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EL n°3
Camille Déruelle
Created on September 22, 2023
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Transcript
Explication linéaire n° 3
« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.»
Explication linéaire n°3
INTRODUCTION
Le texte
2eme mouvement
1er mouvement
3eme mouvement
conclusion
Il était bien nécessaire que je dise quelques mots sur les troubles que cause, dit‑on, le décret en faveur des hommes de couleur, dans nos îles. C'est là où la nature frémit d'horreur ; c'est là où la raison et l'humanité n'ont pas encore touché les âmes endurcies ; c'est là surtout où la division et la discorde agitent leurs habitants. Il n'est pas difficile de deviner les instigateurs de ces fermentations incendiaires : il y en a dans le sein même de l'Assemblée nationale. Ils allument en Europe le feu qui doit embraser l'Amérique. Les colons prétendent régner en despotes sur des hommes dont ils sont les pères et les frères ; et méconnaissant les droits de la nature, ils en poursuivent la source jusque dans la plus petite teinte de leur sang. Ces colons inhumains disent : « Notre sang circule dans leurs veines, mais nous le répandrons tout, s'il le faut, pour assouvir notre cupidité ou notre aveugle ambition. » C'est dans ces lieux les plus près de la nature que le père méconnait le fils ; sourd aux cris du sang, il en étouffe tous les charmes. Que peut‑on espérer de la résistance qu'on lui oppose ? La contraindre avec violence, c'est la rendre terrible, la laisser encore dans les fers, c'est acheminer toutes les calamités vers l'Amérique. Une main divine semble répandre partout l'apanage de l'homme, la liberté ; la loi seule a le droit de réprimer cette liberté, si elle dégénère en licence ; mais elle doit être égale pour tous, c'est elle surtout qui doit renfermer l'Assemblée nationale dans son décret, dicté par la prudence et par la justice. Puisse‑t‑elle agir de même pour l'état de la France, et se rendre aussi attentive sur les nouveaux abus, comme elle l'a été sur les anciens qui deviennent chaque jour plus effroyables !
Pour entrer dans le texte...
Au XVIIIe siècle, l'esclavage est de plus en plus critiqué et de nombreux auteurs publient des ouvrages en faveur de l'abolition de la traite et de l'esclavage. Les partisans de l'abolition créent à Paris, en février 1788, la Société des amis des Noirs qui est favorable à l'unité de la loi en métropole et dans les colonies. Dans cet esprit, l'abbé Grégoire, le 11 mai 1791, se prononce pour l'application de la déclaration des droits de l'homme aux « citoyens de couleur » et s'exclame : « Un jour, des députés de couleur franchiront l'Océan pour venir siéger dans la Diète nationale. » Le 15 mai, l'Assemblée nationale accorde les droits de citoyens aux « gens de couleur, nés de père et de mère libres » (amendement Rebwell), puis puis énonce le principe suivant lequel le sol de la France affranchit l'esclave qui le touche, en décrètant le 28 septembre que « tout individu est libre aussitôt qu'il est entré en France », et que « Tout homme, de quelque couleur qu'il soit, jouit en France de tous les droits de citoyen ». Mais ce principe ne s'applique pas aux colonies. Un peu plus tard, le décret du 28 mars 1792 énonce que « les hommes de couleur et nègres libres doivent jouir, ainsi que les colons blancs de l'égalité des droits politiques », ce qui permet l'élection d'un premier député de couleur le 28 octobre 1792. Mais il faut attendre la chute de la monarchie pour que l'esclavage soit aboli dans les colonies par le décret du 4 février 1794. En 1802, Bonaparte décide de rétablir l'esclavage. La seconde abolition de l'esclavage est proclamée le 4 mars 1848.
Source
Introduction
L'auteur
L'extrait à l'étude
L'oeuvre
Problématique: Comment Olympe de Gouges dénonce-t-elle les actions des esclavagistes et réclame-t-elle la liberté pour tous ?
Mouvements du texte
1er mouvement
2e mouvement
3e mouvement
Annonce du thème et dénonciation des coupables
Attaque directe des traitements infligés aux esclaves par les colons
Affirmation du juste pouvoir de la loi dans l'exercice de la liberté
texte
texte
texte
analyse
analyse
analyse
1er mouvement : Annonce du thème et dénonciation des coupables
Il était bien nécessaire que je dise quelques mots sur les troubles que cause, dit‑on, le décret en faveur des hommes de couleur, dans nos iles. C'est là où la nature frémit d'horreur ; c'est là où la raison et l'humanité n'ont pas encore touché les âmes endurcies ; c'est là surtout où la division et la discorde agitent leurs habitants. Il n'est pas difficile de deviner les instigateurs de ces fermentations incendiaires : il y en a dans le sein même de l'Assemblée nationale. Ils allument en Europe le feu qui doit embraser l'Amérique.
