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Résister au sein du système concentrationnaire d'Auschwitz-Birkenau

CONCOURS NATIONAL DE LA RESISTANCE ET DE LA DEPORTATION

"Résister à la déportation en France et en Europe"

Année scolaire 2023-2024

Le sens de ses paroles, je l’ai retenu pour toujours : c’est justement, disait-il, parce que le Lager est une monstrueuse machine à fabriquer des bêtes, que nous ne devons pas devenir des bêtes; puisque même ici il est possible de survivre, nous devons vouloir survivre, pour raconter, pour témoigner; et pour vivre, il est important de sauver au moinsl’ossature, la charpente, la forme de la civilisation. Nous sommes des esclaves, certes, privés de tout droit, en butte à toutes les humiliations, voués à une mort presque certaine, mais il nous reste encore une ressource et nous devons la défendre avec acharnement parce que c’est la dernière : refuser notre consentement. Aussi est-ce pour nous un devoir envers nous-mêmes que de nous laver le visage sans savon, dans de l’eau sale, et de nous essuyer avec notre veste. Un devoir, de cirer nos souliers, non certes parce que c’est écrit dans le règlement, mais par dignité et par propriété. Un devoir enfin de nous tenir droits et de ne pas traîner nos sabots, non pas pour rendre hommage à la discipline prussienne, mais pour rester vivants, pour ne pas commencer à mourir. Extrait de Primo Lévi, Si c’est un homme, Paris, Julliard, 1987, pp 41-4

NOTRE PROJET: En lisant cet extrême de Primo Lévi, une phrase a éveillé particulièrement notre intérêt :" il nous reste encore une ressource et nous devons la défendre avec acharnement parce que c’est la dernière : refuser notre consentement". Selon Primo Lévi, refuser son consentement, c'est refuser son sort, c'est résister à la tentation de se laisser mourir, de plier sous le joug de l'oppression nazie. Mais comment faire dans un espace aussi contrôlé, surveillé et sécurisé que le complexe d'Auschwitz-Birkenau, pour parvenir à refuser ce consentement, pour "rester vivants, pour ne pas consentir à mourir"? Nous avons d'abord tenté de comprendre l'organisation et le fonctionnement du système concentrationnaire d'Auschwitz Birkenau, la diversité des prisonniers qui y sont enfermés, l'extension du site au fur et à mesure des années, la distinction entre camps de concentration et centre de mise à mort qui caractérise le site d'Auschwitz. De cette analyse, nous avons fait le constat de la complexité du site et de la diversité des prisonniers internés: prisonniers de guerre russes, résitants et opposants politiques polonais (Auschwitz 1), juifs et tziganes (Birkenau et Monovitz). Nous avons également constaté l'étendue du site incluant les Camps de concentration, les centres de mise à mort (crématoriums K1 à 5) et les usines attenantes au site, ainsi que toutes les infrastructures permettant le fonctionnement du site (Kanada, administration et logements des SS, JudenRampe, etc.). Ces constats nous ont améné à choisir de travailler sur les formes de résistance existant à l'intérieur du complexe de Auschwitz-Birkenau, à l'issue de la déportation de population issue de toute l'Europe. Le choix d'une carte interactive a semblé une solution éclairante pour évoquer la diversité des formes de résistance et les destins de certains acteurs de cette résistance au sein du complexe d'Auschwitz-Birkenau. Nos recherches sont parties d'un foisonement de questions: dès l'arrivée des trains, où, comment, qui peut et fait le choix de continuer à résister à la déportation? Quelles sont encore les marges de manoeuvres des prisonniers? Quelles sont leurs motivations? Leurs espoirs? Quels sont les risques auxquels ils se confrontent? Nous avons donc été amenés à nous demander dans quelle mesure, à l'issue de la déportation, dans les espaces où toute possibilité de résistance semble anihilée, quelles formes de résistance sont encore possibles et quels acteurs les incarnent? Il ne s'agira pas de présenter de façon exhaustive tous les actes de résistance ayant eu lieu dans le complexe d'Auschwitz, mais de souligner par des approches thématiques et des exemples concrêts la diversité des formes de résistance ayant eu cours et de montrer comment les formes de résistance développées dans les pays occupées par les nazis se retrouvent à l'intérieur des camps de concentration et des centres de mise à mort. En navigant sur les cartes via les liens interactifs, vous pourrez découvrir ces formes de résistance.

