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Transcript
A minima
Des compositrices dans le sillage du courant minimaliste
01. Vous avez dit minimalisme ?
Sommaire
02. Drone music au féminin
03. Musique répétitive au féminin
01. Vous avez dit minimalisme ?
01
Vous avez dit minimalisme ?
Définition et genèse Caractéristiques musicales Évolution
01. Vous avez dit minimalisme ?
Définition
On parle de minimalisme en musique pour désigner une œuvre qui donne à entendre très peu d'éléments sonores et/ou peu de variations de ces éléments.
Genèse
Le minimalisme est un courant musical initié aux États-Unis par La Monte Young et popularisé par Terry Riley, Steve Reich et Philip Glass. Il voit le jour vers la fin des années 1950, en réaction à la complexité, la densité et la difficulté de la musique moderniste de compositeurs comme Pierre Boulez, Milton Babbitt, Karlheinz Stockhausen et Elliott Carter. Inspirée par les musiques populaires, le jazz et les musiques traditionnelles extra-européennes (notamment asiatiques et africaines), la musique minimaliste se présente comme une tentative de reconstruire la musique classique à partir de ses fondations les plus simples, de réduire ses matériaux à l'essentiel et de ralentir le rythme du changement afin que les auditeur·rice·s puissent suivre le processus musical.Les premières œuvres sont interprétées par les artistes qui les ont écrites, immédiatement après la composition, principalement dans des galeries, des musées, des lofts ou des petites salles de concert. Steve Reich et Philip Glass ont ensuite créé leurs propres groupes (Philip Glass Ensemble, Steve Reich and Musicians) pour assurer des tournées auto-promotionnelles.
01. Vous avez dit minimalisme ?
Caractéristiques musicales
La musique minimaliste peut se caractériser par différents paramètres :
- Un matériau limité ou minimal : quelques notes, quelques mots, un instrumentarium réduit.
- Un tempo ralenti (jusqu'à deux ou trois notes par minute), un rythme harmonique lent.
- Une grande répétitivité (répétition de cellules rythmiques, mélodiques et/ou harmoniques).
- Une pulsation ferme et régulière.
- Un diatonisme et une tendance vers la modalité.
01. Vous avez dit minimalisme ?
Évolution
Vers la fin des années 1970, les processus stricts de composition se sont assouplis et les minimalistes ont fait évoluer leur style vers plus d'expressivité. Les artistes de la génération de Steve Reich, Terry Riley, Philip Glass et La Monte Young, ainsi que des générations suivantes se sont ainsi inspirés des techniques minimalistes, de l'idée de revenir à une simplicité et à une musique accessible, tout en composant des œuvres uniques, personnelles et expressives. Sans se revendiquer « minimalistes » ou « post-minimalistes » et parfois même en rejetant ces termes, les compositrices d'hier à aujourd'hui ont transcendé les codes de la musique minimaliste dans un style qui leur est propre et qui agrège aussi d'autres influences, s'éloignant des premières expériences des « pères fondateurs » du courant. Explorons quelques œuvres de compositrices inspirées notamment par le minimalisme de la note tenue (le bourdon qui caractérise la Drone Music) et le minimalisme répétitif.
02. Drone music au féminin
02
Drone music au féminin
Définition - repèresQuelques exemples à travers des œuvres de :
- Pauline Oliveros (1932-2016)
- Éliane Radigue (1932)
- Ellen Fullman (1957)
- Catherine Lamb (1982)
- Sarah Davachi (1987)
02. Drone music au féminin
Définition
La drone music est un art de la note continue (bourdon) et de l'infime variation. Associée par essence au courant minimaliste, ses racines culturelles sont ancestrales et diversifiées : la musique cérémonielle religieuse d'Asie a considéré le bourdonnement de l'abeille comme une partie de la pratique méditative et de nombreux instruments folkloriques (cornemuse, vielle à roue…) ont été créés pour générer un bourdon comme fonction musicale de base.
