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La Retirada (Guerre civile Espagne)

Ingrid Bouckenooghe

Created on November 1, 2023

Bouckenooghe Mathilde

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Transcript

"Je me souviens de tout: de ma catalogne natale, de ma jeunesse agricole avant la mobilisation, et de Franco, et de l'Espagne que je vais fuir en camion quand d'autres s'épuiseront à pieds". Ramon ROCA

LA RETIRADA

Lundi 06 novembre 2023

Seconde 4

Bouckenooghe Mathilde Bonet Apolline

(1936 - 1939)

L'espagne sombre dans un exode national terrible. Les migrations internes sont virulentes. Après une guerre remportée par les franquistes, les républicains sont contraints à s'exiler. C'est ainsi que près de 500000 personnes franchissent la frontière française. Les exilés vont connaître la souffrance, l'isolement et le manque. Certains artistes ont repris ce sinistre évènement historique à travers leurs oeuvres afin de les commémorer.

Un exil frappant et bouleversant

En juillet 1936, la population espagnole se divise, les opinions s'opposent et les tensions s'installent. Une guerre civile effroyable éclate alors entre Républicains et Franquistes.

L'exil d'un point de vue littéraire...

L'exil d'un point de vue artistique...

La dépouille du Minotaure en costume d'arlequin - 1936 - Luis Fernandez et Pablo Picasso (conservée au musée Les Abattoirs de Toulouse)

Exilés espagnols, la mémoire à vif - 2008 - Progreso Marin

Sommaire

Retirada, cet exode des républicains espagnols fuyant le franquisme

03

04

06

Comment la guerre civile est-elle vécue par les républicains espagnols

La fuite des républicains espagnols

Comment la France réagit-elle ?

09

08

10

L'éxil d'un point de vue artistique

D'autres oeuvres littéraires

L'éxil d'un point de vue littéraire

11

D'autres oeuvres artistiques

La fuite des républicains espagnols

Quel conflit ?

À partir de la fin du XIXe siècle, les conflits sociaux et politiques se succèdent en Espagne et la proclamation de la Seconde République, le 14 avril 1931, vient nourrir l’espoir d’une société meilleure.

Manuel Azaña, du Front populaire espagnol, fut élu démocratiquement en février 1936 et fut le président de la Seconde République espagnole

17 juillet 1936, la garnison espagnole de Melilla se soulève contre le gouvernement républicain, sous le commandement du général Franco. C'est le début d'une guerre civile de trois ans et un prélude d'un exil massif. 18 juillet 1936, le soulèvement militaire, préparé par les nationalistes, éclate, la guerre d’Espagne commence. Durant près de trois ans, le peuple espagnol se trouve divisé avec d’un côté, les nationalistes, dirigés par le Général Francisco Franco et soutenus par l’Église et l’armée puis de l’autre les Républicains qui comptent dans leurs rangs différentes tendances de gauche marxistes, anarchistes, socialistes, communistes et républicains modérés.

Le gouvernement entreprend une série de réformes novatrices au caractère progressiste. Les changements opérés face au modèle laïc sont immédiats et radicaux : séparation de l'Église et de l'État, mariage et divorce civil, réformes de l'armée, de l'enseignement, réforme agraire, mesures sociales et professionnelles, statut d'autonomie pour la région catalane et de façon notable: le droit de vote pour les femmes et le droit à l'avortement. Mais ces réformes progressistes entraînent l’hostilité d’une frange conservatrice et réactionnaire de la société et de l’église défavorable aux avancées sociales et à la République.

1936 Début de la guerre civile en Espagne ; Franco prend la tête des nationalistes

Front populaire

3/11

Comment la guerre civile est-elle vécue par les républicains espagnols ?

Le passage de la frontière se fait dans des conditions particulièrement pénibles : les populations sont affaiblies par trois ans de combats et de privations, les cols sont enneigés, l’aviation franquiste bombarde les réfugiés sur les routes catalanes. Civils et militaires sont le plus souvent partis précipitamment, avec peu d’affaires, et ils arrivent en France dans le dénuement le plus complet.

Partagé entre la crainte de voir des "hordes" de révolutionnaires "rouges" déferler sur le pays et le respect des valeurs républicaines qui accordent asile et hospitalité aux persécutés, le gouvernement français décide d’ouvrir la frontière le 28 janvier 1939 aux réfugiés civils. Le 5 février, la frontière est enfin ouverte aux soldats républicains. Du 28 janvier au 13 février, ce sont 475 000 personnes qui passent la frontière française, en différents points du territoire : Cerbère, Le Perthus, Prats de Mollo, Bourg-Madame, etc.

L’avancée des troupes franquistes oblige, dès 1936, de nombreux républicains à quitter provisoirement l’Espagne pour fuir les combats. Un exode intérieur jette également sur les routes des milliers d’Espagnols qui trouvent progressivement refuge en Catalogne.

