PORTFOLIO SUR
LA PAROLE
LES POUVOIRS ET DERIVES DE LA PAROLE
SOMMAIRE :
Auteurs
Confrontation
Conclusion
Oeuvres
Ouverture
Analyse
En quoi les œuvres de Tacite et de Marc Fumaroli révèlent-elles de l'évolution de l'art de la rhétorique et de l'éloquence dans l'oration, à différentes époques de l'Histoire ?"
Problématique du portfolio
Portrait de Tacite
Les enjeux
Ferdinand de Saussure
La parole
La parole est propre à chaque individu et est essentielle à la communication.
presentation des
AUTEURS
Et contexte historique
« C'est une erreur de la méchanceté humaine de louer toujours le passé et de dédaigner le présent. ».
Publius
Tacitus
L'académicien
"La liberté elle-même est un luxe très rare et qui se mérite. Peu de régimes sur terre ont laissé ce luxe à leurs citoyens."
Marc Fumaroli
presentation des
Oeuvres litteraires choisies
Antique et moderne
Une dédicace
Rome
Le dialogue des Orateurs
Rhétorique et éloquence
Cicéron
Recherche académique
Renaissance
L'age de l'éloquence : rhétorique et res literaria de la Renaissance au seuil de l'époque classique
Rhétorique et éloquece
France
la chronologie
Naissance et création des oeuvres
Naissance de Fumaroli
Naissance de Tacite
102
1980
1932
56
Ecriture de son oeuvre
Ecriture de son oeuvre
Analyses des
Oeuvres litteraires choisies
antique et contemporaine
« Nam carmina et versus, quibus totam vitam Maternus insumere optât (inde enim omnis fluxit oratio), nequo dignitatem ullam auctoribus suis conciliant neque utilitates alunt; voluptatem autem brevem, laudem inanem et infructuosam consequuntur. Licet hoec ipsa et quoe deinceps dicturus sum aures tua', Materne, respuant. cui bono est, si apud te Agamemnon aut Jason diserte loquilur? Quis ideo domum defensus et libi obligatus redit? Quis Saleium nostrum, egregium poetam vel, si hoc honorificentius est, prceclarissimum vatem, deducit aut salutat aut prosequi tur? Nempe si amicus ejus, si propinquus, si denique ipse in aliquod negotium incident, ad hune Secundum recurret aut ad te, Materne, non quia poeta es, neque ut pro eo versus facias; hi enim Basso domi hascuntur, pulchri quidem et jucundi, quorum tamen hic exitus, ut cum tolo anno, per omnes dies, magna noctium parte unum librum excudit et elucubravit, rogare ultro et ambire cogatur, ut sint qui dignentur audire, et ne id quidem gratis; nam et domum mutuatur et auditorium exstruit et subsellia conducit et libellos dispergit. Et, ut beatissimus recitationem ejus éveil tus prosequatur, omnis illa laus intra unum aut alterum diem, velut in herba vel flore proecepta, ad nullam certam et solidam pervenit frugem, nec aut amicitiam inde refert aut clientelam aut mansurum in animo cujusquam beneficium, sed clamorem vagum et voces inanes et gaudium volucre. Laudavimus nuper ut miram et eximiam Vespasiani liberalilatem, quod c[uingenta sesterlia Basso donasset. Pulchrum id quidem, indulgentiam principis ingenio mereri : quanto tamen pulchrius, si ita res familiaris exigat, se ipsum colère, suum genium propitiare, suam experiri liberalitatem! Adjice quod poetis, si modo dignum aliquid elaborare et efficere velinl, relinquenda conversatio amicorum et jucunditas urbis, deserenda cetera officia utque ipsi dicunt, in nemora et lucos, id est in solitudinem, secedendum est. »
Le dialogue des Orateurs, IX
