Sexennat démocratique
La révolution de septembre 1868, la Glorieuse, provoque l'exil de la reine Isabel II et la formation d'un Gouvernement Provisoire, dont le général Serrano est à la tête. Les nouvelles Cortès Constituantes sont convoquées pour 11 février 1869. La nouvelle Constitution élaborée par ces Cortès sera approuvée en juin, et elle consigne le principe de la monarchie. Une fois exclue vez la dynastie des Bourbons, on a la difficile tâche de trouver un roi.
L'opposition républicaine n'accepte pas la solution monarchique accordée par la majorité de la coalition révolutionnaire; une série de manifestations se répandent par quelques provinces, avec une grande violence à Tarragone.
Le Gouvernement Provisoire présente alors aux Cortès un projet de loi pour déclarer la suspension des garanties constitutionnelles pendant l'insurrection afin de permettre la déclaration de l'état de guerre et de
rétablir l'ordre là où il y avait des révoltes.
Contre ce projet se sont manifestés les députés républicains, Emilio Castelar, Francisco Pi y Margall et Estanislao Figueras. La loi était en vigueur d'octobre à décembre 1869, une fois qu'elle sera déroguée.
La caricature appartient au magazine La Flaca (décembre 1869).
Allégorie de l'Espagne (au milieu de la vignette, sacrée par le laurier) publiée en 1869 par le magazine La Flaca.
Du côté droit, l'allégorie de la Monarchie est reliée avec la guerre et la répression. À gauche, l'allégorie de la République est placée devant un paysage idéal, de développement des accords, l'industrie et le progrès. Pendant le Sexennat, l'alternance des deux systèmes met en place la matrice de l'affrontement politique de l'Espagne contemporaine.
L'Espagne est retenue par la Monarchie, mais la République s'annonce plus séduisante.
La devise de la vignette nous rappelle le texte du premier exemple de Grand Opéra étrainée en 1831, "Roberto il Diavolo".
Concepción Arenal propose en 1868 une réforme du système pénitentiaire, avec la réinsertion des condamnées, la profesionnalisation des employés de prisons,...
Cette caricature était publiée par La Flaca le 20 juin 1869.
En celle-ci on regarde Salustiano Olózaga, qui gère des gobelets d'escroc sur une table avec l'affiche "Constitución de 1869", en train de chercher des candidats au trône. Sous la table, un singe se moque de lui. Le ministre du Trésor Public Laureano Figuerola joue l'orgue de Barbarie (les finances son toujours faibles) et à côté Juan Prim en train de jouer le tambour du "turrón", c'est-à-dire, comme symbole des charges et prébendes de l'État. En-dessus on regarde Nicolás María Rivero (président du Conseil) tenant sur une main la cloche de la Présidence et sur l'autre le gâteau de la "Monarchie Démocratique". Sur ses épaules est Posada Herrera (rédigeur de la Constitution) avec son paquet de turrón, le régent Serrano et l'amiral Topete avec un encensoir. Plus haut, dans un globe en forme de citrouille, on voit le visage du duc de Montpensier. À droite de la caricature on voit une espèce de mât de cocagne qui a comme prix la couronne royale, où montent Alfonsito (le futur Alphonse XII) et le candidat carliste. En-dessous de la caricature il y a un groupe de politiques qui se disputent les ministères sous l'affiche "grandes luchas cartero-ministeriales". Tombé sur le sol, un lion (allégorie de l'Espagne) dort, plein de médailles, avec une muselière.
Pour 6 décembre 1868 on avait convoqué des Cortès constituantes afin de rédiger une nouvelle Constitution.
La Constitution de 1869 ne plût pas à aucun des partis du parlement: pour quelques uns était révolutionnaire, pour d'autres très courte. Les républicains étaient contre son esprit monarchique, les catholiques rejetaient sa législation en faveur de la liberté religieuse, etc.
Derrière les grandes manifestations républicaines de 1868 était le Parti Démocrate Républicain Fédéral. Il défendait l’opposition aux nouvelles recrues et à l'impôt indirect de consommation, au même temps que l'abolition de l'esclavage et le laïcisme.
Il y a des tensions internes républicaines à l'heure de choisir la voie insurrectionnelle ou l'organisation politique. Dans la Première Assemblée Fédérale (1870) triomphent les idées de Pi i Margall.