VOLER ET SABOTER DANS LES USINES

La résistance au sein des usines du complexe d'Auschwitz, telles que IG Farben, était un acte extrêmement difficile à organiser et rare. En effet, les prisonniers déportés vivaient dans des conditions déplorables. Ils étaient affaiblis et désarmés, surveillés en permanence. Les individus tentant de s'opposer aux SS, également connus sous le nom de Schutzstaffel, faisaient face à des défis insurmontables. Ils étaient fouillés lors des appels du matin et du soir et surveillés en permance durant leur travail. Les rares actes de résistance qui ont éclaté dans les usines demeurent anonymes, sauf quelques exceptions comme celui de Rosa Robota. Les actes de résistance prennent la plupart du temps la forme de sabotages: travailler lentement pour réduire la productivité, produire mal, ôter ou abîmer des pièces pour rendre les productions inopérantes... Il existe aussi des cas de vols de matériels dans les usines pour aider la résistance interne au camp.

Name Surname

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Roza ROBOTA

Rosa ROBOTA

L'histoire de Rosa Robota illustre la résilience et le courage face à l'horreur d'Auschwitz. Arrivée en 1942, cette juive polonaise perd sa famille dès son arrivée, mais refuse de succomber à l'anéantissement. Animée par une volonté de résister, elle intègre rapidement un réseau clandestin de résistance interne à Birkenau, alors qu'elle est affectée au "Canada" . En 1943, Rosa est approchée par un membre du groupe de résistance avec un projet audacieux : faire sauter une des chambres à gaz et le crématorium IV de Birkenau. Sans hésitation, elle rassemble une vingtaine de femmes, toutes liées à l'usine de munitions d'Auschwitz. Leur mission consiste à subtiliser de la poudre noire de munitions, la cachant sous leurs ongles, dans les doublures de leurs vêtements, dans des morceaux de papier cachés dans leurs corps et qu'elles font transiter par une véritable chaîne humaine jusqu'aux organisateurs de la révolte au sein du Sonderkommando. Elles fournissent ainsi discrètement trois cuillères à café par jour. Au fil de plusieurs mois, elles fabriquent des mines explosives et des grenades, amassant suffisamment de munitions pour concrétiser leur plan. Le 7 novembre 1944, après un an de préparation, la révolte des Sonderkommando (voir "Résister dans les Sonderkommando") éclate. La révolte est écrasée par les SS et après plusieurs jours d'enquête, Rosa Robota et trois autres femmes sont arrêtées et soumises à des tortures inhumaines. Le 6 janvier 1945, Rosa est pendue en public, marquant la dernière exécution du camp. Quelques semaines plus tard, Auschwitz est libéré. En hommage à son héroïsme, en 2008, une rue en Australie, la Rosa-Robota Gates à Montefiore Randwick, est nommée en sa mémoire. De même, le site de Yad Vashem à Jérusalem rend hommage à Rosa Robota et aux trois autres femmes exécutées par le biais d'un monument situé dans un emplacement privilégié du jardin. Leur sacrifice demeure un témoignage poignant de la résistance face à l'inhumanité nazie.

ORGANISER UNE RESISTANCE INTERNE

L'INCROYABLE HISTOIRE DE Witold pilecki

QUI ?

Comment ?

Objectifs et action menées

Difficultés

ORGANISER UNE RESISTANCE INTERNE

QUI ?

Différents groupes de résistance ont existé au sein du complexe d'Auschwitz Birkeanu. Ces groupes clandestins illégaux ont vu le jour grâce à plusieurs résistants qui partageaient des convictions contraires à celle du camp. Il pouvait s'agir de prisonniers juifs, communistes, de prisonniers arrêtés pour des faits de résistance, voire les trois à la fois. Par exemple, le Kampfgruppe d'Auschwitz, aussi appelé Groupe de combat ou Groupe international de résistance, de conviction communiste et socialiste, est né en mai 1943 de la fusion d'un groupe de résistance autrichien et d'un groupe polonais de résistance du camp d'Auschwitz.

ORGANISER UNE RESISTANCE INTERNE

Comment ?

