Want to create interactive content? It’s easy in Genially!
HGGSP TH2 AXE 2
amandine.fabre
Created on November 22, 2023
Start designing with a free template
Discover more than 1500 professional designs like these:
View
Interactive Scoreboard
View
Interactive Hangman
View
Repeat the Sequence Game
View
Corporate Decision Challenge
View
Movie Minigames
View
Corporate Strategic Challenge
View
Choose Your Team
Transcript
Thème 2-Faire la guerre, faire la paix :formes de conflits et modes de résolution
Thème 2 – Faire la guerre, faire la paix :formes de conflits et modes de résolution
Axe 1 – La dimension politique de la guerre : des conflits interétatiques aux enjeux transnationaux
Introduction : Formes de conflits et tentatives de paix dans le monde actuel
Jalons -La guerre, « continuation de la politique par d’autres moyens » (Clausewitz) : de la guerre de Sept Ans aux guerres napoléoniennes. -Le modèle de Clausewitz à l’épreuve des « guerres irrégulières » : d’Al-Qaida à Daech.
-Panorama des conflits armés actuels. -Essai d’une typologie : nature des conflits, acteurs et modes de résolution.
OTC: Le Moyen-Orient : conflits régionaux et tentatives de paix impliquant des acteurs internationaux (étatiques et non étatiques).
Axe 2 – Le défi de la construction de la paix.
Jalons -Faire la paix par les traités : les traités de Westphalie (1648) -Faire la paix par la sécurité collective : les actions de l’ONU sous les mandats de Kofi Annan (1997-2006)
Jalons -Du conflit israélo-arabe au conflit israélo-palestinien : les tentatives de résolution, de la création de l’État d’Israël à nos jours. -Les deux guerres du Golfe (1991 et 2003) et leurs prolongements : d’une guerre interétatique à un conflit asymétrique.
Axe 2 – Le défi de la construction de la paix.
INTRODUCTION I. La construction de la paix : un processus complexe II. Faire la paix par les traités : des traités de Westphalie à la mise en place d’une sécurité collective (XVIIe-XXe siècle) III. Faire la paix par la sécurité collective depuis le XXe siècle
NOTIONS
FIG URES
FICHE OBJECTIF
OÙ? QUI? QUOI? COMMENT? POURQUOI? QUELS MOTS? PAUSE? TRÊVE? CESSEZ-LE-FEU? ACCORDS?... QUELLES SONT LES LIMITES? LES QUESTIONS POSÉES?
OÙ? QUI? QUOI? COMMENT? POURQUOI? QUELS MOTS?PAUSE?TRÊVE?CESSEZ-LE-FEU?ACCORDS?... QUELLES SONT LES LIMITES? LES QUESTIONS POSÉES?
OÙ? QUI? QUOI? COMMENT? POURQUOI? QUELS MOTS?PAUSE?TRÊVE?CESSEZ-LE-FEU?ACCORDS?... QUELLES SONT LES LIMITES? LES QUESTIONS POSÉES?
«Le cessez-le-feu amene vers un désarmement, alors que la trêve, c’est plutôt l'arrêt des combats pendant un certains temps, pour X raison, et dès que cette raison est terminée, on reprend les hostilités. Le cessez-le-feu a une finalité de désescalade des hostilités.
PAIX
PAIX
À la fois « l’absence de guerre » et un idéal « aspiration à vivre en harmonie » (= entente). On parle de paix négative pour désigner un apaisement (fin des violences) résultant d’une hégémonie exercée par une puissance. On parle de paix positive pour désigner une situation ds laquelle l’apaisement résulte d’une coopération durable = éradication des éléments à l’origine des violences.
Thème 2 – Faire la guerre, faire la paix: formes de conflits et modes de résolution INTRODUCTION
Problématique : Quelles sont les conditions et les modalités de la construction de la paix ? Dans quelle mesure le système westphalien est-il remis en question ?
