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L'étude critique de documents en HGGSP
amandine.fabre
Created on September 19, 2023
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Transcript
Les épreuves écrites du baccalauréat en HGGSP
L’épreuve de Spécialité en Terminale
Epreuve écrite Durée : 4 heures L'épreuve porte sur le programme de l'enseignement de spécialité de la classe de terminale. Les notions rencontrées en classe de première doivent être connues et mobilisables Structure: Deux exercices notés chacun sur 10 points :- une dissertation ;- une étude critique d'un (ou deux) document(s).
L'ÉTUDE CRITIQUE DE DOCUMENT(S) EN HGGSP
LES ATTENDUS
TYPOLOGIE DES SUJETS
LA CONSIGNE ET LA PROBLÉMATIQUE
La problématique du sujet-Dans la consigne il est notamment demandé de « montrer », de « caractériser » ou d’«étudier ». -Il ne s'agit donc pas de « trouver » une problématique mais simplement de reformuler celle qui est donnée dans le sujet.- L’étude du sens général des documents, la hiérarchisation des informations ne se fait qu’au prisme de cette problématique.
Ex: le sujet suivant: "En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, vous mettrez en évidence les différences entre les approches mémorielles et historiques de la guerre d’Algérie".
La place des documents dans le développement du sujet
Deux statuts différents de documents: -des documents « illustratifs » (par exemple des photographies qui prennent sens grâce au paratexte) -des documents « informatifs » (témoignages, discours d’experts, croquis...). Les document ne prennent sens qu'avec la connaissance du thème. Il faut, à partir de lecture du document comprendre la notion, la ou les problématiques qui sont en jeu Il faut ensuite identifier et hiérarchiser les informations pertinentes répondant à la problématique. Quand 2 documents sont proposés (ce qui est le cas le plus fréquent) ils visent à montrer deux moments ou deux situations différentes qu’il s’agit de confronter (le plus souvent de comparer) mais aussi parfois de compléter.
Étude critique de documents : juger les génocides En analysant les documents, en les confrontant et en vous appuyant sur vos connaissances, répondez à la question suivante : comment la justice peut-elle contribuer à la compréhension de l’histoire et à l’apaisement des mémoires ?
Source : photographie d’un tribunal gacaca au Rwanda en 2006 prise par Elisa Finocchiaro
Source : interview de Simone Veil à propos du procès Barbie, publiée le 10 janvier 1986 dans Le Nouvel Observateur
Etude critique de document(s) :Mémoires et histoire d’un conflit : la guerre d’Algérie En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, vous mettrez en évidence les différences entre les approches mémorielles et historiques de la guerre d’Algérie.
Etude critique de document(s) : Mémoires et histoire d’un conflit : la guerre d’Algérie En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, vous mettrez en évidence les différences entre les approches mémorielles et historiques de la guerre d’Algérie. Document : Contrairement à ce que l’on entend souvent, la guerre d’Algérie n’a jamais été totalement occultée [...]. Très tôt, plusieurs films ont été projetés. [...] En 1977, Laurent Heynemann, soutenu par Bertrand Tavernier, adapte le livre d’Henri Alleg La Question, qui dénonce les tortures qu’il a subies ; le film est présenté sur Antenne 2 par Michel Drucker aux Rendez-vous du dimanche, émission de grande écoute – l’animateur invite les téléspectateurs à voir le film lors d’une séquence relativement longue de huit minutes. Cependant, les décennies 1970 et 1980 furent fort tranquilles, à peine troublées par la grève de la faim de harkis en novembre 1974. Sans aucune difficulté, la guerre d’Algérie est mise au programme des classes de Terminales en 1983. Je me permets un souvenir personnel : l’Association des professeurs d’histoire-géographie avait organisé à Marseille, en octobre 1983, dans le cadre des premières Journées de l’histoire-géographie, un atelier sur le thème : « Peut-on enseigner la guerre d’Algérie ? », [...] tout se passa dans la sérénité et le calme le plus absolu. [...] Notons cependant qu’officiellement le terme de « guerre » n’était toujours pas employé ! Cette mémoire tiède se réchauffe dans les années 1990 avec la création de l’association Au nom de la mémoire visant notamment à recueillir des témoignages sur la répression de la manifestation du FLN (Front de libération nationale) du 17 octobre 1961. [En 1991] Benjamin Stora analyse, dans La Gangrène et l’Oubli, « l’ensemble subtil de mensonges et de refoulement » qui a fait de la guerre d’Algérie un nouveau passé qui ne passe pas. Il prolonge sa réflexion par le film qu’il réalise la même année avec Philippe Alfonsi, Les Années algériennes, entièrement fondé sur les mémoires, y compris celle de sa mère qui revient en Algérie vingt-huit ans après et se rend sur les tombes de son père et de son grand-père. Des mémoires, souvent antagonistes, se retrouvent parfois autour de la culture du Sud. À travers la mise en images de ces mémoires dévoilées, Stora espère guérir la société française du poids de ce passé non reconnu. L’année suivante, Bertrand Tavernier et Patrick Rotman font l’histoire de cette guerre uniquement à partir du témoignage d’appelés ou de rappelés, en utilisant même leurs photos. Beaucoup précisent qu’ils n’ont jamais voulu en parler jusque-là ; tous sont revenus meurtris. Le procès de Maurice Papon, en 1998, sur son rôle dans la déportation des Juifs à Bordeaux, renvoie à son attitude de préfet de police en octobre 1961. La notion de massacre fut alors reconnue par la justice pour qualifier le 17 octobre. En 1999, le Parlement décide de remplacer l’expression « opérations de maintien de l’ordre en Afrique du Nord » par celle de « guerre d’Algérie ». Cependant, la tension remonte avec les violentes polémiques autour de la torture en 2000 et 2001, à partir de la confirmation tranquille du fait par l’un des principaux acteurs, le général Aussaresses, dans la presse, à la télévision et finalement dans un livre. Ce que certains s’obstinent malgré tout à nier. Début décembre 2007, Nicolas Sarkozy effectue un voyage en Algérie ; Libération 5 décembre titre « France-Algérie, la guerre des mémoires » et signale : « Selon Bernard Kouchner, Nicolas Sarkozy et son homologue Abdelaziz Bouteflika ont eu « un début de dialogue fort, nécessaire, mais très douloureux » sur les questions de mémoire ». [...] Juste après sa désignation comme candidat à la présidence de la République, François Hollande participe à la commémoration du 17 octobre. Il reconnaîtra, le 17 octobre 2012, la responsabilité de la République dans la sanglante répression par un communiqué très court, non sans susciter encore des réactions hostiles. Source : Philippe Joutard, Histoire et mémoires, conflits et alliances, Paris, La Découverte, 2013
Etude critique de document(s) : Mémoires et histoire d’un conflit : la guerre d’Algérie En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, vous mettrez en évidence les différences entre les approches mémorielles et historiques de la guerre d’Algérie.
Etude critique de document(s) : Mémoires et histoire d’un conflit : la guerre d’Algérie En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, vous mettrez en évidence les différences entre les approches mémorielles et historiques de la guerre d’Algérie.
Problématique?
Thème 3 – Histoire et mémoires AXE 1
II. Mémoires et histoire d’un conflit : la guerre d’Algérie. Problématique: Comment la guerre d’Algérie permet-elle de comprendre la pluralité́ des mémoires d’un événement traumatisant ainsi que leur place de plus en plus importante dans la société́ et le débat public ? Comment l’histoire s’écrit-elle dans ces conditions ?
PLAN?
Conclusion L’évolution du rôle des mémoires a été théorisée par Henry Rousso à propos du régime de Vichy, qui met en évidence plusieurs moments : -une liquidation de la crise par des lois d’amnistie au lendemain de la guerre ; -une phase d’occultation surplombée par les discours officiels ; -un temps d’anamnèse, de retour du refoulé, accompagné de débats et polémiques ; -une phase de reconnaissance et d’hypermnésie, sorte d’excès de mémoire traduit par une expansion des demandes mémorielles et des commémorations. Ce dernier temps est aussi celui d’une concurrence des mémoires et de polémiques toujours fortes.