Les échanges entre eux sont discrets et se font généralement dans les baraquements. Comme dans les groupes de résistance extérieurs aux camps, les prisonniers ont recours à des pseudonymes et ne connaissent qu'un nombre limité de membres du groupe afin d'éviter les délations en cas d'arrestation. La communication d'informations au sein du réseau est rendue encore plus complexe par l'étendue et la distance entre les sites du complexe d'Auschwitz-Birkenau et le cloisonnement entre les différents camps. Les prisonniers juifs de Birkenau sont ainsi très rarement en contact avec les prisonniers d'Auschwitz I.

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Objectifs et action menées

Leurs objectifs ultimes étaient de récolter des informations et des preuves sur ce qui se passait dans les camps afin d'informer les Alliers à l'extérieur pour qu'ils puissent leur venir en aide et organiser un soulèvement du camp. (Voir le cas de Witold Pilecki). Ils avaient aussi pour but important de comprendre le fonctionnement du camp pour pouvoir le transmettre à l'extérieur. Pour ça ils essayaient de communiquer pour partager leurs informations. Ils avaient des contacts avec des groupes de résistance polonais extérieurs au camp. Leurs autres objectifs à court et long termes sont de rester en vie, de diffuser des informations aux prisonniers pour que le maximum de détenus sachent la réalité du fonctionnement d'Auschwitz-Birkenau.

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Difficultés

Il était très difficile d'organiser une résistance interne dans les camps, tout d'abord à cause des conditions de vie. Les nazis anéantissaient physiquement et mentalement les prisonniers (coups, manque de nourriture, exterminations des détenus, terreur quotidienne...) et leur enlevaient tous les objets pouvant les aider à résister.Mais la plus grosse difficulté pour organiser une résistance interne est l'isolement des prisonniers dans les camps et aussi par rapport au monde extérieur. Il était impossible pour les prisonniers de différents camps de communiquer, car ils étaient très éloignés les uns des autres et barricadés par de hautes barrières électriques bien gardées. A l'intérieur des camps les prisonniers étaient aussi séparés en plusieurs groupes. Les hommes et femmes étaient séparés; les juifs, tsiganes, prisonniers de guerre... sont dans des camps différents, séparés parfois de plusieurs kilomètres et ils étaient installés dans différents baraquements. Cet isolement rendait donc très complexe la communication des prisonniers, même pour ceux appartenant aux mêmes camps.

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Le CAS Witold Pilecki

S’EVADER ET INFORMER LES ALLIES

Biographies

Comment certains prisonniers se sont évadés ?

Rudolf VRBA

Alfred WETZLER

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Edward GALINSKI

Mala ZIMETBAUM

Quels sont les objectifs de l’évasion ?

Quels sont les risques de l’évasion ?

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A quel point le camp d’Auschwitz est sécurisé ?

Quelles sont les conséquences de l’évasion dans le camp ?

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- Né le 11 septembre 1924 à Topoľčany en Slovaquie- Décédé le 26 ou 27 mars 2006 (81 ans) à Vancouver- Profession avant d’être déporté à Auschwitz: Pharmacologue, médecin, professeur d’université- Détenu a Auschwitz en 1944, il intègre rapidement un groupe de résistance du camp. Vrba pense que la Résistance à Auschwitz "n’a pas pour but la révolte, mais la survie des membres de la Résistance" (Extrait du film Shoah, Claude Lanzmann, 1985). Avec son ami Wetzler, il réussit une évasion extraordinaire et héroïque, le 7 avril 1944. Ils veulent alerter le monde afin que tout soit entrepris pour empêcher l’assassinat massif imminent des Juifs de Hongrie.

Rudolf VRBA

- Né le 10 mai 1918 à Tmava en Serbie- Décédé le 8 février 1988 (69 ans) à Bratislava - Profession avant d’être déporté à Auschwitz: Ecrivain, journaliste- Détenu à Auschwitz de 1942 jusqu’au 14 avril 1944. - Il s'évade avec son compagnon Rudolph Vbra le 14 avril 1944. Il est l'un des deux auteurs du rapport Vrba-Wetzler remis aux Alliés. -Après la guerre, il écrivit sous le nom de plume de Jozef Lanik pour témoigner de l'horreur de la Shoah.

