TENOCHTITLAN
Hernan Cortès 1485-1547
Francisco Pizarro 1478-1541
Légende : - Premières colonies espagnoles - Empire Aztèque en 1519 - Empire Inca en 1530 - Trajet de Cortès - Trajet de Pizarro et d'Atahualpa
Bataille de la Cajamarca
1519-1520
TENOCHTITLAN
1519
1521
1519
De 1519 à 1520, l’empereur Aztèque Moctezuma recoit Cortès à Ténochtitlan et l’accueille dans sa ville. Une femme aztèque, la Malinche, qui est la maîtresse de Cortès et qui a appris à parler l’espagnol, sert de traductrice. Ce long séjour permet à Cortès d’étudier les particularités de la ville et de réfléchir à comment s’en emparer.
Tenochtitlan est la capitale de l’Empire Aztèque. Elle se situe à l’emplacement exact de l’actuelle ville de Mexico. A l’époque, elle était construite au milieu d’un lac si bien qu’on ne pouvait se rendre dans la ville que par de très longues digues sur lesquelles étaient construites des routes.
Carte de l'Empire Aztèque au moment du débarquement de Cortès L'empire est Aztèque est un empire fédéral. Cela veut dire que plusieurs chefs et plusieurs territoires aztèques se soumettent à l'empereur au sein d'une alliance, mais que chacun garde son autonomie. Cela explique la fragilité de l'empire et la facilité avec laquelle Cortès a réussi à diviser les Aztèques pour les vaincre, notamment en utilisant les Tlaxcala contre l'empereur.
1531
1532
Bataille de la Cajamarca
1529-1532
Cuzco (capitale Inca)
1493-1527
Colombie
Carte de l'empire Inca à la mort de Hyana Capac montrant les différentes conquêtes réalisées sous les 3 empereurs précédents.
Equateur
Pérou
Brésil
Bolivie
Argentine
Chili
Huayna Capac
La prise de Tenochtitlan En 1520, Cortès est contraint de quitter Tenochtitlan. Moctezuma est mort et le nouvel empereur n'est plus favorable à la présence des espagnols qui risquent désormais d'être tués. Pour sortir de la ville, Cortès prend en otage l’empereur (cet evènement s’appelle la Noche Triste). Il parcourt toute la ville en tenant l'empereur au bout de son épée pendant que quelques conquistadores pointent leur arquebuse (fusils) vers la foule. Les aztèques, térrifés par les arquebuses, n’osent pas réagir. L’année sivante, en 1521, il revient faire le siège de Tenochtitlan avec une armée de Conquistadores et surtout les nombreuses troupes des Tlaxcala. Le siège de 1521 dure 3 mois. Le nouvel empereur Aztèque accepte finalement la rédition. Un espagnol raconte : "Cuauhtémoc (le nouvel empereur) pria Cortès de permettre à tous les aztèques de quitter la ville. [...] pendant trois jours et trois nuits, les trois digues qui reliaient la villes furent absolument couvertes d’aztèques, femmes et enfants sortant à la file, si maigres, si sales, si jaunes et si infects que c’était pitié à voir. [...] Cortès trouva dans la ville toutes les maisons pleines d’indiens morts et au milieu des cadavres, quelques pauvres aztèques qui n’avaient pas la force de sortir. Le sol de la ville était remué pour mettre à nu les racines et les plantes que les assiégés faisaient bouillir. Ils avaient même mangé l’écorce des arbres”. Bernal Diaz del Castillo, La conquête du Mexique, 1550.
