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Le néo - impressionisme

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Created on November 23, 2023

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Transcript

Le néo-impressionnisme

Comment la peinture se développe t - elle sous le signe de la modernité et de la science ?

Préambule

En 1884, la première exposition du groupe des Artistes indépendants est organisée en guise de protestation contre les exclusions du jury du Salon officiel. Paul Signac y remarque Une Baignade à Asnières de Georges Seurat. Proche de l’impressionnisme par le thème, la toile s’en distingue par son caractère statique et monumental. Les deux jeunes peintres se lient d’amitié. En s’appuyant sur les théories scientifiques de l’époque, et en particulier sur la loi du contraste simultané des couleurs de Michel-Eugène Chevreul, ils cherchent à donner une luminosité nouvelle à leur peinture.

Je peins ainsi parce que c’est la technique qui me semble la plus apte à donner le résultat plus harmonieux, le plus lumineux et le plus coloré. Paul Signac, Journal, 15 septembre 1894

Préambule

« Sensation », le mot est employé par le poète belge Émile Verhaeren pour évoquer ces « S œuvres, anciennes et modernes, qui animent les sens1. Parmi les artistes contemporains qui lui ont procuré le plus de « sensations » esthétiques, l’auteur consacre deux peintres divisionnistes, travaillant au petit point et selon les lois de l’optique : Georges Seurat et Henri-Edmond Cross.

Quant à Cross, avec Paul Signac, il incarne davantage la poursuite du divisionnisme et la libération de la couleur vers les audaces du fauvisme à l’aube DU XXe siècle. Si les bases du néo-impressionnisme furent scientifiques, on ne peut cependant le cantonner à une simple technique chromatique dépouillée d’ambition esthétique et intellectuelle, bien au contraire. Recherche savante sur l’expression d’un éden social rêvé par la génération des anarchistes fin-de-siècle, évocation lyrique et peut-être fantasmée de la nature : l’œuvre néo-impressionniste serait moins une tavelure de petits points qu’une philosophie. « Le point n’est qu’un moyen », se plaisait d’ailleurs à écrire Paul Signac, auteur de l’ouvrage théorique D’Eugène Delacroix aux néo-impressionnistes2 qui aura été lu par une multitude d’artistes modernes et abstraits.

Ainsi, certains auteurs ont pu parler du « chromatisme wagnérien » de Seurat, réunissant plusieurs domaines esthétiques sous le vocable de la création harmonique. Il s’agit d’une interprétation de l’art en faveur de la synesthésie, qui rapproche l’art de Seurat du wagnérisme, mais plus globalement de la composition musicale. « Les néo-impressionnistes [composent] le tableau comme une partition de taches constitutives et analytiques de tons, qu’ils orchestrent ensuite par une harmonie d’ensemble. […] Leurs paysages sont des symphonies autant que des théorèmes29 », écrivait Georges Vanier, éditeur de la revue Les Hommes d’aujourd’hui, en 1890.

Georges Seurat, Port-en-Bessin, l’avant-port, marée haute, 1888, huile sur toile, 67 x 82 cm, Paris, Musée d’Orsay.

Dès l’origine, il est significatif que les exégètes du néo-impressionnisme et les artistes eux-mêmes adoptèrent la terminologie savante de « chromo-luminarisme » pour décrire leur technique. Ce mot compliqué, et éclipsé par celui de « néo-impressionnisme » inventé par Félix Fénéon, traduisait pourtant bien l’ambition de ces peintres de parvenir à la création de la lumière par l’emploi de la couleur, et non par les effets de transparence ou du traditionnel clair-obscur.

Henri-Edmond Cross, La Plage de la Vignasse, 1891-1892, huile sur toile, 65 x 92 cm, Le Havre, Musée Malraux.

