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anne.andreucci

Created on October 10, 2023

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Transcript

Préparer la rencontre avec l'écrivaine

Rachel Corenblit

Un peu plus près des étoiles

Mon père m’avait prévenu : « Si tu rencontres les patients d’ici, tu ne fais pas de commentaires, tu réagis le plus poliment possible. Tu risques d’être surpris, mais surtout tu es diplomate, tu ne montres rien à ces pauvres gens. Ils ont déjà tellement souffert. Tu vas en croiser pas mal, ici, des abîmés, des malheureux, et il y a même un secteur pour les enfants et les ados. Je compte sur toi pour rester maître de tes réactions. »

Résumé : Rémi, 15 ans, est contraint de suivre son père, médecin remplaçant, dans le Jura, où il a accepté un poste au sein d’un centre de repos pour les patients ayant subi de la chirurgie réparatrice. Pourtant solitaire de nature, Rémi va se lier à une bande d’enfants et d’ados affreusement défigurés qui sont soignés là-bas. Il y a Sara, une fille de son âge, qui n’a pas la langue dans sa poche et asticote Rémi, surnommé Machin ou Le Blaireau. Il y a Adonis qui était autrefois beau comme un dieu. Et encore Maxime, Pascal, Zoé, Millie et Clotilde. Surmontant ses a priori, ses peurs, ses lâchetés, Rémi va faire les plus belles rencontres de sa vie, être confronté à la mort, l’amour, la maladie, l’espoir…

Extrait page 8

C’est ça, le malheur. C’est d’y croire encore même quand on sait que c’est foutu.

Corenblit, Rachel. Un peu plus près des étoiles. Bayard, 2019, 248 p. ISBN 9791036305719..

Extrait page 39

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Un peu plus près des étoiles

Je n’avais pas forcément envie de franchir le pas de la porte.Je n’avais pas forcément envie de me retrouver cerné par tous ces monstres.L’humanitaire, ce n’était pas ma vocation.

Extrait page 59

Je crois que j’ai maudit mon père. J’ai maudit son instabilité. Son incapacité à se fixer. A toujours vouloir aller voir ailleurs si c’est mieux. A ne pas me considérer autrement que comme une valise qu’on peut déplacer d’un endroit à l’autre.Je n’aime pas l’aventure. Au contraire, moi, j’aimerais avoir une vie tranquille, où tout est prévu d’avance, sans surprise.Une vie sereine.

Extrait page 20

Corenblit, Rachel. Un peu plus près des étoiles. Bayard, 2019, 248 p. ISBN 9791036305719.

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Un peu plus près des étoiles

Corenblit, Rachel. Un peu plus près des étoiles. Bayard, 2019, 248 p. ISBN 9791036305719.

Raphaële Frier : Tu m’as arraché des larmes plusieurs fois avec tes romans. Est-ce que pour toi, l’émotion fait partie des moteurs d’écriture ?Rachel Corenblit : Je suis ravie (dois-je l’avouer ?) de t’avoir arraché ces larmes-là. (Non, je ne suis pas sadique !) J’adore pleurer en lisant un livre ! Pleurer sur un sort qui n’est pas le sien, quel bonheur !… (…) On sent que les mots sont justes : quand il y en a trop, c’est kitsch (schmaltz dirait ma mère) quand il n’y en a pas assez, c’est sec… Écrire un texte juste, cela demande une précision d’orfèvre ou d’alchimiste.

Savez-vous à l’avance comment va se terminer votre histoire ?En général, je n’ai aucune idée de la fin de mon histoire. Je me pose parfois la question, en cours d’écriture, cela m’apparait mais c’est une fin floutée. Ce qui n’est pas désagréable, être étonnée par la tournure des destinées de ses personnages. Combien de fois j’ai été surprise par la mort ou au contraire la survie de quelqu’un que je croyais condamné… Qui sont vos premier.ères lecteur.rices ?Mon tout premier lecteur est mon mari. Il se montre impitoyable…

Gabriel- La mare aux mots. Du berger à la bergère : de Raphaële Frier à Rachel Corenblit. La mare aux mots (en ligne), le 26/08/2020 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://lamareauxmots.com/du-berger-a-la-bergere-de-raphaele-frier-a-rachel-corenblit/

Gabriel- La mare aux mots. L’interview du mercredi : Rachel Corenblit. La mare aux mots (en ligne), le 13/04/2022 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://lamareauxmots.com/les-invite%C2%B7es-du-mercredi-rachel-corenblit-et-alice-durand/

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La plus belle de toutes

Résumé : La plus belle de toutes est une émission de téléréalité, présentée par Edmond, un animateur adoré du public. Le principe, bien connu, consiste à enfermer, sous l’œil avide des caméras, pendant une semaine entière, six jeunes filles aux caractères très différents. Parmi les candidates de cette deuxième saison qui débute, il y a Eloane, un peu prétentieuse, désignée comme « La Princesse ». Elle n’a accepté de participer à l’émission que pour faire plaisir à sa mère, ancienne Miss France, et pour attirer l’attention de son père qui a refait sa vie avec une autre femme. Il y a Shannon, une jolie blonde de Marseille, qui joue à la cruche et met en avant son physique avantageux, alors qu’en fait elle est très intelligente et a étudié avec son père la meilleure stratégie à adopter pour une victoire qui les sortirait de leur misère. Il y a Barbara, la discrète et sensible jeune fille à la peau noire, adoptée, qui s’est inscrite afin que la production mette tout en œuvre pour retrouver sa mère biologique. Il y a Juliette, qui s’appelle en réalité Djamila. Il y a Sacha, la rigolote, qui se fait piéger par la production dans une fausse histoire d’amour avec Luis, un assistant. Il y a Kamélia, la photogénique, qui souffre de troubles du comportement alimentaire. Leur nounou c’est Charlotte surnommée Chocolatine. Mais sa vraie mission c’est de monter les filles les unes contre les autres, de les pousser au clash. Petit à petit, et contre toute attente, une amitié réelle se noue entre les filles qui vont déjouer les plans de la production. Jusqu’à une finale mémorable, à laquelle participe Natacha, la gagnante de la première saison.

Corenblit, Rachel. La plus belle de toutes. Rouergue, 2018, 222 p. ISBN 9782812615870.

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La plus belle de toutes

Corenblit, Rachel. La plus belle de toutes. Rouergue, 2018, 222 p. ISBN 9782812615870.

Les trois membres du jury m’ont invitée, très solennellement, comme si c’était une faveur qu’ils m’accordaient, à participer au grand show. Justinia a précisé que je devrais faire mes preuves. Avec un sourire de sorcière. Ses dents sont refaites. Ses seins sont refaits. Ses pommettes sont en plastique. Son humanité a fondu. / Eloane

Extrait pages 33-34

Comme quoi, les zouzous, une bonne claque pour remettre les idées en place, parfois, c’est utile. Et allez, je vois les twittos s’affoler. Hashtag : Ma main dans ta gueule. Mais non, je rigole, les minous, c’est pas sérieux ! On va pas en faire une polémique. C’est pour se marrer, faut pas l’oublier. On vous a préparé de l’éclate, de l’épate, du fun, du costaud, du plaisir, de quoi vous exploser les yeux, mes canards, de quoi vous rendre dingues accro à l’amission. Les filles de cette année, c’est de la balle. C’est de la dynamite. / Edmond

Extrait page 12

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Extrait page 8

La plus belle de toutes

Corenblit, Rachel. La plus belle de toutes. Rouergue, 2018, 222 p. ISBN 9782812615870.

Je sais faire ce que je veux des gamines. Je sais comment elles fonctionnent. Je sais sur quelles ficelles tirer pour obtenir d’elles ce que la prod attend. Je sais comment les manipuler, les faire changer d’avis, les influencer, les guider, les mener par le bout du nez. Je sais trouver les mots pour les embrouiller. Je sais mentir. Je sais les culpabiliser. Je sais les faire sourire. Je sais leur faire gober n’importe quoi. Ce qu’Edmond veut. Ce que l’émission veut. Ce que le public veut. / Chocolatine

Extrait pages 45/46

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Extrait page 8

La plus belle de toutes

Corenblit, Rachel. La plus belle de toutes. Rouergue, 2018, 222 p. ISBN 9782812615870.