Lien vers des illustrations
Les mines de Zacatecas et de Potosi Alors que les Espagnols cherchent l'El Dorado, une cité mythique remplie d'or à l'existence de laquelle les espagnols croient depuis qu'ils ont vu des bijoux en or portés par les indigènes, ils découvrent deux immenses mines d'argent au nouveau monde, la mine de Zacatecas au Mexique et la mine de Potosi en Bolivie. Elles sont mises en exploitation par les espagnols qui utilisent les indiens comme ouvriers. Voila ce qu'en dit un observateur en 1601 :
" Je suis descendu jusqu'à 150 toises [300 mètres]. J'ai vu dans cette mine comment travaillent les Indiens et examiné
l'endroit, sa grande profondeur, l'épaisse fumée des bougies, l'étroitesse des galeries, l’air lourd des gaz, de la sueur de la fumée des bougies et de la poussière qui s’echappe des coups des outils dans la roche, la remontée sans fin sur des échelles verticales avec des sacs de minnerai sur le dos, les aliments peu nourrissants qu'ils mangent, le danger des chutes en l'absence totale de sécurité. Aucun d'entre eux ne survit trois ans ici. En Espagne, les marchands et les hidalgos (seigneurs) parent leurs vêtements et leur voiture [carosse] d'or et d'argent. Cet or fait rougir l'Europe. Mais ce n'est pas le visage des français jaloux qui est le plus rouge, ce sont ces bijoux tâchés de sang." F. Miguel, Servidumbres de indios, 1601.
La mort de Huayna Capac Au début des années 1500, le grand empereur Huayna Capac règne sur l’Empire Inca. Son règne marque l’apogée de la civilisation inca. Huayna Capac impose la domination inca sur un très vaste territoire englobant la majorité de la chaine de montagne des Andes. Son empire est très organisé et très hiérarchisé. De grandes routes partent de la capitale Cuzco et vont rejoindre toutes les provinces de l’Empire dans lesquelles se trouvent des gouverneurs, permettant ainsi une très bonne communication, une bonne transmission des ordres et un bon développement économique. Entre 1525 et 1527, Huyana Capac meurt d’une maladie inconnue des incas, surement la variole ou la rougeole, c’est-à-dire une maladie apportée par les espagnols qui avaient déjà commencé à explorer la côte du continent sud-américain. A cette époque, une large partie de la population inca est touchée par des épidémies nouvelles et terriblement meurtrières.
LIen vers une carte de l'empire inca
Le traitement des populations indigènes vu par le moine espagnol Bartolomé de Las Casas Las Casas est un moine espagnol qui vient aux amériques dans l’espoir de convertir la population indigène. Sur place, il constate et s’indigne des violences faites par les espagnols aux populations indigènes. "Alors que les indiens étaient pacifiques, les chrétiens ont envahi ces pays tels des loups enragés qui se jettent sur l’agneau. Comme ces espagnols étaient des gens insoucieux de leur âme, assoiffés de richesses et corrompus par les appétits les plus horribles, ils mirent tant d’énergie à détruire ce pays qu’aucune plume ni même aucune langue ne saurait le raconter. Tant et si bien que de la population estimée à 1 million d’âmes, il n’en reste plus aujourd’hui que 12 000 entre petits et grands, jeunes et vieux, malades et valides. Tous les conquistadores qui sont venus ont cru qu’il s’agissait de peuples infidèles qu’ils pouvaient tuer ou capturer afin de prendre leurs terres sans crainte de commettre le péché. Ces mêmes infidèles étaient les êtres les plus doux et les plus pacifiques du monde, totalement dépourvus d’armes alors que les conquistardores étaient un ramassis de gens convoiteux et pillards." Bartolomé de Las Casas, Brève relation de la destruction des Indes, 1552.
Bartolomé de Las Casas
Stratégies et alliances d'Hernan Cortès au Mexique Si le débarquement de Cortès est une réussite, il se trouve désomrais face au très puissant empire Aztèque contre lequel il semble n'avoir que très peu de chances de le vaincre. Après la victoire inespérée contre les Tlaxcala, Cortès comprend vite qu'il va devoir se trouver des alliés. Il négocie avec ceux qu’ils vient de vaincre, les Tlaxcala, pour s'allier contre l'empereur des Aztèques, Moctezuma, et assiéger sa capitale, Tenochtitlan. Les Tlaxcala s'en arrangent. il faut dire qu’ils sont en rébéllion contre Moctezuma, l’empereur Aztèque, depuis des années. Aussi, quand ces derniers s'allient avec les espagnols, ils espèrent profiter des armes inconnues que possèdent les espagnols et dont ils ont eux-mêmes fait les frais pour vaincre l’empereur. De leur côté, les espagnols espèrent cacher leur faiblesse numérique derrière la force de la grande armée Tlaxcala, afin de s’emparer de tout l’empire aztèque. Thierry Sauzeau, Colloque "Pour une histoire globale", Poitiers, 2017.