Thème 2 – Faire la guerre, faire la paix: formes de conflits et modes de résolution INTRODUCTION
I. La construction de la paix : un processus complexe
A. Les étapes de la construction de la paix
B. les acteurs de la paix
C. La difficile mise en place d’une paix durable1) L’absence d’interlocuteurs2) L’impossibilité de trouver un terrain d’entente3) La nécessité d’enraciner la paix
Thème 2 – Faire la guerre, faire la paix: formes de conflits et modes de résolution AXE 2
II. Faire la paix par les traités : des traités de Westphalie à la mise en place d’une sécurité collective (XVIIe-XXe siècle)
A. « Faire la paix par les traités : les traités de Westphalie (1648).» (jalon 1)
1. la guerre de Trente ans
2.Les traités de Westphalie
P. 136
Gerard Ter Borch avait lui-même assisté à l’événement que constitua la signature de la paix de 1648 entre l’Espagne et les Provinces-Unies à l’issue de la guerre de Trente Ans. Fidèle à la tradition portraitiste flamande dans laquelle il s’inscrit avec succès, il choisit de saisir une assemblée nombreuse, conformément à l’importance des délégations venues négocier, au cœur de l’Europe, la fin d’une des guerres les plus meurtrières de l’époque moderne.
Page de signature traité de münster acte officiel
2.Les traités de Westphalie
P. 136
Description
Interprétation
P. 140
Quels sont les résultats de la négociation pour: -la Suède -La France -Le SERG -L'Espagne -Les Provinces-Unies
Mise en place d'un "système westphalien"
- sur le plan religieux
- sur le plan géopolique
- sur le plan juridique
- sur le plan diplomatique
- sur le plan géopolitique
Pour la première fois dans l’histoire, les représentants des États du continent européen sont assis à une table de négociation et fixent conjointement les limites de souveraineté de chacun.
B. Du XIXe au XXe s., une remise en cause de l’ordre westphalien ?
- Le congrès de Vienne?
- Le traité de Versailles?
- La fin de la Seconde Guerre mondiale?
Traité de Versailles 1919
Le traité de Potsdam 1945
Le congrès de Vienne 1815
Thème 2 – Faire la guerre, faire la paix: formes de conflits et modes de résolution AXE 2
III. Faire la paix par la sécurité collective depuis le XXe siècle
A. La SDN: premier essai de sécurité collective
Les "14 points de Wilson"
7ème Assemblée de la Société des Nations, Genève, Septembre 1926.
l'échec de la SDN
Caricature de Bernard Partridge parue dans le magazine britannique Punch le 26 mars 1919 qui met en scène le président américain Woodrow Wilson et évoque la Société des Nations
Texte : En surpoids Wilson « voici la branche d’olivier. Maintenant, au travail ! » Colombe : « Bien sûr, je veux bien être agréable avec tout le monde ; mais n’est –ce pas un peu lourd»
l'échec de la SDN
LES PAYS MEMBRES DE LA SDN
B. L'ONU (jalon 2)
Qu'est-ce que l'ONU? -date et contexte de création/étapes -rôle/missions -fonctionnement
Les secrétaires généraux depuis 1945, révélateurs d’une organisation internationale
Un exemple de fonctionnement de l'ONU: le refus de l'intervention en Irak
Kofi Annan, Une carrière au service de l’ONU et de la paix
Kofi Atta ANNAN est né en 1938, d’une famille de l’élite de son pays (actuel Ghana), alors colonisé par le Royaume-Uni. • Il étudie l’économie aux EU grâce à une bourse d’études puis en Suisse avant de commencer à travailler pour l'Organisation mondiale de la santé à partir de 1962. Il occupe alors une série de postes au sein de l’ONU au siège ou sur le terrain avant de se rapprocher du secrétariat général, d’abord auprès de Javier Perez de Cuellar en occupant différents postes administratifs du secrétariat général puis sous Boutros Boutros-Ghali, qui lui confie les opérations de maintien de la paix. • Il porte certains échecs comme l’inaction de l’ONU pendant le génocide Rwandais, mais aussi des réussites notamment la gestion habile de la fin de la guerre civile en ex-Yougoslavie. • Kofi Annan est élu secrétaire général en décembre 1996 pour succéder à Boutros Ghali et devenir le septième secrétaire général de l’organisation internationale, désigné à l’unanimité par le Conseil de sécurité et par acclamation par l’Assemblée générale. • Il commence son mandat le 1er janvier 1997 en étant le premier secrétaire général à avoir exercé quasiment toute sa carrière au sein de l’ONU dont il connait parfaitement l’organisation et bénéficie du plein soutien des États-Unis.