« Nam carmina et versus, quibus totam vitam Maternus insumere optât (inde enim omnis fluxit oratio), nequo dignitatem ullam auctoribus suis conciliant neque utilitates alunt; voluptatem autem brevem, laudem inanem et infructuosam consequuntur. Licet hoec ipsa et quoe deinceps dicturus sum aures tua', Materne, respuant. cui bono est, si apud te Agamemnon aut Jason diserte loquilur? Quis ideo domum defensus et libi obligatus redit? Quis Saleium nostrum, egregium poetam vel, si hoc honorificentius est, prceclarissimum vatem, deducit aut salutat aut prosequi tur? Nempe si amicus ejus, si propinquus, si denique ipse in aliquod negotium incident, ad hune Secundum recurret aut ad te, Materne, non quia poeta es, neque ut pro eo versus facias; hi enim Basso domi hascuntur, pulchri quidem et jucundi, quorum tamen hic exitus, ut cum tolo anno, per omnes dies, magna noctium parte unum librum excudit et elucubravit, rogare ultro et ambire cogatur, ut sint qui dignentur audire, et ne id quidem gratis; nam et domum mutuatur et auditorium exstruit et subsellia conducit et libellos dispergit. Et, ut beatissimus recitationem ejus éveil tus prosequatur, omnis illa laus intra unum aut alterum diem, velut in herba vel flore proecepta, ad nullam certam et solidam pervenit frugem, nec aut amicitiam inde refert aut clientelam aut mansurum in animo cujusquam beneficium, sed clamorem vagum et voces inanes et gaudium volucre. Laudavimus nuper ut miram et eximiam Vespasiani liberalilatem, quod cuingenta sesterlia Basso donasset. Pulchrum id quidem, indulgentiam principis ingenio mereri : quanto tamen pulchrius, si ita res familiaris exigat, se ipsum colère, suum genium propitiare, suam experiri liberalitatem! Adjice quod poetis, si modo dignum aliquid elaborare et efficere velinl, relinquenda conversatio amicorum et jucunditas urbis, deserenda cetera officia utque ipsi dicunt, in nemora et lucos, id est in solitudinem, secedendum est. »
« De tout les aspects de la culture oratoire antique, c’est à coup sûre la doctrine du sublime qui est la plus proche de ce que nous entendons par “littérature” : une sorte de salut esthétique dans et par le discours.
Car il s’agit moins d’obtenir, comme dans l’éloquence judiciaire ou civique, un effet immédiat et pratique, que de faire naître une résonnance à long terme, d’une nature toute intérieure, à la fois esthétique et spirituelle. Voilée par l’ironie chez Horace, déployée dans le vaste champ élégiaque et épique par Virgile, la doctrine du sublime avait été utilisée par Sénèque aux fins de la conversion philosophique. Elle retrouve dans le Dialogue des Orateurs son sens de justification de l’art et de la beauté, médiateurs entre la philosophie et la Cité. Mais elle ne la retrouve pas pour constater et célèbre la “plénitude des temps”, comme chez Virgile : l’Origine ne se réactualise plus ailleurs que dans l’âme de l’écrivain et dans celle de son lecteur, tous deux en exil : l’art de Tacite vise à rendre plus pénétrant et plus universel le contraste implicite et allusif entre la déchéance des temps qu’il décrit et la splendeur de l’Age d’or qui s’éloigne entre la grandeur solitaire des âmes fidèles et le reniement des autres. [...]
Elle [l’histoire] est chargée par Tacite d’une magistrature morale et religieuse qui, par le détour de l’art, supplée sans l’offenser la magistrature politique du Prince, toujours tenté de trahir le devoir que lui avaient fixé August et Virgile : celui de résumer en sa personne et son action la vertu romaine désertée par le peuple romain. Dans un style qui condence les prestiges de la prose oratoire et ceux de la poésie romaines, l’histoire selon Tacite tend à la Ville déchue et à ses Princes à la fois un miroir et un piège, leçon pour eux si possible, témoignage en tout cas pour une élite de grandes âmes et pour le plus lointain avenir. Seul saint Augustin, dans la Cité de Dieu, portera sur l’histoire romaine un regard plus détaché encore, et exercera sur son lecteur un effet aussi “sublime” »
L'age de l'éloquence, chapitre premier : Le "ciel des idées" rhétorique
« De tout les aspects de la culture oratoire antique, c’est à coup sûre la doctrine du sublime qui est la plus proche de ce que nous entendons par “littérature” : une sorte de salut esthétique dans et par le discours.