Alfred WETZLER

- Née le 26 janvier 1918 à Brezsko en Pologne - Décédée le 15 septembre 1944 (26 ans) à Auschwitz.- Professions avant d’être déportée à Auschwitz: Couturière, secrétaire polyglotte.- Détenue à Auschwitz à partir du 15 septembre 1942 (convoi n°10).- Grâce à sa bonne maîtrise de plusieurs langues, elle devient interprète et coursière, un poste envié à Birkenau car elle est mieux nourrie et vêtue que les autres prisonnières. De plus, elle peut circuler dans le camp. - Durant sa détention, fin 1943- début 1944, elle rencontre Edek Galinski, un prisonnier politique interné depuis 1940. Ils tombent amoureux. Edek planifie leur évasion en trouvant un uniforme SS tandis que Mala obtient des vêtements d'homme pour sortir du camp et une robe pour circuler ensuite en Pologne. - Le 24 juin 1944, ils parviennent à sortir du camp. Leur évasion n'est detectée que lors de l'appel du soir. Ils se dirigent vers la frontière slovaque mais sont repris au bout de 12 jours de fuite. Ramenés au camp, ils sont conduits au block 11 (voir plan 1 p.6), dit bloc de la mort où ils sont torturés. Ils sont condamnés à mort par pendaison. Mala est exécutée au camp des femmes B (voir localisation en cliquant sur le portrait de Mala). - L'exécution se déroule lors de l'appel du soir devant toutes les détenues réunies. Tandis que la sentence est prononcée, Mala s'ouvre les veines. Elle meurt sur un brancard en chemin vers le crématorium.

Mala ZIMETBAUM

- Né le 5 octobre 1923 à Wickowice en Pologne- Décédé le 15 septembre 1944 (20 ans) à Auschwitz- Arrêté au printemps 1940, il est déporté par le 1er convoi de déportation en direction d'Auschwitz et interné comme prisonnier politique.- Détenu à Auschwitz à partir du 14 juin 1940, il travaille à la construction du camp et peut ainsi circuler dans le camp selon les tâches qui lui sont confiées. C'est ainsi qu'il rencontre Mala Zimetbaum dont il tombe amoureux. - Ensemble, ils projettent leur évasion (voir biographie de Mala Zimetbaum p.18). - Repris après sa tentative de fuite, Edek est condamné à être pendu. Il serait mort en criant "vive la Pologne!"

Edward GALINSKI

Quels sont les objectif de l’évasion ?

- Informer le monde- Tenter de sauver des vies- Documenter les crimes nazis

L’évasion de Rudolf Vrba et de Alfred Wetzler est devenue l'une des sources les plus importantes d'informations sur les horreurs perpétrées à Auschwitz et a contribué à la sensibilisation du monde sur l'Holocauste. Le 10 avril 1944, Rudolf Vrba et Alfred Wetzler réussissent à s'échapper du camp d'Auschwitz-Birkenau. Parvenus à Zilina, en Slovaquie, ils entrent en contact avec les responsables du Conseil juif et décrivent la machine d'extermination nazie. Leurs témoignages sont consignés dans le "rapport Vrba-Wetzler" ou "protocole d'Auschwitz". Par la diffusion de ce document, les deux hommes espèrent empêcher l'anéantissement, imminent, de 800 000 membres de la communauté juive de Hongrie. Après un long trajet, ce rapport est remis à Théodore Roosevelt (président des Etats-Unis), mais aussi Winston Churchill (premier ministre britannique) et son ministre des Affaires étrangères, Anthony Eden. Alors que tous deux sont favorables au bombardement, des doutes sur la faisabilité technique d'une telle opération émergent. Elle risquerait en effet de causer la mort de milliers de prisonniers pour une issue incertaine. En cette phase cruciale du conflit, les Alliés, qui viennent de débarquer en Normandie, choisissent finalement de concentrer leurs forces sur le champ de bataille. Il faudra attendre le 27 janvier 1945 pour que les troupes soviétiques libèrent le camp, où 1,1 million de déportés ont été exterminés.

A quel point le camp d’Auschwitz est sécurisé ?

A cette époque, les camps d’Auschwitz sont des lieux parmis les mieux gardés, avec les rangs de barbelés sous haute tension et des miradors tout autour du camp et du fait de leur isolement en plein milieu de la Pologne, qui rend l’évasion quasi impossible et encore plus en hiver.