Les conquistadors espagnols Récit d'un conquistador sur les violences espagnoles « Comme ils ne sont guidés que par l’intention de piller l’or et les richesses pour s’enrichir et de repartir aussiôt, les conquistadors espagnols s’adonnent à toutes sortes de crimes et d’homicides et commettent d’innombrables vilénies […]. Lorsque les conquistadors et les capitaines viennent ici, ils ne prennent ni les soldats les plus consciencieux, ni les plus renommés, mais les premiers qu’ils rencontrent ou ceux qui leur semblent les plus aptes au vol et au pillage, [...] dépourvus de scrupules.” Gonzalo Fernandez de Oviedo, Histoire générale et naturelle des Indes, 1535.
Sur ce lien, une carte de 'l'empire aztèque
Le choc microbien Lorsque les européens arrivent aux Amériques, ils sont porteurs de virus et de microbes que les populations américaines (précolombiennes) n’ont jamais rencontrés et face auxquels elles n’ont aucune défense. «Une épidémie se déclara chez les indiens, un mal qui se manifestait par des pustules. Plus les peuples vivaient au contact des espagnols, plus ils en souffraient. De grosses tumeurs apparaissaient sur les corps et les recouvraient parfois entièrement […]. Certains succombèrent à ce mal et d’autres moururent de faim. Partout régnait la famine et nul ne se souciait de ses semblables." Bernardino de Sahagun, Histoire générale des choses de la Nouvelle-Espagne, vers 1580.
L'arrivée de Pizarro Pendant que Atahualpa et Huascar se déchirent pour le trône inca, Francisco Pizzaro, un conquistador espagnol qui explore l’Amérique depuis une vingtaine d’années, entend parler de cette guerre civile. Il comprend que c’est l’occasion parfaite de profiter de l’affaiblissement de l’empire Inca pour tenter de le conquérir. En 1531, il débarque au Pérou avec 180 soldats et 37 chevaux seulement.
La guerre civile inca 1529-1532 La mort imprevue de Huayna Capac entraine une longue et violente guerre civile entre ses deux fils, Atahualpa et Huascar, qui se disputent le trône impérial. Cette guerre cause la division du territoire inca en deux parties et provoque un brutal affaiblissement de l’empire. La guerre dure 3 ans, de 1529 à 1532 et voit finalement Atahualpa remporter la victoire.
Atahualpa Le frère vainqueur
Huascar Le frère vaincu
La bataille de la Cajamarca et la capture d'Atahualpa Le 16 novembre 1532, alors qu’Atahualpa vient juste de gagner la guerre contre son frère, Pizarro négocie une entrevue avec lui. Atahualpa, malgré les épidémies qui ravagent son empire, parvient à réunir une armée de plusieurs milliers d’hommes face à la poignée de conquistadores de Pizzaro. Cet évènement est connu sous le nom de bataille de Cajamaraca. Les espagnols se cachent en embuscade et au moment où Atahualpa et son armée arrivent, les espagnols profitent de la peur inspirée par les armes à feu et les chevaux (inconnus des incas) pour pétrifier l’armée inca, capturer Atahualpa et fuir. Atahualpa est gardé en otage plusieurs mois par les espagnols avant d’être exécuté. Sa mort provoque la dislocation de l’empire Inca.
Lien vers une vidéo illustrative La regarder de 10min50 à 13min55
Hernan Cortès au Mexique En 1519, Cortès, un noble espagnol et une poignée de Conquistadores (soldats) débarquent au Mexique dans le but de conquérir cette terre. Le fait est que quand Hernan Cortes et ses quelques conquistadores débarquent au Mexique, ils sont hors la loi parce que Cortes, qui avait perdu son mandat officiel, est parti de Cuba sans l'accord du roi d'Espagne. Ils sont donc une poignée à arriver près de ce qui deviendra la ville espagnole de Vera Cruz. Quelques semaines après le débarquement espagnol, les Tlaxcala, un peuple aztèque vivant proche de la côte, ont envoyé une armée pour les repousser. Les forces étaient à un contre cinquante en faveur des Tlaxcala
Mais quand les guerriers aztèques ont vu ces hommes de fer de trois mètres de haut, ayant quatre jambes et possédant des lances qui font le bruit du tonnerre et qui tue les gens à cinquante mètres de distance, ce qui était en fait des armures, des chevaux, des arquebuses [ancêtre du fusil] et un ou deux canons, ils ont cru au retour du dieu Quetzalcoatl qui était annoncé par leur mythologie. La supercherie ne dure pas longtemps et c'est au prix de très gros efforts que Cortès parvient à prendre la capitale des Tlaxcala. Thierry Sauzeau, Colloque "Pour une histoire globale", Poitiers, 2017.
