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Le réalisme
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Transcript
Le réalisme
En quoi le réalisme contraint -il l'art à représenter la réalité ?
Préambule
Ce courant artistique et littéraire apparaît en réaction contre le romantisme qui a marqué le début du xixe siècle. En peinture comme en littérature, il part en guerre contre le double idéalisme du « moi » et de l'art. Rejetant les sujets « nobles » et l'expression effusive des sentiments de l'âme qui caractérisaient le romantisme, les écrivains réalistes se donnent pour but de représenter fidèlement la société de leur temps, même dans ses détails les plus sordides. C'est, par exemple, le projet de Balzac lorsqu'il s'attelle à La Comédie humaine (1841), vaste ensemble de romans qu'il considère comme « le plus grand magasin de documents que nous ayons sur la nature humaine ».
Préambule
Préambule
index
Refus des idéaux esthétiques et des conventions académiques
Préférence pour les sujets du quotidien et les scènes de la vie réelle
Recherche de la vérité et de la réalité
Recherche de la vérité et de la réalité
Le réalisme est un mouvement artistique qui s'est développé en France au XIXe siècle, principalement dans la peinture, mais également dans la littérature et la sculpture. Le mouvement est né en réaction à l'esthétique néoclassique et romantique dominante à l'époque, qui prônait des idéaux esthétiques, des thèmes mythologiques et une représentation idéalisée de la réalité. Le réalisme est apparu dans le contexte social et politique de l'époque, marqué par les changements économiques et sociaux de la révolution industrielle, la montée du capitalisme, les luttes sociales et politiques, et la diffusion de la photographie. Les artistes réalistes ont cherché à représenter la vie quotidienne, la classe ouvrière et les milieux populaires, en adoptant une approche scientifique de l'observation et de la représentation de la réalité. Le mouvement a été influencé par des précurseurs tels que les peintres hollandais du XVIIe siècle, tels que Rembrandt, ainsi que par les peintres espagnols tels que Francisco de Goya, qui ont tous deux cherché à représenter des sujets du quotidien et à capturer la vérité de la condition humaine. Le réalisme a également été influencé par les théories de la pensée critique et du positivisme, qui cherchaient à appliquer une méthode scientifique à l'observation de la réalité. Le mouvement a été lancé en 1855 lors de l'exposition universelle de Paris, où Gustave Courbet a présenté son œuvre intitulée "L'Atelier du peintre". Cette exposition a provoqué une controverse car elle a remis en question les conventions artistiques de l'époque et a critiqué la représentation idéalisée de la réalité. Le réalisme a ainsi inauguré une nouvelle ère dans l'histoire de l'art, caractérisée par la représentation de la réalité telle qu'elle est, sans idéalisation ni embellissement.
Recherche de la vérité et de la réalité
Le réalisme est un mouvement artistique apparu au milieu du XIXe siècle en réaction aux représentations idéalisées et romantiques du monde dans l'art. Il cherche à représenter le monde tel qu'il est, dans toute sa réalité crue et parfois désagréable. Dans cet article, nous nous pencherons sur les origines du réalisme, ses principales caractéristiques et son impact sur le monde de l'art.