Comment certains prisonniers se sont évadés ?

Rudolf Vrba et Alfred Wetzler ont observé la routine des gardes pendant plusieurs semaines, puis se sont cachés dans une pile de bois destinée au crématoire, et se sont enfuis en passant entre les barbelés. Puis les deux hommes ont contacté les responsables du Conseil juif local en Slovaquie, et ont été interrogés séparément sur le fonctionnement génocidaire du camp et ont averti sur les autres mises à mort à venir.Mal Zimetbaum a été assignée à un travail administratif. Elle a falsifié des papiers et trouvé une carte de la Pologne. Edward Galinski de son côté a récupéré un uniforme SS pour les faire sortir du camp, lui comme un SS, elle comme un prisonnier. Le 24 juin 1944, ils se sont échappés à travers les barbelés et se sont cachés dans la région pour trouver de l’aide mais ils ont été repérés par des gardes-frontières 12 jours après le début de leur évasion. Ils ont tous les deux tentés de se suicider avant leur pendaison.

Quels sont les risques de l’évasion ?

Malgré les tentatives de s'échapper de l'horreur quotidienne, les dangers étaient multiples. Les évadés risquaient d'être capturés par les gardes nazis, ce qui entraînait souvent des représailles violentes, et généralement la mort par fusillade ou pendaison (voir "sites de mise à mort" sur la carte). De plus, les conditions environnementales difficiles, le manque de soutien extérieur et les dispositifs de sécurité du camp compliquaient grandement les tentatives de fuite. Peu d'évadés ont réussi à s'échapper avec succès, et ceux qui le faisaient devaient se cacher, confrontés à la faim, au froid et à d'autres dangers comme la délation des populations locales, sans aucune garantie de sécurité.

Quels sont les conséquences de l’évasion dans le camp ?

Risques de représailles brutales : Les prisonniers capturés après une évasion subissaient souvent des condamnations telles que des exécutions ou des tortures publiques, en guise d'avertissement, pour dissuader d'autres tentatives.Punitions collectives : Les évasions entraînaient parfois des punitions collectives pour tous les prisonniers du bloc ou du camp concerné, augmentant la privation de nourriture, la torture ou les exécutions de masse.Renforcement des mesures de sécurité : Les évasions réussies incitaient les nazis à intensifier la surveillance, les fouilles et les conditions de détention, rendant la vie encore plus difficile pour les autres détenus.Inspirer l'espoir et la résistance : Malgré les risques, les évasions réussies offraient un espoir, montrant que la résistance était possible, encourageant certains prisonniers à envisager des tentatives d'évasion ou d'autres formes de résistance.

RESISTER DANS LES SONDERKOMMANDO

Qu'est ce qu'un

FORMES DE RESISTANCES
DIFFICULTES PARTICULIERE

sonderkommando

ACTES DE

RESISTANCE

LES CONSEQUENCES

RESISTER DANS LES SONDERKOMMANDO

Qu'est ce qu'un SONDERKOMMANDO ?

Un témoignage
DÉFINITION : « Équipes spéciales » ou "unités de travail" chargées de participer au processus d'extermination au sein des centres de mise à mort. Leur rôle est de trier les effets personnels des juifs, de trier les cadavres, de les sortir des chambres à gaz et de les brûler.
À Auschwitz, le Sonderkommando était une équipe de Juifs employée dans les installations de mise à mort, en particulier à la crémation des corps, et régulièrement renouvelée après l’assassinat de la précédente équipe. Ils vivaient dans un bloc spécial à l'écart des autres prisonniers.

RESISTER DANS LES SONDERKOMMANDO

Actes de resistance :

La révolte du 7 octobre 1944: Des prisonniers affectés au four crématoire IV d'Auschwitz-Birkenau se soulevèrent après avoir appris qu'ils allaient être tués. Les Allemands écrasèrent la révolte et abattirent pratiquement la totalité des centaines de prisonniers qui y avaient participé. En quelques heures, 400 membres du Sonderkommando sont assassinés. Le crématorium IV est incendié et rendu hors d'usage.