Le contexte international lors de la nomination de Kofi Annan et durant ses mandats
A sa nomination comme secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan hérite d'une ONU en perte de vitesse et qui souffre de nombreuses difficultés : aucune des grandes opérations de la première moitié des années 1990 n'a été un plein succès et l’institution souffre de la méfiance des Etats-Unis qui lui en contestent le pouvoir (on leur doit l’éviction de Boutros Boutros-Ghali) et le financement.• Pourtant, depuis la fin de la guerre froide, l’ONU a vu son rôle se renouveler et se diversifier:➢ Traditionnellement, les actions de l’ONU visaient à assurer la sécurité collective et se définissaient par des opérations de maintien de la paix dites de « première génération » (peacekeeping), qui consistaient à s’interposer entre les belligérants avec leur consentement afin d’observer et de garantir le respect du cessez-le-feu en attendant l’aboutissement des négociations de paix. ➢ Cependant le contexte de la fin de l’affrontement bipolaire et l’apparition de nouvelles menaces pour la paix (terrorisme djihadiste, guerres civiles, groupes armés…) s’est traduit par une diversification et un renouvellement de ses missions: l’institution s’attache également à des fonctions « d’après-conflit », liées à la reconstruction en participant à la reconstruction d’un Etat de droit ou en s’occupant du retour des réfugiés entre autres. Parallèlement la question du développement est devenu un enjeu majeur pour la sécurité collective et d’un point de vue humain.
ACTIVITÉ: LES ACTIONS DE L'ONU SOUS LE MANDAT DE KOFI ANNAN
C. Limites et défis de l’ONU aujourd’hui
Débat: L'ONU est-elle un modèle à bout de souffle?
NON
OUI
-L'ONU est la seule instance au sein de laquelle tous les pays au presque sont représentés (193 membres) -l'ONU a permis et permet encore de résoudre des conflits ou des crises par la négociations (exemple du Timor Oriental) -En dehors des missions de maintien de la paix, l'ONU assure beaucoup d'autres missions avec succès par le biais de ses agences: UNESCO, OMS (exemple de la crise du COVID), HCR (elle aide aujourd'hui 100 millions de personnes dans les pays en guerre) -sans l'ONU aucune instance mondiale et multilatérale ne pourrait se substituer pour régler les conflits -l'ONU est une des seule à pouvoir répondre aux défis de demain notamment en matière environnementale.
-Le fonctionnement de la prise de décision est problématique car le recours au droit de véto bloque le fonctionnement de l'ONU. les exemples de blocage sont nombreux (guerre froide, guerre en Ukraine) -C'est une institution mise en place dans le contexte de la fin de la Seconde Guerre mondiale qui est aujourd'hui dépassée par les nouveaux défis: le conseil de sécurité n'est pas représentatif par exemple (absence de l'Inde, de pays africains, du Brésil...). -l'efficacité des casques bleus est régulièrement remise en cause et l'ONU n'a pas réussi à éviter de nouveaux génocides ou crimes de masse (Ex-Yougoslavie, Rwanda etc.)
PAIX
PAIX
À la fois « l’absence de guerre » et un idéal « aspiration à vivre en harmonie » (= entente). On parle de paix négative pour désigner un apaisement (fin des violences) résultant d’une hégémonie exercée par une puissance. On parle de paix positive pour désigner une situation ds laquelle l’apaisement résulte d’une coopération durable = éradication des éléments à l’origine des violences.
TRAITÉS DE WESTPHALIE
TRAITÉS DE WESTPHALIE
Les traités de Westphalie (ou paix de Westphalie) sont signés simultanément le 24 octobre 1648 à Münster et Osnabrück. Ils mettent un terme à la guerre de Trente Ans. Les catholiques et les protestants n'acceptant pas de se rencontrer autour d'une seule table, les pourparlers se tiennent dans deux villes transformées en zone neutre à Münster à partir de décembre 1644 puis à Osnabrück à partir de 1645. -À Münster (qui abrite les catholiques) est signée un traité entre l'Espagne et les Provinces-Unies ainsi qu'entre la France et le Saint-Empire romain germanique -À Osnabrück (qui abrite les protestants) est signée la paix entre la Suède et le Saint-Empire romain germanique
ORDRE ou SYSTÈME WESTPHALIEN
ORDRE OU SYSTÈME WESTPHALIEN
L'ordre westphalien qui émerge à la suite des traités de Westphalie repose sur les principes fondamentaux suivants: -la souveraineté des Etats -la territorialité qui délimite des ensembles géographiques par des frontières qui correspondent au limites de la souveraineté. -les fondements d'un ordre international qui repose sur des traités applicables uniquement par les États signataires. -les conflits entre États doivent faire l'objet d'une déclaration de guerre. -le principe de l'équilibre des puissances qui définit que chaque Etat a les mêmes droits sur la scène internationale.