L'une des principales caractéristiques du réalisme en peinture est la recherche de la vérité et de la réalité. Les artistes réalistes ont cherché à représenter le monde tel qu'il est, sans embellissement ni idéalisation. Ils ont adopté une approche scientifique de l'observation de la réalité, en s'appuyant sur des techniques de représentation précises et détaillées
François-Louis Français - Peintre réaliste français - Fouilles à Pompéi
Préférence pour les sujets du quotidien et les scènes de la vie réelle
L'une des caractéristiques les plus marquantes du mouvement réaliste est sa préférence pour les sujets du quotidien et les scènes de la vie réelle. Les artistes réalistes ont cherché à représenter des sujets de la vie courante, tels que des scènes de travail, des paysages urbains ou ruraux, des portraits de personnes ordinaires, des scènes de la vie domestique, des moments de loisirs, et même des sujets sociaux ou politiques. Les artistes réalistes ont voulu montrer la vie telle qu'elle est réellement, sans idéalisation ni embellissement. Ils ont voulu montrer la beauté et l'intérêt des aspects les plus simples et les plus modestes de la vie, en les rendant aussi précis et détaillés que possible. Cette attention aux détails et cette recherche de la vie réelle ont permis aux artistes réalistes de créer des œuvres d'un grand réalisme et d'une grande beauté, qui ont eu un impact important sur l'histoire de l'art. Les œuvres des artistes réalistes ont également contribué à la reconnaissance de la valeur esthétique de sujets jusque-là considérés comme mineurs, tels que les paysages urbains, les scènes de travail ou les portraits de personnes ordinaires
François-Louis Français - Musique Champêtre
Refus des idéaux esthétiques et des conventions académiques
Le mouvement réaliste en peinture s'est caractérisé par un refus des idéaux esthétiques et des conventions académiques de l'époque. Les artistes réalistes ont cherché à s'affranchir des règles de la peinture académique, qui prônait des sujets idéalisés, des compositions symétriques et des techniques de représentation idéalisées.Les artistes réalistes ont refusé de peindre des sujets mythologiques ou historiques, préférant les scènes de la vie quotidienne et les portraits de personnes ordinaires. Ils ont également rejeté les conventions de composition académique, préférant des compositions asymétriques et des angles de vue inhabituels.Ce rejet des idéaux esthétiques et des conventions académiques a permis aux artistes réalistes d'explorer de nouveaux territoires dans la représentation artistique, en remettant en question les normes esthétiques en vigueur et en mettant en avant la beauté et l'intérêt des aspects les plus modestes de la vie quotidienne. Cette remise en cause a eu un impact important sur l'histoire de l'art, en ouvrant la voie à de nouveaux mouvements artistiques, tels que l'impressionnisme, le naturalisme et le symbolisme.
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Gustave Courbet, le fondateur du mouvement
Courbet a rapidement développé un style unique, caractérisé par son attention aux détails et sa représentation réaliste des sujets. En 1855, il a présenté un certain nombre de ses œuvres au Salon, l'exposition d'art officielle de la France, mais il a été refusé.En réponse, Gustave Courbet a organisé sa propre exposition indépendante, qu'il a appelée le "Salon des Refusés". Cette exposition a attiré l'attention de la presse et du public, et a lancé la carrière de Courbet en tant que leader du mouvement réaliste.
Gustave Courbet est souvent considéré comme le fondateur du mouvement réaliste en peinture. Né en 1819 à Ornans, en France, Courbet a grandi dans une famille de riches propriétaires terriens. Il a étudié la peinture à Paris, où il a été influencé par les œuvres de Caravaggio, Rembrandt et Velázquez, ainsi que par les artistes romantiques français tels que Delacroix.
Gustave Courbet - Les Casseurs de pierres
Gustave Courbet, le fondateur du mouvement
Le plus couramment admis est le réalisme social, voire révolutionnaire de Courbet etde ses acolytes, pour qui le réalisme est un point de départ pour s’engager plus à fond dans larecherche créatrice et pour mettre en évidence avec force des valeurs nouvelles, même si ellesprêtent à controverse. Imprégné par son ami Proudhon d’idées socialisantes, Courbetproclame que « l’on doit donner à l’art un contenu populaire ». Sa rupture avec la peinture envogue est complète, non seulement dans les sujets, mais aussi par la technique : maniement dupinceau avec une sauvage vigueur, couleurs grasses étalées en couches épaisses, clairs-obscurs puissants. "Courbet peint comme un paysan laboure" disent les critiques de l'époque.Gustave Courbet ignore les règles de procédure et de bienséance en transcrivant ses sujetsdirectement et avec fidélité. Son opposition démocratique aux prescriptions hiérarchiques del'Académie fait prévaloir la peinture de genre sur la peinture d'histoire et l'allégorie, lespaysans et les travailleurs sur les dieux et les aristocrates, et les compositions libres sur lesagencements savants. Entre 1848 et 1855, il peint une série de scènes de la vie campagnardeoù les paysans sont traités en tant qu'individus et non en tant que types. Pour le reste, Courbetconserve les catégories les plus plausibles de la peinture : peinture de genre, paysage, portraitet nature morte. Les compositions sont banales ou familières, mais les dimensions des toilessont gigantesques et n'ont rien à voir avec les petits formats traditionnellement réservés à lapeinture de genre, ce qui leur donne l’impact de manifestes...