Car il s’agit moins d’obtenir, comme dans l’éloquence judiciaire ou civique, un effet immédiat et pratique, que de faire naître une résonnance à long terme, d’une nature toute intérieure, à la fois esthétique et spirituelle. Voilée par l’ironie chez Horace, déployée dans le vaste champ élégiaque et épique par Virgile, la doctrine du sublime avait été utilisée par Sénèque aux fins de la conversion philosophique. Elle retrouve dans le Dialogue des Orateurs son sens de justification de l’art et de la beauté, médiateurs entre la philosophie et la Cité. Mais elle ne la retrouve pas pour constater et célèbre la “plénitude des temps”, comme chez Virgile : l’Origine ne se réactualise plus ailleurs que dans l’âme de l’écrivain et dans celle de son lecteur, tous deux en exil : l’art de Tacite vise à rendre plus pénétrant et plus universel le contraste implicite et allusif entre la déchéance des temps qu’il décrit et la splendeur de l’Age d’or qui s’éloigne entre la grandeur solitaire des âmes fidèles et le reniement des autres. [...]
Elle [l’histoire] est chargée par Tacite d’une magistrature morale et religieuse qui, par le détour de l’art, supplée sans l’offenser la magistrature politique du Prince, toujours tenté de trahir le devoir que lui avaient fixé August et Virgile : celui de résumer en sa personne et son action la vertu romaine désertée par le peuple romain. Dans un style qui condence les prestiges de la prose oratoire et ceux de la poésie romaines, l’histoire selon Tacite tend à la Ville déchue et à ses Princes à la fois un miroir et un piège, leçon pour eux si possible, témoignage en tout cas pour une élite de grandes âmes et pour le plus lointain avenir. Seul saint Augustin, dans la Cité de Dieu, portera sur l’histoire romaine un regard plus détaché encore, et exercera sur son lecteur un effet aussi “sublime” »
Confrontations des
Oeuvres litteraires choisies
Et introduction à une conclusion
LES CONCORDENCES ET DIVERGENCES DES OEUVRES
Confrontation des oeuvres littéraires
Moderne
Antique
“La parole a été donnée à l’homme pour déguiser sa pensée.”
- De Talleyrand
conclusion
Démosthène
Orateur athénien
Ouverture personelle
"Quel est l'impact de la présence de tabous dans l'oration sur l'évolution de l'éloquence et de la rhétorique?"
The KING'S
SPEECH
La cité internationale de la francophonie
Inauguré le 30/10/2023 au chateau de Villers-Cotterêts
Villers-Cotterêts
La cité internationale de la francophonie
Inauguré le 30/10/2023 au chateau de Villers-Cotterêts
Son impressionante verière
La cité internationale de la francophonie
Inauguré le 30/10/2023 au chateau de Villers-Cotterêts
Ses joyaux de la renaissance
La francophonie en chiffres
05
Langue mondiale après l’anglais, le mandarin, l’hindi et l’espagnol
29
Langue officielle dans 29 pays et 3 gouvernement
112
La présence de francophone sur les 112 territoires
Léopold
321
Sédar Senghor
321 millions de personnes sont capables de s’exprimer en français
Tout refus de communiquer est une tentative de communication ; tout geste d'indifférence ou d'hostilité est appel déguisé.
Albert Camus
Double ouverture personelle
MERCIDE VOTRE écoute
« Mais les vers, auxquels Maternus veut consacrer sa vie entière (car c'est là ce qui a donné lieu à tout ce discours), les vers ne mènent leurs auteurs ni aux distinctions ni à la fortune. Le plaisir d'un instant, des louanges vaines et infructueuses, voilà tout ce qu'ils procurent. Ce que je dis, Maternus, et ce que je vais dire encore, effarouchera peut-être vos oreilles : à quoi sert-il qu'Agamemnon ou Jason s'expriment chez vous avec talent ? quel client défendu par-là retourne chez lui votre obligé ? Notre ami Saléius est un grand poète, ou, si ce titre est plus honorable, c'est un illustre interprète des Muses : qui voit-on le reconduire, le visiter, lui faire cortège ? Si son ami, si son parent, si lui-même se trouve engagé dans quelque affaire, c'est à Sécundus qu'il recourra, ou bien à vous, Maternus, et ce ne sera pas en votre qualité de poète, ni afin que vous fassiez des vers pour lui ; les vers naissent d'eux-mêmes sous la plume de Bassus, et des vers assurément pleins de charme et d'intérêt : toutefois, quel en est le destin ? Lorsque durant une année entière il a travaillé tous les jours et une grande partie des nuits à polir et repolir un seul livre, il faut qu'il se mette à solliciter et mendier