Repères
À la fin des années 1950, aux États-Unis, avec la musique notamment des artistes du groupe d'avant-garde Theatre of Eternal Music comme La Monte Young, Tony Conrad et Marian Zazeela, le bourdon et l'utilisation de changements lents sont devenus un terrain fertile pour la composition. La Monte Young compose par exemple en 1958 un Trio pour cordes constitué uniquement de sons tenus durant plusieurs minutes, laissant entendre des bourdons entrecoupés de silences.L'accordage microtonal est régulièrement utilisé pour susciter l'intérêt du bourdon qui autrement serait monotone. En présentant deux tons identiques et en faisant varier l'un d'eux par micro-intervalles, la dissonance résultante crée une sensation de battement rythmique. Ce battement s'accélère ou ralentit en fonction de la proximité ou de la distance de l'intervalle par rapport à l'unisson. Lorsque plusieurs hauteurs sont jouées et que le même système d'accordage microtonal est utilisé, certaines harmoniques sont amplifiées. Avec l'alliage des timbres, on peut aussi percevoir d'autres phénomènes psychoacoustiques.
02. Drone music au féminin
Horse Sings from Cloud pour accordéon et voix (1975)
Pauline Oliveros
Cette œuvre est composée en 1975. Elle peut être interprétée en solo ou en collaboration, vocalement et/ou instrumentalement. D'allure statique, elle comporte d'infimes fluctuations vocales et des bourdons à l'accordéon. Pauline Oliveros s'inspire ici des paysages de la montagne qu'elle voit depuis chez elle, notamment des couleurs changeantes de la saison et des vents soufflant à travers les herbes et les arbres. Cette œuvre apprend à écouter avec profondeur et patience les subtilités d'un son, d'un accord. La musique agit ici comme une méditation auditive et illustre le deep listening inventé par la compositrice, un principe d'écoute qui permet d'élargir le potentiel de connexion et d'interaction avec son environnement.
Bio
OLIVEROS Pauline, Horse Sings from Cloud par Pauline Oliveros, 1982.
02. Drone music au féminin
Occam océan pour orchestre (2015)
Éliane Radigue
Cette œuvre s'inscrit dans un cycle de pièces pour divers effectifs, de l'instrument seul à l'orchestre. Ici, la technique d'interprétation personnelle des musicien·ne·s et leurs relations particulières avec leurs instruments servent de matériau de composition à la pièce.Éliane Radigue considère l'océan comme un antidote apaisant à la nature écrasante de notre environnement rempli d'ondes vibratoires. Cette pièce d'une extrême sobriété, quasi ascétique est constituée d'un flot sonore continu et sans cesse changeant, d'une extrême lenteur, la transformation s'effectuant dans la masse sonore même. Cette musique nous fait découvrir la vie intérieure du son et nos propres mécanismes de perception auditive.
Bio
RADIGUE Éliane, Occam océan par l'ONCEIM sous la direction de Frédéric Blondy, 2015.
02. Drone music au féminin
Work for 4 pour Long String Instrument (1986)
Ellen Fullman
À partir de la notion de bourdon, Ellen Fullman créé à un instrument original qu'elle nomme Long String Instrument. Il est constitué d'un ensemble de cordes tendues en fils métalliques et le long desquelles l'interprète marche. Un son continu, aux infimes variations, est obtenu en frottant ou en faisant vibrer une ou plusieurs cordes. Work for 4 est l'une des premières représentations du travail d'Ellen Fullman. Le son d'ouverture est transparent et relativement consonant puis la texture devient plus dense avec différents ensembles de hauteurs et d'harmoniques. Le but de l'interprétation et de l'écoute est de détourner l'attention de l'apparente constance et de se concentrer sur le changement continuel qui se produit dans les harmoniques. La musique coule, comme une rivière, toujours en mouvement mais restant superficiellement la même.
Bio
FULLMAN Ellen, Work for 4 [extrait] par Jane Botkin, Metis Policano, Ellen Fullman et Daniele Massie, 1986.
02. Drone music au féminin
Parallaxis Forma pour voix et ensemble instrumental (2016)
Catherine Lamb
Cette pièce est un exemple de l'intérêt de la compositrice pour la réalisation de compositions avec des sonorités étirées dans un style qui rappelle le Dhrupad, un genre de musique classique d'Inde.Dès le début, la pièce introduit très progressivement de nouvelles notes mélodiques dans la voix, en commençant par de minuscules micro-variations de la note chantée en ouverture. Vers la fin de la pièce, la voix s'épanouit avec de belles gammes ascendantes qui s'élèvent en spirale. Toute en microtonalité, l'œuvre distille les sons et le temps pendant plus de trente minutes.
Bio
LAMB Catherine, Parallaxis Forma par Stine Janvin Motland et l'Ensemble NeoN, 2018.
