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Les métamorphoses du Moi

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Created on November 13, 2023

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Transcript

Les Métamorphoses du Moi
  • Métamorphose < metamórphōsis
    • changement de forme, transformation
    • le pluriel sous-entend qu'il y a plusieurs changements distincts, ou des variations multiples mais continues.
  • Moi
    • substantif < XVIIe siècle
    • désigne ce qui est le même, quelque chose d'unique.
=> Identité vs Changements
Identité personnelle
  • Se demander ce qu’est le moi, c’est avant tout se demander ce que je suis.
  • Il est question de notre nature propre ou de notre essence.
> Qu'est-ce qui fait que je suis toujours le même malgré les changements et le temps qui passe ?
Le "Moi"
  • Terme générique qui se dit pourtant en première personne.
  • Ce qui me rend unique en tant qu'être humain.
  • Substantif < XVIIe siècle avec les travaux de Descartes.
> Qu’est-ce que je suis ? C'est la nature du moi commun qui est questionnée. > Qui suis-je ? C’est ma personnalité singulière que j’interroge.
> Comment est-il possible de demeurer le même tout en changeant sans cesse ?
I/ Le Moi : substance réelle ou illusion ?
A) Du cogito à la substance pensante
  • Travaux sur la pensée (<=> conscience).
  • Le "Moi" devient une entité autonome et essentielle dans la connaissance de l’Homme.
    • Avant on s’intéressait à l’âme ou à l’esprit.
> Qu'est-ce que je suis ?
R.Descartes 1596 - 1650
Les Méditations métaphysiques, 1641
Le cogito ou la 1ère certitude
Projet et Problème
Le doute et ses étapes
  • Le cogito ("je suis, j'existe" ou "je pense donc je suis") aboutit à une première certitude : je sais que je suis.
  • Mais je ne sais pas encore ce que je suis précisemment.
> Quelle est la nature de ce moi qui existe ?
Mais qu’est-ce donc que je suis ? Une chose qui pense. Qu’est-ce qu’une chose qui pense ? C’est-à-dire une chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi, et qui sent.
Méditations Métaphysiques, II
  • Le Moi est une chose pensante. La pensée est son attribut essentiel, ce qui le définit en propre.
  • La pensée désigne tous les vécus de conscience. Donc le Moi qui est une chose pensante, est une chose qui a conscience d’elle-même.
  • Le moi est une substance, il est ce fondement ou support des vécus de conscience qui demeure malgré les changements et qui assure l’unité du sujet que je suis.
Transition > Mais faisons-nous réellement l’expérience d’une telle substance ? > Peut-on réellement « sentir » ce moi tel que le définit Descartes ? > N’est-ce pas davantage une construction de l’esprit ?
B) Le Moi est une illusion métaphysique.
  • Penseur empiriste qui s'oppose au rationalisme cartésien.
  • Hume expose la philosophie cartésienne de la présence permanente à soi pour en réfuter les arguments prétendument tirés de l’expérience.
> Existe-t-il réellement un Moi-substance ?
D.Hume 1711-1776
  • Il remarque que toute idée dans l’esprit, c'est-à-dire une perception faible, s’origine dans une impression, c’est-à-dire une perception ou sensation vive, dont l’idée est la copie.
  • Puisque les cartésiens prétendent avoir une idée claire et distincte du « Moi », Hume cherche l’impression à laquelle cette idée devrait correspondre et affirme qu’une telle impression n’existe pas.
  • Descartes parle d’un sentiment de permanence à soi. On pourrait penser qu’il s’agit là d’une preuve de l’existence d’une telle impression. Mais en réalité, Hume veut montrer qu’un sentiment ne peut pas être permanent. Nos sensations ne peuvent pas être synchroniques : elles seraient chaotiques.
  • Hume ne nie pas que nous existons, mais rejette l’idée même de Moi comme « substance ».
  • Notre vie intérieure est pure discontinuité. Je ne suis qu’un flux de perceptions changeantes (d’où l’idée de métamorphoses).
  • Le Moi est le produit de l’imagination , il est une idée fictive donc crée, à laquelle aucune impression ne correspond.
  • C'est une illusion linguistique ou métaphysique. Il n’existe qu'en mots.
  • Tout ce que nous trouvons dans l’expérience c’est une succession de passions et de sensations que nous supposons être rattachées à un pôle. Cependant ce pôle, s’il est la condition de possibilité de l’expérience, ne saurait être donné dans l’expérience, on ne peut donc affirmer son existence.
Transition L’introspection semble donc nous livrer une première information, quelque peu déstabilisante, le Moi est introuvable. Il nous échappe, ou du moins il est impossible de l’expérimenter. Cela motive et justifie en un sens cette fameuse « recherche de soi ». Mais si le Moi substantiel est à rejeter, comment devons-nous le concevoir, et qu’est-ce que cela implique au niveau de ma propre personnalité ?
C) Vers une unité multiple
  • En nous, règne la multiplicité (passions, pulsions etc.)
    • nouvelle conception de la subjectivité à partir du corps et de ses vécus.
  • Nietzsche va déconstruire l'illusion d’unité que nous procure le sujet grammatical ("Je").
F.Nietzsche 1844-1900
"[...] une pensée ne vient que quand elle veut, et non pas lorsque c’est moi qui veux ; de sorte que c’est une altération des faits de prétendre que le sujet moi est la condition de l’attribut « je pense ». Quelque chose pense, mais croire que ce quelque chose est l’antique et fameux moi, c’est une pure supposition [...]." Par delà le Bien et le Mal, §17