des auditeurs qui veuillent bien l'entendre. Encore ne lira-t-il pas sans qu'il lui en coûte : il emprunte une maison, fait arranger une salle, loue des banquettes, distribue des annonces. Et sa lecture fût-elle couronnée du plus brillant succès, cette gloire d'un jour, ainsi qu'une moisson coupée en herbe ou séchée dans sa fleur, ne porte aucun fruit solide ni durable ; le poète ne gagne à ce triomphe ni un ami, ni un client, ni aucun droit aux souvenirs d'une âme reconnaissante ; mais des acclamations vagues, de stériles applaudissements, une joie qui s'envole. Nous avons loué naguère, comme un rare et admirable exemple, la générosité de Vespasien donnant à Bassus cinq cent mille sesterces. Il est beau sans doute de mériter par son talent les grâces de l'empereur ; mais combien il est plus beau de pouvoir, dans le besoin, recourir à soi-même, se rendre son génie propice, faire l'essai de sa propre munificence ! Ajoutez que les poètes, s'ils veulent produire une œuvre digne qu'on la regarde, doivent renoncer aux douceurs de l'amitié et aux agréments de Rome, se soustraire à tous les devoirs de la vie, et, comme ils le disent eux-mêmes, s'enfoncer dans le silence religieux des bois, c'est-à-dire se condamner à la solitude. »
Les enjeux :
Cette problématique offre l'opportunité de comparer et de contraster les perspectives de Tacite, représentant l'Antiquité romaine, et de Marc Fumaroli, représentant la Renaissance européenne.
« Mais les vers, auxquels Maternus veut consacrer sa vie entière (car c'est là ce qui a donné lieu à tout ce discours), les vers ne mènent leurs auteurs ni aux distinctions ni à la fortune. Le plaisir d'un instant, des louanges vaines et infructueuses, voilà tout ce qu'ils procurent. Ce que je dis, Maternus, et ce que je vais dire encore, effarouchera peut-être vos oreilles : à quoi sert-il qu'Agamemnon ou Jason s'expriment chez vous avec talent ? quel client défendu par-là retourne chez lui votre obligé ? Notre ami Saléius est un grand poète, ou, si ce titre est plus honorable, c'est un illustre interprète des Muses : qui voit-on le reconduire, le visiter, lui faire cortège ? Si son ami, si son parent, si lui-même se trouve engagé dans quelque affaire, c'est à Sécundus qu'il recourra, ou bien à vous, Maternus, et ce ne sera pas en votre qualité de poète, ni afin que vous fassiez des vers pour lui ; les vers naissent d'eux-mêmes sous la plume de Bassus, et des vers assurément pleins de charme et d'intérêt : toutefois, quel en est le destin ? Lorsque durant une année entière il a travaillé tous les jours et une grande partie des nuits à polir et repolir un seul livre, il faut qu'il se mette à solliciter et mendier des auditeurs qui veuillent bien l'entendre. Encore ne lira-t-il pas sans qu'il lui en coûte : il emprunte une maison, fait arranger une salle, loue des banquettes, distribue des annonces. Et sa lecture fût-elle couronnée du plus brillant succès, cette gloire d'un jour, ainsi qu'une moisson coupée en herbe ou séchée dans sa fleur, ne porte aucun fruit solide ni durable ; le poète ne gagne à ce triomphe ni un ami, ni un client, ni aucun droit aux souvenirs d'une âme reconnaissante ; mais des acclamations vagues, de stériles applaudissements, une joie qui s'envole. Nous avons loué naguère, comme un rare et admirable exemple, la générosité de Vespasien donnant à Bassus cinq cent mille sesterces. Il est beau sans doute de mériter par son talent les grâces de l'empereur ; mais combien il est plus beau de pouvoir, dans le besoin, recourir à soi-même, se rendre son génie propice, faire l'essai de sa propre munificence ! Ajoutez que les poètes, s'ils veulent produire une œuvre digne qu'on la regarde, doivent renoncer aux douceurs de l'amitié et aux agréments de Rome, se soustraire à tous les devoirs de la vie, et, comme ils le disent eux-mêmes, s'enfoncer dans le silence religieux des bois, c'est-à-dire se condamner à la solitude. »
LA PAROLE : POUVOIR ET DERIVES
Marie-Victoria André
Created on October 16, 2023
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PORTFOLIO SUR
LA PAROLE
LES POUVOIRS ET DERIVES DE LA PAROLE
SOMMAIRE :
Auteurs
Confrontation
Conclusion
Oeuvres
Ouverture
Analyse
En quoi les œuvres de Tacite et de Marc Fumaroli révèlent-elles de l'évolution de l'art de la rhétorique et de l'éloquence dans l'oration, à différentes époques de l'Histoire ?"