David Olère (ancien membre des Sonderkommando), les fours crématoires, Manuel Hachette Termniale technologique, Ed. 2019
Les photographies clandestines du crématorium V

RESISTER DANS LES SONDERKOMMANDO

Formes de résistances :

  • Prise de photos
  • Dessins
  • Ecrits pour témoigner des atrocités commises par les nazis (EX: Les "rouleaux d'Auschwitz")
  • Révolte
  • Désobéissance et refus d'obtempérer
Dessin de David Olère, Birkenau, Crématoire n°3. Source: Mémorial de la Shoah

RESISTER DANS LES SONDERKOMMANDO

Les Conséquences :

Les difficultés :

Les diffcultés pour préparer cette révolte ont été la communication entre tous les secteurs. C’est une organisation extrêmement complexe, pour pouvoir se coordonner, communiquer et se passer des objets entre les camps et au sein du même camp. Il a fallu récupérer de la poudre pour créer des explosifs (voir "Voler et saboter dans les usines"), faire parvenir les explosifs jusqu'au centre de mise à mort. Tout cela sous la surveillance constante des SS.
Les conséquences sont tout simplement la mort pour tous ces gens, car même si ils ne se révoltent pas ils sont tués quelques semaines après leur entrée dans les Sonderkommando, pour renouveler les gens car les nazis ne voulaient pas laisser de témoin vivant de leurs crimes.

RESISTER PAR L’ENTRAIDE ET LA SOLIDARITE

L'entraide et la solidarité par l'union est vitale au sein des camps d'Auschwitz Birkenau pour, TENIR, RESTER HUMAIN, VIVRE et SURVIVRE. Cette entraide et cette solidarité s'organisent différemment selon les lieux de vie et de travail. Elle se développe dans différents lieux :

Pendant le trajet et dès l'arrivé au camps

Dans les blocks

Dans les rangs

Henri Borlant

Ida Grinspan

Raphaël Esrail

Christianne Borras

Ginette Kolinka

La solidarité durant les trajets et dès l'arrivée à Auschwitz Birkenau

La naissance de la solidarité et de l'entraide se met en place dès la montée dans le train, notamment par la prise en charge des plus jeunes par les plus anciens. Ida GRINSPAN, nous raconte dans son œuvre J'ai pas pleuré son lien et sa rencontre à l'âge de 14 ans avec une vieille dame qui l'a prise en charge et qui s'est occupée d'elle. A l'arrivée à la gare, dès le début de la sélection, les prisonniers présents donnaient de nombreux conseils aux nouveaux déportés pour éviter le départ immédiat en chambre à gaz. Raphaël ESRAIL, raconte son arrivée et les conseils que les prisonniers ont donnés aux jeunes "Répondez que vous avez 16 ans" ; aux jeunes mères "Donnez vos enfants à une personne âgée, ne le gardez pas" ; et aux travailleurs "Si vous êtes avocats, dites que vous êtes mécanicien". L'union se poursuit à l'entrée dans le camp comme nous l'explique Christiane BORRAS, quand les déportés entament collégialement LA MARSEILLAISE afin de faire face ensemble aux allemands.

Raphaël Esrail Président de l'Union des déportés d'Auschwitz. propos recueillis par François Lorrain pour Le Point 02.02.2012"Mon convoi arrive le 6 février 1944. J'ai 18 ans. J'ai été arrêté à Lyon début janvier pour des faits de résistance. Dans le wagon, je suis seul, sans lien, sans valise; les autres sont majoritairement en famille. On arrive, il fait froid, il y a de la neige, on sort de la torpeur, il ne fait pas encore jour. J'entends des cris en allemand que je ne comprends pas. La grande surprise, c'est de voir des gens avec des habits de bagnards comme dans les films américains.On ne comprend rien à ce qui arrive et on ne sait pas où on est. Après, j'ai su situer notre lieu d'arrivée, nous étions entre les deux camps d'Auschwitz et de Birkenau sur un quai appelé Judenrampe. On voit des soldats, des chiens et ces prisonniers qui nous disent: "Laissez toutes vos affaires, vous les retrouverez plus tard." Je n'ai rien sauf ma montre et un quignon de pain: j'enfonce ma montre dans mon quignon en me disant: ils ne l'auront pas! Ils disent aussi aux jeunes: "Répondez que vous avez 16ans." Et aux jeunes femmes qui ont des enfants: "Donnez-le à une personne âgée, ne le gardez pas." Et puis aussi: "Si vous êtes avocat, dites que vous êtes mécanicien!".
La Solidarité et l'entraide au sein des blocks et des barraquements