Gustave Courbet, le fondateur du mouvement
n a dit du tableau de Courbet Les Casseurs de pierre, peint en 1849 (ci-contre), où l’on voitle vieux casseur de pierres et son jeune aide exténués sous un soleil implacable, qu'il était lepremier document important du réalisme social en art. En peignant ces hommes au travail,Courbet dénonce la misère de leur condition. Les peintures de Courbet offrent un langagepictural nouveau : L’Enterrement à Ornans met en relief, dans un paysage nu, la populationcampagnarde et les compagnons de son village natal ; L’Après-dîner à Ornans nous offre àvoir l’intérieur vulgaire d’une auberge. Dans l’Atelier de l’Artiste (1855), Courbet réalise une allégorie réaliste d’un type nouveau, pour ainsi dire une synthèse symbolique de la société deson temps. Y figurent les types les plus variés d’humanité – de l’ouvrier et du montagnard ausacristain, du chasseur au prêteur sur gages, de la belle dame au châle somptueux au jeunecouple, des pauvres gens aux intellectuels et aux critiques, comme Champfleury etBaudelaire..
Gustave Courbet, le fondateur du mouvement
Les peintures de Courbet ont souvent été critiquées pour leur réalisme cru et leur représentation de sujets considérés comme impopulaires ou choquants, tels que des paysans, des travailleurs, des prostituées et des cadavres. Cependant, ses œuvres ont également été louées pour leur précision technique et leur capacité à capturer la réalité telle qu'elle est. Courbet a continué à produire des œuvres dans le style réaliste tout au long de sa carrière, jusqu'à sa mort en 1877. Ses contributions au mouvement ont inspiré de nombreux autres artistes à explorer les thèmes de la vie quotidienne et à repousser les limites de la représentation artistique.
Corot, Millet et l'école de Barbizon
Un second réalisme peut être définit comme réalisme poétique, à rapprocher de Milletet de l’école de Barbizon, groupe d’artistes parmi lesquels figurent Corot, Troyon ou encoreDaubigny, qui quitte Paris et ses préceptes académiques, et qui s’attache à représenter lanature réelle, pour elle-même, en s’installant dans le petit village de Barbizon, au bord de laforêt de Fontainebleau. Rebelles à l’idée de progrès, ils s’isolent loin des villes et excluentl’homme de leur paysage. Nostalgiques du monde préindustriel et primitif, ils s’inspirent duréalisme des paysagistes hollandais du XVIIème (Van Goyen ou encore Ruisdael) et de leurscontemporains anglais (Constable, Bonington). La peinture de Millet, plutôt que de délivrer une critique sur la société, s’attache à illustrer la beauté héroïque et morale des paysans ; il cherche à traduire le courage, la dignité et la dimension religieuse de ces hommes et ces femmes dont la vie dépend de la terre. Millet souhaite réconcilier réalisme et poésie. Il se livre à une réflexion profonde sur la condition paysanne et aboutit à un art synthétique. Plutôt que des individus, il peint des types : des corps massifs silhouettés à contre-jour, des attitudes puissantes qui mettent l’accent sur l’aspect mécanique du travail, des visages anonymes masqués par l’ombre. Millet confère à ses sujets un réalisme indiscutable, mais l’interprétation poétique et le raffinement des couleurs contredisent le réalisme de Courbet...