Problématique du portfolio
Portrait de Tacite
Les enjeux
Ferdinand de Saussure
La parole
La parole est propre à chaque individu et est essentielle à la communication.
presentation des
AUTEURS
Et contexte historique
« C'est une erreur de la méchanceté humaine de louer toujours le passé et de dédaigner le présent. ».
Publius
Tacitus
L'académicien
"La liberté elle-même est un luxe très rare et qui se mérite. Peu de régimes sur terre ont laissé ce luxe à leurs citoyens."
Marc Fumaroli
presentation des
Oeuvres litteraires choisies
Antique et moderne
Une dédicace
Rome
Le dialogue des Orateurs
Rhétorique et éloquence
Cicéron
Recherche académique
Renaissance
L'age de l'éloquence : rhétorique et res literaria de la Renaissance au seuil de l'époque classique
Rhétorique et éloquece
France
la chronologie
Naissance et création des oeuvres
Naissance de Fumaroli
Naissance de Tacite
102
1980
1932
56
Ecriture de son oeuvre
Ecriture de son oeuvre
Analyses des
Oeuvres litteraires choisies
antique et contemporaine
« Nam carmina et versus, quibus totam vitam Maternus insumere optât (inde enim omnis fluxit oratio), nequo dignitatem ullam auctoribus suis conciliant neque utilitates alunt; voluptatem autem brevem, laudem inanem et infructuosam consequuntur. Licet hoec ipsa et quoe deinceps dicturus sum aures tua', Materne, respuant. cui bono est, si apud te Agamemnon aut Jason diserte loquilur? Quis ideo domum defensus et libi obligatus redit? Quis Saleium nostrum, egregium poetam vel, si hoc honorificentius est, prceclarissimum vatem, deducit aut salutat aut prosequi tur? Nempe si amicus ejus, si propinquus, si denique ipse in aliquod negotium incident, ad hune Secundum recurret aut ad te, Materne, non quia poeta es, neque ut pro eo versus facias; hi enim Basso domi hascuntur, pulchri quidem et jucundi, quorum tamen hic exitus, ut cum tolo anno, per omnes dies, magna noctium parte unum librum excudit et elucubravit, rogare ultro et ambire cogatur, ut sint qui dignentur audire, et ne id quidem gratis; nam et domum mutuatur et auditorium exstruit et subsellia conducit et libellos dispergit. Et, ut beatissimus recitationem ejus éveil tus prosequatur, omnis illa laus intra unum aut alterum diem, velut in herba vel flore proecepta, ad nullam certam et solidam pervenit frugem, nec aut amicitiam inde refert aut clientelam aut mansurum in animo cujusquam beneficium, sed clamorem vagum et voces inanes et gaudium volucre. Laudavimus nuper ut miram et eximiam Vespasiani liberalilatem, quod c[uingenta sesterlia Basso donasset. Pulchrum id quidem, indulgentiam principis ingenio mereri : quanto tamen pulchrius, si ita res familiaris exigat, se ipsum colère, suum genium propitiare, suam experiri liberalitatem! Adjice quod poetis, si modo dignum aliquid elaborare et efficere velinl, relinquenda conversatio amicorum et jucunditas urbis, deserenda cetera officia utque ipsi dicunt, in nemora et lucos, id est in solitudinem, secedendum est. »
Le dialogue des Orateurs, IX
« Nam carmina et versus, quibus totam vitam Maternus insumere optât (inde enim omnis fluxit oratio), nequo dignitatem ullam auctoribus suis conciliant neque utilitates alunt; voluptatem autem brevem, laudem inanem et infructuosam consequuntur. Licet hoec ipsa et quoe deinceps dicturus sum aures tua', Materne, respuant. cui bono est, si apud te Agamemnon aut Jason diserte loquilur? Quis ideo domum defensus et libi obligatus redit? Quis Saleium nostrum, egregium poetam vel, si hoc honorificentius est, prceclarissimum vatem, deducit aut salutat aut prosequi tur? Nempe si amicus ejus, si propinquus, si denique ipse in aliquod negotium incident, ad hune Secundum recurret aut ad te, Materne, non quia poeta es, neque ut pro eo versus facias; hi enim Basso domi hascuntur, pulchri quidem et jucundi, quorum tamen hic exitus, ut cum tolo anno, per omnes dies, magna noctium parte unum librum excudit et