Les Attachants L’histoire. Ryan, Michel, Dimitri, Molly, Karima… sont élèves en classe de CM2 à l’école des Acacias, située dans un quartier défavorisé de la banlieue toulousaine. « Les attachiants » comme les nomme avec tendresse Emma, leur toute jeune instit, sont autant de destinées, de parcours de vie, dramatiques parfois, qui font le quotidien d’une classe. Elle s’attache notamment à Ryan, un garçon dont on va progressivement découvrir la maltraitance. Bio express. Rachel Corenblit est professeure de français dans un collège de la région toulousaine. Auteure d’une vingtaine de livres jeunesse, elle a écrit deux romans pour adultes, dont Les Attachants. La plus belle de toutes, son nouveau roman jeunesse, sortira aux éditions du Rouergue en avril prochain. Il y est question de télé-réalité. Comment sont nés Les Attachants ? C’est un livre qui m’est cher. Il a couru sur dix ans. J’étais encore instit dans une école très mixte socialement. J’ai été confrontée à un cas comme celui de Ryan que je décris dans le livre. Et je suis passée à côté. Ce n’est pas de la culpabilité, mais ça vous rend malheureux ; c’est une forme d’échec. Durant dix ans, je me suis demandé comment parler de cette histoire sans pathos, le plus simplement possible. J’ai donc laissé mûrir l’idée. Les Attachants sont nés ainsi. Je voulais juste raconter une histoire vraie, au sens de plausible. Professeure des écoles est-il toujours le plus beau métier du monde ?Oui assurément avec celui d’écrivain. Dans les deux cas, il est question de transcendance, même si la matière diverge. Lorsque j’écris, je transcende la vie, l’histoire, la pénibilité du quotidien, etc. En classe, l’acte d’apprendre se transforme en plaisir d’apprendre. Des liens se créent. Puis des années après, lorsque l’on croise nos anciens élèves devenus adultes et qu’ils nous saluent d’un « bonjour maîtresse », c’est toujours émouvant. Voilà nos graines qui ont grandi. Qu’est-ce qui vous a poussée vers l’écriture ?L’écriture, comme l’enseignement, est un acte d’amour. De confiance aussi. Tu vas chercher l’autre ; un autre à qui tu fais confiance et qui te fais confiance. C’est formidable : il y a quelqu’un, cet autre, qui va m’entendre, me comprendre et peut-être m’aimer. J’aime parler avec les gens : ils ont toujours plein d’histoires à raconter. Ce sont eux qui me nourrissent. Quels sont vos thèmes favoris ?La résilience, cette capacité de se reconstruire malgré les échecs et les drames, pour devenir plus fort. Rien n’est foutu d’avance !

Vitu, Marie-Line. Rachel Corenblit : « L’enseignement est un acte d’amour ». Le journal des activités sociales de l’énergie (en ligne), le 02/05/2018 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://journal.ccas.fr/rachel-corenblit-lenseignement-est-un-acte-damour/

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Extrait page 8

Que du bonheur !

Résumé : Angela Milhat, 15 ans, ne gardera pas un bon souvenir de son année de seconde. Le premier jour de classe, elle se casse le nez ! Et ce n’est que le début des ennuis ! Antoine Falliéri, dont elle est secrètement amoureuse, ne la calcule pas, Lorna et ses copines la harcèlent, sa meilleure amie la trahit, ses parents divorcent, ses résultats scolaires à l’image de tout le reste sont désastreux et un redoublement est envisagé, ses vacances d’été débutent dans l’ennui le plus total chez son papi et se terminent dans un camping nul où sa mère l’a traînée, final en apothéose d’une année pourrie...

Tout est parti en cacahuète, cette année. En sucette, en vrille, en live. Le grand n’importe quoi, la fête aux catastrophes, l’enchaînement des événements les plus pourris que l’on puisse imaginer.Rien que pour moi.Le défilé des mauvaises nouvelles. La foire à l’embrouille. Le bal de la maudite où j’étais la seule à valser.

Extrait page 7

Corenblit, Rachel. Que du bonheur ! Rouergue, 2016, 121 p. ISBN 9782812610561.

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Que du bonheur !

Corenblit, Rachel. Que du bonheur ! Rouergue, 2016, 121 p. ISBN 9782812610561.

Lorna balance des vacheries comme une mitraillette crache ses balles. Par rafales, sans finesse, dans le tas. Dès que j’apparais dans leur champ de vision, elle et ses copines se mettent à pouffer et, sérieux, qui ne deviendrait pas parano ? Qui ne se mettrait pas à réfléchir avant de causer ? Qui ne se regarderait pas dans un miroir, pour détecter ce qui cloche, ce qui déclenche les rires ? Et j’ai beau me dire que ce sont des pouffes, des grosses pouffes, la crème des pouffes, le top ultime des pouffes, les pouffes suprêmes, les pouffissimes, à chaque fois, Lorna et sa troupe me ratatinent sur place. .

Un métier, moi ?! A la limite, danseuse, parce qu’on n’a pas besoin de faire de trop longues études, mais j’ai le gabarit d’un éléphant de mer. Ou vendeuse de kebabs à Saint-Tropez. C’est un super concept, ça. Dans un endroit aussi chic, on ne doit pas trouver trop de marchands de kebabs ! (…) Je pense que trouver un mari riche qui pourrait m’entretenir n’est pas une solution réaliste.

Extrait pages 63

Extrait pages 22-23

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Que du bonheur !

Corenblit, Rachel. Que du bonheur ! Rouergue, 2016, 121 p. ISBN 9782812610561.

«Pour être écrivain, il faut à la fois beaucoup de prétention et beaucoup d’humilité», commente l’autrice, «or il faut croire que cette dichotomie est en moi». Rachel Corenblit a l’endurance d’une coureuse de fond ou peut-être ne peut-elle tout simplement pas faire autrement ? Elle persévère, jusqu’à cet été de 2006 où enfin, tout va changer. Elle est alors enseignante et installée à Toulouse… mais profite de la pause estivale pour écrire son «roman de l’année». «En vacances en Provence, j’ai rédigé un texte en une vingtaine de jours seulement – mais j’écrivais du matin au soir». Bingo ! Le roman Shalom Salam maintenant fait revivre soixante ans d'histoire du Proche-Orient, de 1942 à 2006. Il n’a rien perdu de son actualité puisqu’il a été réédité dix ans après sa première parution. «Ce livre m’est très proche, en fait il raconte l’histoire de mon père et de ma mère», explique Rachel Corenblit. «C’est toujours délicat de parler d’Israël, je suis arrivée à sortir de la contextualisation historique en partant des personnages». Ce sont notamment Camille, d’origine juive et Chaïma, palestinienne, qui se retrouvent par hasard dans un hôpital toulousain et dont les destins familiaux sont liés. «L’histoire est à la fois vraie et romancée, puisque j’ai laissé mon imagination tricoter la réalité», explique Rachel Corenblit.

Petre, Dominique. Rachel Corenblit, romancière de la résilience. Ricochet (en ligne), le 06/05/2019 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://www.ricochet-jeunes.org/articles/rachel-corenblit-romanciere-de-la-resilience

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Encore plus de bonheur

Corenblit, Rachel. Encore plus de bonheur. Rouergue, 2017, 156 p. ISBN 9782812614828.

Résumé : Angela Milhat, 16 ans, redouble sa seconde. Mais, contrairement à l’année précédente, qui avait été calamiteuse, celle-ci débute sous les meilleurs auspices. Angela est parée d’une certaine aura. A tel point qu’elle est même élue déléguée de classe sans l’avoir recherché. Le seul hic, c’est que Félix Arthaud, qu’elle regarde comme un boulet absolu, est élu lui aussi et il est sans arrêt sur son chemin. L’éviter ne va pas être de tout repos ! Dans la famille d’Angela, il y a du changement aussi : son père devient vegan et sa mère se met en couple avec une femme …

Félix Arthaud est un boulet.C’est même l’illustration parfaite du boulet. Le gars, faudrait prendre sa photo et la faire circuler. Pratiquer une pédagogie de la prévention. Empêcher qu’il se reproduise. Définir un périmètre de sécurité autour de lui pour qu’il ne contamine personne.

Extrait page 34

Je réalise qu’entre être sauvée par un boulet et tomber devant le monde entier, c’est comme avoir le choix entre la peste et le choléra. On agonise de toute façon.

Extrait page 30

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Encore plus de bonheur

Corenblit, Rachel. Encore plus de bonheur. Rouergue, 2017, 156 p. ISBN 9782812614828.

Extrait page 90

Une poussée d’acné. Pas la petite. Pas la gentille qui permet de tracer un trait entre son enfance et son adolescence. (…)Ma mère me traite à forte dose d’Eau précieuse qu’elle applique sur un coton, avec sa dextérité d’infirmière. J’ai beau lui répéter que l’Eau précieuse n’a de précieux que son nom, qu’elle sent mauvais, que c’est digne du Moyen Age et qu’utiliser son urine serait aussi efficace – et plus écologique – elle s’obstine à m’acheter des litres de ce flacon que je boirai un jour si je veux en finir avec la vie.

Extrait page 69

Elle me demande quel est mon sport favori. La glande, je réponds la bouche pleine, en postillonnant partout sur la table et dans son assiette aussi.Faut pas me faire parler quand je mange.

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Encore plus de bonheur

Corenblit, Rachel. Encore plus de bonheur. Rouergue, 2017, 156 p. ISBN 9782812614828.