Les mines de Zacatecas et de Potosi Alors que les Espagnols cherchent l'El Dorado, une cité mythique remplie d'or à l'existence de laquelle les espagnols croient depuis qu'ils ont vu des bijoux en or portés par les indigènes, ils découvrent deux immenses mines d'argent au nouveau monde, la mine de Zacatecas au Mexique et la mine de Potosi en Bolivie. Elles sont mises en exploitation par les espagnols qui utilisent les indiens comme ouvriers. Voila ce qu'en dit un observateur en 1601 :
" Je suis descendu jusqu'à 150 toises [300 mètres]. J'ai vu dans cette mine comment travaillent les Indiens et examiné
l'endroit, sa grande profondeur, l'épaisse fumée des bougies, l'étroitesse des galeries, l’air lourd des gaz, de la sueur de la fumée des bougies et de la poussière qui s’echappe des coups des outils dans la roche, la remontée sans fin sur des échelles verticales avec des sacs de minnerai sur le dos, les aliments peu nourrissants qu'ils mangent, le danger des chutes en l'absence totale de sécurité. Aucun d'entre eux ne survit trois ans ici. En Espagne, les marchands et les hidalgos (seigneurs) parent leurs vêtements et leur voiture [carosse] d'or et d'argent. Cet or fait rougir l'Europe. Mais ce n'est pas le visage des français jaloux qui est le plus rouge, ce sont ces bijoux tâchés de sang." F. Miguel, Servidumbres de indios, 1601.
La conquête espagnole du nouveau monde
Raphael Drunai
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TENOCHTITLAN
Hernan Cortès 1485-1547
Francisco Pizarro 1478-1541
Légende : - Premières colonies espagnoles - Empire Aztèque en 1519 - Empire Inca en 1530 - Trajet de Cortès - Trajet de Pizarro et d'Atahualpa
Bataille de la Cajamarca
1519-1520
TENOCHTITLAN
1519
1521
1519
De 1519 à 1520, l’empereur Aztèque Moctezuma recoit Cortès à Ténochtitlan et l’accueille dans sa ville. Une femme aztèque, la Malinche, qui est la maîtresse de Cortès et qui a appris à parler l’espagnol, sert de traductrice. Ce long séjour permet à Cortès d’étudier les particularités de la ville et de réfléchir à comment s’en emparer.
Tenochtitlan est la capitale de l’Empire Aztèque. Elle se situe à l’emplacement exact de l’actuelle ville de Mexico. A l’époque, elle était construite au milieu d’un lac si bien qu’on ne pouvait se rendre dans la ville que par de très longues digues sur lesquelles étaient construites des routes.
Carte de l'Empire Aztèque au moment du débarquement de Cortès L'empire est Aztèque est un empire fédéral. Cela veut dire que plusieurs chefs et plusieurs territoires aztèques se soumettent à l'empereur au sein d'une alliance, mais que chacun garde son autonomie. Cela explique la fragilité de l'empire et la facilité avec laquelle Cortès a réussi à diviser les Aztèques pour les vaincre, notamment en utilisant les Tlaxcala contre l'empereur.
1531
1532
Bataille de la Cajamarca
1529-1532
Cuzco (capitale Inca)
1493-1527
Colombie
Carte de l'empire Inca à la mort de Hyana Capac montrant les différentes conquêtes réalisées sous les 3 empereurs précédents.