Document : Contrairement à ce que l’on entend souvent, la guerre d’Algérie n’a jamais été totalement occultée [...]. Très tôt, plusieurs films ont été projetés. [...] En 1977, Laurent Heynemann, soutenu par Bertrand Tavernier, adapte le livre d’Henri Alleg La Question, qui dénonce les tortures qu’il a subies ; le film est présenté sur Antenne 2 par Michel Drucker aux Rendez-vous du dimanche, émission de grande écoute – l’animateur invite les téléspectateurs à voir le film lors d’une séquence relativement longue de huit minutes. Cependant, les décennies 1970 et 1980 furent fort tranquilles, à peine troublées par la grève de la faim de harkis en novembre 1974. Sans aucune difficulté, la guerre d’Algérie est mise au programme des classes de Terminales en 1983. Je me permets un souvenir personnel : l’Association des professeurs d’histoire-géographie avait organisé à Marseille, en octobre 1983, dans le cadre des premières Journées de l’histoire-géographie, un atelier sur le thème : « Peut-on enseigner la guerre d’Algérie ? », [...] tout se passa dans la sérénité et le calme le plus absolu. [...] Notons cependant qu’officiellement le terme de « guerre » n’était toujours pas employé ! Cette mémoire tiède se réchauffe dans les années 1990 avec la création de l’association Au nom de la mémoire visant notamment à recueillir des témoignages sur la répression de la manifestation du FLN (Front de libération nationale) du 17 octobre 1961. [En 1991] Benjamin Stora analyse, dans La Gangrène et l’Oubli, « l’ensemble subtil de mensonges et de refoulement » qui a fait de la guerre d’Algérie un nouveau passé qui ne passe pas. Il prolonge sa réflexion par le film qu’il réalise la même année avec Philippe Alfonsi, Les Années algériennes, entièrement fondé sur les mémoires, y compris celle de sa mère qui revient en Algérie vingt-huit ans après et se rend sur les tombes de son père et de son grand-père. Des mémoires, souvent antagonistes, se retrouvent parfois autour de la culture du Sud. À travers la mise en images de ces mémoires dévoilées, Stora espère guérir la société française du poids de ce passé non reconnu. L’année suivante, Bertrand Tavernier et Patrick Rotman font l’histoire de cette guerre uniquement à partir du témoignage d’appelés ou de rappelés, en utilisant même leurs photos. Beaucoup précisent qu’ils n’ont jamais voulu en parler jusque-là ; tous sont revenus meurtris. Le procès de Maurice Papon, en 1998, sur son rôle dans la déportation des Juifs à Bordeaux, renvoie à son attitude de préfet de police en octobre 1961. La notion de massacre fut alors reconnue par la justice pour qualifier le 17 octobre. En 1999, le Parlement décide de remplacer l’expression « opérations de maintien de l’ordre en Afrique du Nord » par celle de « guerre d’Algérie ». Cependant, la tension remonte avec les violentes polémiques autour de la torture en 2000 et 2001, à partir de la confirmation tranquille du fait par l’un des principaux acteurs, le général Aussaresses, dans la presse, à la télévision et finalement dans un livre. Ce que certains s’obstinent malgré tout à nier. Début décembre 2007, Nicolas Sarkozy effectue un voyage en Algérie ; Libération 5 décembre titre « France-Algérie, la guerre des mémoires » et signale : « Selon Bernard Kouchner, Nicolas Sarkozy et son homologue Abdelaziz Bouteflika ont eu « un début de dialogue fort, nécessaire, mais très douloureux » sur les questions de mémoire ». [...] Juste après sa désignation comme candidat à la présidence de la République, François Hollande participe à la commémoration du 17 octobre. Il reconnaîtra, le 17 octobre 2012, la responsabilité de la République dans la sanglante répression par un communiqué très court, non sans susciter encore des réactions hostiles. Source : Philippe Joutard, Histoire et mémoires, conflits et alliances, Paris, La Découverte, 2013
1er §: la mémoire de la guerre d'Algérie dans les années 1960-1970 (TV/Ciné)
2ème §: la mémoire de la guerre d'Algérie dans les années 1960-1970 (Ecole)
3ème §: la mémoire de la guerre d'Algérie dans les années 1990
4ème §: la mémoire de la guerre d'Algérie dans les années 2000
la source
INTRODUCTION En 1991, l'historien français Benjamin Stora s'interroge déjà dans son ouvrage La Gangrène et l'oubli, sur les effets néfastes de l'oubli dans les sociétés françaises et algériennes qui ont vécu le traumatisme de la guerre d'Algérie. Sans négliger les difficultés rencontrées, à la fois par l'historien et par le politique qui doivent concilier des mémoires antagonistes, il appelle à leur reconnaissance. En 2013, l'historien Philippe Joutard livre à son tour une analyse des rapports entre histoire et mémoires dans son ouvrage Histoire et mémoire, conflits et alliance. Sur la base des travaux d'Henry Rousso et de Benjamin Stora il analyse les mécanismes qui régissent le rapport entre histoire et mémoires, notamment dans le cas de conflits. Dans l'extrait qui est livré à notre étude, il s'intéresse plus particulièrement à l'évolution de la place de la guerre d'Algérie dans l'espace public en particulier dans les médias et à l'école. A travers l'étude de cet extrait, il s'agira de voir comment les approches historiques et mémorielles d'un événément complexe et traumatisant tel que la guerre d'Algérie diffèrent tout en se nourrissant les unes des autres. Nous mènerons cet travail en suivant les différentes temporalités mémorielles analysées par Benjamin Stora dans La Gangrène et l'oubli. Après une phase de que Philippe Joutard qualifie de "mémoires tièdes" dans les années 1970-1980, nous assistons à un réchauffement des mémoires au seuil des années 1990 puis, dans les années 2000, à la multiplication des commémorations et des actes politiques.