FRONTIÈRES WESTPHALIENNES
FRONTIÈRES WESTPHALIENNES
Les frontières westphaliennes désignent des frontières bornées et cartographiées, prenant l’apparence d’une ligne et non d’une bande, privilégiant les territoires d’un seul tenant, sans laisser de vide ni permettre de superposition. Cette conception westphalienne de la frontière a été imposée hors d’Europe lors de la colonisation sans jamais s’imposer totalement partout.
CESSEZ-LE-FEU
CESSEZ-LE-FEU
Contrairement à l’armistice, le cessez-le-feu est censé revêtir une dimension exclusivement temporaire. Il est en effet souvent lié à des considérations humanitaires, telles que permettre l’assistance aux populations civiles ou encore le secours aux combattants blessés. Aucun vainqueur n’émerge, mais un compromis s’instaure permettant une pause dans les combats. Depuis la fin de la guerre froide, le cessez-le-feu est utilisé en Europe par le conseil de sécurité de l’ONU pour suspendre les combats rapidement ; il a alors parfois effet d’armistice lorsqu’il précède un accord politique.
ARMISTICE
ARMISTICE
Jusqu’au XIXe siècle un armistice signifie l’arrêt des combats afin de préparer techniquement les pourparlers de paix. L’État vaincu, même occupé, conserve toutefois le contrôle de son territoire. Depuis la Grande Guerre, les armistices sont devenus de plus en plus politiques : ils anticipent sur les négociations de concessions territoriales ou matérielles. Les différentes façons de mettre fin aux hostilités finissent ainsi par se confondre.
CAPITULATION
CAPITULATION
Une guerre peut s’achever du fait de l’ascendant militaire décisif pris par l’un des belligérants. Il y a alors reddition militaire de l’État vaincu : dès lors, sa capitulation consiste en un acte par lequel il reconnaît sa défaite, met un terme à l’engagement de ses forces et accepte une série de conditions imposées par le ou les États vainqueurs. Ces derniers s’octroient des compétences plus ou moins étendues sur le territoire de l’État vaincu (transferts de pouvoirs), ce qui peut aller jusqu'à entraîner la disparition du régime en place.
TRAITÉ DE PAIX
TRAITÉ DE PAIX
Un traité de paix, qui peut intervenir après un armistice ou un cessez-le-feu, met un terme définitif au conflit et fixe les conditions qui devront être respectées par les ex-belligérants. Les obligations sont le plus souvent contraignantes pour une partie vaincue (dommages de guerre, cessions de territoires…).
SDN
SDN
La Société des Nations (1920 – 1946) est la première organisation intergouvernementale créée pour « développer la coopération entre les nations et pour leur garantir la paix et la sécurité ». Elle est souvent qualifiée de « prédécesseur » des Nations Unies. Sa Charte fondatrice s'inspire des principes développés par Woodrow Wilson dans son discours en "14 points". Malgré ses échecs la SDN continue d'exister pendant la deuxième guerre et ne disparaît que quelques mois après la création de l'ONU.
SÉCURITÉ COLLECTIVE
SÉCURITÉ COLLECTIVE
La Sécurité collective est un système de sécurité parmi d’autres, qui repose sur la perception d’une indivisibilité et d’une solidarité de la paix entre Etats. Autrement dit, nouspourrions définir la sécurité collective comme « la sécurité de tous, par tous et pour tous ». Sa mise en œuvre suppose alors un ensemble articulé de principes, d’institutions et de mécanismes.
ONU
ONU
L’Organisation des Nations Unies est une organisation internationale fondée en 1945 par la Charte de San Francisco. Son siège se trouve à New York et elle compte aujourd'hui 193 États Membres. La mission et le travail des Nations Unies sont guidés par les objectifs et principes énoncés par sa Charte fondatrice.L'ONU constitue un forum où ses membres peuvent exprimer leur point de vue à l'Assemblée générale, au Conseil de sécurité, au Conseil économique et social ainsi que dans d'autres organes et commissions. Grâce à son rôle dans le dialogue et la négociation, l'Organisation est devenue un mécanisme permettant aux gouvernements de trouver des domaines d'entente et de résoudre ensemble des problèmes.