Equateur
Pérou
Brésil
Bolivie
Argentine
Chili
Huayna Capac
La prise de Tenochtitlan En 1520, Cortès est contraint de quitter Tenochtitlan. Moctezuma est mort et le nouvel empereur n'est plus favorable à la présence des espagnols qui risquent désormais d'être tués. Pour sortir de la ville, Cortès prend en otage l’empereur (cet evènement s’appelle la Noche Triste). Il parcourt toute la ville en tenant l'empereur au bout de son épée pendant que quelques conquistadores pointent leur arquebuse (fusils) vers la foule. Les aztèques, térrifés par les arquebuses, n’osent pas réagir. L’année sivante, en 1521, il revient faire le siège de Tenochtitlan avec une armée de Conquistadores et surtout les nombreuses troupes des Tlaxcala. Le siège de 1521 dure 3 mois. Le nouvel empereur Aztèque accepte finalement la rédition. Un espagnol raconte : "Cuauhtémoc (le nouvel empereur) pria Cortès de permettre à tous les aztèques de quitter la ville. [...] pendant trois jours et trois nuits, les trois digues qui reliaient la villes furent absolument couvertes d’aztèques, femmes et enfants sortant à la file, si maigres, si sales, si jaunes et si infects que c’était pitié à voir. [...] Cortès trouva dans la ville toutes les maisons pleines d’indiens morts et au milieu des cadavres, quelques pauvres aztèques qui n’avaient pas la force de sortir. Le sol de la ville était remué pour mettre à nu les racines et les plantes que les assiégés faisaient bouillir. Ils avaient même mangé l’écorce des arbres”. Bernal Diaz del Castillo, La conquête du Mexique, 1550.
Lien vers des illustrations
Les mines de Zacatecas et de Potosi Alors que les Espagnols cherchent l'El Dorado, une cité mythique remplie d'or à l'existence de laquelle les espagnols croient depuis qu'ils ont vu des bijoux en or portés par les indigènes, ils découvrent deux immenses mines d'argent au nouveau monde, la mine de Zacatecas au Mexique et la mine de Potosi en Bolivie. Elles sont mises en exploitation par les espagnols qui utilisent les indiens comme ouvriers. Voila ce qu'en dit un observateur en 1601 :
" Je suis descendu jusqu'à 150 toises [300 mètres]. J'ai vu dans cette mine comment travaillent les Indiens et examiné
l'endroit, sa grande profondeur, l'épaisse fumée des bougies, l'étroitesse des galeries, l’air lourd des gaz, de la sueur de la fumée des bougies et de la poussière qui s’echappe des coups des outils dans la roche, la remontée sans fin sur des échelles verticales avec des sacs de minnerai sur le dos, les aliments peu nourrissants qu'ils mangent, le danger des chutes en l'absence totale de sécurité. Aucun d'entre eux ne survit trois ans ici. En Espagne, les marchands et les hidalgos (seigneurs) parent leurs vêtements et leur voiture [carosse] d'or et d'argent. Cet or fait rougir l'Europe. Mais ce n'est pas le visage des français jaloux qui est le plus rouge, ce sont ces bijoux tâchés de sang." F. Miguel, Servidumbres de indios, 1601.
La mort de Huayna Capac Au début des années 1500, le grand empereur Huayna Capac règne sur l’Empire Inca. Son règne marque l’apogée de la civilisation inca. Huayna Capac impose la domination inca sur un très vaste territoire englobant la majorité de la chaine de montagne des Andes. Son empire est très organisé et très hiérarchisé. De grandes routes partent de la capitale Cuzco et vont rejoindre toutes les provinces de l’Empire dans lesquelles se trouvent des gouverneurs, permettant ainsi une très bonne communication, une bonne transmission des ordres et un bon développement économique. Entre 1525 et 1527, Huyana Capac meurt d’une maladie inconnue des incas, surement la variole ou la rougeole, c’est-à-dire une maladie apportée par les espagnols qui avaient déjà commencé à explorer la côte du continent sud-américain. A cette époque, une large partie de la population inca est touchée par des épidémies nouvelles et terriblement meurtrières.