Analyse du 1er mouvement
Idée : Annonce du thème important qui va être traité - ODG réagit à l'actualité politique immédiate : le décret de mai 1791 proposant que les hommes noirs nés libre puissent bénéficier des mêmes droits que les hommes blancs qu'elle reprend dans l'expression . Avec une tournure impersonnelle, elle insiste sur l'importance de ce sujet en s'y impliquant personnellement avec une forme de 1ére personne singulier puis pluriel. - Euphémisme : elle va en dire bien plus. - Elle qualifie les réactions provoquées par ce décret de "troubles" et s'en détache avec l'incise "dit-on".
Il était bien nécessaire que je dise quelques mots sur les troubles que cause, dit‑on, le décret en faveur des hommes de couleur, dans nos iles.
Analyse du 1er mouvement
Idée : Exposé pathétique des conditions de vie des esclaves et dénonciation des coupables. - ODG présente la situation dans les îles, elle rend effroyable et bouleversante la situation des esclaves et le refus des esclavagistes de céder aux idées abolitionnistes. Elle a recours à une anaphore dans trois propositions juxtaposées et à une personnification de la nature. Mise en scène des deux camps qui s'affrontent via des antithèses : d'un côté la nature, la raison et l'humanité, armes des Lumières et de l'autre les effets de la colonisation : division et discorde. Afin de toucher le lecteur et de lui faire prendre conscience de la détresse de ces hommes, elle a recours à un registre pathétique notamment avec la métaphore. - Dénonce ensuite des coupables via une litote (il n'est pas difficile = il est facile) dont elle s'indigne de la présence même dans l'Assemblée censée garantir l'égalité entre les H mais qui ne parviennent pas à protéger les esclaves. Leurs actes et leurs conséquences dévastatrices sont dénoncés à travers la métaphore filée de l'incendie mettant en avant que les actions initiées en Europe ont de terribles répercussions sur les esclaves.
C'est là où la nature frémit d'horreur ; c'est là où la raison et l'humanité n'ont pas encore touché les âmes endurcies ; c'est là surtout où la division et la discorde agitent leurs habitants. Il n'est pas difficile de deviner les instigateurs de ces fermentations incendiaires : il y en a dans le sein même de l'Assemblée nationale. Ils allument en Europe le feu qui doit embraser l'Amérique.
2e mouvement : Attaque directe des traitements infligés aux esclaves par les colons
Les colons prétendent régner en despotes sur des hommes dont ils sont les pères et les frères ; et méconnaissant les droits de la nature, ils en poursuivent la source jusque dans la plus petite teinte de leur sang. Ces colons inhumains disent : « Notre sang circule dans leurs veines, mais nous le répandrons tout, s'il le faut, pour assouvir notre cupidité ou notre aveugle ambition. » C'est dans ces lieux les plus près de la nature que le père méconnait le fils ; sourd aux cris du sang, il en étouffe tous les charmes. Que peut‑on espérer de la résistance qu'on lui oppose ? La contraindre avec violence, c'est la rendre terrible, la laisser encore dans les fers, c'est acheminer toutes les calamités vers l'Amérique.
Analyse du 2e mouvement
Idée : Attaque directe envers les colons qui privent leurs semblables de leurs droits naturels. - Les coupables de ces atrocités sont expressément nommés : les colons, ils sont associés à un champ lexical du pouvoir péjoratif. Leurs actes sont d'autant plus condamnables que la Constitution vient de reconnaître les H égaux, or, ils bafouent la règle la plus essentielle. ODG poursuit le registre pathétique, en présentant à travers une subordonnée relative les esclaves comme leurs égaux avec des termes évoquant les liens familiaux : sacrilège de persécuter sa propre famille. - Les colons sont présentés comme des prédateurs, qui traquent, avec l'emploi du verbe "poursuivent" associé à une hyperbole et un superlatif évoquant les discriminations parmi ces hommes en fonction de leur "part de sang noir".
Les colons prétendent régner en despotes sur des hommes dont ils sont les pères et les frères ; et méconnaissant les droits de la nature, ils en poursuivent la source jusque dans la plus petite teinte de leur sang.
Analyse du 2e mouvement
Idée : Fait directement entendre la fausse voix des colons pour mieux condamner l'absurdité et la cruauté de leurs actes. - Colons condamnés à travers l'emploi d'un terme radical : leurs actes les privent de l'humanité qu'eux-mêmes refusent d'accorder à leurs esclaves. - ODG à travers un verbe de parole et des guillemets va faire entendre les colons au discours direct. - Métaphore filée du sang déjà introduit précédemment, ODG affirme l'égalité entre ces hommes en jouant sur les déterminants possessifs. La conjonction de coordination montre l'absurdité de leur raisonnement. Leur cruauté est intensifiée avec l'hyperbole et le verbe "assouvir" qui les présente comme des bêtes assoiffées de sang alors même qu'ils disposent du même. - Cette soif de sang est d'autant plus condamnable qu'elle ne sert que des intérêts personnels : l'argent et le pouvoir.