Quand le 26 janvier 1939, Barcelone tombe aux mains du général Franco, la population catalane – et avec elle des milliers de républicains provenant de toute l’Espagne – se dirige vers la frontière française pour échapper à la répression et aux bombardements. Ces civils sont bientôt rejoints par une partie de l’armée républicaine en déroute. Cette retraite – la Retirada – entraîne dans l’exode des centaines de milliers de réfugiés.

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Bourg Madame : la pont frontière où passent les réfugiés. Les gardes mobiles les aident à porter leurs bagages. 30/01/1939 "Collection F.Berlic"

Les chemins de la Retirada

Le pitoyable exode des réfugiés espagnols, première page de "L'Avenir de la Vienne" du 2 janvier 1939

Exode des miliciens espagnols : groupe de miliciens déserteurs, sous escorte de garde mobile, conduit de Bourg-Madame à La Tour de Carol où ils seront refoulés. 04/02/1939

La frontière au camp d'Argeles-sur-Mer

Foule de réfugiés au Perthus, fév. 1939

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Comment la France réagit-elle ?

Les hommes sont parqués dans des camps d’internement, montés à la hâte sur les plages du Roussillon et dans le sud-ouest de la France. Les conditions de vie dans ces camps, que les autorités françaises nomment elles-mêmes, en 1939, "camps de concentration", sont extrêmement précaires. Les décès sont réguliers en raison du manque d’hygiène et des difficultés d’approvisionnement en eau potable et en nourriture.

Rongée par la crise économique, en proie aux sentiments xénophobes, repliée sur elle-même, la société française offre aux réfugiés un accueil plus que mitigé. Avant même la Retirada, plusieurs décrets-lois ont été édictés par le gouvernement Daladier, dont celui du 12 novembre 1938 qui prévoit l’internement administratif des étrangers "indésirables", c’est-à-dire susceptibles de troubler l’ordre public et la sécurité nationale. Les Espagnols sont les premiers à en subir les conséquences.

Camp de Bram : arrivée des réfugiés [1939]

Le gouvernement français se retrouve débordé face à l’afflux de réfugiés à sa frontière. Les autorités françaises déploient les troupes militaires aux différents points de passage et les espagnols sont désarmés, fouillés, identifiés puis envoyés dans des centres de recueil dispersés le long de la frontière pour y être vaccinés et ravitaillés. Les familles sont séparées. Les femmes, les enfants et les vieillards sont envoyés en train vers les départements de l’intérieur de la France.

Installation des barbelés au camp du Barcarès, 1939

janvier 1939, La France entrouvre sa frontière

Des réfugiés s'abritant dans des trous au camp d'Argelès-sur-Mer

Les réfugiés organisent différentes activités afin de ne pas sombrer dans la folie et la dépression.

Groupe de réfugiés au Perthus, 31 janvier 1939

La Croix Rouge donne des chaussures aux petits réfugié

Enfance en guerre

6/11

À la mi-juin 1939, 173 000 Espagnols sont encore internés dans les camps français. Les autorités favorisent les rapatriements en Espagne pour alléger la charge représentée par les réfugiés. Nombreux sont alors les Espagnols à retourner en terre franquiste, pas toujours volontairement.

Certains réfugiés essaient alors d’émigrer en Amérique latine ou en Afrique du nord (Algérie, Maroc…), refusant le retour en Espagne tant que Franco est au pouvoir. Alors que la seconde guerre se profile, ceux qui restent deviennent pour le gouvernement français une possible main d’œuvre pour remplacer les appelés au front.

camp du Recebédou à Portet-sur-Garonne

Franco reste au pouvoir jusqu’en 1975, prolongeant ainsi l’exode des réfugiés qui deviendront des exilés politiques. Aujourd’hui, plus de 80 ans après la Retirada, de nombreux Espagnols – anciens réfugiés – sont toujours installés dans les régions françaises, notamment dans le Sud-Ouest.

https://dai.ly/x71i17h

7/11

L’exil d’un point de vue littéraire...

"Exilés espagnols, la mémoire à vif" - 2008 - de Progreso Marin

Il est écrit sous la forme d’une quête (recherche) de plus de cinq années consacrées à l'écoute attentive du destin tragique des Républicains espagnols. L'ouvrage retrace l'odyssée de ces républicains espagnols exilés, de la bataille de l'Ebre à la libération de la France, de la Retirada aux camps de la mort et de la Résistance aux prisons franquistes. Il montre un vaste panorama à travers les destins de ces véritables Don Quichotte (homme généreux et naïf, redresseur de torts) de la liberté. La voix sensible du narrateur, qui s'est formé dans cette mémoire, nous touche car elle nous offre une image poignante de l’exil espagnol. Au-delà de l'hommage aux Républicains espagnols exilés, ce livre est une ode (poème lyrique) à la résistance des peuples.