Pour parvenir à cette union nouvelle entre clarté de la lumière et éclat de la couleur, il aura donc fallu que les peintres s’autorisent à se détacher d’un regard trop réaliste sur la nature, faisant preuve d’une capacité d’abstraction que l’on associe trop peu au néo-impressionnisme. Pourtant, comme le dit Signac dans son ouvrage théorique : 22 D’Eugène Delacroix…, op. cit., p. "Si les néo-impressionnistes s’efforcent d’exprimer les splendeurs de lumière et de couleur qu’offre la nature, et puisent à cette source de toute beauté les éléments de leurs œuvres, ils pensent que l’artiste doit choisir et disposer ces éléments, et qu’un tableau composé linéairement chromatiquement sera d’une ordonnance supérieure à celle qu’offrira le hasard d’une copie directe de la nature".

Paul Signac, Capo di noli, 1898, huile sur toile, 93,5 x 75 cm, Cologne, Wallraf-Richartz Museum et Fondation Corboud.

Dans son ouvrage théorique précédemment cité, Signac range clairement les néo-impressionnistes du coté des coloristes, et donc des chercheurs d’harmonie. L’artiste s’identifie au « peintre vraiment coloriste, c’est-à-dire celui qui […] soumet la couleur aux règles de l’harmonie24 ». Il s’inscrit donc clairement dans une tradition du colorito qui réunit tout à la fois Véronèse, Vélasquez, Titien, Rubens, Delacroix, Turner et les impressionnistes.

Le système de création harmonique néo-impressionniste fut souvent rapproché ou comparé à la musique, pour la raison que celle-ci est composée de gammes et de diverses tonalités, mais également qu’elle ressort de l’expérience esthétique, cette fameuse « sensation » évoquée par Verhaeren.

Georges Seurat, Un dimanche après-midi à l’île de la Grande-Jatte, 1886, huile sur toile, 207,5 x 308,1 cm, Chicago, Art Institute.

Lorsque Seurat exposa sa grande et audacieuse toile Un dimanche à la Grande Jatte (fig. 9) durant la dernière manifestation du groupe des impressionnistes en 1886, les spectateurs ont souvent buté sur l’aspect mécanique du point, réduisant la peinture à son seul effet. « Les figures sont en bois, naïvement sculptées au tour comme les petits soldats qui nous viennent d’Allemagne […] La composition a un aspect géométrique […] on la croirait brodée sur canevas au moyen de laines de couleurs4 »,

Georges Seurat, Un dimanche après-midi à l’île de la Grande-Jatte, 1886, huile sur toile, 207,5 x 308,1 cm, Chicago, Art Institute.

Description de l’œuvreSur ce tableau de Georges Seurat, on peut voir de nombreux personnages : hommes, femmes et enfants de différentes classes sociales qui se détendent au bord de l’eau, sur l’herbe et sous des arbres. Les personnages se promènent, se reposent ou jouent à l’île de la Grande Jatte.La Grande Jatte est une île de la Seine dans la banlieue à la fois résidentielle et proche de la capitale, d’où la présence de classes sociales totalement opposées. Sur ce tableau, des animaux sont aussi présents : il y a des chiens et un singe qui symbolisent, eux aussi les différentes classes sociales.L'île de la Grande Jatte était un lieu de loisir et de promenade pour les parisiens de la fin du XIX° siècle. En 1880, Asnières était une banlieue aisée. Sur l'autre rive, Levallois-Perret était une banlieue ouvrière. L'île de la Grande Jatte est un lieu de rencontre entre ces deux mondes. A la fin du XIX° siècle l'île de la Grande Jatte est un lieu de loisir où les rencontres amoureuses sont nombreuses.

