Want to create interactive content? It’s easy in Genially!

Get started free

LA PAROLE : POUVOIR ET DERIVES

Marie-Victoria André

Created on October 16, 2023

Start designing with a free template

Discover more than 1500 professional designs like these:

Corporate Christmas Presentation

Snow Presentation

Winter Presentation

Hanukkah Presentation

Vintage Photo Album

Nature Presentation

Halloween Presentation

Transcript

PORTFOLIO SUR

LA PAROLE

LES POUVOIRS ET DERIVES DE LA PAROLE

SOMMAIRE :

Auteurs

Confrontation

Conclusion

Oeuvres

Ouverture

Analyse

En quoi les œuvres de Tacite et de Marc Fumaroli révèlent-elles de l'évolution de l'art de la rhétorique et de l'éloquence dans l'oration, à différentes époques de l'Histoire ?"

Problématique du portfolio

Portrait de Tacite

Les enjeux

Ferdinand de Saussure

La parole

La parole est propre à chaque individu et est essentielle à la communication.

presentation des

AUTEURS

Et contexte historique

« C'est une erreur de la méchanceté humaine de louer toujours le passé et de dédaigner le présent. ».

Publius

Tacitus

L'académicien

"La liberté elle-même est un luxe très rare et qui se mérite. Peu de régimes sur terre ont laissé ce luxe à leurs citoyens."

Marc Fumaroli

presentation des

Oeuvres litteraires choisies

Antique et moderne

Une dédicace

Rome

Le dialogue des Orateurs

Rhétorique et éloquence

Cicéron

Recherche académique

Renaissance

L'age de l'éloquence : rhétorique et res literaria de la Renaissance au seuil de l'époque classique

Rhétorique et éloquece

France

la chronologie

Naissance et création des oeuvres

Naissance de Fumaroli

Naissance de Tacite

102

1980

1932

56

Ecriture de son oeuvre

Ecriture de son oeuvre

Analyses des

Oeuvres litteraires choisies

antique et contemporaine

« Nam carmina et versus, quibus totam vitam Maternus insumere optât (inde enim omnis fluxit oratio), nequo dignitatem ullam auctoribus suis conciliant neque utilitates alunt; voluptatem autem brevem, laudem inanem et infructuosam consequuntur. Licet hoec ipsa et quoe deinceps dicturus sum aures tua', Materne, respuant. cui bono est, si apud te Agamemnon aut Jason diserte loquilur? Quis ideo domum defensus et libi obligatus redit? Quis Saleium nostrum, egregium poetam vel, si hoc honorificentius est, prceclarissimum vatem, deducit aut salutat aut prosequi tur? Nempe si amicus ejus, si propinquus, si denique ipse in aliquod negotium incident, ad hune Secundum recurret aut ad te, Materne, non quia poeta es, neque ut pro eo versus facias; hi enim Basso domi hascuntur, pulchri quidem et jucundi, quorum tamen hic exitus, ut cum tolo anno, per omnes dies, magna noctium parte unum librum excudit et elucubravit, rogare ultro et ambire cogatur, ut sint qui dignentur audire, et ne id quidem gratis; nam et domum mutuatur et auditorium exstruit et subsellia conducit et libellos dispergit. Et, ut beatissimus recitationem ejus éveil tus prosequatur, omnis illa laus intra unum aut alterum diem, velut in herba vel flore proecepta, ad nullam certam et solidam pervenit frugem, nec aut amicitiam inde refert aut clientelam aut mansurum in animo cujusquam beneficium, sed clamorem vagum et voces inanes et gaudium volucre. Laudavimus nuper ut miram et eximiam Vespasiani liberalilatem, quod c[uingenta sesterlia Basso donasset. Pulchrum id quidem, indulgentiam principis ingenio mereri : quanto tamen pulchrius, si ita res familiaris exigat, se ipsum colère, suum genium propitiare, suam experiri liberalitatem! Adjice quod poetis, si modo dignum aliquid elaborare et efficere velinl, relinquenda conversatio amicorum et jucunditas urbis, deserenda cetera officia utque ipsi dicunt, in nemora et lucos, id est in solitudinem, secedendum est. »