LIen vers une carte de l'empire inca
Le traitement des populations indigènes vu par le moine espagnol Bartolomé de Las Casas Las Casas est un moine espagnol qui vient aux amériques dans l’espoir de convertir la population indigène. Sur place, il constate et s’indigne des violences faites par les espagnols aux populations indigènes. "Alors que les indiens étaient pacifiques, les chrétiens ont envahi ces pays tels des loups enragés qui se jettent sur l’agneau. Comme ces espagnols étaient des gens insoucieux de leur âme, assoiffés de richesses et corrompus par les appétits les plus horribles, ils mirent tant d’énergie à détruire ce pays qu’aucune plume ni même aucune langue ne saurait le raconter. Tant et si bien que de la population estimée à 1 million d’âmes, il n’en reste plus aujourd’hui que 12 000 entre petits et grands, jeunes et vieux, malades et valides. Tous les conquistadores qui sont venus ont cru qu’il s’agissait de peuples infidèles qu’ils pouvaient tuer ou capturer afin de prendre leurs terres sans crainte de commettre le péché. Ces mêmes infidèles étaient les êtres les plus doux et les plus pacifiques du monde, totalement dépourvus d’armes alors que les conquistardores étaient un ramassis de gens convoiteux et pillards." Bartolomé de Las Casas, Brève relation de la destruction des Indes, 1552.
Bartolomé de Las Casas
Stratégies et alliances d'Hernan Cortès au Mexique Si le débarquement de Cortès est une réussite, il se trouve désomrais face au très puissant empire Aztèque contre lequel il semble n'avoir que très peu de chances de le vaincre. Après la victoire inespérée contre les Tlaxcala, Cortès comprend vite qu'il va devoir se trouver des alliés. Il négocie avec ceux qu’ils vient de vaincre, les Tlaxcala, pour s'allier contre l'empereur des Aztèques, Moctezuma, et assiéger sa capitale, Tenochtitlan. Les Tlaxcala s'en arrangent. il faut dire qu’ils sont en rébéllion contre Moctezuma, l’empereur Aztèque, depuis des années. Aussi, quand ces derniers s'allient avec les espagnols, ils espèrent profiter des armes inconnues que possèdent les espagnols et dont ils ont eux-mêmes fait les frais pour vaincre l’empereur. De leur côté, les espagnols espèrent cacher leur faiblesse numérique derrière la force de la grande armée Tlaxcala, afin de s’emparer de tout l’empire aztèque. Thierry Sauzeau, Colloque "Pour une histoire globale", Poitiers, 2017.
Les conquistadors espagnols Récit d'un conquistador sur les violences espagnoles « Comme ils ne sont guidés que par l’intention de piller l’or et les richesses pour s’enrichir et de repartir aussiôt, les conquistadors espagnols s’adonnent à toutes sortes de crimes et d’homicides et commettent d’innombrables vilénies […]. Lorsque les conquistadors et les capitaines viennent ici, ils ne prennent ni les soldats les plus consciencieux, ni les plus renommés, mais les premiers qu’ils rencontrent ou ceux qui leur semblent les plus aptes au vol et au pillage, [...] dépourvus de scrupules.” Gonzalo Fernandez de Oviedo, Histoire générale et naturelle des Indes, 1535.
Sur ce lien, une carte de 'l'empire aztèque
Le choc microbien Lorsque les européens arrivent aux Amériques, ils sont porteurs de virus et de microbes que les populations américaines (précolombiennes) n’ont jamais rencontrés et face auxquels elles n’ont aucune défense. «Une épidémie se déclara chez les indiens, un mal qui se manifestait par des pustules. Plus les peuples vivaient au contact des espagnols, plus ils en souffraient. De grosses tumeurs apparaissaient sur les corps et les recouvraient parfois entièrement […]. Certains succombèrent à ce mal et d’autres moururent de faim. Partout régnait la famine et nul ne se souciait de ses semblables." Bernardino de Sahagun, Histoire générale des choses de la Nouvelle-Espagne, vers 1580.
L'arrivée de Pizarro Pendant que Atahualpa et Huascar se déchirent pour le trône inca, Francisco Pizzaro, un conquistador espagnol qui explore l’Amérique depuis une vingtaine d’années, entend parler de cette guerre civile. Il comprend que c’est l’occasion parfaite de profiter de l’affaiblissement de l’empire Inca pour tenter de le conquérir. En 1531, il débarque au Pérou avec 180 soldats et 37 chevaux seulement.