02. Drone music au féminin
Lower Visions III pour orgue et électronique (2021)
Sarah Davachi
Lower Visions III fait partie d'une suite de quatre œuvres enregistrées au Centre national de musique de Calgary (Canada). Pour la réalisation de cette suite, Sarah Davichi utilise plusieurs orgues Hammond qu'elle enregistre dans un même espace ainsi qu'un dispositif électroacoustique comportant notamment un synthétiseur. Le travail en studio lui permet de prendre le temps d'expérimenter le son, de le manipuler, de le sculpter à sa guise à partir de longues tenues. Elle nous encourage à écouter les sons, à la fois familiers et étranges qu'elle recrée en concert en jouant en direct avec le matériel enregistré au préalable.
Bio
DAVACHI Sarah, Lower Visions III par Sarah Davachi, 2023.
03. Musique répétitive au féminin
03
Musique répétitive au féminin
RepèresQuelques exemples à travers des œuvres de :
- Meredith Monk (1942)
- Julia Wolfe (1958)
- Camille Pépin (1990)
- Gabriella Smith (1991)
- Shelley Washington (1991)
03. Musique répétitive au féminin
Repères
La musique répétitive naît d'expériences avec des bandes magnétiques. En effet, Steve Reich et Terry Riley avaient étudié les effets obtenus en décalant très légèrement deux boucles identiques, initialement parfaitement isochrones. À partir de cette expérience, Steve Reich développera une écriture basée sur le déphasage graduel de brèves formules rythmico-mélodiques. Philip Glass de son côté n'utilisera pas un processus de déphasage mais une technique additive (ou soustractive) qui consiste à ajouter (ou supprimer) une note ou un autre élément dans les récurrences d'une brève formule rythmico-mélodique.Le côté répétitif de la musique minimaliste peut paraître simpliste mais en réalité son exécution par les interprètes est exigeante et virtuose. À la répétition constante et structurelle des premières œuvres minimalistes, les compositrices d'hier à aujourd'hui ont substitué une répétition utilisée comme élément expressif, comme espace d'écoute pour diffuser un message souvent engagé sur les enjeux politiques et sociétaux.
03. Musique répétitive au féminin
Turtle Dreams pour quatre voix et synthétiseur (1980)
Meredith Monk
À la fin des années 1970, Meredith Monk a eu comme animal de compagnie une tortue nommée Neutron. Elle se demandait alors comment pense une tortue, quel est son état d'esprit, si elle rêve quand elle dort... Cette œuvre est ainsi l'expression de sa réflexion sur le monde animal mais aussi une métaphore de la vie new yorkaise et des sons de la ville. S'ennuyant dans les concerts de musique dans lesquels il n'y a aucune dimension scénique, Meredith Monk décide d'intégrer le mouvement à ses compositions. Dans Turtle Dreams, sur des motifs répétés au synthétiseur et aux voix, elle propose un contrepoint chorégraphique très simple et répétitif lui aussi.
Bio
MONK Meredith, Turtle Dreams [extrait] par Meredith Monk et son ensemble vocal, 1983.
03. Musique répétitive au féminin
Oxygen pour ensemble de flûtes (2021)
Julia Wolfe
Cette œuvre a été écrite pour douze flûtistes durant la pandémie de Covid. En plus de douze flûtes traversières en Ut, l'instrumentarium comporte six flûtes piccolo, une flûte alto et une flûte basse. Julia Wolfe peut ainsi exploiter une indiscernabilité timbrique, une texture sonore multicouche et obtenir des sons moins classiques, plus apparentés à la musique folklorique comme ceux de la flûte irlandaise ou de la flûte de pan. Le titre Oxygen vient à la fois de la respiration dont les interprètes ont besoin mais aussi de la nécessité de prendre du recul, de respirer et de se libérer du monde du Covid. Cette pièce combine les motifs répétitifs du minimalisme et l'énergie motrice du rock.
Bio
WOLFE Julia, Oxygen par Molly Barth, Amir Farsi, Tim Munro, Brian Dunbar, Jennifer Grim, Dalia Chin, Alex Sopp, Marco Granados, Leo Sussman, Kelli Kathman, Ethan Lin, Lisa Bost-Sandberg, sous la direction de Georgia Mills, 2022.