La vie dans les blocks est difficile et surtout contrôlée par les Kapos et les SS. Une organisation se met en place pour survivre et tenter d'améliorer le quotidien face à une qualité de vie déplorable et éviter les coups et la mort. Christiane BORRAS, dans son témoignage ci joint, raconte avec émotions ses nuits froides où les femmes dormaient en "sardine" pour se réchauffer. Elle explique qu'une organisation se met en place afin de planifier un roulement pour que chacune puisse éviter les extrémités du Koya. De son côté Raphaël ESRAIL nous fait part de l'aide qu'il a eue de ses camarades français après avoir été battu, à coups de bâton, précisément 10. Ces derniers ont trempé leur chemise dans une gamelle d'eau afin de soigner ses blessures, "J'étais en sang". Au-delà du soutien physique, une véritable solidarité morale se met en place. Henri BORLANT nous décrit les soirs où, enfermés dans les baraquements, ils se retrouvaient avec ses compagnons pour chanter "Yiddishe Mame"; "les chansons parlaient de leur mère, c'est la seule fois où j'ai vu des larmes, même les chefs de chambrée ont laissé faire". Ida GRINSPAN, relate le fait que le soutien moral fait entièrement partie de l'entraide et la solidarité. Certains gardent le morale pendant que d'autres perdent espoirs: "La solidarité était aussi morale. Le matin, il y en avait toujours une qui disait: on s'en sortira pas, je n'en peux plus. Une autre consolait: si on nous tue pas, on s'en sortira". Les plus forts étaient présents et encourageaient les plus faibles.

La solidarité lors des appels et dans la vie quotidienne

Dans le camp d'Auschwitz, la vie est dure, les hommes sont faibles et les ordres sont incompréhensibles pour certaines car ils sont donnés uniquement en allemand. La solidarité est essentielle pour éviter la mort. Dans les rangs la fatigue se fait ressentir comme nous l'explique Henri BORLANT dans son livre Merci d'avoir survécu où il raconte que son frère l'a sauvé. Atteint du typhus, faible, il a perdu connaissance, il est tombé et pour lui éviter la mort lors du comptage son frère aîné l'a relevé : « S'il ne l'avait pas fait, j'étais bon pour la mort ». Ida GRINSPAN, quant à elle, a sauvé la vie de sa copine qui ne comprenait pas les consignes données en allemand. Parlant yiddish, elle a entendu le matricule de son amie et l'a donc poussée en lui disant « Vas-y c'est toi qu'on appelle ». Dans ces deux exemples, le frère et l'amie ont évité les coups, la fusillade ou pire la mort en chambre à gaz. Dans la vidéo ci-contre, GInette Kolinka raconte comment une robe donnée par Simone Veil l'a "sauvée".

La solidarité entre les jeunes filles du "Koya", d'après Ida Grinspan, propos recueillis par François Lorrain pour Le Point 02.02.2012"Dès le premier soir, les plus jeunes se sont regroupées entre elles. On était rasées, mais on a tout de suite su qui étaient les plus jeunes. Dès la première nuit, il y a eu une solidarité physique entre nous. On dormait à cinq dans la même koya. Mais la couverture était trop petite, les filles aux extrémités ont donc eu froid. Le lendemain matin, l'aînée a dit: on va instaurer un tour. La solidarité était aussi morale. Le matin, il y en avait toujours une qui disait: on s'en sortira pas, je n'en peux plus. Une autre consolait: si on nous tue pas, on s'en sortira. J'avais bon moral: je parlais yiddish, donc je comprenais l'allemand. C'était d'une importance vitale: on vous donnait des ordres en allemand et des coups si vous ne les compreniez pas. Si une copine ne reconnaissait pas son numéro, je la poussais: vas-y, c'est toi qu'on appelle."