elucubravit, rogare ultro et ambire cogatur, ut sint qui dignentur audire, et ne id quidem gratis; nam et domum mutuatur et auditorium exstruit et subsellia conducit et libellos dispergit. Et, ut beatissimus recitationem ejus éveil tus prosequatur, omnis illa laus intra unum aut alterum diem, velut in herba vel flore proecepta, ad nullam certam et solidam pervenit frugem, nec aut amicitiam inde refert aut clientelam aut mansurum in animo cujusquam beneficium, sed clamorem vagum et voces inanes et gaudium volucre. Laudavimus nuper ut miram et eximiam Vespasiani liberalilatem, quod cuingenta sesterlia Basso donasset. Pulchrum id quidem, indulgentiam principis ingenio mereri : quanto tamen pulchrius, si ita res familiaris exigat, se ipsum colère, suum genium propitiare, suam experiri liberalitatem! Adjice quod poetis, si modo dignum aliquid elaborare et efficere velinl, relinquenda conversatio amicorum et jucunditas urbis, deserenda cetera officia utque ipsi dicunt, in nemora et lucos, id est in solitudinem, secedendum est. »
« De tout les aspects de la culture oratoire antique, c’est à coup sûre la doctrine du sublime qui est la plus proche de ce que nous entendons par “littérature” : une sorte de salut esthétique dans et par le discours. Car il s’agit moins d’obtenir, comme dans l’éloquence judiciaire ou civique, un effet immédiat et pratique, que de faire naître une résonnance à long terme, d’une nature toute intérieure, à la fois esthétique et spirituelle. Voilée par l’ironie chez Horace, déployée dans le vaste champ élégiaque et épique par Virgile, la doctrine du sublime avait été utilisée par Sénèque aux fins de la conversion philosophique. Elle retrouve dans le Dialogue des Orateurs son sens de justification de l’art et de la beauté, médiateurs entre la philosophie et la Cité. Mais elle ne la retrouve pas pour constater et célèbre la “plénitude des temps”, comme chez Virgile : l’Origine ne se réactualise plus ailleurs que dans l’âme de l’écrivain et dans celle de son lecteur, tous deux en exil : l’art de Tacite vise à rendre plus pénétrant et plus universel le contraste implicite et allusif entre la déchéance des temps qu’il décrit et la splendeur de l’Age d’or qui s’éloigne entre la grandeur solitaire des âmes fidèles et le reniement des autres. [...] Elle [l’histoire] est chargée par Tacite d’une magistrature morale et religieuse qui, par le détour de l’art, supplée sans l’offenser la magistrature politique du Prince, toujours tenté de trahir le devoir que lui avaient fixé August et Virgile : celui de résumer en sa personne et son action la vertu romaine désertée par le peuple romain. Dans un style qui condence les prestiges de la prose oratoire et ceux de la poésie romaines, l’histoire selon Tacite tend à la Ville déchue et à ses Princes à la fois un miroir et un piège, leçon pour eux si possible, témoignage en tout cas pour une élite de grandes âmes et pour le plus lointain avenir. Seul saint Augustin, dans la Cité de Dieu, portera sur l’histoire romaine un regard plus détaché encore, et exercera sur son lecteur un effet aussi “sublime” »
L'age de l'éloquence, chapitre premier : Le "ciel des idées" rhétorique
« De tout les aspects de la culture oratoire antique, c’est à coup sûre la doctrine du sublime qui est la plus proche de ce que nous entendons par “littérature” : une sorte de salut esthétique dans et par le discours. Car il s’agit moins d’obtenir, comme dans l’éloquence judiciaire ou civique, un effet immédiat et pratique, que de faire naître une résonnance à long terme, d’une nature toute intérieure, à la fois esthétique et spirituelle. Voilée par l’ironie chez Horace, déployée dans le vaste champ élégiaque et épique par Virgile, la doctrine du sublime avait été utilisée par Sénèque aux fins de la conversion philosophique. Elle retrouve dans le Dialogue des Orateurs son sens de justification de l’art et de la