Les idées de l'AIT se diffusent pendant le Sexennat Révolutionnaire en Espagne. Les bakuninistes sont plus forts. Mais le gouvernement Sagasta interdit l'action de l'AIT (1872), laquelle avait fait sa première convocation de représentants à Barcelone, en 1870.
“La question du régime ne tarda pas à diviser les alliés à la veille. Tandis qu'une partie des démocrates rejoignait les partisans majoritaires d'une monarchie constitutionnelle, les grands chefs démocrates (Salmerón, Pi y Margall, Castelar) choisirent l'option de la république fédérale. Les élections législatives de janvier 1869, première élection au suffrage universel masculin en Espagne, assirent solidement le nouveau pouvoir (236 députés monarchistes-démocrates, 85 républicains fédéraux, 20 carlistes).
(…) L'adoption de la constitution monarchique, le 1er juin 1869, signifia l'éclatement de la coalition monarchiste-démocrate. C'est la première constitution démocrate espagnole: le titre Premier qui occupe un tiers du texte est une déclaration des droits individuels. Le régime monarchique fondait sa légitimité sur la souveraineté nationale; la division des pouvoirs et la décentralisation organisaient l'État. Le coeur de la vie politique se situait aux Cortès, bicamérales, élues au suffrage universel soit direct, soit indirect. (…) Le monarque constitutionnel régnait mais ne gouvernait pas.” Source: Jordi Canal (dir.): Histoire de l'Espagne contemporaine.
Cette caricature publiée par La Flaca en 1869 montre Prim en train de jouer à colin-maillard, c'est-à-dire, en train de chercher un candidat à la Couronne après la promulgation de la Constitution de 1869. À côté de Sagasta (à gauche) on voit, du fond su premier plan, Ferdinand de Cobourg, le duc de Montpensier et Léopold de Hohenzollern, qui entourent Topete, Prim et Serrano. D'autres candidats au trône seraient Espartero et le prince Alphonse, même le candidat carliste -soutenu par la princesse de Beira après la publication de sa "lettre aux espagnols" (1864)- Charles VII. L'allégorie de la République échappe, car l'élu sera finalement Amédée de Savoie, celui qui est le plus proche du Palais Royal qu'on "loue".
Cette publication du magazine La Flaca arrive en août 1870, une semaine après l'abdication d'Isabelle II à Paris.
Au milieu, une femme habillée en tunique blanche républicaine et avec des symboles de tours et lions -rappel monarchique- représente l'Espagne et les tendances diverses du gouvernement provisoire.
Sur la locolotive française, à gauche, Napoléon III, transporte deux groupes de combattants, les carlistes avec un curé et les alphonsins, ceux-ci avec le soutien de l'empereur. La locomotive allemande, chevauchée par Bismark, transporte une armée plus nombreuse, avec les tenures des Confédérations du Nord et du Sud, plus professionnelle (l'écu inspire cela).
Sur le fil inférieur du télégraphe -faisant appel au célèbre télégramme d'Ems, exigénce de l'ambassadeur français de la renonce écrite du neveu de Guillaume, Léopold, à la couronne espagnole-, remorqués par la tempête de la guerre, on peut reconnaître Léopold de Hohenzollern qui ramène une petite couronne, celle de l'Espagne; derrière lui, son oncle Guillaume I de Prusse perd l'équilibre et essaye de ratrapper une couronne bien plus grande, car, s'il gagne la bataille, deviendra le kaiser de toute l'Allemagne. À droite, le pourrait être Prim, qui vient de prendre la couronne espagnole, et devant lui Thiers, membre de l'Assemblée française opposé à la guerre, qui semble vouloir calmer Léopold. Sur les fils supérieurs s'affrontent schématiques armées françaises et prussiennes.
La caricature “¡Pobre España!”, publiée par La Flaca en 1872, présente l'image d'une femme d'air moribond, entourée d'oiseaux charognards avec le béret blanc (carlistes), le progressiste Sagasta, les radicaux, les alphonsins, l'Union Libérale, le bonnet phrygien qui couvre la figure de Castelar,...
Il s'agit de critiquer la dépouille de l'État de la part des différentes forces politiques, en pleine étape de la monarchie d'Amédée I.
Vignette de 1872 de "La Carcajada" selon laquelle on représente Sagasta comme un escroc. Il conduit les élections sans vraiement respecter les règles du suffrage universel. Avant la Restauration, le "pucherazo" était déjà en pratique.