  • À force de dire « je pense », « je veux » etc., nous nous persuadons qu’il existe réellement un sujet (pôle unique des vécus de conscience, une substance donc) qui est cause de toutes actions auxquelles nous nous identifions.
  • Mais ce qui se joue en nous est sans doute, même d’un point de vue neurobiologique, plus complexe.
  • Nietzsche part alors du corps et montre que la conscience dérive de celui-ci. Elle ne peut donc être à l'origine du Moi.
  • La conscience ne parvient à saisir que le résultat d’un processus pulsionnel qui se joue en nous à travers chacune de nos actions
    • ex : la respiration
  • Pour Nietzsche, il se produit tout un tas de phénomènes inconscients (non accessibles à la conscience) qui nous poussent à agir de telle ou telle façon, si bien que l’expression la plus juste serait de dire « ça pense » en nous, plutôt que « je pense ».
  • Ce sont les pensées qui s’imposent à nous, et non nous qui décidons de les avoir.
  • La croyance en un « je » est le résultat d’une illusion avant tout grammaticale (le sujet d’un verbe est identifié à l’auteur de l’action) et logique (tout effet a une cause, donc toute action a une cause, et cette cause est un sujet).
  • On oublie que le sujet n'est qu'une catégorie grammaticale. C'est une fiction.
  • Les logiciens nous ont éloignés de notre réalité qui est avant tout multiple (lutte des pulsions).
N.B. Le corps est à considérer comme le lieu d’un bouillonnement de désirs, de sentiments divers et changeants. C’est un « soi » dont l’objectif est de vivre en se dépassant sans cesse. Il n’est que pures métamorphoses. L’expression « métamorphoses du moi » serait un non sens pour Nietzsche. Le thème recherche de soi (et non recherche du moi) s’éclaire autrement ici. On comprend désormais qu’on ne trouvera jamais une réponse définitive et identique tout au long de notre vie à la question « qui suis-je ? ». Je ne suis pas un moi, mais moi-même, ce corps ou cette unité multiple qui ne cesse de se façonner au grès des expériences et de ses confrontations avec la réalité.
Transition L’idée de multiplicité du sujet permet plus aisément de penser les changements, les variations donc les métamorphoses. Mais le risque c’est de rendre impossible toute conception continue de l’ipséité, c’est-à-dire de « soi-même » à travers le temps. > Comment pourrait-on concilier identité et changement ? > Qui suis-je si le moi n’est qu’une illusion ? Que signifie être soi-même ?
II. Identité et changements
Expérience de pensée : le bateau de Thésée
A) L'identité personnelle : le rôle de la mémoire vis-à-vis de l'ipséité.
  • Il veut rendre compte du sentiment d'être toujours soi-même tout au long de sa vie malgré les changements.
  • Il forge le terme "consciousness" qu'il associe au "self" et non au "same".
  • Le "self" a une histoire contrairement au "same" (très proche de la substance de Descartes).
  • Le soi, contrairement au moi, c'est ce qui fait que je suis unique puisqu'il se rapporte à toutes les expériences personnelles qui me constituent.
J.Locke 1632-1704
  • Le self désigne l'ensemble des métamorphoses du moi, c'est-à-dire toutes les variations de notre être au cours de la vie.
  • C'est ce qui fait que je suis tel et c'est ce qu'on appelle l'identité personnelle.
[...] Et aussi loin que cette conscience peut s'étendre sur les actions ou les pensées déjà passées, aussi loin s'étend l'identité de cette personne : le soi est présentement le même qu'il était alors, et cette action passée a été faite par le même soi que celui qui se la remet à présent dans l'esprit. Essai sur l'entendement humain, §9, II, XXVII
  • L'identité personnelle repose sur une identité de conscience et implique la mémoire. Il s'oppose à la substance cartésienne.
  • Pour Locke, la personne est un "être pensant, intelligent, doué de raison et de réflexion" mais il rajoute : "capable de se considérer soi-même chose pensante en différents temps et lieux". En précisant ainsi la définition, Locke montre que c'est bien la conscience (de soi) qui rend possible le fait de se considérer comme le même qu'avant.
  • La conscience est la condition sine qua none du self.
  • J'ai conscience de moi au présent mais cela ne suffit pas pour parler d'identité personnelle.
  • Il fait alors appel à la mémoire qui est la conscience de tout ce qui a été vécu. C'est elle qui assure la continuité d'existence.
  • Le soi n'est pas une substance mais un effet de la mémoire.
  • La mémoire assure l'unité du flux de représentations changeantes que je suis. Je suis la somme de mes expériences singulières.
> Que se passe-t-il quand il y a des troubles de la mémoire ?
Exemple : Le cas clinique de Jimmie G.
  • Pour Locke, puisque le soi ne repose pas sur une identité de substance, mais sur une identité de conscience et que celle-ci peut connaître des intermittences lorsqu’il y a une perte de conscience, des amnésies ou des épisodes de « folie » (troubles dissociatifs par exemple) ; il faut reconnaître qu’il y a une perte de l’identité personnelle. Ce n’est plus le même soi.
  • C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Locke différencie la personne et l’homme. Il s’agit du même corps, donc biologiquement c’est le même individu qui agit, mais plus de la même personne (puisque la conscience de soi est troublée ou interrompue).

