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Personnages en marge et plaisirs du romanesque
Dynas Sylva
Created on December 14, 2023
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Transcript
Manon Lescaut de L'Abbé Prévost Parcours associé
Personnages en margePlaisirs du romanesque
Professeure : Sandy SALVY
index
3. "romanesque"
1. "Personnages"
2. "en marge"
4. Textes
5. Exemples analysés
6. Plaisir de la lecture
personnages
En littérature, désigne un être de papier qui figure dans une fiction quel que soit le genre (récit, théâtre, poésie). Il peut être principal (héros / anti-héros) ou secondaire.
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En marge
Qui est à côté, à la périphérie, par rapport à un point. Elle peut être d’ordres différents : sociale, morale, religieuse. Concernant les personnages de fiction, il faut l’entendre comme des êtres particuliers qui ne sont pas ou ne se comportent pas comme les autres. Généralement, il s’agit d’un écart social mais cela peut être aussi dû à un comportement transgressif. C’est une notion assez complexe qui va dépendre des actes des individus et qui n’est généralement pas positive. Ces personnages sont des originaux car ils n’agissent pas comme tout le monde et sortent de la norme fixée par la société.
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romanesque
Adjectif formé à partir du substantif « roman », désignant un genre littéraire qui se caractérise par un récit fictif long mettant en scène des personnages évoluant autour d’une intrigue. Ainsi dans le langage courant ce terme fait référence à des aventures extraordinaires et rocambolesques, des récits captivants et peu banals, des histoires qui relèvent de la passion et des sentiments amoureux. On notera que dans l’intitulé, cet adjectif est associé au terme « plaisir » faisant référence à la réception de ces aventures procurant donc satisfaction au lecteur.
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Les Textes complémentaires :
1. Dressez rapidement le portrait de chaque personnage en question.
Cervantes, L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche
A. Camus,L'Etranger
V. Hugo,Notre-Dame de Paris
Ch. de Laclos,Les Liaisons dangereuses
1782
1831
1942
1605
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P. Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses, Lettre LXXXI, 1782.
Cervantes, L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche
Exemples analysés
La circonctancielle de conséquence permet d’établir que le personnage s’écarte de la société tant il est absorbé par la fiction : « s’adonnait à lire des livres de chevalerie, avec tant de goût et de plaisir, qu’il en oublia presque entièrement l’exercice de la chasse et l’administration de son bien. », soutenue plus bas par le chiasme « notre hidalgo s’acharna tellement à sa lecture que ses nuits se passaient en lisant du soir au matin, et ses jours, du matin au soir. » qui traduit son enfermement dans la fiction.
La marquise s’extrait de ses semblables ainsi qu’en témoigne la comparaison par la négative « car ils ne sont pas comme ceux des autres femmes». En outre, elle paraît d’une nature différente et donc supérieure aux autres car la métaphore « je puis dire que je suis mon ouvrage » renvoie à ses qualités d’autodidacte. Elle a su s’extraire et se former seule dans une société qui enferme les femmes.
2. En quoi ces personnages sont-ils en marge ? 3. Relevez tous les indices vous permettant de justifier.
Albert Camus, L’Étranger, partie I, chapitre 5
On remarque à travers les paroles rapportées directement que Meursault ne développe pas et n’argumente pas ses réponses. Il est d’un naturel sincère n’essayant pas de ménager Marie : « cela [le mariage] n’avait aucune importance ». La description qu’il fait de la ville de Paris est très succincte mais l’on remarque qu’il l’évoque à travers le prisme de ses sens notamment la vue avec les adjectifs « sale »,"noire » et« blanche ».
Victor Hugo, Notre-Dame de Paris
La description de Quasimodo révèle ce qui le différencie des autres. Les adjectifs et les comparaisons dans l’expression « Ses larges pieds semblaient aussi solides sur le pavé de l’église que les lourds piliers romans. Sa grosse tête chevelue s’enfonçait dans ses épaules comme celle des lions qui eux aussi ont une crinière et pas de cou. » le montre comme un colosse ce qui fait de lui quelqu’un d’à part et d'impresionnant.