Extrait pages 106-107

La tradition, au lycée, c’est le bal des secondes (…) .Tout le monde se prépare.Pas moi.Je le dis haut et fort, les bals de fin d’année, je m’en fiche. Je n’en ai rien à cirer. Rien à péter. Rien de rien. (…)Du coup, quand les filles de la classe me demandent avec qui je viens à la soirée, je réponds n’importe quoi : avec le pape (facile), avec ton père (un peu agressif), avec ta sœur (pour la provoc), avec mon cul (ce qui est vrai), avec personne (ce qui est vrai aussi).

On la sent engagée et convaincue, l’enseignante qu’elle est a pris du temps sur ses vacances pour répondre à l’invitation d’un groupe de professeurs qui enseignent le français comme langue étrangère dans la région de Francfort. «Tout le plaisir est pour moi», assure Rachel Corenblit, qui essaie de s’organiser au moins un rendez-vous par mois avec des lectrices et lecteurs: «Ces rencontres sont essentielles, car ce n’est que quand on est lu que l’on devient véritablement écrivain», estime-t-elle.

Petre, Dominique. Rachel Corenblit, romancière de la résilience. Ricochet (en ligne), le 06/05/2019 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://www.ricochet-jeunes.org/articles/rachel-corenblit-romanciere-de-la-resilience

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Il choisit ses mots avec cette délicatesse de prof de philo qui sait la vie mieux que toi, qui va te l’expliquer et je pense que toute cette histoire, ce voyage, ce déménagement, cette vie qu’on va recommencer, c’est du pipeau.C’est n’importe quoi.C’est de la merde.La vie, on ne la recommence pas. On la poursuit. On l’achève.

Extrait pages 5-6

La mer sans le bleu

Corenblit, Rachel. La mer sans le bleu. Les Editions In8, 2023, 90 p. ISBN 9782494730076.

Résumé : Les parents d’Éléonore vivent une crise de couple et souhaitent se donner une seconde chance en « recommençant » leur vie en Guyane. Au grand désespoir d‘Éléonore et de Lucas, son petit frère, qui n’ont pas envie de quitter Toulouse. En Guyane, un ami du père s’occupe de tout pour l’arrivée de la famille. D’instinct Éléonore se méfie de cet Émile, dit Milou, trop mielleux, trop familier, trop intrusif. Lors d’une escapade en bateau sur une île paradisiaque, Émile entraîne Éléonore loin des autres, dans l’ancienne prison de cet îlot des Tropiques, et tente de la violer. Elvis, le jeune garçon employé sur le catamaran d’Emile, intervient. Qui les parents d’Éléonore vont-ils croire ? Leur fille et le jeune homme qui a volé à son secours ? Émile, à qui ils doivent tout dans leur nouvelle vie ?

C’est ça l’enfance.Croire que ses parents sont des héros. Je suppose que je suis vieille.

Extrait page 10

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La mer sans le bleu

Corenblit, Rachel. La mer sans le bleu. Les Editions In8, 2023, 90 p. ISBN 9782494730076.

Et quand Émile émerge enfin d’une immense bagnole, une sorte d’hybride entre un 4x4 et un paquebot, ma première impression confirme mon envie de fuir. (..)C’est une évidence, tout est calculé, ajusté, millimétré. Il est trop cool, trop heureux de nous voir.Ça sonne tellement faux. J’en reste scotchée, de constater que mes parents ne s’en aperçoivent pas.

Extrait page 14

La mer n’est pas bleue. Ce n’est pas une mer amicale et sereine qui t’accueille facilement, qui te laisse voir ses fonds, ses coraux, la richesse de sa vie aquatique. Non, ici, la mer est marron. Une couleur de méandre marécageux, de terre lourde qui ne peut se dissoudre dans l’eau. Les fleuves y crachent une boue qui a parcouru des kilomètres et des kilomètres à travers la jungle.

Extrait page 19

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La mer sans le bleu

Corenblit, Rachel. La mer sans le bleu. Les Editions In8, 2023, 90 p. ISBN 9782494730076.

La mer sans le bleu est né en Guyane. Nous étions plusieurs auteurs invités par la librairie Cas’A Bulles, à Cayenne. Une semaine fascinante à découvrir cet endroit du monde si différent. Cela parle, à hauteur d’adolescent, d’une histoire d’emprise et de violence. Je voulais que la tension monte, que l’on sente le danger et qu’il provienne de l’humain alors que la nature, en contrepoint, serait un lieu propice au repos. C’est un parallèle que j’ai travaillé, celui de l’homme agresseur et de la nature refuge. Je voulais retranscrire ma perception de la terre, là-bas, de cette violence et de cette paix que j’avais perçues. Le livre provient de ce paradoxe. J’ai deux sortes d’idées. Celles qui proviennent de loin, qui « levurent » et grandissent en moi, une « fermentation » naturelle en somme. Et celles qui sont comme des fulgurances, qui apparaissent d’un coup (on pourrait imaginer l’ampoule des dessins animés s’éclairant au-dessus du personnage). Le roman dont nous parlons fait partie des idées « subites ». (…) J’aime à penser qu’il y a une unité dans ce que j’écris, un lien qui serait de l’ordre de la trace. Laisser une trace, c’est raconter une histoire et donner une densité aux caractères. Les romans qui me marquent le plus sont ceux qui, lorsque je les termine, résonnent encore en moi. Je me pose des questions, je ne peux quitter les personnages. C’est ce que je tente d’écrire…

Gabriel- La mare aux mots. L’interview du mercredi : Rachel Corenblit. La mare aux mots (en ligne), le 13/04/2022 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://lamareauxmots.com/les-invite%C2%B7es-du-mercredi-rachel-corenblit-et-alice-durand/

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Le rire des baleines

Quand je dis à Etienne que j’ai une demi-sœur noire, il se marre. Mais moi, sa couleur, je m’en fiche. Elle pourrait être jaune ou violette. C’est juste qu’on ne se parle pas. On n’a rien à se dire.

Extrait page 14

Corenblit, Rachel. Le rire des baleines. Rouergue, 2011, 113 p. ISBN 9782812602559.

Résumé : Antoine, collégien, vit à Paris avec sa mère. Son père a refait sa vie dans le sud de la France, avec Hélène et Abigaïl, la fille de cette dernière. La mère d’Antoine craque, n’arrive plus faire face au quotidien alors, pas le choix pour l’ado, il est obligé d’aller vivre dans le Gard. La cohabitation avec sa « sœur » est tendue. Abigaïl ne calcule pas Antoine, le méprise, se réjouit de lui être supérieure en tout. Le garçon sympathise avec Bertrand Jaccard, le fils des voisins, un trentenaire à dreadlocks retourné vivre chez ses parents. Dans l’impasse où il habite désormais, il y a aussi Mme Yolande qui vit dans un vieux mas. Quand l’alerte rouge météo est lancée, les parents sont absents et les ados, Bertrand et la vieille dame, ne peuvent compter que sur eux –mêmes pour survivre à la tempête qui s’abat et à l’inondation qui engloutit peu à peu la rue. Antoine va prendre les choses en main...

Abigaël se tourne vers moi et je lis dans ses yeux le défilé des différentes morts qui nous guettent. Le feu, l’électrocution, l’hydrocution, la noyade. C’est cette dernière option que je visualise à mon tour.

Extrait page 59

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Le rire des baleines

Corenblit, Rachel. Le rire des baleines. Rouergue, 2011, 113 p. ISBN 9782812602559.

Raphaële Frier : Écrire prend beaucoup de place dans la vie. Comment t’y prends-tu pour concilier la vie (je sais que la tienne est bien pleine) et l’écriture ? Rachel Corenblit : Tu connais ce sentiment d’être pleine d’une histoire… Tu la portes un long moment, tu la laisses grandir en toi. Elle t’occupe, te préoccupe, prends de la place. Qu’est-ce que c’est agréable ! Et lourd aussi, parfois. Moi, quand cela m’arrive, je ne peux pas écrire tout de suite. Je suis en classe. Je fais cours. Toi aussi, tu as vécu un temps dans les classes, là où naissent pas mal d’histoires aussi. Puis je fais les courses, je cours. Les cours, la cour, les courses, courir, c’est ce que je vis. Alors le temps de l’écriture, c’est un temps à part, que je me réserve en délimitant des zones précises (les vacances écrivantes, c’est un concept que l’Éducation Nationale n’a pas labélisé).Pour répondre à ta question, je ne sais pas comment je m’y prends. Je fonce. Je fais. Je m’emberlificote parfois. Je ne renonce pas. Et j’en tire une grande joie, souvent.

On n’a que ça à faire. C’est notre principale activité. Se faire monter les larmes aux yeux et rire comme des baleines.