Ces colons inhumains disent : « Notre sang circule dans leurs veines, mais nous le répandrons tout, s'il le faut, pour assouvir notre cupidité ou notre aveugle ambition. »
Analyse du 2e mouvement
Idée : Des colons prêts à toutes les atrocités et une situation qui ne peut qu'entraîner une extrême violence. - ODG augmente l'idée d'absurdité avec le superlatif : lieu le plus proche de la nature où on l'on renie pourtant ses règles élémentaires. - Poursuite de l'évocation des liens familiaux sacrés : père/fils bafoués par l'esclavage. Acte inhumain associé à un registre pathétique. - Introduit une question rhétorique pessimiste à laquelle elle apporte immédiatement deux réponses sous la forme d'un parallélisme : ODG donne un avertissement : la violence de la répression des soulèvements d'esclaves ne fera qu'aggraver la situation et mener à l'irréparable avec une hyperbole et le champ lexical de la violence. - Actes des colons associés au vocabulaire de la contrainte.
C'est dans ces lieux les plus près de la nature que le père méconnait le fils ; sourd aux cris du sang, il en étouffe tous les charmes. Que peut‑on espérer de la résistance qu'on lui oppose ? La contraindre avec violence, c'est la rendre terrible, la laisser encore dans les fers, c'est acheminer toutes les calamités vers l'Amérique.
3e mouvement : titre
Une main divine semble répandre partout l'apanage de l'homme, la liberté ; la loi seule a le droit de réprimer cette liberté, si elle dégénère en licence ; mais elle doit être égale pour tous, c'est elle surtout qui doit renfermer l'Assemblée nationale dans son décret, dicté par la prudence et par la justice. Puisse‑t‑elle agir de même pour l'état de la France, et se rendre aussi attentive sur les nouveaux abus, comme elle l'a été sur les anciens qui deviennent chaque jour plus effroyables !
Analyse du 3e mouvement
Idée : Affirmation de l'importance de la loi, seule moyen de réprimer ces actes inhumains et d'aider les hommes rendus esclaves. - Réaffirmation de la liberté comme caractéristique inaliénable de l'Homme à travers le recours à une synecdoque évoque la religion. ODG s'attend à ce que la justice règne de manière universelle et absolue comme le fait la religion. - Affirmation de la loi comme seul garant des droits de l'homme avec le recours à un vocabulaire juridique, des présents de vérités générales, l'adjectif "seule" qui permet d'insister sur son pouvoir absolu - et donc les colons ne disposent en aucun cas du pouvoir d'en priver un homme. On retrouve des termes et des formes similaires aux articles précédemment énoncés dans la DDFC. La loi doit s'appliquer pour encadrer la liberté des hommes et la protéger de toute forme d'abus, avec le concours de la justice, la liberté arrivera pour tous comme une intervention divine.
Une main divine semble répandre partout l'apanage de l'homme, la liberté ; la loi seule a le droit de réprimer cette liberté, si elle dégénère en licence ; mais elle doit être égale pour tous, c'est elle surtout qui doit renfermer l'Assemblée nationale dans son décret, dicté par la prudence et par la justice.
Analyse du 3e mouvement
Idée : Formule finale appelant à l'espoir d'une justice universelle et protectrice. - Recours à une phrase exclamative associée à un impératif afin d'exprimer un souhait : l'espoir d'une extension du pouvoir bénéfique, régulateur et réparateur de la loi à l'échelle du pays. Elle emploie pour cela des formes comparatives appelant à adopter le même respect de la liberté à tous grâce à la protection apportée par la loi. - Dénonciation de tous les abus, anciens comme nouveaux à travers l'antithèse. - Elle affirme sa foi dans le pouvoir juridique et législatif français, une loi qui doit être garante du bonheur de tous tout en restant vigilant en permanence puisque les "abus" perdurent et s'appuyant sur l'adverbe d'intensité et un présent à valeur de répétition ne cessent de s'aggraver.
Puisse‑t‑elle agir de même pour l'état de la France, et se rendre aussi attentive sur les nouveaux abus, comme elle l'a été sur les anciens qui deviennent chaque jour plus effroyables !
Conclusion
BILAN ET REPONSE A LA PROBLEMATIQUE
Olympe de Gouges s'attaque frontalement aux colons esclavagistes en dénonçant leurs actions violentes et inhumaines pour faire échouer le décret en faveur des droits des hommes de couleur mais aussi leur pratique de l’esclavage qui les conduit à martyriser des esclaves qui sont de leur famille. Pour elle, la loi doit être la source, la garantie et la régulation de la liberté. Elle se montre convaincue de la force de la loi et assure que la justice fonctionnera et que le décret conduira, à terme, à l'abolition de l'esclavage.
OUVERTURE :