Homme politique de longue carrière, Sagasta est un survivant, quelquefois présenté commme un clown qui triche les circonstances. Aux élections de mars 1872, le Parti Constitutionnel de Sagasta mène la plupart des députés; ce parti gagne à l'autre aile du parti Progressiste, le Parti Radical-Démocrate de Ruiz Zorrilla. Probablement la monarchie d'Amédée I n'était pas, non plus, de monarchie de plein fonctionnement démocratique. Dans une conversation entre le roi et Sagasta, celui assure à S.M. que "les élections seront le plus démocratiques que ce sera possible en Espagne".
L'Espagne du règne d'Amédée I est envisagée comme un hôpital psychiatrique. Même si les citoyens peuvent participer avec leurs votes, les partis politiques sont installés sur la corruption et le gaspillage.
Les politiques sont représentés comme inconscients et en attitude inmorale.
Dans cette caricature de La Flaca (1873), les différentes factions politiques (alphonsins, carlistes, républicains,...) portent sur une table le roi Amédée I, étranger qui inspire une certaine aversion chez les classes populaires -très enracinées à la tradition des Bourbons.
Le roi crie "¿Quién me libra, quién me saca de este infierno por piedad?". Le manque de projet politique des libéraux inspire le titre de la vignette, "Manicomio Nacional".
Paradoxalement, le roi est soutenu par des monarchistes qui ne l'appuyent pas (alphonsins et carlistes), politiques rapaces et républicains. Amédée est conscient que tous ses ennemis (les républicains et les carlistes avec l'épée, les intellectuels avec la plume) luttent pour son bien; c'est une faune impossible de cohabiter.
L'abdication du roi provoque la proclamation de la République.
Le nombre 191 fait référence au nombre de votes reçu par le roi une fois proclamé.
“La Première République (1873-1874) est née d'un vide de pouvoir et non pas d'une quelconque pression des masses républicaines. L'expérience, éphémère, ne constitua pas un virage dans le cours du Sexenio mais plutôt l'aboutissement logique d'une révolution démocratique dans l'impasse. La solution républicaine fut donc le produit d'un pragmatisme réformiste d'urgence davantage qu'une rupture présentant une alternative politique globale.
(…) Le choix effectué en juin [1873] d'une république fédérale organisée de haut en bas choqua avec ceux qui voulaient la fonder de bas en haut: les cantonalistes. Quant au réformisme social, il mécontenta ceux qui voyaient dans le régime l'emblème de l'égalitarisme. Cette double fracture obligea les dirigeants républicains à opter pour une voie plus autoritaire, à partir de juillet 1873. En janvier 1874, la présidence de Castelar cédait devant un coup d'État qui continuait, hors du parlamentarisme, cette orientation d'ordre.” Source: Jordi Canal (dir.): Histoire de l'Espagne contemporaine.
Vignette de La Flaca (28 mars 1873). Sur un fond qui semble représenter la façade du Congrès des Députés, 4 drapeaux de l'Espagne et devant un étendard avec le titre "República Española 1873". Au centre, l'allégorie de la Première République comme une belle fille, jeune femme avec le bonnet phrygien et la tunique blanche. De chaque côté, des hommes politiques de la République comme Castelar et Pi i Margall, et à sa gauche Figueras. Sous les échelons du Congrés on montre une série de drapeaux symbolisent une série de pays: on distingue les républiques des EEUU, la France et la Suisse qui montrent du respet et de l'admiration, pendant que les autres lui tournent le dos (un riche marchand qui symbolise le Royaume-Uni, qui parle avec le tsar russe Alexandre II et l'empereur allemand Guillaume I). Du côté gauche, on distingue le president françaus Thiers à côté de Vittorio Emmanuelle II.
Au pied de l'image, la phrase "Pese a quién le pese aquí la tienen" fait reférence à la République espagnole.
Le contexte international n'est pas très favorable à la République espagnole, car il y a beaucoup de monarchies en place.
Castelar assume la présidence de la République dans un contexte de troubles, après l'échec de la République fédérale, et en pleine catastrophe de guerres civiles: d'un côté le cantonalisme, d'autre côté le carlisme. L'ancien démocrate prend la main de l'allégorie de la République espagnole pour éviter sa noyade.
Source: magazine La Flaca.