Extrait page 112

Gabriel- La mare aux mots. Du berger à la bergère : de Raphaële Frier à Rachel Corenblit. La mare aux mots (en ligne), le 26/08/2020 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://lamareauxmots.com/du-berger-a-la-bergere-de-raphaele-frier-a-rachel-corenblit/

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Sortir du placard

Combien de fois elle m’a répété que les filles qui boivent, il peut leur arriver des bricoles.C’est le mot moyenâgeux qu’elle emploie : « des bricoles ».Sous-entendu : tu bois, tu te fais violer.Tu bois, tu peux finir au fond d’une forêt, la gorge tranchée, la jupe relevée au niveau du nombril.C’est profondément injuste. Les garçons qui picolent ne risquent-ils pas aussi d’être agressés sexuellement ? Avoir le short descendu au niveau des testicules n’est pas une menace envisageable ?

Extrait page 7

Résumé : Début d’année scolaire. Rita, 17 ans, vit comme une révélation la remarque de Nathalie, une amie de sa mère, qui suggère que, peut-être, Rita n’aime pas les garçons. La jeune fille se confie à sa mère, à son père qui a refait sa vie, à son meilleur ami Dimitri. Lors d’une fête de famille du côté paternel, l’information, révélée brutalement par le père de Rita, fait l’effet d’une bombe. La grand-mère de Rita, Mamou, ne veut pas y croire, pense que c’est un effet de mode et que cela passera à sa petite-fille. Comment vont réagir les filles de la classe de Rita ? Et sa grand-mère maternelle, malade d’Alzheimer ? Rita trouvera-t-elle l’amour ? Connaîtra-t-elle sa première expérience homosexuelle ?

Corenblit, Rachel. Sortir du placard. Nathan, 2022, 56 p. ISBN 9782092494035.

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Extrait page 7

Sortir du placard

Corenblit, Rachel. Sortir du placard. Nathan, 2022, 56 p. ISBN 9782092494035.

Je n’étais sûre de rien. Mais ce que je savais, c’est que mon corps, mon cœur, mes tripes, tout ce qui me constituait, n’était pas attiré par le sexe opposé.Quant au sexe identique, c’était flou.

Extrait page 20

Dimitri. Mon ami d’enfance, le garçon qui pourrait être mon frère tellement on s’aime. Nous nous étions vite mis d’accord. Pas d’embrouille entre nous, pas de malentendu. Jamais on ne serait des amoureux. C’était rassurant de savoir qu’aucune ambiguïté ne gâcherait notre relation.

Extrait page 15

-C’est le mot. C’est moche, « gouine ». C’est vulgaire, c’est agressif. Tu pourrais pas dire autre chose ? Y a des tas de mots, tu vois. Ta voisine est homo. Ou gay. C’est moins dévalorisant. Dégradant, blessant. Lesbienne, c’est bien.-Tu es de la police des mots, à présent ? il a articulé avec ironie.

Extrait page 26

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Extrait page 7

Sortir du placard

Corenblit, Rachel. Sortir du placard. Nathan, 2022, 56 p. ISBN 9782092494035.

Le plat de tripes que nous nous passions était comme notre famille. Personne n’aimait ça mais, par politesse, on s’en servait une louche et on se forçait à en manger. Avec le sourire.

Extrait page 32

"J’essaie de laisser des interstices aux lectrices et aux lecteurs, de ne pas tout expliquer."

Petre, Dominique. Rachel Corenblit, romancière de la résilience. Ricochet (en ligne), le 06/05/2019 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://www.ricochet-jeunes.org/articles/rachel-corenblit-romanciere-de-la-resilience

Quelques mots sur les prochaines histoires que vous nous proposerez ?En avril chez Nathan, dans la collection Court toujours Sortir du placard. Cela parle d’identité, d’amitié, de famille. Surtout de famille. Je voulais parler du coming out, mêler la gravité à l’humour.

- C’est un effet de mode, Rita. Je l’ai lu dans un article que je te retrouverai. Les chanteuses, les actrices, s’affichent comme homosexuelles et c’est bien pour leur image. Ça plaît au public et les jeunes filles comme toi sont influencées. Ce phénomène est véhiculé par les médias, les réseaux sociaux. Mais ça ne durera pas.

Extrait page 37

Gabriel- La mare aux mots. L’interview du mercredi : Rachel Corenblit. La mare aux mots (en ligne), le 13/04/2022 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://lamareauxmots.com/les-invite%C2%B7es-du-mercredi-rachel-corenblit-et-alice-durand/

Le sujet est grave, mais le ton est à la comédie, les scènes vivement troussées, les dialogues pétillants. (…)Et ce petit livre mi-figue mi-raisin, joyeusement sérieux, emporté par la verve, la sensibilité, le regard affûté de Rachel Corenblit s’avère une jolie réussite.

Abescat, Michel. « Sortir du placard », pas facile quand on a des parents ! Télérama (en ligne), le 26/05/2022 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://www.telerama.fr/enfants/roman-pour-ados-sortir-du-placard-pas-facile-quand-on-a-des-parents-7010585.php

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Extrait page 7

Les potos d'abord

Corenblit, Rachel. Les potos d’abord. Nathan, 2020, 60 p. ISBN 9782092594254.

Dans mon cœur, il y a cette joie qui palpite. Tous les moustiques peuvent s’abreuver de mon sang, tous les cailloux peuvent se glisser sous moi, toutes les pâtes peuvent transiter de travers dans mes intestins, tous les enfants peuvent brailler à 2 heures du mat.Ihmed et moi, on est ensemble, et rien ne pourra gâcher nos vacances …

Extrait page 20

Résumé : Nathan et Ihmed se connaissent depuis la maternelle. Cet été, après avoir passé le bac de français, ils obtiennent de leurs parents l’autorisation de partir seuls en camping dans le Sud. Sauf que le camping est à trois kilomètres de la mer, que la plage est bondée, que le confort de la tente est plus que sommaire, que Romane et Roxane tournent autour d’Ihmed mais ne calculent pas Nathan, que celui-ci attrape un énorme coup de soleil ... Surtout Nathan est témoin à plusieurs occasions du racisme dont est victime Ihmed, mais il reste passif. Ihmed est repoussé et malmené par des videurs à l’entrée d’une boîte de nuit. Les deux garçons se disputent sur le chemin du retour. Leur amitié survivra-t-elle à ces vacances révélatrices de malaises entre les deux garçons ?

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Extrait page 7

Vu la dame qui nous récupère, on peut dire que BlaBlaCar porte bien son nom.A partir du moment où nous avons ouvert les portières et que nous nous sommes présentés, elle s’est mise à parler … Un flot ininterrompu. Pas de pause. Comme si on se prenait un tsunami de mots sur la tête. Aucune respiration possible.

Extrait pages 13-14

Les potos d'abord

Corenblit, Rachel. Les potos d’abord. Nathan, 2020, 60 p. ISBN 9782092594254.

Dans la douche, la température de l’eau varie en fonction d’un algorithme aléatoire que je ne maîtrise pas. Elle passe du froid polaire à l’extrêmement chaud en l’espace d’une seconde. Je me plaque contre le carrelage pour éviter d’être ébouillanté et je remarque la jolie collection de bestioles écrasées.

Extrait pages 22-23

La brioche industrielle, sans café, sans lait, sans jus d’orange, sans confiture, sans pain au chocolat, sans céréales, avec juste un peu d’eau pour faire passer, a un goût de vacances. Inutile de le dire à Ihmed, je constate qu’il partage mon sentiment.On est bien, en plein cagnard, posés à même le sol, avec un petit déj d’Ethiopien, à savourer ce début de journée.

Extrait page 22

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Extrait page 7

Les potos d'abord

Ihmed a eu 18 à l’écrit et 19 à l’oral. Il a tout explosé. C’était le meilleur. (…)Moi, au bac, je me suis contenté de la moyenne.Je ne suis pas aussi génial que mon poto.

Extrait pages 23-24

Je ne me compare pas à lui. Ce serait ridicule de vouloir se comparer. On est différents. Et amis. On ne se compare pas, entre potos. On s’accepte tels qu’on est.

Extrait page 37

Je ne fais pas le fier, j’ai une dégaine de mendiant, avec mon caleçon mouillé, mes guiboles toutes maigres, mon torse déplumé, et je suis presque soulagé de constater qu’elles ne me calculent absolument pas. (...) Ihmed trace sa route, la démarche altière, les épaules un peu surélevées, sans glisser dans les flaques d’eau disséminées un peu partout, pièges dressés sur son chemin pour le faire chuter. La classe incarnée.

Extrait pages 24-25

Elle va venir, la grosse explication. La grande engueulade. Celle dont on se souvient quand on est vieux, que le temps nous est passé dessus, les années. Que toute l’expérience de la vie nous a forgés. Celle qui permet de tester vraiment le sens de l’amitié. Celle à laquelle on résiste ou on succombe.

Extrait page 40

Corenblit, Rachel. Les potos d’abord. Nathan, 2020, 60 p. ISBN 9782092594254.

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Extrait page 7

Les potos d'abord

Corenblit, Rachel. Les potos d’abord. Nathan, 2020, 60 p. ISBN 9782092594254.