Le dialogue des Orateurs, IX

« Nam carmina et versus, quibus totam vitam Maternus insumere optât (inde enim omnis fluxit oratio), nequo dignitatem ullam auctoribus suis conciliant neque utilitates alunt; voluptatem autem brevem, laudem inanem et infructuosam consequuntur. Licet hoec ipsa et quoe deinceps dicturus sum aures tua', Materne, respuant. cui bono est, si apud te Agamemnon aut Jason diserte loquilur? Quis ideo domum defensus et libi obligatus redit? Quis Saleium nostrum, egregium poetam vel, si hoc honorificentius est, prceclarissimum vatem, deducit aut salutat aut prosequi tur? Nempe si amicus ejus, si propinquus, si denique ipse in aliquod negotium incident, ad hune Secundum recurret aut ad te, Materne, non quia poeta es, neque ut pro eo versus facias; hi enim Basso domi hascuntur, pulchri quidem et jucundi, quorum tamen hic exitus, ut cum tolo anno, per omnes dies, magna noctium parte unum librum excudit et elucubravit, rogare ultro et ambire cogatur, ut sint qui dignentur audire, et ne id quidem gratis; nam et domum mutuatur et auditorium exstruit et subsellia conducit et libellos dispergit. Et, ut beatissimus recitationem ejus éveil tus prosequatur, omnis illa laus intra unum aut alterum diem, velut in herba vel flore proecepta, ad nullam certam et solidam pervenit frugem, nec aut amicitiam inde refert aut clientelam aut mansurum in animo cujusquam beneficium, sed clamorem vagum et voces inanes et gaudium volucre. Laudavimus nuper ut miram et eximiam Vespasiani liberalilatem, quod cuingenta sesterlia Basso donasset. Pulchrum id quidem, indulgentiam principis ingenio mereri : quanto tamen pulchrius, si ita res familiaris exigat, se ipsum colère, suum genium propitiare, suam experiri liberalitatem! Adjice quod poetis, si modo dignum aliquid elaborare et efficere velinl, relinquenda conversatio amicorum et jucunditas urbis, deserenda cetera officia utque ipsi dicunt, in nemora et lucos, id est in solitudinem, secedendum est. »

« De tout les aspects de la culture oratoire antique, c’est à coup sûre la doctrine du sublime qui est la plus proche de ce que nous entendons par “littérature” : une sorte de salut esthétique dans et par le discours. Car il s’agit moins d’obtenir, comme dans l’éloquence judiciaire ou civique, un effet immédiat et pratique, que de faire naître une résonnance à long terme, d’une nature toute intérieure, à la fois esthétique et spirituelle. Voilée par l’ironie chez Horace, déployée dans le vaste champ élégiaque et épique par Virgile, la doctrine du sublime avait été utilisée par Sénèque aux fins de la conversion philosophique. Elle retrouve dans le Dialogue des Orateurs son sens de justification de l’art et de la beauté, médiateurs entre la philosophie et la Cité. Mais elle ne la retrouve pas pour constater et célèbre la “plénitude des temps”, comme chez Virgile : l’Origine ne se réactualise plus ailleurs que dans l’âme de l’écrivain et dans celle de son lecteur, tous deux en exil : l’art de Tacite vise à rendre plus pénétrant et plus universel le contraste implicite et allusif entre la déchéance des temps qu’il décrit et la splendeur de l’Age d’or qui s’éloigne entre la grandeur solitaire des âmes fidèles et le reniement des autres. [...] Elle [l’histoire] est chargée par Tacite d’une magistrature morale et religieuse qui, par le détour de l’art, supplée sans l’offenser la magistrature politique du Prince, toujours tenté de trahir le devoir que lui avaient fixé August et Virgile : celui de résumer en sa personne et son action la vertu romaine désertée par le peuple romain. Dans un style qui condence les prestiges de la prose oratoire et ceux de la poésie romaines, l’histoire selon Tacite tend à la Ville déchue et à ses Princes à la fois un miroir et un piège, leçon pour eux si possible, témoignage en tout cas pour une élite de grandes âmes et pour le plus lointain avenir. Seul saint Augustin, dans la Cité de Dieu, portera sur l’histoire romaine un regard plus détaché encore, et exercera sur son lecteur un effet aussi “sublime” »