Le juntisme, le renforcement des municipalités et l'expérience récente de la Commune de Paris expliquent l'essor du cantonalisme en Espagne, sous le modèle de construction de l'État d'en bas vers le haut.
Le coup d'État de Pavía a eu lieu le 3 janvier 1874. Le général force la dissolution du Congrès.
La séance de 2 janvier au Congrès avait lieu le débat de la motion de censure contre Castelar, et celle-ci aura comme résultat la chute de Castelar (110 votes contre 101).
Au début, l'armée pensait à soutenir Castelar, mais finalement ils decídent de refuser la République fédérale.
Par la suite, Serrano deviendra le chef d'une République présidentialiste qui anonce le retour des Bourbons après le manifeste de Sandhurst et le pronunciamiento de Martínez Campos à Sagunto.
Source: caricature de Tomás Padró pour le magazine "La Madeja Política", qui fait la blague avec une autre "bataille de Pavie" (1525), dans laquelle était devenu prisonnier le roi Français François I, enemi direct de Charles Quint.
Manifeste du gouvernement après le coup d'État de Pavía, que l'on justifie. C'est une source primaire, écrite, un document politique idéologique qui aura force de loi, car comme conséquence -avec la suite de l’application de la Constitution de 1869- s'instaure la République autoritaire sous la présidence du général Serrano. L'échec de la République fédérale et unitaire, et aussi les conflits cantonaliste, carliste et cubain, parmi d'autres troubles, mènent à un régime semblable à celui de Mac-Mahon en France.
Finalement, cette République échouera aussi sous le pronunciamiento de Martínez-Campos, à la fin de l'année 1874.
La réglementation des droits des ouvriers commence en Espagne pendant la Première République, suite à l'approbation de la loi Benot (1873) afin d'améliorer les conditions de travail des femmes et des enfants, souvent soumis à des abus.
La Première République tolére l'AIT. La convocation de grèves augmente, les revendications ouvrières aussi: journée de travail de 9 heures, interdiction du travail des enfants, salaire minimal, jurys mixtes, expropriations en raison d'utilité publique,...Pendant la période de la République autoritaire de Serrano (1874) on interdit l'action de l'AIT et on limite le droit d'association.
Sexennat Démocratique
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Sexennat démocratique
La révolution de septembre 1868, la Glorieuse, provoque l'exil de la reine Isabel II et la formation d'un Gouvernement Provisoire, dont le général Serrano est à la tête. Les nouvelles Cortès Constituantes sont convoquées pour 11 février 1869. La nouvelle Constitution élaborée par ces Cortès sera approuvée en juin, et elle consigne le principe de la monarchie. Une fois exclue vez la dynastie des Bourbons, on a la difficile tâche de trouver un roi. L'opposition républicaine n'accepte pas la solution monarchique accordée par la majorité de la coalition révolutionnaire; une série de manifestations se répandent par quelques provinces, avec une grande violence à Tarragone. Le Gouvernement Provisoire présente alors aux Cortès un projet de loi pour déclarer la suspension des garanties constitutionnelles pendant l'insurrection afin de permettre la déclaration de l'état de guerre et de rétablir l'ordre là où il y avait des révoltes. Contre ce projet se sont manifestés les députés républicains, Emilio Castelar, Francisco Pi y Margall et Estanislao Figueras. La loi était en vigueur d'octobre à décembre 1869, une fois qu'elle sera déroguée. La caricature appartient au magazine La Flaca (décembre 1869).
Allégorie de l'Espagne (au milieu de la vignette, sacrée par le laurier) publiée en 1869 par le magazine La Flaca. Du côté droit, l'allégorie de la Monarchie est reliée avec la guerre et la répression. À gauche, l'allégorie de la République est placée devant un paysage idéal, de développement des accords, l'industrie et le progrès. Pendant le Sexennat, l'alternance des deux systèmes met en place la matrice de l'affrontement politique de l'Espagne contemporaine. L'Espagne est retenue par la Monarchie, mais la République s'annonce plus séduisante. La devise de la vignette nous rappelle le texte du premier exemple de Grand Opéra étrainée en 1831, "Roberto il Diavolo".
Concepción Arenal propose en 1868 une réforme du système pénitentiaire, avec la réinsertion des condamnées, la profesionnalisation des employés de prisons,...