beauté, médiateurs entre la philosophie et la Cité. Mais elle ne la retrouve pas pour constater et célèbre la “plénitude des temps”, comme chez Virgile : l’Origine ne se réactualise plus ailleurs que dans l’âme de l’écrivain et dans celle de son lecteur, tous deux en exil : l’art de Tacite vise à rendre plus pénétrant et plus universel le contraste implicite et allusif entre la déchéance des temps qu’il décrit et la splendeur de l’Age d’or qui s’éloigne entre la grandeur solitaire des âmes fidèles et le reniement des autres. [...] Elle [l’histoire] est chargée par Tacite d’une magistrature morale et religieuse qui, par le détour de l’art, supplée sans l’offenser la magistrature politique du Prince, toujours tenté de trahir le devoir que lui avaient fixé August et Virgile : celui de résumer en sa personne et son action la vertu romaine désertée par le peuple romain. Dans un style qui condence les prestiges de la prose oratoire et ceux de la poésie romaines, l’histoire selon Tacite tend à la Ville déchue et à ses Princes à la fois un miroir et un piège, leçon pour eux si possible, témoignage en tout cas pour une élite de grandes âmes et pour le plus lointain avenir. Seul saint Augustin, dans la Cité de Dieu, portera sur l’histoire romaine un regard plus détaché encore, et exercera sur son lecteur un effet aussi “sublime” »
Confrontations des
Oeuvres litteraires choisies
Et introduction à une conclusion
LES CONCORDENCES ET DIVERGENCES DES OEUVRES
Confrontation des oeuvres littéraires
Moderne
Antique
“La parole a été donnée à l’homme pour déguiser sa pensée.”
- De Talleyrand
conclusion
Démosthène
Orateur athénien
Ouverture personelle
"Quel est l'impact de la présence de tabous dans l'oration sur l'évolution de l'éloquence et de la rhétorique?"
The KING'S
SPEECH
La cité internationale de la francophonie
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Villers-Cotterêts
La cité internationale de la francophonie
Inauguré le 30/10/2023 au chateau de Villers-Cotterêts
Son impressionante verière
La cité internationale de la francophonie
Inauguré le 30/10/2023 au chateau de Villers-Cotterêts
Ses joyaux de la renaissance
La francophonie en chiffres
05
Langue mondiale après l’anglais, le mandarin, l’hindi et l’espagnol
29
Langue officielle dans 29 pays et 3 gouvernement
112
La présence de francophone sur les 112 territoires
Léopold
321
Sédar Senghor
321 millions de personnes sont capables de s’exprimer en français
Tout refus de communiquer est une tentative de communication ; tout geste d'indifférence ou d'hostilité est appel déguisé.
Albert Camus
Double ouverture personelle
MERCIDE VOTRE écoute
« Mais les vers, auxquels Maternus veut consacrer sa vie entière (car c'est là ce qui a donné lieu à tout ce discours), les vers ne mènent leurs auteurs ni aux distinctions ni à la fortune. Le plaisir d'un instant, des louanges vaines et infructueuses, voilà tout ce qu'ils procurent. Ce que je dis, Maternus, et ce que je vais dire encore, effarouchera peut-être vos oreilles : à quoi sert-il qu'Agamemnon ou Jason s'expriment chez vous avec talent ? quel client défendu par-là retourne chez lui votre obligé ? Notre ami Saléius est un grand poète, ou, si ce titre est plus honorable, c'est un illustre interprète des Muses : qui voit-on le reconduire, le visiter, lui faire cortège ? Si son ami, si son parent, si lui-même se trouve engagé dans quelque affaire, c'est à Sécundus qu'il recourra, ou bien à vous, Maternus, et ce ne sera pas en votre qualité de poète, ni afin que vous fassiez des vers pour lui ; les vers naissent d'eux-mêmes sous la plume de Bassus, et des vers assurément pleins de charme et d'intérêt : toutefois, quel en est le destin ? Lorsque durant une année entière il a travaillé tous les jours et une grande partie des nuits à polir et repolir un seul livre, il faut qu'il se mette à solliciter et mendier des auditeurs qui veuillent bien