L'age de l'éloquence, chapitre premier : Le "ciel des idées" rhétorique

« De tout les aspects de la culture oratoire antique, c’est à coup sûre la doctrine du sublime qui est la plus proche de ce que nous entendons par “littérature” : une sorte de salut esthétique dans et par le discours. Car il s’agit moins d’obtenir, comme dans l’éloquence judiciaire ou civique, un effet immédiat et pratique, que de faire naître une résonnance à long terme, d’une nature toute intérieure, à la fois esthétique et spirituelle. Voilée par l’ironie chez Horace, déployée dans le vaste champ élégiaque et épique par Virgile, la doctrine du sublime avait été utilisée par Sénèque aux fins de la conversion philosophique. Elle retrouve dans le Dialogue des Orateurs son sens de justification de l’art et de la beauté, médiateurs entre la philosophie et la Cité. Mais elle ne la retrouve pas pour constater et célèbre la “plénitude des temps”, comme chez Virgile : l’Origine ne se réactualise plus ailleurs que dans l’âme de l’écrivain et dans celle de son lecteur, tous deux en exil : l’art de Tacite vise à rendre plus pénétrant et plus universel le contraste implicite et allusif entre la déchéance des temps qu’il décrit et la splendeur de l’Age d’or qui s’éloigne entre la grandeur solitaire des âmes fidèles et le reniement des autres. [...] Elle [l’histoire] est chargée par Tacite d’une magistrature morale et religieuse qui, par le détour de l’art, supplée sans l’offenser la magistrature politique du Prince, toujours tenté de trahir le devoir que lui avaient fixé August et Virgile : celui de résumer en sa personne et son action la vertu romaine désertée par le peuple romain. Dans un style qui condence les prestiges de la prose oratoire et ceux de la poésie romaines, l’histoire selon Tacite tend à la Ville déchue et à ses Princes à la fois un miroir et un piège, leçon pour eux si possible, témoignage en tout cas pour une élite de grandes âmes et pour le plus lointain avenir. Seul saint Augustin, dans la Cité de Dieu, portera sur l’histoire romaine un regard plus détaché encore, et exercera sur son lecteur un effet aussi “sublime” »

Confrontations des

Oeuvres litteraires choisies

Et introduction à une conclusion

LES CONCORDENCES ET DIVERGENCES DES OEUVRES

Confrontation des oeuvres littéraires

Moderne

Antique

“La parole a été donnée à l’homme pour déguiser sa pensée.”

- De Talleyrand

conclusion

Démosthène

Orateur athénien

Ouverture personelle

"Quel est l'impact de la présence de tabous dans l'oration sur l'évolution de l'éloquence et de la rhétorique?"

The KING'S

SPEECH

La cité internationale de la francophonie

Inauguré le 30/10/2023 au chateau de Villers-Cotterêts

Villers-Cotterêts

La cité internationale de la francophonie

Inauguré le 30/10/2023 au chateau de Villers-Cotterêts

Son impressionante verière

La cité internationale de la francophonie

Inauguré le 30/10/2023 au chateau de Villers-Cotterêts

Ses joyaux de la renaissance

La francophonie en chiffres

05

Langue mondiale après l’anglais, le mandarin, l’hindi et l’espagnol

29

Langue officielle dans 29 pays et 3 gouvernement

112

La présence de francophone sur les 112 territoires

Léopold

321

Sédar Senghor

321 millions de personnes sont capables de s’exprimer en français

Tout refus de communiquer est une tentative de communication ; tout geste d'indifférence ou d'hostilité est appel déguisé.