Corot, Millet et l'école de Barbizon
Comme pour les artistes réalistes, la volonté de représenter ce que l’on voit en débarrassant l’œuvre de toute référence liée à l’imaginaire romantique se fait sentir chez un groupe de peintres spécialisé dans la peinture de paysage. Théodore Rousseau s’installe dans les années 1830 à Barbizon avec l’objectif de peindre la nature directement sur le vif, telle qu’elle est, dont l’ambiance est donnée par la lumière et le climat et non plus par l’atmosphère intérieure et fantastique que les peintres romantiques mettaient en scène dans leurs tableaux. Ce rapprochement à la nature est une réaction du peintre face au développement de l’industrialisation de son époque. Il est rejoint à Barbizon par des peintres comme Charles-François d’Aubigny, Constant Troyon, Narcisse Diaz de la Pena, Jules Dupré, Jean-François Millet… Camille Corot peut également être considéré comme étant proche de l’Ecole de Barbizon même s’il n’a pas réellement fait partie du groupe. L’inspiration du groupe de Barbizon provient de la peinture de paysage anglaise, réinventée au début du XIXeme siècle par Turner et Constable. L’abandon de l’idéalisation que la tradition picturale préconisait jusqu’alors, au profit de la sensation face à la réalité d’une nature à la lumière changeante, a permis à Rousseau et à ses compagnons d’apporter à la peinture française une conception nouvelle qui influencera bientôt en profondeur le futur groupe des impressionnistes à partir des années 1870.
Corot, Millet et l'école de Barbizon
Une impression réaliste et recomposée par le souvenir « Le beau dans l’art, c’est la vérité baignée dans l’impression que nous avons reçue à l’aspect de nature. Le réel est une partie de l’art, le sentiment le complète », vaste projet pictural de Camille Corot lui-même. Éternel sous-bois, beau feuillé, souvenir du siècle passé, qu’est-ce qui a donc changé ? La nymphe s’est transformée en jeune fille, un livre à la main, amusée par le galop d’un cerf qui traverse une clairière, où s’enfonce la lumière, et d’où jaillit la profondeur. Par quels procédés, la composition ordonne-t-elle ce va-et-vient du regard à la lisière de deux mondes ?
La clairière, souvenir de Ville d’Avray de Camille Corot, Salon de 1872 – 100 cm x 134 cm
Corot, Millet et l'école de Barbizon
Ville d’Avray se situe dans la proche banlieue ouest de la capitale. Son église a été décorée par Corot qui en aimait les bois ombragés.Corot, né en 1796, est de la génération de Delacroix et de Victor Hugo, mort en 1875. Il traverse le XIXe siècle, en connaîtra pratiquement tous les moments importants, aimera les impressionnistes à la fin d’une vie longue pour cette époque. Et si il devint l’ami de ces peintres, ce n’es pas seulement qu’ils le respectaient profondément, mais c’est sans doute que de part et d’autre on se comprenait.Né en 1796 Corot commence un siècle, il part comme son futur maître Michallon en Italie pour y peindre et y apprendre la grande peinture. Il continuera d’introduire dans ses tableaux de nature des sujets mythologiques jusqu’en 1860 environ ; nymphes et bacchanales, où on sent une lointaine réminiscence de la peinture de Nicolas Poussin ; elles ont orné longtemps « sa nature ». En 71 date probable de ce tableau l’appareillage cher au siècles précédents a disparu.La clairière, souvenir de Ville d’Avray , exposée en 72 au salon ne comporte pas de sujet mythologique en effet, mais un petit personnage féminin assis dans l’ombre un grand cahier à la main, elle tourne la tête vers la prairie ou passe un jeune cerf au galop. Ce sujet, dépourvu de toute allégorie est typique de l’Ecole de Barbizon dont Corot fut aussi un des maîtres.