l'entendre. Encore ne lira-t-il pas sans qu'il lui en coûte : il emprunte une maison, fait arranger une salle, loue des banquettes, distribue des annonces. Et sa lecture fût-elle couronnée du plus brillant succès, cette gloire d'un jour, ainsi qu'une moisson coupée en herbe ou séchée dans sa fleur, ne porte aucun fruit solide ni durable ; le poète ne gagne à ce triomphe ni un ami, ni un client, ni aucun droit aux souvenirs d'une âme reconnaissante ; mais des acclamations vagues, de stériles applaudissements, une joie qui s'envole. Nous avons loué naguère, comme un rare et admirable exemple, la générosité de Vespasien donnant à Bassus cinq cent mille sesterces. Il est beau sans doute de mériter par son talent les grâces de l'empereur ; mais combien il est plus beau de pouvoir, dans le besoin, recourir à soi-même, se rendre son génie propice, faire l'essai de sa propre munificence ! Ajoutez que les poètes, s'ils veulent produire une œuvre digne qu'on la regarde, doivent renoncer aux douceurs de l'amitié et aux agréments de Rome, se soustraire à tous les devoirs de la vie, et, comme ils le disent eux-mêmes, s'enfoncer dans le silence religieux des bois, c'est-à-dire se condamner à la solitude. »
Les enjeux :
Cette problématique offre l'opportunité de comparer et de contraster les perspectives de Tacite, représentant l'Antiquité romaine, et de Marc Fumaroli, représentant la Renaissance européenne.
« Mais les vers, auxquels Maternus veut consacrer sa vie entière (car c'est là ce qui a donné lieu à tout ce discours), les vers ne mènent leurs auteurs ni aux distinctions ni à la fortune. Le plaisir d'un instant, des louanges vaines et infructueuses, voilà tout ce qu'ils procurent. Ce que je dis, Maternus, et ce que je vais dire encore, effarouchera peut-être vos oreilles : à quoi sert-il qu'Agamemnon ou Jason s'expriment chez vous avec talent ? quel client défendu par-là retourne chez lui votre obligé ? Notre ami Saléius est un grand poète, ou, si ce titre est plus honorable, c'est un illustre interprète des Muses : qui voit-on le reconduire, le visiter, lui faire cortège ? Si son ami, si son parent, si lui-même se trouve engagé dans quelque affaire, c'est à Sécundus qu'il recourra, ou bien à vous, Maternus, et ce ne sera pas en votre qualité de poète, ni afin que vous fassiez des vers pour lui ; les vers naissent d'eux-mêmes sous la plume de Bassus, et des vers assurément pleins de charme et d'intérêt : toutefois, quel en est le destin ? Lorsque durant une année entière il a travaillé tous les jours et une grande partie des nuits à polir et repolir un seul livre, il faut qu'il se mette à solliciter et mendier des auditeurs qui veuillent bien l'entendre. Encore ne lira-t-il pas sans qu'il lui en coûte : il emprunte une maison, fait arranger une salle, loue des banquettes, distribue des annonces. Et sa lecture fût-elle couronnée du plus brillant succès, cette gloire d'un jour, ainsi qu'une moisson coupée en herbe ou séchée dans sa fleur, ne porte aucun fruit solide ni durable ; le poète ne gagne à ce triomphe ni un ami, ni un client, ni aucun droit aux souvenirs d'une âme reconnaissante ; mais des acclamations vagues, de stériles applaudissements, une joie qui s'envole. Nous avons loué naguère, comme un rare et admirable exemple, la générosité de Vespasien donnant à Bassus cinq cent mille sesterces. Il est beau sans doute de mériter par son talent les grâces de l'empereur ; mais combien il est plus beau de pouvoir, dans le besoin, recourir à soi-même, se rendre son génie propice, faire l'essai de sa propre munificence ! Ajoutez que les poètes, s'ils veulent produire une œuvre digne qu'on la regarde, doivent renoncer aux douceurs de l'amitié et aux agréments de Rome, se soustraire à tous les devoirs de la vie, et, comme ils le disent eux-mêmes, s'enfoncer dans le silence religieux des bois, c'est-à-dire se condamner à la solitude. »