La compositionAu premier plan, on voit un couple de bourgeois élégamment habillés à la mode des années 1880.La femme tient un singe en laisse, symbole de la luxure, ce qui peut laisser supposer qu’elle était une femme de jJie.A gauche du tableau, un ouvrier, que l’on reconnaît par la simplicité de son habit, est allongé dans l’herbe et fume une pipe. Il semble pensif.A côté de lui sont assis un bourgeois et une femme en train de broder. Son matériel est à côté d’elle.Deux chiens représentent deux classes différentes : le petit chien, la bourgeoisie et le chien noir la classe ouvrière.Une femme regarde vers la Seine en se protégeant du soleil par une ombrelle pendant qu’une autre compose un bouquet de fleurs. Son chapeau et son ombrelle sont à coté d’elle.Ces personnages se trouvent à l’ombre des arbres.Au second plan, une femme protégée par son ombrelle se promène tranquillement avec sa fille. Elles sont soigneusement vêtues et coiffées.Une infirmière, reconnaissable à ses vêtements discute avec un homme.Une femme pêche sur le rivage, habillée à la dernière mode.Derrière l’infirmière, un homme debout joue de la musique avec un cuivre, qui est un instrument populaire de fanfare. Il est vêtu modestement.Dans le fond du tableau, des couples se promènent, s’enlacent, une fillette joue, deux soldats marchent.Ces personnages se trouvent à la lumière du soleil.Sur la Seine, quatre hommes font de l’aviron. A l’avant de l’embarcation, une femme se protège du soleil avec son ombrelle.

echnique utilisée : juxtaposition de touches très fines, de pigments purs (peinture), utilisation d’un mélange optique .Le dessin : tableau légèrement flou dû à la technique utilisée utilisé par le peintre (divisionnisme, pointillisme). Le contour du tableau a été réalisé de la même façon.Les couleurs : touches de couleurs pures : bleu, rouge et jaune juxtaposées pour obtenir les diverses tonalités sans perdre de la luminosité.La lumière : Au premier plan, il y a peu de luminosité car les gens sont situés sous des arbres. Au deuxième plan, les personnages sont au soleil et leurs ombres contrastent avec la luminosité. Au troisième plan, il y a une forte luminosité. Le soleil se reflète sur l’eau, ce qui renforce l’effet de lumière. Le ciel est très clair et ensoleillé. La lumière est très réaliste et vient de la gauche du tableau.

Interprétation de l'oeuvre Les peintres pointillistes, dont Seurat, veulent donner un rôle social à leurs œuvres. C’est ce qu’il va faire dans sa toile « Un dimanche après-midi à l’Île de la Grande Jatte ». Il nous annonce déjà ce rôle dans le titre de son œuvre. Tout d’abord, il choisit un dimanche car c’est un jour de repos, de détente, de loisir et de promenade où l’on ne travaille pas. Ensuite, l’Île de la Grande Jatte est une île située au bord de la Seine à l’ouest de Paris. Elle était à l’époque un lieu où se retrouvait tout les bourgeois et ouvriers parisiens. Cette œuvre se rattache donc au courant artistique du Néo-impressionnisme de 1886. Seurat veut que son tableau dégage une impression de maîtrise totale et de suspension du temps pour un moment de beauté, de paix et de silence. Les contemporains trouvent que la technique du pointillisme qu’emploie Seurat ( son principe est de diviser les couleurs en petits points se mélangeant optiquement, ce qui donne une impression de forte luminosité ) rend cette œuvre froide. Les personnages sont raides. Cette raideur marque le manque de communication entre les classes sociales. Le peintre souhaite recomposer pour la première fois de l’histoire de l’art le plein air d’une façon scientifique. Cette œuvre est innovante, car elle marque l’apparition d’un nouveau courant : le pointillisme ou le divisionnisme.