Corot, Millet et l'école de Barbizon
CompositionCe tableau est organisé autour des deux grands arbres qui forment comme un portique naturel devant lequel est assise cette jeune fille, un peu cachée dans leur ombre. La perspective est faite par l’éloignement et la lumière mais une grande diagonale habite ce tableau nettement définie par cette grande branche su la gauche du tableau mais qui aboutit à la jeune fille. Il a jugé aussi utile de faire suivre cette même ligne par celle du faîte des arbres de l’autre côté de la clairière.Le sol, l’horizontale donc, est défini presque uniquement par cette tache verte , pourtant bien réduite, de lumière dans la clairière, décalée sur la droite du tableau et que traverse un cerf au galop.Couleur, lumièreLes lumières de Corot sont très particulières et si sa touche très nouvelle à l’époque frappa les peintres impressionnistes, sa lumière dut aussi les faire réfléchir car elle est conçue d’une manière double ; d’une part elle se veut exacte, mais Corot lui ajoute d’autre part une touche profondément personnelle, qui unifie toute ses lumières par une qualité d’atmosphère brumeuse d’une étonnante légèreté qui marque d’un certain cachet toute sa peinture. Ce n’est donc pas uniquement par une manière, par un style que Corot construit son univers mais en plaçant au centre la lumière.Celle de La clairière est d’une grande beauté, construite sur une énorme zone d’ombre et une très petite de lumière, il n’est pas loin des recherches de Dupré et Rousseau ses contemporains et amis, mais la différence vient de cette matière qu’il donne à sa peinture.
Corot, Millet et l'école de Barbizon
Matière, formeLe travail du pinceau chez Corot est comme une pluie de feuilles de saule, une sorte de piquetage de petits accents effilés qui se mettent sur de plus sombres et plus ronds ; tout comme Rousseau il est un peintre du feuillage, c’était cette matière là qui les a hanté, ils sont encore dans la poésie de la fin du siècle précédent celle du vent, du mouvement de l’air, de la pluie battante, de l’agitation de l’air, ce sont des aériens et non des aquatiques comme Ingres ou des terrestres comme Courbet. Ceci Corot l’exprime par son style et le contenu de ses œuvres, ce coup de vent dans le feuillage.Faire le « beau feuillé » disait Valenciennes à Michallon, cela allait pour ces peintres beaucoup plus loin qu’une simple prouesse technique, c’est toute leur sensibilité qui s’engouffre dans ce but qu’ils se sont donné : rendre le feuillage mouvant dans la lumière changeante.Le personnage féminin de ce tableau peut passer pour un personnage de pure convention picturale, il serait là, ma foi pour qu’il y ait quelqu’un dans ce paysage qui serait peut-être trop vide sans lui. Si on y regarde de plus près cette jeune fille est- elle assise dans l’ombre, pour ne pas être vue ? Ou pour se protéger de la lumière ? Ou peut-être pour dessiner cette clairière tranquillement à l’abri des regards indiscret ; ce cahier n’est pas un livre ni un cahier d’écriture, il est trop grand pour cela et la position du corps est exactement celle de quelqu’un qui s’apprête à dessiner et que le galop splendide d’un jeune cerf vient distraire. Elle est au centre visuel de cette composition, à la place où 20 ans auparavant Il aurait placé une nymphe ; elle est au centre de ce vent léger qui traverse la toile en diagonale, donnant au cerf la vitesse de sa course. Corot veut l’instant de beauté dans la magie du lieu. Par son rendu fluide et sensible de la matière dans la lumière changeante de l’Ile-de-France, cette toile qui illustre l’importance de Corot au sein de l’Ecole de Barbizon, explique également l’influence que l’artiste exerça sur les impressionnistes..
