de façon progressive, sans forcer et en augmentant jour après jour l’intensité et la durée de l’activité physique
- Adopter une alimentation saine et équilibrée : augmentation de la consommation de fruits et légumes, privilégier les aliments riches en oméga-3, en oméga-9 et éviter les aliments riches en gras saturés
- Éviter le tabac et l’alcool
- Faire régulièrement des bilans de santé. Un suivi médical régulier est de mise afin de dépister les facteurs de risque (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, hyperglycémie, diabète de type 2…) et de prévenir le syndrome métabolique.
Autres EI des NLP
- Crises épileptiques : abaissement du seuil épileptogène
- Plus le neuroleptique est sédatif plus il abaisse le seuil épileptogène
- Surveillance étroite au cours du traitement par clozapine, car des convulsions dose-dépendantes ont été rapportées sous clozapine.
- EI dermatologiques
- Photosensibilisation : ++ les phénothiazines * (Chlorpromazine LARGACTIL, Cyamémazine TERCIAN, Lévomépromazine NOZINAN, Pipothiazine PIPORTIL, Propériciazine NEULEPTIL)
- Informer les patients
- Mettre en place de mesures simples de prévention : éviter l’exposition au soleil, porter des vêtements couvrants et/ou utiliser une crème de protection solaire d’indice élevé
- hyperpigmentation, éruptions cutanées, alopécie…
Les effets indésirables (EI) rares mais GRAVES
SYNDROME MALIN DES NEUROLEPTIQUES
ENDOCRINIENS
AGRANULOCYTOSE ET CLOZAPINE
Syndrome malin des neuroleptiques
- Jusqu'à 25% de décès si absence de traitement dans les 24h/48h
- Se caractérise par 4 symptômes sur quelques jours, souvent dans l'ordre suivant :
- Altération de l'état mental → peut progresser vers la léthargie ou état comateux
- Anomalies motrices : rigidité musculaire sévère et généralisée , tremblements concomitants à rigidité en roue dentée, dystonie, chorée, diminution des réflexes
- Hyperthermie : > 38° C et souvent > 40° C.
- Hyperactivité du système neurovégétatif : tachycardies, tachypnée, troubles du rythme et HTA labile.
- Cliniquement, le syndrome malin des neuroleptiques ≈ une hyperthermie maligne.
- Le diagnostic est clinique.
Traitement = PEC en réanimation + arrêt définitif de l'antipsychotique en cause
Quiz
Quiz
Quiz
EI de la CLOZAPINE : agranulocytose
Surveillance du nombre de globules blancs (GB) et de polynuclaires neutrophiles (PNN)
1% des patients traités
- Numération formule leucocytaire dans les 10 jours précédant l’instauration du traitement par clozapine
- S’assurer que seuls des patients ayant un nombre normal de GB et de PNN (nombre de GB ³ 3500/mm3 [3,5 x 109/l] et nombre absolu de PNN ³ 2000/mm3 [2 x 109/l]) recevront la clozapine.
- Après le début du traitement par clozapine, numération de GB et de PNN effectuée et contrôlée
- une fois par semaine pendant les 18 premières semaines et
- au moins toutes les quatre semaines par la suite.
- Cette surveillance hématologique doit être poursuivie tout au long du traitement et pendant les 4 semaines suivant l'arrêt complet de la clozapine ou jusqu'à une normalisation hématologique → CARNET DE SUIVI
- A chaque consultation, rappeler aux patients qu'ils doivent contacter rapidement leur médecin traitant dès l'apparition d’une infection quelle qu'elle soit, fièvre, angine ou autres symptômes pseudo-grippaux.
- Une NFS doit être réalisée immédiatement en cas de survenue de tout signe ou symptôme d’infection.
EI de la CLOZAPINE : agranulocytose
La conduite à tenir en cas de neutropénie dépend de l’ampleur de la chute du taux de GB et de PNN :
- si PNN < 2000/mm3 et GB < 3500/mm3 : réalisation d'une NFS deux fois/semaine jusqu'à normalisation
- Si PNN < 1500/mm3 et GB < 3000/mm3 : interruption du traitement et NFS quotidienne jusqu'à normalisation
Neutropénies et agranulocytoses
Carnet de suivi de la Clozapine à télécharger
Neutropénies et agranulocytoses
Carnet de suivi de la Clozapine à télécharger