Albert Camus

Double ouverture personelle

MERCIDE VOTRE écoute

« Mais les vers, auxquels Maternus veut consacrer sa vie entière (car c'est là ce qui a donné lieu à tout ce discours), les vers ne mènent leurs auteurs ni aux distinctions ni à la fortune. Le plaisir d'un instant, des louanges vaines et infructueuses, voilà tout ce qu'ils procurent. Ce que je dis, Maternus, et ce que je vais dire encore, effarouchera peut-être vos oreilles : à quoi sert-il qu'Agamemnon ou Jason s'expriment chez vous avec talent ? quel client défendu par-là retourne chez lui votre obligé ? Notre ami Saléius est un grand poète, ou, si ce titre est plus honorable, c'est un illustre interprète des Muses : qui voit-on le reconduire, le visiter, lui faire cortège ? Si son ami, si son parent, si lui-même se trouve engagé dans quelque affaire, c'est à Sécundus qu'il recourra, ou bien à vous, Maternus, et ce ne sera pas en votre qualité de poète, ni afin que vous fassiez des vers pour lui ; les vers naissent d'eux-mêmes sous la plume de Bassus, et des vers assurément pleins de charme et d'intérêt : toutefois, quel en est le destin ? Lorsque durant une année entière il a travaillé tous les jours et une grande partie des nuits à polir et repolir un seul livre, il faut qu'il se mette à solliciter et mendier des auditeurs qui veuillent bien l'entendre. Encore ne lira-t-il pas sans qu'il lui en coûte : il emprunte une maison, fait arranger une salle, loue des banquettes, distribue des annonces. Et sa lecture fût-elle couronnée du plus brillant succès, cette gloire d'un jour, ainsi qu'une moisson coupée en herbe ou séchée dans sa fleur, ne porte aucun fruit solide ni durable ; le poète ne gagne à ce triomphe ni un ami, ni un client, ni aucun droit aux souvenirs d'une âme reconnaissante ; mais des acclamations vagues, de stériles applaudissements, une joie qui s'envole. Nous avons loué naguère, comme un rare et admirable exemple, la générosité de Vespasien donnant à Bassus cinq cent mille sesterces. Il est beau sans doute de mériter par son talent les grâces de l'empereur ; mais combien il est plus beau de pouvoir, dans le besoin, recourir à soi-même, se rendre son génie propice, faire l'essai de sa propre munificence ! Ajoutez que les poètes, s'ils veulent produire une œuvre digne qu'on la regarde, doivent renoncer aux douceurs de l'amitié et aux agréments de Rome, se soustraire à tous les devoirs de la vie, et, comme ils le disent eux-mêmes, s'enfoncer dans le silence religieux des bois, c'est-à-dire se condamner à la solitude. »

Les enjeux :

Cette problématique offre l'opportunité de comparer et de contraster les perspectives de Tacite, représentant l'Antiquité romaine, et de Marc Fumaroli, représentant la Renaissance européenne.

« Mais les vers, auxquels Maternus veut consacrer sa vie entière (car c'est là ce qui a donné lieu à tout ce discours), les vers ne mènent leurs auteurs ni aux distinctions ni à la fortune. Le plaisir d'un instant, des louanges vaines et infructueuses, voilà tout ce qu'ils procurent. Ce que je dis, Maternus, et ce que je vais dire encore, effarouchera peut-être vos oreilles : à quoi sert-il qu'Agamemnon ou Jason s'expriment chez vous avec talent ? quel client défendu par-là retourne chez lui votre obligé ? Notre ami Saléius est un grand poète, ou, si ce titre est plus honorable, c'est un illustre interprète des Muses : qui voit-on le reconduire, le visiter, lui faire cortège ? Si son ami, si son parent, si lui-même se trouve engagé dans quelque affaire, c'est à Sécundus qu'il recourra, ou bien à vous, Maternus, et ce ne sera pas en votre qualité de poète, ni afin que vous fassiez des vers pour lui ; les vers naissent d'eux-mêmes sous la plume de Bassus, et des vers assurément pleins de charme et d'intérêt : toutefois, quel en est le destin ? Lorsque durant une année entière il a travaillé tous les jours et une grande partie des nuits à polir et repolir un seul livre, il faut qu'il se mette à solliciter et mendier des auditeurs qui veuillent bien l'entendre. Encore ne lira-t-il pas sans qu'il lui en coûte : il emprunte une maison, fait arranger une salle, loue des banquettes, distribue des annonces. Et sa lecture fût-elle couronnée du plus brillant succès, cette gloire d'un jour, ainsi qu'une moisson coupée en herbe ou séchée dans sa fleur, ne porte aucun fruit solide ni durable ; le poète ne gagne à ce triomphe ni un ami, ni un client, ni aucun droit aux souvenirs d'une âme reconnaissante ; mais des acclamations vagues, de stériles applaudissements, une joie qui s'envole. Nous avons loué naguère, comme un rare et admirable exemple, la générosité de Vespasien donnant à Bassus cinq cent mille sesterces. Il est beau sans doute de mériter par son talent les grâces de l'empereur ; mais combien il est plus beau de pouvoir, dans le besoin, recourir à soi-même, se rendre son génie propice, faire l'essai de sa propre munificence ! Ajoutez que les poètes, s'ils veulent produire une œuvre digne qu'on la regarde, doivent renoncer aux douceurs de l'amitié et aux agréments de Rome, se soustraire à tous les devoirs de la vie, et, comme ils le disent eux-mêmes, s'enfoncer dans le silence religieux des bois, c'est-à-dire se condamner à la solitude. »