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Les philosophes des Lumières remettent en cause l'Ancien Régime
L. M.
Created on September 21, 2023
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Transcript
Les philosophes des Lumières remettent en cause les fondements de l'Ancien Régime
"Sapere aude" : "Osez penser par vous-même"
Voltaire
Jean-Jacques Rousseau
Charles de Montesquieu
Denis Diderot
Ecrivain et philosophe français, il fut peu reconnu de son vivant malgré son talent dans de nombreux domaines (roman, philosophie, théâtre, etc.) car, au contraire de Voltaire, il fuyait les mondanités. Issu d'une famille d'artisans couteliers, il est destiné à une carrière religieuse mais il préfère se tourner vers la littérature. A partir de 1747, avec son ami le mathématicien D'Alembert, il se lance dans l'oeuvre de sa vie : L'Encyclopédie qui a pour but de "rassembler toutes les connaissances de la Terre et de les examiner sous l'angle de la raison". Publiée entre 1751 et 1772, L'Encyclopédie subit la censure royale mais permet de diffuser de nombreuses idées des Lumières qui remettent en cause la monarchie absolue et la société d'ordres.
Denis Diderot (1713-1784)
Du Contrat social (1762)
La volonté générale peut seule diriger les forces de l’Etat. Le peuple soumis aux lois doit en être l’auteur. La puissance législative appartient au peuple et ne peut appartenir qu’à lui. La loi est la déclaration de sa volonté générale. Toute loi que le peuple n’a pas ratifiée est nulle. Pour assurer les lois, il faut un gouvernement, mais le gouvernement n’est que le représentant du peuple souverain.
Jean-Jacques Rousseau, Du Contrat social, 1762
De l'esprit des lois (1748)
Il y a dans chaque Etat 3 sortes de pouvoirs : le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. Tout serait perdu si le même homme, ou des nobles, ou le peuple, exerçait ces 3 pouvoirs : celui de faire les lois, celui d’exécuter les résolutions publiques, et celui de juger les crimes et les différends des particuliers.Lorsque le pouvoir législatif est réuni au pouvoir exécutif, dans la ou les mêmes personnes, il n’y a pas de liberté : on peut craindre que le même monarque ou la même assemblée ne fasse des lois tyranniques pour les appliquer tyranniquement.
Montesquieu, De l'esprit des lois, 1748
Ecrivain et philosophe né à Genève (en Suisse) dans une famille d'horlogers, Jean-Jacques Rousseau eut une vie d'errance, changeant de domicile très régulièrement pour fuir les persécutions de l'Eglise catholique et de la République de Genève. Très connu pour ses oeuvres littéraires, notamment son roman Julie ou la nouvelle Héloïse publié en 1761, il se distingue également par ses écrits philosophiques dans lesquels il défend l'idée de "souveraineté du peuple". Ainsi, dans le Contrat social publié en 1762, il défend l'idée que les lois doivent naître de la volonté générale du peuple, et non de la volonté d'une seule personne (le roi). Il se pose ainsi clairement en partisan de la démocratie, un système politique où le peuple choisit ses dirigeants et choisit ses lois.
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Charles Louis de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu (1689-1755)
Ecrivain français et penseur politique, passionné par les sciences, Montesquieu commence sa carrière littéraire en écrivant trois petits ouvrages scientifiques, mais se tourne ensuite vers des sujets plus politiques et sociaux : il publie ainsi anonymement en 1721 les Lettres persanes qui critiquent la société d'Ancien régime. Après un séjour en Angleterre où il observe le fonctionnement de la monarchie constitutionnelle et quinze années de recherches, il publie son oeuvre majeure : De l'esprit des Lois en 1748, où il développe sa pensée sur la séparation des pouvoirs (ou fonctions) de l'Etat, qui est aujourd'hui encore un principe fondateur de notre démocratie.
Traité sur la tolérance (1763)
Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse ; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps. Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ; fais que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos corps, entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, que toutes ces petites nuances qui distinguent les hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution. Il ne faut pas un grand art, une éloquence bien recherchée, pour prouver que les chrétiens doivent se tolérer les uns les autres. Je vais plus loin, je vous dis qu’il faut regarder tous les hommes comme nos frères. Quoi ! Mon frère le Turc ? Mon frère le Chinois ? Le Juif ? Le Siamois ? Oui, sans doute. Une religion qui tolérerait toutes les autres serait capable de faire du genre humain un peuple de frères."
Voltaire, Traité sur la tolérance, 1763
François-Marie Arouet, dit "Voltaire" (1694-1778)
Ecrivain et philosophe français, fils de notaire, il connait le succès de son vivant grâce à ses oeuvres littéraires comme Zadig ou la Destinée en 1748 et Candide ou l'Optimisme en 1758. Mais il est également très célèbre pour son combat contre l'intolérance religieuse (notamment lors de l'affaire judiciaire Calas lors de laquelle il publie son Traité pour la tolérance en 1763) , qui lui attire la colère de l'Eglise catholique et des autorités royales et lui vaut un séjour à la Bastille (prison royale parisienne). Se méfiant du peuple qu'il juge trop manipulable, il n'est pas partisan comme Rousseau d'un régime républicain, mais plutôt d'un régime de monarchie constitutionnelle qui respecte les libertés fondamentales, sur le modèle de l'Angleterre où il a longtemps séjourné.
"Autorité politique"
Aucun homme n'a reçu de la nature le droit de commander aux autres. Si la nature a établi quelque autorité, c'est la puissance paternelle ; mais la puissance paternelle a ses bornes : elle finit aussitôt que les enfants sont en état de se conduire. Toute autorité vient donc d'une autre origine que la nature. (...) Le prince tient de ses sujets mêmes l'autorité qu'il a sur eux, et cette autorité est limitée par les lois de l'Etat. Le prince ne peut donc pas disposer de son pouvoir et de ses sujets sans le consentement de la nation.
Diderot, article "Autorité politique", L'Encyclopédie, 1751-1772