03. Musique répétitive au féminin
Iridescence-glace pour piano (2023)
Camille Pépin
Camille Pépin s'inspire ici de phénomènes lumineux observables dans les nuages en haute altitude. L'œuvre raconte la naissance de ce phénomène spectaculaire puis sa disparition. Elle fait partie d'un cycle sur le changement climatique. Par l'alternance des deux mains, le motif fondateur de la pièce présente une texture cristalline. De nouvelles notes aiguës s'y ajoutent au fur et à mesure. À partir d'un usage de la répétition rythmique et motivique, une texture dense et mélodique s'échappe. Camille Pépin utilise ainsi un principe de répétition du minimalisme pour le transcender dans une intense matière mouvante.
Bio
PÉPIN Camille, Iridescence-glace par Magdalene Ho, 2023.
03. Musique répétitive au féminin
Carrot Revolution pour quatuor à cordes (2015)
Gabriella Smith
L'inspiration pour cette œuvre vient d'une citation attribuée à Paul Cézanne : « le jour vient où une seule carotte, fraîchement observée, déclenchera une révolution ». Dans cette œuvre, Gabriella Smith réinvestit les codes minimalistes en les explosant de l'intérieur et en y mettant toute l'énergie d'un rock. Sur la base d'un large usage de répétitions motiviques, le quatuor à cordes traverse une variété de sons, de textures et de modes de jeux : percussions instrumentales, effets sirène, glissandi vertigineux, cordes frottées-écrasées, pizzicati… Carrot Revolution est l'une des œuvres les plus jouées de la compositrice.
Bio
SMITH Gabriella, Carrot Revolution par l'Aizuri Quartet, 2018.
03. Musique répétitive au féminin
Say pour quatuor à cordes (2016)
Shelley Washington
Shelley Washington compose la musique et écrit le texte de cette œuvre engagée. Elle l'intitule Say pour dire l'indicible et pointer les injustices de son pays et les comportements racistes, notamment envers les métisses. En plus de jouer de leurs instruments, les membres du quatuor doivent aussi chanter et réaliser des percussions corporelles. Les motifs répétés par les voix et les instruments servent ici d'emphase au propos politico-social. Ils symbolisent la répétition des inégalités que la compositrice, elle-même victime de racisme, a subie depuis son enfance. Shelley Washington compose malgré tout une musique douce dans ses harmonies et dans l'équilibre entre les instruments et les voix. Elle laisse ainsi entrevoir un avenir qu'elle espère plus radieux et apaisé.
Bio
WASHINGTON Shelley, Say par Leah Asher, Marina Kifferstein, Carrie Frey et Meaghan Burke, 2021.
Réalisation
Sarah Davachi (1987)
Compositrice, pianiste et organiste canadienne née en 1987.
Diplômée de l'Université de Calgary (Canada), Sarah Davachi est doctorante en musicologie à l'University of California, Los Angeles (UCLA) aux États-Unis où ses recherches s'articulent autour du timbre, de la phénoménologie et de l'organologie critique. Sarah Davachi s'intéresse aux subtilités de l'espace timbral et temporel, en utilisant des durées prolongées et des structures harmoniques particulières. Elle se concentre sur les variations progressives de la texture, la complexité des sons harmoniques, les phénomènes psychoacoustiques, l'accord et l'intonation. Elle s'inspire des principes minimalistes de longues durées, des concepts de musique ancienne ainsi que des pratiques de productions expérimentales de l'environnement électroacoustique en studio. Elle compose pour des formations variées : de la pièce pour instrument seul à la musique de chambre voire de la musique purement acousmatique.
© DR
Shelley Washington (1991)
Compositrice américaine née en 1991.
Shelley Washington obtient un Master en éducation à la Truman State University ainsi qu'un Master de musique en composition à la Steinhardt School de l'Université de New York (États-Unis). Elle poursuit actuellement un Doctorat en composition à l'Université de Princeton. Shelley Washington compose en puisant des éléments aussi bien dans le jazz, le rock et la musique folklorique américaine que dans la musique contemporaine et la musique des époques antérieures. Son œuvre incorpore des rythmes complexes et explore les émotions et les intentions. Shelley Washington y questionne les injustices sociales dans l'espoir de créer un dialogue public. Vocaliste et multi-instrumentiste, Shelley Washington se produit régulièrement en tant que saxophoniste et joue également de la flûte et de la clarinette. Éclectique, elle aime interpréter tous les genres de musique.
© Peter Yankowsky
Ellen Fulman (1957)
Compositrice et interprète américaine née en 1957.