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Le plaisir du romanesque
4. En quoi ces portraits participent-ils au plaisir de la lecture ?
Une parodie du roman de chevalerie
Un roman historique et gothique
Un roman qui illustre la philosophie de l'absurde
Un roman épistolaire libertin
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Dans une bourgade de la Manche, dont je ne veux pas me rappeler le nom, vivait, il n’y a pas longtemps, un hidalgo, de ceux qui ont lance au râtelier, rondache antique, bidet maigre et lévrier de chasse. Un pot-au-feu, plus souvent de mouton que de bœuf, une vinaigrette presque tous les soirs, des abattis de bétail le samedi, le vendredi des lentilles, et le dimanche quelque pigeonneau outre l’ordinaire, consumaient les trois quarts de son revenu. Le reste se dépensait en un pourpoint de drap fin, des chausses de velours avec leurs pantoufles de même étoffe, pour les jours de fête, et un habit de la meilleure serge du pays, dont il se faisait honneur les jours de la semaine. Il avait chez lui une gouvernante qui passait les quarante ans, une nièce qui n’atteignait pas les vingt, et de plus un garçon de ville et de campagne, qui sellait le bidet aussi bien qu’il maniait la serpette. L’âge de notre hidalgo frisait la cinquantaine ; il était de complexion robuste, maigre de corps, sec de visage, fort matineux et grand ami de la chasse. On a dit qu’il avait le surnom de Quixada ou Quesada, car il y a sur ce point quelque divergence entre les auteurs qui en ont écrit, bien que les conjectures les plus vraisemblables fassent entendre qu’il s’appelait Quijana. Mais cela importe peu à notre histoire ; il suffit que, dans le récit des faits, on ne s’écarte pas d’un atome de la vérité. Or, il faut savoir que cet hidalgo, dans les moments où il restait oisif, c’est-à-dire à peu près toute l’année, s’adonnait à lire des livres de chevalerie, avec tant de goût et de plaisir, qu’il en oublia presque entièrement l’exercice de la chasse et l’administration de son bien. Sa curiosité et son extravagance arrivèrent à ce point qu’il vendit plusieurs arpents de bonnes terres à blé pour acheter des livres de chevalerie à lire. Aussi en amassa-t-il dans sa maison autant qu’il put s’en procurer. […] Enfin, notre hidalgo s’acharna tellement à sa lecture que ses nuits se passaient en lisant du soir au matin, et ses jours, du matin au soir. Si bien qu’à force de dormir peu et de lire beaucoup, il se dessécha le cerveau, de manière qu’il vint à perdre l’esprit. Son imagination se remplit de tout ce qu’il avait lu dans les livres, enchantements, querelles, défis, batailles, blessures, galanteries, amours, tempêtes, et autres extravagances ; et il se fourra si bien dans la tête que tout ce magasin d’inventions rêvées était la vérité pure, qu’il n’y eut pour lui nulle autre histoire plus certaine dans le monde. Il disait que le Cid Ruy Diaz avait sans doute été bon chevalier ; mais qu’il n’approchait point du chevalier de l’Ardente-Épée, lequel, d’un seul revers, avait coupé par la moitié deux farouches et formidables géants. Il faisait plus de cas de Bernard del Carpio, parce que, dans la gorge de Roncevaux, il avait mis à mort Roland l’enchanté, s’aidant de l’adresse d’Hercule quand il étouffa Antée, le fils de la Terre, entre ses bras. Il disait grand bien du géant Morgan, qui, tout issu qu’il fût de cette race géante, où tous sont arrogants et discourtois, était lui seul affable et bien élevé. Mais celui qu’il préférait à tous les autres, c’était Renaud de Montauban, surtout quand il le voyait sortir de son château, et détrousser autant de gens qu’il en rencontrait, ou voler, par-delà le détroit, cette idole de Mahomet, qui était toute d’or, à ce que dit son histoire Quant au traître Ganelon, pour lui administrer une volée de coups de pieds dans les côtes, il aurait volontiers donné sa gouvernante, et même sa nièce par-dessus le marché. Finalement, ayant perdu l’esprit sans ressource, il vint à donner dans la plus étrange pensée dont jamais fou se fût avisé dans le monde. Il lui parut convenable et nécessaire, aussi bien pour l’éclat de sa gloire que pour le service de son pays, de se faire chevalier errant, de s’en aller par le monde, avec son cheval et ses armes, chercher les aventures, et de pratiquer tout ce qu’il avait lu que pratiquaient les chevaliers errants, redressant toutes sortes de torts, et s’exposant à tant de rencontres, à tant de périls, qu’il acquît, en les surmontant, une éternelle renommée. Il s’imaginait déjà, le pauvre rêveur, voir couronner la valeur de son bras au moins par l’empire de Trébisonde. Ainsi, emporté par de si douces pensées et par l’ineffable attrait qu’il y trouvait, il se hâta de mettre son désir en pratique.