Née au Canada, l’autrice (« On peut le dire, même l’Académie française a dû s’y faire », sourit celle qui avoue préférer le terme d’écrivaine) a roulé sa bosse de Jérusalem à Toulouse en passant par Nice, Paris et Marseille. (…) Pour une autrice jeunesse française, Rachel Corenblit a un passé particulièrement international : née au Canada, elle a vécu en Israël jusqu’à l’âge de sept ans, l’hébreu est donc sa langue maternelle. « Pour moi, écrire c’était devenir française », explique celle qui est arrivée en France à l’âge où commence la scolarité obligatoire. Adolescente, elle participe à des concours d’écriture et consigne des histoires d’amour invraisemblables dans un «journal intime» qu’elle laisse traîner pour s’assurer d’avoir des lecteurs. « À l’internat, certains me regardaient d’un drôle d’air, preuve qu’ils l’avaient lu », se rappelle-t-elle aujourd’hui dans un éclat de rire. Elle fait ensuite des études de philosophie: « On passe son temps à lire, écrire et réfléchir, que demander de plus ? ». Même si elle écrit depuis toujours, l’écrivaine mettra du temps à percer: «J’ai rédigé chaque année un roman, pendant six ou sept ans, mais seulement pour essuyer des refus et provoquer des sous-entendus ironiques dans mon entourage», raconte Rachel Corenblit.

Petre, Dominique. Rachel Corenblit, romancière de la résilience. Ricochet (en ligne), le 06/05/2019 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://www.ricochet-jeunes.org/articles/rachel-corenblit-romanciere-de-la-resilience

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Extrait page 7

146298

Et comme je suis nulle, archinulle, grosse nulle, immense nulle, nulle qui sort des phrases moisies, je ferme les yeux quand elle applique le papier sur ma peau.Mon avant-bras.C’est là.

Extrait page 11

Corenblit, Rachel. 146298. Acte Sud Junior, 2015, 65 p. ISBN 9782330053758.

Résumé : En classe de troisième, en étudiant la Shoah en histoire-géographie, Elsa comprend subitement ce que signifient ces chiffres inscrits à l’encre noire sur la peau de sa grand-mère Claudia. Alors, elle la presse de tout lui raconter, la rafle, le convoi qui l’emmène à Auschwitz, les horreurs auxquelles elle survit, la marche de la mort, le retour en France. Profondément marquée, Elsa tente de vivre dans sa chair ce que sa grand-mère a vécu, la faim, la soif, le froid... Mais ce n’est pas pareil. Alors, comme sa grand-mère perd la mémoire à cause d’Alzheimer, Elsa se fait tatouer sur l’avant-bras le numéro de déportée de Claudia. Son petit ami Tarek l’accompagne et, alors que l’aiguille fait son oeuvre, Elsa cherche à donner un sens à chacun des six chiffres tatoués …

Sur ma peau, le nombre s’étale, comme s’il voulait prendre toute la place. Je pourrais renoncer. Mais je crois que je suis née avec. Oui, j’ai grandi avec. J’ai respiré avec, mangé avec, ri avec, embrassé Tarek avec. Ce que le tatouage va faire apparaître a toujours existé.C’est juste logique.

Extrait page 13

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Extrait page 7

146298

Corenblit, Rachel. 146298. Acte Sud Junior, 2015, 65 p. ISBN 9782330053758.

Elle a commencé par dire que c’était le passé. Que le passé, on le laissait dans un trou et qu’on le recouvrait de terre et que c’était inutile de vouloir le déterrer. Rien de bon ne sortait du chaos. Et son passé, c’en était un, de chaos, immense.L’apocalypse.

Extrait page 31

J’ai jamais été juive.Jamais. Mes parents n’en parlent pas, mon père est italien, ma mère est athée. Elle déteste les religieux, la religion, et elle affirme que Dieu, c’est comme le Coca, beaucoup de pub pour un truc qui contient beaucoup d’air.

Extrait page 47

Mon tatouage est terminé. Le nombre est encré. Ancré. 146298.Cent quarante-six mille deux cent quatre-vingt-dix-huit. Voilà le nom de la grand-mère. Et c’est le mien, à présent.

Extrait page 65

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Extrait page 7

146298

Corenblit, Rachel. 146298. Acte Sud Junior, 2015, 65 p. ISBN 9782330053758.

Ce n’est pas facile de vous parler de mon parcours… Pas à cause de sa complexité, non, mais plutôt parce que ce n’est pas évident de se raconter. Mes grands-parents paternels étaient des Juifs ukrainiens immigrés en France à la fin des années 20, cachés pendant la guerre dans le Vercors. Ma mère est israélienne. J’ai grandi dans un foisonnement de langues et d’accents et cela a forgé, je pense, mon rapport à la langue française. À sa musicalité. Mon adolescence a été compliquée (compliquée est un vaste mot), mais déjà j’écrivais, je lisais énormément.

Gabriel- La mare aux mots. L’interview du mercredi : Rachel Corenblit. La mare aux mots (en ligne), le 13/04/2022 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://lamareauxmots.com/les-invite%C2%B7es-du-mercredi-rachel-corenblit-et-alice-durand/

La capacité d’un individu à résister psychologiquement aux épreuves de la vie. La résilience. C’est ainsi que Rachel Corenblit définit le thème central de son œuvre littéraire, soit une petite trentaine de textes. Son «bestseller» est un numéro, celui qu’une jeune fille est en train de se faire graver dans la peau dans un studio de tatouage. «Je me suis demandé comment parler de la Shoah, un thème déjà traité des centaines de fois». Et elle a trouvé: 146298, c’est le tatouage que la grand-mère d’Elsa porte à l’avant-bras. Elle refuse d’en parler et se réjouit même de tout oublier avec la maladie d’Alzheimer. Lorsqu’Elsa comprend que sa mamie a survécu à l’enfer des camps, c’est elle qui retrace l’histoire en partant de chaque chiffre, et en se les faisant graver dans la peau. 146298 est un texte poignant, raconté en un jet et sous la forme d’un monologue (comme tous ceux de la collection «D’une seule voix» d’Actes Sud) qui parle visiblement aux adolescents, en Allemagne sans doute encore davantage qu’ailleurs. «C’est aussi parce que le thème est au programme scolaire que je fais tant de rencontres axées sur ce livre», commente Rachel Corenblit modeste, en précisant que le texte «a jailli très vite. Je l’ai écrit en une semaine environ». Dans les écoles dans lesquelles elle s’est rendue avant de s’entretenir avec les professeurs de Francfort, des élèves lui ont demandé ce que cela lui faisait de venir en Allemagne. «Je leur ai répondu que ce n’était franchement pas facile», avoue l’écrivaine aux fortes racines juives, «mais que la vie et la culture c’est cela: même quand c’est compliqué, il faut avancer». Et elle ajoute: «Je n’ai pas oublié que mes maîtres en philo s’appelaient Nietzsche, Kant ou Hegel, ce qui m’empêche d’avoir une vision manichéenne de l’Allemagne».

Petre, Dominique. Rachel Corenblit, romancière de la résilience. Ricochet (en ligne), le 06/05/2019 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://www.ricochet-jeunes.org/articles/rachel-corenblit-romanciere-de-la-resilience

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Extrait page 7

146298

Corenblit, Rachel. 146298. Acte Sud Junior, 2015, 65 p. ISBN 9782330053758.

Mémoire et Résistance est un diptyque* de la compagnie le Cri Dévot, (…) qui se compose de deux récits fictifs liés à la déportation. Deux parcours intimes d’individus face à la grande Histoire, où s’entremêlent les notions de devoir de mémoire, de transmission et de libre arbitre. 146 298, de Rachel Corenblit. L’histoire d’une jeune adolescente d’aujourd’hui. Mais avant tout, l’histoire d’une suite de chiffres tatoués sur le bras de sa grand-mère. Elle les a vus toute sa vie sans leur donner plus de sens. Puis un jour, en classe, elle comprend. En ce temps-là, l’amour, de Gilles Segal. Un homme décide de raconter un souvenir gravé à jamais dans sa mémoire : les six jours de voyage passés dans le wagon qui l’emmène vers les camps, et surtout la rencontre qu’il y fait d’un père et de son fils. Des parcours intimes d’individus à la recherche d’événements enfouis qui convoquent les mots du passé pour ouvrir un dialogue et une réflexion avec les nouvelles générations. Dans cette course contre l’oubli, il faut raconter, vite, pour laisser une empreinte distincte et visible avant de disparaître.(…). Un homme et une femme racontent la grande Histoire du XXIe siècle sous la forme de récits intimes. Ils se décident à parler : de ce qu’ils ont vu, de ce qu’ils ont compris et de ce que cela modifie en eux. En dévoilant ces paroles oubliées, les deux personnages agissent contre la diminution de notre mémoire collective.Des textes qui traversent les générations et se répondent dans les problématiques qu’ils soulèvent : à partir de quand bascule-t-on de la colère, de l’indignation, à la résistance ? Spectaculaire dans l’intime, bavard et généreux, brûlant d’amour, ce diptyque entremêle passé et présent pour nous questionner sur notre résistance d’aujourd’hui : raconter la grande Histoire à hauteur d’homme, et transformer par la seule parole partagée, des récits d’anonymes en héros ordinaires.

