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Le cimetière marin

lucilfeti

Created on October 25, 2023

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Transcript

Le Cimetière marin

Paul VALéRY

5 premières strophes

II. La mer et le cimetière : les deux éléments centraux du poème

PLAN

1. Deux éléments complexes qui présentent un tableau naturel 2. Mer et cimetière : une confusion ou une opposition ?

I. Une importance de la musicalité et de la forme

III. Symbolisation de l’âme et son devenir : une réflexion plus vaste sur la vie et la mort

1. Une illustration du propos par la forme2. Jeu sur le rythme3. Une musicalité poétique omniprésente

1. La mer, allégorie de l’âme2. Une omniprésence de la mort 3. Une réflexion plus vaste sur la vie et la mort

Dans quelle mesure "le cimetière marin" illustre-t-il une réflexion approfondie sur l'âme, la vie, la mort et la poésie ?

INTRODUCTION

  • Paul Valéry (1871-1945)
  • Charmes - 1922
  • Première publication du poème - 1920
  • 10 version entre 1916 et 1922
  • 18e poème du recueil sur 21
  • cimetière de Sète
  • 24 sizains
  • décasyllabes

I. Une importance de la musicalité et de la forme

2. Jeu sur le rythme

  • Jeu sur le décasyllabe :
trouver tous les possibles rythmiques coupe en 4-6 / 6-4 : v1 et strophe 3--> mouvement de balancier dans tout le poème qui illustre le mouvement de la mer --> travail purement technique : poser un cadre aux vers

1. Une illustration du propos par la forme

  • régularité et longueur (24 strophes) donnent une image de pilier régulier et stable : rappel visuel du temple
v13 : première mention du templev19 : « Temple du Temps » : la stabilité pour le temple et la longueur pour le temps–> par la forme de son écriture Paul Valéry nous permet d’observer son propos avant même de l'avoir lu
  • Ponctuation :
- "!" 5 fois en trois strophes - v17 : "Ô mon silence !..." : illustration du mot "silence" par la ponctuation : le poète écrit ce qu'il fait

3. Une musicalité poétique omniprésente

  • rimes : AABCCB
(deux rimes suivies puis des rimes embrassées)–> rythme + structure fixe = exercice poétique
  • grand nombre d’allitérations
dès le début du poème : v1-2 : allitération en -pv18 : « mille tuiles, Toit ! » : allitération en -l, -t (et on retrouve l’exclamation « ! »)strophe 4 : mine d'allitérations :v19-20-21 : allitération en -t, -m, -p, -rv23-24 : allitération en -s

« Ô mon âme n’aspire pas à la vie immortelle, mais épuise le champ du possible » épuiser le champ des possibles rythmiquement et musicalement -> travail d’exploration qui permet en même temps d’illustrer son propos poétique

II. La mer et le cimetière : les deux éléments centraux du poème

  • la mer : répétition au v4 qui
illustre son cycle infini – seule mention avant la dixième strophe
  • définie par des périphrases :
« calme des dieux » v6 + constante redéfinition strophe 3 : métaphore filée« abîme » v10 : gouffre et profondeur« Le Temps scintille » = le temps personnifié v13 « stable trésor, temple simple à Minerve » : Minerve déesse de la sagesse et de l’intelligence–> portrait d’une mer calme : symbole de sagesse et de sérénité aussi imposante que le cimetière : « sourcilleuse » v15

1. Deux éléments complexes qui présentent un tableau naturel

  • aucune appellation directe du cimetière
cimetière = « toit » : v1, v18« comble d’or » v18, « Temple du Temps » v19, « point pur » v20 : périphrases
  • omniprésence de l’altitude du cimetière : il domine
  • personnification « ce toit tranquille », « Toit »
–> tableau de l'altitude, de la domination, un tableau imposant avec de la vie malgré le lieu mortel
  • une opposition :
« Midi le juste » v3 : séparation-> opposition + rappel de leur égalité v10 « abîme » : profondeur de la mer « comble d’or » v18 : altitude du cimetière alternance constante : strophe 1 – les deux ; strophe 2 et 3 – la mer ; fin 3 et strophe 4/5 – le cimetière –> mouvement de balancier qu’on retrouve à tous les niveaux

2. Mer et cimetière : une confusion ou une opposition ?

  • une confusion :
"Le cimetière marin"v1 : « ce toit tranquille »
  • rapprochement :
cimetière « Temple du Temps » v19 mer « temple simple à Minerve » v13 -> cadre mystique « ouvrage pur » v11 = la mer « point pur » v20 = le cimetière -> pureté commune

abondance d’images et de références à la nature : lyrismeambiguïté dans les termes mais il faut dépasser le simple sens des éléments et voir au-delà

III. Symbolisation de l’âme et son devenir : une réflexion plus vaste sur la vie et la mort

2. Une omniprésence de la mort

  • Le cimetière = allégorie de la mort
« Temple du Temps, qu’un seul soupir résume » v19 : dernier soupir, expiration avant la mort « tombes » v2
  • comparaison de la dernière strophe :
par le fait d’être mangé le fruit n’est plus, « sa forme se meurt » ⇒ le poète compare sa future mort au fruit mangé « âme consumée » = fait penser à l’incinération mort future du poète –> allusions au feu « feux » v3, « voile de flamme » v16

1. La mer, allégorie de l’âme

  • strophe 3 : redéfinition constante de la mer -> allégorie de l’âme
« Édifice dans l’âme » v17 mention de "Minerve" : déesse de la sagesse -> temple de la réflexion « abîme » v10 = profondeur de l’âme
  • introduction du poète : "mon" v17
« mon regard marin » v21 qui rappelle « Œil » au v15 -> la mer est dans l’œil du poète car elle est en fait son âme

3. Une réflexion plus vaste sur la vie et la mort

  • Temps : "Midi" = le poème est bloqué là : pause pour réfléchir
  • la mort et la sérénité :
« quelle paix semble se concevoir » v9 « un soleil se repose » : personnification v10 qui accentue *comparaison strophe 5 paradoxal mort = délice => vision sereine*comparaison strophe 4 : "scintillation sereine" l’âme du poète est sereine face à la mort–> épigraphe : sérénité car il a épuisé le champ du possible=> composition cyclique : la mort fait partie du cycle temps pour expérimenter - une fois la réflexion aboutie ne reste que la sérénité

« Ô mon âme n’aspire pas à la vie immortelle, mais épuise le champ du possible »

CONCLUSION

° recherche de sens sur la vie, la mort et la poésie° expérimentation et réflexion philosophique ° épuiser le champ du possible ° modernité : portée philosophique