Ce livre publié en 2008 est écrit par Progreso Marin. Progreso Marin, écrivain, est né à Toulouse de parents exilés républicains espagnols. Son livre de mémoire est consacré à sa mère.Dans ce livre se trouvent de nombreux témoignages sur la guerre d'Espagne, les camps et la Résistance au franquisme, il écrit cela pour donner la parole à ces « oubliés de l'Histoire ». Ces témoignages accentuent sur le fait que cet exil est une souffrance pour les espagnols.

Le livre illustre donc les conditions dans lesquelles se sont retrouvés les civils espagnols, durant la guerre, dans les camps et pendant l’exode.

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D'autres oeuvres littéraires

Plein droit - La revue du Gitsi en 2016, n°108, pages 44 à 48

Les camps sur la plage, un exil espagnol - Geneviève Dreyfus et Armand Emile Temime en 1995

Dans cette revue on apprend que le sport est souvent désigné comme un facteur d’intégration des populations étrangères en France. Pour preuve, on met en avant la composition de l’équipe de France, de football notamment, dont les joueurs sont les descendants des vagues d’immigration successives Si on ajoute les valeurs associées au sport de discipline, de solidarité ou de dépassement de soi, on a là toutes les qualités que de nombreux clubs sportifs sont les premiers à véhiculer. « Mais, en réalité, combien d’étrangers se sont-ils « intégrés » en France par le sport ? Et, le cas échéant, le sont-ils vraiment aux yeux de la société… ou de l’administration ? La question se pose, d’autant qu’à la moindre incartade à l’idéal « républicain » ou à la norme attendue, l’extranéité, réelle ou supposée, est mise sur le tapis. »

« La guerre civile espagnole de 1936-1939 a provoqué un exode massif de la population. Près d'un demi-million de personnes ont franchi la frontière pyrénéenne. Plusieurs centaines de milliers de personnes ont été ainsi parquées, à partir de février 1939, dans les camps du sud de la France et dans des centres d'hébergement. Les souvenirs, relatés ici, des désillusions et des souffrances subies. »

9/11

L'exil d'un point de vue artistique...

La dépouille du Minotaure en costume d'arlequin - 1936 - Luis Fernandez et Pablo Picasso (conservée au musée Les Abattoirs à Toulouse)

Il attaque le sol avec fermeté, celui-ci déjà recouvert de sang. L'homme de droite est l'incarnation de la légereté. Les bras levés vers le ciel, il appelle l'arrêt des jeux de la Mort, l'arrêt du sang qui se déverse sur le sol. Il ouvre la chemin aux malheureux espagnols. Une tête est visible sur le potrail de sa monture. Un visage neutre, pâle comme inconscient semble glissé en direction de la mer. Du côté du décor de l'oeuvre, les couleurs froides représentent la tristesse et la mort. La bâtisse en ruine est assimilée à l'Espagne fragile et divisée. La partie gauche de l'oeuvre illustre la délicatesse, contrastée par le visage sombre rappelant le néant de la situation.

Cette oeuvre réalisée en 1936 par deux artistes espagnols connus pour avoir vécu la Retirada, nous prouve que cette tragédie de 1939, était parfaitement prévisible dès 1936. En effet, après une rapide analyse de la toile, on observe quatre peronnages inspirés des croyances grecques. Le minotaure assimilé à une créature contre-nature, malfaisante, représente en fait un démon pour les humains. Il porte un costume d'arlequin alors considéré comme un bouffon. Dans ce cadre, les artistes ont voulu représenter Hellequin, le roi des enfers en vieux français. La population espagnole est représentée par un homme à la tête d'aigle. Il est en chemin malgrè le poids du minotaure, donc de celui qui l'a déraciné.

comprend que cette scène, créée par ces artistes espagnols nous plonge déjà dans la tragédie. Les rôles de la vie et de la mort sont déjà distribués. Cette peinture laisse à supposer que certains espagnols entrevoyaient déjà une guerre civile qui mènerait à un exil insoutenable : La Retirada.

La partie de droite évoque la massivité, la raideur et l'enfoncement de la situation. Alors, on en comprend que les espagnols, épuisés par la guerre civile, la misère et la division du peuple s'exilent trainant leur fardeau vers un lieu où ils esperent la paix. Un voyage pénible et dangereux où la mort sera permanente. Pour conclure, on

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D'autres oeuvres artistiques

peinture Cami de l'exili de Joseph Franch Clapers, 1940, archive nationale de Catalogne

sculpture en bronze La Retirada de Juan Jorda, Toulouse, 1939

Cette peinture est une représentation, une commémoration des près de 500000 espagnols républicains ayant fui l'Espagne à la fin de la guerre civile. L'oeuvre illustre l'exil, les personnes marchent sur une route cheminant dans la campagne où le paysage est monotone. Elles n'ont pas de bagages, semblent parties à la hâte. Le voyage parait interminable, inconfortable et éreintant.

Cette sculpture est située contre le mur de la Casa de Espana et commémore l'exode des républicains espagnol de 1939. On peut observer des adultes d'âges et de sexes différents ainsi que des enfants qui marchent.

11/11