*On parle de diptyque pour une œuvre en deux parties. Ces deux parties, quoique séparées, sont indissociables du fait de leur lien. Source : Wikipédia

Vincent, Anne-Marie. « Mémoire et Résistance » de la Cie le Cri Dévot. Midi Libre (en ligne), le 14/06/2019 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://www.midilibre.fr/2019/06/13/lozere-memoire-et-resistance-de-la-cie-le-cri-devot,8254755.php

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Extrait page 7

À la dure

Sérieux, So, tu me voyais débarquer à la pharmacie, avec un faux sourire et sans ordonnance : Bonjour madame Charles, j’aurais aimé du Xanax, du Lexomil ou du Klonopin. C’est pour ma sœur. Oui, ma sœur. Vous vous souvenez de ma sœur ? Non, elle n’est pas rentrée. Non, elle ne va pas mieux. La dernière fois qu’elle est passée à la maison, elle a pris la télé. Prendre. Le verbe prendre. Chourer, embarquer, récupérer, voler.

Extrait page 7

Corenblit, Rachel. À la dure. Acte Sud Junior, 2017, 63 p. ISBN 9782330072858.

Résumé : Arthur, élève discret et sérieux, ambitionne de devenir médecin. Sa grande sœur, Sophie, 21 ans, droguée, a quitté la maison et ne revient en coup de vent que pour voler cartes bleues et objets à revendre pour pouvoir s’acheter sa came. Alors que les parents sont partis pour quelques jours en voyage, Sophie demande à son frère de l’aider à se désintoxiquer. A la dure, en restant enfermés tous les deux dans la maison. L’occasion pour Arthur de se rémémorer la Sophie d’avant la descente aux enfers de la famille. Le sevrage est éprouvant. Arthur arrivera-t-il à guérir sa sœur de l’addiction qui la ronge ?

Tu es une menteuse, Sophie. Une menteuse douée. La preuve, tu crois à tes propres bobards. Faut être fort pour s’embrouiller soi-même la cervelle. Combien de fois tu nous a fait le coup ! Je me suis laissé avoir, encore.

Extrait pages 18-19

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Extrait page 7

À la dure

Corenblit, Rachel. À la dure. Acte Sud Junior, 2017, 63 p. ISBN 9782330072858.

On ne peut pas dire que toi et moi, nous étions proches. Je suis le gentil garçon, tu es la rebelle. Je suis le bon élève. Tu es celle qui a laissé tomber les études. Tu n’allais pas devenir copine d’un premier de la classe. Je n’allais pas applaudir les exploits d’une junkie suicidaire.Sauf que les choses ne sont pas si simples.

A quoi ça va servir ? Regarde-toi ! Tu arrives tellement chargée que ça te déborde de partout. Combien de grammes tu as dans tes veines, là ? Même si tu passes les cinq jours, si tu survis à tous ça, dans un mois tu replonges ! Tu as autant de volonté qu’un caramel mou. Et même, un caramel mou est plus vaillant que toi. Faut pas se faire d’illusions !

Extrait page 20

Extrait pages 32-33

Je distingue les bleus, là où tu devais planter ta seringue, au creux de tes bras, entre tes doigts de pieds. Les hématomes dessinent sur ton corps la carte de ton voyage maudit. On peut y lire combien tu as souffert, comment tu as erré, et peut-être que je t’admire, à ce moment précis, quand je te vois si fragile, si perdue. Tu n’es pas morte, So. Tu es une survivante. Faut que cela dure.

Extrait pages 43-44

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Extrait page 7

À la dure

Corenblit, Rachel. À la dure. Acte Sud Junior, 2017, 63 p. ISBN 9782330072858.

Avec un monologue poignant, où détresse et espoir affleurent sous les sarcasmes, Rachel Corenblit saisit son lecteur et le tient en apnée pour le laisser, quelques pages plus tard, éprouvé et ému.

Ahouandjinou, Laure. Rachel Corenblit : À la dure. Page des Libraires (en ligne), 2017 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://www.pagedeslibraires.fr/livre/a-la-dure.

Raphaële Frier : Je suis sûre qu’on te dit parfois (ou souvent) que tu choisis des sujets « difficiles ». On me le dit aussi. Moi je crois que tu prends plaisir à dénouer, et pour dénouer, il faut qu’il y ait des nœuds, au départ. Qu’en penses-tu ? Rachel Corenblit : Ma chère Raphaëlle, à ce qu’il paraît, les gens heureux n’ont pas d’histoires (C’était le titre de mon mémoire de maîtrise en philosophie) (Quand la maîtrise ne s’appelait pas master) (un temps que les moins de vingt ans…) (mais je m’égare). Non, je ne me m’égare pas tant que cela. Je m’imaginais déjà autrice (écrivaine, à l’époque) et envoyais des manuscrits par la Poste qui étaient régulièrement refusés… Ce mémoire, qu’il faudrait que je retrouve, traitait du poids de l’histoire familiale dans les trajectoires individuelles. Et comment Skinner (un behavioriste pur jus), avait imaginé une société idéale où les enfants, coupés des récits et du passif générationnel, développaient un sens du bonheur nouveau (je synthétise). Je m’insurgeais (j’adore m’insurger) à l’époque contre cette théorie, convaincue que nos histoires même tordues, même bancales, même ravagées, même tristes ou désespérées, valaient le coup d’être vécues. Que c’était le prix du bonheur, avoir des histoires. C’est ce que tu nommes les nœuds et je te rejoins. Et quand on me demande pourquoi je choisis des sujets « difficiles », je réponds que ce sont des histoires que je ne choisis pas. Qui s’imposent. Qui s’ancrent dans des trajectoires parce que les « les gens heureux n’ont pas d’histoires » et que mon but, c’est d’en raconter, des histoires. Le bonheur, c’est nul narrativement parlant… Après, nous pourrons discuter de comment on parvient à défaire ces nœuds…

Gabriel- La mare aux mots. Du berger à la bergère : de Raphaële Frier à Rachel Corenblit. La mare aux mots (en ligne), le 26/08/2020 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://lamareauxmots.com/du-berger-a-la-bergere-de-raphaele-frier-a-rachel-corenblit/

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Extrait page 7

La Maledetta

Résumé : Éva n’est pas enchantée par les vacances qui s’annoncent. Elle doit partir avec sa mère, Marianne , son frère Antony et Samy, le meilleur ami de ce dernier, pour une maison isolée en pleine montagne, héritée d’une grand-tante qu’elle n’a jamais connue. Fabien, un gérant de gîte apprécié dans le village le plus proche, se montre plein d’attentions pour les nouveaux venus mais Éva, instinctivement, se méfie de lui. Elle se lie d’amitié avec Camille, un jeune adulte handicapé mental, et Léandre, son frère, qui vivent dans la maison voisine de la Maledetta. Mais, bientôt, les crises d’hallucinations, de violence et de convulsions dont Éva est victime se multiplient, les phénomènes surnaturels se succèdent et une malédiction surgie du passé met la vie de tous en danger …

Corenblit, Rachel. La Maledetta. Nathan, 2021, 235 p. ISBN 9782092491706

Pour rejoindre La Maledetta, vous suivez la poste. Dans dix minutes vous tomberez sur la maison des mortes. C’est la plus haute. Après, il n’y a plus rien.Je fixe ma mère. C’est quoi ce plan ? Qu’est-ce qu’il a dit, ce mec ? La « maison des mortes » ?

Extrait page 24

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Extrait page 7

La Maledetta

Ma mère se trouve dans la cuisine. Ses yeux sont gonflés d’avoir pleuré. Je demeure face à elle, ignorant quels gestes accomplir. C’est désarçonnant de devoir consoler ses parents. Peut-être qu’elle est là, la fin de l’enfance ? Ce moment où on réalise que ceux qu’on croyait solides, indestructibles, peuvent s’effondrer.

Extrait page 108

Corenblit, Rachel. La Maledetta. Nathan, 2021, 235 p. ISBN 9782092491706

Je me réveille.Haletante.Ce n’est pas un rêve.J’ai descendu les escaliers sans m’en rendre compte.Je deviens folle ? Somnambule ?Dans ma main, un couteau.

Extrait page 77

Je sens un pouvoir en moi.Un pouvoir qui gronde aussi fort que l’orage dehors.Un pouvoir que je ne sais pas maîtriser.Un pouvoir ou bien ma maladie.

Extrait page 184

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Extrait page 7

Je me réveille.Haletante.Ce n’est pas un rêve.J’ai descendu les escaliers sans m’en rendre compte.Je deviens folle ? Somnambule ?Dans ma main, un couteau.