La Marquise de Merteuil se distingue des autres femmes par son intelligence supérieure et sa volonté de s’extraire de la condition dans laquelle on l’enferme dans cette société patriarcale. Elle estime pouvoir prétendre aux mêmes droits que les hommes mais ce n’est pas le cas. Elle entend vivre le plus librement possible et se venger des hommes.
Le soir, Marie est venue me chercher et m’a demandé si je voulais me marier avec elle. J’ai dit que cela m’était égal et que nous pourrions le faire si elle le voulait. Elle a voulu savoir alors si je l’aimais. J’ai répondu comme je l’avais déjà fait une fois, que cela ne signifiait rien mais que sans doute je ne l’aimais pas. « Pourquoi m’épouser alors ? » a-t-elle dit. Je lui ai expliqué que cela n’avait aucune importance et que si elle le désirait, nous pouvions nous marier. D’ailleurs, c’était elle qui le demandait et moi je me contentais de dire oui. Elle a observé alors que le mariage était une chose grave. J’ai répondu : « Non. » Elle s’est tue un moment et elle m’a regardé en silence. Puis elle a parlé. Elle voulait simplement savoir si j’aurais accepté la même proposition venant d’une autre femme, à qui je serais attaché de la même façon. J’ai dit : « Naturellement. » Elle s’est demandé alors si elle m’aimait et moi, je ne pouvais rien savoir sur ce point. Après un autre moment de silence, elle a murmuré que j’étais bizarre, qu’elle m’aimait sans doute à cause de cela mais que peut-être un jour je la dégoûterais pour les mêmes raisons. Comme je me taisais, n’ayant rien à ajouter, elle m’a pris le bras en souriant et elle a déclaré qu’elle voulait se marier avec moi. J’ai répondu que nous le ferions dès qu’elle le voudrait. Je lui ai parlé alors de la proposition du patron et Marie m’a dit qu’elle aimerait connaître Paris. Je lui ai appris que j’y avais vécu dans un temps et elle m’a demandé comment c’était. Je lui ai dit : « C’est sale. Il y a des pigeons et des cours noires. Les gens ont la peau blanche. » Puis nous avons marché et traversé la ville par ses grandes rues. Les femmes étaient belles et j’ai demandé à Marie si elle le remarquait. Elle m’a dit que oui et qu’elle me comprenait. Pendant un moment, nous n’avons plus parlé.
Don Quichotte appartient à la petite noblesse rurale, il vit seul et à l’écart de la société, passant tout son temps à lire à tel point qu’il ne fait plus la différence entre la fiction et la réalité. Cet attrait pour la lecture le conduit à la folie de vouloir vivre comme un chevalier.
Meursault a un comportement curieux car il ne semble pas comprendre les rites culturels de la société dans laquelle il vit. Il est dans l’instant présent et ne se pose pas de questions. C’est un homme sensoriel qui réagit par rapport à ce qu’il perçoit par ses sens.