CASQUE BLEU
CASQUE BLEU
Acteurs des opérations de maintien de la paix sur le terrain, les Casques bleus sont des forces multinationales composées de personnels nationaux placés sous l’autorité des Nations Unies. Elles se composent aussi bien de civils, de militaires que de forces de police. Leur nombre varie en fonction de la mission qui leur est assignée.Les Casques bleus incarnent la présence de la communauté internationale dans une zone conflictuelle. Leur mission n’est pas de s’impliquer directement dans un conflit, même si elle peut conduire à l’emploi de la force en état de légitime défense ; ils tiennent plutôt le rôle d’un observateur impartial, qui permet d’informer sur l’évolution d’une situation, ou de force d’interposition, destinée à éviter une reprise des hostilités.
DROIT DE VETO
DROIT DE VETO
Le veto du Conseil de sécurité des Nations unies est accordé uniquement aux cinq membres permanents de ce Conseil (Chine, Royaume-Uni, France, Etats-Unis, Russie). Le droit de veto leur permet de bloquer toute résolution ou décision, quelle que soit l’opinion majoritaire au Conseil.
MULTILATÉRALISME
MULTILATÉRALISME
Le multilatéralisme est un système de relations internationales qui privilégie les négociations, les coopérations ou encore les accords entre au moins trois Etats, dans le but d'instaurer des règles communes.
Dans une vaste salle éclairée par de hautes fenêtres, les représentants de la très catholique Espagne et des très protestantes Provinces-Unies sont réunis à l’hôtel de ville de Münster pour prêter serment le 15 mai 1648. La scène saisit l’événement au moment où les Flamands, vêtus de noir, au centre de la composition, lèvent la main pour jurer de respecter la paix fraîchement signée avec les Espagnols – l’un d’entre eux, Barthold van Gent, tient ostensiblement la version flamande du serment pour en faire lecture. Deux Espagnols posent quant à eux une main sur une Bible tenue ouverte par une croix, garant de la bonne foi des prestataires, l’un d’eux tenant également une version espagnole du serment – on reconnaît les deux plénipotentiaires espagnols : Gaspar de Bracamonte y Gusman, comte de Peñaranda, à gauche (qui tient le serment), et Antoine Brun à droite. Dans les faits, ce furent les Espagnols qui prêtèrent serment les premiers, suivis des Flamands. Ter Borch fait le choix de condenser l’événement pour une plus forte intensité dramatique. Soixante-dix-sept personnes assistent à la cérémonie, concentrées sur l’acte solennel en cours. Certaines d’entre elles invitent par le regard le spectateur à participer à l’événement, à témoigner de son importance. Elles entourent une table couverte d’un tapis de velours bleu, sur laquelle reposent des documents officiels et des sceaux. Il s’agit probablement des actes authentiques de la paix signée le 30 janvier précédent, ratifiée par Philippe IV d’Espagne le 1er mars, puis par les Provinces-Unies le 18 avril. Les costumes et le décor sont fidèlement représentés, avec un luxe de détails, même si la disposition générale des acteurs adoptée par Ter Borch reste artificielle et soumise à la nécessité d’embrasser en un regard l’ensemble des participants. La comparaison des visages avec les portraits contemporains des plénipotentiaires, réalisés par Van Hulle, Bignon ou Moncornet, révèle un sens de la précision caractéristique de l’art du portrait chez Ter Borch et permet l’identification d’une vingtaine des figures peintes.
La représentation de Ter Borch témoigne bien de l’effervescence diplomatique qui régna à Münster pendant la décennie 1640. La foule des diplomates, mais aussi la solennité de l’instant, renvoie à l’importance capitale de la signature de la paix entre les Espagnols et les Flamands. Il est probable que la reconnaissance officielle des Provinces-Unies par la couronne espagnole après quatre-vingts années de guerre ne put que paraître un événement digne d’être peint au Flamand Ter Borch, qui se représenta à l’extrémité gauche de l’œuvre, moustache et chevelure rousses, le regard tourné vers le spectateur. Il s’agit également d’un des tout premiers exemples (sinon le premier) de peinture d’actualité à prétention réaliste. La reprise de cette œuvre pour le musée de l’Histoire de France sous le règne de Louis-Philippe rend quant à elle bien compte de l’inscription de l’événement dans une histoire diplomatique européenne au sein de laquelle il constitue un tournant favorable à la puissance française au sein d’un nouvel équilibre entre États.