Cette caricature était publiée par La Flaca le 20 juin 1869. En celle-ci on regarde Salustiano Olózaga, qui gère des gobelets d'escroc sur une table avec l'affiche "Constitución de 1869", en train de chercher des candidats au trône. Sous la table, un singe se moque de lui. Le ministre du Trésor Public Laureano Figuerola joue l'orgue de Barbarie (les finances son toujours faibles) et à côté Juan Prim en train de jouer le tambour du "turrón", c'est-à-dire, comme symbole des charges et prébendes de l'État. En-dessus on regarde Nicolás María Rivero (président du Conseil) tenant sur une main la cloche de la Présidence et sur l'autre le gâteau de la "Monarchie Démocratique". Sur ses épaules est Posada Herrera (rédigeur de la Constitution) avec son paquet de turrón, le régent Serrano et l'amiral Topete avec un encensoir. Plus haut, dans un globe en forme de citrouille, on voit le visage du duc de Montpensier. À droite de la caricature on voit une espèce de mât de cocagne qui a comme prix la couronne royale, où montent Alfonsito (le futur Alphonse XII) et le candidat carliste. En-dessous de la caricature il y a un groupe de politiques qui se disputent les ministères sous l'affiche "grandes luchas cartero-ministeriales". Tombé sur le sol, un lion (allégorie de l'Espagne) dort, plein de médailles, avec une muselière. Pour 6 décembre 1868 on avait convoqué des Cortès constituantes afin de rédiger une nouvelle Constitution. La Constitution de 1869 ne plût pas à aucun des partis du parlement: pour quelques uns était révolutionnaire, pour d'autres très courte. Les républicains étaient contre son esprit monarchique, les catholiques rejetaient sa législation en faveur de la liberté religieuse, etc.
Derrière les grandes manifestations républicaines de 1868 était le Parti Démocrate Républicain Fédéral. Il défendait l’opposition aux nouvelles recrues et à l'impôt indirect de consommation, au même temps que l'abolition de l'esclavage et le laïcisme.
Il y a des tensions internes républicaines à l'heure de choisir la voie insurrectionnelle ou l'organisation politique. Dans la Première Assemblée Fédérale (1870) triomphent les idées de Pi i Margall.
Les idées de l'AIT se diffusent pendant le Sexennat Révolutionnaire en Espagne. Les bakuninistes sont plus forts. Mais le gouvernement Sagasta interdit l'action de l'AIT (1872), laquelle avait fait sa première convocation de représentants à Barcelone, en 1870.
“La question du régime ne tarda pas à diviser les alliés à la veille. Tandis qu'une partie des démocrates rejoignait les partisans majoritaires d'une monarchie constitutionnelle, les grands chefs démocrates (Salmerón, Pi y Margall, Castelar) choisirent l'option de la république fédérale. Les élections législatives de janvier 1869, première élection au suffrage universel masculin en Espagne, assirent solidement le nouveau pouvoir (236 députés monarchistes-démocrates, 85 républicains fédéraux, 20 carlistes). (…) L'adoption de la constitution monarchique, le 1er juin 1869, signifia l'éclatement de la coalition monarchiste-démocrate. C'est la première constitution démocrate espagnole: le titre Premier qui occupe un tiers du texte est une déclaration des droits individuels. Le régime monarchique fondait sa légitimité sur la souveraineté nationale; la division des pouvoirs et la décentralisation organisaient l'État. Le coeur de la vie politique se situait aux Cortès, bicamérales, élues au suffrage universel soit direct, soit indirect. (…) Le monarque constitutionnel régnait mais ne gouvernait pas.” Source: Jordi Canal (dir.): Histoire de l'Espagne contemporaine.
Cette caricature publiée par La Flaca en 1869 montre Prim en train de jouer à colin-maillard, c'est-à-dire, en train de chercher un candidat à la Couronne après la promulgation de la Constitution de 1869. À côté de Sagasta (à gauche) on voit, du fond su premier plan, Ferdinand de Cobourg, le duc de Montpensier et Léopold de Hohenzollern, qui entourent Topete, Prim et Serrano. D'autres candidats au trône seraient Espartero et le prince Alphonse, même le candidat carliste -soutenu par la princesse de Beira après la publication de sa "lettre aux espagnols" (1864)- Charles VII. L'allégorie de la République échappe, car l'élu sera finalement Amédée de Savoie, celui qui est le plus proche du Palais Royal qu'on "loue".