Extrait page 77

La Maledetta, sorti chez Nathan, s’adresse aux plus âgés des ados. Se frotter au fantastique, c’est une idée avec laquelle je jouais depuis longtemps, étant une grande lectrice de ce genre. Plonger les mains dans le cambouis de l’horreur est jouissif. Il y a une sorte de plaisir à entraîner ses personnages dans un monde flou, d’angoisse, et d’en sortir indemne. Et puis je voulais garder aussi les thèmes qui me sont chers, la différence, l’amitié. Les retrouver sous une autre forme…Pour ma part, j’ai des souvenirs de lecture qui m’ont, gamine, effrayée. Mais des frayeurs dont je suis sortie grandie et enrichie. C’est aussi le « boulot » de la lecture, que de faire éprouver des sensations fortes, des émotions, où le « pour de faux » est presque « pour de vrai ». On vit dans un monde prescripteur, on a tendance à oublier que le goût du danger intellectuel, c’est celui de la transgression et de la liberté.

La Maledetta

Corenblit, Rachel. La Maledetta. Nathan, 2021, 235 p. ISBN 9782092491706

Gabriel- La mare aux mots. L’interview du mercredi : Rachel Corenblit. La mare aux mots (en ligne), le 13/04/2022 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://lamareauxmots.com/les-invite%C2%B7es-du-mercredi-rachel-corenblit-et-alice-durand/

Bouju, Céline. Rachel Corenblit : La Maledetta. Page des libraires (en ligne), ((consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://www.pagedeslibraires.fr/livre/la-maledetta

Comment ce roman est-il né ? Dans quelles conditions l’avez-vous écrit ?Le premier confinement, mai 2020 ! Alors que tout se fige autour de nous, me viennent des envies d’espace, de montagne, de liberté. Comment échapper à cette situation angoissante si ce n’est en la transcrivant ? La Maledetta est née de ce paradoxe : parler de peur en évoquant un cadre paradisiaque. M’extraire du quotidien dans une fiction radicalement différente de ma réalité. Si on regarde votre riche bibliographie, La Maledetta se place un peu à part et marque votre première incursion en littérature fantastique. Comment expliquez-vous ce virage ? Pourquoi maintenant ?Je suis une grande lectrice de fantastique, j’adore les films d’horreur (la délicieuse peur d’y croire pour de faux) et j’ai toujours pensé qu’un jour, une histoire me viendrait. C’est avec délectation que je me suis plongée dans l’écriture de ce roman et j’ose espérer qu’un peu de ce plaisir s’est glissé entre mes lignes. Parlons de votre héroïne, Éva. À 16 ans, elle est une adolescente presque comme les autres qui déborde de sentiments contradictoires, bouillonne d’une rage certaine et est régulièrement en colère contre ses proches. Mais à des tourments de son âge se greffe un mal plus profond. De fait, elle est très déstabilisante. Comment avez-vous travaillé cette figure centrale du roman ?C’est exactement de cela que je voulais parler : la colère. Le « non » qu’on ne réfléchit pas, qu’on ne rationalise pas, qui est instinctif et pas lié à une seule cause. Éva est donc au centre de ce roman qui, même s’il est fantastique, parle avant tout de ce basculement dans l’âge adulte et de l’angoisse qui accompagne la métamorphose. (…)L’histoire d’Éva, c’est aussi un parcours initiatique. Celui qui nous fait passer à une autre étape de notre vie. La relation d’Éva et de sa mère est au cœur de mon propos : comment accepter les défauts de celle qu’on admirait ? Et la naissance du désir, de l’affirmation de son pouvoir de séduction, de sa féminité… Mais avoir une pleine conscience de mes personnages ne me met pas à l’abri des surprises et des découvertes. C’est le jeu de l’interprétation et c’est pour cela aussi que j’écris, pour que les regards que les lecteurs vont poser sur mon histoire me surprennent. Dès lors, « mon histoire » ne m’appartient plus.

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Extrait page 7

Comme une famille : La saga des Diangello

Corenblit, Rachel. Comme une famille : La saga des Diangello. Nathan, 2023, 253 p. ISBN 9782092495001.

Résumé : A Toulouse, Claudia, Luigi, Pierre et Candice sont frères et soeurs. Orphelins de mère, ils composent une famille comme tant d’autres : pleine d’amour mais aussi traversée de peines, de joies, de tensions, de jalousies, de départs, de retrouvailles, de remises en question, de naissances, de mariages … Cette chronique familiale s’inscrit dans l’histoire de France et du monde, qui se déroule en arrière-plan ou influe directement sur le destin des héros. Chaque chapitre adopte le point de vue d’un membre de la famille, adolescent ou jeune adulte, sur trois générations, aux moments cruciaux de l’existence de chacun.

Le feu rugissait. C’était des feulements d’animal en colère, des coups de griffes, une rage que Luigi ne perçut qu’au dernier étage. Partout, ça craquait, ça se fendait. L’immeuble résistait comme un corps peut se tendre pour ne pas flancher, mais le bois cédait au brasier. (…)Les flammes se répandaient sur le plafond en chuintant, presque bleues. Le chant lugubre de l’immeuble en souffrance résonna, un amalgame de brisures, de fractures et d’écroulements invisibles.

Extrait page 71

22 juillet 1969 : De la terre à la lune 28 avril 1986 : Le nuage 17 janvier 1991 : Tempête du désert 12 juillet 1998 : La victoire 11 septembre 2001 : Les tours 1er mai 2002 : La manif 5 novembre 2008 : Le Président 13 novembre 2015 : Les attentats 5 mai 2020 : La bulle 18 juillet 2026 : La tempête

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Comme une famille : La saga des Diangello

Corenblit, Rachel. Comme une famille : La saga des Diangello. Nathan, 2023, 253 p. ISBN 9782092495001.

Résumé : A Toulouse, Claudia, Luigi, Pierre et Candice sont frères et soeurs. Orphelins de mère, ils composent une famille comme tant d’autres : pleine d’amour mais aussi traversée de peines, de joies, de tensions, de jalousies, de départs, de retrouvailles, de remises en question, de naissances, de mariages … Cette chronique familiale s’inscrit dans l’histoire de France et du monde, qui se déroule en arrière-plan ou influe directement sur le destin des héros. Chaque chapitre adopte le point de vue d’un membre de la famille, adolescent ou jeune adulte, sur trois générations, aux moments cruciaux de l’existence de chacun.

- Tout va bien ?Elle le connaissait si bien. Depuis qu’elle avait déménagé, elle lui manquait. Il ne lui avait jamais confié la tristesse qu’il avait ressentie à son départ. C’était normal qu’elle vive avec Joseph. Qu’elle se marie avec lui. Sa peine se devait d’être silencieuse pour qu’elle puisse partir sereinement.- Oui, il dit.Oui, je vais formidablement bien, je suis heureux, vous êtes là, tous réunis et c’est précieux, c’est délicat, c’est essentiel, c’est beau.Il fondit en larmes et les bras de Claudia aussitôt se refermèrent sur lui.

Extrait page 77-78

- C’est incroyable. Jamais vu ça, déclara Luigi. On vient sans doute de vivre un moment historique dont on se souviendra longtemps. La tempête du siècle, la première d’un cycle de destruction et d’anéantissement de l’espèce humaine.- C’est le principe des événements historiques, embraya Pierre. On s’en souvient longtemps, sinon ce n’est pas historique. (…)- On pourra dire que c’est de votre mariage dont on se souviendra longtemps, Pierre, intervint Joseph.- Un beau mariage, ajouta Candice.- Un mariage d’enfer, proféra Claudia.

Extrait page 230

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Comme une famille : La saga des Diangello

Corenblit, Rachel. Comme une famille : La saga des Diangello. Nathan, 2023, 253 p. ISBN 9782092495001.

- Laissez-le parler, protesta Sam, qui appréciait son oncle.- Dès que le confinement sera levé, je pars en Grèce, dans un camp de réfugiés sur l’île de Kos, avec une ONG. Les femmes enceintes sont mal soignées, elles ont besoin d’un spécialiste et je me suis porté volontaire. Je quitte Paris. Je vais louer mon appart. Je vais revendre ma voiture.Plus aucune réplique. La nouvelle les avait séchés. (...)- J’ai rencontré quelqu’un … Elisabeth, elle s’appelle, et on échange beaucoup depuis quelques temps en visio. Elle appartient à l’organisation humanitaire qui s’occupe des migrants. Elle est suédoise.- Une femme ? demanda Luigi.- Elisabeth, je te dis.Le rouge lui était monté jusqu’au front. Pierre leur parlait rarement de ses histoires d’amour.

Extrait pages 199-200

Résumé : A Toulouse, Claudia, Luigi, Pierre et Candice sont frères et soeurs. Orphelins de mère, ils composent une famille comme tant d’autres : pleine d’amour mais aussi traversée de peines, de joies, de tensions, de jalousies, de départs, de retrouvailles, de remises en question, de naissances, de mariages … Cette chronique familiale s’inscrit dans l’histoire de France et du monde, qui se déroule en arrière-plan ou influe directement sur le destin des héros. Chaque chapitre adopte le point de vue d’un membre de la famille, adolescent ou jeune adulte, sur trois générations, aux moments cruciaux de l’existence de chacun.