En dépit de la référence au japonisme, une forme de mépris ou de regret semble se déceler dans le propos du critique. D’ailleurs, de nombreux contemporains deviendraient à la même époque franchement hostiles au fameux point néo-impressionniste : celui dont Pissarro s’était finalement détourné, n’y trouvant pas le salut de son art, déclarant en 1890 qu’il n’y aurait pas « d’avenir dans une méthode aussi renfermée que le point fina l8 » ; celui que Monet aurait rejeté d’un revers de main, avançant l’argument presque imparable que « la nature n’a pas de points ». Harmonie et coloritoL’ambition de Seurat se décrypte selon une grille de lecture propre à son époque, soit dans le dépassement des problématiques de l’impressionnisme. En 1890, Maurice Beaubourg, expliquait dans La Revue indépendante ce qui faisait pour lui la supériorité de la technique néo-impressionniste et son apport révolutionnaire : Ce que j’ai pu constater aujourd’hui, c’est qu’avec le nouveau système l’air circule librement dans les toiles, l’atmosphère s’agite, palpite, vibre autour des personnages, derrière eux, devant eux, plus violemment, doucement, lumineusement, que jamais ont ne le fit s’agiter et vibrer dans les chefs-d’œuvre des anciennes écoles. Quatre ans plus tôt, en observant La Grande Jatte, Verhaeren avait remarqué une « égalité d’atmosphère ; un passage sans accroc d’un plan à un autre, surtout une étonnante impalpabilité d’air16 ». Mais aussi, comme il le souligne, cette œuvre marque « un essai décisif dans la recherche de la vraie lumière». Cette recherche de lumière véritable fut au cœur du néo-impressionnisme.

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Le post impressionnisme

Le terme postimpressionnisme ne désigne pas un courant artistique homogène. Des peintres ayant connu une phase impressionniste entre 1860 et 1880 vont chercher à évoluer en utilisant un style de plus en plus personnel (Cézanne) ou une technique particulière (Seurat). Mais si le style évolue, l’essence de la révolution impressionniste n’est pas remis en cause : transposer sur la toile en toute liberté des émotions visuelles. Certains artistes comme Van Gogh ou Gauguin traversent plusieurs courants. Le mot postimpressionniste a été proposé par le critique d’art anglais Roger Fry (1866-1934) lorsqu’il organisa à Londres en 1910 une exposition intitulée « Monet et les postimpressionnistes ». Dans cette exposition, les tableaux « postimpressionnistes » étaient principalement ceux de Cézanne, Gauguin et Van Gogh.

Le post impressionnisme

(Gauguin- Van Gogh) Démarche artistique: Pour les postimpressionnistes personnels la peinture est le moyen d'expression du peintre, son langage. Il sait faire ressortir dans la peinture la subjectivité de l'artiste et son vécu en faisant une peinture plus personnelle. LE SUJET: Le sujet principal: La symbolique des expériences vécues. Le sujet secondaire: La campagne, c'est en effet à la compagne que des peintres comme Van Gogh et Gauguin trouveront les symboliques nécessaires pour arriver à partager leurs expériences de la vie. LA FORME: Les postimpressionnistes ont hérité de l'impressionnisme le droit d'exprimer de nouveaux procédés de peinture. Toutefois, dans le désir de laisser transparaitre leur propre subjectivité, beaucoup de peintres choisiront différents procédés. On ne peut donc dire qu'il y a un style propre au niveau de la forme pour les postimpressionnistes personnelles.

Dans le but de représenter l'instantanéité et les vibrations de la lumière, les impressionnistes semble manquer de rigueur et de forme; la peinture nous parait fragmentée et vague. Les postimpressionnistes formels comme Cézanne désirent un retour à la forme tout en conservant l'idée d'une traduction du réel. LE SUJET: Le sujet principal: La contemplation de la forme et de la couleur des objets. Les postimpressionnistes formels désiraient rendre aux objets la possibilité d'être contemplés pour ce qu'ils sont: des objets avec une forme et des couleurs. Le sujet secondaire: Les natures mortes. LA FORME: Le procédé: de larges taches de couleurs juxtaposées. La couleur: un peu moins nuancé que chez les impressionnistes. La lumière: réside dans l'objet et dans la couleur. La forme: elle est délimitée par la couleur et non-fragmentée. Ce ne sont pas les objet eux-mêmes qui doivent attirer l'attention mais plutôt la disposition des couleurs et des formes.