Cette publication du magazine La Flaca arrive en août 1870, une semaine après l'abdication d'Isabelle II à Paris. Au milieu, une femme habillée en tunique blanche républicaine et avec des symboles de tours et lions -rappel monarchique- représente l'Espagne et les tendances diverses du gouvernement provisoire. Sur la locolotive française, à gauche, Napoléon III, transporte deux groupes de combattants, les carlistes avec un curé et les alphonsins, ceux-ci avec le soutien de l'empereur. La locomotive allemande, chevauchée par Bismark, transporte une armée plus nombreuse, avec les tenures des Confédérations du Nord et du Sud, plus professionnelle (l'écu inspire cela). Sur le fil inférieur du télégraphe -faisant appel au célèbre télégramme d'Ems, exigénce de l'ambassadeur français de la renonce écrite du neveu de Guillaume, Léopold, à la couronne espagnole-, remorqués par la tempête de la guerre, on peut reconnaître Léopold de Hohenzollern qui ramène une petite couronne, celle de l'Espagne; derrière lui, son oncle Guillaume I de Prusse perd l'équilibre et essaye de ratrapper une couronne bien plus grande, car, s'il gagne la bataille, deviendra le kaiser de toute l'Allemagne. À droite, le pourrait être Prim, qui vient de prendre la couronne espagnole, et devant lui Thiers, membre de l'Assemblée française opposé à la guerre, qui semble vouloir calmer Léopold. Sur les fils supérieurs s'affrontent schématiques armées françaises et prussiennes.
La caricature “¡Pobre España!”, publiée par La Flaca en 1872, présente l'image d'une femme d'air moribond, entourée d'oiseaux charognards avec le béret blanc (carlistes), le progressiste Sagasta, les radicaux, les alphonsins, l'Union Libérale, le bonnet phrygien qui couvre la figure de Castelar,... Il s'agit de critiquer la dépouille de l'État de la part des différentes forces politiques, en pleine étape de la monarchie d'Amédée I.
Vignette de 1872 de "La Carcajada" selon laquelle on représente Sagasta comme un escroc. Il conduit les élections sans vraiement respecter les règles du suffrage universel. Avant la Restauration, le "pucherazo" était déjà en pratique. Homme politique de longue carrière, Sagasta est un survivant, quelquefois présenté commme un clown qui triche les circonstances. Aux élections de mars 1872, le Parti Constitutionnel de Sagasta mène la plupart des députés; ce parti gagne à l'autre aile du parti Progressiste, le Parti Radical-Démocrate de Ruiz Zorrilla. Probablement la monarchie d'Amédée I n'était pas, non plus, de monarchie de plein fonctionnement démocratique. Dans une conversation entre le roi et Sagasta, celui assure à S.M. que "les élections seront le plus démocratiques que ce sera possible en Espagne".
L'Espagne du règne d'Amédée I est envisagée comme un hôpital psychiatrique. Même si les citoyens peuvent participer avec leurs votes, les partis politiques sont installés sur la corruption et le gaspillage. Les politiques sont représentés comme inconscients et en attitude inmorale. Dans cette caricature de La Flaca (1873), les différentes factions politiques (alphonsins, carlistes, républicains,...) portent sur une table le roi Amédée I, étranger qui inspire une certaine aversion chez les classes populaires -très enracinées à la tradition des Bourbons. Le roi crie "¿Quién me libra, quién me saca de este infierno por piedad?". Le manque de projet politique des libéraux inspire le titre de la vignette, "Manicomio Nacional". Paradoxalement, le roi est soutenu par des monarchistes qui ne l'appuyent pas (alphonsins et carlistes), politiques rapaces et républicains. Amédée est conscient que tous ses ennemis (les républicains et les carlistes avec l'épée, les intellectuels avec la plume) luttent pour son bien; c'est une faune impossible de cohabiter. L'abdication du roi provoque la proclamation de la République. Le nombre 191 fait référence au nombre de votes reçu par le roi une fois proclamé.