Sur son bureau, le cahier de brouillon l’appelait. Un cri silencieux, des ultrasons imperceptibles. Candice eut beau lui tourner le dos, elle n’y résista pas longtemps et l’ouvrit de nouveau.L’écriture lui chatouillait le ventre, le bout des doigts, c’était plus fort qu’elle et son cahier en avait bien conscience, en l’attirant avec son chant des sirènes. Saletés de feuilles blanches qu’elle ne parvenait pas à noircir. Saletés de mots qui lui tournaient dans le bide.

Extrait page 110-111

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Comme une famille : La saga des Diangello

Catherine avait détourné le visage. Emilio n’apercevait d’elle que son profil. Un profil aussi parfait que l’on puisse l’imaginer.- Parce que moi, on ne m’a jamais posé la question.Pas de réaction.- J’ai tant de fois espéré qu’on me la pose, cette question, quand j’étais minot. Qui est le monsieur qui te cause tant de dégâts ? Qui est l’homme qui s’acharne autant sur toi ? Qui imprime sur ton corps la trace de ses poings, de sa fureur froide. Mais les gens sont respectueux et considèrent la curiosité comme un défaut. On est trop civilisés pour s’intéresser les uns aux autres.(...)- C’est mon père …Il ne répondit pas immédiatement. Il mesurait le poids de l’aveu et cette chape de plomb qui pesait sur les épaules de Catherine.Catherine. Un prénom qu’il pouvait aisément chérir.- C’était mon père aussi, il dit.

Extrait pages 248-249

Résumé : A Toulouse, Claudia, Luigi, Pierre et Candice sont frères et soeurs. Orphelins de mère, ils composent une famille comme tant d’autres : pleine d’amour mais aussi traversée de peines, de joies, de tensions, de jalousies, de départs, de retrouvailles, de remises en question, de naissances, de mariages … Cette chronique familiale s’inscrit dans l’histoire de France et du monde, qui se déroule en arrière-plan ou influe directement sur le destin des héros. Chaque chapitre adopte le point de vue d’un membre de la famille, adolescent ou jeune adulte, sur trois générations, aux moments cruciaux de l’existence de chacun.

Quelle blague ! Ecrire était une torture.Pourquoi s’acharner ?Quelle prétention de croire qu’elle pouvait raconter des histoires.

Extrait page 104

Corenblit, Rachel. Comme une famille : La saga des Diangello. Nathan, 2023, 253 p. ISBN 9782092495001.

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Comme une famille : La saga des Diangello

Catherine avait détourné le visage. Emilio n’apercevait d’elle que son profil. Un profil aussi parfait que l’on puisse l’imaginer.- Parce que moi, on ne m’a jamais posé la question.Pas de réaction.- J’ai tant de fois espéré qu’on me la pose, cette question, quand j’étais minot. Qui est le monsieur qui te cause tant de dégâts ? Qui est l’homme qui s’acharne autant sur toi ? Qui imprime sur ton corps la trace de ses poings, de sa fureur froide. Mais les gens sont respectueux et considèrent la curiosité comme un défaut. On est trop civilisés pour s’intéresser les uns aux autres.(...)- C’est mon père …Il ne répondit pas immédiatement. Il mesurait le poids de l’aveu et cette chape de plomb qui pesait sur les épaules de Catherine.Catherine. Un prénom qu’il pouvait aisément chérir.- C’était mon père aussi, il dit.

Extrait pages 248-249

Corenblit, Rachel. Comme une famille : La saga des Diangello. Nathan, 2023, 253 p. ISBN 9782092495001.

Résumé : A Toulouse, Claudia, Luigi, Pierre et Candice sont frères et soeurs. Orphelins de mère, ils composent une famille comme tant d’autres : pleine d’amour mais aussi traversée de peines, de joies, de tensions, de jalousies, de départs, de retrouvailles, de remises en question, de naissances, de mariages … Cette chronique familiale s’inscrit dans l’histoire de France et du monde, qui se déroule en arrière-plan ou influe directement sur le destin des héros. Chaque chapitre adopte le point de vue d’un membre de la famille, adolescent ou jeune adulte, sur trois générations, aux moments cruciaux de l’existence de chacun.

Romancière et enseignante, Rachel Corenblit a publié une vingtaine de livres pour la jeunesse et les adultes. Son dernier roman, Pas la fin du monde, publié chez Bayard, se situe entre les deux publics, grands ados et jeunes adultes, et surtout dans le mille. La narration papillonne de personnage en personnage tout au long d’une journée, de 10 h 17 à la tombée de la nuit. Pourquoi cette journée-là, et pourquoi 10 h 17 ? Parce que nous sommes le 21 septembre 2001 et la terrible déflagration d’AZF vient de plonger Toulouse dans un chaos sans précédent. " L’explosion d’AZF est, comme c’est le cas dans de nombreux romans – la Révolution française, la Seconde guerre mondiale… –, la toile de fond des thématiques que j’ai voulu aborder, notamment celles d’histoires familiales déchirées ", explique l’écrivaine. On le sait aujourd’hui : les Toulousains ont été aussi marqués par la tragédie du 21 septembre que par celle, 10 jours plus tôt, de New York. " Tous se souviennent ce qu’ils faisaient à ce moment précis, observe Rachel Corenblit. J’étais pour ma part professeure à Colomiers, enceinte de quatre mois. Dans la salle des profs où je me trouvais, j’ai entendu cette déflagration terrible, les vitres ont tremblé, je me suis demandée quel abruti avait lancé un ballon aussi fort contre la vitre ! Nous ne comprenions pas ce qu’il se passait, les infos nous parvenaient avec parcimonie, on parlait d’attentats à Toulouse en repensant au 11-septembre : une véritable psychose s’est installée. Nous avons vu ce nuage jaune au-dessus de nos têtes…" L’enseignante et la future maman sont tétanisées – la romancière commence à cogiter : " J’ai su que j’allais écrire sur cet événement, que je devrais en parler un jour ou l’autre – et j’ai mis vingt ans à le faire ! Je devais trouver le bon angle. " Cet angle, ce sont Léon, 18 ans et sa sœur Frida, qui commence à 22 ans une carrière d’institutrice, qui vont l’incarner. Autour de ces deux jeunes gens, de leur grand-mère, survivante des camps de la mort qui habite rue Bernadette – une des rues les plus touchées par la catastrophe – gravitent d’autres Toulousains tout au long de cette folle journée : Julie, Pierre, Alice, Emilie… Que s’est-il passé ? Comment chacun vit-il ce drame ? Et, surtout, où est passé le père de Léon et Frida ?

Gabay, Yves. Rachel Corenblit raconte la journée où AZF a explosé. La Dépêche (en ligne), le 03/09/2022 (consulté le 29/09/2023). Disponible sur : https://www.ladepeche.fr/2022/09/03/rachel-corenblit-raconte-la-journee-ou-azf-a-explose-10520441.php

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Catherine avait détourné le visage. Emilio n’apercevait d’elle que son profil. Un profil aussi parfait que l’on puisse l’imaginer.- Parce que moi, on ne m’a jamais posé la question.Pas de réaction.- J’ai tant de fois espéré qu’on me la pose, cette question, quand j’étais minot. Qui est le monsieur qui te cause tant de dégâts ? Qui est l’homme qui s’acharne autant sur toi ? Qui imprime sur ton corps la trace de ses poings, de sa fureur froide. Mais les gens sont respectueux et considèrent la curiosité comme un défaut. On est trop civilisés pour s’intéresser les uns aux autres.(...)- C’est mon père …Il ne répondit pas immédiatement. Il mesurait le poids de l’aveu et cette chape de plomb qui pesait sur les épaules de Catherine.Catherine. Un prénom qu’il pouvait aisément chérir.- C’était mon père aussi, il dit.

Extrait pages 248-249

Shalom Salam maintenant

Résumé : A Toulouse, Claudia, Luigi, Pierre et Candice sont frères et soeurs. Orphelins de mère, ils composent une famille comme tant d’autres : pleine d’amour mais aussi traversée de peines, de joies, de tensions, de jalousies, de départs, de retrouvailles, de remises en question, de naissances, de mariages … Cette chronique familiale s’inscrit dans l’histoire de France et du monde, qui se déroule en arrière-plan ou influe directement sur le destin des héros. Chaque chapitre adopte le point de vue d’un membre de la famille, adolescent ou jeune adulte, sur trois générations, aux moments cruciaux de l’existence de chacun.

Mme Ben Mazal dit que les combats vont être atroces, que les peuples vont se déchirer, que la haine est une graine que l’on arrose avec le sang, et que c’est parti pour des centaines d’années.

Extrait page 47

Corenblit, Rachel. Shalom Salam maintenant. Rouergue, 2018, 141 p. ISBN 9782812616907.

Extrait page 7