En un sens, Locke envisage la possibilité d’un homme aux personnalités multiples. -> Nous aborderons ce point, mais sous l’angle sociologique et non clinique.

Transition
Ainsi, nous avons pu voir que l'identité personnelle est indissociable de l'idée d'évolution et de métamorphoses. Être soi-même ce n'est pas être toujours le même au sens où il y aurait une identité immuable ou substantielle. Alors faut-il admettre qu'être soi-même c'est toujours être autre ? Cela ne rend-il pas une nouvelle fois la recherche de soi impossible ?
B) Authenticité et pluralité : être soi est-ce être autre ?

A) Pourquoi Descartes dit-il que le Moi est une « chose qui pense » ? Cela ne vous parait-il pas étrange ? B) Quel est le sens du terme « pensée » ici ? Est-ce que l’auteur, l’emploie de la même manière que nous aujourd’hui ? C) Si le Moi est une chose qui pense, est-il différent pour chaque pensée ? D) Quelle conception du Moi ou du « je » peut-on dégager de ce texte ?

Projet de Descartes : refonder les sciences sur des vérités indubitables. Problème : Nous héritons de préjugés ou d'opinions fausses (on croit savoir). Nous ne critiquons pas les opinions que nous recevons de nos aînés (crédulité de l’enfance) mais aussi de nos sens (expérience première non critiquée). Ceci conduit à l’établissement de principes mal assurés (vérités premières sur lesquelles tout les autres savoirs se fondent), et à la persistance d’erreurs.