Ellen Fullman étudie la sculpture au Kansas City Art Institute (États-Unis) avant de déménager à New York au début des années 1980. Des écoutes des œuvres de Terry Riley et de La Monte Young, lui donnent l'impulsion pour étudier la musique indienne, notamment les techniques vocales du nord de l'Inde. Nourrie de recherches sur la théorie de l'accordage de l'intonation juste, les harmoniques des cordes et la conception d'instruments de musique, Ellen Fullman développe le Long String Instrument. Plus qu'un instrument, c'est une installation sonore adaptée au lieu et composée de dizaines de cordes métalliques jouées avec des doigts enduits de colophane et produisant un chœur d'harmoniques semblables à ceux de l'orgue. D'une longueur de plus de quarante mètre, l' « instrument » se joue en marchant le long des cordes. Ellen Fullman met au point un système de notation pour chorégraphier les mouvements de l'interprète en explorant des points spécifiques le long des cordes.
© Theresa Wong
Le saviez-vous ?
Erik Satie est sans doute le précurseur français du minimalisme avec son œuvre Vexations pour piano. Composée en 1893, cette musique comporte un motif qui doit être répété 840 fois.
SATIE Erik, Vexations [extrait] par Jeroen van Veen, 2018.
Camille Pépin (1990)
Compositrice française née en 1990.
Après une formation instrumentale au Conservatoire d'Amiens, Camille Pépin entre au Pôle Supérieur d'enseignement artistique de Paris puis au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) de Paris, notamment dans les classes de Thierry Escaich, Guillaume Connesson et Marc-André Dalbavie. Sensible au rythme, elle est attirée par les ballets d'Igor Stravinsky, l'impressionnisme de Claude Debussy ou encore la musique répétitive américaine de Steve Reich. Les arts visuels nourrissent son inspiration : le cinéma, la photographie et notamment les arts picturaux, du réalisme américain d'Edward Hopper à l'expressionnisme abstrait de Jackson Pollock, ainsi que les estampes japonaises de Hasui Kawase et d'Utagawa Hiroshige. La littérature imprègne également sa réflexion et son imaginaire, particulièrement les imagistes américains pour leur style proche de la nature et leur sobriété. En 2020, elle est la première femme sacrée Compositrice de l'année aux Victoires de la musique classique.
© Natacha Colmez-Collard
Julia Wolfe (1958)
Compositrice américaine née en 1958.
Pianiste de formation, Julia Wolfe est diplômée en musique et théâtre à l'Université du Michigan avant d'obtenir un Master de musique à l'Université de Yale à New York (États-Unis). En 1987, avec les compositeurs Michael Gordon et David Lang, elle co-fonde l'association Bang on a Can afin de promouvoir leurs œuvres. Julia Wolfe compose pour tous les effectifs, de l'instrument seul au grand orchestre, ainsi que pour les voix. Influencée par le courant minimaliste, le rock et la musique folklorique américaine, particulièrement celles des Appalaches, elle exprime souvent, à travers son œuvre, ses préoccupations politiques et sociales. Sa musique se distingue par une physicalité intense et une puissance implacable qui pousse les interprètes à l'extrême et exige toute l'attention du public. En 2015, son oratorio pour chœur et instruments Anthracite Fields est distingué du Prix Pulitzer pour la musique. Julia Wolfe enseigne la composition musicale à la Steinhardt School de l'Université de New York (États-Unis).
© Peter Serling
Cathrine Lamb (1982)
Compositrice américaine née en 1982.
Catherine Lamb étudie le piano et le violon. Enfant, elle fréquente toutes sortes de concerts musicaux et entend diverses musiques enregistrées à la maison. Elle commence à composer vers l'âge de onze ans. Catherine Lamb évolue vers une déconstruction de l'harmonie musicale après avoir voyagé en Inde à vingt-et-un ans. Elle découvre ensuite la musique expérimentale et trouve sa voie à la California Institute of Arts (États-Unis) où elle finit ses études auprès de James Tenney et Michael Pisaro. Catherine Lamb compose des musiques pour solo, duo ou petits ensembles, ainsi que plusieurs œuvres pour des groupes vocaux et électroniques. Elle explore les espaces harmoniques étendus dans l'intonation juste, les relations de rapport pur et les spectres en interaction. Elle s'intéresse au caractère fondamental du son, aux expansions phénoménologiques et à l'architecture du liminal. Elle laisse les colorations et les nuances tonales s'épanouir afin d'obtenir des sonorités plus expressives et génératives.