Quasimodo s’était arrêté sous le grand portail. Ses larges pieds semblaient aussi solides sur le pavé de l’église que les lourds piliers romans. Sa grosse tête chevelue s’enfonçait dans ses épaules comme celle des lions qui eux aussi ont une crinière et pas de cou. Il tenait la jeune fille toute palpitante suspendue à ses mains calleuses comme une draperie blanche ; mais il la portait avec tant de précaution qu’il paraissait craindre de la briser ou de la faner. On eût dit qu’il sentait que c’était une chose délicate, exquise et précieuse, faite pour d’autres mains que les siennes. Par moments, il avait l’air de n’oser la toucher, même du souffle. Puis, tout à coup, il la serrait avec étreinte dans ses bras, sur sa poitrine anguleuse, comme son bien, comme son trésor, comme eût fait la mère de cette enfant ; son œil de gnome, abaissé sur elle, l’inondait de tendresse, de douleur et de pitié, et se relevait subitement plein d’éclairs. Alors les femmes riaient et pleuraient, la foule trépignait d’enthousiasme, car en ce moment-là Quasimodo avait vraiment sa beauté. Il était beau, lui, cet orphelin, cet enfant trouvé, ce rebut, il se sentait auguste et fort, il regardait en face cette société dont il était banni, et dans laquelle il intervenait si puissamment, cette justice humaine à laquelle il avait arraché sa proie, tous ces tigres forcés de mâcher à vide, ces sbires, ces juges, ces bourreaux, toute cette force du roi qu’il venait de briser, lui infime, avec la force de Dieu. Et puis c’était une chose touchante que cette protection tombée d’un être si difforme sur un être si malheureux, qu’une condamnée à mort sauvée par Quasimodo. C’étaient les deux misères extrêmes de la nature et de la société qui se touchaient et qui s’entraidaient.
Que vos craintes me causent de pitié ! Combien elles me prouvent ma supériorité sur vous ! et vous voulez m’enseigner, me conduire ? Ah ! mon pauvre Valmont, quelle distance il y a encore de vous à moi ! Non, tout l’orgueil de votre sexe ne suffirait pas pour remplir l’intervalle qui nous sépare. Parce que vous ne pourriez exécuter mes projets, vous les jugez impossibles ! Être orgueilleux et faible, il te sied bien de vouloir calculer mes moyens et juger de mes ressources ! […] Croyez-moi, Vicomte, on acquiert rarement les qualités dont on peut se passer. Combattant sans risque, vous devez agir sans précaution. Pour vous autres hommes, les défaites ne sont que des succès de moins. Dans cette partie si inégale, notre fortune est de ne pas perdre, et votre malheur de ne pas gagner. Quand je vous accorderais autant de talents qu’à nous, de combien encore ne devrions-nous pas vous surpasser, par la nécessité où nous sommes d’en faire un continuel usage ! […]. Si cependant vous m’avez vue, disposant des événements et des opinions, faire de ces hommes si redoutables le jouet de mes caprices ou de mes fantaisies ; ôter aux uns la volonté, aux autres la puissance de me nuire ; si j’ai su tour à tour, et suivant mes goûts mobiles, attacher à ma suite ou rejeter loin de moi Ces Tyrans détrônés devenus mes esclaves si, au milieu de ces révolutions fréquentes, ma réputation s’est pourtant conservée pure ; n’avez-vous pas dû en conclure que, née pour venger mon sexe et maîtriser le vôtre, j’avais su me créer des moyens inconnus jusqu’à moi ? […] Quand m’avez-vous vue m’écarter des règles que je me suis prescrites, et manquer à mes principes ? je dis mes principes, et je le dis à dessein : car ils ne sont pas comme ceux des autres femmes, donnés au hasard, reçus sans examen et suivis par habitude, ils sont le fruit de mes profondes réflexions ; je les ai créés, et je puis dire que je suis mon ouvrage. […] Mais de prétendre que je me sois donné tant de soins pour n’en pas retirer de fruits ; qu’après m’être autant élevée au-dessus des autres femmes par mes travaux pénibles, je consente à ramper comme elles dans ma marche, entre l’imprudence et la timidité ; que surtout je pusse redouter un homme au point de ne plus voir mon salut que dans la fuite ? Non, Vicomte ; jamais. Il faut vaincre ou périr. Quant à Prévan, je veux l’avoir et je l’aurai ; il veut le dire, et il ne le dira pas : en deux mots, voilà notre roman. Adieu.
De…, ce 20 septembre 17**.
Quasimodo (et Esméralda) : Il est mis à l’écart par la société à cause de son apparence physique fort disgracieuse. Il fait peur. Esméralda est aussi mise à l’écart car elle est étrangère (bohémienne / Gitane) et que son apparence ainsi que ses mœurs diffèrent. D'ailleurs issue d'un peuple nomade, elle est par essence à la marge.