Analyse d'une oeuvre : L Angelus de J.F Millet
Cette toile est une des oeuvres françaises les plus célèbres. Elle représente en effet la France profonde : la terre, le travail en famille et la prière. D'ailleurs lors de sa première exposition augrand public en 1869, la révolution industrielle commençait à bouleverser le quotidien des Français. Dès lors cette oeuvre est devenue le symbole de la "France éternelle" ; la France paysanne qui commence à disparaître. Quant aux couleurs, la luminosité nous confirme qu'il doit être, lors de cette scène, aux alentours de 18h, probablement en automne. Ce ciel vaporeux, doux et légèrement nuageux est en opposition avec la terre sèche sur-cultivée.Millet a préféré une palette assez chaude en choisissant le jaune, la couleur ocre, le marron et ses dérivés. Seules quelques touches de bleu et de vert viennent se refléter sur le pantalonde l'homme ou la chemise de la femme par exemple. Ce tableau d'apparence terne est en réalité très lumineux grâce à la maîtrise de la lumière par le peintre (reflets sur le sol, ouencore sur le tablier de la paysanne).
Jean-François MilletL'Angélus entre 1857 et 1859 huile sur toileH. 55,5 ; L. 66,0 cm.Legs Alfred Chauchard, 1910© Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
Analyse d'une oeuvre : L Angelus de J.F Millet
L’angélus – ou prière de l’Ange – est en premier lieu le nom donné à une prière en l’honneur de Jésus Christ composée de 3 fois deux vers entrecoupés d’un « Je vous salue Marie ». Traditionnellement, depuis un décret du roi Louis XI en 1472, tout bon Chrétien qui se respecte est censé s’arrêter de travailler 3 fois par jour – à 6h00, à midi et à 18h00 – pour se recueillir et réciter cette prière. Cette dernière a lieu au son d’une cloche qui sonne 3 fois 3 coups espacés pour laisser le temps de réciter chaque verset puis une sonnerie à la volée. L’Angélus est d’ailleurs encore parfois sonné dans certains villages. Bien peu de personnes se rappellent toutefois de sa signification… Jean-Fançois Millet peint ici un souvenir de jeunesse. Enfant, il vivait avec sa grand-mère qui lui demandait de cesser immédiatement le travail aussitôt qu’on entendait les cloches au loin. La scène se déroule donc à la fin du XIXe siècle, au début de la grande révolution industrielle. Il faut donc voir ce tableau comme un témoignage des pratiques du temps passé, empreint de nostalgie et d’une grande piété. Pour peu que vos origines soient françaises, vous contemplez en ce moment-même une scène ordinaire du quotidien de vos arrières-arrières-grands-parents (adaptez le nombre d' »arrières » à votre âge!).
Analyse d'une oeuvre : L Angelus de J.F Millet
Analyse d'une oeuvre : L Angelus de J.F Millet
Vers l'impressionisme
Vers l’impressionnismeLe réalisme, partisan d’une reproduction exacte, complète, sincère, du milieu social de l’époque, débouche sur l’impressionnisme. Édouard Manet est souvent considéré comme le peintre réaliste le plus inventif après Courbet., il rallie autour de lui cette jeune génération, bien décidée à emprunter ses sujets à la vie moderne, et à proposer une nouvelle approche du réel. Comme Courbet, Manet est très attaché à ses modèles, et les représente avec une rigoureuse fidélité. Pour exprimer picturalement ce qu'il voit, Manet met au point une technique originale : tandis que Courbet peint sur un fond sombre traditionnel et progresse lentement vers les couleurs claires, Manet peint sur un fond blanc à l'aide de tons locaux clairs, dans lesquels il introduit des tons sombres pour obtenir les ombres. Cette technique nouvelle, appelée peinture claire, relève d'une pure observation, Manet rapportant sur la toile les tons qu'il perçoit dans la nature et les juxtaposant sans se soucier des valeurs traditionnelles ou d'une utilisation des fonds ou des glacis. Il abandonne aussi toutes les idées admises et les techniques du dessin dans sa recherche d'une méthode optique.