© Phillip Frowein
Meredith Monk (1942)
Compositrice, chanteuse, réalisatrice, scénariste, actrice, danseuse et chorégraphe américaine née en 1942.
Meredith Monk étudie le piano, le chant et poursuit une scolarité dans les disciplines artistiques, en particulier la danse, au Sarah Lawrence College (États-Unis). Elle développe une activité multidisciplinaire, aux frontières de la musique, du théâtre et de la danse. Sa musique performative, transmise essentiellement de manière orale s'inscrit dans de véritables spectacles chorégraphiés. Enracinées dans la musique folklorique et les traditions chamaniques, ses compositions utilisent fréquemment des éléments de minimalisme (motifs répétitifs, bourdons, nombre réduit d'interprètes) et font aussi souvent référence à l'univers médiéval. Son instrument de prédilection est la voix pour laquelle elle multiplie les innovations et les techniques de jeu (grognements, souffle, chant diphonique, vocalisation sans paroles…). Interprète privilégiée de son propre travail, Meredith Monk fait de son art un moyen d'expression, parfois politique, avec des sujets comme la crise écologique ou les inégalités femmes-hommes. En 2015, le président des États-Unis, Barack Obama, lui remet The National Medal of Arts.
© Julieta Cervantes
Gabriella Smith (1991)
Compositrice et violoniste américaine née en 1991.
Adolescente, Gabriella Smith s'intéresse à la biologie, à l'écologie et passe plusieurs années à faire du bénévolat dans le cadre d'un projet de recherche sur les oiseaux chanteurs. À la même époque, elle apporte ses toutes premières partitions à John Adams qui devient alors son mentor. Gabriella Smith obtient un Bachelor musique en composition au Curtis Institute of Music de Philadelphie et poursuit un Doctorat à l'Université de Princeton (États-Unis). Sa musique naît de son attrait pour l'interprétation, l'exploration de nouveaux sons instrumentaux et les paysages sonores subaquatiques. Toute son œuvre invite l'auditeur·rice à se connecter au monde naturel et à trouver le bonheur dans des actions climatiques.
© Kate Smith
Pauline Oliveros (1932-2016)
Compositrice et accordéoniste américaine née en 1932 et décédée en 2016.
Pauline Oliveros étudie l'accordéon, le cor et le tuba. Elle découvre les musiques extra-occidentales, les musiques d'avant-garde et se fixe comme discipline d'écouter tout, tout le temps. Elle s'intéresse à la musique sur bande, explore l'improvisation libre avec les musiciens de la baie de San Francisco (États-Unis), notamment Steve Reich et Terry Riley. En 1964, elle participe à la création de In C de ce dernier. Dans les années 1960, effrayée par le climat politique et sociétal de son pays et du monde (guerre du Viêt Nam, assassinats de John Fitzgerald Kennedy et de Martin Luther King…), Pauline Oliveros se retire de la scène et se concentre sur des sons longuement tenus qu'elle chante et/ou qu'elle joue sur son accordéon. Travaillant sur la méditation, le mythe et le rituel, elle imagine une nouvelle façon d'appréhender la musique, plus intime, lente et spirituelle : le deep listening. Ses partitions musicales sont innovantes et comprennent un texte poétique à interpréter plutôt qu'une notation musicale classique.
© Allan J. Cronin
Éliane Radigue (1932)
Compositrice française née en 1932.
Élève de Pierre Schaeffer à la RTF (Radiodiffusion Télévision Française), assistante de Pierre Henry aux studios Apsome, Éliane Radigue compose, dès 1968, des œuvres électroacoustiques avec des magnétophones à bandes en exploitant notamment les effets Larsen. Elle travaille ensuite à l'Université de New York (États-Unis), où elle découvre le synthétiseur Arp 2500, qui devient jusqu'en 2006 son compagnon de composition. Dans un travail minutieux, à la croisée des courants minimaliste, électronique et spectral, elle utilise des sons continus, souvent graves, dilate le temps et opère d'infimes variations des composantes du son. Proche du bouddhisme, auquel elle se convertit, elle compose un cycle d'œuvres basé sur la vie du maître tibétain Milarépa et de nombreuses œuvres sur cette thématique, dont les trois heures de la Trilogie de la mort.À partir de 2002, elle renouvelle son processus créatif. Enrichissant sa musique de nouveaux timbres et résonances, elle collabore avec les interprètes d'instruments acoustiques, pour qui elle compose, sans partition notée, sur le principe de la transmission orale.
© Vincent Pontet