“La Première République (1873-1874) est née d'un vide de pouvoir et non pas d'une quelconque pression des masses républicaines. L'expérience, éphémère, ne constitua pas un virage dans le cours du Sexenio mais plutôt l'aboutissement logique d'une révolution démocratique dans l'impasse. La solution républicaine fut donc le produit d'un pragmatisme réformiste d'urgence davantage qu'une rupture présentant une alternative politique globale. (…) Le choix effectué en juin [1873] d'une république fédérale organisée de haut en bas choqua avec ceux qui voulaient la fonder de bas en haut: les cantonalistes. Quant au réformisme social, il mécontenta ceux qui voyaient dans le régime l'emblème de l'égalitarisme. Cette double fracture obligea les dirigeants républicains à opter pour une voie plus autoritaire, à partir de juillet 1873. En janvier 1874, la présidence de Castelar cédait devant un coup d'État qui continuait, hors du parlamentarisme, cette orientation d'ordre.” Source: Jordi Canal (dir.): Histoire de l'Espagne contemporaine.
Vignette de La Flaca (28 mars 1873). Sur un fond qui semble représenter la façade du Congrès des Députés, 4 drapeaux de l'Espagne et devant un étendard avec le titre "República Española 1873". Au centre, l'allégorie de la Première République comme une belle fille, jeune femme avec le bonnet phrygien et la tunique blanche. De chaque côté, des hommes politiques de la République comme Castelar et Pi i Margall, et à sa gauche Figueras. Sous les échelons du Congrés on montre une série de drapeaux symbolisent une série de pays: on distingue les républiques des EEUU, la France et la Suisse qui montrent du respet et de l'admiration, pendant que les autres lui tournent le dos (un riche marchand qui symbolise le Royaume-Uni, qui parle avec le tsar russe Alexandre II et l'empereur allemand Guillaume I). Du côté gauche, on distingue le president françaus Thiers à côté de Vittorio Emmanuelle II. Au pied de l'image, la phrase "Pese a quién le pese aquí la tienen" fait reférence à la République espagnole. Le contexte international n'est pas très favorable à la République espagnole, car il y a beaucoup de monarchies en place.
Castelar assume la présidence de la République dans un contexte de troubles, après l'échec de la République fédérale, et en pleine catastrophe de guerres civiles: d'un côté le cantonalisme, d'autre côté le carlisme. L'ancien démocrate prend la main de l'allégorie de la République espagnole pour éviter sa noyade. Source: magazine La Flaca.
Le juntisme, le renforcement des municipalités et l'expérience récente de la Commune de Paris expliquent l'essor du cantonalisme en Espagne, sous le modèle de construction de l'État d'en bas vers le haut.
Le coup d'État de Pavía a eu lieu le 3 janvier 1874. Le général force la dissolution du Congrès. La séance de 2 janvier au Congrès avait lieu le débat de la motion de censure contre Castelar, et celle-ci aura comme résultat la chute de Castelar (110 votes contre 101). Au début, l'armée pensait à soutenir Castelar, mais finalement ils decídent de refuser la République fédérale. Par la suite, Serrano deviendra le chef d'une République présidentialiste qui anonce le retour des Bourbons après le manifeste de Sandhurst et le pronunciamiento de Martínez Campos à Sagunto. Source: caricature de Tomás Padró pour le magazine "La Madeja Política", qui fait la blague avec une autre "bataille de Pavie" (1525), dans laquelle était devenu prisonnier le roi Français François I, enemi direct de Charles Quint.
Manifeste du gouvernement après le coup d'État de Pavía, que l'on justifie. C'est une source primaire, écrite, un document politique idéologique qui aura force de loi, car comme conséquence -avec la suite de l’application de la Constitution de 1869- s'instaure la République autoritaire sous la présidence du général Serrano. L'échec de la République fédérale et unitaire, et aussi les conflits cantonaliste, carliste et cubain, parmi d'autres troubles, mènent à un régime semblable à celui de Mac-Mahon en France. Finalement, cette République échouera aussi sous le pronunciamiento de Martínez-Campos, à la fin de l'année 1874.
La réglementation des droits des ouvriers commence en Espagne pendant la Première République, suite à l'approbation de la loi Benot (1873) afin d'améliorer les conditions de travail des femmes et des enfants, souvent soumis à des abus.
La Première République tolére l'AIT. La convocation de grèves augmente, les revendications ouvrières aussi: journée de travail de 9 heures, interdiction du travail des enfants, salaire minimal, jurys mixtes, expropriations en raison d'utilité publique,...Pendant la période de la République autoritaire de Serrano (1874) on interdit l'action de l'AIT et on limite le droit d'association.