  • En tant que penseur rationaliste, Descartes fait appel à la raison pour trouver une première vérité à partir de laquelle il pourra reconstituer le reste des sciences.
  • Pour éviter de conserver une seule erreur, il utilise un outil : le doute.
  • Le doute méthodique est volontaire. C'est une condition pour atteindre la vérité, mais il faut pouvoir en sortir.
  • Les étapes majeures :
_ Nos sens ne sont pas fiables (ils nous ont trompés quelques fois, or on doit douter de tout ce qui n’est pas absolument certain, donc on doute de tout ce qui provient des sens). _ L’argument du rêve : il faut douter de toutes les sensations, y compris celles qui nous semblent évidentes et qui suggère que notre corps est bien réel (exp : sensation de brûlure, de faim etc.). L’existence de notre corps, mais aussi des corps environnants (donc du monde) est douteuse. _ La fiction du malin génie : cela me fait douter de tous les composants simples, y compris des vérités dites universelles comme celles mathématiques. Cela va même jusqu’à me faire douter de ma propre existence.

Pour sortir du doute (et éviter le scepticisme absolu), il faut trouver quelque chose qui résiste à ce doute et qui sera la 1ere certitude, celle à partir de quoi on pourra refonder toutes nos connaissances. Il cherche « un point fixe et assuré ». C’est ce qu’on nomme le cogito. Descartes montre qu’une seule chose résiste au doute, et à l’argument du malin génie (qui fait que je me trompe à chaque fois et qui me pousse à douter de ma propre existence) : « je suis, j’existe ». Autrement dit : Quand bien même désirions-nous douter de tout ; cela signifierait que nous doutons, or pour douter il nous faut exister. Donc pour douter que j’existe, et réussir à me persuader que je ne suis point, il faut bien qu’il existe un moi qui se persuade et qui doute. Conclusion oui j’existe bien.

« Mais qu’est-ce donc que je suis ? Une chose qui pense. Qu’est-ce qu’une chose qui pense ? C’est-à-dire une chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi, et qui sent. Certes ce n’est pas peu si toutes ces choses appartiennent à ma nature. Mais pourquoi n’y appartiendraient-elles pas ? Ne suis-je pas encore ce même qui doute presque de tout, qui néanmoins entends et conçois certaines choses, qui assure et affirme celles- là seules être véritables, qui nie toutes les autres, qui veux et désire d’en connaître davantage, qui ne veux pas être trompé, qui imagine beaucoup de choses, même quelquefois en dépit que j’en aie, et qui en sens aussi beaucoup, comme par l’entremise des organes du corps ? Y a-t-il rien de tout cela qui ne soit aussi véritable qu’il est certain que je suis, et que j’existe, quand même je dormirais toujours, et que celui qui m’a donné l’être se servirait de toutes ses forces pour m’abuser ? Y a-t-il aussi aucun de ces attributs qui puisse être distingué de ma pensée, ou qu’on puisse dire être séparé de moi- même ? Car il est de soi si évident que c’est moi qui doute, qui entends, et qui désire, qu’il n’est pas ici besoin de rien ajouter pour l’expliquer. Et j’ai aussi certainement la puissance d’imaginer ; car encore qu’il puisse arriver (comme j’ai supposé auparavant) que les choses que j’imagine ne soient pas vraies, néanmoins cette puissance d’imaginer ne laisse pas d’être réellement en moi, et fait partie de ma pensée. Enfin je suis le même qui sens, c’est-à-dire qui reçois et connais les choses comme par les organes des sens, puisqu’en effet je vois la lumière, j’ouïs le bruit, je ressens la chaleur. Mais l’on me dira que ces apparences sont fausses et que je dors. Qu’il soit ainsi ; toutefois, à tout le moins il est très certain qu’il me semble que je vois, que j’ouïs, et que je m’échauffe ; et c’est proprement ce qui en moi s’appelle sentir, et cela, pris ainsi précisément, n’est rien autre chose que penser. »