La guerre civile inca 1529-1532 La mort imprevue de Huayna Capac entraine une longue et violente guerre civile entre ses deux fils, Atahualpa et Huascar, qui se disputent le trône impérial. Cette guerre cause la division du territoire inca en deux parties et provoque un brutal affaiblissement de l’empire. La guerre dure 3 ans, de 1529 à 1532 et voit finalement Atahualpa remporter la victoire.
Atahualpa Le frère vainqueur
Huascar Le frère vaincu
La bataille de la Cajamarca et la capture d'Atahualpa Le 16 novembre 1532, alors qu’Atahualpa vient juste de gagner la guerre contre son frère, Pizarro négocie une entrevue avec lui. Atahualpa, malgré les épidémies qui ravagent son empire, parvient à réunir une armée de plusieurs milliers d’hommes face à la poignée de conquistadores de Pizzaro. Cet évènement est connu sous le nom de bataille de Cajamaraca. Les espagnols se cachent en embuscade et au moment où Atahualpa et son armée arrivent, les espagnols profitent de la peur inspirée par les armes à feu et les chevaux (inconnus des incas) pour pétrifier l’armée inca, capturer Atahualpa et fuir. Atahualpa est gardé en otage plusieurs mois par les espagnols avant d’être exécuté. Sa mort provoque la dislocation de l’empire Inca.
Lien vers une vidéo illustrative La regarder de 10min50 à 13min55
Hernan Cortès au Mexique En 1519, Cortès, un noble espagnol et une poignée de Conquistadores (soldats) débarquent au Mexique dans le but de conquérir cette terre. Le fait est que quand Hernan Cortes et ses quelques conquistadores débarquent au Mexique, ils sont hors la loi parce que Cortes, qui avait perdu son mandat officiel, est parti de Cuba sans l'accord du roi d'Espagne. Ils sont donc une poignée à arriver près de ce qui deviendra la ville espagnole de Vera Cruz. Quelques semaines après le débarquement espagnol, les Tlaxcala, un peuple aztèque vivant proche de la côte, ont envoyé une armée pour les repousser. Les forces étaient à un contre cinquante en faveur des Tlaxcala
Mais quand les guerriers aztèques ont vu ces hommes de fer de trois mètres de haut, ayant quatre jambes et possédant des lances qui font le bruit du tonnerre et qui tue les gens à cinquante mètres de distance, ce qui était en fait des armures, des chevaux, des arquebuses [ancêtre du fusil] et un ou deux canons, ils ont cru au retour du dieu Quetzalcoatl qui était annoncé par leur mythologie. La supercherie ne dure pas longtemps et c'est au prix de très gros efforts que Cortès parvient à prendre la capitale des Tlaxcala. Thierry Sauzeau, Colloque "Pour une histoire globale", Poitiers, 2017.
Les mines de Zacatecas et de Potosi Alors que les Espagnols cherchent l'El Dorado, une cité mythique remplie d'or à l'existence de laquelle les espagnols croient depuis qu'ils ont vu des bijoux en or portés par les indigènes, ils découvrent deux immenses mines d'argent au nouveau monde, la mine de Zacatecas au Mexique et la mine de Potosi en Bolivie. Elles sont mises en exploitation par les espagnols qui utilisent les indiens comme ouvriers. Voila ce qu'en dit un observateur en 1601 :
" Je suis descendu jusqu'à 150 toises [300 mètres]. J'ai vu dans cette mine comment travaillent les Indiens et examiné
l'endroit, sa grande profondeur, l'épaisse fumée des bougies, l'étroitesse des galeries, l’air lourd des gaz, de la sueur de la fumée des bougies et de la poussière qui s’echappe des coups des outils dans la roche, la remontée sans fin sur des échelles verticales avec des sacs de minnerai sur le dos, les aliments peu nourrissants qu'ils mangent, le danger des chutes en l'absence totale de sécurité. Aucun d'entre eux ne survit trois ans ici. En Espagne, les marchands et les hidalgos (seigneurs) parent leurs vêtements et leur voiture [carosse] d'or et d'argent. Cet or fait rougir l'Europe. Mais ce n'est pas le visage des français jaloux qui est le plus rouge, ce sont ces bijoux tâchés de sang." F. Miguel, Servidumbres de indios, 1601.