RESISTER PAR LES ARTS ET LA CULTURE

RESISTER PAR LES ARTS ET LA CULTURE

Résister par le dessin: l'exemple du carnet de croquis d'Auschwitz

RESISTER PAR LES ARTS ET LA CULTURE

Résister par la danse et le théâtre
Les objectifs: - se divertir -partager sa passion et sa créativité - résister aux interdits nazis et dépasser les barrières physiques imposées dans les camps. - défendre son humanité.
Peu de recherches ont encore été produites sur le sujet, mais une thèse est en cours de rédaction autour de la question de la "danse dans les ghettos et dans les camps: entre persécution et survie" par Laure Guilbert

RESISTER PAR LES ARTS ET LA CULTURE

Résister par la musique

PROVOQUER LES NAZIS / REFUSER D’OBEIR

Dans les camps de concentration et d’extermination les conditions de vie étaient horribles et l’espérance de vie était extrêmement faible si elle n’était pas nulle. Malgré cela, certains prisonniers ont fait le choix de braver les interdits et de réaliser des actes de résistance face à l’autorité présente ainsi que des actes de mépris envers leurs oppresseurs. Ici nous allons vous présenter plusieurs exemples tirés de l’album d'Auschwitz.

Ces photographies analysées issues de l'ouvrage Un album D’Auschwitz. Comment les nazis ont photographié leurs crimes témoignent de manière poignante des actes de résistance, de défiance, et de mépris des prisonniers face à l'oppression nazie dans les camps de concentration et les centres de mise à mort. Ces gestes symboliques démontrent la volonté de maintenir la dignité humaine malgré des conditions de vie extrêmement dures et une menace constante sur leur existence. Ces actes de courage individuels reflètent la force de l'esprit humain.

Conclusion: Le bilan de ce travail est qu'il nous a permis de comprendre que pour les déportés, "refuser leur consentement", résister, était un moyen de rester humain. Dans le complexe d'Auschwitz Birkenau, on retrouve finalement les formes de résistance qui caractérisent la lutte face à l'occupant nazi dans toute l'Europe occupée. Néanmoins, cette résitance est toujours plus dangereuse et difficile à organiser, dans un espace sous surveillance constante. Mais les déportés sont parvenus à trouver des stratagèmes pour dépasser leur statut de "stück" et organiser une résitance multiforme là où l'on cherchait à ne faire d'eux que des esclaves, des animaux. Provoquer, saboter, se révolter, s'entraider, s'enfuir sont autant de moyens de garder sa dignité dans l'enfer du système concentrationnaire. Ce sont aussi peut être les moyens de rester vivant, en gardant une motivation pour vivre. Remerciements: Tal Bruttmann pour sa venue dans notre classe et les apports de sa présentation.
Le Mémorial d'Auschwitz détient la plus grande collection d'oeuvres d'art réalisées par des détenus d'un camp de concentration. La plupart de ces oeuvres virent le jour clandestinement, au péril de la vie de leurs auteurs. Toutes offrent un témoignage poignant de l'horreur de l'incarcération au sein du complexe d'Auschwitz Birkenau. Ce carnet de croquis est une oeuvre exceptionnelle. Trouvé en 1947 dans les fondations d'un baraquement du camp de Birkenau, non loin du crématoire IV, le carnet comptait 22 feuillets. Le dessinateur, qui reste inconnu à ce jour, y a représenté des scènes inédites comme le meurtre de masse, l'assassinat des détenus malades, les déchargements des convois sur la Alte Jundenrampe (en service de 1942 à mai 1944). Si l'ordre des dessins est hétérogène, il est possible d'identifier des personnages et des thèmes distincts allant de la vie des détenus, aux punitions et aux meurtres de masse. Le dessinateur a distingué les dessins illustrants les étapes du meurtre de masse des Juifs par des lettres majuscules, la série se terminant par le dessin d'un crématoire fumant. Les dessins sont essentiellement réalisés au crayon noir, mais de petites touches de couleur viennent souligner des détails. La qualité des dessin laisse deviner un artiste doué de talent, qui a choisi, au risque de sa vie, de témoigner des atrocités subies. Récupérer des feuillets, des crayons, trouver le temps de réaliser les croquis, parvenir à les cacher dans son barraquement: tout cela laisse deviner la volonté farouche du dessinateur de témoigner de l'horreur de la vie à Birkenau et du processus d'extermination mis en place par les nazis.

LE BLOCK 11 et le "Mur de la mort"

Source photographies : Wikipedia.org